03/10/2014

3 octobre 2014 – Nouvelles de la guerre contre le califat islamique

Front syrien

Bataille de Kobane
De violents combats se déroulaient vendredi dans la ville syrienne d’Aïn al-Arab (Kobané en kurde) assiégée par les califatistes. Les Jihadistes mènent l’assaut par petits groupes pour échapper aux frappes de la coalition.
Une épaisse fumée noire flottait au-dessus de la ville syrienne à majorité kurde et des tirs d'obus de mortiers s'y succédaient à intervalles réguliers. Les combats sont extrêmement violents et il semble que les Kurdes soient dans une situation difficile même s’ils déclarent être déterminés à mener des « batailles de rue » pour défendre leur ville, la troisième du Kurdistan syrien. Mais les Kurdes sont moins bien équipés et  moins nombreux que les Jihadistes tandis que la coalition internationale n’effectue qu’un nombre insuffisant de raids aériens et se concentre sur les lignes d’approvisionnement des Jihadistes sans se préoccuper du sort des Kurdes. Pourtant, n’importe quel avion de la coalition pourrait détruire la douzaine de chars des Jihadistes qui mènent l’assaut à l’est de la ville de Kobane. Est-ce parce que le PKK a annoncé son soutien aux Kurdes irakiens alors qu’il est considéré par la Turquie comme par les Etats-Unis comme une organisation terroriste ?
Les vidéos montrent des combattants kurdes équipés d’armes légères, cachés dans des maisons ou barricadés derrière des murs de terre,  faisant le coup de feu contre des tanks jihadistes et soumis à d’intenses tirs d’artillerie.
Une vidéo montre à quoi ressemble la guerre à Kobane
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...
Une autre vidéo du califat islamique montre un bâtiment détruit par la coalition internationale prétendant qu’il s’agissait d’une école :
https://www.youtube.com/watch?v=dd-8xWFnRJ4&feature=p...
et
https://www.youtube.com/watch?v=4KIHToNdFds&feature=p...

La Turquie va-t-elle venir à l’aide de Kobane ?
La seule inconnue est ce que va faire la Turquie maintenant que son parlement a massivement voté pour une intervention militaire, au sol si besoin est.
Le premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, vient d’ailleurs d’annoncer, ce vendredi 3 octobre, que la Turquie fera "tout ce qu'elle peut" pour empêcher les jihadistes de l'Etat islamique (EI) de prendre le contrôle de la ville frontalière syrienne d’Aïn al-Arab (Kobané  en kurde).
"Nous ne voulons pas que Kobané tombe. Nous avons tendu la main à nos frères de Kobané", a déclaré M. Davutoglu dans un entretien accordé à la chaîne de télévision A Haber-ATV diffusé tard jeudi soir2 octobre. "Nous ferons tout ce que nous pouvons pour que Kobané ne tombe pas", a-t-il insisté.

La décision turque change le statut de l’action de la coalition internationale en Syrie
La décision turque de rejoindre la coalition internationale est lourde de menaces pour la coalition internationale elle-même. En effet, si elle facilite l’action militaire en donnant à la coalition des points de départ plus proches des zones à bombarder, elle risque de l’entraîner dans un conflit entre la Syrie et l’Irak. Le vice-ministre des AE syrien, Faisal Miqdad, a donné un aperçu de ce risque en accusant la décision du Palement turc d’autoriser des attaques de son armée sur le sol syrien uniquement pour renverser Bachar el-Assad.
D’autant plus que la relative faiblesse des bombardements américains sur les Jihadistes à Kobane n’a rien fait pour réduire la suspicion du gouvernement syrien sur les objectifs réels de l’administration Obama qui semble maintenant adhérer à ceux de la Turquie.

Des tribus sunnites d’Irak et de Syrie font allégeance au califat islamique
Une cérémonie d’allégeance a eu lieu dans l’état de Fourat (Irak-Syrie). Les tribus représentées sont les tribus Al-Wahab, Qahsh'am, Ar-Rous, Al-Houswan, Albou-Izzdein, Albou-'Assaf, Al-'Afadleh, Al-Houweiwat, Albou-Sbie', Al-Hanadah, Tayi, Al-Machahdah, Albou-Rajab, Al-Weldah, Ash-Shibl, Al-Abied, Al-Nasser, Al-Jughayyfah, Add-Damiem, Albou-Shab'an, Al-Marachdah, Al-Meraei, Al-Karablah, Albou-Abied, Albou-Mahil, et quelques autres encore.LiveLeak-dot-com-97c_1412299994-8_1412303909_jpg_resized.jpg
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Front irakien

Bataille de Hit
les jihadistes de l'Etat islamique (EI) ont pris vendredi 3 octobre le contrôle d'une partie de Hit, un des derniers bastions du gouvernement irakien dans la province sunnite d'Al-Anbar.
Les jihadistes avaient tenté jeudi 2 octobre, avec deux attentats suicide à la voiture piégée, de prendre d'assaut le quartier général de la police de cette ville située à 150 km à l'ouest de Bagdad.
Les affrontements avaient fait 20 morts dans les rangs de l'EI et 11 au sein des forces de sécurité.
"Les assaillants sont revenus (vendredi 3 octobre) et ont attaqué plusieurs secteurs, ils contrôlent maintenant trois quartiers de la ville. Ils ont hissé leur drapeau noir sur plusieurs bâtiments et mis le feu à cinq postes de police", a indiqué un officier de police.
Les combats, qui se poursuivaient de manière sporadique, ont coûté la vie à douze jihadistes, selon un officier de l'armée.
Selon un autre responsable, les forces pro-gouvernementales contrôlent toujours la majeure partie de Hit, ainsi que les routes menant vers la Syrie au nord-ouest et vers Tikrit à l'est.
Un responsable militaire de la province, Qassem al-Mahalawi, a indiqué à l'AFP que 50 véhicules blindés étaient sur le point d'arriver à Hit "pour reprendre le terrain perdu".
Les jihadistes avaient également attaqué jeudi le quartier général de la 8e brigade, près de Ramadi, capitale de la province d'al-Anbar, à 120 km à l'ouest de Bagdad.
Dans cette province à majorité sunnite, le gouvernement tient toujours le barrage de Haditha, au nord de Hit, une zone où les avions de la coalition internationale ont frappé l'EI à plusieurs reprises.
Les progrès du groupe extrémiste dans la région compliquent le ravitaillement des forces gouvernementales dans la province sunnite d’al-Anbar. Selon des responsables militaires, 240 soldats se trouvent notamment piégés dans une base à Abou Aitha, à l'ouest de Bagdad, avec très peu de vivres.
Ces derniers jours, l'armée a enregistré plusieurs échecs dans cette province, notamment quand les jihadistes ont attaqué des bases militaires près de Fallouja, causant la mort ou la disparition de 155 soldats.

Vidéo des bombardements britanniques sur Rabia (Irak)
https://www.youtube.com/watch?v=EQCTEO9T4HQ&feature=p...

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

22:17 Publié dans Aïn el-Arab (Kobane), Etat Islamique, Etats-Unis, Falloujah, Irak, Kurdistan, PKK, Syrie, YPG | Lien permanent | Commentaires (4) | | | | |

02/10/2014

1er octobre 2014 - Nouvelles des guerres contre le califat islamique

Front syrien

Bataille de Kobane (Aïn el-Arab)
Des combats acharnés opposaient mercredi 1er octobre les jihadistes de l'Etat islamique (EI) aux forces kurdes à Aïn al-Arab (Kobané en kurde). Les Islamistes de l'EI seraient aux portes de cette troisième ville kurde de Syrie et se seraient même rendus maître d'une position de défense kurde à l'entrée de la ville.
"Bien qu'inférieurs en nombre et en armement, les combattants kurdes refusent de se retirer et défendent farouchement leur ville face aux jihadistes de l'EI", affirme à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH. "C'est pour eux une question de vie ou de mort", ajoute-t-il.
Des centaines de combattants kurdes font face à des milliers de combattants jihadistes, qui disposent en outre de chars, d'artillerie lourde et de lance-roquettes multiples de 220 mm, précise l'ONG.
"Les Kurdes eux sont armés de kalashnikovs, de mitrailleuses lourdes soviétiques DShK et des lance-roquettes RPG". Mais ils auraient reçu récemment des missiles antichars téléguidés.
Les Kurdes auraient reçu le support de bombardements exécutés par la coalition internationale sur des positions de l’EI à la périphérie de la ville. La coalition américano-arabe a mené au moins cinq frappes aériennes contre les positions jihadistes sur la ligne de front à l'est et au sud-est de Kobané".
Vidéo côté kurde :
https://www.youtube.com/watch?v=R437gWNfQP4&feature=p...
La coalition internationale bombarde aussi des positions jihadistes dans la région de Hassaké, une province kurde au nord-est de la Syrie :
Vidéo du Centcom :
https://www.youtube.com/watch?v=bFaBhdwchVI&feature=p...
Bombardement d’un stock d’armes à Milibiya, dans la région d’Hassaké :
https://www.youtube.com/watch?v=gpWHyv5cECA&list=UUNE...

Double jeu américain à Kobané ?
Naturellement, les vidéos de bombardements fournis par le CENTCOM semblent impressionnantes. Mais on se demande pourquoi les avions américains n’attaquent pas les nombreux tanks et autres véhicules blindés du califat islamique qui enfoncent les lignes kurdes à Kobane ? Plusieurs vidéos kurdes ont montré les armes dérisoires utilisées par les Kurdes de l’YPG alors que les tanks jihadistes tirent sur eux depuis une courte distance. Il semble qu’un jeu « compliqué » soit mené par les Etats-Unis, à savoir que le Pentagone aiderait avec succès les Kurdes irakiens (en bons termes avec la Turquie) et laisserait les Kurdes syriens se faire écraser par les Jihadistes à proximité immédiate de la frontière turque. Pourquoi ? On va naturellement s’intéresser à cette question.

Les Russes fourniraient des missiles S-300 à la Syrie
La Russie a fourni des missiles S-300 à l’armée syrienne. Les armes seraient arrivées la semaine dernière au port de Tartous sur la côte méditerranéenne où la Russie maintient une petite base navale. Il s’agit d’ne nouvelle qui pourrait dissuader la coalition internationale de lancer une action aérienne contre la Syrie. Sans compter qu’elle va sans doute faire réagir Tel Aviv qui craint plus que tout que ces armes tombent un jour entre les mains du Hezbollah. 
Un autre envoi d'armes russes serait actuellement en route vers la Syrie, ont indiqué les responsables.
Il y a deux semaines, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré aux journalistes que son gouvernement fournirait un soutien militaire à la Syrie, en moyens anti-aériens, prétextant qu’ils aideraient la Syrie à lutter contre le terrorisme. 
Chacun sait que ces armes pourraient être utilisées par l’armée syrienne si la coalition internationale venait à attaquer l’armée assadiste.

Front irakien

Bataille de rabia
Les forces kurdes ont réussi à prendre le contrôle de la ville irakienne de Rabia, à la frontière syrienne, et assiègent une clinique où ont trouvé refuge des Jihadistes de l’EI.
"Il y a 10-12 membres de l'EI à l'intérieur. Nous ne voulons pas attaquer, parce que (le bâtiment) a peut-être été piégé" par les jihadistes, a indiqué un haut responsable, précisant que les forces kurdes contrôlaient complètement le reste de Rabia, mettant la main sur une grande quantité de matériel militaire.
"Nous attendons qu'ils sortent ou se suicident, mais nous ne les combattons pas", a ajouté Holgord Hekmat, un porte-parole des peshmergas.
Les forces kurdes, avec le support aérien de la coalition internationale, avaient lancé une offensive contre Rabia sur trois fronts à partir du mardi 30 septembre.
Outre Rabia, ils ont avancé vers Zoumar, au nord de Mossoul, mais la ville était encore sous le contrôle de l'EI mercredi.
Les peshmergas, qui ont reçu des équipements de leurs alliés, ont également pris trois villages au sud de Kirkouk mardi 30 septembre

Vidéo kurde :
Ambiance des combats nocturnes entre Daesh et les Peshmergas :
https://www.youtube.com/watch?list=UUNoazHVgGDtXhHwY3makn...

Bagdad
Une attaque suicide à la voiture piégée a eu lieu dans le sud de Bagdad. Elle visait une rue commerçante d'un quartier chiite, tuant au moins onze personnes et faisant 34 blessés.

Les tribus sunnites en guerre contre l’EI
Des combattants d'une tribu sunnite qui habitent le quartier de Joubour, du nom de leur tribu, ont repoussé un assaut des Jihadistes de l'Etat islamique (EI) dans la ville de Doulouiya, au nord de Bagdad, faisant 14 morts dans les deux camps, ont rapporté des responsables mercredi. Les milices tribales avaient reçu le renfort des forces irakiennes.
"Ils ont attaqué Joubour de trois directions la nuit dernière et les combats se sont poursuivis jusqu'au matin", a indiqué un officier supérieur de la police à Doulouiya.
"Leur attaque a échoué mais il y a eu des victimes", a-t-il dit faisant état de sept morts dans chaque camp, dont un kamikaze jihadiste qui a fait sauter sa ceinture explosive.
Joubour, qui a joué un rôle clé dans la mise en place des milices sunnites luttant contre al-Qaïda soutenues par les Etats-Unis entre 2005 et 2007, a reçu le soutien de l'armée irakienne et de milices chiites.

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

30/09/2014

Le PKK kurde menace de reprendre la guerre en Turquie

Le 24 septembre, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a publié une déclaration très critique de la Turquie. Il a déclaré que la décision du parti au pouvoir, le Parti de la Justice et du Développement (AKP), avait mis un terme aux conditions d'un accord de cessez-le-feu observé depuis 18 mois entre le PKK et l'armée turque. Il ajoutait qu’en réponse à la «guerre de l'AKP contre notre peuple, notre conseil de direction a décidé d'intensifier sa lutte dans tous les domaines et par tous les moyens possibles."
La menace du PKK avait déjà été proférée, le 21 septembre, à un journaliste d’al-Monitor par Cemil Bayik, le commandant militaire de l’organisation kurde.
La rupture de la trêve entre le pouvoir turque et le PKK ne manquerait pas d’avoir de très graves conséquences pour la Turquie, les Kurdes et le déroulement des opérations militaires entreprises par la coalition internationale contre le califat islamique.

Lire la suite

10:43 Publié dans Aïn el-Arab (Kobane), Kurdistan, PKK, Syrie, Tall al-Abyad, Turquie | Lien permanent | Commentaires (4) | | | | |