04/12/2014

4 décembre 2014 - Novelles des guerres contre les organistions jihadistes

Les Jihadistes et les forces de sécurité des Etats en lutte contre eux font une intense guerre de propagande dans les medias en ligne. Les uns et les autres clament des succès militaires, profèrent des menaces ou affirment que l'adversaire est stoppé.

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01/12/2014

30 novembre et 1er décembre 014 - Guerres contre l'Etat Islamique

Front irakien

Milices chiites irakiennes
Il s’agit de l’une des rares vidéos montrant les miliciens chiites s’entraînant au combat contre les jihadistes de l’EI en Irak. Remarquez les armes américaines : MP5 et M16.
https://www.youtube.com/watch?v=grUCKODvbOQ&feature=p...

La coalition bombarde des miliciens chiites par erreur dans la province de Diyala
Visiblement une absence de communication entre les milices chiites et la coalition internationale.
Vidéo :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=00930afce01a

Corruption
Le Premier ministre irakien, Haïdar al-Abadi, a annoncé une intensification de la lutte contre la corruption après avoir découvert que le pays payait des salaires à 50 000 soldats fictifs, un chiffre équivalent à quatre divisions.
Il y a trois sortes de Fadhaiyin (comme on les appelle en arabe). La première catégorie s’explique par le fait que chaque officier a droit à cinq gardes du corps. Il en prend deux et touche le salaire des trois autres. La deuxième catégorie est au niveau de la brigade, lorsqu’un commandant de brigade inscrit quarante à cinquante soldats supplémentaires qui n’existent que sur le papier. C’est de loin le nombre le plus important. La dernière catégorie remonte au mois de juin lorsque des milliers de soldats ont été tués, ont disparu ou déserté. Leurs commandants ont alors occulté leur disparition. Le problème est qu’un chef de brigade, pour conserver son poste, doit donner d’importants pots-de-vin à ses supérieurs, ce qui explique que la corruption est généralisée dans l'armée irakienne.

Deux millions de déplacés en Irak
Plus de 2 millions de personnes sont déplacées par les violences en Irak. C'est ce qu'ont annoncé des organisations humanitaires dimanche 30 novembre. Le problème nouveau est que la neige commence à tomber au Kurdistan irakien, qui accueille une grande partie d'entre elles. Et des milliers d'autres personnes continuent à fuir leurs foyers, en particulier dans la région de Kirkouk, a mis en garde la mission d'assistance des Nations unies.

Front libyen

400 morts en six semaines à Benghazi
Environ 400 personnes ont été tuées en six semaines de combats intenses entre les forces pro-gouvernementales libyennes et les groupes islamistes à Benghazi.
L’armée nouvellement formée par le gouvernement (celui reconnu par la communauté internationale), soutenue par les forces de l’ancien général Khalifa Haftar, avait débuté son offensive contre les Salafistes de Benghazi à la mi-octobre pour les expulser de la zone de l'aéroport et de plusieurs camps militaires que l'armée avait perdus pendant l'été.
Les combats sont concentrés depuis trois semaines autour du port commercial de la ville. Le porte-parole du général Khalifa Haftar, Mohamed El Hejazi, a déclaré que ses forces avaient encerclé les islamistes dans la zone portuaire. "Tous les types d'armes, y compris des avions, sont utilisées en appui de l'infanterie pour traiter avec les Islamistes."
Les Salafistes répondent selon leur tactique coutumière qui est de lancer des attaques-suicide. La dernière en date a eu lieu le 1er décembre contre le QG des forces de sécurité à Jdabiya, au sud-ouest de Benghazi.

Un commandant de l’armée de l’air tué dans une embuscade à Ajdabiya le 28 novembre
L’évènement n’est pas unique en soi, mais Ajdabiya n’était pas considérée jusqu’ici comme une localité en proie à la violence.  Le colonel Abdul Majid Kaseh al-Zwai commandait une des brigades impliquées dans les combats de Tripoli.

Deux gouvernements
Rappelons que deux gouvernements clament leur légitimité, avec chacun leur premier ministre et propre armée.
En Août 2014, le Premier ministre Abdullah al-Thinni et son cabinet ont été forcés de quitter Tripoli pour trouver refuge à l'est de la Libye lorsque le groupe appelé l’Aube de la Libye (Fajr al-Libya) s’est emparé de la capitale.
L’Aube de la Libye a mis en place son propre gouvernement et son parlement, mais ceux-ci n’ont pas été reconnus par les Nations Unies et les puissances mondiales.
La situation s’est encore compliquée par les combats de Benghazi où l'ancien général Khalifa Haftar a fusionné sa force avec l'armée d’Abdullah al-Thinni, en vertu d'un mandat du Parlement élu, fidèle d’al-Thinni.

L’Egypte et la Tunisie ont fermé leurs frontières
La situation devient extrêmement chaotique en Libye, à tel point que l’Egypte et la Tunisie ont décidé de fermer leurs passages frontières.

Les sociétés occidentales évacuent leurs employés
La société coréenne Daewoo a évacué la plupart de ses employés de Libye. Un catamaran a pris 112 personnes à son bord, des employés coréens, du Bangladesh et de Thailande pour les amener à Malte, le 28 novembre 2014. En août, 289 personnes avaient déjà été évacuées de Libye.
Des employés de l’entreprise italienne ENI ont été pris dans une embuscade par des voleurs de grands chemins alors qu’ils regagnaient en bus la ville de Tripoli à partir des champs pétroliers d’el-Fil.

Front syrien

Un plan américain pour armer des rebelles syriens contre l’EI
Le ministre de la garde nationale saoudienne, le prince Metheb ben Abdallah ben Abdel Aziz a affirmé qu’un plan américain avait été conçu pour accélérer l’armement de rebelles syriens parallèlement à leurs entrainements.
Dans une interview avec la chaine de télévision al-arabiya accordée depuis Washington, Metheb a indiqué que le plan américain est destiné à accentuer la lutte contre Daech (Etat islamique) et le terrorisme.
« Nous, en Arabie, combattons le terrorisme et l’extrémisme dans la région. Ils sont très optimistes au sujet de  l’éradication du terrorisme et ils sont heureux du rôle de la coalition dans la région qui œuvre pour en finir avec Daech ».
« Pour les Américains, l’Irak n’est pas une priorité, mais plutôt la Syrie. Il se peut qu’il y ait des divergences entre l’Arabie et les Etats-Unis au sujet de la Syrie. La priorité du roi saoudien était une intervention rapide en Syrie, pour ne pas permettre que des actes terroristes soient commis par Daech, le front al-nosra et autres. Je pense que s’ils avaient entendu le point de vue du roi dès le début, aucune force terroriste n’aurait existé dans la région », a-t-il dit lors de cette interview.
A propos du lancement du processus d’entrainement des miliciens en Syrie dans quelques mois, Metheb a dit : « J’ai entendu de l’administration US que les entrainements dureront pour longtemps. Il nous faut deux plans qui vont de pair : le premier stipule un armement rapide de toute l’opposition syrienne, avec l’aide de commandants chargés de dresser des projets militaires et d’unifier les plans. L’armée Syrienne Libre était toujours confronté au problème du manque de munitions et d’armes après chaque avancée sur le terrain. Le deuxième plan consiste en un entrainement rapide des combattants ».
Interrogé sur le conflit régional sur l’opposition syrienne, le ministre saoudien a souhaité que « tous les frères de l’opposition syrienne s’attachent à la sécurité et à la stabilité en Syrie. Mais s’ils commencent dès maintenant à s’entretuer pour le pouvoir, ceci dissipera la force de l’ASL ».
Pour lui, les Américains ne doivent avoir aucune relation avec le régime syrien. Il rappelle les propos du président Obama qui a affirmé que la crise en Syrie ne pouvait être résolue en présence de Bachar el-Assad.
Une affirmation qui pourrait avoir légèrement évoluée depuis qu’Américains et Syriens échangent des informations par l’entremise des Irakiens sur l’Etat Islamique en Syrie.

Des responsables de la CIA en Syrie
Une mission de la CIA s’est récemment rendue en Syrie, pour coordonner la lutte contre l’Etat Islamique.
«Une mission américaine s’est rendue, récemment, via le Liban, en Syrie, ont annoncé, lundi, des sources bien informées au journal libanais "Al-Jumhurria". «Cette visite se fait, en raison de relations sécuritaires directes entre la Syrie et les Etats-Unis», toujours, d’après les mêmes sources. Cette mission, qui s’est rendue, via le Liban, en Syrie, comprend des responsables de la CIA, précisent les mêmes sources. «Cette visite est effectuée, dans le cadre de coordinations, dans la lutte  contre Daech.

Aïn el-Arab (Kobane en kurde)
Le fait que les Jihadistes de l’Etat Islamique aient pu attaquer le poste frontière entre Kobané et la frontière turque à partir du territoire turc provoque des remous au sein de la classe politique turque.
Le politicien kurde et ancien candidat à la présidentielle, Selahattin Demirtas exige une enquête pour déterminer comment des Jihadistes ont pu mener une attaque en Syrie à partir du territoire national turc, samedi 29 novembre 2014.
Est-ce que les villages (turcs) évacués par l'État l'ont été pour faciliter le passage des gangs du groupe EI ? » s’est interrogé l’homme politique.
Le PKK, le Parti démocratique kurde, a également accusé la Turquie d’abriter des Jihadistes de l’Etat Islamique sur son sol. Dans un communiqué publié samedi 29 novembre, le PKK a affirmé que les Jihadistes utilisaient des silos à blé en territoire turc comme base de départ pour leurs attaques contre Kobané. Il s’agirait selon lui d’un scandale des autorités sécuritaires turques.
«  Comme nous l’affirmons depuis des mois, ceci prouve une fois de plus que l’EI est supporté (à partir de l’intérieur de la Turquie) » était-il écrit dans le communiqué.
Ankara a démenti dans les termes les plus catégoriques ces accusations. Le bureau du premier ministre, Ahmet Davutoglu, affirme qu’Ankara a pris toutes les mesures nécessaires le long de la frontière syro-turque, niant le fait que l’attaque jihadiste contre le poste frontière ait eu lieu à partir du territoire turc.

Les Jihadistes ont subi de lourdes pertes à Kobané
La dernière attaque en date menée par les Jihadistes de l’Etat Islamique contre Kobané a été extrêmement coûteuse en hommes et matériel pour eux en raison des bombardements menés par les avions de la coalition internationale (une trentaine pour la seule journée du samedi 29 novembre), ainsi qu’en raison de la farouche résistance opposée par les Kurdes dans la ville et autour du poste frontière. On parle d’une cinquantaine de Jihadistes de l’EI mis hors de combat.
En tout, ce sont cinq attaques-suicide qui ont été menées par les Jihadistes contre les positions de leurs adversaires, dont deux contre le poste-frontière contrôlé par les Kurdes. Des responsables du principal parti kurde syrien PYD et l'OSDH (Office Syrien des Droits de l’Homme) ont affirmé que les kamikazes de l'EI étaient venus « du côté turc » de la frontière.

Vidéo
La vidéo suivante montre les combats de Kobane et les raids de la coalition internationale :
https://www.youtube.com/watch?v=4Fl5X_D8IVU&feature=p...

La coalition internationale a bombardé Raqqa
Les avions de la coalition ont également conduit samedi soir, 29 novembre, de nombreuses frappes sur Raqqa et dans les environs de cette ville du Nord devenue la « capitale » de l'EI. Une trentaine de positions jihadistes auraient été la cible des bombardiers. « Cela faisait longtemps qu'un nombre aussi élevé de cibles n'avaient pas été visé », a souligné Rami Abdel Rahmane, fondateur de l’OSDH.
Les bombardements de la coalition internationale et de l’aviation syrienne auraient provoqué la mort de 200 personnes au moins en une semaine.
En représailles, les Jihadistes de l’EI ont exécuté quatre militaires syriens et traînés leurs corps dans les rues de la ville.

Damas
Nouvelle russe sur les combats de Djobar (banlieue de Damas). Les films russes sont toujours aussi impressionnants :
https://www.youtube.com/watch?list=UU3wZesPkjsxlnywLiT8Ie...

Ghouta orientale (est de Damas)
L’assassinat de chefs rebelles se poursuit dans la Ghouta orientale sans qu’on sache actuellement s’ils ont été exécutés par l’Etat Islamique ou pour le compte du gouvernement syrien.
L’un des dirigeants est Hassan Rahib, commandant de la brigade al-Ummah. Il a été tué à Harasta, domanche 30 novembre.
L’autre est Yousef Abdul Wahhab, un commandant de Jeich al-Islam (l’armée de l’Islam) soutenue et armée par l’Arabie saoudite. Il a été assassiné dans le village d’al-Reihan, près de Douma. Il s’agit du troisième commandant de Jeich al-Islam assassiné dans la Ghouta orientale.

Youssef Abdul Wahhab.jpgWahhab
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Province de Lattaquié
Une vidéo (langue russe) sur les atrocités commises dans la province de Lattaquié par le Front al-Nosra :
https://www.youtube.com/watch?list=UU3wZesPkjsxlnywLiT8Ie...

Ailleurs en Syrie
Dans les provinces de Deraa et d'Alep, des raids de l'armée syrienne ont fait hier 29 morts, dont sept femmes et trois enfants, a rapporté l'OSDH. La veille, toujours selon l'ONG, le Front al-Nosra, branche syrienne d'el-Qaëda, a exécuté 13 combattants de l'opposition, après que l'un d'entre eux ait tué un commandant jihadiste.

Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) suspend son aide aux réfugiés syriens
Le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM) a annoncé lundi 1er décembre qu'il était contraint de suspendre son aide à 1,7 million de réfugiés syriens du fait d'un manque de financements.
Le PAM  précise qu'il n'est plus en mesure de fournir des coupons alimentaires à ces réfugiés syriens vivant en Jordanie, au Liban, en Turquie, en Irak et en Egypte.
"Sans ces coupons du PAM, de nombreuses familles vont connaître la faim. Pour des réfugiés qui luttent déjà pour survivre à l'hiver, les conséquences de l'arrêt de cette assistance seront dévastatrices", poursuit le PAM.
Les besoins de financement de l'agence de l'Onu sont de 64 millions de dollars pour le mois de décembre pour venir en aide aux réfugiés syriens.

Tunisie

La Tunisie fait face à l'essor d'une mouvance jihadiste armée depuis la révolution de janvier 2011. Les soldats, policiers et gendarmes sont régulièrement tués dans des embuscades, des explosions et des affrontements, notamment dans la région frontière entre la Tunisie et l'Algérie. Cette région frontalière est également une zone de trafics en tout genre.

Jihadistes tunisiens avec l’Etat Islamique
La Tunisie est l’un des principaux pays fournisseurs de combattants jihadistes à l’Etat Islamique. La photo ci-dessous montre un groupe d’entre eux. Le personnage au premier rang (le deuxième à partir de la gauche) est Kamel Zarrouk :

Kamel Zarrouk.jpg
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un gendarme tunisien décapité par des jihadistes en Tunisie
Un gendarme tunisien qui n'était pas en service a été enlevé et décapité dimanche 30 novembre dans la région montagneuse du Kef (nord-ouest) par des Jihadistes.
L'agent voyageait en voiture avec son frère lorsque leur véhicule a été immobilisé par des hommes armés qui cherchaient à voler les deux passagers. Les assaillants ont alors découvert que la victime était un agent des forces de l'ordre et l'ont enlevé et tué.
Le frère du gendarme est sain et sauf.
Les autorités ont aussitôt lancé une opération de "ratissage" dans cette région montagneuse non loin de la frontière algérienne.

Israël

Nouvel incident sécuritaire en Israël
Une jeune Palestinienne de 20 ans a  attaqué un Israélien au couteau près de Gush Etzion, en Cisjordanie, le blessant légèrement. Les forces de sécurité ont tiré sur l’assaillante, la blessant sérieusement. Israël a connu une série d’attaques au couteau ou à la voiture bélier depuis l’automne 2014.

Jean René Belliard

26/11/2014

26 novembre 2014 – Nouvelles des guerres du Moyen Orient et d’Afrique du Nord

L’Etat islamique

L’Etat islamique persécute les minorités religieuses
A Mossoul, les Jihadistes ont détruit à l’explosif le monastère de la Victoire qui abritait des religieuses. Les Jihadistes avaient pris l’habitude de se servir du monastère comme résidence et comme base pour leurs véhicules.
Vidéo :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=2f410359355e
Les persécutions contre les Chrétiens d’Irak ne leur laissent pas d’autre choix que de prendre, eux aussi, les armes contre les Jihadistes de l’Etat Islamique. Il en est de même pour les Yazidis et les Turkmènes irakiens. Tous ont demandé aux Peshmergas de se joindre à la lutte.
Vidéo en langue anglaise :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=bf33cdcbafc4
Les Chrétiens du Nord de la Syrie ont également décidé de former leur propre milice comme l’affirme le site Weltspiegel (vidéo en allemand)
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...
Les Jihadistes détruisent aussi les bâtiments religieux de la communauté chiite.
Vidéo (en langue arab) de la destruction d’autres sanctuaires religieux dans la province de Salah ed-Dine :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=bffb313973c4

Un Ismaélien décapité pour apostasie en Syrie
L’Etat Islamique (Daech) a annoncé mardi 25 novembre 2014 avoir décapité en Syrie un membre de la minorité ismaélienne, un courant de l'islam proche des musulmans chiites. ll était accusé d'apostasie".
"Hier (lundi 24 novembre), la police islamique dans la province de Homs (centre de la Syrie) a appliqué la sentence pour apostasie contre un ismaélien", a annoncé le groupe salafiste dans un communiqué, indiquant que l'exécution avait eu lieu "devant un groupe de musulmans".
"C'est ce qui attend tous les apostats", proclamait une pancarte manuscrite placée sur le corps de la victime.
La communauté ismaélienne compte environ 200.000 personnes en Syrie, la plupart vivant à Salamiyeh, une ville de la province de Hama (centre).
Aux yeux de Daech, tous les musulmans qui n'adhèrent pas à son interprétation de l'islam sont des apostats.

Le Front al-Nosra exécute aussi pour blasphème
L’Etat Islamique n’est pas le seul à exécuter des gens pour blasphème ou apostasie. Le Front Al-Nosra, la branche syrienne d'al-Qaïda, a exécuté mercredi 26 novembre, à Erbine, une localité située à l'est de Damas, un dénommé Mohammad al-Mir. Il était accusé "d'avoir insulté le prophète (Mahomet) et sa famille".
On avait jusqu’ici tendance à considérer le Front Al-Nosra comme moins radical que l'Etat Islamique.

Afrique du Nord
L’Etat islamique s’étend en Afrique du Nord. Le dirigeant de l'EI, Abou Bakr al-Baghdadi, a récemment vanté dans un enregistrement audio l'expansion du « califat » annonçant avoir accepté les serments d'allégeance émis par des jihadistes de Libye, d'Égypte, du Yémen, d'Arabie saoudite et d'Algérie. Après Jund al-Khilafa en Algérie et Ansar Beit al-Maqdess en Égypte, l’Etat Islamique est maintenant implanté dans la ville libyenne de Derna.

Derna (Libye) est une place forte islamique
Derna est une place forte islamiste qui fait peu de cas de la « démocratie à l’occidentale » que rêvaient d’imposer les Occidentaux en aidant au renversement de Mouammar Kadhafi. Cette ville portuaire de 150.000 habitants située dans l’est libyen est depuis longtemps un haut lieu du jihad international. Ce que les Islamistes de Derna réclament, c’est l’application de la Charia…et une part des revenus pétroliers. On estime leurs effectifs à plusieurs centaines de miliciens rompus à la lutte armée. Derna a été la plus grande pourvoyeuse d’hommes pour les guérillas afghane, irakienne et syrienne.
L'idéologie de l'État Islamique (EI) ne pouvait qu’attirer des sympathisants dans les milieux radicaux en Libye. C’est pourquoi ce n’est pas une surprise d’apprendre que la ville de Derna, s’est transformée en «émirat islamique ».
En avril 2014, une branche d'Ansar ach-Charia avait annoncé qu'elle allait instaurer la justice selon la loi islamique à Derna. Se faisant appeler « Majless Choura (Conseil consultatif) des jeunes de l'islam à Derna », elle y a instauré des tribunaux islamiques et une police religieuse.

Lutte entre partisans d’al-Qaïda et partisans de l’Etat Islamique ?
Il se pourrait qu’on assiste en Libye, comme cela est déjà le cas au Yémen à une lutte sourde entre les chefs traditionnels du Jihad, membres d’al-Qaïda et les partisans de l’Etat Islamique, ce qui ne manquerait pas de rajouter de la confusion à un pays qui n’en a pas besoin. Rappelons que le pays est en proie au chaos où deux Parlements et deux gouvernements se disputent le pouvoir sur fond de violences meurtrières. Pour l’instant, on a encore du mal à savoir quel est le poids de ceux qui se réfèrent à al-Qaïda et ceux qui ont fait allégeance à l’Etat Islamique. .
Jeffrey Rathke, le porte-parole du département d'État américain s’est déclaré inquiet face aux «informations selon lesquelles des factions extrémistes violentes (en Libye) ont prêté allégeance à l'EI et cherché à s'associer à lui ».

La vallée de Pankisi (Georgie)
Les gorges de Pankisi sont situés en Géorgie. Les six villages de cette vallée sont peuplés de Kistes, des descendants de Tchétchènes ayant émigré en Géorgie.
L’Orient-le-jour du 26 novembre 2014 rappelle que la vallée de Pankissi est apparue dans les médias géorgiens dès le début de la première guerre de Tchétchénie (1994-1996). Elle était devenue à l’époque le refuge des indépendantistes tchétchènes et plus de 10 000 civils s’y étaient réfugiés. Avec l'aide des États-Unis, le gouvernement pro-occidental géorgien de l'ancien président Mikheïl Saakachvili avait réussi en 2004 à chasser hors de son territoire les séparatistes, qui y organisaient encore des attaques contre l'armée russe.
Mais leur présence prolongée a influencé la population, dont les traditions religieuses soufies ont été remplacées par des pratiques salafistes, une branche rigoriste de l'islam. « Le salafisme est désormais la forme dominante de l'islam en Pankissi », explique le journaliste Soulkhan Bordzikachvili, qui vit dans un des villages des gorges, Jokolo. Le salafisme menace, raconte un habitant de la vallée, « l'existence même de l'identité culturelle des Kistes ». Un autre témoigne : « La jeunesse kiste est majoritairement salafiste, les jeunes ne se considèrent plus désormais comme Kistes ou Géorgiens mais uniquement comme des musulmans. »
Pour Khaso Khangochvili, membre du conseil des aînés de Pankissi, « c'est la pauvreté et le chômage qui font partir les jeunes Kistes de Pankissi. Ils cherchent du travail en Turquie et certains finissent à combattre en Syrie », à seulement une journée de voiture de la Géorgie.
C’est d’ailleurs une raison économique que donne Temour Batirachvili, le père d’Omar al-Chichani (le Tchétchène en arabe), le célèbre jihadiste à la barbe rousse, l’un des chefs des Tchétchènes qui luttent dans les rangs de l’Etat Islamique en Syrie. Il explique : « Quand Tarkhan (Omar al-Chichani) a guéri (de sa tuberculose), il était prêt à rejoindre à nouveau l'armée (géorgienne). Ils lui ont promis un travail, mais ils n'ont jamais tenu leur promesse », il continue, « si mon fils avait eu ne serait-ce qu'un peu d'espoir de vivre une vie meilleure en Géorgie, il ne serait jamais parti ».
 

Turquie

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé mercredi 26 novembre 2014, "l'impertinence" des Etats-Unis dans la crise syrienne. La visite de Joe Biden, le vice-président américain, n’a donc pas contribué à aplanir les divergences entre les deux alliés sur le dossiersyrien.
"Je veux que vous sachiez que nous sommes contre l'impertinence et les demandes sans fin", a déclaré M. Erdogan en référence aux requêtes adressées par Washington à la Turquie dans la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI).
Malgré les pressions exercées par les Etats-Unis, le gouvernement islamo-conservateur turc, proche des Frères musulmans, refuse toujours d'intervenir militairement au profit des forces kurdes qui défendent la ville syrienne de Kobané assiégée par les jihadistes, à la frontière turque.
Ankara oppose également une fin de non-recevoir à la demande américaine d'ouvrir sa base d'Incirlik aux avions qui bombardent les positions de l'EI en Irak et en Syrie.
La Turquie juge ces raids inefficaces et plaide pour que le départ du président syrien Bachar al-Assad soit la priorité de la stratégie de la coalition dans la région.
"Ils (les Américains) sont restés simples spectateurs lorsque le tyran (le président syrien) a massacré 300.000 personnes. Ils sont restés silencieux face à la barbarie d'Assad et maintenant ils jouent sur la mauvaise conscience (de l'opinion internationale) autour du sort de Kobané", a regretté M. Erdogan.
"Nous ne résoudrons pas nos problèmes avec l'aide d'un « esprit supérieur » mais avec celle de notre propre peuple", a conclu le président turc.
Lundi 24 novembre, M. Erdogan avait déjà accusé les Américains d’avoir une politique destinée uniquement à protéger leurs intérêts pétroliers dans la région.

Front irakien

Kirkouk
Vidéo tournée par les Peshmergas sur la ligne de front dans la région de Kirkouk :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=ed2baf5e6106

Front syrien

Alep
Vidéo de la brigade Noureddne al-Zanki montrant une attaque kamikaze contre une position de l’AAS à Alep :
https://www.youtube.com/watch?v=ElbzzXfJqV4&feature=p...

Damas et sa banlieue
Une vidéo (langue russe) montre la destruction d’une position rebelle dans la localité de Zamalka, voisine de Jobar (Exceptionnel) :
https://www.youtube.com/watch?v=2LhAIIsV1xk&feature=p...

Raqqa
Le bilan des bombardements de la ville de Raqqa par l’aviation syrienne, le mardi 25 novembre, s’est encore alourdi. On parle maintenant de 95 morts, dont une majorité de civils. En représailles, l’Etat Islamique menacerait d’exécuter des soldats de l’AAS détenus prisonniers.

Vidéo de la brigade rebelle Souqour esh-Sham (les faucons de Syrie)
Cette brigade est armée par le Qatar et la Turquie. Elle fait partie du Front Islamique armé et financé par l’Arabie saoudite et les pays du Golfe :
https://www.youtube.com/watch?v=2LhAIIsV1xk&feature=p...

Coalition internationale

Des effets négatifs des raids de la coalition internationale en Syrie
Les raids menés par la coalition internationale ont pour résultat de pousser de plus en plus d’Irakiens et de Syriens dans les bras de l’Etat Islamique. Le mouvement est particulièrement net en Syrie où plusieurs formations rebelles ont tout simplement rejoint l’EI (Daech) tandis que d’autres ont noué des alliances tactiques ou convenu une trêve avec l’organisation salafiste. C'est notamment le cas dans la région d’Edleb. Les brigades en question sont Jeich al-Mujahidin, la brigade al-Sham, la brigade Ahrar ash-Sham, et même le Front al-Nosra. Plus de mille combattants du Front al-Nosra auraient rejoint l’Etat Islamique en une seule semaine au mois d’août 2014, affirme Ali Sa’eed, un porte-parole du Commandement Révolutionnaire de l’Armée Syrienne Libre.
« L’Etat Islamique est un aimant qui attire un grand nombre de Musulmans » a déclaré au Guardian Abou Talha, le chef de la brigade Ansar al-Haq qui combat dans la Ghouta orientale. Lui et 200 de ses hommes ont rejoint l’EI. Il serait actuellement en négociations avec des combattants d’autres unités rebelles, comme le Front al-Nosra pour qu’ils rejoignent, eux aussi, l’Etat Islamique.
Un autre combattant de l’ASL dans la région de Homs a affirmé au journal britannique qu’il était hors de question pour lui de se battre contre l’EI à présent que l’aviation américaine bombardait l’organisation islamiste. Il affirme que 600 combattants de la brigade al-Ribat, de la province de Homs, auraient fait avec lui allégeance à l’EI. La brigade al-Ribat avait pourtant reçu une promesse de la part de la brigade Hazm, soutenue par les Etats-Unis, de recevoir des armes sophistiquées si la brigade acceptait de rejoindre la lutte contre l’Etat Islamique.
Tous les gens en Syrie, affirme Abou Zeid, un commandant de l’ASL, basé dans la région d’Edleb, se demandent pourquoi l’aviation US bombarde des cibles de l’EI et n’est jamais intervenue contre les mitrailleuses et les canons de l’Armée Arabe Syrienne.
« Les Américains ne nous ont jamais donné d’armes pour combattre l’armée de Bachar el-Assad, ajoute Abou Talha. Les armes arrivent seulement maintenant pour combattre l’EI ».
Abou Talha affirme que de nombreux commandants de brigades rebelles ont en secret confirmé leur allégeance à l’EI.

Jean René Belliard