06/06/2018

5 Juin 1967 – la guerre des six jours a été gagnée par le Mossad et Aman (renseignements militaires)

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(Extrait de « Enfer des Espions » – Nouveau monde édition 2010 – Jean René Belliard)

Un rappel historique à méditer
…Youri Andropov, le nouveau patron du KGB est un homme à poigne et ambitieux. Il a pris la direction de l’agence en 1967. Andropov a été ambassadeur de l’U.R.S.S. en Hongrie au moment du soulèvement de Budapest contre le régime communiste. Il est hanté par l’idée qu’un régime communiste, quel qu’il soit,  puisse s’écrouler comme un château de cartes. Il faut donc que la police secrète veille au grain en permanence. Andropov dirigera le K.G.B. d’une main de fer.
Les Soviétiques ont tout intérêt à mettre de l’huile sur le feu au Proche-Orient. Ils pensent qu’un conflit entre Israël et les Etats arabes ne pourra qu’enflammer la haine des Juifs parmi les Arabes et en conséquence la haine de ceux qui soutiennent l’Etat hébreu : les Etats-Unis et les pays occidentaux.  Ils multiplient les livraisons d’armes aux pays arabes. Ils mettent également leurs réseaux de renseignement au service de leurs alliés. C’est ainsi que le gouvernement soviétique informera les gouvernements égyptiens et syriens qu’une attaque israélienne pourrait avoir lieu le 17 mai 1967.
On pense que cette information a été lourde de conséquences et a conduit les deux partis sur la voie de la guerre.
Le 15 mai, jour de la fête nationale israélienne, le gouvernement de Tel Aviv, décide d’organiser une parade militaire dans la zone juive de Jérusalem. Cette parade militaire n’est pour les Arabes que le camouflage d’un dispositif offensif. Le 17 mai, les troupes égyptiennes et syriennes se mettent en état d’alerte maximale. Le 18, le gouvernement égyptien exige le retrait de la force d’urgence des Nations Unies (F.U.N.U.) de Gaza et du Sinaï. Mr. Thant, secrétaire général des Nations Unies, est contraint de faire suite à la demande égyptienne le 19 mai.
Le président Nasser annonce, le 22 mai, le minage du détroit de Tiran, la fermeture du golfe d’Aqaba aux navires israéliens, ainsi qu’aux navires étrangers qui transportent du matériel stratégique vers Israël. Au même moment, 6 divisions égyptiennes se dirigent vers la frontière israélienne.
Le 31 mai, le roi Hussein signe avec le président Nasser un accord de défense mutuelle entre leurs deux pays.
Pour le gouvernement israélien, chacun de ces évènements constitue un casus belli. Le gouvernement de Tel Aviv demande aux Etats-Unis d’honorer les engagements pris en 1957 par Eisenhower et qui garantissent un libre accès des navires à destination d’Eilat. Mais l’administration Johnson est embourbée dans le conflit vietnamien et ne peut envoyer rien d’autre qu’une flottille internationale pour déminer le détroit de Tiran.
Les espions israéliens ont contribué à la victoire
Le 5 juin 1967, à l’aube, l’armée Israélienne passe à l’attaque. Tsahal, l’armée israélienne, remporte la victoire en moins de trois heures. Son aviation détruit au sol la plus grande partie des forces aériennes égyptiennes. L’action a été facilitée par le fait « qu’il se trouvait au moins un Katsa ou un informateur du Mossad dans toutes les bases aériennes et dans tous les quartiers généraux égyptiens. On n’en comptait pas moins de trois au QG du haut commandement au Caire – trois officiers d’État-major retournés.»  (Histoire secrète du Mossad » – Gordon Thomas – Editions Nouveau Monde. Page 64)
Les agents secrets israéliens avaient découvert qu’entre « 7H30 et 8H du matin, les unités de surveillance radar atteignaient leur niveau de vulnérabilité maximale.» (idem – page 65) Quant aux pilotes, la plupart ne se présentaient aux hangars que vers les 8 heures du matin. « A ce moment-là, les équipes au sol avaient déjà entrepris de sortir les appareils des hangars pour les ravitailler et les armer. Pendant un quart d’heure environ, le tarmac était encombré de camions-citernes et de véhicules transporteurs de munitions. » (idem – page 66)
Les avions israéliens frappent à 8 heures 01. En quelques minutes les jets israéliens se sont assurés la maîtrise totale de l’air. Les armées arabes privées de couverture aérienne vont subir la défaite la plus cuisante de leur histoire.
Une défaite lourde de conséquences à long terme pour les Arabes
En six jours, Égyptiens, Syriens et Jordaniens perdent plus de 30 000 hommes, 430 avions, 500 pièces d’artillerie, 800 chars, 10 000 camions et autres véhicules de transport, un sous-marin, plusieurs autres unités navales, ainsi qu’une base de missiles Sol-Air SA2, trouvée abandonnée dans le désert du Sinaï. Les pertes en matériel représenteront un montant d’environ 1,5 milliards d’euros. Du côté israélien, on annonce  676 morts, 40 avions et 100 chars détruits.
Le désastre est tragique pour les populations arabes. Non seulement, des centaines de milliers de réfugiés palestiniens voient s’éloigner l’espoir de revoir les maisons dont ils avaient été chassés en 1948, mais leurs rangs se trouvent encore grossis de 208 000 autres « déplacés ». 115 000 personnes, déjà réfugiées, ont repris le chemin de l’exode. Le nombre de réfugiés palestiniens, disséminés dans les différents pays arabes, atteint  désormais 1 300 000 personnes. 1 061 400 Arabes viennent de passer sous contrôle israélien : 600 000 en Cisjordanie, 66 000 dans la vieille ville de Jérusalem, 356 000 à Gaza, 33 000 dans le désert du Sinaï et 6400, en majorité des Druzes,  dans le Golan.
Un problème démocratique pour Israël
Les Israéliens ont remporté une victoire si écrasante qu’il leur devient impossible de comprendre l’urgence de faire la paix avec les Arabes. Ils préfèrent s’accrocher à leurs conquêtes territoriales. Et pas n’importe lesquelles : ils ont conquis la plus grande partie de la terre d’Israël qui était l’objectif du mouvement sioniste : ils contrôlent maintenant la vieille ville de Jérusalem, Jéricho, Hébron, Naplouse et toutes ces villes de Cisjordanie qui sont au cœur de la terre biblique.
Il est clair que les Israéliens ne vont pas renoncer de si tôt à leurs conquêtes. Pour preuve,  la réponse de Moshe Dayan, le ministre de la Défense du gouvernement israélien à une question sur une possible négociation de paix avec le roi Hussein de Jordanie : S’il veut parler, « il connaît mon numéro de téléphone », sous-entendu, ce n’est sûrement pas nous qui allons rechercher activement à faire la paix !
Mais en s’accrochant à l’ensemble de ses conquêtes, Israël va se trouver devant un dilemme : Comment faire pour rester un Etat démocratique ? Conséquence de sa victoire militaire : un million de Palestiniens, avec un taux de fertilité supérieur aux Juifs, est venu grossir la population de l’Etat hébreu. Si Israël veut rester un Etat juif, il ne pourra le faire qu’en opprimant les aspirations légitimes de ces Palestiniens. Il y a trois alternatives possibles pour Israël :
– être Etat juif vivant sur l’ensemble de la terre d’Israël, mais non démocratique,
ou
– un Etat démocratique sur l’ensemble de la terre d’Israël, mais non juif,
ou bien encore
– un Etat juif et démocratique mais pas sur l’ensemble de la terre d’Israël.
Il y a autre chose : l’identité palestinienne. Il n’y avait pas, jusqu’au 6 juin 1967, de peuple palestinien à proprement parler. Il y avait le problème des réfugiés palestiniens dans un certain nombre de pays arabes. Il y avait des Cis-jordaniens sujets du roi Hussein de Jordanie et il y avait des habitants de Gaza sujets égyptiens. Les habitants de Cisjordanie et de Gaza ne se sentaient pas palestiniens mais jordaniens ou égyptiens. La conquête des territoires de Cisjordanie et Gaza va créer du même coup un problème palestinien à l’intérieur même des limites du grand Israël que les Israéliens rêvent de créer.

 

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05/06/2018

Syrie: L’Iran a investi plusieurs milliards en Syrie et n’est pas prêt à se soumettre à la Russie ou à Israë

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Selon le journal saoudien « Al-Sharq al-Awsat », publié à Londres,  la Russie et Israël tenteraient de faire pression sur l’Iran pour obtenir qu’il retire ses forces (iraniennes et pro-iraniennes) de Syrie. Cependant, pour la publication, Téhéran entend bien « récolter les fruits » de ses investissements en Syrie, qui, sont estimés à environ 30 milliards $ au cours des dernières années.
L’évaluation des investissements iraniens en Syrie, tant sur les plans militaires que civils,  a été proposée par Mansour Farhang, scientifique américain et ancien diplomate iranien.
Nadim Shehadi, un expert du Moyen-Orient à l’École de droit et de diplomatie à l’Université Tufts Fletcher (Etats-Unis), estime que l’Iran dépense en Syrie environ 15 milliards de dollars par an, et il estime, lui, le total des investissements iraniens en Syrie à environ  105 milliards $.
Le gros des montants investis sont dus principalement à l’établissement de bases militaires pour le stationnement de ses propres forces armées en Syrie, pour le recrutement, la formation des miliciens chiites du Moyen-Orient et d’Asie du Sud et pour l’indemnisation des familles des personnels tués et blessés.
Il y a actuellement en Syrie
11 base militaires iraniennes, 15 bases du Hezbollah et 9 bases des milices chiites pro-iraniennes ou d’autres pays selon al-Shark al Awsat. Ces bases sont réparties un peu partout en Syrie – à l’ouest, près de la frontière avec le Liban, à l’est, près de la frontière avec l’Irak et dans le nord, près de la frontière avec la Turquie. L’Iran cherche également à installer une base militaire dans le sud de la Syrie, près de la frontière avec Israël et la Jordanie, ce à quoi Israël, les États-Unis et la Russie se sont déclarés résolument opposés.
Comme indiqué par al-Shark al Awsat, les Iraniens investissent massivement dans des projets civils en Syrie. En particulier, grâce aux Fonds de charité islamique « Jihad al-Bina », Téhéran a financé la reconstruction d’écoles, de routes et des infrastructures à Alep ou d’autres villes détruites par les combats (le même fonds avait financé la restauration du sud de Beyrouth après la guerre entre le Hezbollah et Israël à l’été 2006 ).
Ces derniers mois, des entreprises iraniennes ont gagné l’appel d’offres lancée par le gouvernement syrien pour la fourniture de machines agricoles, la production de phosphates, la réparation des réseaux électriques et la production de sucre.
Les
Iraniens contrôlent de fait une grande partie de la frontière syro-irakienne, des axes routiers majeurs reliant un certain nombre de  régions d’importance stratégique dans l’est de la Syrie et l’une des principales canalisations d’eau.
Téhéran a octroyé à Damas des prêts importants: au moins 4,5 milliards de dollars à partir de 2013.
Les analystes cités par « Al-Sharq Al-Awsat », pensent que l’Iran ne se retirera de la Syrie que dans le cas, aujourd’hui improbable, d’une défaite militaire du régime de Bachar al-Assad. Nadim Shehadi pense que les Iraniens peuvent faire des concessions tactiques, afin de ne pas gâcher leurs relations avec Moscou, mais ils resteront en Syrie.
De nombreux médias iraniens ont publié des éditoriaux ces derniers jours pour vivement critiquer les dirigeants russes pour leur entente avec Israël. Par exemple, un blogueur israélien « Abou Ali » a attiré l’attention sur l’une de ces parutions dans le journal iranien « Eve » (proche du président iranien Hassan Rohani), où le président russe Vladimir Poutine est appelé  « menteur » et accusé de négocier avec les Israéliens « dans le dos » des alliés iraniens et syriens.

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29/05/2018

Attaque terroriste à Liege - tous les détails connus à ce jour

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