23/08/2017

Liban : Camp palestinien d'Aïn el-Héloué : Alternance de combats et de cessez-le-feu

Camp palestinien d'Aïn el-Héloué : Alternance de combats et de cessez-le-feu 
Un calme précaire régnait mercredi 23 août en début d'après-midi dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn el-Héloué, à la lisière de Saïda, après un énième cessez-le-feu entré en vigueur à midi, à l'issue de sept jours de combats quasi-ininterrompus. Toutefois, des tirs sporadiques et des jets de grenades étaient toujours signalés.
Mercredi matin, d'intenses affrontements s'étaient déroulés dans la rue Fouqani, au niveau de Ras el-Ahmar et Safsaf. Peu avant midi, les combats se sont intensifiés, et plusieurs habitations situées dans le secteur de Tiri étaient en proie aux flammes en raison des tirs de roquettes.
Cinq personnes ont été blessées mercredi à l'intérieur du camp, dont deux combattants du Fateh. Non loin de là, deux membres du service de la Sécurité de l'Etat libanais ont été blessés par des balles perdues devant le Sérail de Saïda.
Depuis le début des affrontements, deux personnes ont été tuées, et plus d'une dizaine d'autres ont été blessées.
Durant la nuit, la tension était palpable, après une journée de combats entre groupuscules islamistes et force conjointe de sécurité (composée notamment du Fateh). Des tirs de roquettes, des lancers de grenades, des rafales d'armes automatiques se faisaient entendre dans la rue Fouqani.
Un cessez-le-feu négocié entre le Fatah et le Hamas 
Le dernier cessez-le-feu est le résultat d'une réunion entre le Hamas et le Fateh à l'ambassade de Palestine à Beyrouth. Une autre réunion s'est tenue à midi au siège de la force conjointe à l'intérieur du camp, afin d'assurer l'arrêt des hostilités. L'accord prévoit le début du cessez-le-feu, mercredi à midi, puis le déploiement total de la force conjointe de sécurité dans le secteur de Tiri et le recours à des éléments armés du Fateh en cas de besoin.
Dans l'après-midi, des membres de la force conjointe ont débuté leur déploiement dans le quartier de Tiré, à l'intérieur du camp. Ces forces sécuriseront d'abord les zones de Safsaf et du marché aux légumes.
Le Fatah ne cèdera pas de terrain aux Islamistes
Selon des informations rapportées par l'agence al-Markaziya, le Fateh a reçu le feu vert de son commandement à Ramallah de poursuivre les combats à Aïn el-Héloué, et cela pour contrer les jihadistes qui gagnent, petit à petit, du terrain. Des miliciens du Fateh venus d'autres camps du Liban se sont joints à ceux de Aïn el-Héloué pour les aider dans leur bataille.
Les responsables sécuritaires libanais veulent l'anéantissement des jihadistes dans le camp 
Une source palestinienne a souligné à al-Markaziya que « le Fateh a mis en place une salle d'opérations militaire pour gérer les combats d'une façon plus efficace jusqu'à ce que les groupes fondamentalistes du camp soient anéantis ». « Les responsables sécuritaires libanais sont intransigeants, ils veulent que le camp de Aïn el-Héloué finisse avec les jihadistes », ajoute-t-on de même source. 
150 jihadistes se battent contre le Fatah 
Plus de 150 fondamentalistes se battent actuellement contre la branche armée de l'OLP à Aïn el-Héloué. Ils appartiennent à diverses factions fondamentalistes du camp et n'adhèrent pas - contrairement au Hamas et à Osbat al-Ansar - au comité conjoint chargé de la sécurité à Aïn el-Héloué. On compte parmi ces fondamentalistes de nombreux hors-la-loi libanais comme Abed Foda et Chadi Maoulaoui qui ont pris part aux combats à Tripoli opposant les habitants de Bab el-Tebbané à ceux de Jabal Mohsen.  
Les deux leaders islamistes, Bilal Arkoub et Bilal Badr 
Les deux leaders islamistes Bilal Arkoub et Bilal Badr restent, eux, recherchés par les forces palestiniennes.
Bilal Badr est un militant palestinien recherché qui avait déjà affronté en avril les forces de sécurité locales, et les combats avaient fait neuf morts. Il est suspecté de "terrorisme" et d'appartenir à un groupe armé, selon un responsable de sécurité libanais. Il refuse de se rendre aux forces de sécurité palestiniennes pour être remis aux autorités libanaises.
La force conjointe de sécurité - qui rassemble les principales factions palestiniennes, dont le Fateh et le Hamas - cherche depuis des mois à limiter l'influence du groupe Badr.
Le Camp d'Aïn el-Héloué 
Le camp d'Aïn el-Héloué, où vivent 61.000 Palestiniens, dont 6.000 venus de Syrie, abrite différents groupes armés et il est régulièrement le théâtre d'affrontements entre les principales organisations et des groupuscules extrémistes qui s'y sont implantés au fil des années.
Mesures anti-jihadistes dans le camp de Beddaoui (Liban nord)
Le comité chargé de la sécurité du camp palestinien de Beddaoui a demandé aux habitants de ne pas louer des maisons, des appartements ou des chambres à de nouveaux venus avant de déposer une demande et de recevoir l'accord du comité. Cette mesure a été prise pour préserver la stabilité du camp et éviter d'éventuels débordements sécuritaires. 
 
Jean René Belliard

 

22/08/2017

Liban : L'armée libanaise annonce avoir repris la majorité du terrain aux jihadistes dans les jurds

L'armée libanaise annonce avoir repris la majorité du terrain aux jihadistes dans les jurds
L'armée libanaise a annoncé, mardi 22 août après-midi, avoir repris le contrôle de la quasi-totalité du terrain que les jihadistes de l'Etat islamique (Daech) contrôlaient dans les jurds (hauteurs) de Qaa et Ras Baalbeck, à l'issue de quatre jours d'intenses combats.
"Nos unités contrôlent les fronts dans les jurds jusqu'à la frontière libano-syrienne et ont détruit la totalité des positions terroristes. Nombre d'entre eux ont été tués, et d'autres ont pris la fuite", a annoncé le responsable de la direction de l'orientation de l'armée, le brigadier Ali Kanso, lors d'une conférence de presse au siège du ministère de la Défense à Yarzé. Il a dit ne pas avoir d'informations précises sur le nombre de jihadistes tués.
"Une surface de 100km2, sur un total de 120km2, a été libérée dans les jurds", a ajouté le responsable militaire. "Cartes à l'appui, nous nous arrêterons à la frontière avec la Syrie", a-t-il expliqué.
Répondant aux journalistes, le brigadier Kanso a affirmé que l'armée libanaise ne détient aucun prisonnier membre de l'EI.
Vidéo  (langue arabe) :
Le Hezbollah engagé dans le combat côté syrien
De l'autre côté de la frontière, le Hezbollah chiite libanais est engagé dans des combats avec les jihadistes de Daech.
Vidéo (combats rapprochés) :
Pas de nouvelles des militaires kidnappés par l'EI 
'Nous n'avons jusqu'à ce jour aucune information sur les otages militaires, mais l'armée n'oublie à aucun moment cette question, car elle est centrale pour l'institution. Voilà notre principale préoccupation", a par ailleurs assuré le responsable militaire.
Neuf soldats libanais avaient été kidnappés par l'EI en août 2014. L'Etat libanais n'a aucune nouvelle d'eux depuis près de trois ans.
L'armée libanaise avait lancé ce matin la troisième et dernière phase de sa bataille contre les jihadistes. Samedi à l'aube, elle avait donné le coup d'envoi de l'opération "L'Aube des jurds" afin de déloger les jihadistes de l'EI retranchés depuis plusieurs années sur les hauteurs des deux bourgades chrétiennes frontalières.
4 soldats tués et une dizaine blessés depuis le début de l'offensive 
Depuis le début des combats, quatre soldats ont été tués et une dizaines ont été blessés.
 Jean René Belliard

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19:30 Publié dans Bekaa, Ersal, Etat Islamique, Kanso Ali (Brigadier), Liban, Qaa, Ras Baalbek | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

21/08/2017

Les services de renseignement libanais ont permis d'éviter un attentat dans un avion - La bombe dans une poupée Barbie

Les services de renseignement libanais ont permis d'éviter un attentat dans un avion - La bombe dans une poupée Barbie
Nous avons rapporté dans une précédente newsletter le démantèlement d'une cellule terroriste affiliée à Daech (Etat islamique). On en sait désormais un peu plus sur les intentions de cette cellule. Les terroristes avaient projeté de piéger une poupée Barbie et un appareil électro-ménager (hacheur de viande) pour faire sauter un avion de la compagnie Emirat reliant Sydney à Abou Dhabi.
Machnouk a révélé que
le principal suspect, Amer Khayyat, avait essayé de dissimuler deux engins explosifs dans l'avion dans l'éventualité pour être sûr qu'au moins l'un des deux détonerait avec succès.  
Les autorités libanaises ont arrêté Khayyat à son arrivée au Liban en provenance d'Australie à la mi-juillet.
Il avait prévu de faire sauter l'avion en vol,  20 minutes après le décollage.  
L'opération a raté en raison d'un excédent de poids d'un bagage à main.  
Le suspect n'a pas pu embarquer dans l'avion avec les bombes placées dans un sac de bagage, tout simplement parce que le poids du sac dépassait la limite autorisée par la compagnie.  
"L'opération a échoué en raison de l'excédent de poids", a expliqué M. Machnouk. "La branche du renseignement a suivi l'affaire et a constaté que Amer était impliqué dans cette tentative terroriste, et il semblait qu'il était censé l'exécuter".
Encore une fratrie terroriste 
Machnouk a déclaré que quatre frères libano-australiens étaient impliqués dans cette opération terroriste. Deux des frères d'Amer Khayyat, Khaled et Mahmoud Khayyat, ont été arrêtés en Australie;
Le quatrième, identifié comme Tarek Khayyat, est membre de Daech et se trouve en Syrie. 
La compagnie aérienne visée n'a pas été identifiée avec certitude, mais Emirates Airlines, le transporteur national des Émirats arabes unis, a déclaré qu'elle menait une enquête. 
S'il s'agit de ce vol, 400 passagers se trouvaient à bord, dont 120 libanais. Le ministre a déclaré que les suspects voulaient se venger des EAU et de l'Australie pour être membres de la coalition anti-Etat islamique. 

Jean René Belliard

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20:02 Publié dans Abou Dhabi, Australie, Emirates, Etat Islamique, Khayyat Amer, Liban, Mohammad Machnouk | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |