14/07/2014

Gaza-Israël : les principaux évènements récents

Que se passe-t-il exactement à Gaza et Tel-Aviv ?
L’évolution la plus importante de la journée du 13 juillet 2014 aura été la tentative ratée d’incursion des commandos de marine israéliens sur une plage de la bande de Gaza pour détruire un site de lancement de missiles à longue portée et le bombardement de Tel-Aviv.

Bombardement de Tel-Aviv par les Brigades Ezzedine al-Qassam et les Brigades al-Quds du Jihad islamique
Les Brigades Ezzedine al-Qassam avaient annoncé à l’avance qu’ils s’apprêtaient à envoyer des Missiles sur Tel-Aviv.
« Nous allons bombarder Tel Aviv avec de nouveaux missiles, à 9heures 9 minutes précises »  avait prévenu, une heure avant les tirs, le porte-parole des Brigades Ezzedine al-Qassam dans une intervention télévisée, retransmise sur plusieurs chaines satellitaires panarabes.
10 missiles étaient effectivement tirés en direction de Tel-Aviv à l’heure dite. Le Hamas avait rebaptisé les missiles du nom de « Jaabari-80 » (J-80). Ahmad Jaabari était un chef des Brigades Ezzedine al-Qassam qui venait d'être tué par une frappe israélienne.
Les brigades Al-Quds (branche armée du Jihad islamique) ont également tiré deux missiles de type Bourak-70 sur Tel Aviv. C’est une première fois que le Jihad islamique tirait sur la capitale économique d'Israël.
Il semble qu’un black-out ait été imposé par les autorités israéliennes sur les résultats de ce bombardement. Les Israéliens se sont bornés à rapporter le nombre de fusées détruites par le système antimissiles Iron Dome et que seules trois roquettes avaient explosé en Cisjordanie sans faire de victimes.

Les Palestiniens affirment avoir équipé certains missiles d’un système les protégeant du Iron Dome
Le porte-parole des Brigades Ezzedine al-Qassam affirme que certain missiles J-80 étaient équipés d’un système leur permettant d’échapper aux batteries antimissiles. On devrait en savoir plus sur la réalité de ces affirmations très prochainement.

Débarquement des commandos de marine israéliens sur une plage – Que s’est-il passé ?
Un commando de la marine israélienne, la Shayetet 13, a débarqué sur une plage dans la région de Soudaniyyé au nord ouest de la ville de Gaza, selon le Bureau de presse de l’armée israélienne.  
Le bureau de presse affirme que la mission a été un succès et que la rampe de lancement de missiles aurait été détruite. Ce n’est pas tout à fait exact. Les commandos israéliens ont été repérés alors qu’ils s’approchaient de la côte gazaouie. Les éléments des Brigades Ezzedine al-Qassam et du Jihad islamique ont aussitôt ouvert un feu intense sur eux, blessant quatre membres du commando et l’obligeant à réembarquer sans avoir accompli leur mission. Le quotidien Maariv (centre-droit) reconnaît à demi-mots l’échec en affirmant, dimanche 13 juillet : « dans cette opération commando, les soldats israéliens n’ont pas eu le dernier mot ». Le site de tirs de missiles sera finalement partiellement détruit par un bombardement aérien.

1330 cibles attaquées par l’armée israélienne depuis le début de l’opération jusqu’au lundi matin
Dans la nuit de samedi à dimanche, Israël a effectué plus de 20 raids aériens, portant à 1.330 le nombre des cibles attaquées depuis le début de l'opération il y a six jours.
Le bilan des victimes s’élève dans le même laps de temps à plus de 170 tués et plus de 1.100 blessés.
Le chargé des affaires humanitaires de l’ONU affirme que 70% des victimes sont des civils, dont 21% d’enfants.

970 roquettes et missiles tirés sur Israël en 6 jours
Selon les médias israéliens, plus de 970 roquettes ou missiles se sont abattus sur Israël depuis le début des échanges de tirs entre Israël et Gaza, ce qui fait une moyenne de 161 projectiles par jour.
Une semaine après le début des hostilités, le constat qu’on peut faire est que la majorité des villes israéliennes sont à portée des missiles palestiniens. Israël se trouve sous la menace permanente de missiles du nord au sud du territoire. Plus de 5 millions d'Israéliens vivent dans l’angoisse des tirs de missiles, obligés de gagner les abris anti-aériens à la moindre alerte pour la deuxième semaine consécutive. La situation est pire, naturellement, pour la population gazaouie, mais on pensait qu’une petite organisation comme le Hamas ne serait pas de taille à plonger l’ensemble de la population d’Israël dans l’angoisse. Qu’en serait-il si un conflit opposait l’Etat hébreu au Hezbollah, la puissante milice chiite libanaise ?
Le dimanche 13 juillet, le record de distance des tirs de missiles à partir de Gaza était à nouveau battu après qu’un missile ait atteint Nahariya, une petite ville située à 15 minutes de la frontière libanaise et à 172km de Gaza.
Le système antimissile Iron Dome donne satisfaction mais il doit être encore renforcé pour parvenir à détruire un pourcentage plus élevé de roquettes et missiles.
De leur côté, les Palestiniens, bénéficiant sans doute d’une expertise iranienne, cherche à équiper leurs missiles de leurres pour échapper aux missiles antimissiles.
On observe également que, jusqu’ici, les Palestiniens ont réussi à camoufler la plupart des sites de lancement de leurs roquettes et missiles et à échapper aux équipements sophistiqués de l’armée israélienne pour les repérer. C’est ce qui leur a permis de poursuivre leurs tirs pendant sept jours sans discontinuer.

Les échanges de tirs continuent le dimanche 13 juillet
Les Palestiniens ont revendiqué des tirs de roquettes contre les colonies israéliennes :4 roquettes Grad et 4 missiles Qassam ont été tirés contre Ashkelon par les brigades Ezzedine al-Qassam et 5 fusées Grad sur Beersheba et Netivot par les brigades al-Quds. 2 fusées Grad ont également été tirées sur Netivot et Ashdod par les brigades al-Aqsa.
Les brigades al-Quds ont aussi revendiqué avoir tiré un missile Cornet contre un char militaire israélien à l'est de Rafah et à le détruire.
Pour la seule journée du dimanche 13 juillet, 65 roquettes palestiniennes ont été tirées sur Israël - 12 ont été abattues par Iron Dome et les tirs se poursuivaient en fin de soirée. La dernière salve a parcouru une longue distance pour atteindre Rishon Lezion, Tel-Aviv et les villes satellites, y compris le grand port d'Ashdod et Hadera. Plusieurs localités israéliennes à la frontière de Gaza ont également été la cible de tirs.
Une fusée visant l’aéroport international de Ben Gurion a  raté sa cible et explosé à Modiin.
La seule victime israélienne de cette longue journée d’échanges de tirs a été un jeune israélien de 16 ans, qui a été grièvement blessé à Ashkelon par la chute des éclats de roquette.

Des drones palestiniens au-dessus du territoire israélien
Les brigades Ezzedine al-Qassam ont affirmé avoir envoyé plusieurs de leurs drones au dessus d'Israël pour des missions de reconnaissance. Un des drones, affirme le mouvement palestinien, a survolé le bâtiment du ministère israélien de la guerre à Tel-Aviv.
Le Hamas a fabriqué localement trois types de drones : Ababil 1A pour des missions de reconnaissance, Ababil 2B pour des tirs de projectiles, et Ababil 3B pour des missions Kamikazes. 
Les Israéliens ont confirmé indirectement cette information en affirmant avoir abattu un de ces drones au dessus d’Ashdod. Un responsable militaire israélien, Avital Leibovich, a révélé qu’« un drone bourré d'explosif s’était infiltré à partir des frontières du sud et avait survolé Ashdod avant d'être détruit par un missile Patriot». Il s'agirait donc d'un Ababil 3B.

Tirs de missiles sur la centrale nucléaire Nahal Sorek
Les brigades Al-Quds ont revendiqué deux tirs de missiles de type Bouraq 70 en direction de la centrale nucléaire de Nahal Sorek et sur la base aérienne de Belmahim, au sud  de Tel Aviv.

Tirs de missiles du sud Liban pour la troisième journée consécutive
On pensait en avoir fini avec les tirs de missiles à partir du Liban après le démantèlement du groupuscule islamiste responsable du premier tir.  Mais deux autres tirs ont eu lieu depuis.  Les derniers deux missiles ayant été tirés dans la nuit de dimanche à lundi. Les roquettes ont été tirées de la plaine de Rass el-Ain, au sud de Tyr, provoquant une riposte immédiate de l’artillerie israélienne sur la région de Tyr. Un nouveau tir de roquette a eu lieu lundi soir, 14 juillet, en direction d’Israël à partir de la région de Rass el-Aïn, au sud de Tyr. Le tir a entraîné une riposte immédiate de l’artillerie israélienne.

Et tirs sur le Golan à partir de la Syrie
Des roquettes tirées à partir de la Syrie se sont abattues sur le Golan. Une première roquette est tombée le dimanche 13 juillet dans la soirée. Une deuxième roquette a été tirée lundi en fin d’après midi. Les deux tirs n’ont pas fait de victimes.
Israël occupe depuis 1967 quelque 1.200 km2 du plateau auparavant syrien du Golan. Or, des combats se déroulent à proximité entre rebelles et l’armée du régime renforcée par des éléments du Hezbollah libanais et plusieurs tirs ont déjà eu lieu en direction de la partie occupée pas l’Etat hébreu. En juin, un adolescent arabe israélien avait été tué dans le Golan par des tirs attribués à l'armée syrienne par Israël, qui avait répliqué par des raids ayant tué au moins une dizaine de soldats syriens.

Pas de trêve envisageable dans l’immédiat
Aucune médiation sérieuse n’est actuellement à l’ordre du jour. Les promoteurs de la précédente trêve de 2012 ne sont plus à la manœuvre : Hillary Clinton, qui avait imposé le précédent cessez-le-feu, n’est plus aux commandes. Le président égyptien, Mohammed Morsi, a été renversé par les militaires, l’émir du Qatar a été remplacé par son fils et le premier ministre turc, Tayyip Erdogan, a été refusé par les deux parties.  Il semble, de toute façon, qu’Israéliens comme le Hamas, aient choisi pour l’instant l’option de la poursuite des affrontements. L’Arabie saoudite, comme les Emirats du Golfe arabo-persiques sont trop heureux de soutenir Gaza financièrement et rappeler à leurs rivaux chiites qu’ils sont bien à la pointe du combat contre « l’ennemi sioniste. De là à encourager discrètement la résistance du Hamas, il n’y a qu’un pas. D’autant plus que les coups portés par l’Etat hébreu contre l’organisation islamiste palestinienne (proche des Frères musulmans, rappelons-le) ne peut que réjouir Saoudiens et Egyptiens pour qui toute émanation des Ikhwan est honnie. Les Saoudiens joueraient ainsi un double jeu : encourager à la lutte pour réduire l’influence de gens qu’ils détestent.

Et pendant ce temps…
John Kerry, le secrétaire d’Etat américain, patauge dans l’impuissance et se contente de négocier avec le Royaume uni et les ministres des AE français et allemand, comme si ces pays pouvaient avoir la moindre idée sur la façon de résoudre la crise. Cela fait quand même beaucoup de confits dans cette région stratégique du Moyen orient où les soi-disant grandes puissances se retrouvent impuissantes. Ce n’est pas de bonne augure pour la stabilité du monde. A quoi sert de s’entretenir avec le président égyptien Abdel Fatah al-Sissi ou le président palestinien Mahmoud Abbas quand ceux-ci n’ont aucune influence sur le Hamas ?

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

 

12/07/2014

Et pendant ce temps là…en Irak

Les combats continuent
On pourrait croire que la situation s’est apaisée en Irak ou en Syrie, vu que les medias ont tous les yeux braqués sur Israël et Gaza. Il n’en est rien. Les combats se poursuivent sans discontinuer dans la plupart des régions ouest et nord de l’Irak.

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05/07/2014

Un pilote iranien tué dans des combats en Irak

Un pilote iranien membre de la force al-Qods tué à Samarra
Un pilote iranien a été tué dans des combats en Irak. C’est la première perte militaire officiellement reconnue par Téhéran qui continue pourtant d’affirmer qu’il n’a pas envoyé de soldats en Irak pour aider le gouvernement de Nouri al-Maliki à contrer l’offensive des insurgés sunnites.
Le pilote tué début juillet, le colonel Shoja’at Alamdari Mourjani, aurait été tué, selon l’agence officielle iranienne Irna, en défendant les lieux saints chiites de Samarra. Le pilote appartiendrait à la Force al-Qods, l’unité d'élite de la Garde révolutionnaire iranienne.

Samarra, disputée par les Sunnites et l’armée irakienne soutenue par les milices chiites
Samarra est un des points chauds du conflit déchirant actuellement l'Irak. Cette ville majoritairement sunnite, que les insurgés tentent de prendre, abrite un mausolée chiite dont la destruction partielle dans un attentat en 2006 avait déclenché un conflit entre chiites et sunnites qui a fait des dizaines de milliers de morts.

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l’enfer des espions)

15:40 Publié dans Force al-Qods, Irak, Iran, Samarra | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |