Hassan Nasrallah

  • Liban: Une nouvelle fois, la paix civile dépendra de l'armée libanaise

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    La démission de Saad Hariri du poste de premier ministre expose une nouvelle fois le Liban à un avenir incertain. Comment peut faire la classe politique pour se mettre d’accord sur un nouveau premier ministre qui soit acceptable par la rue, tant est profonde la méfiance de la population libanaise à l’égard de ses dirigeants.
    La journée du mardi 29 octobre a clairement montré les dangers de cette crise pour la paix civile. Certes, les Libanais ont suffisamment souffert des quinze années de guerre civile pour ne pas prendre le risque de replonger dans de nouveaux drames. Mais les miliciens du Hezbollah et d’Amal, deux groupes chiites libanais, ont quand même pris un sacré risque en venant bastonner les manifestants en plein centre de Beyrouth. Heureusement, l’armée s’est très vite interposée à coup de tirs de grenades lacrymogènes et même de balles en caoutchouc.
    Il reste que la population a entendu le message du Hezbollah. Le parti chiite est bien décidé à maintenir son contrôle sur les affaires du pays et notamment sur la décision d’engager ou non le combat contre Israël.
    La classe politique est impuissante face au Hezbollah et les Libanais l’ont bien compris
    Les autres partis politiques, chrétiens, sunnites ou druzes, sont impuissants et divisés face au Hezbollah. Et ça, la population libanaise l’a bien compris. C’est pourquoi, il faut s’attendre qu’une forte proportion de la population non-chiite du Liban poursuive son mouvement sous le slogan « kulloun yani kulloun » (« Tous ça veut dire tous ») – sous-entendu « démission de tous les hommes politiques libanais, Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah inclus ».
    Ce mouvement, qui s’enorgueillissait d’être multiconfessionnel ou plus exactement aconfessionnel, est devenu aujourd’hui un mouvement d’opposition à la classe politique, et notamment aux partis chiites. Fini l’aconfessionnalisme !
    Le Hezbollah – une machine de guerre, pas une force de maintien de l’ordre
    Que peut faire le Hezbollah face à un mouvement de masse ? Le mouvement chiite n’est pas organisé pour affronter une population civile. Ce serait un désastre en termes de nombre de morts et une fracture définitive dans le pays. Le Hezbollah a les armes pour affronter l’armée israélienne, voire sur des miliciens de partis adverses, comme cela a déjà été le cas à Beyrouth en 2010.  Il n’est pas adapté pour tirer sur une foule, sur des femmes et des enfants.
    C’est pourquoi, on n’a assisté jusqu’ici qu’à de timides bastonnades de la part de quelques centaines de miliciens du Hezbollah. Mais, même vêtus de noir et armés de bâtons, ils n’ont pas vraiment dissuadé les manifestants de renoncer à leur mouvement, bien au contraire. Et ce, d’autant plus que l’armée est très vite intervenue contre le Hezbollah pour ramener l’ordre.
    A quoi va-t-on désormais assister ?
    A une reprise en main par le Hezbollah des quartiers où il est traditionnellement fort : la banlieue sud de Beyrouth et le sud Liban. Il n’y aura plus de manifestations à Tyr ou Nabatiyeh.
    Partout ailleurs, le mouvement va se poursuivre et peut être s’intensifier avec le risque que des affrontements sérieux aient lieu dans les zones de friction sunnite-chiite traditionnelles (Tripoli, Bekaa, Hermel, certains quartiers de Beyrouth).
    Mais tant que l’armée restera unie et s’interposera, comme elle l’a fait ces derniers jours, le pire devrait être évité.
    L’armée ne peut rien faire, cependant, pour mettre un terme à la crise politique qui s’est désormais installée dans le pays du Cèdre et qui risque bien de durer, durer. Car cette fois-ci, contrairement aux crises politiques précédentes, il y a un troisième partenaire à inclure aux tractations : le peuple.

  • Liban: Bagarres à Beyrouth et dans la Bekaa entre partisans du Hezbollah et manifestants : plusieurs blessés

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    Cet article a été aussi publié en : enEnglish (Anglais)

    Des bagarres impliquant des dizaines de personnes ont éclaté peu avant 15h sur la place Riad el-Solh, dans le centre-ville de Beyrouth, entre des partisans du Hezbollah et des manifestants anti-gouvernementaux, faisant plusieurs blessés dans les rangs des deux camps mais aussi dans les rangs des forces anti-émeutes qui sont intervenues pour rétablir le calme.
    Les disputes ont éclaté lorsque des partisans du parti chiite se sont opposés à des manifestants pacifistes, leur réclamant de ne pas insulter le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah.
    « Tous sans exception, Nasrallah inclus », leur a alors rétorqué un manifestant. Un autre a affirmé que ces partisans du parti chiite ont été envoyés « pour infiltrer les manifestants ». La police a dépêché des renforts un peu plus tard afin de circonscrire les bagarres. Plusieurs suspects ont été arrêtés.
    Des dizaines de milliers de Libanais, des centaines de milliers au pic de la contestation, sont dans les rues de tout le pays depuis le 17 octobre, afin de protester contre la classe politique et la corruption.
    Le président de la République, Michel Aoun, et le Premier ministre, Saad Hariri, n’ont pas réussi jusque-là à calmer la colère de la rue. Le secrétaire général du Hezbollah doit prononcer un discours à 16h.
    Fait notable, de nombreux fiefs du parti chiite, notamment Nabatiyé, au Liban-Sud, sont touchés par la contestation.
    Heurts entre des manifestants et partisans du Hezbollah à Fekha, dans la Békaa
    Des heurts se sont déclenchés vendredi entre des manifestants et des partisans du Hezbollah à Fekha, dans la Békaa, peu après un discours du secrétaire général du parti chiite Hassan Nasrallah. L’armée est intervenue.

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  • Frontlive-Chrono: Récapitulatif des principaux évènements du Moyen Orient, Afrique du nord et Sahel du 7 février 2019

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    Irak: 18 membres de l’Etat islamique tués dans le nord du pays

     

    Liban: Le chef du Hezbollah veut demander à l’Iran des armes pour l’armée libanaise

     

    Libye : cinq morts dans des affrontements entre les forces du général Haftar et les djihadistes à Umm al Aranib dans le sud du pays

     

    Maroc : La police marocaine arrête un Irakien à Casablanca

     

    Syrie: Les forces kurdo-arabes arrêtent des dizaines de membres de cellules dormantes de Daech à Raqqa

     

    Syrie: Un officier des forces spéciales russes est mort au combat en Syrie

     

    Tchad: la colonne rebelle « complètement détruite », affirme le président tchadien

     
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