04/10/2014

Washington à la recherche de rebelles « modérés »

Les stratèges du Pentagone parlent de «rebelles modérés». Il s'agit dans leur esprit d'opposants au régime syrien «fréquentables»  par opposition aux groupes islamistes dangereux comme l’Etat Islamique ou le Front al-Nosra, le représentant d’al-Qaïda en Syrie. 

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02/10/2014

1er octobre 2014 - Nouvelles des guerres contre le califat islamique

Front syrien

Bataille de Kobane (Aïn el-Arab)
Des combats acharnés opposaient mercredi 1er octobre les jihadistes de l'Etat islamique (EI) aux forces kurdes à Aïn al-Arab (Kobané en kurde). Les Islamistes de l'EI seraient aux portes de cette troisième ville kurde de Syrie et se seraient même rendus maître d'une position de défense kurde à l'entrée de la ville.
"Bien qu'inférieurs en nombre et en armement, les combattants kurdes refusent de se retirer et défendent farouchement leur ville face aux jihadistes de l'EI", affirme à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH. "C'est pour eux une question de vie ou de mort", ajoute-t-il.
Des centaines de combattants kurdes font face à des milliers de combattants jihadistes, qui disposent en outre de chars, d'artillerie lourde et de lance-roquettes multiples de 220 mm, précise l'ONG.
"Les Kurdes eux sont armés de kalashnikovs, de mitrailleuses lourdes soviétiques DShK et des lance-roquettes RPG". Mais ils auraient reçu récemment des missiles antichars téléguidés.
Les Kurdes auraient reçu le support de bombardements exécutés par la coalition internationale sur des positions de l’EI à la périphérie de la ville. La coalition américano-arabe a mené au moins cinq frappes aériennes contre les positions jihadistes sur la ligne de front à l'est et au sud-est de Kobané".
Vidéo côté kurde :
https://www.youtube.com/watch?v=R437gWNfQP4&feature=p...
La coalition internationale bombarde aussi des positions jihadistes dans la région de Hassaké, une province kurde au nord-est de la Syrie :
Vidéo du Centcom :
https://www.youtube.com/watch?v=bFaBhdwchVI&feature=p...
Bombardement d’un stock d’armes à Milibiya, dans la région d’Hassaké :
https://www.youtube.com/watch?v=gpWHyv5cECA&list=UUNE...

Double jeu américain à Kobané ?
Naturellement, les vidéos de bombardements fournis par le CENTCOM semblent impressionnantes. Mais on se demande pourquoi les avions américains n’attaquent pas les nombreux tanks et autres véhicules blindés du califat islamique qui enfoncent les lignes kurdes à Kobane ? Plusieurs vidéos kurdes ont montré les armes dérisoires utilisées par les Kurdes de l’YPG alors que les tanks jihadistes tirent sur eux depuis une courte distance. Il semble qu’un jeu « compliqué » soit mené par les Etats-Unis, à savoir que le Pentagone aiderait avec succès les Kurdes irakiens (en bons termes avec la Turquie) et laisserait les Kurdes syriens se faire écraser par les Jihadistes à proximité immédiate de la frontière turque. Pourquoi ? On va naturellement s’intéresser à cette question.

Les Russes fourniraient des missiles S-300 à la Syrie
La Russie a fourni des missiles S-300 à l’armée syrienne. Les armes seraient arrivées la semaine dernière au port de Tartous sur la côte méditerranéenne où la Russie maintient une petite base navale. Il s’agit d’ne nouvelle qui pourrait dissuader la coalition internationale de lancer une action aérienne contre la Syrie. Sans compter qu’elle va sans doute faire réagir Tel Aviv qui craint plus que tout que ces armes tombent un jour entre les mains du Hezbollah. 
Un autre envoi d'armes russes serait actuellement en route vers la Syrie, ont indiqué les responsables.
Il y a deux semaines, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré aux journalistes que son gouvernement fournirait un soutien militaire à la Syrie, en moyens anti-aériens, prétextant qu’ils aideraient la Syrie à lutter contre le terrorisme. 
Chacun sait que ces armes pourraient être utilisées par l’armée syrienne si la coalition internationale venait à attaquer l’armée assadiste.

Front irakien

Bataille de rabia
Les forces kurdes ont réussi à prendre le contrôle de la ville irakienne de Rabia, à la frontière syrienne, et assiègent une clinique où ont trouvé refuge des Jihadistes de l’EI.
"Il y a 10-12 membres de l'EI à l'intérieur. Nous ne voulons pas attaquer, parce que (le bâtiment) a peut-être été piégé" par les jihadistes, a indiqué un haut responsable, précisant que les forces kurdes contrôlaient complètement le reste de Rabia, mettant la main sur une grande quantité de matériel militaire.
"Nous attendons qu'ils sortent ou se suicident, mais nous ne les combattons pas", a ajouté Holgord Hekmat, un porte-parole des peshmergas.
Les forces kurdes, avec le support aérien de la coalition internationale, avaient lancé une offensive contre Rabia sur trois fronts à partir du mardi 30 septembre.
Outre Rabia, ils ont avancé vers Zoumar, au nord de Mossoul, mais la ville était encore sous le contrôle de l'EI mercredi.
Les peshmergas, qui ont reçu des équipements de leurs alliés, ont également pris trois villages au sud de Kirkouk mardi 30 septembre

Vidéo kurde :
Ambiance des combats nocturnes entre Daesh et les Peshmergas :
https://www.youtube.com/watch?list=UUNoazHVgGDtXhHwY3makn...

Bagdad
Une attaque suicide à la voiture piégée a eu lieu dans le sud de Bagdad. Elle visait une rue commerçante d'un quartier chiite, tuant au moins onze personnes et faisant 34 blessés.

Les tribus sunnites en guerre contre l’EI
Des combattants d'une tribu sunnite qui habitent le quartier de Joubour, du nom de leur tribu, ont repoussé un assaut des Jihadistes de l'Etat islamique (EI) dans la ville de Doulouiya, au nord de Bagdad, faisant 14 morts dans les deux camps, ont rapporté des responsables mercredi. Les milices tribales avaient reçu le renfort des forces irakiennes.
"Ils ont attaqué Joubour de trois directions la nuit dernière et les combats se sont poursuivis jusqu'au matin", a indiqué un officier supérieur de la police à Doulouiya.
"Leur attaque a échoué mais il y a eu des victimes", a-t-il dit faisant état de sept morts dans chaque camp, dont un kamikaze jihadiste qui a fait sauter sa ceinture explosive.
Joubour, qui a joué un rôle clé dans la mise en place des milices sunnites luttant contre al-Qaïda soutenues par les Etats-Unis entre 2005 et 2007, a reçu le soutien de l'armée irakienne et de milices chiites.

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

25/09/2014

La priorité donnée par les Américains à la lutte anti-terroriste donne les coudées franches à l’Iran dans la région

Les Américains donnent la priorité à la lutte contre les terroristes jihadistes
L’administration Obama semble avoir fait le choix de ne plus affronter l’Iran et ses satellites pour concentrer son attention à la lutte contre l’Etat Islamique, al-Qaïda et les organisations jihadistes qui ont fait allégeance à ces deux mouvements sunnites.

Exemple du Yémen
Le Yémen, par exemple, est pourtant un pays d’une importance géostratégique et économique primordiale pour l’Occident. Or, depuis l’éclatement des révolutions baptisées (par les Occidentaux) de « printemps arabe », le pays est en proie à l’anarchie la plus totale. Les institutions de l’Etat se sont effondrées, la corruption  et la pauvreté sont générales et les forces tribales traditionnelles ont perdu leur influence, quand elle n’est pas rejetée.
Cela fait des années que les Etats-Unis bombardent à l’aide de drones les Jihadistes d’al-Qaïda fortement implantés dans le pays.

L’Iran grande gagnante de la progression des rebelles chiites
Les Houthistes (rebelles chiites) et l'Iran sont, eux aussi, « des adversaires acharnés » de l’Amérique. Or, il semble que l’administration Obama n’ait rien à redire contre la récente prise de Sanaa, la capitale yéménite, par les rebelles Houthistes. Et tant pis si les derniers succès militaires de la rébellion chiite renforce l'influence de l'Iran au Yémen.
C’est bien la raison pour laquelle le président yéménite, Abd Rabbo Mansour Hadi,  dénonce la conquête de Sanaa par les rebelles chiites comme un complot de forces locales (les Houthistes) et étrangères (l’Iran) pour expliquer la conquête de Sanaa. « En contrôlant Bab el-Mandeb et le détroit d'Ormuz, on n'a plus besoin de bombe atomique », a-t-il encore dit dans une récente déclaration au quotidien al-Hayat, en référence à l'Iran qui est soupçonné par les puissances occidentales de chercher à obtenir l'arme nucléaire.

Américains et Saoudiens alliés en Irak et Syrie – opposés au Yémen
Reste à savoir si l'Arabie saoudite acceptera la mainmise chiite sur une grande partie du Yémen. Il se pourrait bien qu’elle soutienne les Jihadistes d’al-Qaïda, comme elle l’a déjà fait en Syrie. Ceux-ci sont très bien implantés dans le sud du pays. Alors, suivez-moi bien : On assisterait à cette incohérence où les Saoudiens, alliés des Etats-Unis pour frapper les Jihadistes de l’EI et d’al-Qaïda en Syrie et en Irak, armeraient et financeraient en sous-main la branche yéménite d’al-Qaïda pour contrer les Chiites yéménites, tandis que les Etats-Unis chercheraient par tous les moyens à les éliminer. Quant aux partisans du parti islamiste sunnite al-Islah, lequel appartient à la confrérie des Frères musulmans, il est peu probable que l’Arabie saoudite s’appuie sur eux, car les Frères musulmans sont pour les Saoudiens une espèce encore plus haïssable que les Jihadistes d’al-Qaïda.

Américains et Syriens coordonnent bien leurs actions contre l'Etat Islamique en Syrie
L’ordre du jour à Washington n’est plus le renversement de Bachar el-Assad. Bien sûr, on continue à jurer ses grands dieux à Washington que les avions américains bombardent les cibles de l’EI sans « coordination» avec Damas. Or, cette affirmation est fausse. Washington a bien coordonné ses actions contre Daesh avec Damas. Il ne s’agissait pas seulement d’informer les autorités syriennes mais de planifier réellement les opérations avec elles. Il était nécessaire de communiquer la liste des cibles et des horaires des frappes. Il fallait également rassurer Damas en l’assurant que ses sites seraient épargnés. Enfin, un minimum de coordination était nécessaire, sachant que des avions américains et syriens pouvaient se retrouver face à face dans la même zone et au-dessus de la même cible et il fallait éviter tout incident.
Trois canaux de communication ont été utilisés par les Américains pour coordonner les actions avec Damas : l’Irak, les Nations Unies et la Russie.
Le premier de ces canaux est l’Irak. Le conseiller du Premier ministre, Faleh al-Fayyad, a rencontré le président syrien à deux reprises. Il lui a livré un message sur les cibles et les rendez-vous des frappes et lui a assuré que les positions du régime seraient épargnées. Il ne pouvait avoir obtenu ces données que des Américains eux-mêmes.
Une démarche similaire a été effectuée par l’ambassadeur de Russie à Damas. Enfin, dernier canal de communication. Des informations ont été communiquées aux délégués Iraniens et le représentant syrien à l’ONU, Bachar al-Jaafari.
On sait également que des délégations militaires et des services de renseignement américains ont visité Damas dernièrement.
Alors il n’y a rien d’étonnant à ce que les démentis américains fassent sourire les dirigeants syriens qui affirment avoir enregistré tous ces contacts entre les deux pays.

Israël fournit une indication intéressante
Le gouvernement israélien vient d’abandonner son soutien aux rebelles du Sud de la Syrie en raison, affirme-t-il, de la prépondérance croissante des Jihadistes d’al-Qaïda au sein de la rébellion considérée comme « fréquentable ». Ce changement de stratégie d’Israël est sans doute du au changement de politique de l’administration Obama pour qui le renversement de Bachar el-Assad ne semble plus être la priorité.

Hollande peine à courir après’Obama
Décidément, François Hollande n’a pas de chance avec son allié Obama. On se souvient comment il était prêt à intervenir militairement en Syrie, se basant sur des déclarations bellicistes de Barak Obama avant que celui-ci ne change son fusil d’épaule et décide de donner une chance à Bachar el-Assad pour se défaire de ses armes chimiques. Notons qu’à l’époque le président américain n’avait même pas daigné avertir Hollande laissant ce dernier dans une position bien embarrassante. Aujourd’hui, Hollande annonce sa décision d’intensifier le soutien de la France aux forces de l'opposition syrienne. Il y a fort à parier qu’il se fasse bientôt tirer les oreilles par son mentor Obama pour qui cette option n’est pas la bienvenue et pourrait même être contreproductive en ce qui concerne la lutte contre le jihadisme !

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)