21/08/2014

21 août : Point sur les guerres du Moyen Orient

Barack Obama s'apprête à s’engager un peu plus en Irak
Le président américain, Barack Obama, semble être sur le point de suivre les recommandations du Pentagone d’étendre la zone autorisée pour les frappes aériennes à l’ouest et au nord de l’Irak.
Une vidéo de l’assassinat par décapitation d’un journaliste américain, James Foley, mardi 19 août, a donné l’occasion au Président américain de porter une condamnation sans appel aux Jihadistes de l’EI :
« L’Etat Islamique n’a pas sa place au XXIème siècle. » Il a appelé les alliés à l’aider à combattre les Jihadistes de l’EI pour "extraire ce cancer afin qu'il ne se répande pas".
"L'EI ne parle au nom d'aucune religion. Aucune religion ne dit de massacrer des innocents. Leur idéologie est creuse", a affirmé Obama.
"Ils ont saccagé des villes et des villages, tuant des civils innocents et non armés dans des actes de violence d'une grande lâcheté", a poursuivi M. Obama, lors d'une allocution  depuis Edgartown, dans le Massachusetts.
"Ils ont enlevé des femmes les soumettant à la torture, au viol, à l'esclavage. Ils ont assassiné des musulmans - aussi bien sunnites que chiites - par milliers. Ils s'en sont pris aux Chrétiens et aux minorités religieuses", a-t-il poursuivi
"Nous serons vigilants et implacables. Quand des Américains sont visés quelque part, nous faisons ce qui est nécessaire pour que justice soit faite", a-t-il mis en garde, appelant à "un rejet clair de ce type d'idéologies nihilistes".

Une vidéo de l'assassinat de James Foley qui pose des questions
Il y a cependant des doutes quant à cette vidéo. il pourrait s'agir d'un montage. En effet, l’analyse du film montre des invraisemblances et l’utilisation de Photoshop qui pourrait amener à la conclusion que James Foley n’a peut être pas été décapité ou en tout cas qu’il n’a pas été exécuté comme la vidéo le prétend. On pourra fournir le film de l’analyse de la vidéo sur demande seulement. A chacun de se faire une opinion en regardant l’analyse des images.

Alors pourquoi cette vidéo et pourquoi le bourreau parle-t-il avec un parfait accent britannique ?
La condamnation américaine a été rapidement suivie de celle du premier ministre britannique, David Cameron. Car le bourreau supposé parlait sur la vidéo avec un accent anglais parfait.
"Nous n'avons pas encore identifié l'individu responsable de cet acte, mais pour autant qu'on puisse en juger, il paraît de plus en plus probable qu'il s'agisse d'un ressortissant britannique", a dit aussitôt David Cameron.
"Permettez-moi de condamner l'acte barbare et brutal qui s'est produit, et permettez-moi de clairement dire qu'il s'agit là d'un meurtre, d'un meurtre sans justification aucune" a déclaré le premier ministre aux journalistes massés devant le 10, Downing street.
"C'est profondément choquant. Mais nous savons qu'un bien trop grand nombre de citoyens britanniques a voyagé en Irak et en Syrie pour s'adonner à l'extrémisme et à la violence", a-t-il poursuivi.
"Notre devoir, c'est de redoubler d'efforts pour empêcher nos concitoyens de partir là-bas", a-t-il dit.

L’intervention américaine pour aider les Kurdes à libérer le barrage de Mossoul va servir d’exemple
L’aide apportée par l’armée de l’air américaine aux Peshmergas pour qu’ils libèrent le barrage de Mossoul s’est soldé par un réel succès. Les Jihadistes de l’Etat Islamique ont été défaits et contraints d’abandonner le barrage de Mossoul.
L’Etat-major américain propose désormais de se servir de cette intervention comme modèle pour de futures opérations contre les Jihadistes de l’Etat Islamique. Le modèle consiste à allier la puissance aérienne américaine massive à des forces locales sur le terrain. Ce schéma a toutes les chances de parfaitement fonctionner en Irak mais pas en Syrie. En Irak, l’administration américaine peut compter sur les Kurdes, sur de nombreuses tribus sunnites hostiles à l’Etat Islamique et sur le nouveau premier ministre irakien, Haïdar Abadi sur lequel l’administration Obama nourrit l’espoir qu’il renouera le dialogue avec les Kurdes et les Sunnites. Alors que les Américains rechignaient à se porter au secours des Chiites menacés par les Jihadistes de l’EI tant que Nouri al-Maliki s’accrochait au pouvoir, les Chiites espèrent que les Américains viendront à leur aide comme ils l’ont fait pour les Kurdes à présent que Nouri al-Maliki à été évincé du pouvoir.
«Nous avons besoin de l'appui de la force aérienne, en plus de la logistique et de la coordination du renseignement. Le Gouvernement central irakien a demandé ce soutien et nous nous attendons à ce qu’il vienne bientôt ", a déclaré Khaled Al Assadi, un politicien chiite irakien.
En attendant l’extension des frappes américaines à d’autres régions irakiennes, l’armée de l’air U.S. a procédé à 14 nouvelles frappes aériennes contre l'Etat islamique dans le nord de l'Irak a annoncé mercredi 20 août le commandement militaire américain qui couvre le Moyen-Orient et l'Asie centrale.
Les bombardements, menés à l'aide de chasseurs et de drones, se sont concentrés aux alentours du barrage de Mossoul. Ils ont permis de  détruire "six (véhicules de transport) Humvee, trois positions d'engins explosifs improvisés, un tube de mortier et deux camions armés", a précisé le Centcom.

Une solution politique voulue par les Américains en Irak
Grâce au remplacement de Nouri al-Maliki par Haïdar Abadi au poste de premier ministre, une solution politique existe désormais en Irak, ce qui n’est pas le cas de la Syrie où Bachar el-Assad n’a aucune intention de passer la main à un successeur plus à même de négocier une solution politique avec les insurgés. Une telle solution permettrait pourtant de porter l’essentiel de l’effort militaire contre les Jihadistes de l’EI qui menacent les uns et les autres.

La faiblesse du schéma américain
C’est précisément la faiblesse du schéma américain au Moyen Orient : Les Jihadistes de l’EI ont compris qu’ils devaient à tout prix se constituer une place-forte dans le nord de la Syrie alors que la puissance américaine s’interdisait de les y poursuivre. Le combat est donc inégal pour les Etats-Unis. C’est un schéma identique à celui qui existait au temps de la guerre du Viet Nam lorsque les Marines ne pouvaient poursuivre leurs adversaires au nord du XVIIème parallèle.

Front syrien

Compte tenu de ce qui a été écrit plus haut, les Jihadistes de l’EI font tout pour renforcer leurs positions dans le nord et l’est de la Syrie.
 
Daech (Etat Islamique) compterait 50 000 combattants
En Syrie, la puissance de l’EI ne cesse de se renforcer. Le nombre de Jihadistes enrôlés par l'Etat islamique (EI) aurait dépassé les 50 000 combattants rien qu’en Syrie. Les succès de l’EI en Irak et en Syrie attirent naturellement de nombreux Islamistes. C’est ainsi que 6000 nouvelles recrues auraient rejoint l’EI en juillet.
"Le nombre des combattants de l'EI a dépassé les 50 000 en Syrie, dont plus de 20 000 non Syriens", a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH (Observatoire syrien des droits de l’homme). "Juillet a été le mois où il y a eu le plus de recrutement" depuis l'apparition de ce groupe en Syrie en 2013, avec plus de 6000 nouveaux combattants. Parmi eux "au moins 5000 combattants syriens ont rejoint les camps de l'EI à Raqqa et Alep (nord)", selon M. Abdel Rahmane, précisant que 800 d'entre eux étaient d'ex-rebelles, tandis que les autres n'ont jamais porté d'armes.
Outre les 5000 Syriens, l'EI a recruté en juillet "près de 1100 étrangers, dont des Tchéchènes, des Européens, des Arabes, des asiatiques ainsi que des musulmans de Chine" venus en grande majorité à partir de la Turquie, précise-t-il.  A ceux-là s'ajoutent 200 jihadistes qui avaient quitté les rangs du Front Al-Nosra, la branche syrienne d'el-Qaëda.
 
La bataille de Marea proche de la frontière turque
Après une série de victoires rapides par les jihadistes de l'État islamique dans le nord de la province d'Alep, les insurgés anti-jihadistes tentent d'établir une ligne de défense près de la ville clé de Marea.
Marea est une base pour les activités des insurgés anti-jihadistes au nord-ouest de la Syrie. Les Jihadistes progressent vers Marea et Azaz depuis la semaine dernière après avoir capturé plusieurs localités comme les villes de Dabiq et Akhtarin. Ils ont encore pris plus de trois villages proches de Marea, tandis que l'opposition essayait d’acheminer des renforts de l'ouest de la province d'Alep et de la province voisine d'Edleb.
Un commandement unifié a été établi par le Front islamique (soutenu par l’Arabie saoudite), l'Armée syrienne libre, et le Front révolutionnaire syrien pour lutter contre les Jihadistes de l’EI. Toutefois, on craint que les insurgés qui luttent contre l’EI manquent de munitions. Les responsables du commandement unifié espère que le Front révolutionnaire syrien ouvre les portes de ses énormes stocks d'armes – et que la Turquie les approvisionne en matériel militaire.
La Coalition nationale syrienne, l'organisation d'opposition basée à l'extérieur du pays, a exhorté la communauté internationale à "soutenir rapidement l'Armée syrienne libre en armes et munitions" de sorte qu'elle puisse "défendre son peuple". Elle est allée plus loin en demandant à la communauté "d'utiliser la force aérienne américaine, ou ceux de tout autre pays" pour soutenir les insurgés.

Les forces de Bachar el-Assad tentent de s’accrocher à leur dernier bastion dans la région de Raqqa
Les Jihadistes de l'EI cherchent également à chasser les soldats d'Assad de la province de Raqqa qu'ils veulent transformer en place-forte de leur califat. Des combats faisaient rage mercredi 20 août entre les jihadistes de l'Etat islamique (EI) et l'armée syrienne qui tente de défendre l’aéroport de Tabqa, son dernier bastion dans la province septentrionale de Raqqa. Les combats pour l’aéroport militaire se sont nettement intensifiés depuis mardi soir 19 août. L’assaut jihadiste concernerait la partie sud de l’aéroport.
Les Jihadistes de l’EI utilisent un grand nombre d’armes lourdes et moyennes qu’ils ont récupérées dans les dépôts de l’armée irakienne en fuite au cours de leur offensive de juin 2014. L’armée de Bachar el-Assad réplique par d’intenses bombardements aériens et par de nombreux tirs de missiles. Depuis mercredi matin 20 août l'aviation syrienne a lancé 15 raids sur les environs de Tabqa.
Comme toujours, la rage islamiste se déverse sur  Twitter où on peut lire des messages comme :
"Les lions de l'EI ont annoncé une guerre sans merci, il est temps de décapiter les têtes des Nussairis", dénomination péjorative utilisée par des extrémistes pour désigner les Alaouites.
Ou encore :
"L'EI va purifier l'aéroport de Tabqa des restes des Nussairis".

Combats également entre Kurdes syriens et les Jihadistes de l’EI
Des affrontements opposaient mercredi 20 août dans la province de Hassaké (nord-est syrien) des combattants kurdes à ceux de l'EI.
Les combattants de l'EI auraient occupé le 19 août le le village de Jazaa proche de la frontière syro-irakienne. Les combats ont fait 10 morts parmi les combattants kurdes et 4 parmi les jihadistes.

On l’avait oublié, mais les combats se poursuivent toujours entre l’Armée Syrienne Libre et les soldats d’Assad :

Alep
Des centaines de membres de la Brigade al-Tawhid ont rejoint les insurgés pour défendre Alep à la fois contre l’armée d’Assad et les Jihadistes de l’Etat Islamique qui grignotent inexorablement du terrain dans la grande ville du nord.
Les insurgés ont fait exploser un bâtiment où étaient retranchés des soldats d’Assad dans le quartier de Salah ed-Dine :
https://www.youtube.com/watch?v=Wq5TCd_OrDg&list=UUni...

Hama – Front central
Les insurgés sunnites ne sont plus qu’à trois kilomètres de l’aéroport militaire de Hama
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Deraa (Sud – proche de la frontière jordanienne)
Visite d’une position de l’armée de Bachar el-Assad à Nava, près de la ville de Deraa. Ce qui est intéressant dans cette vidéo c’est la façon dont les soldats, engagés depuis de longs mois dans les combats se creusent la tête  pour inventer toutes sortes de moyens pour surprendre et tuer leurs adversaires :
http://www.liveleak.com/view?i=942_1408364750
En attendant, les hélicoptères de l’armée d’Assad poursuivent leurs bombardements des quartiers de la ville de Deraa aux barils d’explosifs qui font des dégâts considérables et un grand nombre de victimes :
https://www.youtube.com/watch?v=KEiLeYNknK4&feature=p...
Reste d’un baril d’explosifs qui n’a pas explosé
https://www.youtube.com/watch?v=xTOz9bvB0OM&feature=p...

Qalamoun – Proche de la frontière libanaise
La brigade 155 de l’armée d’Assad tire un missile SCUD sur une position des insurgés :
https://www.youtube.com/watch?v=ImSc-DBlZ0c&feature=p...

Front irakien

Bataille entre Kurdes et Jihadistes de l’Etat Islamique (Daech) :
Un Jihadiste prisonnier des Peshmergas est amené dans un véhicule (Vidéo de l’armée kurde) :
https://www.youtube.com/watch?v=YF2uaBarwJM&feature=p...

Echec de l’armée irakienne à Tikrit
Cela fait au moins deux mois que l’armée irakienne tente de reprendre Tikrit. Ses précédentes tentatives se sont soldées par des échecs.
Mardi 19 août, un nouvel assaut était mené par les forces irakiennes aidées par des miliciens chiites.
"L'armée irakienne et des volontaires (chiites), appuyés par des hélicoptères irakiens, participent" à l'opération destinée à reprendre Tikrit, l'ancien fief de Saddam Hussein, tombée le 11 juin entre les mains des insurgés sunnites, a indiqué un haut responsable militaire à l'AFP.
L’assaut sera de courte durée. Une forte résistance des Jihadistes de l’Etat Islamique ont obligé l’armée à interrompre son offensive après une progression assez rapide au début. Les Islamistes sunnites ont soumis les forces gouvernementales à un tir de barrage de mortiers et de mitrailleuses lourdes au sud de la ville, tandis qu'à l'Ouest, leur avancée était bloquée par la présence de tireurs embusqués et de champs de mines.

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

 

 

17/08/2014

Comment les Iraniens ont lâché Nouri al-Maliki, le premier ministre irakien

Au lendemain de l'offensive éclair des insurgés sunnites en Juin, l'Iran avait donné son ferme soutien au Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, alors même que le Guide suprême - contredisant le président Rohani - affirmait qu'il n'y aurait pas de coopération avec les Etats-Unis pour repousser la menace de l'État islamique. Téhéran avait fourni des conseillers militaires, y compris le chef de la Force d’élite al-Qods et des troupes pour aider les forces irakiennes, tout en proclamant défendre l'unité et la stabilité de l’Irak.
Cependant, l'Iran a modifié sa position à la mi-juillet affirmant que – tout en maintenant son appui loyal au gouvernement irakien – il n’était pas nécessaire que Nouri al-Maliki reste comme Premier ministre. Et la semaine dernière, l’Iran a donné le coup de grâce politique à Maliki, affirmant qu’il devait quitter le pouvoir au profit de son remplaçant Haidar al-Abadi.

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17:13 Publié dans Bagdad, Etat Islamique, Etats-Unis, Force al-Qods, Haïdar Abadi, Irak, Iran, Kurdistan, Nouri al-Maliki | Lien permanent | Commentaires (1) | | | | |

16/08/2014

16 août 2014 – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

Front irakien

D’importantes tribus sunnites ont pris les armes contre les Jihadistes de l’EI
D'importantes tribus sunnites ont pris les armes vendredi 15 août dans l'ouest de l'Irak contre les Jihadistes de l’EI (appelé Daech en arabe) selon des informations obtenues d’un leader tribal.
Le soulèvement concerne 25 tribus sunnites de la province d'al-Anbar, où Daech contrôle des secteurs importants.
Analyse :
Le remplacement de Nouri al-Maliki par Haïdar Abadi approuvé par l’Arabie saoudite et les Américains, (tandis que l’Iran abandonnait al-Maliki), pourrait avoir donné le signal aux tribus qu’il était temps de remettre de l’ordre dans les provinces sunnites irakiennes et qu’elles devaient désormais affronter et chasser les Jihadistes (en majorité étrangers) de leur région.
Il faut dire que l’offensive menée par les Jihadistes de l’EI commençait par poser de sérieux problèmes à l’administration Obama. Les atrocités commises récemment par les Jihadistes de l’EI contre les Chrétiens et les Yazidis, profitant du retrait brutal et inexpliqué des Peshmergas avaient projeté les Américains en première ligne. Ceux-ci se trouvaient au pied du mur et se devaient de réagir pour satisfaire l’opinion internationale et protéger le Kurdistan et accessoirement le contrat signé par la société pétrolière Exxon avec les autorités kurdes. Mais qui dit intervention, même aérienne, dit personnel au sol, ne serait ce que pour renseigner sur les cibles potentiels et régler les tirs. Or, l'opinion américaine était visiblement allergique à un déploiement de militaires au sol, si petit soit-il. C'est la raison pour laquelle l'Arabie saoudite semble avoir donné un ordre de partir au combat aux tribus sunnites.
"Cette révolte populaire a été convenue par toutes les tribus souhaitant combattre Daech qui a fait couler notre sang", a expliqué à l'AFP cheikh Abdeljabbar Abouricha, un des leaders du soulèvement.
Le général Ahmed Saddak, de la police d'al-Anbar, a fait état du soutien des forces de sécurité gouvernementales à ce soulèvement, déclenché à 06H00 locales (03H00 GMT) vendredi 15 août.
"Les combats se poursuivent", a-t-il assuré faisant état de 12 Jihadistes tués. "Nous n'arrêterons pas avant la libération d'al-Anbar", a-t-il ajouté.
Cette contre-offensive a commencé par des attaques sur plusieurs secteurs au nord-ouest de Ramadi, selon MM. Abouricha et Saddak.
Le colonel de police Ahmed Choufir a pour sa part indiqué que les Brigades Hamza, un groupe qui avait lutté par le passé contre les extrémistes liés à Al-Qaïda, avait repris du service. Il a indiqué que ce groupe avait pour mission de repousser les insurgés hors des secteurs qu'ils tiennent à l'ouest de Haditha, une autre ville de la province d'al-Anbar.

Les Kurdes tentent de reprendre le barrage de Mossoul aux jihadistes de l’EI
Les forces kurdes, soutenues par l'aviation américaine, ont lancé samedi 16 août une offensive pour reprendre aux jihadistes de l'Etat islamique (EI) le barrage de Mossoul que ces derniers avaient occupé le 7 août dernier.
Les peshmergas soutenus par l’armée de l’air américaine ont réussi à reprendre le contrôle du côté est du barrage et les combats continuent.

Nouvelles informations sur des massacres commis par les jihadistes de l’EI
Des jihadistes ont tué des dizaines de personnes, en majorité des membres de la minorité yazidie, dans le village irakien de Kocho (nord), selon des témoins et des responsables locaux.
"Nous avons des informations de nombreuses sources, dans la région et via les services de renseignement, que (vendredi 15 août) après-midi, un convoi d'hommes armés (de l'EI) est entré dans ce village", a déclaré à l'AFP un haut responsable irakien, Hoshyar Zebari. "Ils s'en sont pris aux habitants, en majorité des Yazidis qui n'ont pas fui leurs maisons", a-t-il dit, en référence à cette minorité kurdophone non-musulmane, considérée comme hérétique par les jihadistes. "Ils ont commis un massacre contre les habitants", a affirmé M. Zebari, disant qu'"environ 80 personnes ont été tuées".
Harim Kamal Agha, un haut responsable de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK) dans la province de Dohuk, frontalière de celle de Ninive, a fait état de 81 morts, ajoutant que les assaillants avaient conduit les femmes dans des centres de détention qu'ils contrôlent.
Mohsen Tawwal, un combattant yazidi, a affirmé à l'AFP par téléphone avoir vu un grand nombre de corps dans le village. "On a réussi à pénétrer dans une partie de Kocho, où les habitants étaient assiégés, mais on est arrivé trop tard", a-t-il dit. "Il y avait des cadavres partout. On a seulement réussi à emmener deux personnes vivantes, toutes les autres ont été tuées", a-t-il ajouté.

Le leader de l’EI a fui vers la Syrie
Le leader de l’Etat Islamique, le calife autoproclamé Abou Bakr al-Baghdadi aurait fui Mossoul pour revenir en Syrie afin d’échapper à d’éventuelles frappes aériennes américaines. C’est tout au moins ce qu’a affirmé Saeed Mamo Zinni, le porte-parole du PDK, le Parti Démocratique du Kurdistan, au quotidien As-Sharq al-Awsat.
Selon les services de renseignement, Abou Bakr al-Baghdadi aurait gagné la Syrie dans un convoi de 30 véhicules Humvee.

Front syrien

Mleiha a bien été prise par les soldats d’Assad
Cette vidéo de l’AFP confirme la prise de Mleiha par l'armée d'Assad, un succès après une longue série de revers. Les rebelles avaient réussi à rompre le siège de la ville mais ils n'étaient pas parvenus à se redéployer pour consolider leurs gains, ce qui a permis à l’armée de lancer une contre-offensive victorieuse.
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&a...

Bataille de Marea entre les Jihadistes de l’Etat Islamique et les rebelles du Front Islamique
De violents combats ont eu lieu samedi 16 août entre les rebelles du Front Islamique (pro-saoudien) et les Jihadistes de l’Etat Islamique à l’est de Marea. Cette localité est la place forte du Front islamique, le plus important groupe rebelle qui combat à la fois  les troupes d’Assad et les jihadistes de l’Etat Islamique. Le Front Islamique est soutenu par l’Arabie saoudite.
"La pression militaire est maintenant sur Marea, ", a déclaré Abou Omar, porte-parole du Conseil Révolutionnaire de Marea.
Les rebelles ont envoyé des renforts et des armes pour défendre Marea, comme en témoigne cette vidéo qui montre une colonne des Kataëb al-Zanki partant pour la région.
https://www.youtube.com/watch?v=4lYW8ql-APs&list=UUtk...
"Les rebelles considèrent qu'il s'agit d'une des batailles les plus importantes contre l’Etat Islamique... Il n'est pas question de perdre», a ajouté Abou Omar.
Les Jihadistes de l’Etat Islamique utilisent des armes lourdes, parmi lesquelles des chars et de l’artillerie, saisies à l’occasion de la  déroute de l'armée irakienne lors de l’offensive éclair de Juin dernier. Ces armes avaient été fournies aux forces irakiennes par les Etats-Unis.
Les Jihadistes de l’Etat Islamique se sont déjà emparés d’une dizaine de villages dans la région de Marea et Azaz les 14 et 15 août. On craint beaucoup pour les dizaines de rebelles capturés compte tenu de la cruauté dont font preuve les Jihadistes envers leurs prisonniers.
Azaz, à côté de la frontière avec la Turquie, est une autre cible des Jihadistes de l’Etat Islamique qui cherchent à  développer leur "califat" autoproclamé en Syrie et en Irak

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l’enfer des espions)