01/11/2017

Etats-Unis : Attaque sanglante à la voiture bélier à Manhattan (New York) - Les dernières informations

Etats-Unis 
NewYork
Attaque à la voiture bélier à Manhattan (New York)
Mardi après-midi 31 octobre, alors que les États-Unis fêtaient Halloween et que des milliers d'enfants et de jeunes adultes parcouraient les rues dans des déguisements plus effrayants les uns que les autres, la mort a soudain frappé la métropole américaine.
Un Ouzbèk de 29 ans, au volant d'un pick-up loué à Home Depot, a foncé sur près d'un kilomètre sur une piste cyclable, fauchant cyclistes et piétons. L'attaque a eu lieu dans un quartier chic et très touristique de TriBeCa, au sud de Manhattan, à 800 mètres à peine des tours jumelles détruites dans les attentats du 11 septembre 2001. L'assassin est sorti de son véhicule, deux fusils inoffensifs à la main (dont un fusil paintball), après avoir heurté un car scolaire. Les forces de l'ordre présentes sur place, ignorant qu'il s'agissait d'armes factices ont tiré sur le meurtrier le blessant à l'abdomen. 
L'attentat a fait 8 morts et 11 blessés selon un dernier bilan.  
Le terroriste aurait pu mener une action beaucoup plus sanglante. En effet, on a appris qu'il avait eu d'abord l'intention de gagner le secteur où se déroulait la parade d'Halloween, où se pressait une foule énorme de familles avec enfants. Mais il en a été empêché par les restrictions de circulation. C'est alors qu'il aurait décidé d'exécuter son sinistre plan sur la piste cyclable, située à moins de deux kilomètres de l'endroit où se déroulait la parade. 
La piste de l'Etat islamique confirmée
Photo Don Emmert 
 
Après un moment de cafouillage de la part des autorités américaines qui accusaient tantôt l'acte d'un malade mental, tantôt d'un "loup solitaire", la piste de l'Etat islamique ne faisait plus de doute, mercredi 1er novembre. C'est le premier attentat meurtrier qu'ait connu la métropole américaine depuis le 11-Septembre 2001.
Plusieurs enquêteurs cités par les médias américains ont indiqué qu'il s'agissait de Sayfullo Saipov, un Ouzbek de 29 ans arrivé aux Etats-Unis en 2010, titulaire d'un permis de séjour permanent, et qui aurait résidé dans l'Ohio et en Floride avant de s'installer à Paterson, dans le New Jersey, à une soixantaine de kilomètres à l'ouest de New York.
La police a retrouvé, dans le pick-up qu'il avait loué pour l'attaque, des notes manuscrites dans lesquelles il faisait allégeance à l'Etat islamique ainsi qu'une photo du drapeau noir de l'organisation jihadiste, selon The New York Post et The New York Times.
Selon les enquêteurs, l'assassin aurait préparé son attaque depuis plusieurs semaines déjà et aurait reçu l'instruction de passer à l'action de membres mêmes de l'Etat islamique. Il aurait également déclaré aux enquêteurs venus l'interroger sur son lit d'hôpital être très fier de son action. 
Sayfullo Saipov
Sayfullo Saipov 

L'homme a été blessé au ventre lors de la fusillade qui a mené à son arrestation. Après avoir subi une opération mardi soir, ses jours ne seraient plus en danger et les enquêteurs ont pu lui parler, a rapporté mercredi la chaîne ABC.
Cet homme marié avec enfants, chauffeur de la société Uber, avait été arrêté à deux reprises par la police pour des infractions au code de la route, selon plusieurs médias.
Identité des victimes 
Au fil des heures, des informations ont émergé sur l'identité des victimes: une femme belge, originaire de Roulers, et cinq Argentins - des anciens camarades d'école qui fêtaient le 30e anniversaire de leur diplôme, originaires de la ville de Rosario - faisaient partie des huit personnes décédées.
Parmi les 11 blessés hospitalisés mardi, on comptait aussi plusieurs étrangers, dont trois Belges et une Allemande, selon Bruxelles et Berlin.
Vive controverse sur la loterie des cartes vertes 
Le système d'attribution à la loterie des cartes vertes donnant droit à s'installer aux Etats-Unis était mercredi au cœur d'une vive polémique, l'auteur de l'attentat meurtrier à New York en ayant bénéficié selon le président Donald Trump.
"Le terroriste est entré dans notre pays grâce au Programme de loterie de visas de diversité, une merveille de Chuck Schumer", a ironisé dans un tweet le président républicain, en ciblant le chef de l'opposition démocrate au Sénat.
Les responsables de l'enquête n'ont pas confirmé que l'assassin avait obtenu un permis de résident permanent par ce dispositif de tirage au sort.
Mais les républicains ont sans attendre exploité l'événement pour dénoncer une mesure en vigueur depuis une vingtaine d'années et qui est depuis longtemps dans leur ligne de mire.
"Nous luttons avec force en faveur d'une immigration basée sur le mérite, (nous ne voulons) plus de systèmes démocrates à la loterie. Nous devons être BIEN PLUS fermes (et plus malins)", a écrit M. Trump dans un autre tweet.
Le président Trump a également cité un officier américain à la retraite qui a déclaré sur Fox News que Chuck Schumer favorisait "l'importation de problèmes européens" en Amérique.
"J'ai toujours cru et je continue à croire que l'immigration est une bonne chose pour l'Amérique", a réagi dans un communiqué mercredi M. Schumer.
"Le président Trump, plutôt que de politiser et de diviser les Etats-Unis, ce qu'il semble toujours faire en des temps de tragédie nationale, devrait se concentrer sur la solution effective -le financement antiterroriste- qu'il a proposé de réduire dans son dernier budget", a ajouté le ténor démocrate.
Le système d'attribution à la loterie des cartes vertes offre une chance aléatoire à 50.000 candidats par an de pouvoir vivre aux Etats-Unis.
Le système favorise les pays avec un taux d'émigration en Amérique relativement bas sur les cinq années précédentes. Une grosse moitié de ces visas sont attribués à l'Afrique.
Trump annonce qu'il veut mettre fin à la loterie des cartes vertes 
Le président américain a qualifié mercredi d'"animal" l'auteur de l'attentat meurtrier à New York, appelant à un changement de politique sur l'immigration avec en particulier la fin du système d'attribution à la loterie des célèbres cartes vertes.
"Nous devons êtres plus durs, nous devons être plus intelligents et nous devons être beaucoup moins politiquement corrects", a-t-il martelé depuis la Maison Blanche au lendemain de cet attentat qui a fait huit morts et une dizaine de blessés.
Le président américain a également évoqué la possibilité d'envoyer l'auteur de l'attentat meurtrier de New York dans la prison de Guantanamo, créée par les Etats-Unis après les attentats du 11-Septembre et que son prédécesseur Barack Obama souhaitait fermer.
"Absolument, c'est quelque chose que j'examinerais", a déclaré M. Trump, interrogé sur cette éventualité.  
Les Etats-Unis jurent de combattre pour "éliminer la menace" terroriste, affirme Tillerson
Les États-Unis vont "continuer le combat" pour "éliminer la menace" terroriste, a déclaré mercredi le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson, au lendemain de l'attentat de New York perpétré par un homme soupçonné de liens avec l'Etat islamique (Daech).
"Une nouvelle fois nous avons vu le visage malfaisant du terrorisme à l'intérieur de nos frontières, mais c'est un visage qui ne connaît pas de frontières", a-t-il dit en recevant le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders au département d'Etat à Washington.
"Nous saluons et apprécions la coalition solide de tous nos partenaires dans ce combat mondial contre le terrorisme et nous allons continuer ce combat pour éliminer cette la menace contre tous les Américains et tous nos amis et alliés", a insisté Rex Tillerson, présentant ses condoléances aux victimes et sa "solidarité" à Bruxelles et Buenos Aires.
Selon Didier Reynders, au-delà de la lutte contre le terrorisme au niveau international, "nous devons aussi échanger les meilleures pratiques pour lutter contre la radicalisation et le terrorisme qui se développe à l'intérieur même de nos pays".
L'Ouzbékistan prêt à coopérer à l'enquête sur l'attentat de New York
L'Ouzbékistan a promis mercredi de coopérer "avec tous ses moyens" à l'enquête sur l'attentat à la camionnette qui a fait huit morts à New York, dont l'auteur présumé a été identifié par plusieurs médias comme originaire de ce pays d'Asie centrale.
"L'Ouzbékistan est prêt à apporter toutes ses forces et tous ses moyens pour fournir une aide à l'enquête sur cet acte terroriste", a indiqué le président ouzbek Chavkat Mirzioïev, cité dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères.
"La tragédie qui s'est produite confirme à nouveau la nécessité d'unir les efforts de toute la communauté internationale dans la lutte contre ce défi de notre époque", a ajouté M. Mirzioïev, présentant ses condoléances au président américain et aux familles des victimes.
Plusieurs centaines de citoyens de l'Ouzbékistan, ex-république soviétique à majorité musulmane, combattent au sein des groupes jihadistes en Irak et en Syrie, selon les estimations des services de sécurité russes. 
New York maintient le marathon prévu dimanche après l'attentat
Le maire de New York a annoncé mercredi 1er novembre que le marathon prévu dimanche 5 novembre est maintenu et que la sécurité y sera renforcée.
"Nous allons de l'avant et attendons avec impatience le marathon de dimanche. Il se déroulera comme prévu. (...) Il sera protégé, comme il l'est toujours, et nous allons prendre des mesures de sécurité supplémentaires", a déclaré Bill de Blasio lors d'une conférence de presse des autorités new-yorkaises au lendemain de l'attentat du 31 octobre. 

 

30/09/2017

Iran : Nucléaire: le ministre iranien des AE appelle l'Europe à "prendre le leadership"

Nucléaire: le ministre iranien des AE appelle l'Europe à "prendre le leadership"
Mohammad Javad Zarif
 
 
Le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, a appelé les Européens à "prendre le leadership" dans le but de sauvegarder l'accord international sur le programme nucléaire de Téhéran signé en 2015 mais remis en cause par Donald Trump.
"Les Européens doivent prendre le leadership", a lancé M. Zarif lors d'une interview au quotidien britannique The Guardian, les invitant à défier leur allié américain. 
"Ce que je crois, c'est qu'il (Donald Trump) n'ira pas au bout et laissera le Congrès américain trancher la question", a-t-il ajouté, jugeant par ailleurs que le président américain n'était  pas fiable". Donald Trump doit en effet dire au Congrès américain s'il estime que Téhéran respecte ses engagements. Une "non-certification" rouvrirait la voie à une réimposition de sanctions.
L'accord, conclu par l'Iran d'une part et les grandes puissances du groupe 5+1 (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni et Allemagne) d'autre part, doit garantir le caractère strictement civil et pacifique du programme iranien, en échange de la levée progressive des sanctions mises en place contre Téhéran depuis 2005. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a répété à plusieurs reprises que Téhéran respectait bien les termes de l'accord.
Mais depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, les États-Unis ont multiplié les attaques contre l'accord, que M. Trump avait promis de "déchirer".
Les Américains accusent les Iraniens de violer "l'esprit" du pacte et estiment que Téhéran est un élément déstabilisateur au Moyen-Orient.
Mais selon M. Zarif, "l'accord autorise l'Iran à poursuivre la recherche et le développement".
Le chef de file de la diplomatie iranienne explique également que si les Américains décident d'aller jusqu'au bout, le programme nucléaire iranien repartira de plus belle et l'Iran "n'acceptera plus les restrictions".
Mais attention, prévient-il, "si l'Europe, le Japon, la Russie et la Chine décident de s'entendre avec les Etats Unis, je pense que cela signerait la fin de l'accord".
 
Jean René Belliard

 

19:04 Publié dans AIEA, Chine, Etats-Unis, France, Grande Bretagne, Iran, Javad Zarif, Russie, Trump Donald | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

20/09/2017

L'administration américaine veut changer l'accord sur le nucléaire iranien pour éviter un retrait américain

Iran 
Nucleaire
L'administration américaine veut changer l'accord sur le nucléaire iranien pour éviter un retrait américain
Les Etats-Unis ne resteront dans l'accord sur le nucléaire iranien que si "des changements sont introduits", car le texte "doit vraiment être revisité", a déclaré mardi 19 septembre le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson.
Le "défaut le plus flagrant" de l'accord conclu en 2015 avec les grandes puissances est le fait "qu'il a une fin" et "ne fait que remettre le problème à plus tard", a-t-il estimé sur la chaîne de télévision Fox News, en marge de l'Assemblée générale annuelle de l'ONU.
Selon le texte, les restrictions sur certaines activités nucléaires iraniennes seront progressivement levées à partir de 2025. "Ce qui signifie que nous pouvons quasiment commencer le compte à rebours pour le moment où ils reprendront leurs capacités nucléaires" militaires, a déploré le chef de la diplomatie américaine.
Le président américain Donald Trump, qui a de nouveau critiqué de manière virulente l'accord iranien mardi 19 septembre devant l'ONU, doit décider d'ici mi-octobre s'il "certifie" ou non devant le Congrès que Téhéran respecte ses engagements. En cas de non certification, les parlementaires américains pourraient réimposer des sanctions levées dans le cadre de l'accord, ce qui risquerait de le faire voler en éclats.
"Le président veut vraiment refaire cet accord", le "renégocier", et "nous avons besoin du soutien de nos alliés européens et autres pour faire comprendre aussi à l'Iran que cet accord doit vraiment être revisité", a insisté Rex Tillerson. "Si nous devons rester dans l'accord iranien, des changements doivent être introduits", a-t-il dit.
L'ambassadrice américaine à l'ONU précise les propos de Trump
Donald Trump est mécontent de l'accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien, mais n'a pas dit que les Etats-Unis allaient s'y soustraire, a souligné mercredi l'ambassadrice américaine aux Nations unies, au lendemain du discours du président devant l'Assemblée générale de l'organisation.
"Cela ne signifie pas clairement qu'il a l'intention de se retirer. Cela signe clairement qu'il est mécontent de l'accord", a déclaré Nikki Haley sur l'antenne de CBS.
Le chef de la diplomatie russe juge les propos de Trump "extrêmement inquiétants"
Le chef de la diplomatie russe a jugé les propos tenus par Donald Trump sur l'accord nucléaire avec l'Iran "extrêmement inquiétants". "Nous allons défendre ce document, ce consensus, qui a été accueilli avec soulagement par la communauté internationale tout entière et qui a réellement renforcé la sécurité, tant au niveau régional qu'international", a ajouté Sergueï Lavrov.
Téhéran et les Européens refusent de renégocier l'accord
Téhéran et les Européens refusent de renégocier l'accord historique censé garantir le caractère strictement civil du programme nucléaire iranien en échange d'une levée progressive des sanctions.
La France propose des "compléments" à l'accord
La France a mis sur la table la possibilité d'un "complément" pour l'après-2025 afin de sortir de l'impasse, mais rien ne dit que cette initiative puisse aboutir.
"Nous devons garder l'accord de 2015 car c'est un bon accord avec un contrôle strict de la situation actuelle", a déclaré le président français. "Nous devons ajouter deux ou trois autres piliers: un pour un meilleur contrôle des missiles balistiques et des activités balistiques, qui ne sont pas couverts par l'accord de 2015; un deuxième pour l'après-2025 parce que l'accord ne couvre pas la situation après 2025; et un troisième pour ouvrir des discussions avec l'Iran sur la situation actuelle dans la région" du Moyen-Orient, a-t-il ajouté. "Mais ce serait une erreur d'abandonner cet accord sans rien d'autre", a-t-il dit.
Rohani : L'Iran respecte l'accord nucléaire mais réagira en cas de violation
L'Iran respecte l'accord nucléaire de 2015 mais réagira avec "détermination" si ce texte vient à être dénoncé, a prévenu mercredi le président iranien Hassan Rohani devant l'ONU.
"Nous n'avons trompé personne, nous n'avons pas été malhonnêtes" dans l'application de l'accord, mais Téhéran "répliquera avec détermination" à toute violation du texte, a ajouté M. Rohani, alors que les Etats-Unis menacent de plus en plus de dénoncer l'accord.
L'armée iranienne veut une "réponse ferme" au discours de Donald Trump
Mohammad Ali Jafari
Général Mohammad Ali Jafari
Le commandant des gardiens de la Révolution iranienne a invité mercredi 19 septembre Téhéran à apporter des "réponses douloureuses" aux propos tenus la veille par Donald Trump devant l'Assemblée générale de l'ONU.
Qualifiant la République islamique d'"Etat-voyou" aux mains d'une "dictature corrompue", le président américain a notamment laissé entendre qu'il pourrait dénoncer l'accord de 2015 sur le programme nucléaire de Téhéran.
"Adopter une attitude intransigeante face à Trump n'est qu'un début", a déclaré le général Mohammad Ali Jafari, selon les propos rapportés par Sepah News, l'agence de presse des gardiens de la Révolution.
"Il est de la plus haute importance stratégique que les Etats-Unis soient confrontés à des réponses plus douloureuses à travers les actes, le comportement et les décisions que l'Iran prendra dans les mois qui viennent", a-t-il poursuivi, invitant le président Hassan Rohani, qui doit s'exprimer à son tour ce mercredi à l'ONU, à apporter une première réponse ferme à Donald Trump.
"Avec les défaites successives et éreintantes que l'Iran a infligées à l'Amérique dans la région, il est naturel que son système nerveux et sa cohérence aient volé en éclats", ajoute l'officier.
Une première rencontre entre les ministres des AE américain et Iranien
Les ministres des Affaires étrangères des pays signataires de l'accord (Iran, Etats-Unis, Chine, Russie, Allemagne, France, Royaume-Uni) doivent se réunir mercredi 20 septembre en marge de l'Assemblée générale de l'ONU. Il s'agira de la première rencontre entre Rex Tillerson et son homologue iranien Mohammad Javad Zarif depuis l'arrivée en janvier de Donald Trump à la Maison Blanche.
 
Jean René Belliard