24/10/2014

23 et 24 octobre – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

« Confronté à un défi sans précédent, œuvre de forces maléfiques ayant montré à plusieurs reprises leur mépris total des vies humaines, le monde occidental est aujourd'hui au pied du mur. De l'attitude qu'il aura le courage d'adopter dépend le sort d'une nation et d'une région en entier. Quelque forme qu'elle puisse prendre, la fermeté sera un signe de détermination à sauver le Liban et, avec lui, la crédibilité des puissances démocratiques à travers le monde. Par contre, tout indice de faiblesse ne pourra que signifier une capitulation devant le crime qui, malheureusement, dans cette partie meurtrie et saignée à blanc de l'Orient, a prouvé à maintes reprises qu'il paie (...) »
Ces phrases ont été écrites dans le quotidien « L’Orient-le-Jour » le 24 octobre 1983 au lendemain de la destruction du QG des forces américaines et de celui des forces françaises à Beyrouth.
La question reste toujours d’actualité.

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15/10/2014

14 octobre 2014 – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

Turquie

L’aviation turque est intervenue…contre les Kurdes du PKK
Les aviations de combat F-16 et F-4  de l’armée turque sont effectivement intervenus, mais pas contre les Jihadistes de l’Etat Islamique. Ils ont attaqué des cibles du PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan) dans le sud est de la Turquie, tard dans la nuit du lundi 13 au mardi 14 octobre 2014. Il s’agit de la première opération militaire d’envergure depuis qu’une trêve avait été conclue entre le gouvernement turc et le PKK, il y a deux ans. Les bombardements ont eu lieu dans la province de Hakkari, proche de la frontière turco-irakienne. Pour les autorités turques, le raid est une réponse à trois jours d’incidents et d’affrontements sporadiques entre les militants du PKK et les forces de sécurité turques.

Front Syrien

Bataille de Kobane
Les combats se poursuivent, mais ils sont inégaux et le millier de civils et les combattants de l’YPG qui se trouvent encore dans les décombres de la ville manquent pratiquement de tout, eau, nourriture et munitions. La ville ne pourra résister que quelques jours, malgré les bombardements de la coalition internationale et en l’absence de l’entrée en jeu de l’armée turque qui reste l’arme au pied de l’autre côté de la frontière.
Vidéo côté kurde :
https://www.youtube.com/watch?v=YcS1hhfyslw&feature=p...
Vidéo côté jihadiste
Une vidéo sur un tank de l’EI à l’intérieur de Kobane
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...
Autre vidéo des combats à Kobane
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Banlieue de Damas
Une Nouvelle arme est utilisée par l’armée d’Assad : le nettoyeur de mines l’UR-77. Cette arme peut réduire en poussière un quartier entier. La vidéo montre cette arme qui ne laisse aucune chance aux rebelles. Elle a été utilisée à Jobar. Le commentaire accompagnant la vidéo : "Il n'y a plus besoin de livrer des combats de rue :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Front irakien

Province sunnite d’al-Anbar
Depuis le début il y a quatre mois de l'offensive fulgurante de l'EI en Irak, l'armée n'a eu de cesse de perdre du terrain dans la plus vaste province du pays, dont des insurgés contrôlaient déjà certaines parties depuis le début de 2014. Dans ce territoire bordant la Syrie, la Jordanie et l'Arabie saoudite, les jihadistes sont parvenus à garder l'initiative au moment où ils reculaient dans le nord face aux soldats irakiens et combattants kurdes appuyés par les frappes aériennes de la coalition internationale. Selon un responsable américain, la présence des forces gouvernementales dans la province sunnite d’al-Anbar serait très précaire. Les Jihadistes de l’Etat Islamique auraient pris le contrôle de trois bases de l’armée irakienne au cours des trois dernières semaines. Le dernier retrait de l'armée est survenu dimanche 12 octobre 2014 lorsque 300 soldats ont abandonné le camp qu'ils occupaient près de la ville de Hit pour se replier sur la base aérienne Asad, où d'autres forces sont terrées en plein désert. Hit, qui était l'un des derniers bastions du gouvernement à al-Anbar, est « maintenant contrôlée à 100 % par l'EI », a assuré un responsable de la police provinciale.
Cette conquête vient s'ajouter à celles des villes de Fallouja, à 60 km de Bagdad, et d'al-Qaïm, 300 km plus à l'ouest, à la frontière syrienne. Entre ces deux localités, les jihadistes contrôlent la majeure partie du terrain, à l'exception du barrage de Haditha, le deuxième du pays. D'intenses frappes aériennes de la coalition ont aidé les militaires, appuyés par des tribus sunnites hostiles à l'EI, à conserver le contrôle de cette infrastructure et sur une poignée d'autres positions dans la province.
Aujourd'hui, c'est su Ramadi que l'étau se resserre Des quartiers entiers échappent déjà au contrôle des autorités de Bagdad. Un capitaine de l'armée a indiqué la semaine dernière que son bataillon entier avait dû quitter la base d'Albu Aitha, juste à l'est de Ramadi, après avoir été assiégé par les jihadistes pendant plusieurs jours, avec très peu d'eau et de nourriture. « Nous sommes maintenant à Tharthar (quelques kilomètres plus au nord), le retrait s'est fait progressivement, mais je ne sais pas ce qu'on peut faire depuis cette nouvelle position (...) le moral des soldats est bas », a-t-il déploré.
Pour certains experts, les frappes de la coalition seraient plus efficaces si l'armée irakienne passait à l'offensive. Mais pour l’instant, l’armée semble incapable d’un sursaut, gangrénée par le clientélisme et la corruption.

Bataille de Bagdad dans les jours prochains
Si la situation continue d'évoluer dans le même sens, sans une intervention forte de forces terrestres étrangères dans les 10 jours, alors la prochaine bataille se déroulera aux portes mêmes de Bagdad.
Lundi 13 octobre, Abou Bakr al-Baghdadi, le calife autoproclamé, a demandé à ses  forces de lancer l’offensive contre la capitale irakienne. Selon les renseignements, près de 13000 Jihadistes se seraient massés aux portes de la capitale jusqu’à Abou Ghraib et compteraient la prendre d'assaut depuis le sud-ouest.

Bombardements de la coalition internationale
On peut se demander si le Centcom est au informé que la ville de Kobane (nom en kurde) et Aïn el-Arab (nom en arabe) sont la même ville. Et dans l’un ou l’autre cas, comment comprendre les chiffres donnés par le Centcom pour les attaques aériennes à Kobane et Aïn el-Arab :

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Nouvelle menace contre les Yazidis dans le nord de l’Irak
La situation s’est à nouveau détériorée à Sinjar. Les combattants de la résistance yazidi affirment que les Jihadistes de l’Etat Islamique ont à nouveau encerclé le Mont Sinjar où des milliers de personnes sont encore réfugiées. Selon les combattants, plus de 7.000 personnes seraient restées dans les montagnes, la plupart parce qu'ils refusent de quitter leurs villages. "La situation est très mauvaise. Un autre massacre contre le peuple dans les montagnes est imminente si nous n'obtenons pas une aide sérieuse maintenant", a déclaré un combattant de la SPLI, l'unité de défense yazidi. Les Peshmergas kurdes avaient bien promis de lancer une offensive pour soutenir les Yazidis sur le mont Sinjar, mais celle-ci n’a toujours pas débutée. Les Yazidis affirment que le retard a pour but de forcer les Yazidis à se soumettre aux désidératas kurdes, notamment sur le plan politique. 
Les peshmergas ne veulent pas nous aider parce que nous ne voulons pas subordonner nos forces à celles des Peshmergas et que nos commandants refusent de devenir des membres du parti kurde KDP, a affirmé un chef de l’unité de défense des Yazidis commandée par le général Qasim Shesho.  Et les Yazidis ont rappelé que 10 000 Peshmergas kurdes, qui se trouvaient dans la région du Sinjar au moment de l’offensive des Jihadistes de l’EI, le 3 août 2014, ont abandonné leur position sans combattre. Les Peshmergas avaient désarmé les Yazidis auparavant, leur promettant de prendre soin de leur sécurité. C’est à la suite de ce que les Yazidis considèrent comme une trahison qu’ils ont formé leurs propres milices dont la plus importante est le SPLI. 
Pour le commandant suprême des Yazidis,  Haydar Shesho, «Sinjar est ouvert à tous les partis politiques, en particulier les Kurdes. Mais nous n'allons pas céder à n'importe qui. Tout ce qui se passe dans Sinjar doit être dans l'intérêt de Yazidis. " Et Haydar Shesho regrette que les livraisons d'armes par hélicoptère ont été principalement faites au profit de la douzaine de Peshmergas qui se trouvent dans le Mont Sinjar.

Des milices chiites irakiennes commettent des « crimes de guerre », selon Amnesty
Des milices chiites qui combattent les Jihadistes de l’État islamique aux côtés de l'armée irakienne commettent des crimes de guerre contre des civils sunnites, a accusé mardi 14 octobre Amnesty International. Dans un communiqué, Amnesty dit avoir des « preuves » que des miliciens chiites ont commis des « dizaines » de meurtres de sunnites en Irak, qui évoque des « exécutions délibérées ». Des groupes armés chiites se livrent également à des enlèvements de sunnites, pour la libération desquels des familles ont dû payer des dizaines de milliers de dollars, ajoute l'ONG.

Iran

L’Irak appelle l’Iran à l’aide pour sauver Bagdad
L'Etat irakien aurait appelé le général Soleymani, le chef de la force al-Qods, la force d’élite du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, à venir au secours de Bagdad, menacée par l’avancée des Jihadistes de l’Etat Islamique.
Le général Soleymani suit de très près l’évolution des combats en Irak et les mesures prises par l’armée irakienne pour défendre Bagdad. A noter que les combattants de la force al-Qods se trouvent déjà à proximité de Bagdad pour protéger la capitale irakienne.
Devant l’imminence de la menace, les commandants militaires et sécuritaires irakiens ont également tenu des réunions d'urgence au siège de l'ambassade américaine à Bagdad, ainsi qu'au ministère irakien de la Défense pour évoquer en détail une feuille de route destinée à neutraliser une éventuelle offensive jihadiste contre la capitale. Prendre Bagdad serait l’objectif des Jihadistes qui voudraient en faire la capitale naturelle de leur califat.

L’Iran menace d’entrer en guerre très prochainement contre le califat islamique
L’Iran envisagerait sérieusement d’entreprendre des actions militaires contre les Jihadistes de l’Etat islamique,  a averti Amir Moussaoui, le président du Centre d’études stratégiques et internationales (CESI), cité par l’agence iranienne Irib.
«La donne a changé au Moyen-Orient, et il est possible que l’Iran mène une action militairet, pour se défendre face au danger du terrorisme», a-t-il souligné dans un entretien avec l'agence.
Téhéran serait très inquiet de la détérioration de la situation dans la province d’al-Anbar où l’armée irakienne subit revers sur revers. Et surtout, les Iraniens ont peur que la bataille se déroule dans un proche avenir à Bagdad même. Devant l’absence de résultats déterminants de la coalition internationale qui se borne à des bombardements aériens, les Iraniens auraient l’intention d’intervenir militairement au sol pour aider le gouvernement iranien et écarter la menace jihadiste à ses frontières.
« Jusqu’à présent, les responsables iraniens se concentraient sur l’offre de conseils aux forces militaires syriennes ou irakiennes. Mais ils sont à présent en train d’examiner la possibilité et la nécessité de l’envoi de troupes, pour combattre les terroristes », a affirmé Moussaoui.
« Les terroristes de Daesh ont développé leurs activités, près de Bagdad, notamment à Ramadi. Ils veulent occuper cette ville pour pouvoir créer un axe, qui renforcerait leur position de Ramadi, jusqu’à la frontière avec la Jordanie. Dans ce cas, la République islamique d’Iran ne pourra plus rester dans l’inaction et devrait prendre des mesures concrètes, pour se défendre, face aux menaces des terroristes extrémistes de Daesh », a-t-il averti.


Front libanais

Les Druzes aussi…
Après les Chrétiens qui ont pris les armes dans la Bekaa, des cheikhs druzes Libanais - tout au moins ceux qui sont traditionnellement proches du Hezbollah - ont demandé à la milice chiite libanaise de former militairement les habitants des localités d’Aliyah et d’Al Chouf, pour les préparer à faire face à d’éventuels assauts des Jihadistes. Il s’agirait de Druzes membres du parti Al-Tawhid al-Arabi fondé par le Druze pro-syrien Wiam Wahab. La question de la formation militaire de civils druzes a été abordée au cours d'une réunion entre Cheikh Naim Hassan et les représentants du Hezbollah.  La décision pourrait faire suite à la récente observation par le Hezbollah d’une certaine connivence entre les Jihadistes du Front al-Nosra qui combattent l’armée d’Assad sur le plateau du Golan et les Israéliens. Plusieurs Jihadistes d’al-Nosra ont été, en effet, soignés dans des hôpitaux israéliens avant d’être renvoyés vers les zones de combat en Syrie. Les Druzes et le Hezbollah soupçonnent maintenant Israël de vouloir aider les membres du Front al-Nosra à lancer des attaques contre le Hezbollah et les Druzes, notamment ceux qui vivent sur le plateau du Golan.


Activité jihadiste contre les Occidentaux
Un ressortissant américain a été tué par balles et un autre a été blessé mardi 14 octobre dans l’après-midi lors que leur véhicule a été pris pour cible à Riyad,  la capitale saoudienne.

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

 

05/10/2014

4 octobre 2014 - Nouvelles de la guerre contre l'Etat islamique

Front syrien

Un millier de combattants du Front al-Nosra et de la brigade Ahrar al-Sham ont fait allégeance au califat islamique
Ils expliquent avoir pris cette décision après que la coalition internationale ait débuté les bombardements contre les Jihadistes en Syrie.
Vidéo mise en ligne par Ahrar al-Sham :
https://www.youtube.com/watch?v=A1jSb9GxN4Y&feature=p...

Raids aériens de la coalition dans le nord de la Syrie, autour de Kobane
Les forces américaines ont mené ce week-end de nouvelles frappes aériennes contre les jihadistes de l'Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak, détruisant des chars, des véhicules blindés et des nids de mortiers, a indiqué dimanche 5 octobre l'armée américaine.
Les chasseurs américains ont effectué trois bombardements en Syrie samedi 4 octobre, tandis que d'autres bombardiers et hélicoptères ont mené six attaques avec des missiles contre des positions des jihadistes en Irak dimanche 5 octobre, a précisé le commandement américain chargé du Moyen-Orient et de l'Asie centrale (Centcom).
Dans la nuit du vendredi 3 au samedi 4 octobre, au moins 35 jihadistes de l'Etat islamique avaient été tués lors de frappes aériennes menées par la coalition internationale près de Shadadi, dans la province d’Hassaké (nord est syrien), et cinq autres dans des raids à l'extérieur de la ville kurde assiégée de Kobané (nord), à la frontière avec la Turquie.
Des attaques, samedi 4 octobre, en Syrie au nord-ouest de Mayadin (est du pays) ont détruit un bulldozer, deux chars et un autre véhicule. Deux autres frappes au nord-est du bastion de l'EI de Raqqa ont visé une unité du groupe islamiste et éliminé six positions de tir, précise le communiqué.
En Irak, quatre attaques au nord-est de Falloujah (centre) ont touché deux positions de mortier, une grande unité de l'EI et deux plus petites. Trois véhicules Humvees ont aussi été détruits ainsi que deux mortiers au cours de deux frappes à Hit (centre) et Sinjar (est), précise le Commandement central américain.

Les Kurdes espèrent une aide des Turcs
Alors que les Jihadistes de l’Etat Islamique poursuivent leurs bombardements intenses des défenseurs kurdes de Kobane, un certain nombre de combattants kurdes se sont glissés à travers la frontière vers la Turquie pour se réorganiser. Cela fait une semaine qu’ils combattent les Jihadistes avec un armement et des munitions limités. Le rapport de force est clairement en faveur des Jihadistes de l’Etat islamique dans ce conflit. L’EI dispose de  chars, de véhicules blindés et d'artillerie lourde. Ils sont aussi bien équipés qu’une armée régulière. En face d'eux, les troupes kurdes n’ont que de simples kalachnikovs, des mitrailleuses et des lance-roquettes obsolètes et quasiment inefficaces contre leurs adversaires.
Les Kurdes syriens ont imploré les Etats-Unis de frapper les positions de l’Etat islamique qui encerclent Kobane. Les Américains ont commencé par ne pas réagir. Les chefs de l'armée américaine ont expliqué qu’ils ne pouvaient procéder à des bombardements "aveugles", que les raids aériens nécessitent une reconnaissance préalable et des renseignements qui prennent beaucoup de temps. Une explication difficile à admettre pour les Kurdes qui ont affirmé disposer de ces renseignements sur les position de leurs adversaires et d’être prêts à les communiquer. Devant l’urgence et la probabilité d’un massacre à grande échelle, les Américains ont commencé, depuis la nuit du lundi 29  au mardi 30 septembre à attaquer des positions jihadistes autour de Kobane.
Mais à présent que le gouvernement turc a autorisé, jeudi 2 octobre, son armée à entrer en Syrie et en Irak pour combattre le califat islamique, ils espèrent que l’armée turque va intervenir à leur côté, bien que, jusqu’à maintenant, les chars turcs massés à la frontière n’aient pas bougé.
Devant l’immobilisme turc, les Kurdes menacent à présent d’interrompre les pourparlers de paix avec Ankara.
Abdulla Öcalan, le leader emprisonné du PKK, qui n’a pas encore appelé à la rupture de la trêve, contrairement au responsable militaire de cette organisation, a pris cependant la peine de préciser : "Le siège de Kobane est loin d'être juste un siège ordinaire." Il poursuit : "Il ne vise pas seulement les acquis démocratiques du peuple kurde, mais conduirait la Turquie à une nouvelle ère de coups d'Etat."
Les militants kurdes du  PKK ont rejoint leurs frères de l'YPG pour affronter les Jihadistes du califat islamique à Kobane. Or, le PKK est une organisation terroriste pour le gouvernement turc, les Etats-Unis et l'Union européenne. Les dirigeants turcs invoquent des problèmes juridiques pour venir en aide au PKK. Quant à l’armée syrienne de Bachar el-Assad, il est peu probable qu’elle vienne au secours des Kurdes. Il y a longtemps que le régime syrien a abandonné la défense du Kurdistan syrien au Parti démocratique de l'Union et à l’YPG, les unités de la protection du peuple kurde qui sont alliées au PKK.
Les Turcs soupçonnent les Kurdes de Syrie d’utiliser la menace jihadiste contre Kobane pour rallier le peuple kurde de Turquie et de Syrie autour de sa lutte. Ils rappellent que si le Parti Justice et Développement du président Recep Tayyip Erdoğan a voté pour l'intervention contre l’Etat Islamique. Les principaux partis d'opposition, le Parti républicain du peuple et le Parti démocratique des peuples pro-kurdes ont voté, eux, contre la motion.
"Les Kurdes de Syrie essayent juste de poursuivre leur propagande et obtenir des gains du processus lui-même," a déclaré, à l’International Business Times, Mehmet Yegin, chercheur au Centre d'études africaines USAK Moyen-Orient. "Ils sont tellement connu à ce sujet. Ils amènent des gens d’Istanbul ou de différentes régions pour renforcer leurs sympathisants. Mais ils ne sont pas en mesure d'arrêter les Jihadistes militairement. "
Pendant près d'une semaine, les combattants kurdes de Syrie se sont battus contre les Jihadistes de l’EI sans réussir à prendre le dessus sur eux malgré l’intervention des avions de la coalition.
"Ils ne sont pas en bonne forme", a encore dit Mehmet Yegin. "Ils ne sont pas un groupe de guerre expérimenté. Ils sont un groupe pour la guérilla de montagne, ils ne sont pas forts dans les plaines. Donc, la Syrie n'est pas un espace où ils peuvent combattre facilement. "
Il est un fait que les Jihadistes de l’EI avancent inexorablement vers la frontière turque.  Ils progressent lentement pour ne pas affronter l’armée turque, ce qui pousserait Ankara a ordonner une riposte immédiate. Car pour l’instant, la Turquie n’a pas de base juridique pour intervenir militairement en Syrie. Ce ne serait pas le cas si les Jihadistes lançaient sciemment ou par erreur une attaque sur le territoire turc.

Vidéo kurde
Cette vidéo kurde montre la résistance désespérée des Kurdes contre les chars du califat islamique. Il s’agit ici d’une tentative jihadiste de s’emparer de la colline stratégique de Machtanour qui domine la ville de Kobane au sud est :
https://www.youtube.com/watch?v=aX7JQTPStJ4&feature=p...
Aux dernières nouvelles, les califatistes auraient réussi à prendre pied sur la colline stratégique mais leur  progression serait freinée par les frappes de la coalition. "Si la coalition n'avait pas lancé des raids hier (samedi), l'EI serait maintenant dans le centre de Kobané" a expliqué un combattant kurde.
Cette colline est stratégique car si les jihadistes s'emparent de la totalité de cette colline, "toute la ville de Kobané sera dans leur viseur et sa prise deviendra plus facile" a indiqué M. Abdel Rahmane de l’OSDH. Les combats auraient fait "des centaines de morts dans les deux camps" depuis le début de l'assaut jihadiste, le 16 septembre.

Les femmes combattantes kurdes paient un lourd tribut
Les Jihadistes de l’Etat islamique mettent en ligne des images de femmes combattantes kurdes, la plupart très jeunes, tuées au combat ou exécutées. Certaines ont été décapitées. Il semble que les Jihadistes veulent se venger d’avoir à affronter ces combattantes très déterminées. On a appris qu’un Jihadiste qui s’était fait photographier avec la tête d’une jeune combattante kurde à la main a lui-même été tué ce dimanche 5 octobre. 

Une combattante kurde exécute un attentat suicide contre une position de l’Etat Islamique
L’opération a été menée dimanche 5 octobre à l’est de la ville frontalière de Kobane assiégée par les Jihadistes de l’EI.

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Photo de la Kamikaze kurde

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est la première fois qu’une femme kamikaze kurde exécute un attentat suicide contre les Jihadistes qui sont eux-mêmes coutumiers de ce genre d’actions. 

Exécution d’Allen Henning
L’endroit où aurait été exécuté le Britannique Allen Henning aurait été identifié. Il s’agirait d’une colline située en face de l’université privée de l’Union. Allen Henning aurait été exécuté à 07H50. De nombreuses voitures du califat islamique constituaient le convoi transportant la victime, l’une d’entre elles portant une grosse caméra de télévision. Les Jihadistes auraient interdit à la circulation toutes les routes conduisant à Deir ez-Zhor et celles menant dans le désert. Les voitures du convoi ont entouré la colline sur laquelle Allen Henning a été conduit pour être décapité. Trois caméras auraient filmé la scène. On a observé un pick-up rouge et une Nissan 4X4 noire. L’Américain Peter Kassig se trouvait dans ce dernier véhicule qui était protégé par de nombreux Jihadistes.

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Confusion autour d’une déclaration du Front Islamique
Une grande confusion règne autour d’une déclaration du Front islamique, financé et armé par les Saoudiens, affirmant que le Front allait stopper ses actions militaires contre l’Etat Islamique.
Le "Front islamique", une des plus grandes factions armées de l’opposition au régime de Bachar el-Assad, aurait annoncé, ce dimanche 5 octobre, sa décision de ne plus lutter contre l’Etat Islamique dans le nord de la province d'Alep, en Syrie. C’est tout au moins ce qu’a déclaré un certain Abou Moustafa. La décision aurait été prise en raison de l’intensification des attaques du régime syrien et des milices du Hezbollah dans la région d’Alep. Mais la décision prise par les responsables du Front Islamique de la région d’Alep aurait été contredite par d’autres dirigeants du Front Islamique.
Texte de la déclaration :
اتخذت "الجبهة الإسلامية"، إحدى أكبر الفصائل المسلحة المعارضة للنظام، قراراً بعدم قتال تنظيم "داعش" الإرهابي في شمالي محافظة حلب السورية.

وقال مسؤول العلاقات الخارجية في الجبهة الإسلامية "أبو مصطفى"، اليوم الأحد، "إن داعش احتل، وبشكل انتهازي المناطق التي حررتها قوات المعارضة السورية، ولهذا السبب بدأنا في (25) آب/ أغسطس الماضي، هجوماً ضد التنظيم تحت مسمى "معركة نهروان الشام"، بحسب وكالة أنباء الأناضول.

وأوضح أبو مصطفى أن الجبهة واصلت قتالها ضد التنظيم، دون أي اشتباكات مباشرة معه، بسبب كثافة هجمات قوات التحالف الدولي، بقيادة الولايات المتحدة الأميركية، وقوات النظام السوري، لافتاً أن قوات التحالف استهدفت مواقعًا للجبهة الإسلامية، وأنهم اتخذوا قراراً بعدم قتال داعش، بسبب تكثيف قوات النظام، وميليشيات حزب الله هجماتها في ريف حلب.

وذكر أبو مصطفى أن قتال الجبهة ضد التنظيم سيستمر بشكل ضعيف إلى حين قبول التنظيم وقف إطلاق النار، مبيناً أن قواتهم ستحمي مواقعهم، وستبقى في حالة تيقظ، وحراسة، للأراضي التي يسيطرون عليها.

L’armée assadiste (ASA) mène actuellement une grande offensive avec l’aide des milices du régime, les Iraniens des Forces Spéciales al-Qods, le bataillon al-Baath et le Hezbollah libanais. L’offensive concerne les positions occupées par le Front islamique, l’Armée Syrienne Libre, le Front al-Nosra et les brigades Ansar ad-Din dans le nord ouest de la ville d’Alep. L’objectif est de s’emparer des localités de Zahraa et Nubl. Une autre option pourrait être de parvenir à la rocade près de Layramoun, ce qui encerclerait complètement les rebelles dans la ville d'Alep. Mais cette option aurait l’inconvénient d’empêcher les rebelles d’abandonner leurs positions dans la ville, ce qui obligerait les forces du régime à une longue guerre de rues.
Pour l’instant l’armée d’Assad a réussi à capturer le village de Handarat et sa colline, coupant ainsi la dernière ligne d'approvisionnement des rebelles barricadés dans la ville d'Alep. Le succès de l’armée d’Assad lui permet à présent de  surveiller la route de Kastillo et le rond-point al-Jandul. Les forces gouvernementales ont également capturé les villages d'al-Mudafah et Sifat et une intersection à quatre voies à l'ouest de Sifat.
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Province de Hama
L’armée assadistes a repris le contrôle de cinq villages dans la province de Hama, profitant de la confusion parmi les brigades rebelles depuis que la coalition internationale bombarde des sites jihadistes de l’Etat islamique ou du Front al-Nosra :
https://www.youtube.com/watch?v=5wx-VBCu4X0&feature=p...

Front irakien

Rabia
Les forces spéciales Peshmergas kurdes, appuyées par des avions américains et britanniques, ont repris la ville clé de Rabia à la frontière irako-syrienne. La ville se trouve à environ 90 km au nord-ouest de Mossoul une ville contrôlée par l'État islamique. La prise de la ville a été extrêmement sanguinaire et les Kurdes auraient subi de lourdes pertes, notamment en raison d’attaques suicides menées par des Jihadistes. Les combats se poursuivraient actuellement à la périphérie de la ville.
La prise de la ville permettra de rendre plus compliquées les lignes d’approvisionnement des Jihadistes de l’EI.
Les Peshmergas kurdes pensent à présent qu’il leur serait possible de reprendre le contrôle de la ville de Sinjar et l’arrière pays montagneux. Sinjar a été capturé par les combattants de l'Etat islamique en Août. Des milliers de civils Yazidi minoritaires avaient dû évacuer la zone afin de sauver leur vie.
https://www.youtube.com/watch?v=6yOQOvS8gWY&feature=p...

Baiji
Daech a réussi à abattre un hélicoptère irakien près de la localité de Baiji .
Un hélicoptère de type MI35 a été abattu par un missile tiré par des Jihadistes de Daesh. Tous les occupants ont été tués. Baiji est une localité située à 200 kilomètres au nord de Bagdad. C'est le site d’une grande raffinerie de pétrole. C’est le premier hélicoptère russe à être abattu par les Jihadistes alors qu’un lot de ces hélicoptères venait tout juste d’être livré par la Russie. On sait que les Jihadistes avaient fait main basse sur des missiles anti hélicoptères. Mais on assurait que les batteries étaient hors d'état et qu'il leur fallait en obtenir de nouvelles des fournisseurs (peu probable) ou trouver un moyen d'en faire de nouvelles. Il semble qu'ils aient réussi. Cela pourrait poser un problème aux avions de la coalition.

Front libanais

Affrontements violents entre l'EI et le Hezbollah dans le jurd de Brital
Des affrontements violents opposaient dimanche 5 octobre des Jihadistes de l'Etat islamique (EI, ex-Daech) et le Hezbollah dans les confins de la Bekaa à la frontière libano-syrienne.
Les Jihadistes de l'EI, en provenance de la localité d'Asaal al-Ward, dans la province syrienne du Qalamoun, auraient attaqué un poste du Hezbollah dans le jurd de Brital provoquant de violents affrontements, faisant des victimes dans les deux camps.
"Des positions du Hezbollah dans les montagnes autour de Nabi Sbat, à l'est de Baalbek, ont été attaquées par des groupes armés venus de Qalamoun" en Syrie, a expliqué un membre local du mouvement chiite.
Les affrontements se sont rapidement étendus au jurd de Baalbek et de Younine, obligeant le Hezbollah à faire appel à des renforts tandis que l’armée libanaise se déployait dans la région.
Le Hezbollah faisait usage d’armes lourdes pour repousser l’assaut des islamistes, tandis que des villageois prenaient les armes pour protéger leurs villages. Le bruit des affrontements pouvait être entendu dans la ville de Baalbek, à plusieurs kilomètres de là.
Cinq membres du Hezbollah auraient été tués au cours des combats tandis que la milice chiite annonce plusieurs dizaines de morts du côté des assaillants.

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)