23/09/2014

Forces américaines au Moyen Orient

Les Etats-Unis viennent de mener leurs premières frappes aériennes en Syrie. 
Ils peuvent compter pour leurs opérations militaires sur un dispositif conséquent dans la région.

Vidéos U.S. fournies par le Centcom
Bombardement d’un centre de stockage en Syrie :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&a...
Bombardement d’un bâtiment occupé par l’EI à al-Qitar en Syrie :
https://www.youtube.com/watch?list=UUNEEHeS9Y2yFVLbWGeHhb...
Un KC-135 ravitaille en vol un F-16 :
https://www.youtube.com/watch?v=ahLNOzFVsHk&list=UUNE...
Bombardement d’un parc de véhicules de l’EI :
https://www.youtube.com/watch?v=nShvy9S4pg4&list=UUNE...

Troupes américaines au Moyen Orient
Il y a environ 35.000 soldats américains déployés au Moyen-Orient, dont 15.000 au Koweït, 7.500 au Qatar, 6.000 au Bahreïn, 5.000 aux Emirats arabes unis et 1.000 en Jordanie. Il y a également un nombre non communiqué d'agents de la CIA en Jordanie. Ils sont chargés de former des rebelles considérés comme « modérés » de l’Armée Syrienne Libre.

Forces américaines au Moyen Orient.jpg















Soldats américains en Irak
Il y aura bientôt 1.600 soldats américains en Irak, parmi lesquels 475 conseillers envoyés par le président américain en septembre.
600 militaires sont des conseillers qui travaillent auprès du gouvernement irakien et des autorités autonomes Kurdes. Ils sont installés dans deux centres opérationnels à Bagdad et au nord de l'Irak. Parmi eux, certains participent à la coordination des frappes aériennes.
Le reste du contingent assure la sécurité de l'ambassade américaine dans la zone verte de Bagdad et les représentations américaines à Irbil, au Kurdistan.

Avions de combat
Les Américains peuvent mobiliser des dizaines d'avions stationnés dans la région, notamment des avions de chasse F-15, F-16 et F/A-18, des drones de combat Reaper, des bombardiers B-1, des hélicoptères de combat et divers avions de surveillance et de ravitaillement. Les F/A-18 Super Hornets sont postés sur le porte-avions USS George H.W Bush actuellement dans le Golfe.
Il semble que le chasseur furtif F-22, le plus sophistiqué de l'arsenal américain, ait participé aux premières opérations en Syrie. Ce serait alors la première fois qu'il aurait participé à une opération de combat.

Bases américaines dans la région 
Dans un premier temps, les avions américains ont utilisé la base al-Dhafra aux Emirats arabes unis, la base Ali al-Salem au Koweït et la base al-Udeid au Qatar, où se trouve aussi un centre de commandement aérien américain qui contrôle les opérations dans 20 pays limitrophes ainsi qu'en Afghanistan.
La base qatarie dotée d'une piste d'atterrissage de plus de 4 kms et une importante réserve de munitions. Elle est le principal centre logistique américain au Moyen Orient.
Les chasseurs F-16 sont également stationnés, depuis 2013, en Jordanie et le Pentagone a des accords avec Oman. Par ailleurs, l'armée américaine peut utiliser la base de Diego Garcia dans l'Océan indien pour ses bombardiers à très long rayon d'action B-52, B-1 et B-2.
Dans le sud de la Turquie, les Etats-Unis ont également 1.500 hommes stationnés à la base d'Incirlik. Selon des médias, les Etats-Unis y lanceraient des vols de surveillance. Membre de l'Otan, la Turquie a publiquement annoncé qu'elle ne participerait pas aux opérations militaires souhaitées par les Etats-Unis contre les combattants de l'Etat islamique (EI).

Frappes aériennes américaines
Depuis le 8 août, l’armée de l’air américaine a effectué plus de 190 frappes aériennes sur l'Irak.
Plus de 90 frappes ont visé des jihadistes autour du barrage stratégique de Mossoul, permettant ainsi aux combattants kurdes, les Peshmergas, de reprendre le barrage qui fait encore l'objet d'âpres combats avec les Jihadistes de l’Etat islamique.
29 frappes ont également été effectuées contre les Jihadistes de l'EI pour les empêcher de s’approcher d’Irbil.
Entre le 8 août et le 10 septembre, les avions américains ont "endommagé ou détruit" 212 cibles appartenant aux extrémistes, dont 162 véhicules. Parmi eux, deux tanks et 37 véhicules de transport Humvees récupérés de l'armée irakienne en déroute.
Les frappes aériennes ont touché 21 "installations armées" dont 7 pièces d'artillerie anti-aériennes et 5 "positions de mortiers". 29 "installations" de l'EI ont été abîmées ou détruites parmi lesquelles des check points, des postes d'observation, un bunker et un poste de commandement.

Coût des opérations
En moyenne, le coût des opérations quotidiennes menées par l’armée américaine serait évalué par le Pentagone à environ 7,5 millions de dollars. Mais les experts s’attendent à ce que le coût total s’élève à plusieurs milliards de dollars si la campagne dure un an, ce qui semble devoir être le cas.

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l’enfer des espions)

19:01 Publié dans Etat Islamique, Etats-Unis, Irak, Mossoul | Lien permanent | Commentaires (5) | | | | |

17/09/2014

17 septembre - guerres moyen orientales

Un accord entre Américains et Russes contre l’Etat Islamique ?
Frapper les jihadistes du califat islamique en Syrie pose un problème juridique international en l’absence d’un accord avec le gouvernement de Damas. Il semble que le président Obama hésiterait devant ces problèmes juridiques qui tomberaient très mal à un moment ou Américains et Européens sont montés sur leurs grands chevaux pour condamner l’action russe en Ukraine.
Mais il y a une solution. Des discussions auraient eu lieu, en marge de la conférence internationale de Paris sur l’Irak, entre les Etats-Unis et la Russie. On aurait parlé d’un partage des rôles dans la lutte contre le terrorisme.
Selon le site d'information Hadath News, Washington aurait proposé aux russes de limiter ses frappes aériennes contre les jihadistes de l’EI à l’Irak, tandis que Moscou aurait pour mission de frapper les mêmes Jihadistes de l’EI et du Front al-Nosra (al-Qaïda) en Syrie. Cela serait d’autant plus facile que les Russes disposent  de bases militaires sur la côte syrienne, et ses avions sont en sécurité dans l'espace aérien syrien.
Les Iraniens auraient accepté ce « deal » américano-russe, sachant qu’ils pourraient apporter à la coalition les moyens de lutte au sol en Irak, ce que s’interdit de faire Barak Obama.
Si Moscou soutient la résolution américaine au Conseil de sécurité des Nations unies sur les terroristes étrangers, cela voudra dire que les informations étaient exactes et qu’un accord a bien été trouvé entre les deux grandes puissances. Il semble que les Russes seraient prêts à soutenir et approuver cette résolution à condition que son champ d'application se limite au Moyen-Orient et à l'Afrique du Nord. La résolution pourrait être présentée au Conseil de sécurité le 24 ou 25 septembre.
Pour les Russes, il est important d’empêcher les Islamistes, parmi lesquels de nombreux Tchétchènes, de créer un califat en Irak et en Syrie: "Les leaders de l'EI ne doivent se faire aucune illusion - ils ne représentent pas l'islam, on ne les laissera jamais créer leur propre Etat", a  déclaré Sergueï Lavrov, le ministre russe des AE.
L’accord américano-russe signifierait que les Américains abandonnent les rebelles syriens au milieu du guet pour la seconde fois. Le renversement de Bachar el-Assad n’est plus à l’ordre du jour. Menace terroriste oblige.  Sergueï Lavrov n’a pas manqué de rappeler, d’ailleurs, que l'opposition au terrorisme ne devait pas "être sacrifiée aux volontés de renversement d'un régime dans tel ou tel pays". Le ministre a cité deux exemples des conséquences négatives de tels choix stratégiques: "Ce fut le cas en Libye quand certains pays (de l'UE) ont fermé les yeux sur le renforcement des extrémistes pendant la lutte pour renverser Kadhafi, en leur fournissant des armes et se rangeant de leur côté dans le conflit. Nous voyons quelles conséquences cette politique indifférente a eues pour la Libye et le Mali".
Sergueï Lavrov s’est naturellement fait un plaisir de rappeler qu’il serait temps de faire preuve d'une "véritable cohésion, sans laisser les autres différends"– Ukraine comprise – "nuire à l'efficacité des actions conjointes pour lutter contre le terrorisme". "Les extrémistes chercheront à profiter des divergences de nos positions pour nous diviser", a averti le ministre russe. Lavrov a rappelé que la Russie apportait déjà une assistance militaire, notamment militaire, à l'Irak et à la Syrie et s’est dite prête à participer à la lutte internationale contre le terrorisme.

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05/09/2014

5 septembre 2014 – Guerre contre l’Etat Islamique

Front irakien

Un changement de politique de la part du régime iranien ?
Si l’on en croit la BBC en langue perse, le guide suprême iranien aurait approuvé le principe d’une coopération avec les Etats-Unis dans la lutte contre l'Etat islamique en Irak.
Jusqu’ici, l'Ayatollah Khamenei avait fermement opposé son veto à une proposition de coopération avec les Etats-Unis faite par le président Rohani, pour faire face à la capture de Mossoul et Tikrit par les Jihadistes de l'État islamique en juin 2014.
L’Ayatohhal Khamenei avait régulièrement accusé les États-Unis d’avoir contribué à créer la menace jihadiste.
Cependant, selon la BBC,  le chef suprême aurait autorisé les Gardiens de la Révolution à coordonner leurs opérations militaires avec les États-Unis, ainsi qu’avec les forces irakiennes et les combattants kurdes.
Une coopération est en effet nécessaire sur place dans la mesure ou Iraniens et Américains envoient ou pourraient envoyer des avions de combat dans le ciel irakien, ce qui pourrait créer des tensions entre les deux armées dans le cas d’une absence de communication.

Front syrien

L’Iran à nouveau
Rustam Qassemi – l’ancien ministre iranien du Pétrole, ancien chef de la branche de l'ingénierie Khatam al-Anbia des gardiens de la révolution, et aujourd’hui à la tête du Comité de développement des relations économiques irano-syrien – se trouve depuis trois jours à Damas. 
Il a rencontré le président Assad, mercredi 4 septembre, et Mohammad Jihad al-Laham, le président de l’Assemblée du Peuple syrien.  Il a réaffirmé l’importance stratégique des liens syro-iraniens pour préserver la sécurité et la stabilité régionale et défendre les intérêts des peuples de la région .
Mais au-delà des déclarations rituelles, on s’interroge sur les raisons réelles qui ont amené Qassemi en Syrie, après 42 mois de conflit.
Une raison tient au fait que l’agence d’ingéniérie Khatam al-Anbia aurait, naturellement, un rôle à jouer dans la reconstruction des grandes infrastructures du pays, une fois la guerre finie. Les travaux de reconstruction des infrastructures pourraient déjà commencer dans les villes reconquises par l’armée assadiste, comme Homs d’où les rebelles ont été chassés.
Une autre raison pourrait être la nécessité vitale pour le régime de Bachar el-Assad de maintenir une ligne de crédit auprès de l’Iran pour soutenir l’économie syrienne et assurer la fourniture de biens vitaux pour la population.  Déjà, au cours de l’été 2013, l’Iran avait promis 3,7 milliards de dollars pour aider la Syrie. Il n’est pas sûr que Téhéran poursuive son effort financier.
Enfin, Qassemi a parlé d’un projet de développement de l’exploitation des gisements de pétrole et de gaz syriens. Le problème est que les exploitations gazières et pétrolières se trouvent principalement dans la province de Deir ez-Zhor, à l’est du pays et cette région est contrôlée par les jihadistes de l’EI. Est-ce à dire que l’Iran va aider le gouvernement syrien à récupérer cette région des mains des Jihadistes ?

La bataille entre Kurdes syriens et Jihadistes de l’EI
De violents combats entre Kurdes et Jihadistes de l’EI se sont déroulés dans les secteurs de Rabiah, Sinjar et Jazaa. Ils auraient coûté la vie à 473 combattants jihadistes. Jazaa est aujourd’hui entre les mains des Kurdes de l’YPG, même si la localité est entièrement détruite.

La pire crainte d'un Jihadiste de l’Etat islamique est d’être tué par une femme kurde
Dans le nord de l'Irak, où les forces kurdes reprennent rapidement le terrain perdu, cette éventualité devient de plus en plus plausible.
Mon blog du 4 septembre expliquait le sort fait aux femmes jihadistes de l’Etat Islamique. Quelle différence avec les femmes kurdes, pourtant sunnites en majorité ! Il ya beaucoup de femmes soldates kurdes sur les lignes de front. Elles sont plus petites que leurs camarades masculins, mais elles sont aussi dures.  Elles rôdent sur le champ de bataille serrant leurs fusils automatiques et jurant vengeance pour toutes les victimes des Jihadistes. combattantes kurdes.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette vidéo est fournie par le centre de presse de l’YPG et montre l’entraînement des jeunes recrues féminines :
http://www.liveleak.com/view?i=c4f_1409886752

Les rebelles semblent avoir reçu en profusion des missiles antitanks téléguidés (ATGM) comme le prouvent ces vidéos prises sur différents terrains de bataille :
Quneitra
La bataille de Quneitra, dans le Golan syrien, se poursuit. La vidéo suivante montre les rebelles attaquer une position de l’armée d’Assad avec un missile sol/sol ATGM (antitank guided missile):
http://www.liveleak.com/view?i=f97_1409932119
Ici, un ATGM est utilisé dans les combats par la brigade rebelle Saif al-Sham :
http://www.liveleak.com/view?i=690_1409930197
ou encore cette vidéo d’un tir de TOW :
http://www.liveleak.com/view?i=efc_1409927008
Province de Hamah
La brigade Hamzah de la rébellion utilise également un missile guidé antichar HJ-8 ATGM contre une position de l’armée assadiste dans la province de Hamah :
http://www.liveleak.com/view?i=27e_1409930835

Des drones américains en Syrie
Des drones américains auraient été aperçus au-dessus de Raqqa, la place forte de l’EI en Syrie. Information à suivre.

Front libanais

Concentration de rebelles syriens autour d’Ersal
Plus de 3000 rebelles syriens auraient gagné le jurd d’Ersal, au nord Est du Liban, ce qui laisse supposer l’imminence de nouveaux combats entre les rebelles et l’armée libanaise. L’objectif des rebelles serait de trouver un abri avant l'hiver, parce qu'il leur sera impossible de passer l’hiver dans le jurd connu pour son froid glacial.

EI exécute des hommes soupçonnés de liens avec le Hezbollah
Au Liban, comme en Syrie ou en Irak, malheur à ceux qui tombent entre les mains des Jihadistes de l’EI. Ceux-ci seront tués dans la plupart des cas. C’est ainsi qu’un Libanais capturé à Ersal, Kayed Ghdadeh, a été exécuté. Il était accusé, lui et dix Syriens également enlevés dans la même localité libanaise, d’avoir des liens avec le Hezbollah chiite.

Pas d’échange de prisonniers jihadistes contre les soldats enlevés lors de la bataille d’Ersal
Des sources ministérielles ont révélé au quotidien libanais an-Nahar que de grands efforts sont déployés pour obtenir la libération des soldats enlevés, mais qu’il était hors de question de les échanger contre des  détenus jihadistes.
Or, selon la chaine de télévision libanaise LBC, le front al-nosra aurait informé des médiateurs qu'il ne libèrera les soldats libanais que dans le cadre d'un échange.
Rappelons qu’un soldat enlevé, Ali Sayed, originaire du Akkar, avait été égorgé par les Jihadistes. Deux des hommes qui ont tué le soldat seraient membres de l’EI et originaires du nord Liban.

Les attentats contre le Hezbollah pourraient reprendre au Liban
Un atelier pour la préparation de voitures piégées appartenant au front al-nosra a récemment été découvert dans la région d’Ersal et un autre dans le Qalamoun syrien. Cette découverte laisse penser qu’al-Qaïda en Syrie préparait des attentats contre des barrages de l'armée et des sites sensibles du Hezbollah.

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)