19/10/2014

19 octobre 2014 : Nouvelles des guerres du Moyen orient et d’Afrique du nord

Le monde musulman divisé

Le chiisme hiérarchisé
Le monde musulman est fracturé entre diverses conceptions du monde qui ne cessent de s’affronter. Il est divisé entre Sunnites et Chiites, comme chacun sait. Le chiisme a une vision « messianique » du monde. Il attend le « messie », en l’occurrence le « 12ème imam caché » qui symbolisera la victoire des croyants sur tous les mécréants. La communauté chiite est organisée autour d’une stricte hiérarchie, contrairement au Sunnisme,  et l’Iran est le centre du pouvoir chiite.

Le sunnisme éclaté
Contrairement aux Chiites, la communauté sunnite est divisée en nombreux courants et influences.
Il y a le sunnisme jihadiste et zélateur. Encore faut-il distinguer entre les Jihadistes partisans de recréer le califat comme aux temps héroïques de l’Islam et les Jihadistes universalistes et prosélytes, qui cherchent à convertir le monde entier à l’Islam. L’Etat Islamique représente le premier groupe. Son objectif est de créer un territoire assujetti à l’autorité d’un calife supposé être le successeur de Mahomet. Al-Qaïda représente la seconde conception. Elle veut forcer le monde entier à choisir entre l’Islam ou la mort. On pourrait ajouter une troisième forme de jidahisme. Celle qu’on trouve en Afghanistan et qui consiste à défendre un Etat musulman contre toute forme d’agression extérieure par « les armées des mécréants ».
Une autre conception de l’Islam est en lutte contre les versions jihadistes que l’on vient de citer. Elle est organisée autour d’un centre unique de pouvoir. Riyad et le Wahhabisme représente cette version. Il s’agit d’imposer au monde musulman une autorité unique, celle du pouvoir qui règne sur les lieux saints (l’Arabie saoudite). Et cette vision, selon les Saoudiens, est la seule à pouvoir lutter efficacement contre les prétentions des Chiites à prendre le contrôle de ces mêmes lieux saints.
On trouve également d’autres conceptions de l’Islam. L’Islam qu’on pourrait appeler « occidentalisé », qui adhère aux principes de la démocratie, le respect des droits de l’homme, le suffrage populaire, la liberté religieuse, tels qu’on les proclame dans de nombreux pays occidentaux.
Il y a aussi l’Islam politique, version « Frères musulmans », qui sont prêts à utiliser les outils démocratiques pour accéder au pouvoir et donner à l’Islam une place prépondérante dans la société. L’Islam politique est honni par les Wahhabites et les Jihadistes de tous poils. Il bénéficie actuellement de deux soutiens : la Turquie et le Qatar et sa puissante chaîne satellitaire, al-Jazira. 
Il y a enfin, ici ou là, les vestiges d’un Islam révolutionnaire et marxisé, comme on le trouvait dans les années 70 et les jours « bénis » des organisations de résistance palestinienne telles que le Fath, le FPLP et autres organisations révolutionnaires. On ne les trouve plus guère aujourd’hui que dans les camps palestiniens du Liban et la Cisjordanie.
Les lignes de fracture du monde musulman se retrouvent entre ces différentes conceptions de l’Islam et du monde musulman, sans oublier, bien sûr, les rivalités entre puissances ni l’appétit pour les immenses richesses du sous-sol de cette région stratégique.

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16/10/2014

16 octobre 2014 – Dernières nouvelles des guerres du Moyen Orient

Front irakien

Un commandant d’une milice chiite tué dans un attentat
Le commandant de la milice chiite al-Badr, Ahmed al-Khafaji, faisait partie des 21 personnes tuées lors de l’attentat d’al-Kadhimiyah perpétré par un Kamikaze dénommé Abou Aisha al-Samarraie, selon une information donnée par le califat islamique. Khafaji était membre du Parlement irakien. Il appartenait au principal bloc, la Coalition de l’Etat de Loi à laquelle appartient également le parti Dawa du premier ministre actuel, Haidar al-Abadi.

Les miliciens chiites tuent également des Chrétiens à Bagdad
Vidéo en langue arabe de l’armé du Kurdistan :
https://www.youtube.com/watch?v=CYRi0YD1egc&feature=p...

Front syrien

La Turquie dévoile son plan
Le premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a dévoilé à Al-Jazira, le mercredi 15 octobre 2014, les limites de la zone tampon que la Turquie voudrait mettre en place au nord de la Syrie. La zone indiquée par Davutoglu est nettement plus large que ce qu’on avait imaginé il y a quelques jours. Elle devrait s’étendre, selon lui, le long de la frontière syro-turque de la Méditerranée à l’Irak. Elle partirait du nord de la province de Lattakié (sur la Méditerranée) jusqu’à certains secteurs de la province de Hassaké, à l’est, et comprendrait les régions de Jarablus, Kobane (Aïn el-Arab), Tel Abyad, Edleb et Afrin. Elle permettrait de défendre à la fois les Arabes, les Kurdes et les Turkmènes a indiqué Davutoglu. La profondeur de la zone devrait varier selon les impératifs humanitaires. Car pour Dautoglu, il ne s’agit pas d’une zone militaire mais d’une zone humanitaire sous protection militaire.

Bataille de Kobane
Il semble que les bombardements intensifs menés ces derniers jours par la coalition internationale aient finalement mis en difficulté les Jihadistes de l’EI. 39 frappes aériennes auraient été menées au cours de 48 heures. Selon le contre-amiral américain John Kerby, porte-parole du Pentagone, plusieurs centaines de Jihadistes de l’EI auraient été tués au cours des bombardements. Les avions de la coalition bombardent directement la ligne de front « pour forcer les jihadistes à abandonner leurs positions. Les combattants kurdes des Unités de protection du peuple kurde (YPG), qui défendent la ville, avaient repris hier cinq positions de Kobane, dont Kani Arabane, un quartier du nord-est, près de leur QG dont l'EI s'était emparé vendredi 10 octobre. Les Jihadistes ne contrôleraient plus que 30% de la ville au lieu de 50% il y a deux jours. Le gros de leurs forces a été repoussé à 4 km de la ville, les lignes d’approvisionnement des Jihadistes seraient sous le feu des avions américains et saoudiens. Mais selon John Kerby, la ville est toujours dans une position précaire et pourrait tomber dans un laps de temps assez court.

Armes franco-allemandes aux mains des Kurdes de Kobane
30 batteries de missiles antichars Milan et 800 missiles ont été fournis aux Kurdes de Kobane. Il s’agit de missiles franco-allemands.
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Les Jihadistes de l’EI possèdent des armes chimiques
Des experts israéliens, se basant sur des photos de victimes prises en juillet 2014, affirme que les Jihadistes de l’EI auraient utilisé des armes chimiques contre les Kurdes, peut être du gaz moutarde (agent blister).
Comment les Jihadistes ont-ils acquis ces agents chimiques ? Selon un rapport publié par le site arabe al-Modon, le 16 Juillet 2014, les armes chimiques seraient stockées à proximité de la ville de  Raqqa, la place forte de l’Etat Islamique au nord de la Syrie. Il est possible que l’EI se soit emparé de ces armes à l’occasion de la capture de la base Muthanna au nord-ouest de l'Irak en Juin 2014.
Selon l'ambassadeur irakien, Mohammed Ali Al-Hakim, ces armes étaient stockées dans deux bunkers de Muthanna, les bunkers 13 et 41. Un ancien rapport de l’ONU indique que le bunker 41 contenait «2000 obus de 155 mm vides contaminés par l'agent moutarde ainsique 605 conteneurs d'une tonne chacun contenant des résidus et des matériaux de construction fortement contaminés par le gaz moutarde.
À l'époque, Jen Psaki, du Département d'Etat américain, avait minimisé l'importance de la prise de Muthanna. Psaki avait affirmé que la base ne comptait que des «restes chimiques dégradés" mais qu'il serait "difficile, voire impossible, de les utiliser en toute sécurité  à des fins militaires ou même de les déplacer." [
Un rapport de la CIA de 2007, pourrait remettre en question l'apparente absence de préoccupation de Psaki.
Le rapport affirme que "La zone de production d’agents chimiques d'Al Muthanna n'a pas été complètement détruite pendant l’opération Desert Storm. Des parties des zones de production et de stockage ont survécu. Seules les installations de production du VX et du tabun (nerve agents) ont été détruites.
Le rapport indique en outre qu’il est impossible de déterminer avec certitude le sort complet des vieilles munitions, du matériel et des produits chimiques stockés à Muthanna. La question a été encore compliquée par le pillage et les destructions réalisés par les Irakiens ".
Le rapport de la CIA indique qu’en 2007, les stocks de munitions chimiques étaient encore stockés à Muthanna. Les plus dangereux ont été déclarés à l'ONU et scellés dans des bunkers. Mais, bien que déclaré, le contenu réel des bunkers n’a jamais été confirmé à l’époque.
Aujourd’hui, on a la  preuve que les Jihadistes de l’Etat Islamique ont utilisé des munitions contenant des agents chimiques au moins une fois contre les combattants kurdes de l’YPG. Cela se serait passé le 12 juillet dans le village d’Avdiko à l’est de l’enclave de Kobane. Ce secteur est actuellement contrôlé par l’EI.

Un important chef jihadiste de l’EI tué dans les bombardements pour Kobane
On a appris que l’ancien gouverneur de l’Etat Islamique pour la ville de Boulkamal, Saddam al-Jamal, avait péri au cours des bombardements de la coalition. Cet homme s’était rendu célèbre pour avoir perpétré de nombreux massacres, depuis un an et demi, dans la province syrienne de de Hassaké. Il s'était également fait remarquer lors des combats impitoyables contre le front al-Nosra, la branche d'al-Qaïda en Syrie.  32 Jihadistes de l’EI auraient également été tués au cours des raids aériens du mardi 15 octobre, et sept au cours des combats contre les Kurdes, dont trois Kamikazes. Les Kurdes auraient perdu sept combattants pendant la même journée.

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Damas
Dans la banlieue de Damas, les combats font toujours rage pour le contrôle de Jobar où on signale qu’une tentative d’infiltration des rebelles a été avortée par l’armée assadiste.
L’infiltration devait être réalisée à l’aube du mardi 15 octobre par la milice Ahrar esh-Sham, membre du Front Islamique soutenu par l’Arabie saoudite. Elle était censée utiliser des égouts et des tunnels pour s’approcher de la place des Abbasides, en contournant les positions de l’armée, puis vers la région de Zabaltani et le marché de coriandre.
C’est en se déployant  dans une région qui s’appelle al-Masalekh que les miliciens ont été repérés. Des combats violents ont eu lieu au cours desquels les forces gouvernementales assistées par leurs supplétifs des comités de défense ont repris le contrôle de la situation. Les pertes auraient été très lourdes des deux côtés.
Vidéo montrant les bombardements de Jobar :
https://www.youtube.com/watch?v=AK3rrW6CKNU&feature=p...

L’Etat Islamique poursuit les exécutions
Les Jihadistes auraient exécuté 11 miliciens opposants dans la province d'Alep.
Selon al-Hadath News, un rebelle qui venait de faire défection d’une milice armée au nord d’Alep, aurait conduit ces 11 membres et les aurait livrés à l’Etat Islamique qui les a aussitôt décapités et disséminé leurs têtes dans les villages qu’il contrôle. 
Dans la localité d’al-Boukamal, à la frontière irako-syrienne, les Jihadistes de l’EI ont également exécuté au moins deux de leurs propres militants. Ils étaient accusés d’espionnage et de détournement de fonds.
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, le premier militant a été exécuté pour «banditisme et vol de l'argent des musulmans". Le deuxième militant aurait été accusé d’espionnage au profit du régime syrien après avoir semé des puces électroniques pour suivre les Moudjahidine.
Il semble qu’il s’agisse de puces électroniques s utilisées pour la géo-localisation de cibles pour les frappes aériennes.

Deir ez-Zhor
La province de Deir ez-Zhor est pratiquement sous le contrôle de l’Etat Islamique, mais des poches de résistance existent encore. C’est notamment le cas de la base aérienne de l’aéroport de Deir ez-Zhor. La base est défendue par la compagnie Assad Allah de la 104e brigade parachutiste commandée par le général Issam Zaher ad-Din. Les combats qui s’y déroulent consistent pour l’armée d’Assad à élargir le périmètre de défense en repoussant les Jihadistes.
Cette vidéo (côté Assad) montre une offensive de la 104e brigade contre l’île de  Saqer (Hawija Saqr) où se trouvent de nombreux Jihadistes :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Araméens, Arméniens et Assyriens forment un bataillon chrétien pour lutter contre l’Etat islamique en Syrie
http://www.liveleak.com/view?i=fb2_1413385719

Le mouvement Hazm (armé par les Etats-Unis)
Une vidéo montre l’activité des combattants du mouvement Hazm, un mouvement financé et armé par les Etats-Unis, à proximité de la ville de Morek :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Les Saoudiens du Front al-Nosra contre l’Etat Islamique
La branche d’Al-Qaïda en Syrie a perdu l’un de ses dirigeants religieux, le saoudien Sultane Issa Atwi.
Selon le journal jordanien as-Sabil, Atwi, alias Abou al-Laïth al-Tabbouki, a reconnu sur son compte Twitter avoir  quitté les rangs  de cette milice jihadiste il y a près de 5 mois. Ce juge religieux était connu pour ses positions farouchement hostiles à la milice Daesh (Etat Islamique). A noter qu’Atwi était très proche de l’institution religieuse saoudienne officielle. Avant de venir en Syrie en 2013, il était l’imam d’une mosquée de la localité de Tabbouk au nord de l’Arabie saoudite.


abou_Maria_Qahtani1.jpgAbou Maria al-Qahtani

 

 

 

 

 

 

Atwi, de concert avec un autre religieux saoudien, Abou Maria al-Qahtani (photo ci-dessus), a formé un courant au sein du Front al-Nosra en appelant à expulser de ses rangs des partisans de Daesh.

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Front Ansar ed-Dine 

 

 

 

 

 

 

 

 

Atwi a conseillé à d’autres membres du Front al-Nosra de rejoindre les rangs d’une nouvelle coalition, baptisée le front Ansar ed-dine qui regroupe plusieurs brigades:  Fajr al-Islam, Cham al-Islam, Jaïch al-Mouhajirine wal Ansar, al-Katiba al-Khadra (la brigade verte).
Selon lui, le front Ansar ed-dine veut se concentrer sur la lutte contre les forces d’Assad et le Hezbollah.

Jihadistes tués récemment

Talha le caucasien

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A Alep, au nord de la Syrie, le Front al-Nosra a perdu entre autres l’un de ses miliciens, Talha le caucasien (sans doute un Tchétchène). Il aurait été tué au cours de combats avec l’armée syrienne dans la région de Handarate dans la province nord.
Selon le site d’information libanais al-hadath News, des combats violents ont lieu dans cette région où les miliciens tentent de couper les voies d’approvisionnement des forces régulières.

Activité du jihadisme mondial

Les vidéos de menace contre l’Occident se multiplient
On ne compte plus les vidéos jihadistes proférant des menaces contre l’Occident depuis que la Coalition internationale a démarré sa campagne de frappes aériennes contre l’Etat Islamique. La dernière en date montre un Jihadiste allemand menaçant la chancelière Angela Merkel.
«Nous vous attendons! Depuis 1400 années, nous vous attendons!", dit le Jihadiste portant le nom de guerre d’Abou Daoud.  Après dix minutes de menaces à l’adresse des Etats-Unis, il poursuit : "La même chose est vrai pour vous, vous les Allemands! La sale Merkel! Après que vous avez donné vos dons à Israël. Rassemblez-vous tous! Hollande, Cameron, Poutine! Rassemblez vous contre les musulmans. Vous perdrez!"
Ce Jihadiste serait un Allemand converti originaire de Gladbeck. Il aurait dirigé une organisation salafiste à Solingen basée dans la mosquée Millatu Ibrahim. Cette organisation a été interdite en juin 2012 par le ministère fédéral de l’intérieur. En été 2012, cet islamiste a quitté l’Allemagne pour l'Egypte. Il aurait quitté l’Egypte pour la Libye avant de gagner la Syrie pour devenir membre de l'Etat islamique.

Un Marocain
Un Marocain résidant en France, accompagné de ses deux filles de nationalité française âgées de quatre et deux ans, a été interpellé mercredi 15 octobre à l’aéroport de Casablanca, au Maroc, alors qu'il cherchait à rejoindre l’Etat Islamique via la Turquie. Cet homme avait déjà été arrêté en France et faisait l'objet d'un contrôle judiciaire. L’homme était accompagné d'une citoyenne marocaine avec laquelle il avait contracté un mariage coutumier.
L’homme arrêté était en relation avec la cellule terroriste démantelée le 14 août 2014. Celle-ci "se chargeait d'envoyer des combattants en Syrie et en Irak" et "était en contact étroit avec des dirigeants de l’Etat islamique.
Plus de 2.000 Jihadistes marocains - dont des binationaux - combattent actuellement en Syrie et en Irak, selon Rabat.

Trois recruteurs arrêtés en Malaisie
Les autorités de Malaisie ont annoncé l'arrestation des trois recruteurs locaux travaillant pour l’Etat Islamique lors d'un coup de filet mené en début de semaine.
Selon la police malaisienne, les trois suspects, parmi lesquels un fonctionnaire du ministère de l’Énergie, recrutaient via Facebook des volontaires pour le combat en Syrie et finançaient le voyage des candidats.
On estime qu'une trentaine de Malaisiens se sont rendus en Syrie, où la moitié au moins ont trouvé la mort. 37 personnes soupçonnées d'être liées à l’EI ont été arrêtées en Malaisie depuis avril 2014.

Jean René Belliard

 

15/10/2014

14 octobre 2014 – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

Turquie

L’aviation turque est intervenue…contre les Kurdes du PKK
Les aviations de combat F-16 et F-4  de l’armée turque sont effectivement intervenus, mais pas contre les Jihadistes de l’Etat Islamique. Ils ont attaqué des cibles du PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan) dans le sud est de la Turquie, tard dans la nuit du lundi 13 au mardi 14 octobre 2014. Il s’agit de la première opération militaire d’envergure depuis qu’une trêve avait été conclue entre le gouvernement turc et le PKK, il y a deux ans. Les bombardements ont eu lieu dans la province de Hakkari, proche de la frontière turco-irakienne. Pour les autorités turques, le raid est une réponse à trois jours d’incidents et d’affrontements sporadiques entre les militants du PKK et les forces de sécurité turques.

Front Syrien

Bataille de Kobane
Les combats se poursuivent, mais ils sont inégaux et le millier de civils et les combattants de l’YPG qui se trouvent encore dans les décombres de la ville manquent pratiquement de tout, eau, nourriture et munitions. La ville ne pourra résister que quelques jours, malgré les bombardements de la coalition internationale et en l’absence de l’entrée en jeu de l’armée turque qui reste l’arme au pied de l’autre côté de la frontière.
Vidéo côté kurde :
https://www.youtube.com/watch?v=YcS1hhfyslw&feature=p...
Vidéo côté jihadiste
Une vidéo sur un tank de l’EI à l’intérieur de Kobane
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...
Autre vidéo des combats à Kobane
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Banlieue de Damas
Une Nouvelle arme est utilisée par l’armée d’Assad : le nettoyeur de mines l’UR-77. Cette arme peut réduire en poussière un quartier entier. La vidéo montre cette arme qui ne laisse aucune chance aux rebelles. Elle a été utilisée à Jobar. Le commentaire accompagnant la vidéo : "Il n'y a plus besoin de livrer des combats de rue :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Front irakien

Province sunnite d’al-Anbar
Depuis le début il y a quatre mois de l'offensive fulgurante de l'EI en Irak, l'armée n'a eu de cesse de perdre du terrain dans la plus vaste province du pays, dont des insurgés contrôlaient déjà certaines parties depuis le début de 2014. Dans ce territoire bordant la Syrie, la Jordanie et l'Arabie saoudite, les jihadistes sont parvenus à garder l'initiative au moment où ils reculaient dans le nord face aux soldats irakiens et combattants kurdes appuyés par les frappes aériennes de la coalition internationale. Selon un responsable américain, la présence des forces gouvernementales dans la province sunnite d’al-Anbar serait très précaire. Les Jihadistes de l’Etat Islamique auraient pris le contrôle de trois bases de l’armée irakienne au cours des trois dernières semaines. Le dernier retrait de l'armée est survenu dimanche 12 octobre 2014 lorsque 300 soldats ont abandonné le camp qu'ils occupaient près de la ville de Hit pour se replier sur la base aérienne Asad, où d'autres forces sont terrées en plein désert. Hit, qui était l'un des derniers bastions du gouvernement à al-Anbar, est « maintenant contrôlée à 100 % par l'EI », a assuré un responsable de la police provinciale.
Cette conquête vient s'ajouter à celles des villes de Fallouja, à 60 km de Bagdad, et d'al-Qaïm, 300 km plus à l'ouest, à la frontière syrienne. Entre ces deux localités, les jihadistes contrôlent la majeure partie du terrain, à l'exception du barrage de Haditha, le deuxième du pays. D'intenses frappes aériennes de la coalition ont aidé les militaires, appuyés par des tribus sunnites hostiles à l'EI, à conserver le contrôle de cette infrastructure et sur une poignée d'autres positions dans la province.
Aujourd'hui, c'est su Ramadi que l'étau se resserre Des quartiers entiers échappent déjà au contrôle des autorités de Bagdad. Un capitaine de l'armée a indiqué la semaine dernière que son bataillon entier avait dû quitter la base d'Albu Aitha, juste à l'est de Ramadi, après avoir été assiégé par les jihadistes pendant plusieurs jours, avec très peu d'eau et de nourriture. « Nous sommes maintenant à Tharthar (quelques kilomètres plus au nord), le retrait s'est fait progressivement, mais je ne sais pas ce qu'on peut faire depuis cette nouvelle position (...) le moral des soldats est bas », a-t-il déploré.
Pour certains experts, les frappes de la coalition seraient plus efficaces si l'armée irakienne passait à l'offensive. Mais pour l’instant, l’armée semble incapable d’un sursaut, gangrénée par le clientélisme et la corruption.

Bataille de Bagdad dans les jours prochains
Si la situation continue d'évoluer dans le même sens, sans une intervention forte de forces terrestres étrangères dans les 10 jours, alors la prochaine bataille se déroulera aux portes mêmes de Bagdad.
Lundi 13 octobre, Abou Bakr al-Baghdadi, le calife autoproclamé, a demandé à ses  forces de lancer l’offensive contre la capitale irakienne. Selon les renseignements, près de 13000 Jihadistes se seraient massés aux portes de la capitale jusqu’à Abou Ghraib et compteraient la prendre d'assaut depuis le sud-ouest.

Bombardements de la coalition internationale
On peut se demander si le Centcom est au informé que la ville de Kobane (nom en kurde) et Aïn el-Arab (nom en arabe) sont la même ville. Et dans l’un ou l’autre cas, comment comprendre les chiffres donnés par le Centcom pour les attaques aériennes à Kobane et Aïn el-Arab :

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Nouvelle menace contre les Yazidis dans le nord de l’Irak
La situation s’est à nouveau détériorée à Sinjar. Les combattants de la résistance yazidi affirment que les Jihadistes de l’Etat Islamique ont à nouveau encerclé le Mont Sinjar où des milliers de personnes sont encore réfugiées. Selon les combattants, plus de 7.000 personnes seraient restées dans les montagnes, la plupart parce qu'ils refusent de quitter leurs villages. "La situation est très mauvaise. Un autre massacre contre le peuple dans les montagnes est imminente si nous n'obtenons pas une aide sérieuse maintenant", a déclaré un combattant de la SPLI, l'unité de défense yazidi. Les Peshmergas kurdes avaient bien promis de lancer une offensive pour soutenir les Yazidis sur le mont Sinjar, mais celle-ci n’a toujours pas débutée. Les Yazidis affirment que le retard a pour but de forcer les Yazidis à se soumettre aux désidératas kurdes, notamment sur le plan politique. 
Les peshmergas ne veulent pas nous aider parce que nous ne voulons pas subordonner nos forces à celles des Peshmergas et que nos commandants refusent de devenir des membres du parti kurde KDP, a affirmé un chef de l’unité de défense des Yazidis commandée par le général Qasim Shesho.  Et les Yazidis ont rappelé que 10 000 Peshmergas kurdes, qui se trouvaient dans la région du Sinjar au moment de l’offensive des Jihadistes de l’EI, le 3 août 2014, ont abandonné leur position sans combattre. Les Peshmergas avaient désarmé les Yazidis auparavant, leur promettant de prendre soin de leur sécurité. C’est à la suite de ce que les Yazidis considèrent comme une trahison qu’ils ont formé leurs propres milices dont la plus importante est le SPLI. 
Pour le commandant suprême des Yazidis,  Haydar Shesho, «Sinjar est ouvert à tous les partis politiques, en particulier les Kurdes. Mais nous n'allons pas céder à n'importe qui. Tout ce qui se passe dans Sinjar doit être dans l'intérêt de Yazidis. " Et Haydar Shesho regrette que les livraisons d'armes par hélicoptère ont été principalement faites au profit de la douzaine de Peshmergas qui se trouvent dans le Mont Sinjar.

Des milices chiites irakiennes commettent des « crimes de guerre », selon Amnesty
Des milices chiites qui combattent les Jihadistes de l’État islamique aux côtés de l'armée irakienne commettent des crimes de guerre contre des civils sunnites, a accusé mardi 14 octobre Amnesty International. Dans un communiqué, Amnesty dit avoir des « preuves » que des miliciens chiites ont commis des « dizaines » de meurtres de sunnites en Irak, qui évoque des « exécutions délibérées ». Des groupes armés chiites se livrent également à des enlèvements de sunnites, pour la libération desquels des familles ont dû payer des dizaines de milliers de dollars, ajoute l'ONG.

Iran

L’Irak appelle l’Iran à l’aide pour sauver Bagdad
L'Etat irakien aurait appelé le général Soleymani, le chef de la force al-Qods, la force d’élite du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, à venir au secours de Bagdad, menacée par l’avancée des Jihadistes de l’Etat Islamique.
Le général Soleymani suit de très près l’évolution des combats en Irak et les mesures prises par l’armée irakienne pour défendre Bagdad. A noter que les combattants de la force al-Qods se trouvent déjà à proximité de Bagdad pour protéger la capitale irakienne.
Devant l’imminence de la menace, les commandants militaires et sécuritaires irakiens ont également tenu des réunions d'urgence au siège de l'ambassade américaine à Bagdad, ainsi qu'au ministère irakien de la Défense pour évoquer en détail une feuille de route destinée à neutraliser une éventuelle offensive jihadiste contre la capitale. Prendre Bagdad serait l’objectif des Jihadistes qui voudraient en faire la capitale naturelle de leur califat.

L’Iran menace d’entrer en guerre très prochainement contre le califat islamique
L’Iran envisagerait sérieusement d’entreprendre des actions militaires contre les Jihadistes de l’Etat islamique,  a averti Amir Moussaoui, le président du Centre d’études stratégiques et internationales (CESI), cité par l’agence iranienne Irib.
«La donne a changé au Moyen-Orient, et il est possible que l’Iran mène une action militairet, pour se défendre face au danger du terrorisme», a-t-il souligné dans un entretien avec l'agence.
Téhéran serait très inquiet de la détérioration de la situation dans la province d’al-Anbar où l’armée irakienne subit revers sur revers. Et surtout, les Iraniens ont peur que la bataille se déroule dans un proche avenir à Bagdad même. Devant l’absence de résultats déterminants de la coalition internationale qui se borne à des bombardements aériens, les Iraniens auraient l’intention d’intervenir militairement au sol pour aider le gouvernement iranien et écarter la menace jihadiste à ses frontières.
« Jusqu’à présent, les responsables iraniens se concentraient sur l’offre de conseils aux forces militaires syriennes ou irakiennes. Mais ils sont à présent en train d’examiner la possibilité et la nécessité de l’envoi de troupes, pour combattre les terroristes », a affirmé Moussaoui.
« Les terroristes de Daesh ont développé leurs activités, près de Bagdad, notamment à Ramadi. Ils veulent occuper cette ville pour pouvoir créer un axe, qui renforcerait leur position de Ramadi, jusqu’à la frontière avec la Jordanie. Dans ce cas, la République islamique d’Iran ne pourra plus rester dans l’inaction et devrait prendre des mesures concrètes, pour se défendre, face aux menaces des terroristes extrémistes de Daesh », a-t-il averti.


Front libanais

Les Druzes aussi…
Après les Chrétiens qui ont pris les armes dans la Bekaa, des cheikhs druzes Libanais - tout au moins ceux qui sont traditionnellement proches du Hezbollah - ont demandé à la milice chiite libanaise de former militairement les habitants des localités d’Aliyah et d’Al Chouf, pour les préparer à faire face à d’éventuels assauts des Jihadistes. Il s’agirait de Druzes membres du parti Al-Tawhid al-Arabi fondé par le Druze pro-syrien Wiam Wahab. La question de la formation militaire de civils druzes a été abordée au cours d'une réunion entre Cheikh Naim Hassan et les représentants du Hezbollah.  La décision pourrait faire suite à la récente observation par le Hezbollah d’une certaine connivence entre les Jihadistes du Front al-Nosra qui combattent l’armée d’Assad sur le plateau du Golan et les Israéliens. Plusieurs Jihadistes d’al-Nosra ont été, en effet, soignés dans des hôpitaux israéliens avant d’être renvoyés vers les zones de combat en Syrie. Les Druzes et le Hezbollah soupçonnent maintenant Israël de vouloir aider les membres du Front al-Nosra à lancer des attaques contre le Hezbollah et les Druzes, notamment ceux qui vivent sur le plateau du Golan.


Activité jihadiste contre les Occidentaux
Un ressortissant américain a été tué par balles et un autre a été blessé mardi 14 octobre dans l’après-midi lors que leur véhicule a été pris pour cible à Riyad,  la capitale saoudienne.

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)