04/08/2014

Que se passe-t-il à la frontière libano-syrienne de la Bekaa ?

La bataille de Qalamoun une caisse de résonnance de l’évolution de la rivalité entre Arabie saoudite et Iran
La bataille de Qalamoun, dans le rif de Damas, et à la frontière libanaise, notamment du côté de Ersal, continue de faire rage malgré la victoire proclamée par l’armée d’Assad et le Hezbollah. Ils avaient cru qu’en prenant les villes et villages de la région, ils en avaient fini avec l’Armée Syrienne Libre et le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie). Les évènements ont démenti cet optimiste. La bataille fait rage et les pertes sont lourdes des deux côtés. Le Qalamoun est le seul secteur de Syrie où Armée Syrienne Libre, les Jihadistes du Front al-Nosra et ceux de l’Etat Islamique luttent côte à côte.

Le jurd d’Ersal, une base arrière des rebelles syriens
Les rebelles utilisent, depuis des mois, le jurd autour de la localité libanaise d’Ersal comme base arrière. Cette région a de tous temps été un lieu de contrebande en tout genre entre la Syrie et le Liban et de planque pour les hors-la-loi libanais ou syriens.

Hassan Nasrallah a une lourde responsabilité en engageant le Hezbollah dans le conflit syrien
La situation s’est envenimée lorsque le Hezbollah a été engagé dans le conflit syrien, aidant l’armée de Bachar el-Assad à combattre les rebelles. Il obéissait, en cela, à un ordre de Téhéran, soucieux de conserver « l’arc chiite » dans son intégralité. « L’arc chiite » est une expression utilisée pour la première fois par le monarque jordanien pour désigner la continuité de la présence chiite allant de Téhéran à la frontière israélo-libanaise en passant par l’Irak et la Syrie. En s’engageant aux côtés de la communauté alaouite qui exerce de facto le pouvoir en Syrie, quand bien même les représentants d’autres communautés y participeraient, le Hezbollah a clairement pris le risque de provoquer une déflagration au Liban. La communauté sunnite du Liban et de Syrie a bien compris que le Hezbollah exécutait un plan régional sur une base confessionnelle. Et ce ne sont pas les déclarations du contraire par les leaders de la milice chiite qui vont la convaincre qu'elle se trompe.

Les autorités libanaises sont effrayées par les risques sécuritaires
La classe politique libanaise, dans son ensemble, est effrayée par les risques d’explosion au Liban et fait tout pour rejeter sur des agents extérieurs au Liban les incidents sécuritaires qui frappent régulièrement le pays. Les leaders modérés de la communauté sunnite, en commençant par Saad Hariri, tout en condamnant l’engagement du Hezbollah aux côtés des troupes d’Assad, appellent au calme et au respect des institutions. Mais parlons-en justement de ces institutions quand une partie de la classe politique, celle qui est engagée dans la défense de Bachar el-Assad et de l’Iran, maintient le pays dans le chaos institutionnel au lieu de se dépêcher de mettre le pays à l’abri du danger en se dépêchant d'élire un nouveau président et de donner au gouvernement les moyens d’agir au lieu de se battre pour des prérogatives insignifiantes au regard du danger.

L’armée libanaise – l’armée de tous les dangers
Tant que le pays reste attaché à la cohésion nationale et protège ses institutions, l’armée sera le bras armé de l’indépendance libanaise et recevra l’aide des pays occidentaux. Mais si la classe politique et le peuple se divisent, l’armée, dont la composition est peu ou prou identique à la nation libanaise, volera en éclats. On a déjà connu ce cas au cours de la guerre (que j’hésite à appeler civile) lorsque l’armée libanaise s’est divisée en Armée du Liban Arabe (ALA) alliée de l’OLP,  l’Armée du Sud Liban (alliée d’Israël) et d’autres unités rejoignant un camp ou un autre.
La première intervention de l’armée libanaise à la fin du mois de juin 2013 n’a pas été un succès sur le plan politique, même si les Islamistes partisans de Cheikh Assir ont été rapidement défaits. Le problème est que l’armée est clairement apparue comme intervenant pour le compte et aux côtés des miliciens du Hezbollah. Pourquoi dans ce cas désarmer les miliciens sunnites et laisser les miliciens du Hezbollah se pavaner avec leurs armes et leurs uniformes à l’intérieur du pays et s’affubler du nom de « Résistance » ? C’est naturellement la question que se posait la rue sunnite qui n’avait pas particulièrement de sympathie pour ce Cheikh extrémiste mais qui voyait bien qu’il y avait deux poids deux mesures.

Union nationale derrière l’armée – En est-on si sûr ?
Les politiciens libanais jurent leurs grands dieux qu’ils sont tous derrière l’armée libanaise. Mais en coulisse on regrette une nouvelle fois que l’opération militaire menée dans le jurd d’Ersal serve à prêter main forte au Hezbollah en difficulté dans le Qalamoun. 
L’armée dit vouloir fermer les frontières aux rebelles syriens et aux Jihadistes pour protéger le Liban, mais on voit bien que la frontière n’est pas fermée pour tout le monde et que le Hezbollah continue d’acheminer armes et bagages à ses unités déployées de l’autre côté de la frontière. La tension qui monte à Tripoli et dans d’autres régions du Liban est la preuve que la fameuse « union sacrée » n’est pas aussi réelle qu’on veut bien le dire.

Ersal et le problème des « réfugiés » syriens
Ersal en quelques chiffres, c’est une localité sunnite de 30 000 habitants dans une région où villages sunnites et chiites se côtoient. Les villages chiites sont des places fortes du Hezbollah et les localités sunnites ont généralement pris fait et cause pour la rébellion syrienne. A Ersal se trouvent près de 120.000 réfugiés syriens. Il y a parmi eux beaucoup de rebelles et de jeunes désoeuvrés qui rêvent d’en découdre avec le Hezbollah et l’armée d’Assad car la plupart ont fui la Syrie après l’intervention du Hezbollah.

5000 éléments armés à Ersal et dans le jurd aux alentours
Aucune information officielle n'a été fournie sur le nombre de rebelles présents à Ersal. Samir Mokbel, vice-premier ministre et ministre de la défense affirme que leur nombre « ne dépasse pas les 2 500 dans toute la zone d'Ersal, y compris le jurd ». Des sources militaires prétendent, elles, qu’il y aurait 5 000 combattants.
Pour le commandant en chef de l'armée, Jean Kahwagi, « ces éléments armés sont étrangers au Liban et relèvent des différentes formes actuelles de « takfirisme ». Ces éléments sont de diverses nationalités et se trouvaient en dehors des frontières. Ils sont arrivés au Liban après une coordination avec des individus implantés à l'intérieur des camps de réfugiés (syriens) ».  Pour l’armée libanaise, l’affaire est claire. Ces gens sont des terroristes, des membres d’al-Qaïda et de l’Etat Islamique, des Jihadistes. Il faut les "éliminer".

Les rebelles syriens affirment qu’il s’agit d’un complot pour chasser les réfugiés syriens du Liban
Ils demandent à la communauté internationale de veiller à ce qu’il n’y ait pas de grands massacres dans la région d’Ersal et le Qalamoun. 
Ils justifient leurs craintes par le fait qu’il y aurait dans la région, autour d’Ersal, environ 20.000 miliciens du Hezbollah revêtus d’uniformes de l’armée libanaise. Ces gens pour l’instant n’interviennent pas mais se trouvent immédiatement derrière 5000 militaires libanais engagés dans une opération pour chasser de la région tous les rebelles syriens et étrangers.
L’armée libanaise a déployé un matériel impressionnant : canons de 155 mm, tanks, des hélicoptères et des avions de combat.
Les régiments, dont une unité aéroportée, sont commandés par le général Roukoz, un allié par alliance de Michel Aoun, ce général politicien qui a pris fait et cause pour le Hezbollah et Bachar el-Assad alors qu’il avait alimenté la chronique en 1990 en affrontant l’armée syrienne.
L’objectif déclaré de l’armée libanaise est d'affirmer le contrôle de l’Etat sur la totalité du territoire libanais. Parfait ! Mais cela signifie en clair qu’il va falloir chasser les Jihadistes introduits au Liban. Ceux-ci sont malheureusement intégrés à la masse des réfugiés et il faut s’attendre à ce que l’affaire soit sanglante.
On a vu que la bataille du Qalamoun (côté syrien) était loin d’être achevée, malgré les cris de victoire des soldats d’Assad et du Hezbollah après la prise des quelques villes de la région. On peut prévoir que la bataille va également durer un certain temps dans le jurd d’Ersal avec le risque que le conflit s’étende à d’autres régions du Liban.

La bataille dans le jurd d’Ersal risque de provoquer un embrasement
La bataille ne s'arrêtera donc pas à Arsal mais atteindra Beyrouth et d'autres régions libanaises.
Ceci d’autant plus que beaucoup de Libanais aimeraient bien se débarrasser du Hezbollah.
Le Hezbollah pourrait être également intéressé à ce que l'affrontement s'étende. Un conflit à l’intérieur du Liban pourrait lui permettre de couvrir son échec flagrant en Syrie et retrouver une justification à son combat.

La communauté chrétienne pas concernée mais divisée
Encore une fois, la communauté chrétienne va se retrouver paralysée par un conflit qui, théoriquement, ne la concerne pas.
Les Chrétiens, dans leur majorité, n’aiment ni les Jihadistes qui veulent les chasser du Liban, ni le Hezbollah qui leur fait peur. Mais certains leaders chrétiens ont fait des alliances électorales avec l'un ou l'autre camp, ce qui les empêche, pour l'instant, de faire l'union sacrée face au danger.

Jean Kahwagi, le commandant en chef de l'armée libanaise, tire la sonnette d’alarme
C’est pourquoi le général en chef de l’armée libanaise, Jean Kahwagi, a tiré la sonnette d’alarme : « La situation est beaucoup plus grave que d'aucuns veulent le croire », appelant « tous les responsables politiques et religieux à prendre garde à ce qui se prépare désormais pour le pays, puisque tout dérapage, dans n'importe quelle région, pourrait être très dangereux ». « Ce qui se passe à Ersal atteindra l'ensemble du territoire, parce que nous savons tous l'enchevêtrement des régions au Liban », a-t-il souligné, appelant également à une solution à la situation des réfugiés, « afin d'éviter le développement d'îlots de terrorisme ». Effectivement, les Brigades des sunnites libres de Baalbeck, une organisation jihadiste ayant déjà à son actif plusieurs attentats, déclaraient qu'elles étaient « prêtes à participer à n'importe quelle bataille jusqu'à la victoire ».

Le fil des évènements
Tout a commencé le 2 juillet lorsque « des éléments armés ont commencé à se regrouper en nombre impressionnant, peu après l'arrestation au barrage de Wadi Hmeid du commandant de la brigade islamiste Fajr al-Islam, un certain Imad Ahmad Jomaa, alors qu'il transportait un blessé de son groupe de combat vers un hôpital d'Ersal. 400 rebelles ont alors lancé un assaut contre des postes militaires du secteur pour obtenir la libération de Jomaa.

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Imad Ahmad Jomaa 

 

 

 

 

 

 

 

Les rebelles ont tenté d'encercler tous les postes de tous les côtés, et en grand nombre », a indiqué le général Jean Kahwagi. Des troupes héliportées de l’armée ont alors effectué une contre-attaque rapide pour libérer le périmètre autour des postes
Des renforts, incluant des unités d'élite et la huitième brigade, ont été dépêchés dans la région pour aider les unités héliportées à reprendre le terrain.
Des combats violents ont eu lieu au niveau de la caserne 83, située près de l'école technique d’Ersal. Les combats se sont étendus jusqu'aux limites du village chiite de Laboué, une place-forte du Hezbollah. 
Les combats du samedi 2 juillet ont coûté la vie à  quatorze militaires libanais, dont deux officiers, ainsi qu’à des dizaines de rebelles. 86 soldats ont été blessés et 22 sont portés disparus.
Les combats se poursuivaient le dimanche 3 et le lundi 4 juillet aux environs de la localité frontalière d'Ersal que les habitants continuaient à fuir.

Ersal est actuellement entre les mains des Islamistes sunnites
Ersal est actuellement sous le contrôle des groupes armés. Les membres de ces groupes sont sortis des camps de réfugiés syriens à la lisière de la ville pour attaquer l’armée dès l’annonce de l’arrestation de Jomaa.  Ces hommes appartiennent à différentes nationalités et sont très bien organisés. Habillés en noir et cagoulés, ils patrouillent dans les rues de la ville.

hommes armés à Ersal.jpg


Les Islamistes contrôlent Ersal












Le Hezbollah propose son aide
Déjà, au sein des milieux hezbollahis, on prétend que l’armée ne pourra seule gagner cette bataille. Ibrahim el-Amine, le rédacteur en chef du journal al-Akhbar, proche du Hezbollah, affirme : « Si l’armée n’appelle pas à un soutien direct de l’armée syrienne et des forces du Hezbollah, elle sera face à un grand problème, surtout qu’elle est en crise sur le plan des capacités militaires mais aussi sur le plan de l’action de renseignement nécessaire dans ce cas.
Alors que son ennemi possède de grandes expertises militaires, auxquelles s’ajoutent des orientations pédagogiques qui permettent de se sacrifier face à l’ennemi. Donc, il est illogique de prévoir une bataille rapide et décisive contre ces groupes », écrit al-Amine.

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

22/07/2014

Gaza – 15ème jour de combat – 22 juillet 2014

10 soldats israéliens tués le 21 juillet
Huit soldats israéliens sont décédés au cours de divers combats dans le 21 juillet et deux autres en fin de journée, selon les informations fournies par l'armée. Ces nouvelles pertes portent à 27 le nombre de soldats d’Israël tués depuis le début de l'opération "Bordure protectrice". 37 autres militaires ont été blessés, dont six sont dans un état grave. Le nombre des soldats israéliens hospitalisés s’élève à la fin du 21 juillet à 123.

L’opération se déroule selon les plans affirme le Premier ministre Benyamin Netanyahu
Le 21 juillet, le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, a déclaré que "l'opération se développait selon les plans et se poursuivra aussi longtemps qu’il faudra pour atteindre l’objectif : le retour d'une vie paisible pour tous les citoyens d'Israël.
"Les succès obtenus au cours de l'opération sont indéniables, a dit le chef du gouvernement, et la destruction des tunnels utilisés pour des attentats terroristes, est plus importante que prévue."

Inquiétude en Cisjordanie
Les incidents et les protestations violentes se multiplient en Cisjordanie et au sein de la population arabe d’Israël. Le 21 juillet, un Palestinien a été tué par un Israélien qui caillassait son véhicule. Et ce matin du 22 juillet, un Israélien de 25 ans a été sérieusement blessé par des tirs provenant d’une voiture qui a pris la fuite. L’incident a eu lieu à la jonction Rahelim près d’Ariel.
C’est dans ce contexte qu’on apprenait, le 22 juillet, qu’un bateau de trafiquants d’armes et de drogues avait été intercepté par la marine israélienne sur la mer morte, entre Israël et la Jordanie. Les trafiquants traversent souvent la mer morte pour vendre des armes et de la drogue dans les villes palestiniennes de Cisjordanie.

On s’agite pourtant pour imposer une trêve
Canal 10 d’ITV, un canal militaire israélien, a rapporté dans la nuit du 21 au 22 juillet qu’un accord de cessez-le-feu pourrait être signé au Caire. Un schéma aurait été mis au point par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, pour convaincre les belligérants d’accepter une trêve dite « de longue durée ».  On verra quel accueil sera fait à ce projet et surtout s’il sera respecté.
Un analyste de Canal 10 a toutefois prévenu qu’il était plus que probable que l'aile militaire du Hamas ne respecte pas ce cessez-le feu, car il est intéressé à poursuivre la confrontation avec l’armée israélienne. 

2500 frappes israéliennes sur Gaza
Selon le service de presse des Forces de défense israéliennes 2500 objectifs ont été frappés depuis le début de l’opération « Bordure Protectrice ».

1637 roquettes et missiles tirés par les Palestiniens
L'armée israélienne indique que 1637 roquettes et missiles ont été tirés par les Palestiniens contre Israël.  1228 d'entre eux a explosé en territoire israélien, 340 missiles ont été abattus par le système de défense antimissile "Iron Dome ". Le reste est tombé dans la bande de Gaza. Ces tirs ont tué deux Israéliens et fait plus de 30 blessés.

73 tués palestiniens au cours de la journée du  22 juillet
Le ministère de la Santé de la bande de Gaza indique que plus de 100 personnes ont été tuées au cours de la seule journée du 21 juillet. Le nombre des morts depuis le début des affrontements s’établirait à 633. 3752 personnes ont été blessées. A vingt heures, le nombre de morts palestiniens pour la journée du 22 juillet s'établissait à 73.

L’armée israélienne poursuit sa progression pour détruire les tunnels et lanceurs de missiles
Le 21 juillet, la brigade Nahal de l’'armée israélienne a découvert des lanceurs de fusées Grad dans une école d'agriculture à Beit Hanoun, Certains des lanceurs étaient prêts à tirer. Le Hamas avait tiré plusieurs roquettes sur Israël à partir de cet endroit, qui constituait donc une cible de l’armée israélienne.
Vidéo :
https://www.youtube.com/watch?v=u57yxd753f8&feature=p...
Destruction d’un tunnel. La vidéo montre comment les explosions se répercutent tout au long du tunnel, le détruisant entièrement :
https://www.youtube.com/watch?v=zn2Vee_N8SM&feature=p...

Faits marquants du 22 Juillet 2014

01h30. Un site associé à l’organisation "Djihad islamique", informe qu’une trêve humanitaire pourrait avoir lieu mardi 22 Juillet entre 10h00 et 15h00. Ni le gouvernement ni l’armée d’Israël n’ont fait de commentaires.
02h30. Une roquette a été tirée à partir des abords du secteur libanais des fermes de Chebaa en direction d’Israël. La roquette a atterri à l'intérieur du territoire libanais.
03h00. Les tirs palestiniens reprennent en direction d’Israël. Quatre roquettes sont tirées sur Beersheba. L'une d’elles a été détruite par la batterie antimissiles "Iron Dome", les trois autres ont éclaté dans des terrains vagues.
06:00. Les alertes ont résonné à Shaar Hanegev, Sdot Néguev et Eshkol. Un missile a effectivement  explosé dans un terrain vague près de Sdot Néguev.
08h00. Sept Palestiniens ont été tués, tôt mardi 22 juillet, dans de nouveaux raids aériens israéliens au sud et au centre de la bande de Gaza. Parmi les victimes se trouvent cinq membres d'une même famille, dont quatre femmes, tués à Deir el-Balah (sud). Une sixième personne est morte dans un raid sur Khan Younès et la septième a été tuée par un bombardement du camp de réfugiés de Nousseirate (centre).
09h00. L'armée israélienne reconnaît qu'un soldat était porté manquant depuis le 20 juillet 2014 mais affirme qu'il a probablement été tué. Rappelons que les Brigades Ezzedine al-Qassam avaient revendiqué la capture d'un soldat israélien dans la soirée du dimanche
Une autre information est en train de filtrer, sans toutefois être confirmée par l’armée israélienne. Celle de la mort du colonel Dolev Kidar près du kibboutz d’Erez au nord de Gaza. Il aurait été tué par les tirs de combattants des Brigades Ezzedine al-Qassam qui s’étaient infiltrés dans ce kibboutz via un tunnel terrestre. Kidar commandait la base d’entrainement d’officiers dans le Néguev. Si cette information est confirmée, il s’agira du plus haut commandant militaire tué dans la bataille terrestre à l’heure actuelle.
On en sait un peu plus sur les blessures subies par Ghassan Oleyane, commandant de la Brigade Golani. Il a été atteint aux yeux lors d’affrontements à l’Est du quartier al-Tuffah dimanche 20 juillet. L’officier est toujours hospitalisé à Beersheva. 
11h00. Tsahal a achevé le rapatriement des corps de six des sept combattants de la brigade "Golani" tués dans le Véhicule de Transport de Troupe dans le quartier Shajiya, dimanche 20 juillet. L’Attaché de presse militaire, Mordechai Almoz,  a déclaré que le processus d'identification du septième soldat n’avait pas pu être achevé en raison de circonstances difficiles, mais que l'armée ferait tout faire pour l'identifier. Les médias israéliens ont interprété les paroles d’Almoz comme une reconnaissance que le septième soldat était considéré comme MIA. 
L’armée confirme que le soldat disparu s’appelle Shaul Aaron. Il s’agit bien d’un sergent de la brigade Golani âgé de 21 ans.
Le Hamas et le jihad islamique ont refusé de respecter une trêve humanitaire de cinq heures aujourd’hui. Israël a refusé à son tour.
Les bombardements se sont donc poursuivis de part et d’autre ; Des roquettes ont atteint les localités de Gush Dan, Shfela, Ashdod, Ashkelon et les zones adjacentes à la bande de Gaza. A Ashdod, une fusée a explosé dans la cour d’une l'école et à Yehuda une autre a atteint une maison, blessant deux personnes. Plusieurs roquettes ont été interceptées par le système "Iron Dome".
Une autre information, non confirmée, fait état de Neuf israéliens blessés par la chute de roquettes sur Tel Aviv et Petah Tikva au centre de la Cisjordanie. La deuxième chaine de télévision israélienne a indiqué que quatre personnes ont été blessées alors qu’elles cherchaient à trouver refuge après que les sirènes d’alarme aient retenti.  Trois autres personnes ont été traitées en état de choc dans la région Ehoud au nord de Tel Aviv, suite à la chute d’une roquette sur un quartier résidentiel. Le missile serait tombé dans la région de Kiryat Ono Yehoud, à quelques kilomètres au nord de l’aéroport de Tel-Aviv, endommageant plusieurs maisons. Les Brigades Ezzedine el-Qassam affirment avoir tiré un missile M-75. Toujours est-il que les compagnies aériennes américaines, Air France, Lufthansa et Brussels Airline ont aussitôt décidé d’interrompre leurs vols à destination de Tel-Aviv.
15h00. Tirs de roquettes sur Beersheba et la région d'Eshkol. À Beersheba une roquette a été détruite  par le système de défense antimissile "Iron Dome".
Entre 00h00 et 15h00, ce 22 juillet 2014,  Tsahal annonce avoir bombardé 187 cibles de l’adversaire dans la bande de Gaza, dont plus de 100 - étaient dans le quartier Shajaya. Parmi les objectifs on annonce l’attaque de lance-roquettes, des ateliers pour la production de missiles et d'explosifs, des lieux de stockage de missiles.
15h30. Des roquettes atteignent le quartier Hof Ashkelon et les sirènes résonnent toutes les minutes à Zikim et Carmen. Une roquette au moins a été détruite par "Iron Dome".
16.00. A nouveau des roquettes sur Beersheba et hurlement des sirènes dans le district de Merhavim.
16h30. L’armée israélienne a révélé l’identité du dernier KIA de ce matin. Il s’agit du  sergent Avitar Turgeman (20 ans) de Beit Shean.
19h00. Les sirènes ont retenti plusieurs fois au cours de la dernière heure à Zikim et Carmen. Aucune information sur des victimes ou des dégâts matériels.
Entre 00h00 et 19h00, ce mardi 22 juillet, l’armée israélienne a comptabilisé le tir de 48 missiles, dont 11 ont été abattus par  "Iron Dome" et deux sont tombés dans la bande de Gaza.
20h00. Une école de fille de l'UNRWA, située dans le camp de réfugiés d’al-Maghazi au centre de Gaza et abritant des personnes déplacées, a été atteinte par des bombardements de chars israéliens. Cette école avait déjà été atteinte par des tirs la veille et c’est la raison pour laquelle une équipe de l'ONU était sur place lorsque les tirs ont à nouveau touché le bâtiment.
Un autre communiqué de l’ONU indique que le Hamas avait caché des roquettes dans une école vide, le deuxième incident de ce genre en une semaine.
L'ONU a pris en charge quelque 100.000 réfugiés depuis le début du conflit le 8 juillet.
Israël accuse le Hamas d'utiliser des installations civiles pour ses opérations militaires dans le but d'alourdir le bilan humain à Gaza.

 

Israël dénonce l’emploi d’ambulances pour le transport de combattants du Hamas
Ils présentent une vidéo comme preuve à l’appui :
https://www.youtube.com/watch?v=7O114V9PdmM&feature=p...

 

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

08:24 Publié dans Egypte, Gaza, Hamas, Israel, Jihad islamique, Jordanie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

15/07/2014

Abou Qatada : le califat proclamé par l'EI est "nul et non avenu"

Abou Qatada dit « non » à l’Etat Islamique
Abou Qatada, considéré un temps comme « l’ambassadeur de Ben Laden en Europe, a  dénoncé, mardi 15 juillet 2014, comme "nulle et non avenue" l'annonce de la création d'un "califat" par les Jihadistes de Daesh  et la nomination d’Abou Baker al-Baghdadi comme le calife :
"L'annonce d'un califat par l'Etat islamique est nulle et non avenue, et sans aucun sens parce qu'il n'a pas été approuvé par les jihadistes dans d'autres parties du monde", écrit Abou Qatada dans un document de 21 pages publié sur des sites jihadistes.
"Ce groupe n'a pas l'autorité pour diriger tous les musulmans et sa déclaration n'engage que lui", ajoute-t-il.
"Ses menaces de tuer les opposants, sa mise sur la touche des autres groupes et sa façon violente de combattre les opposants constituent un péché majeur", a-t-il poursuivi en appelant les musulmans à ne pas rejoindre l'EI.
"Ils sont impitoyables dans leur relation avec les autres jihadistes. Comment pourraient-ils s'occuper des pauvres, des faibles et des autres personnes?" a-t-il mis en garde.

Il avait déjà condamné Daesh
Abou Qatada avait déjà critiqué Daesh, en février 2014, pour avoir imposé la « jizya » (une taxe islamiste) aux chrétiens en Syrie, affirmant que les idées de Daesh étaient « erronées et extrêmes ». « La taxe imposée aux chrétiens (...) n'est pas acceptable », avait affirmé Abou Qatada durant son procès à Amman. La « jizya » était imposée aux premiers temps de l'islam aux non-musulmans par leurs conquérants islamiques.

Qui est Abou Qatada ?
De son vrai nom Omar Mahmoud Mohammad Othman, Abou Qatada est né en 1960 à Bethléem, alors sous l’autorité de la Jordanie. Il était arrivé en Grande Bretagne en 1993 pour demander l’asile politique. Depuis 2002, il a enchaîné les séjours en prison en vertu de la législation antiterroriste. Il s’est illustré en Grande-Bretagne par de virulents prêches antioccidentaux, antiaméricains et antijuifs. Le juge espagnol Baltasar Garzon l’avait décrit comme l’« ambassadeur européen de Ben Laden » ou encore le « chef spirituel d’el-Qaëda » en Europe.
Le prédicateur Abou Qatada était considéré « comme un homme dangereux » par les autorités judiciaires britanniques. Après avoir bénéficié d’une libération conditionnelle à Londres le 13 novembre 2012, il avait été incarcéré à nouveau en mars 2013 pour avoir enfreint les règles strictes de sa libération conditionnelle. D’après le juge, le prédicateur jordanien n’avait pas respecté l’interdiction d’avoir un téléphone portable allumé quand il est à son domicile ni d’avoir des « équipements informatiques, des CD réinscriptibles ou des clés USB ». Sa nouvelle détention faisait suite à des perquisitions menées à son domicile par Scotland Yard ainsi qu’à plusieurs autres adresses à Londres.
Il sera finalement expulsé vers Amman, en juillet 2013, après dix ans de saga judiciaire. La Jordanie voulait rejuger Qatada pour deux affaires liées à la préparation présumée d’attentats. Abou Qatada avait été condamné à mort par contumace en 1999 pour « préparation d’attentats » visant en particulier l’école américaine à Amman. La peine avait été commuée en prison à vie assortie de travaux forcés. Il sera finalement acquitté de cette accusation pour manque de preuve par un tribunal jordanien, le 25 juin 2014.  En 2000, il avait aussi été condamné en son absence à 15 ans de prison pour complot en vue de commettre des attaques terroristes contre des touristes en Jordanie.

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l’enfer des espions)

14:52 Publié dans Abou Qatada, Etat Islamique, Jordanie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |