ÉTAT ISLAMIQUE DANS LE GRAND SAHARA (EIGS),

  • Niger: Attaque sanglante contre la base militaire d’Inatès – 73 soldats tués, 12 blessés et plusieurs portés disparus

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    PAR JEAN-RENÉ BELLIARD  LE 

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    L’armée nigérienne a subi ses plus lourdes pertes depuis qu’elle est confrontée au défi jihadiste, lors de l’attaque mardi du camp d’Inates, localité située à quelques kilomètres de la frontière malienne, dans la région de Tillabéri.
    « Malheureusement, on déplore le bilan suivant: 73 militaires tués, 12 blessés, des portés disparus, et un nombre important de terroristes neutralisés », selon un communiqué du ministère de la Défense, lu à la télévision nationale.
    « Les combats », qui ont duré trois heures, ont été « d’une rare violence combinant des tirs d’artillerie et l’emploi de véhicules kamikaze par l’ennemi », a ajouté le ministère.
    Des centaines de « terroristes » sont arrivés, vraisemblablement du Mali, en plusieurs colonnes composées de plusieurs dizaines de motos et de véhicules, dont des blindés, a encore précisé le ministère
    Les jihadistes ont pilonné le camp à l’aide d’obus, et beaucoup de victimes sont décédées dans des explosions de dépôts de munitions et de carburant., a précisé le ministère.
    L’ampleur inédite des pertes subies a été ressentie jusqu’au sommet de l’Etat, alors que le président français Emmanuel Macron devait accueillir samedi ses homologues du Sahel pour « re-clarifier le cadre et les conditions politiques » de l’intervention militaire française dans la région.
    « Le président de la République, chef suprême des armées, Issoufou Mahamadou, a interrompu sa participation à la Conférence sur la paix durable, la sécurité et le développement en Afrique qui se tient à Assouan en Égypte, pour rentrer à Niamey suite au drame survenu à Inatès », a indiqué la présidence sur twitter. Il présidera jeudi une réunion du Conseil national de sécurité, a-t-elle ajouté.
    De son côté, le président français a annoncé reporter la conférence sur le Sahel à janvier 2020.
    Cette attaque est la plus meurtrière depuis le début de l’offensive jihadiste au Niger, en 2015. Au-delà de ce pays, c’est tout le Sahel – en particulier le Mali, le Niger et le Burkina -, qui est visé par les assauts de plus en plus audacieux de groupes islamistes armés, en dépit de la présence des militaires français de la force antiterroriste Barkhane. Pour rappel, le lundi 9 décembre, une autre attaque avait visé le poste militaire d’Angando, près de Tillia, dans la région voisine de Tahoua, toujours à la frontière malienne. Elle s’est soldée par la mort de 3 soldats et 14 terroristes selon un communiqué du gouvernement.
    Face à la dégradation de la situation, le gouvernement avait décidé, à l’issue d’un conseil des ministres le mardi 10 décembre, de proroger pour une période de trois mois, l’état d’urgence décrété en 2017 dans plusieurs départements des régions de Tillabéri et de Tahoua.
    Cette mesure accorde des pouvoirs supplémentaires aux forces de sécurité sur les théâtres des opérations, dont celui d’ordonner des perquisitions de nuit comme de jour dans un domicile. En outre, elle limite les déplacements dans les espaces concernés.
    Depuis octobre, il est aussi formellement interdit aux organisations humanitaires de se rendre dans certaines zones sans escorte militaire.
    De son côté, le Mali a été frappé par un automne sanglant, lors duquel plus de 140 soldats ont été tués, provoquant un véritable traumatisme.
    Le Burkina avait perdu 24 militaires en août, dans un assaut contre la base de , également près de la frontière malienne.
    Base d’Inatès
    Inates se situe au coeur d’une région en proie à la contrebande et aux trafics. La base militaire y avait déjà été ciblée le 1er juillet quand 18 soldats nigériens y avaient perdu la vie, dans une attaque revendiquée par l’Etat islamique dans le grand Sahara (EIGS).
    Macron demande « davantage de clarté » sur le rôle de la France au Sahel
    Cette attaque survient alors que le président français Emmanuel Macron avait invité les présidents du Mali, du Burkina Faso, du Niger, du Tchad et de la Mauritanie à le retrouver le 16 décembre à Pau, dans le sud-ouest de la France.
    M. Macron souhaitait davantage de « clarté » de la part de ses homologues sahéliens sur la présence française au moment où celle-ci suscite une contestation grandissante, avec notamment des manifestations antifrançaises. Une partie de l’opinion publique sahélienne attribue la dégradation sécuritaire à la présence même des troupes étrangères.
    En novembre, l’état-major burkinabè avait même mis en garde les avions français qui survoleraient intempestivement son territoire.
    Le président français attend de ses hôtes qu’ils « assument » publiquement auprès de leurs opinions le fait que les soldats français sont au Sahel à la demande des pays concernés, et non pas pour des « visées néocoloniales ».
    C’est une « condition nécessaire » et il tirera les conséquences si elle n’est pas remplie, a-t-il ajouté.
    Mais l’invitation de l’ancienne puissance coloniale a sonné comme une « convocation », selon plusieurs experts, qui regrettent qu’Emmanuel Macron n’ait pas fait preuve de plus d’écoute et de partage.

  • Frontlive-Chrono – Jeudi 16 mai 2019

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  • Burkina: six morts dans une attaque contre une église catholique du centre-nord du pays

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    Six personnes, dont un prêtre, ont été tués dimanche matin lors d’une attaque contre une église catholique à Dablo, commune de la province du Sanmatenga, dans le nord du Burkina Faso, a-t-on appris de sources locales et sécuritaires.
    « Vers 09H00, au cours de la messe, des individus armés ont fait irruption dans l’église catholique. Ils ont commencé à tirer alors que les fidèles essayaient de s’enfuir », a déclaré à l’AFP le maire de Dablo, Ousmane Zongo. Les assaillants « ont pu immobiliser certains fidèles. Ils ont tué cinq (personnes). Le prêtre qui célébrait la messe a également été tué, portant à six le nombre de morts ».
    Selon une source sécuritaire, l’attaque a été menée par un « groupe d’hommes armés estimé entre vingt et trente ».
    « Ils ont incendié l’église, puis des boutiques et un maquis (petit restaurant ou bar) avant de se rendre au centre de santé où ils ont fouillé le local et incendié le véhicule de l’infirmier chef de poste », a ajouté M. Zongo. « Dans la ville règne un climat de panique. Les gens sont terrés chez eux, aucune activité n’est fonctionnelle. Les boutiques et magasins sont fermés. C’est pratiquement une ville morte ». « L’alerte a été donnée vers 10H00 et des renforts ont été déployés à partir de Barsalogho« , une commune située à 45 km au sud de Dablo, a confirmé à l’AFP une source sécuritaire. Les éléments des forces de défense et de sécurité procèdent à des ratissages.
    Cette attaque survient deux jours après la libération dans le nord du Burkina Faso de quatre otages par les forces spéciales françaises.
    Le Burkina Faso est confronté depuis quatre ans à des attaques de plus en plus fréquentes et meurtrières, attribuées à des groupes jihadistes, dont Ansarul Islam, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et l’organisation État islamique au grand Sahara (EIGS).
    D’abord concentrées dans le Nord, ces attaques ont ensuite visé la capitale et d’autres régions, notamment l’Est, et fait depuis 2015 près de 400 mors, selon un comptage de l’AFP. Les attaques ciblent régulièrement des responsables religieux, principalement dans le Nord. Si des prélats chrétiens et musulmans ont déjà été visés par des attaques jihadistes, il s’agit de la deuxième attaque, en deux mois, d’une église depuis 2015, date des premières attaques.
    Fin mars, six personnes avaient été tuées lors de l’attaque de l’église protestante de Silgadji, dans le nord du Burkina Faso.
    À la mi-mars, l’abbé Joël Yougbaré, curé de Djibo, dans le nord du pays, a été enlevé par des individus armés.
    Le 15 février, le père César Fernandez, missionnaire salésien d’origine espagnole, a été tué lors d’une attaque armée attribuée à des jihadistes à Nohao, dans le centre-est du pays.
    Plusieurs imams ont également été assassinés par les jihadistes dans le Nord. Selon des sources sécuritaires, ceux-ci étaient « considérés comme pas assez radicaux » par les jihadistes ou « accusés de collaborer avec les autorités ».

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