28/07/2014

21e jour de guerre à Gaza – 28 juillet 2014

Décompte des victimes – côté israélien
43 soldats et trois civils ont été tués à ce jour depuis le début du conflit entre Israël et Gaza.
122 blessés israéliens ont été reçus par l'hôpital militaire israélien. L’un d’eux est dans un état critique. Un  autre est dans un état grave. 38 soldats ont été hospitalisés à l'hôpital, "quarante", 34 à l’hôpital "Barzilai" et 30 à "Shibe."

Et du côté palestinien
Le bilan des victimes s’élève ce dimanche à plus de 1067 tués et plus de 6.000 blessés.
Parmi les tués, 3 sont des journalistes, selon le ministère palestinien de l’information.
 
Obama fait le forcing sur Netanyahu
Le président Barack Obama a passé la soirée du Juillet 27 au téléphone avec le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu. Il a exhorté le dirigeant israélien à accepter un cessez-le feu humanitaire immédiat. Ce cessez-le-feu devrait être la base pour une trêve de longue durée en échange d’un désarmement du Hamas et du Jihad islamique. Reste à préciser ce qui convaincrait les Palestiniens à accepter d’être désarmés ? Qui de la communauté internationale entreprendrait une telle opération ? Le Hezbollah libanais devait, lui-aussi, être désarmé à l’issue de la guerre entre Israël et la milice chiite de 2006. On a vu ce qu’il était advenu de cette résolution.

Le secrétaire d’Etat américain n’a rien obtenu
Le Secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a quitté la région Moyen-Orientale, sans obtenir accord des parties sur une cessation des hostilités. Selon les médias israéliens, son échec tient au fait qu’il a soutenu les demandes du Hamas de modification du plan égyptien de cessez-le-feu. Il a enfin été critiqué pour ne pas avoir invité l’Egypte et Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité Palestinienne, à la conférence de Paris alors que le Qatar et la Turquie prenaient part aux négociations de paix.  
Il est certain que l’Egypte, qui n’est pas l’amie des Frères musulmans – peu s’en faut - et par voie de conséquence du Hamas, avait peu de chance de jouer un rôle de médiateur entre Israël et l’organisation gazaouie, alors que le Qatar et la Turquie, proches des Ikhwan, avaient plus de chance de pouvoir jouer ce rôle. L’Egypte, tout comme l’Arabie saoudite, n’ont eu de cesse, depuis le début des affrontements, de dénoncer la responsabilité du Hamas dans le déclenchement des hostilités. Mais ne pas avoir obtenu la participation de Mahmoud Abbas ou d'un représentant de l'Autorité Palestinienne à la réunion de Paris était une erreur de la diplomatie occidentale. Cette absence pousse Mahmoud Abbas et l'OLP dans le giron de l'Egypte. Elle va contribuer à envenimer les relations entre la centrale palestinienne et le Hamas et éliminer une possibilité de médiation.

Ahmet Davutoglu, le ministre turc des AE, plutôt optimiste
Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a déclaré que le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a réussi à obtenir d’Israël et du Hamas qu’ils mettent fin aux hostilités dans la journée du lundi. Davutoglu a déclaré qu’un accord de cessez-le-feu temporaire devrait entrer en vigueur le lundi 28 Juillet, à 14h00.
 
Les Israéliens favorables à la poursuite de la guerre
Environ 87% des Israéliens soutiennent les opérations militaires à Gaza et 69% estiment que le Hamas doit quitter le pouvoir dans la bande de Gaza.

Le chef d’état-major israélien en faveur d’un cessez-le-feu
Le chef d'état-major de Tsahal, Benny Gantz, est plutôt favorable à la trêve. Selon lui, les opérations de destruction des tunnels sont beaucoup plus faciles quand les soldats ne sont pas sous le feu de l’adversaire. Le cessez-le-feu permet également d’enlever les corps en décomposition des Palestiniens qui jonchent le champ de bataille.
Par contre, les chefs des conseils des localités situées à la frontière de Gaza sont opposés à la trêve et demandent à l’armée de poursuivre le travail.

Une manifestation de Chrétiens de Haïfa pour soutenir l’opération militaire à Gaza
A noter la manifestation d’Arabes chrétiens qui a eu lieu dimanche 27 juillet à Haïfa pour soutenir les opérations militaires à Gaza. Selon les organisateurs, l'armée israélienne est dans son droit lorsqu’elle combat une des organisations islamistes radicales.
 
Israël a bombardé 40 cibles à Gaza  et les Palestiniens ont tiré 50 roquettes sur Israël dimanche
Les Palestiniens n’ayant pas cessé leurs tirs de roquettes alors qu’une trêve avait été acceptée par les partis, Israël a finalement repris son offensive militaire à partir de 11h le dimanche. L’armée israélienne a frappé 40 cibles dans la journée du dimanche 27 juillet, tandis que les palestiniens tiraient sur l'Etat juif plus de 50 roquettes et obus de mortier.

Résumé de la journée du 28 juillet
07h15. Les sirènes d’alarme ont retenti à Ashkelon et ses environs avant l’arrivée d’une roquette qui sans faire de victimes ou de dégâts.
09h00. L’artillerie israélienne a ouvert le feu en direction de Beit Lahia (Nord de Gaza) en réponse au lancement d’un missile vers Ashkelon.
11h30. Un échange de tirs entre soldats de Tsahal et des militants palestiniens a blessé un soldat israélien.
Les soldats israéliens répliquent après que des militants aient ouvert le feu :
https://www.youtube.com/watch?v=n_xQiuEoX8M&feature=p...
12.00. Quatre roquettes tirées en direction du Conseil régional de Hof Ashkelon ont explosé à l’intérieur de la bande de Gaza.
13h30. Une roquette a explosé dans le district de Sdot Néguev sans faire ni victimes ni dégâts.
13h30. L'alarme a retenti à nouveau à Shaar Hanegev.
15h50. Alors qu'Israël a observé le cessez-le feu à Gaza, se bornant à répondre à des tirs de mortiers, le Hamas a tiré 11 roquettes en direction d’Israël selon un décompte effectué en milieu d’après midi. Ont été ciblées les localités de Kiryat Malachi, Netivot, le district d'Eshkol et d'Ashkelon.
Les maires des localités du sud d'Israël contre l'arrêt des combats
Les maires et les présidents des conseils municipaux des villes et villages du sud les plus lourdement frappés par les roquettes du Hamas ont formé un front de protestation contre l'arrêt des opérations de Tsahal. Pour eux, « seulement la moitié du travail a été fait». « Même après la destruction de tunnels terroristes, les roquettes continuent de voler! ».
Israël rejette l'appel du Conseil des Nations Unies pour Sec-feu à Gaza
Israël a rejeté l'appel du Conseil de sécurité de l'ONU pour un cessez le feu immédiat et humanitaire à Gaza. Dans sa réponse au secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, Benyamin Netanyahu a déclaré que le texte ne concernait que les besoins d’ «une organisation terroriste meurtrière qui attaque les civils israéliens." Il ne tient pas compte des torts infligés aux citoyens israéliens et de l'utilisation abusive du Hamas des installations de l'ONU pour lancer des attaques sur les citoyens israéliens.
Un missile israélien explose dans l’enceinte de l’hôpital de Chifa à Gaza
17h40.
Un missile israélien explose à l’intérieur de l'enceinte de l'hôpital Chifa dans la ville de Gaza sans faire de victimes. L’hôpital de Chifa est le plus grand de l'enclave palestinienne et avait été jusqu'à présent épargné.La frappe aérienne israélienne a visé un bâtiment proche de l'entrée de l'établissement, à l'intérieur de l'enceinte.
La situation se dégrade brutalement à partir de 18h00
Sept enfants palestiniens ont été tués par une frappe israélienne sur le camp de réfugiés deChatti, en bordure de mer. Les Israéliens ont accusé le Hamas d’être responsable sur l’hôpital de Chifa et sur le camp de Chatti en expliquant qu’ils avaient tiré des roquettes qui avaient raté leurs cibles. Le Hamas dément ces accusations.
Et quatre soldats Israéliens ont été tués par la chute d’un obus de mortier sur le kibboutz Be’eri situé dans la région d'Eshkol tout près de la frontière. Huit autres personnes ont été blessées par l’obus.
Entre 18h00 et 19h00 au moins 10 missiles ont été tirés sur Israël. L'un d'eux a explosé près d'un jardin d'enfants à Sdérot, causant des dommages importants à l'immeuble.
19h15, les autorités israéliennes ont demandé à la population civile de quitter immédiatement les zones proches de la ville de Gaza.
Autour de 19h15 les sirènes ont retenti à Hadera, Césarée, la banlieue de Haïfa. L'armée a indiqué que deux missiles ont été lancés du côté de Carmiel. L'un d'eux est tombé dans  campagne près de Zichron Yaakov. Le point de chute d’un second missile n’a pas été spécifié.
20h00. Un groupe de combattants palestiniens est entré en Israël en utilisant un tunnel pour attaquer un établissement de Shaar Hanegev. Le canal 10  d’ITV a précisé qu’il s’agissait d’une tentative d’infiltration palestinienne  dans le kibboutz Nahal Oz. Les Palestiniens ont été repérés par une patrouille militaire israélienne. Les soldats de Tsahal se sont affrontés avec les Palestiniens. Quatre membres du Hama ont été tués. Mais une jeep de l’armée dépêchée sur place a été frappée de plein fouet par un missile anti-char tiré par le commando palestinien infiltré en territoire israélien, tuant net cinq autres soldats israéliens. La région a été mise au plus niveau d’alerte.
On annonce qu’un autre soldat a été tué lors de combats à Gaza. Au total, ce sont dix soldats qui ont été tués en fin d'après midi.
21h00. Les sirènes d’alarme ont retenti cette fois dans les colonies de Haute Galilée. L’armée a précisé que l’alerte a été lancée car deux missiles venaient d’être tirés à partir du Liban. Mais on apprenait peu après que les deux missiles avaient explosé à l’intérieur du territoire libanais.

Vidéos - Côté israélien
Les habitants du kibboutz Nir-Am parlent de leur peur :
https://www.youtube.com/watch?v=wMzMkSpXAcw&feature=p...
Le corps des blindés détruit un tunnel du Hamas :
https://www.youtube.com/watch?v=EOA2lV2pVdg&feature=p...
Les paras entrent dans un tunnel qui servait de cache d'armes :
https://www.youtube.com/watch?v=_NBEixuQbYQ&feature=p...
Le général Benny Gantz se rend sur le terrain à Gaza :
https://www.youtube.com/watch?list=UUawNWlihdgaycQpO3zi-j...

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

08:21 Publié dans Arabie saoudite, Egypte, Etats-Unis, Gaza, Hamas, Israel, John Kerry, Turquie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

22/07/2014

Shajaya (Gaza), ville martyre, un problème pour Israël

La bataille de Shajaya entre l’armée israélienne et le Hamas se poursuit
La bataille pour Shajaya, le bastion du Hamas à la périphérie orientale de la ville de Gaza, se poursuivait le 22 Juillet contre les militants du Hamas qui s’accrochaient coûte que coûte dans les ruines du quartier. Le Hamas a réussi à faire parvenir des renforts sur place et à occuper de nouvelles positions de combat au cours de la nuit du 21 au 22 juillet. Ces renforts ont peut être rejoints leurs positions par le complexe système de tunnel creusé sous le sol de Gaza.

Peu d’informations officielles
On a peu d’informations sur ce qui se passe réellement sur le terrain car le Bureau de presse de l’armée israélienne donne peu d’informations et les correspondants de guerre, israéliens ou étrangers, ne sont pas autorisés à se joindre aux troupes d’assaut.
Les seules images disponibles sont celles fournies par l’armée.
Cette politique n’empêche par les informations de filtrer car beaucoup de familles israéliennes ont des membres sur le front ou proche des zones de guerre. Ces informations non contrôlées alimentent les rumeurs et décrédibilise les sources officielles d’information. Beaucoup de ces informations ou de ces rumeurs inondent les réseaux sociaux, ce qui contribue à rendre difficile la recherche d’informations.
Les Communiqués officiels se bornent à donner des chiffres destinés à impressionner et à soutenir le moral. Mardi matin, l'armée israélienne annonçait avoir frappé 3,200 objectifs appartenant au Hamas depuis le début de l'opération. Les soldats auraient détruits 23 tunnels et 36 ramifications faisant partie du complexe système souterrain du Hamas. L’armée annonçait avoir mis 186 membres du Hamas hors de combat, alors qu’elle reconnaissait la perte de 27 soldats tués et d’un disparu.

L’armée était obligée d’annoncer les pertes subies à Shajaya mais maintient le black-out sur les autres fronts
Les pertes de la Brigade Golani à Shajaya étaient si lourdes que les chefs de Tsahal n'avaient d’autres choix que de les divulguer. A contrecœur, d’où le retard de plusieurs heures. Par contre, on a toujours très peu d’informations officielles sur ce qui se passe dans les autres secteurs de la bataille.  Que se passe-t-il, par exemple, à Rafah ou à Khan Younes, ou encore dans les villes du nord de la Bande de Gaza : Shati et Zeitoun ?

L’armée dit avoir pris l’avantage
L’armée israélienne affirme avoir pris l'avantage sur le Hamas, ce qui n’a rien de surprenant tant la puissance militaire de Tsahal est écrasante. Mais la bataille est loin d'être gagnée.
Et les pertes subies par l’armée israélienne encourage les combattants islamistes à poursuivre le combat quel qu'en soit le prix.  Ils savent que le temps travaille pour eux. Les condamnations contre le nombre effrayant des victimes civiles, les images tournant en boucles des blessés et des morts, transportés brinquebalants et sanguinolents dans les hôpitaux dépassés par le nombre des victimes, réduit d’autant la capacité pour Israël de résister aux pressions diplomatiques internationales. C'est bien ce qui suinte, d'ailleurs, de la brusque réanimation des efforts diplomatiques de John Kerry et Ban Ki Moon, dont on voit bien qu'ils ont de plus en plus de mal à cacher leur exaspération vis-vis d'Israël.

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

18:48 Publié dans Egypte, Etats-Unis, Gaza, Hamas, Israel, John Kerry | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

28/06/2014

Les Etats-Unis ne semblent plus rien contrôler au Moyen Orient

John Kerry en Arabie Saoudite
Après avoir promis d’aider le pouvoir en place à Bagdad, l’administration américaine a finalement compris que cela revenait à protéger le régime de Nouri al-Maliki, c’est-à-dire à se ranger du côté du régime des Mollahs de Téhéran et donc du Hezbollah, une milice qu’elle a inscrite sur la liste des organisations terroristes. Une position difficile à expliquer auprès des nombreux alliés régionaux des Etats-Unis, que ce soit Israël, les Kurdes ou même les monarchies du Golfe.
C’est sans doute pour expliquer la position de Washington que John Kerry était, le 27 juin 2014 à Riyad. Mais il n’est pas sûr qu’il soit reçu en « ami ». Les Saoudiens n’ont pas du tout apprécié les relations de« flirt » entre Washington et Téhéran, sous prétexte de mettre un terme au programme nucléaire iranien.

Les Saoudiens ont pris l’initiative de faire « exploser » l’Irak
Les Saoudiens ont fourni aux tribus sunnites une grande quantité d’armes. Celles-ci, exaspérées par la politique anti-sunnite du premier ministre Nouri al-Maliki, se sont alors alliées avec l’EIIL pour lancer une grande offensive contre l’armée irakienne et le gouvernement de Bagdad et « libérer » les régions sunnites.

Les Saoudiens ont livré des armes
Les Saoudiens ont fourni des armes par avion et par voie terrestre. Les convois d’armes qui traversaient la frontière irako-saoudienne bénéficiaient d’une couverture de l’armée de l’air saoudienne et même jordanienne (selon des informations israéliennes). Il est surprenant que l’administration Obama ait été la seule à ne pas être au courant ! 
Les armes étaient transportées jusqu’à la région d’al-Qaïm. Al-Qaïm est une localité frontalière avec la Syrie, aux mains des tribus sunnites alliées pour la circonstance aux Islamistes de l’EIIL.
Maîtres de la région, les combattants sunnites ont alors entrepris de rénover la base aérienne H-2, autrefois l’une des principales bases aériennes de Saddam Hussein. Cette base est située à  350 kilomètres à l'ouest de Bagdad et dispose de deux longues pistes et des hangars pouvant abriter des avions de combat et des hélicoptères.
Selon des sources de renseignement israéliennes, des avions cargos civils ne portant aucune marque d’identification auraient atterri à cette base, le mardi 24 juin pour livrer de grandes quantités d’armes et de munitions. Les avions provenaient d'Arabie saoudite.
C’est la raison pour laquelle des bombardiers syriens seraient intervenus en Irak pour bombarder les pistes réparées de H-2 et faire stopper les livraisons en provenance d’Arabie saoudite. 57 personnes auraient été tuées et 120 blessées au cours du bombardement selon des renseignements américains.

Le bombardement de H-2 confirme l’implication des Saoudiens et des Iraniens dans la guerre en Irak
Le bombardement de H-2 par l’aviation syrienne prouve qu’il y a eu un échange d’informations et une coordination opérationnelle entre les centres de commandement iranien, irakien et syrien.
Elle prouve aussi que l’Arabie saoudite, la Jordanie et l’Egypte sont à la manœuvre en Irak pour donner la victoire aux Sunnites irakiens.

Que vient faire l’Egypte dans cette affaire ?
On vient d'annoncer qu’un commando expéditionnaire égyptien s’était envolé pour l’Arabie saoudite sous le prétexte de renforcer les défenses frontalières du royaume.  Renforcer contre qui ? On affirme à Riyad, juste avant la visite de John Kerry, que c’est parce qu’on craint l’arrivée de l’EIIL aux frontières saoudiennes. Comme si les Islamistes de l’EIIL, qui marchent main dans la main avec les tribus sunnites pro-saoudiennes, pouvaient menacer le royaume ! Non ! Les renforts égyptiens sont un acte d’allégeance du Caire à Riyad pour remercier les Saoudiens de les avoir soutenus lors du coup de force du général al-Sissi contre les Frères Musulmans. Et aussi parce qu’ainsi les Egyptiens affichent clairement leur camp, celui de Riyad contre Téhéran.

John Kerry en pleine patauge
Alors John Kerry se rend à Riyad pour convaincre les Saoudiens d’aider les Américains à combattre les Jihadistes en Syrie comme en Irak alors que ces mêmes Saoudiens sont précisément en train d’armer ces mêmes Jihadistes. Il n’aura pas obtenu grand-chose à Riyad si ce n’est une déclaration d’un chef de la coalition de l'opposition nationale syrienne, Ahmad al-Jarba, selon laquelle les combattants de l’Armée Syrienne Libre seraient prêts à combattre les Jihadistes de l’EIIL en Irak. J’espère que John Kerry n’aura pas pris cette déclaration au sérieux ! En fait, John Kerry a deux objectifs : signer un accord sur le nucléaire iranien et combattre les jihadistes où qu'ils soient. La survie du régime de Bachar el-Assad ou de celui de Nouri al-Maliki est le second de ses soucis. Ce n'est évidemment pas l'opinion de ses interlocuteurs saoudiens.

Le prince Bandar Ben Sultan serait de retour aux affaires
Et précisément, on parle d’un retour aux affaires de Bandar Sultan, l’ancien patron des services de renseignement limogé au début de 2014 pour plaire à Barak Obama. Le président américain lui avait reproché d’avoir aidé les groupes jihadistes syriens dans le but d’abattre coûte que coûte le régime de Bachar el-Assad. Il serait à nouveau chargé de suivre l’affaire irakienne.

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)