24/07/2014

24 juillet 2014 : Derniers évènements en Irak

L’Etat islamique a repris sa campagne d'attentats anti-chiites
33 personnes, dont cinq policiers, ont été tuées par un kamikaze à Bagdad dans la nuit du 22 au 23 juillet. Le terroriste a attaqué un barrage de police à l’entrée du quartier d’al-Kadhimiya. La plupart des victimes civiles se rendaient à un lieu de culte chiite, Musa al-Khadim.
L’attentat aurait été réalisé par un kamikaze tunisien qui s’appelle (naturellement) Abou Abdul-Rahman al-Tunisi.
L'État islamique avait déjà revendiqué la responsabilité d'attentats à Bagdad, dont plusieurs explosions ont eu lieu samedi 19 juillet, coûtant la vie à 27 personnes. 

Très graves accusations de l’ONU contre l’Etat Islamique en Irak
Mme Jacqueline Badcock, numéro 2 de l'ONU en Irak, accuse les jihadistes de l'EI d’avoir ordonné des mutilations génitales sur les femmes âgées de 11 à 46 ans en application d’une fatwa émise par les dirigeants du Califat.

L’armée tente désespérément de reprendre le terrain perdu

Bataille de Tikrit
Les forces gouvernementales ont lancé une contre-offensive il y a une semaine pour récupérer Tikrit, ville natale de l'ancien président Saddam Hussein, mais a du se retirer en raison de la résistance acharnée des insurgés sunnites.

Bataille de Fallujah
Cela fait des mois que l’armée tente de reprendre la ville de Falluhah, sans succès. Elle a adopté, depuis quelques jours, une méthode qui a donné des résultats en Syrie : le lancement de barils d’explosifs sur les zones tenues par les insurgés. Le seul problème : le grand nombre de victimes civiles provoqué par ces bombardements.
Des hélicoptères de l’armée ont lancé, le 23 juillet, cinq barils d’explosifs  sur la ville de Fallujah et la localité voisine de Garma, également entre les mains des rebelles sunnites. 

Au moins 60 morts dans une attaque contre un convoi de prisonniers le 24 juillet
Des kamikazes et d'autres hommes armés ont attaqué jeudi un convoi de prisonniers au nord de Bagdad, provoquant d'intenses combats avec les forces de sécurité qui ont fait au moins 60 morts. Les insurgés sunnites sont coutumiers de ces attaques contre les convois de prisonniers. Leur but est d'en libérer le plus grand nombre et tant pis si ces attaques provoquent un grand nombre de victimes parmi ceux qu'ils tentent de libérer.

Une ouverture politique et un espoir ?

Nouri al-Maliki a rencontré des chefs de tribus sunnites
Le premier ministre Nouri al-Maliki, un chiite controversé pour sa politique anti-sunnite, avait rencontré, il y a deux jours, des chefs de tribus sunnites pour tenter de les rallier contre les Jihadistes de l’Etat Islamique, tout comme le général américain Petraeus l’avait déjà fait  en créant les milices du réveil (Sahwa) au temps de l’occupation américaine de l’Irak.
 
Le Kurde Fouad Massoum est élu président de l'Irak par le Parlement
Le Parlement irakien a élu jeudi 24 juillet 2014 Fouad Massoum, comme président de l'Etat fédéral. Massoum, né en 1938 est kurde. Mais il ne faut pas voir nécessairement une tentative de dialogue en direction des Kurdes partisans de l’autonomie.  Les différentes communautés irakiennes s’étaient mis d’accord pour que le poste de président de la République soit toujours confié à un Kurde, tandis que celui de président du Parlement serait confié à un Sunnite et celui de chef du gouvernement à un Chiite. Une règle que l’on retrouve au Liban depuis l’indépendance. Il revient donc au Kurde Massoum de choisir le prochain premier ministre.
Fouad Massoum succède à un autre Kurde,  Jalal Talabani, qui était président depuis 2005.

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

10:55 Publié dans Bagdad, Etat Islamique, Falloujah, Fouad Massoum, Irak, Tikrit | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

19/07/2014

Dernières nouvelles d’Irak - 19 juillet

Les jihadistes irakiens veulent "éradiquer" les minorités dans la région de Mossoul
Les Jihadistes de l’Etat islamique maîtres de Mossoul ont donné un ultimatum aux minorités religieuses de la ville, les Chrétiens, les Yazidis, les Turcs et les Chiites Chabak, pour soit se convertir à l’islam, soit payer une taxe islamique spéciale ou soit quitter la ville avant samedi 19 juillet à midi sans quoi ils risqueraient d’être exécutés. Et pour marquer l’imminence de la menace, ils ont parqué les maisons appartenant aux Chrétiens.
Des milliers de membres de ces communautés, pour la plupart des Chrétiens, ont quitté la ville précipitamment pour gagner Dohouk et Erbil au Kurdistan irakien.
Human Right Watch (HRW), une ONG basée à New York a dénoncé ces persécutions dans un communiqué publié le 19 juillet 2014.

Les Chrétiens d’Irak au moment de l’invasion américaine
Avant 2003 et l'invasion du pays par une coalition menée par les États-Unis, plus d'un million de chrétiens vivaient en Irak, dont plus de 600 000 à Bagdad. Mais ils seraient moins de 400 000 aujourd’hui, la plupart ayant fui les violences.

Les Chrétiens dépossédés par des gangs armés à Bagdad bien avant l'offensive jihadiste
Il y a déjà longtemps que les Chrétiens ont été victimes de gangs armés. Bien avant l’offensive de l’Etat Islamique. Des gangs armés avaient visé les familles chrétiennes de Bagdad, s’emparant de dizaines de maisons, poussant leurs propriétaires à la fuite, sans la moindre chance de recours face à une administration corrompue quand elle n’était pas complice.
Selon William Warda, un Chrétien, directeur de l'organisation Hammourabi pour les droits de l'homme en Irak qui défend le droit des minorités dans le pays, « la plupart des personnes ont peur de porter plainte devant le gouvernement (...) Elles craignent en effet d'être kidnappées si elles engagent une action en justice ».
Les familles chrétiennes sont particulièrement touchées par ce phénomène, car elles ne bénéficient pas des mêmes systèmes de protection tribale que nombre de musulmans en Irak.
Les langues ne se déliaient pas facilement à Bagdad pour dénoncer les auteurs de ces persécutions, mais tout le monde savait que des membres de l'Armée du mahdi (la milice à l’époque de l’imam Moqtada Sadr – qui a publiquement désavoué ces actions) et d’Asaib Ahel el-Haq (proche du premier ministre Nouri al-Maliki), étaient à l’origine de ces actions, même si ces deux milices armées avaient démenti toute implication.
Les auteurs prétendaient obéir à une règle établie par un religieux chiite selon laquelle les maisons appartenant à d'anciens membres du régime de Saddam Hussein devaient être saisies pour être transformées en lieux de prière. Or, la majorité des membres des familles chrétiennes spoliées par les gangs n’avait jamais travaillé pour le gouvernement du temps de Saddam Hussein.
Les Chrétiens qui ont du fuir pouvaient s’estimer heureux lorsqu’ils avaient la chance de vendre leurs maisons aux groupes qui les menaçaient, même s’il s’agissait d’un prix dérisoire.

Les Chabaks persécutés
Il s’agit d’une secte ésotérique kurde établie dans la région de Mossoul. Cette communauté, compte quelque 30.000 membres et vit aux confins de la frontière turque. Les Chabaks sont considérés comme des hérétiques par les Islamistes radicaux et ont été la cible de nombreux attentats.

Nouvelles de la guerre

Un mufti radical saoudien tué à Tikrit
On a appris, le 19 juillet, qu’un mufti radical saoudien de l’Etat Islamique avait été tué le 17 juillet à Baiji.
"Le mufti Abou Oussama Al-Qahtani appartenant à Daesh (l’Etat Islamique) a été tué dans un bâtiment à Baiji, avec quatre de ses assistants au cours d’un raid aérien qui a visé une réunion de l’Etat Islamique,"  a déclaré le lieutenant général Ali Al-Freiji, commandant dans la province de Salahuddin.
 Al-Qahtani remplaçait un autre Saoudien, Othman Al-Asiri, tué en Syrie en 2013.
Selon des rapports fournis par les SR, un certain nombre de militants saoudiens ont abandonné l’Etat Islamique après avoir été déçus par les activités du groupe.
 
Les Jihadistes de l’Etat Islamique attaquent la base aérienne Speicher, au nord de Tikrit
Des insurgés ont lancé le 18 juillet un assaut contre une base aérienne près de l'ancien fief de Saddam Hussein dans le nord de l'Irak..
Cette base militaire, connue sous le nom de base Speicher, est située à quelques kilomètres au nord de la ville de Tikrit.
Des tireurs d’élite et des Kamikazes de Daesh se sont infiltrés à l’intérieur du périmètre de la base et ont réussi à atteindre la piste".
Les militaires ont jusqu’ici réussi à garder le contrôle de la majeure partie de la base, en dépit de plusieurs attaques.
Lorsque les combats ont éclaté, les pilotes ont évacué les avions" lançant un raid aérien sur un convoi de l'EI à l'approche de la base, mais ne parvenant pas à éviter la destruction d'un hélicoptère resté au sol..
 Une unité des forces spéciales est arrivée en renfort et a perdu trois de ses membres dans les combats, tandis que 35 assaillants auraient péri dans la bataille.
L'EI a pour sa part affirmé dans un communiqué avoir tué plusieurs soldats et pilotes, abattu deux hélicoptères en vol et détruit des appareils, des réserves de carburant et des systèmes de communication au sol.

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

 

09:55 Publié dans Etat Islamique, Irak, Mossoul, Tikrit | Lien permanent | Commentaires (2) | | | | |

16/07/2014

Irak - Le premier ministre , Nouri al-Maliki, renoncerait à poursuivre son mandat

Le premier ministre Nouri al-Maliki renoncerait à postuler au poste de premier ministre
Le premier ministre irakien Nouri al-Maliki se serait abstenu de se porter candidat à un nouveau mandat à la tête de l'exécutif après l'appel de la Marjaiya (haute référence religieuse en Irak) et de l'Iran lui demandant de s’abstenir de présenter sa candidature !
Les Etats-Unis n’ont eu de cesse, depuis des mois, de demander à Nouri al-Maliki d’abandonner le pouvoir en raison d’une politique pro chiite qui a braqué la population sunnite irakienne.
Le départ de Nouri al-Maliki permettra-t-il de mettre un terme aux dissensions qui secouent la coalition nationale et qui mettent en danger l'unité du pays ? C’est toute la question car il semble que Sunnites et Kurdes soient peu disposés à rejoindre un quelconque gouvernement de coalition dans l’état actuel d’insécurité et de tensions qui règne dans le pays.
Les discussions ont pourtant débuté pour permettre à la coalition de l'union nationale de trouver un candidat acceptable par tous  à la place de Nouri al-Maliki.

Les nouvelles ne sont pas bonnes sur le terrain
L’armée irakienne avait juré de reprendre Tikrit dans les deux jours aux Jihadistes de l’Etat Islamique et aux tribus sunnites. Les troupes gouvernementales, auxquelles s’étaient jointes des milices chiites, ont été forcées de se replier juste avant la tombée de la nuit mardi 15 juillet vers une base située à quatre kilomètres au sud de Tikrit. Elles ont été contraintes d’abandonner le terrain en raison de tirs nourris de mortiers et de tireurs isolés.
Cela fait deux semaines que l’armée irakienne, épaulée par des volontaires chiites, essaye reprendre Tikrit tombée le 12 juin aux mains des rebelles sunnites.

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

 

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