Horas al-Din (al-Qaïda)

  • Daech renaît déjà de ses cendres

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    (Foreign Affairs)
    La coalition militaire dirigée par les États-Unis a réussi à écraser en mars dernier le califat autoproclamé de l’État islamique. Il est remarquable qu’environ 2 000 soldats américains seulement ont pris part à cet effort, une infime fraction par rapport au nombre déployé en Irak ou en Afghanistan au plus fort de ces guerres. La clé du succès en Syrie réside dans le fait que les États-Unis ont opéré par, avec et à travers les milices locales, à savoir les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), dont l’épine dorsale était la milice kurde connue sous le nom d’unités de protection populaire (YPG).
    Pourtant, en un seul appel au président turc Recep Tayyip Erdogan, le président américain Donald Trump aurait donné son feu vert à une offensive turque contre ces mêmes partenaires kurdes, dont les liens étroits avec les militants kurdes en Turquie avaient longtemps irrité Ankara.
    Trump a ordonné le retrait des troupes américaines qui avaient entraîné et assisté les FDS dans le cadre de l’effort de la coalition contre Daech. La Turquie a maintenant lancé une campagne sanglante pour déloger les Kurdes de la frontière turco-syrienne. Les FDS sont occupées à se défendre et on peut être sûr que Daech, qui a fait preuve d’une capacité de résistance et d’adaptation, va savoir, comme toujours, exploiter le chaos. Les informations selon lesquelles des militants de Daech se seraient déjà évadés de prisons gardées par des Kurdes font craindre que l’extrémisme islamiste ne renaisse de ses cendres en Syrie.
    La réalité est que Daech et Al-Qaïda ont connu une résurgence avant même la décision de Trump de retirer ses troupes et l’invasion turque – Daech est barricadé en Syrie orientale et Al-Qaïda solidement installé à l’ouest du pays. Maintenant que les États-Unis s’apprêtent à se retirer, que les Kurdes sont occupés à combattre la Turquie et que le régime d’Assad et ses partisans poursuivent d’autres priorités, il ne reste aucune force pour contrer un renouveau extrémiste islamiste. La poursuite du conflit ne fera qu’alimenter la radicalisation, qui déstabilisera à nouveau la région et constituera une menace pour l’Europe, et même les États-Unis. Malheureusement, dans quelques années, la Syrie sera revenue au point où elle se trouvait avant la campagne militaire contre Daech : elle souffrira du chaos et du conflit, avec un terrorisme islamiste croissant.
    LA TEMPÊTE QUI S’ANNONCE
    Le dernier bastion du califat de l’Etat islamique, à Baghouz, en Syrie, est tombé aux mains des forces de la coalition en mars 2019. Mais même avant la chute de Baghouz, les dirigeants de Daech étaient déjà occupés à reconstituer leur groupe en tant que mouvement d'insurrection rurale. Des dizaines de milliers de combattants sont morts en défendant les bastions de l’ISIS dans la vallée de l’Euphrate, mais des milliers d’autres se sont retirés dans des refuges sûrs dans les campagnes syrienne et irakienne et ils ont survécu. Parmi eux se trouve le chef du groupe, Abu Bakr al-Baghdadi.
    L’Etat islamique a passé les derniers mois à se regrouper dans des sanctuaires ruraux, à mener des attaques de guérilla contre les patrouilles des FDS et à rassembler ses forces pour des attaques ultérieures contre des villes et villages importants. A Raqqa et Deir ez-Zor, des cellules clandestines de Daech recueillent des renseignements qui aideront le groupe à planifier des assassinats, des attentats suicides et des enlèvements. Ces opérations visent à éliminer les commandants compétents des FDS et à faire pression sur les chefs tribaux arabes pour qu’ils coopèrent avec Daech plutôt qu’avec les FDS. En bref, l’Etat islamique prépare le champ de bataille militairement, politiquement et psychologiquement pour pouvoir passer à l’offensive dès que la coalition dirigée par les États-Unis se retirera.
    Al-Qaïda est également en train de s’adapter et de se renforcer en Syrie occidentale. Le groupe a prospéré dans le chaos régnant dans la province d’Idlib, le dernier bastion de l’opposition, qui a été attaqué par les forces pro-régime plus tôt cette année. Autrefois le foyer d’un mélange de groupes modérés, durs et extrémistes, Idlib est maintenant un bastion des jihadistes salafistes, dominé par le groupe Hay’at Tahrir al Sham (HTS), ex-associé d’al Qaïda. Un groupe d’anciens combattants d’Al-Qaïda s’est séparé de HTS en 2017 pour former un nouveau groupe appelé Houras al-Din. Sous la direction du chef d’Al-Qaïda Ayman al-Zawahiri, ce groupe se consacre d’abord et avant tout à attaquer l’Occident. Il a trouvé des recrues volontaires parmi les milliers de combattants idéologiquement alignés et aguerris à Idlib.
    Le régime d’Assad a aggravé la situation à Idlib en suivant ses vieux schémas offensifs depuis Homs, Alep et la banlieue de Damas. Avec l’appui de l’Iran et de la Russie, les forces d’Assad ont cherché à maximiser les pertes civiles afin de pousser la population à la soumission ou à l'exil. De telles tactiques ont donné lieu à des victoires à court terme sur les champs de bataille, mais à long terme, elles radicalisent la population locale et fournissent légitimité, sanctuaire et main-d’œuvre à Al-Qaïda. En outre, pour accroître la pression sur Idlib, les forces pro-régime ont dû réduire leurs opérations contre Daech dans le centre et le sud-est de la Syrie. La Russie a également concentré son attention sur Idlib, tandis que l’Iran et le Hezbollah sont plus préoccupés par la préparation d’une guerre potentielle avec Israël, ce qui donne à Daech un espace supplémentaire pour se regrouper.
    Daech et Al-Qaïda ont déjà profité du désengagement des États-Unis pour reprendre des forces. Dès le mois d’avril, après la chute du califat, les Etats-Unis ont réduit de moitié leur présence en Syrie à 1.000 hommes. Le Département de la Défense a rapporté en août que  "la réduction des forces américaines a diminué le soutien disponible pour les forces partenaires en Syrie " et que les FDS n’étaient plus en mesure de  "soutenir des opérations à long terme contre les militants de Daech" .
    Le soutien des États-Unis aux forces kurdes dans l’est de la Syrie, qui comprenait une formation spécialisée en matière de patrouille, de maintien de l’ordre, de gouvernance et de collecte de renseignements, va maintenant disparaître à mesure que les troupes américaines vont partir. Dans l’ouest de la Syrie, la situation est tout aussi désastreuse : des frappes aériennes américaines occasionnelles visaient des dirigeants d’Al-Qaïda à Idlib, avec l’aide de renseignements recueillis par des forces modérées sur le terrain. Mais les États-Unis ont cessé de soutenir les combattants de l’opposition en 2017 et n’ont depuis lors pas été en mesure de contrecarrer la prise de pouvoir par les jihadistes.
    L’ASCENSION DE L’EXTRÉMISME
    L’invasion de la Syrie par la Turquie fait de la résurrection de l’Etat islamique un fait accompli. L’objectif primordial d’Ankara est d’anéantir le proto-état kurde de Rojava dans le nord de la Syrie, qui est actuellement un rempart contre la domination de l’Etat islamique dans cette région. Face à une telle menace existentielle, la milice kurde YPG utilisera certainement ses liens étroits avec les militants kurdes en Turquie pour y intensifier l’insurrection kurde. Le YPG portera donc son attention non plus sur la lutte contre Daech mais sur la lutte contre la Turquie.
    Déjà, les FDS semblent incapables de sécuriser les milliers de combattants jihadistes qu’elles détiennent. Elles ne peuvent pas non plus garder les dizaines de milliers de membres des familles jihadistes dans le camp de réfugiés d’Al Hol soumis à une sécurité minimale et pratiquement sans soutien international. Si le chaos s’installe dans le nord-est de la Syrie dans les mois à venir, l’Etat islamique pourrait à nouveau s’emparer de pans entiers du territoire pour former un nouveau califat et envoyer des combattants au-delà des frontières non sécurisées pour mener des attaques terroristes.
    L’assaut turc a également contraint les FDS à conclure un accord avec Damas. Le régime d’Assad vise à réaffirmer sa souveraineté sur l’ensemble du territoire syrien et à prévenir de nouvelles incursions étrangères. En tant que tel, le gouvernement syrien partage avec les FDS le point de vue que la Turquie est l’ennemi commun, et les deux ont occasionnellement collaboré tout au long de la guerre civile. En 2016, à Alep, ils ont travaillé ensemble pour éliminer ce qui restait de l’opposition syrienne dans l’est de la ville. En échange d’un soutien du régime contre la Turquie, et peut-être d’un statut semi-autonome pour Rojava, le YPG pourrait être disposé à laisser Assad arborer le drapeau syrien et exercer son autorité nominale dans les villes sous contrôle kurde. Déjà, les Kurdes semblent prêts à céder au régime et aux forces russes le contrôle des villes de Manbij et de Kobani, au nord du pays, lieux de batailles cruciales contre Daech.
    Un tel accord devrait permettre à Daech de poursuivre sa renaissance. De nombreux Arabes sunnites de l’est de la Syrie se sont rebellés contre Assad et considèrent le YPG comme des usurpateurs. Pour cette population, une entente du YPG avec Damas sera mal reçue. Daech aura un nouveau récit à diffuser, se positionnant comme l’avant-garde de la résistance arabe sunnite, que ce soit contre les Turcs, les Kurdes, les Assyriens ou tout ceux dont on a parlé plus haut.
    Daech exploitera la frustration des Arabes sunnites pour obtenir le soutien de la population, peu importe ce que les FDS choisiront de faire. Avant l’invasion turque, les FDS, encouragées par les États-Unis, amélioraient leurs relations avec la population arabe sous leur contrôle. La campagne contre l’Etat islamique avait particulièrement dévasté les parties arabes de la région et les habitants de ces régions étaient sceptiques à l’égard du YPG, mais le groupe avait fait des progrès vers une gouvernance meilleure et plus inclusive. Cependant, au fur et à mesure que le YPG combattra la Turquie, ces efforts de gouvernance s’effondreront et la tension montera entre les factions kurdes, arabes et, éventuellement celles soutenues par le régime syrien. En 2013, lorsque les villes de Raqqa et Deir Ez-Zor se sont révoltées contre Assad, Daech a exploité l’anarchie qui en a résulté en se positionnant comme le seul groupe capable de fournir sécurité et justice. Tel sera probablement son plan aujourd’hui.
    TOUT FOUT LE CAMP
    Qui sera le grand gagnant de ce chaudron jihadiste une fois que les États-Unis se seront retirés ? La réponse est probablement personne. Après huit années de guerre,, l’armée syrienne manque de personnel et de motivation pour un autre combat. L’Iran et le Hezbollah sont également lassés de la guerre et ne seraient prêts à combattre un Etat islamique résurgent que si le groupe menace à nouveau des villes clés en Syrie occidentale et le long de la frontière libanaise. De plus, le fait de permettre à la menace jihadiste de se renforcer en Syrie permettra aux deux puissances chiites de justifier le maintien d’une présence antiterroriste sur place, alors que leur but réel est de préparer un conflit avec Israël.
    La Russie n’est pas non plus très incitée à s’attaquer à un renouveau jihadiste. Le président russe Vladimir Poutine veut surtout devenir le médiateur indispensable du Moyen-Orient. Il se soucie peu des flux de réfugiés, de l’extrémisme croissant et de l’instabilité régionale. Au contraire, plus la Syrie devient précaire, plus Poutine aura d’influence dans la région.
    Les responsables militaires et du renseignement russes ont compris que les tactiques militaires brutales du régime Assad radicalisaient les sunnites et les poussaient vers des groupes tels que l'Etat islamique et Al-Qaeda. Mais pour Moscou une victoire par les armes du régime de Bachar al-Assad était la priorité. Pour les Russes, la croissance de groupes terroristes islamistes était plutôt un problème pour ses adversaires - l'Europe et les États-Unis - que pour elle-même.
    Après des décennies de participation des États-Unis à des conflits au Moyen-Orient qui ont fait d'innombrables victimes, épuisé les ressources économiques et fait des États-Unis une puissance occupante, les Américains craignent à juste titre de s'enliser dans des guerres interminables ou de contribuer à l'édification d'une nation intenable. Mais la coalition dirigée par les États-Unis qui a renversé le califat territorial de l'Etat islamique plus tôt cette année a été parmi les opérations militaires les plus efficaces et les plus rentables de l'histoire.
    Malheureusement, non seulement l'administration Trump a jeté aux oubliettes ses gains durement gagnés en retirant les troupes américaines et en abandonnant ses partenaires kurdes, mais elle a garanti la résurgence d'une menace extrémiste dans la région, en Europe et aux Etats-Unis. Bientôt, les États-Unis devront tenir compte des conséquences désastreuses de cette décision.

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  • Iran: l’AIEA confirme le dépassement de la limite autorisée d’uranium enrichi

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    L’Agence internationale de l’Energie atomique (AIEA), chargée de vérifier l’application par Téhéran de l’accord nucléaire de 2015, a confirmé lundi que l’Iran avait dépassé la limite imposée à ses réserves d’uranium enrichi, selon un porte-parole de l’agence onusienne.
    « L’Agence a vérifié au 1er juillet que le stock total d’uranium enrichi a dépassé les 300 kilos » et le directeur général de l’AIEA, Yukiya Amano, en a informé le conseil des gouverneurs, a indiqué ce porte-parole dans une déclaration écrite peu après que Téhéran a annoncé le dépassement du plafond autorisé d’uranium enrichi à 3,67%.

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    Les relations déjà tendues entre Washington et Téhéran se sont nettement envenimées depuis une semaine.
    Washington a fait monter la pression sur Téhéran ces derniers jours et renforcé sa présence militaire dans le Golfe, face à des menaces d’attaques « imminentes » contre ses intérêts dans la région attribuées à l’Iran.
    De son côté, l’Iran promet une « défaite américano-sioniste ».
    « La fière nation de la République islamique d’Iran sortira de cette passe délicate la tête haute, comme elle l’a fait à chacun des tests précédents, en s’appuyant sur la détermination et la résolution de la population, la puissance de ses forces armées et les efforts et le soutien du gouvernement », a déclaré le général de brigade iranien Amir Hatami. Tout cela conduira « le front américano-sioniste à éprouver le goût amer de la défaite », a ajouté le général, cité par Isna.
    Et pour répondre au retrait unilatéral annoncé il y a un an par les Etats-Unis de l’accord international sur le nucléaire iranien de 2015, Téhéran a indiqué le 8 mai avoir suspendu certains de ses engagements pris en vertu de ce texte.
    Face à cette escalade, qui inquiète notamment les Européens et les Russes, partisans d’un maintien de l’accord sur le nucléaire iranien, le guide suprême de la République islamique, Ali Khamenei, a affirmé mardi qu’il n’y aurait « pas de guerre » avec les Etats-Unis. « Ni nous ni eux ne cherchons la guerre, ils savent qu’elle ne serait pas dans leur intérêt », a-t-il affirmé.
    Il n’en reste pas moins que plusieurs évènements inquiétants ont eu lieu ces derniers jours: Attaque de quatre navires, dont deux pétroliers saoudiens », au large des côtes de l’Emirat de Fujairah, suivie le lendemain par l’attaque par des drones armés des Houthis, alliés de l’Iran, contre les stations de pompage 8 et 9 de l’oléoduc est-ouest saoudien.
    Riyad estime que les récentes attaques menacent les approvisionnements de brut
    Le gouvernement saoudien a estimé que les récentes attaques « terroristes » contre des navires et des installations pétrolières menacent non seulement le royaume, mais aussi « la sécurité des approvisionnements » en brut et « l’économie mondiale », selon un communiqué publié mercredi.
    Des attaques de drones revendiquées par les rebelles yéménites houthis ont provoqué la fermeture d’un oléoduc majeur mardi en Arabie saoudite, faisant monter d’un cran les tensions dans le Golfe deux jours après le sabotage mystérieux de quatre navires près des Emirats arabes unis.
    Réuni tard mardi soir à Djeddah (ouest de l’Arabie saoudite) sous la présidence du roi Salmane, le gouvernement saoudien a affirmé « l’importance de faire face aux entités terroristes qui commettent de tels actes de sabotage, notamment les miliciens houthis soutenus par l’Iran au Yémen », a indiqué le ministre des Médias Turki Al-Shabanah dans ce communiqué.
    Le ministre a déclaré que le cabinet avait réitéré la dénonciation par le royaume « des actes subversifs » ayant visé dimanche des navires commerciaux civils, dont deux pétroliers saoudiens, près des eaux des Emirats arabes unis. Cela « constitue une menace flagrante pour la sécurité du trafic maritime » et a « des conséquences négatives sur la paix et la sécurité régionales et internationales », a-t-il ajouté.
    M. Shabanah a aussi rappelé « la responsabilité commune de la communauté internationale dans la préservation de la sécurité de la navigation maritime et de la sécurité des pétroliers pour éviter des impacts négatifs » sur les marchés de l’énergie et les risques sur l’économie mondiale.
    Si l’Iran ne peut pas vendre son pétrole, personne ne pourra vendre, avait menacé Téhéran
    Rappelons que les Etats-Unis ont organisé un boycott international des livraisons de pétrole iranien, ce qui a conduit Téhéran a menacer d’empêcher toute livraison de pétrole du Moyen Orient dans le cas où Washington persistait dans son intention d’empêcher les livraisons d’hydrocarbure iranien.
    Washington ordonne à son personnel diplomatique non-essentiel de quitter Bagdad, Erbil
    Washington accuse la République islamique de préparer des « attaques » contre les intérêts américains au Moyen-Orient.
    Pour faire face à cette menace qu’il juge crédible, le département d’Etat américain a ordonné mercredi à son personnel diplomatique non-essentiel de quitter l’ambassade de Bagdad et le consulat d’Erbil (nord).
    Selon une alerte de sécurité postée sur son site, le département d’Etat explique avoir donné l’ordre de partir au personnel américain gouvernemental non essentiel de l’ambassade à Bagdad ainsi que du consulat à Erbil.
    « Les services habituels de visa dans les deux postes sont temporairement suspendus », ajoute l’avis. « Le gouvernement américain a une capacité limitée pour fournir des services d’urgence aux citoyens américains en Irak », précise-t-il.
    Le département d’Etat prévient également dans un avis déconseillant aux voyageurs de se rendre en Irak que « de nombreux groupes terroristes et rebelles sont actifs en Irak et attaquent régulièrement les forces de sécurité irakienne comme les civils ». « Des milices confessionnelles anti-américaines peuvent également menacer les citoyens américains et les compagnies occidentales dans tout l’Irak ».
    Washington avait fermé fin septembre son consulat à Bassorah en invoquant des « menaces » émanant de l’Iran après des manifestations meurtrières dans cette ville du sud de l’Irak. Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo avait évoqué « des incidents répétés de tirs indirects » et incriminé des milices contrôlées par l’Iran.
    La semaine dernière, M. Pompeo a effectué une visite surprise à Bagdad, après avoir annulé en dernière minute une visite prévue à Berlin au motif de « questions urgentes à régler.
    « La raison pour laquelle nous allons » à Bagdad « ce sont les informations qui indiquent une escalade des activités de l’Iran », a dit Mike Pompeo aux journalistes qui l’accompagnaient dans son voyage vers la capitale irakienne, où il a rencontré le Premier ministre Adel Abdel Mahdi et le président Barham Saleh.
    Au terme de sa visite, il a déclaré avoir reçu « l’assurance » des dirigeants irakiens qu’ils « comprenaient que c’était leur responsabilité » de « protéger de manière adéquate les Américains dans leur pays ».
    La semaine dernière, le Pentagone a annoncé l’envoi dans la région d’un navire de guerre et d’une batterie de missiles Patriot, s’ajoutant au déploiement du porte-avions USS Abraham Lincoln et de bombardiers B-52.
    Il a justifié ce déploiement par des « signaux clairs montrant que les forces iraniennes et leurs affidés font des préparatifs à une attaque possible contre les forces américaines ».
    Selon le New York Times, le ministre américain de la Défense par intérim, Patrick Shanahan, a présenté à des conseillers de M. Trump un plan selon lequel jusqu’à 120.000 hommes pourraient être envoyés au Moyen-Orient si l’Iran attaquait des forces américaines.
    Mardi, M. Pompeo a réfuté toute volonté de guerre avec l’Iran de la part des Etats-Unis.
    Le Kremlin s’inquiète de « l’escalade des tensions » malgré les assurances de Pompeo
    Le Kremlin s’est inquiété mercredi de la poursuite de « l’escalade des tensions » autour de l’Iran malgré les déclarations du chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo assurant en Russie ne pas vouloir de guerre avec Téhéran.
    « Pour l’instant, nous constatons que l’escalade des tensions sur ce thème se poursuit », a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, accusant les Etats-Unis de « provoquer » l’Iran.
    « Fondamentalement, nous ne cherchons pas une guerre avec l’Iran », avait affirmé M. Pompeo mardi soir au cours d’une conférence de presse avec son homologue russe Sergueï Lavrov à Sotchi (sud-ouest de la Russie), avant de rencontrer Vladimir Poutine.
    « On peut difficilement parler de quelconques assurances : il y a une situation évidente qui est la tendance à la poursuite de l’escalade », a réagi M. Peskov.
    Ce dernier a ajouté « voir avec regret les décisions prises par l’Iran », tout en disant « comprendre que l’Iran ne prenne pas ces décisions volontairement mais en réaction à la pression » : « Et ce sont précisément les actions des Etats-Unis qui provoquent l’Iran ».
    L’Allemagne et les Pays Bas suspendent la formation des forces armées irakiennes
    En raison des risques liés aux tensions entre l’Iran et les Etats-Unis et le débordement possible du conflit dans les pays de la région, l’Allemagne et les Pays-Bas ont décidé de suspendre leurs formations militaires en Irak.
    « La Bundeswehr a suspendu sa formation », a déclaré à la presse le porte-parole du ministère allemand de la Défense, Jens Flosdorff, en réponse à une question sur l’attitude de l’Allemagne en Irak face aux tensions avec l’Iran dans la région. Il a parlé d’une « vigilance accrue » de l’armée allemande dans le pays, sans exclure que les exercices menés par les instructeurs puissent reprendre « dans les prochains jours » si la situation le permet.
    Les Pays-Bas ont annoncé une décision similaire. Le ministère néerlandais de la Défense, cité par l’agence de presse ANP, a parlé de « menaces » pour justifier cette décision.
    La Bundeswehr déploie actuellement environ 160 de ses instructeurs en Irak, au nord de Bagdad et à Erbil dans le Kurdistan irakien, dans ce dernier cas pour y soutenir les peshmergas (combattants kurdes). De leur côté les Pays-Bas disposent de 50 instructeurs militaires également à Erbil dans le cadre de la coalition internationale contre l’Etat islamique (EI), ainsi que de deux conseillers militaires et quatre experts civils dans le cadre d’une mission de soutien de l’OTAN à Bagdad.

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