10/12/2017

Israël-Cisjordanie-Gaza : Derniers incidents sécuritaires

Israël-Cisjordanie-Gaza 
Incidents
Derniers incidents sécuritaires       
Un garde de sécurité israélien blessé au couteau à Jérusalem 
(De notre correspondant en Israël, Nathan R.)
Couteau de l'agresseur du garde 
Un Palestinien a poignardé et sérieusement blessé à l'arme blanche, dimanche 10 décembre à 14H21, un garde de sécurité israélien à Jérusalem, a annoncé la police en qualifiant l'attaque de "terroriste".
L'attaque est survenue à la gare routière centrale de Jérusalem, sur fond de vives tensions créées par la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël.
Selon le porte-parole de la police Micky Rosenfeld, l'assaillant a été arrêté.
Selon des sources médicales, le garde âgé d'une quarantaine d'années a été évacué à l'hôpital "Shaarei Tzedek" avec des blessures sur "le haut du corps". La lame du couteau a pénétré la région du cœur, selon le Dr. Ofer Marin, chef du département de traumatologie à l'hôpital Shaarei Tzedek et on craint pour sa vie.  
L'assaillant originaire de Cisjordanie occupée et âgé de 24 ans souffre lui de blessures à la tête, a-t-on ajouté sans autres précisions. Selon des témoins, l'agresseur aurait été projeté à terre par un chauffeur de taxi et maintenu à terre jusqu'à l'arrivée de la police.
Yasin Yusuf Hafez Abu al-Kara
L'agence de presse palestinienne Maan a donné l'identité de l'agresseur. Il s'agit d'un homme dénommé Yasin Yusuf Hafez Abu al-Kara, résident du camp de réfugiés d'Al-Fara. Il est membre du Fatah d'après l'agence Maan. Le père de l'agresseur, actuellement à la retraite, avait le grade de général de brigade au sein des forces de l'Autorité palestinienne. Ses frères sont des agents de sécurité palestiniens. 
Depuis jeudi, quatre Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza, deux lors de heurts avec des soldats et deux membres du mouvement islamiste Hamas dans des raids aériens israéliens en riposte à des tirs de roquettes à partir de l'enclave palestinienne.
Gaza : Nouveaux affrontements avec l'armée israélienne, dimanche 10 décembre - 10 Palestiniens blessés
Dix palestiniens ont été blessés, dimanche 10 décembre, lors d'affrontements entre des dizaines de jeunes palestiniens et l'armée israélienne, aux frontières avec la Bande de Gaza.
Le porte-parole du ministère de la Santé à Gaza, Achraf al-Qodra, a indiqué, dans un communiqué que « 10 jeunes avaient été blessés par les tirs de balles réelles et de bombes lacrymogènes, par l'armée israélienne contre les manifestants, aux frontières Est de la Bande de Gaza».
Les blessures ont été qualifiées de « moyennes » par les médecins, selon al-Qodra.
Dimanche soir 10 décembre : 3 missiles tirés de Gaza vers Israël
Selon Anna Ahronheim, trois missiles auraient été tirés de Gaza vers Israël, dimanche soir 10 décembre. Aucun des trois n'aurait atteint le territoire israélien. L'armée israélienne aurait repéré le site de départ des tirs (voir plan ci-après).  
Accrochages limités à Jérusalem dimanche 10 décembre 
Des accrochages limités ont également eu lieu, dimanche, dans la ville de Jérusalem occupée, entre des jeunes palestiniens et les forces israéliennes, sans qu'il y ait de blessés.
Des jeunes palestiniens s'étaient rassemblés devant « Bab al-Amoud », l'une des portes de la mosquée al-Aqsa dans la vieille ville de Jérusalem, et avaient scandé des slogans soutenant Jérusalem.
L'armée israélienne a renforcé le déploiement de ses forces dans la région, dans une tentative de disperser les manifestants, ayant refusé de quitter les lieux, ce qui a été à l'origine de légers accrochages entre les deux parties.

 

07/12/2017

Au lendemain de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l'Etat hébreu pr Donald Trump

Israël-Cisjordanie-Gaza 
Trump
Les principaux extraits de l'annonce du président américain sur Jérusalem
Donald Trump pendant son annonce
    
Voici les principaux points de l'allocution du président américain Donald Trump, mercredi 6 décembre, confirmant la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël. 
"Les vieux défis nécessitent une nouvelle approche", a prévenu le président américain avant de faire cette annonce historique: "Il est temps d'officiellement reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël". 
"Ce n'est rien de moins qu'une reconnaissance de la réalité", a-t-il ajouté. 
"Après plus de deux décennies de dérogations" à une loi américaine de 1995 imposant le déplacement de l'ambassade, "nous ne sommes pas plus près d'un accord de paix entre Israël et les Palestiniens", a-t-il argumenté, en référence à une loi américaine de 1995 imposant le déplacement de l'ambassade. 
Une clause permet cependant aux présidents de repousser son application pour six mois. Bill Clinton, George W. Bush et Barack Obama l'ont systématiquement actionnée. 
"Ce serait une folie de penser que répéter la même formule permettrait maintenant de produire un résultat meilleur ou différent", a-t-il martelé, alors qu'il devait cependant lui aussi signer la dérogation, la nouvelle ambassade n'étant pas encore construite.
Déménagement de l'ambassade
"J'ordonne au département d'État de préparer le départ de l'ambassade des États-Unis de Tel Aviv à Jérusalem", a annoncé le président républicain debout à son pupitre, devant un portrait du premier président américain George Washington. 
"Cela va lancer un processus de recrutement d'architectes, d'ingénieurs et d'urbanistes pour que la nouvelle ambassade, lorsqu'elle sera finie, soit un magnifique hommage à la paix", a-t-il développé en évoquant sa construction dans la ville sainte.
Il a également indiqué qu'il enverrait le vice-président Mike Pence dans la région dans les jours à venir. 
Capitale du peule juif
"Il y a 70 ans les Etats-Unis, sous le président Truman, ont reconnu l'Etat d'Israël. Depuis, Israël a établi sa capitale dans la ville de Jérusalem - la capitale choisie par le peuple juif dans les temps anciens. De nos jours, Jérusalem est le siège du gouvernement israélien moderne. C'est le siège du Parlement israélien, la Knesset, et de la Cour suprême israélienne", a expliqué le président américain. 
"Jérusalem est aujourd'hui, et doit le rester, un endroit où les Juifs vont prier au mur des Lamentations, où les chrétiens suivent le Chemin de croix, et où les musulmans vont prier à la mosquée al-Aqsa", sur l'esplanade des Mosquées, a-t-il ajouté.
"J'ai jugé que l'heure était venue de reconnaître officiellement Jérusalem comme étant la capitale d'Israël. (...) Alors que les présidents précédents avaient fait cette promesse de campagne, ils ont échoué à l'honorer. Aujourd'hui, je l'honore", a-t-il également dit. 
 Solution à deux Etats
"Les Etats-Unis restent déterminés à aider à faciliter un accord de paix acceptable pour les deux parties", a-t-il ajouté. "J'ai l'intention de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour aider à sceller un tel accord", a martelé le milliardaire républicain. Il a notamment assuré que, si les deux parties se mettaient d'accord sur cette question, les Etats-Unis soutiendraient une "solution à deux Etats". 
Le président américain a également assuré que les Etats-Unis soutenaient une "solution à deux Etats", si les deux parties "se mettaient d'accord" sur cette question. 
"En attendant, j'appelle toutes les parties à maintenir le statu quo sur les lieux sacrés de Jérusalem, dont le mont du Temple, aussi connu comme Haram Al-Sharif", une autre appellation donnée à l'esplanade des Mosquées, a-t-il conclu.   
Il a également appelé les différentes parties au calme "Aujourd'hui nous appelons au calme, à la modération, et à ce que les voix de la tolérance l'emportent sur les pourvoyeurs de haine". 
Donald Trump présente la loi signée pour le déplacement de l'ambassade U.S. à Jérusalem 

Vidéo de l'annonce faite par le président américain sur Jérusalem : 
Cliquer sur ce lien pour voir la vidéo 
   
Jerusalem 
Les réactions à la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l'Etat juif
Les réactions n'ont pas tardé. Plusieurs pays, comme les Philippines, la Tchéquie et la Hongrie ont annoncé qu'ils allaient suivre l'exemple des Etats-Unis et déplacer leur ambassade à Jérusalem, répondant ainsi à l'appel du premier ministre israélien de suivre l'exemple des Etats-Unis en reconnaissant Jérusalem comme capitale d'Israël et en y transférant leurs ambassades. Aucun pays n'a pour l'instant son ambassade en Israël à Jérusalem. 
Le premier ministre israélien salue un "jour historique" après l'annonce de Trump sur Jérusalem
"Ceci est un jour historique", a dit M. Netanyahu. Jérusalem "est la capitale du peuple juif depuis 3.000 ans, c'est la capitale d'Israël depuis presque 70 ans".
"Le peuple juif et l'Etat juif seront à jamais reconnaissants", a-t-il dit dans un enregistrement vidéo diffusé immédiatement après la déclaration de M. Trump.
Cette décision "est un important pas vers la paix", a ajouté le Premier ministre.
M. Netanyahu a aussi affirmé que la décision du président américain ne changerait rien en ce qui concerne les lieux saints des trois grandes religions monothéistes à Jérusalem, affirmant l'engagement israélien à maintenir le "statu quo".
"Je veux aussi qu'il soit bien clair: il n'y aura aucun changement d'aucune sorte au statu quo sur les lieux saints", a-t-il assuré. "Israël veillera à toujours faire respecter la liberté de culte des juifs, des chrétiens et des musulmans".  
M. Netanyahu tentait ainsi de dissiper les inquiétudes, notamment des musulmans, de voir Israël exercer son contrôle sur les lieux saints à la faveur de l'annonce de M. Trump.
Jérusalem abrite des lieux sacrés pour les juifs, les chrétiens et les musulmans, dont le troisième lieu saint de l'islam, l'esplanade des Mosquées.
 "Je partage l'engagement du président Trump d'oeuvrer à la paix entre Israël et tous ses voisins, y compris les Palestiniens", a-t-il dit.  
Réaction très négative de  l'Autorité Palestinienne
Le président palestinien Mahmoud Abbas a réagi en affirmant que les Etats-Unis ne pouvaient plus jouer leur rôle historique de médiateur de paix avec les Israéliens, après l'annonce par le président Donald Trump de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël.
"Par ces décisions déplorables, les Etats-Unis sapent délibérément tous les efforts de paix et proclament qu'ils abandonnent le rôle de sponsor du processus de paix qu'ils ont joué au cours des dernières décennies", a dit M. Abbas à la télévision palestinienne.
Selon lui, l'annonce de M. Trump "ne changera rien à la situation de la ville de Jérusalem, la capitale éternelle de l'Etat de Palestine".
Les dirigeants palestiniens revendiquent Jérusalem-Est, occupée puis annexée par Israël en 1967, comme la capitale de l'Etat auquel ils aspirent.
La communauté internationale n'a jamais reconnu Jérusalem comme capitale d'Israël et considère Jérusalem-Est comme un territoire occupé. Israël proclame tout Jérusalem, Ouest et Est, comme sa capitale "éternelle et indivisible".
Le processus de paix israélo-palestinien est au point mort depuis plus de trois ans et la question de Jérusalem est l'une des principales pierres d'achoppement.
De son côté, le secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saëb Erakat, a déclaré que M. Trump avait "détruit" la solution dite à deux Etats en annonçant la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël.
"Malheureusement, le président Trump vient tout juste de détruire la perspective de deux Etats", palestinien et israélien, a-t-il dit à des journalistes. M. Trump a aussi "disqualifié les Etats-Unis d'Amérique de tout rôle dans un quelconque processus de paix".
La décision de Donald Trump "ouvre les portes de l'enfer", affirme le Hamas 
Dans la bande de Gaza, le mouvement islamiste palestinien Hamas, considéré par Israël et les Etats-Unis comme une organisation "terroriste", a affirmé que la décision de M. Trump ouvrait "les portes de l'enfer pour les intérêts américains dans la région".
Ismaïl Radouane, un haut responsable du Hamas s'exprimant devant des journalistes, a appelé les pays arabes et musulmans à "couper les liens économiques et politiques" avec les ambassades américaines, et à expulser les ambassadeurs américains.    
Le Jihad islamique décrète la fin des "accords d'Oslo" 
L'Attaché de presse du « Jihad islamique » dans la bande de Gaza, Shahad Daoud, a exhorté l'ONU à annuler les accords d'Oslo et tous les accords qui régissaient jusqu'à présent les relations entre Israël et l'Autorité palestinienne.   
La décision US aura des "répercussions catastrophiques", prévient le Hezbollah
Le bloc parlementaire du Hezbollah a mis en garde jeudi contre des "répercussions catastrophiques" après la reconnaissance officielle de Jérusalem comme capitale d'Israël par le président Donald Trump.
"La décision américaine aura des répercussions catastrophiques qui menaceront la stabilité et la sécurité", a mis en garde le bloc, à l'issue de sa réunion hebdomadaire.
Al-Akhbar, quotidien libanais proche du Hezbollah, avait donné le ton dès jeudi matin en titrant "Mort à l'Amérique".  
"Aujourd'hui en Palestine, il y a une résistance capable, autonome, qui possède des milliers de roquettes qui peuvent frapper Tel Aviv", avertit le journal. 
Nasrallah, le chef du Hezbollah, dénonce une "nouvelle déclaration Balfour"
Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a dénoncé jeudi 7 décembre la reconnaissance officielle de Jérusalem comme capitale d'Israël par le président Donald Trump, estimant qu'il s'agit d'une seconde "nouvelle déclaration Balfour".
"Nous sommes en présence d'une nouvelle déclaration Balfour, alors que nous avons commémoré le centenaire de la déclaration en question, il y a moins d'un an", a dénoncé le leader chiite, lors d'un discours télévisé retransmis en direct.
La déclaration Balfour avait préfiguré la création de l'État d'Israël. Pour les Palestiniens, cette déclaration a porté en germe la nakba (catastrophe) que représente pour eux la proclamation de l'État hébreu en 1948, marquée par la fuite ou l'expulsion de 750 000 d'entre eux et suivie par 70 ans de conflit israélo-palestinien.
"Une fois que nous aurons réalisé les dangers des répercussions de la décision (de Trump), nous allons agir et ne pas écouter les voix qui diront que ce qui s'est passé est insignifiant", a affirmé le chef du Hezbollah. Pour lui, les Etats-Unis "ne respectent ni les lois internationales, ni les conventions, ni les textes qu'ils ont eux-mêmes signés. Ils font fi de ce que les Etats arabes, européens, la Russie, le Canada, ou les autres pays leur disent." "Il n'y a plus d'obstacles devant le gouvernement israélien de Benjamin Netanyahu", a-t-il regretté.
Sans Jérusalem, il n'y a plus de cause palestinienne, avertit Hassan Nasrallah :
"Jérusalem est au cœur de la cause palestinienne. Si on exclut Jérusalem de cette cause, il n'en restera plus rien", a prévenu le leader chiite. "Aujourd'hui, Trump dit à la nation arabe : +Il n'y a plus de cause palestinienne+. Il dit qu'il n'y a que des individus palestiniens à qui il faut trouver un lieu de résidence", a dénoncé le chef du Hezbollah. "Quelle est la place de Jérusalem pour les Américains dans le processus de paix ? Aujourd'hui, ils ont rayé Jérusalem de l'équation", a-t-il ajouté.  
Pour Nasrallah, la déclaration de Trump représente une insulte contre les musulmans et les chrétiens du monde.
"La plupart des Etats refusent la décision de Trump. (...) Ils estiment qu'elle est une insulte à plus d'un milliard de musulmans de par le monde et à des centaines de millions de chrétiens. Ces derniers estiment que leur ville sacrée a été bradée, au profit d'un Etat sioniste artificiel, hypothéquant ainsi leur histoire et leur passé". "Nous sommes en présence d'un Etat (américain) qui ne respecte pas les lois internationales, mais qui fait la guerre à des peuples en les accusant de violer le droit international. Nous sommes en présence d'une administration américaine qui ne respecte pas ses engagements", a également dénoncé Hassan Nasrallah.
 
Intifada 
Le Hamas appelle à une nouvelle intifada
Le mouvement islamiste Hamas a appelé jeudi 7 décembre à un nouveau soulèvement populaire palestinien après la décision du président américain.
"On ne peut faire face à la politique sioniste soutenue par les Etats-Unis qu'en lançant une nouvelle intifada", a déclaré le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, dans un discours prononcé depuis la bande de Gaza.
Incidents à la frontière entre Israël et Gaza : 2 Palestiniens blessés
Deux Palestiniens ont été blessés, jeudi 7 décembre, dont l'un grièvement, lors d'affrontements entre des dizaines de jeunes palestiniens et l'armée israélienne, aux frontières de la Bande de Gaza.
Achraf al-Qodra, porte-parole du ministère palestinien de la Santé, a déclaré, dans un communiqué qu'un jeune Palestinien avait été gravement blessé au ventre.
Il a également relevé qu'un deuxième palestinien avait été atteint de blessures moyennement graves au niveau du pied, par les balles réelles tirées par l'armée israélienne contre les manifestants, à l'est de la ville de Khan Younes dans le sud de la Bande de Gaza.
Des accrochages se sont déclenchés aux frontières est de la ville de Khan Younès, lors d'une manifestation contre la décision du président américain Donald Trump relative à la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël et le transfert de l'ambassade américaine de Tel Aviv vers Jérusalem.
Les différents acteurs et factions palestiniens avaient appelé, mercredi 6 décembre, dans un communiqué conjoint, à manifester massivement dans les différentes villes de la Cisjordanie, contre la décision américaine.
"Jour de la colère" à Jérusalem, Ramallah, Hébron, Bethléhem et de nombreuses autres localités palestiniennes  
(De notre correspondant en Israël, Nathan R.)
Jeudi 7 décembre, des manifestations ont eu lieu à Hébron, à Jérusalem, à Naplouse et dans d'autres localités de l'Autorité palestinienne (AP).
Des sources palestiniennes rapportent que les affrontements avec les forces de sécurité israéliennes ont fait plus d'une centaine de victimes. 
Plusieurs centaines de jeunes Palestiniens se sont rassemblés près de la porte de Naplouse à Jérusalem. Ils ont lancé des pierres et des bouteilles d'eau sur les soldats et la policiers israéliens et ont scandé des slogans anti-israéliens et anti-américains. Le service de presse de la police a signalé l'interpellation de trois personnes.
À 17h00, la station de radio "Kan Bet" a rapporté que la situation près de la vieille ville était sous contrôle. 
Des affrontements avec des soldats israéliens ont eu lieu à Shuaffat. Les forces de sécurité ont été forcées d'utiliser des moyens spéciaux pour disperser les manifestations.
Selon des sources palestiniennes, un enfant de cinq ans a été blessé à la tête par une balle en caoutchouc. 
Sur la place Shahid à Naplouse, un rassemblement a eu lieu, au cours duquel le gouverneur de la ville Akram Rajub a pris la parole pour demander à la population de
protéger Jérusalem et la mosquée Al-Aqsa. 
Selon Safa, à Hébron, les militaires ont utilisé des balles en caoutchouc, des grenades paralysantes et du gaz lacrymogène contre les manifestants qui leur jetaient des pierres.
Plusieurs manifestants ont du recevoir une assistance médicale dans le cadre d'un «empoisonnement au gaz lacrymogène», ou des abrasions diverses obtenues lors d'une bagarre avec des gardes-frontières et des soldats. 
Des affrontements entre militaires et Palestiniens ont également eu lieu dans la région d'Hébron, dans le district de Bab-az-Zavia. 
À Ramallah, les participants à la marche de protestation ont condamné l'Égypte et l'Arabie saoudite, qui, à leur avis, ne défendaient pas suffisamment les intérêts du peuple palestinien face à la Maison-Blanche. Lors du rassemblement on a même entendu des slogans selon lesquels "la déclaration de Trump sur Jérusalem" était le résultat de "la collusion des Américains avec les responsables arabes."
Près du village d'Al Bira, les Palestiniens ont brûlé des pneus, jeté des pierres sur les voitures et bloqué les routes. 
Pour faire face à l'extension des émeutes dans les localités palestiniennes, les Forces de Défense Israéliennes (FDI) ont décidé, jeudi 7 décembre, d'augmenter leurs effectifs de plusieurs bataillons Cisjordanie. De plus, le nombre de policiers et de gardes-frontières à Jérusalem a été fortement renforcé à la veille de la prière du vendredi sur l'esplanade des Mosquées.
Fermeture du checkpoint israélien Gilboa
(De notre correspondant en Israël, Nathan R.)
Le service de presse du ministère de la Défense a signalé que, en raison des émeutes qui ont éclaté dans la zone du poste de contrôle de Gilboa, l'activité du point de contrôle a été suspendue. 
La décision de rouvrir le poste de contrôle sera prise par les forces de sécurité, en fonction de la situation. 
Selon le ministère de la Défense, plusieurs dizaines d'Arabes ont jeté des pierres sur les militaires assurant le travail du checkpoint.  
Témoin de la tension ambiante, les habitants d'Ashdod et Ashkelon inquiétés par le passage du mur du son d'un avion militaire  
(De notre correspondant en Israël, Nathan R.
Jeudi 7 décembre, les habitants d'Ashdod et d'Ashkelon ont rapporté un bruit similaire à une explosion alors que les sirènes d'alarme pour prévenir des attaques de missiles n'avaient pas retenti.   Le service de presse de Tsahal a indiqué que l'armée n'avait pas d'informations sur des incidents sécuritaires dans la région.
La police n'a pas noté d'incidents dans le sud d'Israël non plus. 
Il pourrait en fait s'agir du passage du mur du son par un avion militaire, mais compte-tenu de la tension ambiante qui règne dans le pays, les nerfs sont à fleur de peau.  
Les sirènes d'alarme "Tzeva Adom" retentissent pour de bon près de la frontière avec Gaza
Entre 18H13 et 18H14 les sirènes d'alarme "Enfer de Tzeva" ont retenti dans les colonies situées près de la frontière de la bande de Gaza pour mettre en garde contre un éventuel bombardement de missiles ou de mortiers. 
L'alarme a retenti sur le territoire des conseils locaux Hof Ashkelon et Shaar HaNegev. 
Les résidents locaux ont indiqué avoir entendu une ou deux explosions sans pouvoir préciser si les explosions ont eu lieu dans la bande de Gaza ou le territoire israélien. Le service de presse de Tsahal a confirmé avoir enregistré le lancement de deux missiles depuis le territoire de Gaza en direction d'Israël. Les soldats et la police  passaient en début de soirée le territoire au peigne fin à la recherche de l'endroit où ont pu tomber les missiles. 
 
puissancesregionales 
Les puissances régionales vont en profiter pour se poser en champion de la lutte pour la libération de la Palestine
Turquie 
Pour la Turquie, "la décision de Donald Trump est irresponsable".  
"Nous condamnons la déclaration irresponsable de l'administration américaine (...) cette décision est contraire au droit international et aux résolutions de l'ONU", a réagi le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu sur Twitter.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé jeudi 7 décembre la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël par son homologue américain, estimant que cette décision plongeait la région "dans un cercle de feu".
"Prendre une telle décision met le monde, et spécialement la région, dans un cercle de feu", a déclaré M. Erdogan à la presse à Ankara avant de s'envoler pour la Grèce où il doit effectuer une visite officielle.
"Ô Trump, que fais-tu ? Quelle est cette approche ? Les responsables politiques doivent œuvrer pour la réconciliation et non pas pour le chaos", a-t-il ajouté.
M. Erdogan avait averti mercredi que lareconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël par Washington "ferait le jeu des groupes terroristes".
"J'adresse d'ici un appel au monde entier: gardez-vous de prendre toute mesure qui viserait à modifier le statut juridique" de Jérusalem, avait aussi déclaré M. Erdogan à l'issue d'un entretien à Ankara avec le roi Abdallah II de Jordanie.
"Personne n'a le droit de jouer avec le destin de milliards de personnes pour satisfaire ses envies personnelles", avait mis en garde le dirigeant turc, affirmant que Jérusalem était"la prunelle des yeux de tous les musulmans".
La présidence turque avait annoncé plus tôt que M. Erdogan avait invité les dirigeants des pays musulmans pour un sommet à Istanbul le 13 décembre axé sur la question de Jérusalem. Le sommet doit réunir des dirigeants des 57 pays membres de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) dont la Turquie est la présidente en exercice.
Dans un communiqué, le ministère turc des Affaires étrangères a averti que la décision américaine aurait "des conséquences négatives sur la paix et la stabilité de la région" et risquait de "détruire complètement les bases pour la paix".
"Nous appelons l'administration américaine a reconsidérer sa décision erronée, qui pourrait aboutir à des résultats très négatifs", a-t-il ajouté.
A noter que la Turquie et Israël avaient normalisé leurs relations en 2016, après une crise diplomatique déclenchée en 2010 par un raid israélien contre un navire d'une ONG en direction de la bande de Gaza, qui avait fait dix morts parmi les activistes turcs.
Les deux parties ont intensifié leur coopération depuis, notamment dans le domaine de l'énergie, mais M. Erdogan, défenseur de la cause palestinienne, a continué à critiquer régulièrement la politique israélienne.
Pakistan
Le ministère pakistanais des Affaires étrangères a exprimé sa "forte opposition et condamnation" de la décision de Donald Trump concernant la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l'Etat hébreu.
"Le Pakistan partage la condamnation  internationale et est profondément inquiet des implications de cette décision sur la paix et la sécurité internationale, particulièrement au Moyen orient. Le Pakistan demande au Conseil de Sécurité de l'ONU de prendre conscience de cette situation et de prendre les mesures conformes à la Charte des Nations Unies."   
Iran :
L'Iran a condamné la décision du président américain de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël.
Le ministère des Affaires étrangères a dénoncé dans un communiqué une "provocation et une décision insensée de la part des Etats-Unis (...) qui va provoquer une nouvelle Intifada et pousser à des comportements plus radicaux et à davantage de colère et de violence".
La décision de M. Trump est une "violation claire des résolutions internationales", a-t-il ajouté en estimant que Jérusalem était "une partie intégrante de la Palestine".
"L'Iran condamne cette démarche avec force et exhorte la communauté internationale, les pays influents et en particulier les pays musulmans à empêcher l'application de cette décision des Etats-Unis, qui ne bénéficie qu'au régime sioniste, afin de préserver la stabilité de la région", a poursuivi le ministère.
Egypte
Le ministère égyptien des Affaires étrangères a condamné la reconnaissance par Donald Trump de Jérusalem comme la capitale d'Israël et le déplacement de son ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem. 
Dans une déclaration publiée peu de temps après le discours du président américain à Washington, le ministère égyptien des Affaires étrangères a déclaré que de telles décisions unilatérales violaient les résolutions internationales. 
"L'Egypte est extrêmement préoccupée par l'impact éventuel de la décision de Trump sur la stabilité de la région", a ajouté le ministère, ajoutant que la décision américaine enflamme le monde arabe et musulman considérant le statut spirituel, culturel et historique de Jérusalem. 
La déclaration indique que la décision de Trump ne changera pas le statut légal de Jérusalem en tant que ville occupée, se référant à un certain nombre de résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU concernant cette question, notamment la résolution No.242 / 1967 exigeant qu'Israël se retire des territoires occupés.
en 1967, y compris Jérusalem. 
Le ministère a également fait référence à la résolution n ° 478/1980 du Conseil de sécurité de l'ONU, qui rejette la décision du gouvernement israélien d'annexer Jérusalem et de déclarer la ville comme capitale officielle. 
La déclaration mentionne également la résolution No.2334 / 2016, qui stipule que le Conseil ne reconnaît pas les changements apportés aux frontières d'Israël après 1967, autres que ceux convenus par les deux parties à travers des négociations. 
La déclaration indique que la décision des Etats-Unis aura un impact "hautement négatif" sur le processus de paix israélo-palestinien, étant donné que le statut de Jérusalem est une question à traiter dans les dernières étapes du processus de paix, avec son destin à
être déterminé par les parties concernées. 
Le ministère a également mis en garde contre le danger que représente le mouvement de Trump pour les efforts actuels visant à reprendre les pourparlers de paix entre les Israéliens et les Palestiniens afin de créer un Etat palestinien avec Jérusalem-Est pour capitale. 
Arabie saoudite
La position de l'Arabie saoudite est la plus délicate. Riyad n'a rien pu faire moins que de regretter la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël. Le Palais royai la juge "injustifiée et irresponsable" dans un communiqué du cité par les médias d'Etat.
"Le royaume exprime de profonds regrets après la décision du président américain de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël. Il a déjà mis en garde contre les graves conséquences que peut avoir cette décision injustifiée et irresponsable", a souligné le communiqué.
Le roi Salmane d'Arabie saoudite avait déjà mis en garde mercredi 6 décembre contre les conséquences d'une telle décision parlant d'un "pas dangereux" susceptible de provoquer la colère des musulmans à travers le monde.
Avant l'annonce du président américain, les relations entre l'Arabie saoudite et les Etats-Unis s'étaient nettement réchauffées depuis l'élection de M. Trump qui a effectué son premier déplacement à l'étranger à Riyad en mai dernier. En dépit des relations traditionnellement solides entre les pays, Riyad voyait d'un mauvais œil la politique moyen-orientale de l'ancien président Barack Obama perçue comme favorable à l'Iran, le rival chiite de l'Arabie saoudite. Israël et l'Arabie saoudite n'ont pas de relations diplomatiques.
 
PaysMusulmans 
Condamnation des autres pays musulmans
Le sultanat d'Oman
Le Sultanat d'Oman a réagi à la reconnaissance par le président américain Donald Trump de Jérusalem en tant que capitale d'Israël. Le ministère des Affaires étrangères a publié la déclaration suivante :
Le Sultanat exprime son profond regret devant la décision du président américain Donald Trump à propos de Jérusalem et souligne qu'une telle décision est inutile et que ces questions devraient être laissées aux parties palestiniennes et israéliennes pour négocier dans le cadre des négociations sur le statut final.
"Le Sultanat appelle la communauté internationale à respecter les dispositions du droit international et à ne prendre aucune décision ou mesure contraire aux résolutions de la légitimité internationale, notamment la résolution 242 du Conseil de sécurité, qui affirme que les territoires occupés par Israël après juin 5, 1967 sont des territoires occupés. " 
Malaisie
Le Premier ministre malaisien Najib Razak a appelé jeudi 7 décembre les musulmans du monde entier à s'opposer à la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël.
"J'appelle tous les musulmans du monde à faire entendre leur voix, à dire clairement que nous nous opposons fortement à toute reconnaissance de Jérusalem comme étant la capitale de toute éternité d'Israël", a-t-il dit au lendemain de l'annonce de Donald Trump.
Irak  
L'Irak demande aux USA de faire marche arrière sur Jérusalem.
Le gouvernement irakien a demandé jeudi 7 décembre aux Etats-Unis de revenir sur leur décision de reconnaître Jérusalem comme capitale de l'Etat d'Israël.
"Nous mettons en garde contre les dangereuses répercussions de cette décision sur la stabilité de la région et du monde", déclare le gouvernement irakien dans un communiqué.
"L'administration américaine doit revenir sur sa décision pour stopper toute escalade dangereuse susceptible d'alimenter l'extrémisme et de créer les conditions favorables au terrorisme", ajoute-t-il.
Menaces des miliciens chiites irakiens contre les soldats US en Irak et de la CIA contre les milices iraniennes et pro-iraniennes 
(De notre correspondant en Irak
Les miliciens chiites irakiens promettent de se venger sur les soldats américains présents en Irak.
La milice chiite pro-iranienne Harakat Al-Hezbollah alNujaba a déclaré qu'elle considérait comme légitime de mener une opération contre les soldats américains en Irak.
La milice est forte d'environ 10.000 combattants.  
« L'imbécile de Trump a déclaré Jérusalem capitale de l'entité sioniste. Cela nous donnera la motivation pour effacer l'entité sioniste de la face du Moyen-Orient, » a déclaré le chef de la milice, Akram al-Kaabi. 
Quelques jours avant la déclaration de Donald Trump, le directeur de la CIA Mike Pompeo avait émis un avertissement aux dirigeants iraniens, et en particulier au commandant de la division « Al-Qods » , l'unité d'élite du Corps des gardiens de la révolution islamique (DGRI), le général Qassem Soleimani. 
« Nous lui avons dit que nous considérerons l'Iran responsable des attentats contre des intérêts américains en Irak par les forces iraniennes et pro-iraniennes. Nous voulons que tout soit clair. »,  a dit le chef de la CIA. 
Emirats Arabes Unis 
Les Emirats arabes unis ont également exprimé leur désaccord par la voix de leur ministère des Affaires étrangères.
"Le ministère a exprimé sa vive préoccupation concernant les répercussions de cette décision sur la stabilité de la région car elle attise l'émotion des peuples arabes et musulmans compte tenu du statut de Jérusalem dans l'esprit des Arabes et des musulmans", ajoute le communiqué.
Algérie
L'Algérie a condamné "avec force" la reconnaissance officielle de Jérusalem comme capitale d'Israël par le président Donald Trump mercredi, selon l'agence d'Etat algérienne APS, citant un communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères.
Cette "grave décision (...) constitue une violation flagrante des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité (de l'ONU) et de la légalité internationale", indique le ministère des Affaires étrangères.
"C'est avec une très grande préoccupation que l'Algérie a pris connaissance de la décision de l'administration américaine de reconnaître El-Qods Echarif (Jérusalem la bénie) comme capitale d'Israël", poursuit-il dans son communiqué.
 
peureux 
Les pays qui réprouvent par crainte des conséquences sécuritaires ou commerciales   
La décision de Donald Trump s'est attirée la réprobation, voire la condamnation, d'un grand nombre de pays, dont de nombreux membres de l'Union européenne. Les raisons invoquées sont les plus diverses mais la plupart de ces pays sont apeurés par les risques de déflagration au sein de la communauté musulmane, très importante dans chacun d'eux et aussi par crainte des conséquences sur le plan des relations commerciales avec les riches pays pétroliers.  
Sur le plan diplomatique, les chancelleries vont devoir faire preuve de prouesses diplomatiques pour se sortir du bras de fer qui va désormais se jouer entre Israël qui choisira ses amis selon qu'ils déplacent leur ambassade ou non et les pays musulmans qui feront exactement de même mais dans l'autre sens. 
Huit pays demandent une réunion d'urgence du Conseil de sécurité
Huit pays, dont quatre européens, deux sud-américains et deux africains, ont demandé mercredi 6 décembre une réunion d'urgence du Conseil de sécurité après la décision de Donald Trump de reconnaître unilatéralement Jérusalem comme capitale d'Israël, selon des diplomates.
"Les missions de Bolivie, d'Egypte, de France, d'Italie, du Sénégal, de Suède, du Royaume-Uni et d'Uruguay demandent à la présidence" japonaise du Conseil de sécurité "d'organiser une réunion d'urgence du Conseil, avec un exposé du secrétaire général, avant la fin de la semaine", indique un communiqué de la mission suédoise. Le Conseil de sécurité compte 15 membres.   
 
manifestations 
Premières manifestations à travers le monde 
Turquie
Des centaines de personnes ont manifesté mercredi 6 décembre, bruyamment mais pacifiquement, devant le consulat américain à Istanbul contre la décision du président Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël.
Environ 1.500 personnes se sont rassemblées près du Bosphore, à l'extérieur de l'enceinte diplomatique américaine très protégée. La police a bouclé la zone à l'aide de barricades, a indiqué un correspondant de l'AFP.
Le slogan "Palestine libre" a été peint au mur du consulat et des manifestants ont jeté des bouteilles en plastique vers le bâtiment. Un bout de papier avec une représentation du drapeau d'Israël a également été brûlé.
Agitant des drapeaux palestiniens et allumant des fusées éclairantes, les manifestants ont scandé "Américains assassins, partez du Moyen-Orient", "à bas l'Amérique!" et ont exhorté le groupe palestinien Hamas à "frapper Israël".
Un regroupement similaire a eu lieu devant l'ambassade des Etats-Unis à Ankara, la capitale turque, où les manifestants ont brandi des photos du président turc Recep Tayyip Erdogan.
Maroc
L'ambassade américaine à Rabat a appelé ses ressortissants au Maroc à la vigilance après la décision de Trump relative à la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël et au transfert de son ambassade de Tel Aviv à Jérusalem.
Un communiqué de l'ambassade, publié sur son site électronique, souligne que « la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale d'Israël et la décision de transfert de son ambassade de Tel Aviv à Jérusalem, pourrait aboutir à des protestations susceptibles de passer à la violence ».
L'ambassade américaine a appelé ses ressortissants, dans ce contexte, à la nécessité d'être vigilants et de préserver leur sécurité en suivant les instructions des autorités locales ».
Elle les a également appelés à éviter de se rendre aux zones où ont lieu des manifestations et de s'approcher des rassemblements de protestation.
Liban
Une journée de grève a été observée dans les camps palestiniens d'Aïn el-Héloué et de Miyé-Miyé, au Liban-sud en signe de protestation contre la décision du président américain Donald Trump de reconnaître la ville de Jérusalem comme capitale d'Israël, rapporte l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).  Les institutions et les écoles du camp ont fermé leurs portes.
Manifestations également en Tunisie 
Des milliers de personnes ont manifesté jeudi 7 décembre en Tunisie contre la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël, et les parlementaires ont appelé à une mobilisation nationale vendredi.
Dans le centre de Tunis, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées, à l'appel de partis de gauche et groupes islamistes, aux cris de "Nous sommes tous Palestiniens", et "Trump soit maudit".
Entre 100 et 200 manifestants, qui avaient tenté de se diriger vers l'ambassade américaine, en ont été empêchés par la police, selon un journaliste de l'AFP sur place. Plusieurs dizaines de minibus de police étaient déployés et toutes les routes alentours coupées.
A Sfax (centre-est), deuxième ville de Tunisie, environ un millier de manifestants sont descendus dans la rue. "Avec notre âme, avec notre sang, nous nous sacrifions pour la Palestine", ont-ils scandé.
Au Parlement, les députés ont voté un texte demandant aux "pouvoirs arabes et musulmans d'assumer leur responsabilité historique afin que la décision (américaine) ne soit pas mise à exécution".
Ils ont appelé "tout le peuple à participer largement à la manifestation nationale" vendredi en Tunisie.
La puissante centrale syndicale UGTT et le parti islamiste Ennahda, qui fait partie de la coalition gouvernementale, ont appelé à participer à cette manifestation.
Les taxis ont prévu d'arborer un signe de solidarité tandis que le syndicat des journalistes a décidé de relancer "l'initiative de boycott des produits américains et sionistes".
et en Jordanie 
En Jordanie, des centaines de manifestants ont brûlé des photos du président Donald Trump et le drapeau américain près de l'ambassade des Etats-Unis à Amman. "Pas d'ambassade américaine sur le sol jordanien", ont-ils crié en scandant également "Mort à Israël". Des protestations sont également prévues vendredi dans le royaume après la prière musulmane hebdomadaire.

 

09/11/2017

Les forces pro-régime ont repris Boukamal, la dernière ville aux mains de l'EI en Syrie

Syrie 
Boukamal
Les forces pro-régime ont repris Boukamal, la dernière ville aux mains de l'EI en Syrie
L'armée syrienne et ses alliés ont repris la localité de Boukamal, dernier bastion urbain de l'Etat islamique (Daech) en Syrie, a annoncé mercredi 8 novembre un commandant de l'alliance soutenant le président Bachar el-Assad.
La reconquête de la ville de la province de Deir ez-Zhor, frontalière de l'Irak, a notamment été menée par des centaines de combattants du Hezbollah et des forces de Mobilisation populaire (Hached al-Chaabi), puissante coalition de milices chiites irakiennes armées et entraînées par l'Iran, a-t-il précisé. "Le dernier bastion de Daech, Boukamal, a été libéré", a déclaré cet officier étranger. Le Hezbollah a été "le socle de cette bataille", a-t-il ajouté.
Dans notre newsletter du 8 novembre, nous avions rapporté que des combattants des Hached al Chaabi avaient pour la première fois franchi la frontière pour participer à l'offensive.   
Les combats se poursuivent à la périphérie de la ville
L'Armée Arabe Syrienne (AAS) tentent à présent de consolider leur présence dans la ville, la sécuriser en recherchant les jihadistes qui pourraient encore s'y trouver et procéder au déminer. L'armée est dans Boukamal mais les jihadistes ne sont pas loin. Ils contrôlent certains points dans la zone désertique au nord de la ville et pourraient utiliser un vaste réseau de tunnels souterrains pour mener des contre-attaques. D'ailleurs, au cours de la journée du 9 novembre, les troupes pro-gouvernementales ont été engagées dans divers affrontements dans la région de Boukamal.  
L'armée syrienne a libéré la base aérienne de Hamdan au nord de Boukamal
L'armée arabe syrienne, soutenue par des forces alliées, a attaqué les positions de l'État islamique sur la base aérienne (désaffectée) de l'académie militaire de Hamdan, au nord de Boukamal.  (Voir plus bas à "rappel pour la base aérienne de Hamdan - un fiasco américain") 
L'Iran s'enorgueillit de la "ligne de résistance" allant de Téhéran à Gaza
L'intervention de plus en plus ostensible de l'Iran et de ses alliés dans le conflit syrien rend furieux les puissances sunnites voisines, dont l'Arabie saoudite qui a accusé ces derniers jours Téhéran de déstabiliser la région.
En pied de nez à Riyad, Ali Akbar Velayati, principal conseiller du guide suprême de la République islamique, l'ayatollah Ali Khamenei, a vanté mercredi lors d'une visite à Alep les bienfaits de la "ligne de résistance" chiite allant de Téhéran à la bande de Gaza en passant par l'Irak, la Syrie et le Liban.
La chute de Boukamal met pratiquement fin à l'existence territoriale de l'Etat islamique 
Ces derniers mois, l'EI a subi revers après revers en Syrie et en Irak où il ne reste désormais aux forces irakiennes qu'à s'emparer de la localité de Rawa et des environs désertiques dans la province occidentale d'al-Anbar, frontalière de la Syrie, pour en finir avec les jihadistes en Irak.
En Syrie, la chute de Boukamal met pratiquement fin à l'existence territoriale de l'Etat islamique. Daech ne contrôle plus en Syrie que quelques petites localités et des zones désertiques dans la province de Deir ez-Zhor.
L'EI s'était emparé de la quasi-totalité de Deir ez-Zhor et de sa province riche en pétrole en 2014, profitant du chaos engendré par la guerre en Syrie.    
Mais malgré ses défaites, l'EI parvient à frapper en menant des attentats sanglants. Samedi 5 novembre, au moins 75 civils ont été tués dans un attentat à la voiture piégée commis par le groupe jihadiste dans la province de Deir ez-Zhor. 
La défaite de l'EI en Syrie ne met pas fin à la guerre  
La défaite du groupe jihadiste ne marque pas, cependant, la fin du conflit en Syrie, dont le président Bachar el-Assad a promis la reconquête de l'ensemble du territoire, un credo repris mercredi par Ali Akbar Velayati. Les forces gouvernementales syriennes, également appuyées par l'aviation russe, ont désormais face à elles plusieurs groupes armés soutenus par les Etats-Unis et la Turquie, notamment les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) qui contrôlent plus d'un quart de la Syrie. Une proche conseillère de Bachar el-Assad a déclaré que les troupes américaines et turques présentes en Turquie étaient des forces d'invasion.
Le conflit en Syrie a laissé le pays exsangue
Le conflit en Syrie a laissé le pays exsangue et morcelé entre différents belligérants dont certains étrangers venus en renfort de camps adverses. Il a fait plus de 330.000 morts et poussé des millions de Syriens à l'exil. 
Des dizaines de milliers de personnes ont été déplacées par les combats dans la province de Deir ez-Zhor, nombre d'entre eux vivant dans des conditions difficiles dans des camps installés dans le désert. Selon Linda Tom, du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) à Damas, quelque 120.00 personnes ont été déplacées ces dernières semaines.   

Jean René Belliard

ptolemee@belliard74.com