09/11/2014

9 novembre 2014 - Nouvelles des guerres du Moyen Orient

Front irakien

De nombreux membres de l’Etat Islamique tentent de fuir vers Kirkouk
Des centaines d'anciens combattants de l'Etat islamique ont été arrêtés en essayant de passer en territoire kurde, selon des responsables de la sécurité de Kirkouk.
"Récemment, beaucoup d'Arabes sunnites qui se battaient pour l’Etat Islamique au sud de Kirkouk ont fui vers Kirkouk en utilisant de fausses cartes d'identité militaires et civiles pour franchir les points de contrôle", a déclaré Sarhad Abdoul Qadir, chef de la police de la région environnante de Kirkouk.
Selon les responsables de la sécurité kurde, 365 anciens membres de la police irakienne et de l'armée se sont rendus aux Peshmergas dans la région de Kirkouk.
Les Jihadistes fuient à Kirkouk.jpg

Des membres de l'EI fuient à Kirkouk

 

 

 

 

 

 

 

 

 


"Ils ont tous été arrêtés en vertu de l'article n ° 4, de la loi anti-terroriste, " a déclaré Adnan Taha, brigadier-général des Peshmergas. «Nous les gardons en prison en attendant leur procès."
"Ces combattants se sont enfuis à Kirkouk et chacun d'eux a utilisé toutes sortes d'excuses», a expliqué Idris Riffat, chef de la sécurité de Kirkouk. "Certains d'entre eux ont truqué des rapports médicaux pour prétendre qu'ils étaient malades, d’autres se sont déguisés en femmes, d'autres encore se sont présentés comme des étudiants afin de pouvoir entrer dans la ville de Kirkouk. Mais nos opérations de sécurité ont déjoué leurs plans. "
Riffat a ajouté qu'ils ont capturé beaucoup de ces personnes dans des hôtels, aux points de contrôle et dans les hôpitaux.
 «Nous disposons des renseignements sur ceux qui ont l'intention de se faufiler dans Kirkouk et nous diffusons ces informations aux check-points,  à la sécurité, aux Peshmergas, et à la police de Kirkouk afin de les arrêter", a-t-il ajouté.
Il est difficile pour les transfuges de l’EI d’entrer à Kirkouk car les services de sécurité ont limité tout trafic à partir des territoires contrôlés par l’EI.
Le passage entre Kirkouk et Hawija était possible par le check-point de Maktab Khalid. Mais à la suite de plusieurs explosions à l’intérieur de Kirkouk et le long de cette route, les autorités kurdes ont fermé le point de contrôle à la plupart des automobiles et aux piétons.
Le passage a de nouveau été autorisé.
"Cependant ce passage est sujet à des conditions. Ceux qui veulent aller à Kirkouk doivent être soit de Kirkouk, ou pris en charge par un résident vivant à Kirkouk, ou encore avoir une autorisation officielle dans le but d'obtenir un traitement dans les hôpitaux de Kirkouk. En outre, leur séjour à Kirkouk doit être temporaire, " a déclaré Hiwa Abdallah, porte-parole des forces peshmergas de Kirkouk.
Abdullah a également indiqué qu’il était interdit à tous les jeunes d'entrer dans la ville, à moins que leurs noms soient inscrits auprès des agences de sécurité ou qu'ils étaient d'anciens policiers ou militaires qui se rendent à la police.
"Mais même ces personnes seront arrêtées et remises à des autorités compétentes aux fins d'enquête», a-t-il ajouté.
Le mouvement de désertion s’est amplifié ces derniers temps, alors qu’on entend des rumeurs selon lesquelles les tribus arabes de la périphérie de Hawija, Riyad, Rashad, et Beiji ont formé des groupes armés pour attaquer l’Etat Islamique.
Les forces de sécurité de Kirkouk pensent que les  exécutions sommaires de membres de  tribus qui refusaient de payer l’impôt et respecter les lois imposées par l’Etat Islamique ont provoqué un mécontentement croissant dans les tribus.

Il est probable qu'on assiste dans les prochaines semaines à une recrudescence des désertions au sein de l'Etat Islamique. Il est probable que le nombre de jihadistes européens cherchant à regagner leurs pays d'origine augmentent également !

Abou Baker al-Baghdadi
Pour le ministre irakien de l’intérieur, le calife autoproclamé du califat islamique, Abou Baker al-Baghdadi, a bien été blessé au cours d’un bombardement de la coalition internationale. Mais pour le colonel américain Patrick Ryder, le porte-parole du CENTCOM, on ne peut confirmer si le leader de l’Etat Islamique se trouvait présent au moment de la frappe aérienne.

Front syrien

Prise de la ville de Nawa (Sud de la Syrie) par les Jihadistes du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie)
Les rebelles et les Jihadistes d’Al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) ne cessent depuis plusieurs mois de progresser dans la province de Deraa, proche de la Jordanie, alors qu’ils ont essuyé une série de défaites face à l'armée arabe syrienne (AAS) ailleurs dans le pays. L’Armée Arabe Syrienne est en passe de perdre le contrôle de toute la région sud du pays. Ceci correspond d'ailleurs à un plan américain mis au point de longue date et qui a commencé par une formation d'unités rebelles en Jordanie...à l'exclusion des Jihadistes du Front al-Nosra toutefois.
Poursuivant leur progression, les Jihadistes du front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, alliés à des éléments de l'ASL, se sont emparés dimanche 9 novembre 2014 de la ville de Nawa dans le sud de la Syrie, chassant les forces du régime de Bachar al-Assad, après des mois de combats.
Al-Nosra et des brigades rebelles islamistes et modérées ont pris le contrôle de toute la ville de Nawa. Cette région est frontalière de la Jordanie. Signe que la ville est tombée, l’aviation syrienne a aussitôt soumis la localité à un intense bombardement.
"Dans le nord, il y a des différences idéologiques entre les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL) et le front Al-Nosra (...) mais ici à Deraa, les liens tribaux sont profondément ancrés et il n'existe pas de telles divisions", a expliqué à l'AFP un militant de la province de Deraa, Diaa al-Hariri, interrogé via internet.
Des militants ont diffusé une vidéo montrant les combattants rebelles piétinant le drapeau syrien qu'ils associent à un symbole du régime. Sur des images diffusées par Al-Nosra, on voit également des membres de ce groupe hisser leur bannière noire et blanche à Nawa.
Vidéo en langue arabe montrant l’offensive et la capture de la ville :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=2ecab0f71e47
La capture de Nawa est un coup dur pour le gouvernement syrien. Elle permettra aux insurgés de consolider le contrôle du territoire allant de la frontière jordanienne jusqu’au Golan.

Capture de la basse de la brigade 112 à Deraa
Une autre base de l’armée a été prise d’assaut à Deraa, celle de la brigade 112. Cette base a été capturée par des rebelles de l’Armée Syrienne Libre sans l’aide du Front al-Nosra.
Vidéo en langue arabe :
L’assaut
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=5ebb3fdb8cc8
Les rebelles devant l’entrée de la base :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...
Les rebelles ont mis la main sur une grande quantité de matériel militaire qu’ils vont s’efforcer d’évacuer le plus rapidement possible avant l’arrivée des bombardiers de l’armée :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...
Ils ont également capturé plusieurs chars et blindés BMP :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=a5aa3708b70f
et
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=6a07220f25d4
et
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=56e4bd961904
et
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=3297bead311f

Al-Bab (nord Syrie)
L’armée de l’air syrienne poursuit sans discontinuer ses bombardements aux barils d’explosifs, une tactique qui a fait des milliers de morts et des dégâts considérables dans les zones tenues par les rebelles ou les Jihadistes depuis plus d’un an.
L'armée de l'air a lancé samedi soir, 8 novembre 2014, sept barils d'explosifs et trois obus sur la ville d'Al-Bab, un fief de l’Etat Islamique situé au nord-est de la ville d'Alep, tuant au moins 21 civils dont un enfant et une femme.

Alep
Une vidéo de la brigade Ahrar ech-Cham qui fait partie du Front Islamique aidé par l’Arabie saoudite. Les membres de la brigade font sauter un immeuble qu’ils affirment être occupé par l‘AAS à Ameriyah (Alep) :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=ea12f908fcc7

Aïn el-Arab (Kobane en kurde)
Une vidéo rare de combattants kurdes de l’YPG face à un char de l’Etat Islamique.
Vidéo :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Jihad international

Un kamikaze « britannique »
Ahmed Kabir (32 ans), un kamikaze britannique s’est fait exploser à proximité de Baiji, samedi 8 novembre 2014. Il a lancé son  véhicule blindé chargé de huit tonnes d’explosifs contre un convoi de la police irakienne. Huit passagers du convoi ont été tués, y compris le lieutenant général Faisal Malik Zamel, le chef du détachement. Quinze autres policiers ont été blessés au cours de l’attentat. C’est le second « Britannique » à commettre un attentat suicide en dans la région. Le premier kamikaze était Abdul Wahid Majid (41 ans) de Crawley (West Sussex). Il avait lancé, en février 2014, son camion bourré d’explosifs contre la prison d’Alep.
Ahmed Kabir avait déjà eu maille à partir avec la justice britannique pour crimes homophobes dans la localité de Derby. Ahmed Kabir était connu sous le nom de guerre d’Abou al-Sumayeh al-Britani. Il était marié et père de deux enfants. 
Kabir Ahmed.jpg

 

Ahmed Kabir, alias Abou al-Sumayeh al-Britani

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ahmed Kabir avait attiré l’attention de l'opinion publique britannique au cours d’un entretien au cours du programme Panorama de la BBC alors qu’il faisait le jihad en Syrie. Il avait affirmé «Tout le monde a son nom sur le liste (des volontaires pour des opérations kamikazes) et chacun presse l'émir (chef) de pousser son nom vers le haut de la liste. Tout le monde veut se battre pour l'amour d'Allah ».
Ahmed a également affirmé que plus de 2000 ressortissants britanniques se battaient pour le califat islamique en Syrie et en Irak.
Il a ajouté : «Si les Britanniques font régner la terreur contre notre peuple, se comportent injustement envers notre peuple, tuent, assassinent et des violent notre peuple, alors il faudra s’attendre à des attaques sur le sol (britanniqueà. »
 «Si vous soutenez nos ennemis contre nous, alors vous pouvez vous attendre à ces attaques, et c’est la même chose pour l'Amérique tout autre pays."
Un porte-parole du Foreign Office a déclaré: «Nous sommes au courant de rapports sur la mort d'un ressortissant britannique en Irak et nous sommes en train de les vérifier."

Jean René Belliard

 

28/10/2014

Nouvelles des guerres du Moyen Orient – entre le 25 et le 28 octobre

Front syrien

Kobane (Aïn el-Arab)
Les forces kurdes ont réussi à repousser pour la quatrième fois consécutive, l'assaut des Jihadistes de l’EI contre la localité de Jamarak.
Jamarak revêt une importance particulière, car il est l'unique voie de passage entre Kobane et la Turquie, par où pourraient passer armes et renforts. Le fait de perdre ce point de passage constituerait un coup fatal, à la fois, pour les Kurdes. Samedi,  les califatistes ont pilonné la ville de Kobane, au sud et à l’ouest mais la résistance des Kurdes les a contraints de reculer.
Dimanche 26 octobre, une seconde attaque a eu lieu, toujours, sur ces deux secteurs. Cette seconde attaque est intervenue, après l'arrivée d'un nouveau convoi d'armes et de munitions, pour les Jihadistes, (depuis la Turquie voisine, semble-t-il !), mais les Kurdes ont réussi à y faire face. Le Nord-Est de Kobane est, en ce moment, le théâtre de très violents combats entre Jihadistes et Kurdes syriens, notamment dans la localité de Sogh al-Hal et dans les deux autres localités d'Al-Sanaa et de Kani Araban, dans le Nord-Ouest de Kobane.
Plus de 50 Jihadistes ont été tués, dimanche, à Kobane.
Vidéo des combats à l’est de Kobane :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Incertitudes sur les renforts promis à Kobane
En ce qui concerne les renforts, qu’ils soient kurdes irakiens ou combattants de l’Armée Syrienne Libre, la plus grande confusion règne en ce moment. Les Kurdes de l’YPG auraient demandé aux autorités kurdes irakiennes de limiter à 200 le nombre de Peshmergas envoyés à Kobane. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a aussitôt accusé le principal parti kurde de Syrie, le Parti de l'union démocratique (PYD), dont l'YPG est le bras armé, de ne pas vouloir de l'aide des Peshmergas par crainte de passer sous l’autorité des Kurdes irakiens.
Ankara reproche au PYD ses relations avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), qui lutte depuis trois décennies en Turquie pour l'indépendance du Kurdistan et qui est inscrit à la liste des organisations terroristes. Il reproche également aux Kurdes de Syrie leurs relations ambigües avec le gouvernement syrien.
Quant aux fameux renforts de l’Armée Syrienne Libre annoncé sur la chaîne qatarie al-Jazira, il semble que la promesse n’ait pas été validée par le chef du Conseil militaire d'Alep, le général Zaher el-Saket. Celui-ci a affirmé que ses combattants devaient se concentrer aux opérations de guerre sur le front aleppin.

La promesse du colonel Oqaidi – un plan américain ?
Le colonel Abdel Jabbar Oqaidi, qui serait à l’origine de l’annonce, aurait-il promis l’envoi de 1300 combattants de l’Armée syrienne libre sur demande de ses sponsors, les Turcs et les Américains ? On sait que les États-Unis et la Grande Bretagne ont donné la priorité au colonel Oqaidi pour la fourniture d’armes à l’ASL au cours des deux dernières années. Il aurait été tentant pour les stratèges américains de lancer les troupes d’Oqaidi dans la bataille pour Kobane pour faire d’une pierre deux coups : sauver la ville kurde de la menace de l’Etat islamique et satisfaire le souci turc de ne pas créer une place-forte kurde à sa frontière.

Un convoi de Peshmergas a quitté l’Irak pour Kobane
80 combattants kurdes irakiens ont quitté leur base d’Erbil, dans le nord de l'Irak, pour rejoindre la ville syrienne de Kobane et la défendre contre les jihadistes de l’Etat islamique. Un autre groupe de 72 Peshmergas doit les rejoindre par voie aérienne, la Turquie ayant autorisé leur passage par leur territoire.
Quarante véhicules transportant des armes, des pièces d'artillerie et des mitrailleuses se sont dirigés vers la province de Dohouk et ont franchi la frontière" avec la Turquie le mardi 28 octobre.
Les 72 autres combattants kurdes s'envoleront pour la Turquie mercredi 29 octobre.
Cette vidéo montre le convoi des Peshmergas :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=c61a938b0031

Province de Deir ez-Zhor
Et on reparle de la tribu Chaitat qui s’est soulevée contre les Jihadistes de l’Etat Islamique. On a appris que les califatistes avaient décapité dans l'est de la Syrie quatre membres de la tribu sunnite des Chaïtat, déjà victime en août d'un épouvantable massacre après s’être rebellés contre l’Etat islamique.  Plus de 700 membres de cette tribu avaient été décapités et leurs têtes exposées.
"Daesh a décapité dimanche quatre hommes de la tribu Chaïtat dans la ville de Boukamal dans la province de Deir Ezzor, les accusant de collaborer avec le pouvoir syrien.

Front irakien

Bagdad
34 personnes ont été tuées et des dizaines d’autres blessées à la suite de deux attentats kamikaze, mardi 28 octobre 2014. Le premier a eu lieu à Bagdad, dans le quartier commercial de Karrada, en plein centre ville, tuant dix personnes
Le second a eu lieu à Jurf al-Sakhar, à 60km au sud de Bagdad, une localité qui venait d’être reprise par l’armée irakienne et les milices chiites. Le kamikaze a fait exploser son Humvee près d’un check-point, tuant 24 personnes.

Victoire de l’armée irakienne à Jurf al-Sakhar (60 km au sud de Bagdad)
La localité de Jourf al Sakhar, à 60km au sud de Bagdad, contrôle l'entrée des villes saintes irakiennes de Karbala et de Najaf. Elle est donc d’une grande importance stratégique pour la communauté chiite irakienne. L’armée irakienne et les milices chiites l’ont libérée il y a une semaine. Près de 200 Jihadistes de l’Etat islamique ont été mis hors de combat à cette occasion. Pour les militaires, elle est la clé de la libération de la province d’Al Anbar, devenue depuis plus de deux ans le centre de la rébellion sunnite en Irak. .
Le premier ministre irakien a salué la libération de cette localité : "cette libération pourrait servir d'exemple. Elle a été le fruit d'une étroite synergie entre l'armée nationale et les forces volontaires et les irakiens eux-mêmes," a déclaré Haydar Al-Abadi.
La victoire a été le fruit d'une parfaite coordination entre le Hezbollah d'Irak et d'autres milices d'une part et l'armée nationale irakienne de l'autre. La libération de Jarf al Sakhar est un coup dur pour l’Etat islamique qui voit s’éloigner leur rêve de s’emparer de la capitale irakienne. 

L’Etat Islamique capable de détruire des avions de combat de la coalition
Les services de renseignement allemands estiment que les combattants du groupe Etat islamique (EI) possèdent des lance-missiles capables de toucher des avions de ligne, selon le journal Bild am Sonntag.
Les services du BND (Bundesnachrichtendienst) auraient confié leurs soupçons à des parlementaires allemands au cours d'une réunion confidentielle la semaine dernière.
Selon le rapport du BND, les combattants de l'EI sont en possession de lance-missiles issus des stocks de l'armée syrienne, certains datant des années 70, d'autres plus modernes et de technologie plus avancée.
Ces lance-missiles, connus sous le nom de Manpads d'inspiration russe, pourraient également avoir été fabriqués dans d'autres pays, comme la Bulgarie et la Chine, selon le journal.

L’armée de l’air irakienne a mené 555 raids aériens entre le 1er et le 26 octobre
Vidéo du ministère de la défense irakien :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=8282df53b601

Jordanie

Arrestation d’un idéologue d’al-Qaïda
Un des principaux idéologues d’Al-Qaïda, libéré en juin 2014, a été de nouveau arrêté lundi 27 octobre en Jordanie pour "propagation d'idées terroristes". Ce Jordanien d'origine palestinienne avait été libéré le 16 juin 2014 alors qu'il purgeait depuis 2011 une peine de prison pour avoir recruté en Jordanie de combattants devant rejoindre les talibans en Afghanistan.
Le procureur général auprès de la Cour de sûreté de l'Etat a placé Issam Barqawi, alias Abou Mohammed al-Maqdessi, en garde à vue pour avoir "propagé sur internet les idées d'un groupe terroriste, le Front al-Nosra", branche d'Al-Qaïda en Syrie.
Considéré comme l'un des principaux idéologues de l’islamisme radical, il a été l'un des mentors d'Abou Moussab Zarqaoui, qui était le chef d'Al-Qaïda en Irak avant d’être tué par un raid américain en 2006. Après leur rencontre en 1992, les deux hommes avaient rejoint le groupe "Jaich Mohammed"  puis avaient été condamnés à cinq ans de prison en Jordanie pour appartenance à un groupe  illégal.
Ils avaient été libérés en 1999 à la faveur d'une amnistie générale puis s'étaient séparés à la suite de divergences idéologiques.

Turquie

Regain de tension en Turquie – Trois militaires tués
Des rebelles, probablement kurdes, ont tué, samedi 25 octobre, trois soldats turcs dans le sud-est de la Turquie. L’armée  a attribué cette attaque aux rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).
Les trois soldats, qui n'étaient pas en service, ont été tués dans la rue dans la ville de Yuksekova dans la province de Hakkari, dans le sud-est du pays à la frontière avec l'Iran et l'Irak. L'attaque n'a pas été revendiquée.
Le PKK, engagé dans un conflit qui a fait quelque 40.000 morts depuis 1984, observe depuis mars 2013 un cessez-le-feu globalement respecté par les deux parties.
Mais des tensions ont émergé au cours des dernières semaines entre les autorités d'Ankara et les rebelles kurdes de Turquie qui ont menacé de rompre la trêve en raison de l’inaction du gouvernement turc à venir en aide aux combattants kurdes qui défendent la ville syrienne de Kobane, assiégée par les jihadistes de l’Etat islamique.

400 kg d’explosifs volés par le PKK
On assiste depuis quelques jours à un accroissement des actes hostiles du PKK en Turquie. Des combattants du Parti des Travailleurs du Kurdistan ont intercepté un camion militaire turc transportant 400kg de nitrate d’ammonium dans le district de Sipoli, province de Sirnak, proche de la frontière irakienne.

Front Yéménite

Combats meurtriers entre houthis et tribus sunnites alliées à al-Qaïda
De violents combats ont opposé au cours du week-end du 25 et 26 octobre des rebelles chiites et des tribus sunnites alliées à al-Qaïda dans le centre du Yémen, faisant des dizaines de morts, selon des sources tribales.
Les rebelles chiites d'Ansarullah ont tenté par trois fois d'attaquer des positions tribales dans les montagnes qui surplombent Radah, dans la province de Baïda. « Ils ont été repoussés à chaque fois au prix d'importantes pertes, les combats ayant fait des dizaines de morts, notamment dans les rangs des houthis », c’est-à-dire des rebelles chiites.
Hier toutefois, les houthis ont réussi à s'emparer de plusieurs des montagnes autour de Radah après que des avions de combat yéménites et un drone eurent lancé des raids contre des positions d'al-Qaïda et de leurs alliés des tribus sunnites. 20 membres d'al-Qaïda auraient été tués au cours des raids sans qu’il soit possible de confirmer ce bilan de source indépendante.
Dans une vallée proche de la zone des combats, deux véhicules transportant des combattants d'al-Qaïda ont été visés par un drone faisant dix morts, ont affirmé plusieurs sources tribales. Les États-Unis, alliés du Yémen dans la lutte antiterroriste, sont les seuls à disposer de drones dans la région. Dimanche 26 octobre, , l'armée de l'air et un drone, probablement américain, ont attaqué des positions tenues par des combattants d'el-Qaëda et de tribus sunnites dans le centre du pays, tuant plusieurs de ces combattants, mobilisés pour contrer la progression des rebelles chiites dans le pays.

Asie centrale

La Transcaucasie et l’Asie Centrale vont-elles devenir le prochain objectif des Jihadistes ?
Voici l'avi du politologue Stanislav Tarassov:
Nombreux sont les analystes enclins à considérer que l’EI présente un danger sérieux aussi pour les pays d’Asie Centrale. L’orientaliste Saïd Gafourov, par exemple, affirme :
« Au grand regret, les forces armées ni du Tadjikistan, ni d’Ouzbékistan, ni de Turkménie ne sont pas, probablement, en mesure d’opposer une résistance à l’infanterie de l’EI. Elle est maintenant manifestement la meilleure du monde. Les islamistes ne sont limités pour le moment que par le facteur géographique. L’Asie Centrale se trouve quand même assez loin. Les tribus pachtounes à ce jour ne se joignent pas à l’EI. Eux et les Kurdes leur sont opposés, car ils ont leurs propres traditions de l’islam, celles du soufisme.
La plupart des analystes partagent l’opinion, suivant laquelle l’Afghanistan est un foyer d’instabilité en Asie. Et pratiquement l’échec des Américains dans ce pays n’a d’autre effet que d’encourager les talibans à une expansion en direction du nord. Dans cette situation une alliance avec des intégristes islamiques proche-orientaux est tout à fait possible. Si elle prend corps, toute la région va s’enflammer, dit Saïd Gafourov.
On doit dire que la situation en Asie Centrale est liée à la configuration des rapports entre la Russie et les Etats-Unis. Ici il faut agir en commun, en dépit de toutes les divergences. Si les ultra-radicaux parviennent à raviver le feu du jihad en Asie Centrale, la chaleur en sera ressentie aussi bien dans le continent européen qu’américain.

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

03/10/2014

3 octobre - Guerre entre l'Occident et le califat islamique

Allemagne
Des islamistes philippins liés à el-Qaëda ont annoncé hier 2 octobre qu'ils décapiteraient un de leurs deux otages allemands le 17 octobre si, à cette date, leurs revendications n'étaient pas satisfaites. Les rebelles du groupe Abou Sayyaf ont capturé ces deux Allemands en avril 2014 alors qu'ils voguaient sur un yacht entre l'île de Palawan, dans l'ouest des Philippines, et l'État malaisien de Sabah. Les rebelles exigent une rançon de 5,6 millions de dollars et l'arrêt du soutien de l'Allemagne à la coalition conduite par les États-Unis contre les jihadistes en Syrie et en Irak.
Jihadistes allemands
Deso Dogg alias Abou Talha Al-Almani (Abou Talha L'Allemand), un ancien rappeur allemand du groupe «ghetto» veut maintenant couper les têtes avec des couteaux à beurre en Syrie. LiveLeak-dot-com-665_1412348958-Deso-Dogg-Denis-Cuspert-Abu-Talha-al-Alm_1412349619_jpg_resized.jpg

Abou Talha al-Almani

 

 

 

 

 

 

 

Des informations avaient prétendu qu’il avait été tué le 20 avril 2014 au cours de combats fratricides entre Jihadistes. Le journal allemand Die Welt a cité des Jihadistes prétendant le contraire. En fait, il y aurait eu confusion sur l’identité de la personne décédée. Il s’agirait d’un autre Abou Talha al-Almani.
Des Vidéos récentes semblent confirmer qu'il est encore en vie! De nouvelles rumeurs prétendent qu’il serait devenu un  membre du cercle autour du calife lui-même - Ibrahim al-Baghdadi.
Vidéo concernant des jihadistes allemands (en langue allemande) :
https://www.youtube.com/watch?v=Kxzis-1WdxM&feature=p...

Australie
L’Australie annonce son intention de participer aux frappes aériennes en Irak contre le califat islamique :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...
Dernière heure : Le jihadiste australien Mohamed Elomar pourrait avoir été tué au cours d’un raid de la coalition internationale contre un building proche de la frontière turque,  le 2 octobre.

Canada
Le Canada va participer aux frappes aériennes contre l'EI en Irak
Le Premier ministre canadien Stephen Harper a présenté vendredi au Parlement une motion prévoyant l'envoi d'avions de chasse en Irak qui participeront, pendant six mois, à la campagne de frappes aériennes contre le groupe Etat islamique.
La Chambre des communes doit formellement entériner cette motion lundi 6 octobre lors d'un vote qui ne devrait être qu'une formalité pour M. Harper car son parti dispose au Parlement d'une large majorité.

France
Une base française près de la Libye pour combattre les islamistes
L'armée française est en train d'établir une base dans le nord du Niger dans le cadre d'une opération visant les activistes liés à al-Qaïda qui évoluent dans la zone sahélo-saharienne, du sud de la Libye à la Mauritanie, a-t-on appris de responsables. La France a pris l'initiative des efforts pour repousser les islamistes dans la région depuis son intervention au Mali, en 2013, et a redéployé ses troupes cette année dans le cadre de l'opération régionale de contre-terrorisme « Barkhane ». Quelque 3 000 soldats français opèrent ainsi au Mali, au Burkina Faso, au Niger et au Tchad, pays à cheval sur la bande sahélienne, avec l'objectif d'éradiquer la menace islamiste dans la région. Un millier d'autres hommes, au Gabon et au Sénégal, fournissent un soutien logistique.
La lamentable histoire de jihadistes français
(vidéo en langue anglaise) :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Grande Bretagne
Un nouvel otage britannique exécuté
L'otage britannique Alan Henning a été décapité si l'on en croit une nouvelle vidéo mise en ligne par l'Etat Islamique aux environs de 20H30 GMT, vendredi 3 octobre. Henning est un chauffeur de taxi venu en Syrie dans un but humanitaire. La vidéo annonce que l'Américain Peter Kassig serait le prochain otage qui pourrait être décapité. Kassig est un vétéran de la guerre d'Irak. Ils s'occupait de blessés dans un hôpital libanais. Il a alors démarré un programme de Special Emergency response and assitance pour aider les réfugiés syriens.

Vidéo de l'Etat Islamique concernant Alan Henning
La vidéo sera interrompu avant l'exécution :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Pays Bas
Les huit avions de combat F-16 néerlandais prenant part à la coalition internationale contre l'État Islamique (EI) pourraient débuter "dès ce week-end" leurs opérations en Irak, ont indiqué vendredi les Pays-Bas. Ces appareils seront basés en Jordanie, mais le centre de commandement des opérations se trouvera au Qatar.
"Je vous informe qu'il est possible que les F-16 néerlandais débutent dès ce week-end les opérations dans le cadre de la lutte contre l'EI", a indiqué la ministre de la Défense Jeanine Hennis-Plasschaert dans une lettre envoyée au parlement néerlandais.
Les avions participeront dans un premier temps au soutien de troupes irakiennes et kurdes au sol. Ils pourront aussi être utilisés pour des "attaques de cibles non-mobiles de l'EI", selon la même source.
Les Pays-Bas déploient également 250 militaires pour cette mission, et 130 autres militaires pour entraîner les forces armées irakiennes.
L'engagement néerlandais est quant à lui pour le moment limité à l'Irak. La Haye a indiqué que les Pays-Bas ne participeraient pas aux opérations en Syrie sans mandat international.

USA
Un projet de base de rebelles syriens formés par les USA provoque la polémique
Le projet américain de créer en Géorgie un camp d'entraînement américain pour former des combattants de l'opposition syrienne risque de tendre les relations entre Moscou et Tbilissi, selon le ministère des Affaires étrangères de Russie. Le projet, si tant est qu’il ait existé, a été démenti par la Géorgie.
A cette occasion, les médias russes n’ont pas manqué de souligner le peu d’efficacité des frappes aériennes de l'armée US et des alliés contre les positions de l’ÉI.

Les raids aériens suffiront-ils ?
Les experts militaires américains commencent à reconnaître que les opérations aériennes contre le califat islamique pourrait prendre plusieurs années. 
Pour l’instant, Barack Obama prévoit de poursuivre les bombardements en Irak et en Syrie, et d'augmenter l'aide militaire au profit de l’armée irakienne et de l'Armée syrienne libre (ASL).

L’administration Obama rêve toujours de s’appuyer sur des rebelles syriens « fréquentables »
Et c’est là que le bât blesse. Tout d’abord, les brigades rebelles considérées comme « fréquentables » par l’Etat-major américain ont du mal à résister aux offensives de l’armée assadiste qui profite des raids aériens de la coalition sur les Jihadistes pour se concentrer sur les autres fronts. Ensuite, même les combattants des brigades rebelles dites « modérées » sont furieux contre l’intervention américaine et de ses alliés qui épargne leur ennemi numéro 1, à savoir le régime de Bachar el-Assad. On a constaté sur le terrain la désertion de nombreux combattants qui ont rejoint l’Etat Islamique.  On voit mal, dans ces conditions, comment le Pentagone pourrait faire des brigades rebelles « fréquentables » une force de frappe contre les Jihadistes du Front al-Nosra ou de l’Etat Islamique. Sans compter que pour le régime, le fait que Washington affiche clairement son intention de s’appuyer sur des brigades rebelles contribue à rendre flou l’objectif réel de la coalition. 
Cette politique américaine n’est pas nouvelle et s’est déjà soldée par un échec. Les rebelles formés en Jordanie et renvoyés en Syrie ont été incapables de changer le rapport de force sur le terrain. Pire, des brigades entières ont rallié l’Etat Islamique. Visiblement, Washington ne tient pas compte des échecs antérieurs. Quant aux soldats des divisions mécanisées irakiennes, dotés d’un armement formidable laissé par l’armée des Etats-Unis lorsqu’elle a quitté l’Irak, ils n’ont résisté que quelques heures, dans le meilleur des cas, laissant aux Jihadistes tout leur matériel et leur armement.

Washington a voulu utiliser la carte jihadiste en Irak comme en Syrie
Cherchant à tout prix à renverser Bachar al-Assad, Washington a fermé sciemment les yeux sur l'apparition dans la région de nouveaux groupes radicaux sunnites – des filiales d'Al-Qaïda dont l'EI. Les stratèges de la Maison blanche, du Pentagone et de la CIA espéraient jusqu'au bout envoyer ce nouveau monstre terroriste sur Damas. La saisie de huit provinces du nord-ouest de l'Irak par les jihadistes de l’Etat Islamique au cours d’une campagne éclair a été une véritable douche froide pour les stratèges du Pentagone. Ce cafouillage américain est d’autant plus surprenant qu’on aurait pu croire que ces spécialistes avaient fini par comprendre l’Irak après toutes les années passées dans le pays et la guerre qu’ils ont déjà eu l’occasion de mener contre les mêmes Jihadistes. Dans une récente interview, Obama a déclaré que ses services de renseignements avaient sous-estimé la menace émanant des islamistes radicaux. Quel toupet ! La Maison blanche était parfaitement informée de cette menace par les nombreuses agences de renseignement américaines. Mais Washington voulait mettre la pression sur l’Iran et, sans doute, forcer une issue sur les négociations nucléaires, en laissant l’Arabie saoudite lancer les tribus s’allier à l’Etat Islamique bousculer l’armée irakienne et provoquer le départ du premier ministre irakien Nouri al-Maliki. La seule chose qu’on peut dire est que l’opération a mal tourné. Un général avait pourtant tiré la sonnette d’alarme. Il s’agit du général Michael Flynn, chef des renseignements militaires au Pentagone. Il avait publié en février 2014 un rapport très clair au sujet de la dangerosité de l’Etat Islamique (alors appelé Etat Islamique d’Irak et du Levant). C'est seulement après l'exécution de citoyens occidentaux, y compris américains, qu'Obama a été contraint de réagir aux événements.

Joe Biden, vice-président américain  accuse les alliés arabes des Etats-Unis
Le discours du vice-président des Etats-Unis, Joe Biden, à l’occasion d’une conférence sur la politique des Etats-Unis au Moyen Orient lors du forum de John Kennedy Jr de l'université de Harvard dans l'Etat du Massachusetts, a laissé l’auditoire incrédule. Cela faisait pourtant des semaines qu’on répétait la même chose. Joe Biden a reconnu que les alliés arabes et musulmans des Etats-Unis avaient armé les Jihadistes syriens, y compris le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie)
Joe Biden a affirmé  que les terroristes d'al-Qaida  avaient reçu des fonds et des armes des alliés de Washington dans la région, soulignant que "les alliés se livraient à une guerre par procuration entre sunnites et chiites".
«Notre plus gros problème était nos alliés dans la région, les Turcs sont de grands amis, ainsi que les Saoudiens et les résidents des EAU et autres. Mais leur  seul intérêt était de renverser  le président syrien Bachar Assad et pour cela ils ont mené une guerre par procuration entre les  sunnites et les  chiites et ils ont fourni des centaines de millions de dollars et des dizaines de milliers de tonnes d'armes à tous ceux qui acceptaient de lutter contre al-Assad ".
Biden a ajouté  «mais les gens qui ont reçu ces sommes et ces armes  étaient des militants du Front al-Nosra et d' Al-Qaïda sans compter d'autres éléments extrémistes venant d'autres régions du monde. Pensez-vous que j'exagère? Regardez le résultat."
Mais Biden a voulu se montrer rassurant en affirmant que les alliés des Etats-Unis avaient "pris conscience  de leur erreur et accepté de se joindre  à la coalition antiterroriste  dirigée par Washington".

La déclaration de Joe Biden 。
https://www.youtube.com/watch?v=w04YE5zRmc8&feature=p...

Une station de la CIA à Gaziantep
La CIA a une importante base à Gaziantep (sud de la Turquie) et dispose déjà d’un nombre considérable d’officiers – plus important même que les services de renseignement turc, selon un correspondant local.

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)