19/10/2014

19 octobre 2014 : Nouvelles des guerres du Moyen orient et d’Afrique du nord

Le monde musulman divisé

Le chiisme hiérarchisé
Le monde musulman est fracturé entre diverses conceptions du monde qui ne cessent de s’affronter. Il est divisé entre Sunnites et Chiites, comme chacun sait. Le chiisme a une vision « messianique » du monde. Il attend le « messie », en l’occurrence le « 12ème imam caché » qui symbolisera la victoire des croyants sur tous les mécréants. La communauté chiite est organisée autour d’une stricte hiérarchie, contrairement au Sunnisme,  et l’Iran est le centre du pouvoir chiite.

Le sunnisme éclaté
Contrairement aux Chiites, la communauté sunnite est divisée en nombreux courants et influences.
Il y a le sunnisme jihadiste et zélateur. Encore faut-il distinguer entre les Jihadistes partisans de recréer le califat comme aux temps héroïques de l’Islam et les Jihadistes universalistes et prosélytes, qui cherchent à convertir le monde entier à l’Islam. L’Etat Islamique représente le premier groupe. Son objectif est de créer un territoire assujetti à l’autorité d’un calife supposé être le successeur de Mahomet. Al-Qaïda représente la seconde conception. Elle veut forcer le monde entier à choisir entre l’Islam ou la mort. On pourrait ajouter une troisième forme de jidahisme. Celle qu’on trouve en Afghanistan et qui consiste à défendre un Etat musulman contre toute forme d’agression extérieure par « les armées des mécréants ».
Une autre conception de l’Islam est en lutte contre les versions jihadistes que l’on vient de citer. Elle est organisée autour d’un centre unique de pouvoir. Riyad et le Wahhabisme représente cette version. Il s’agit d’imposer au monde musulman une autorité unique, celle du pouvoir qui règne sur les lieux saints (l’Arabie saoudite). Et cette vision, selon les Saoudiens, est la seule à pouvoir lutter efficacement contre les prétentions des Chiites à prendre le contrôle de ces mêmes lieux saints.
On trouve également d’autres conceptions de l’Islam. L’Islam qu’on pourrait appeler « occidentalisé », qui adhère aux principes de la démocratie, le respect des droits de l’homme, le suffrage populaire, la liberté religieuse, tels qu’on les proclame dans de nombreux pays occidentaux.
Il y a aussi l’Islam politique, version « Frères musulmans », qui sont prêts à utiliser les outils démocratiques pour accéder au pouvoir et donner à l’Islam une place prépondérante dans la société. L’Islam politique est honni par les Wahhabites et les Jihadistes de tous poils. Il bénéficie actuellement de deux soutiens : la Turquie et le Qatar et sa puissante chaîne satellitaire, al-Jazira. 
Il y a enfin, ici ou là, les vestiges d’un Islam révolutionnaire et marxisé, comme on le trouvait dans les années 70 et les jours « bénis » des organisations de résistance palestinienne telles que le Fath, le FPLP et autres organisations révolutionnaires. On ne les trouve plus guère aujourd’hui que dans les camps palestiniens du Liban et la Cisjordanie.
Les lignes de fracture du monde musulman se retrouvent entre ces différentes conceptions de l’Islam et du monde musulman, sans oublier, bien sûr, les rivalités entre puissances ni l’appétit pour les immenses richesses du sous-sol de cette région stratégique.

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04/10/2014

Washington à la recherche de rebelles « modérés »

Les stratèges du Pentagone parlent de «rebelles modérés». Il s'agit dans leur esprit d'opposants au régime syrien «fréquentables»  par opposition aux groupes islamistes dangereux comme l’Etat Islamique ou le Front al-Nosra, le représentant d’al-Qaïda en Syrie. 

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17/09/2014

17 septembre - guerres moyen orientales

Un accord entre Américains et Russes contre l’Etat Islamique ?
Frapper les jihadistes du califat islamique en Syrie pose un problème juridique international en l’absence d’un accord avec le gouvernement de Damas. Il semble que le président Obama hésiterait devant ces problèmes juridiques qui tomberaient très mal à un moment ou Américains et Européens sont montés sur leurs grands chevaux pour condamner l’action russe en Ukraine.
Mais il y a une solution. Des discussions auraient eu lieu, en marge de la conférence internationale de Paris sur l’Irak, entre les Etats-Unis et la Russie. On aurait parlé d’un partage des rôles dans la lutte contre le terrorisme.
Selon le site d'information Hadath News, Washington aurait proposé aux russes de limiter ses frappes aériennes contre les jihadistes de l’EI à l’Irak, tandis que Moscou aurait pour mission de frapper les mêmes Jihadistes de l’EI et du Front al-Nosra (al-Qaïda) en Syrie. Cela serait d’autant plus facile que les Russes disposent  de bases militaires sur la côte syrienne, et ses avions sont en sécurité dans l'espace aérien syrien.
Les Iraniens auraient accepté ce « deal » américano-russe, sachant qu’ils pourraient apporter à la coalition les moyens de lutte au sol en Irak, ce que s’interdit de faire Barak Obama.
Si Moscou soutient la résolution américaine au Conseil de sécurité des Nations unies sur les terroristes étrangers, cela voudra dire que les informations étaient exactes et qu’un accord a bien été trouvé entre les deux grandes puissances. Il semble que les Russes seraient prêts à soutenir et approuver cette résolution à condition que son champ d'application se limite au Moyen-Orient et à l'Afrique du Nord. La résolution pourrait être présentée au Conseil de sécurité le 24 ou 25 septembre.
Pour les Russes, il est important d’empêcher les Islamistes, parmi lesquels de nombreux Tchétchènes, de créer un califat en Irak et en Syrie: "Les leaders de l'EI ne doivent se faire aucune illusion - ils ne représentent pas l'islam, on ne les laissera jamais créer leur propre Etat", a  déclaré Sergueï Lavrov, le ministre russe des AE.
L’accord américano-russe signifierait que les Américains abandonnent les rebelles syriens au milieu du guet pour la seconde fois. Le renversement de Bachar el-Assad n’est plus à l’ordre du jour. Menace terroriste oblige.  Sergueï Lavrov n’a pas manqué de rappeler, d’ailleurs, que l'opposition au terrorisme ne devait pas "être sacrifiée aux volontés de renversement d'un régime dans tel ou tel pays". Le ministre a cité deux exemples des conséquences négatives de tels choix stratégiques: "Ce fut le cas en Libye quand certains pays (de l'UE) ont fermé les yeux sur le renforcement des extrémistes pendant la lutte pour renverser Kadhafi, en leur fournissant des armes et se rangeant de leur côté dans le conflit. Nous voyons quelles conséquences cette politique indifférente a eues pour la Libye et le Mali".
Sergueï Lavrov s’est naturellement fait un plaisir de rappeler qu’il serait temps de faire preuve d'une "véritable cohésion, sans laisser les autres différends"– Ukraine comprise – "nuire à l'efficacité des actions conjointes pour lutter contre le terrorisme". "Les extrémistes chercheront à profiter des divergences de nos positions pour nous diviser", a averti le ministre russe. Lavrov a rappelé que la Russie apportait déjà une assistance militaire, notamment militaire, à l'Irak et à la Syrie et s’est dite prête à participer à la lutte internationale contre le terrorisme.

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