09/07/2014

Irak : Faut-il s’inquiéter ? Des insurgés avaient pris un site d'armes chimques

Les rebelles islamistes sunnites s’étaient emparés d’un dépôt d’armes chimiques
Dans une lettre datée du 1er juillet et rendue publique le 8, l'ambassadeur irakien à l'ONU, Mohammed Ali Alhakim, avait informé le secrétaire général Ban Ki Moon, que "des groupes armés terroristes avaient pénétré dans le site d'Al Muthanna", au nord-ouest de Bagdad, dans la nuit du 11 juin, après avoir désarmé les soldats qui le gardaient.
Le système de surveillance du site a permis de constater qu'à l'aube du 12 juin, les intrus avaient "pillé certains équipements" mais ils ont ensuite neutralisé les caméras de surveillance, précisait la lettre.

Une ancienne installation
Ce site est "une ancienne installation d'armes chimiques", où des "restes de l'ancien programme d'armement chimique" irakien sont entreposés dans deux bunkers.
Le complexe avait commencé à produire du gaz moutarde et d'autres gaz chimiques, dont du sarin, au début des années 80. Le programme irakien d'armement chimique avait atteint son apogée pendant la guerre Iran-Irak à la fin des années 80.

Les insurgés islamistes ne pourront pas produire d’armes chimiques selon la CIA
La CIA affirme que ce complexe avait été fermé après la première guerre du Golfe lorsque des résolutions des Nations unies avaient interdit à l'Irak toute production d'armes chimiques. Au début des années 90, il a été utilisé pour superviser la destruction des stocks irakiens d'armes chimiques.
Les Américains pensent que les Islamistes sunnites ne seront pas en mesure de produire des armes chimiques opérationnelles, en raison de la vétusté et de l'ancienneté des produits pouvant encore s'y trouver.

L’Irak ne pourra respecter ses engagements internationaux
Dans la lettre envoyée au secrétaire général de l’ONU, l’ambassadeur irakien prévient qu'en raison de l'insécurité, Bagdad ne peut plus poursuivre la destruction de son arsenal.
Il ajoute que Bagdad reprendra les opérations de destruction de son arsenal "dès que la situation de sécurité se sera améliorée et qu'il aura repris le contrôle" du site d’al-Muthanna.

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

07:50 Publié dans Etat Islamique, Etats-Unis, Irak | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

07/07/2014

La plus grande confusion règne en Irak

Des réunions secrètes avaient eu lieu entre Américains, Saoudiens, Turcs, Qataris et Emiratis dans des hôtels d’Arbil, d’Amman et d’Istambul
C’était au temps où Américains et Saoudiens faisaient semblant de coordonner leurs actions pour régler les conflits du Moyen orient. Un temps très bref qui va de la visite de Barak Obama à Riyad, le 28 mars 2014 jusqu’aux rencontres directes entre les Etats-Unis et l’Iran à Genève, le 9 juin 2014. Ces rencontres avaient eu le don de mettre les Saoudiens en colère et c’est sans doute pour cette raison que l’Irak a explosé. 
Et pourtant, au temps où Américains et Saoudiens faisaient encore mine d’être d’accord, un plan avait été mis au point par les Etats-Unis, l’Arabie saoudite, la Turquie, le Qatar les Emirats Unis pour tenter de mettre un terme à la situation de guerre civile qui régnait en Irak et contrer autant l’Iran que les Jihadistes d’al-Qaïda.

Le plan mis au point consistait à trouver un remplaçant à Nouri al-Maliki
Le remplacement de Nouri al-Maliki, le premier ministre chiite, était la condition indispensable pour apaiser les Sunnites irakiens. Le problème est que la coalition de Nouri al-Maliki, l'Etat de Droit, avait gagné les  dernières élections législatives du 30 avril 2014. Elle avait  remporté 96 sièges, sur les 328 du parlement irakien. Le courant sadriste qui était venu en seconde position ne disposait que de 32 sièges. L’objectif était donc de pousser les députés irakiens à créer un nouveau front politique contre Nouri al-Maliki.
On avait pensé, au cours des diverses réunions citées plus haut, constituer un « Bloc des Forces Nationales » réunissant 50 députés sunnites. Ce bloc devait occuper la deuxième position derrière « l’Etat de droit » de Nouri al-Maliki. Si en plus les députés de la liste Al-Wataniyah, présidée par Iyad Allaoui, voulaient bien s’y associer, (21 sièges), on aurait eu alors une alliance forte de 70 sièges
C’est dans ce but que les membres de l’Union des forces nationales avaient établi des contacts secrets avec le courant sadriste. Ils pensaient avoir trouvé un thème commun : «non à Maliki, oui à la formation d’un gouvernement de coopération nationale».
Le but de ces consultations était de faire accéder au poste de Premier ministre une personnalité chiite dont un tiers des partisans serait chiite, tandis que les deux autres tiers auraient été sunnite et kurde.

L’offensive menée par Daesh (Etat Islamique) au nord et à l’ouest de l’Irak a mis un terme à ce plan
Pour être plus exact, c’est l’annonce de rencontres directes entre Américains et Iraniens à Genève qui a fait voler ce plan en éclats. Les Saoudiens ont voulu rappeler aux Américains que rien ne pouvait se faire sans eux dans la région. Ils ont autorisé les tribus sunnites à se joindre à l’Etat Islamique d’Irak et du Levant pour une grande offensive jusqu’à Bagdad. Mais le plan saoudien a, lui aussi, dérapé en raison de la facilité avec laquelle les Jihadistes de l’EIIL et les tribus sunnites ont mis en déroute l’armée irakienne. Personne ne s’attendait à une telle débandade des soldats irakiens équipés à grands frais et formés par les conseillers « yankees ». On n’est plus très loin de l’histoire de l’arroseur arrosé !

Les Irakiens semblent incapables de s'unir pour sortir leur pays du chaos
Le 1er juillet, une séance inaugurale du Parlement issu du scrutin du 30 avril devait avoir lieu pour élire un président du Parlement, puis élire un président de la République qui aurait alors désigné le prochain premier ministre. Cette première séance s’est déroulée dans le chaos le plus complet, les députés s'invectivant ou quittant la salle. Le chef du gouvernement sortant, Nouri al-Maliki, au pouvoir depuis 2006 et très contesté en raison de son autoritarisme et sa volonté de marginaliser les minorités sunnite et kurde, a martelé qu'il ne renoncerait « jamais » à présenter sa candidature. Du coup, les députés sunnites et kurdes ont refusé de le voir rester à son poste. Les Kurdes ont de toute façon la ferme intention de poursuivre leur aspiration à l’indépendance. Quant aux Sunnites, les succès militaires de l’EI et des tribus les ont mis dans une position de force.

Le Chaos est limité à la communauté chiite
Pour les Sunnites et les Kurdes, les divergences politiques qui sèment le chaos au sein de la chambre des députés sont un problème pour les Chiites seulement.
Le dignitaire chiite Moktada al-Sadr refuse de laisser Nouri al-Maliki briguer un troisième mandat à la tête du gouvernement. Il estime que la politique suivie par Maliki a plongé l’Irak dans le chaos. Il demande à la Coalition de l’Etat de Droit, qui a remporté les élections et qui soutient Nouri al-Maliki, de nommer un autre candidat pour occuper le poste de premier ministre.
Une position soutenue par Dhiya al-Assadi, secrétaire général du bloc al-Ahrar, parti politique chiite fidèle à Sadr. « Nous n'avons aucun problème avec un candidat de l'État de droit tant que ce n'est pas Maliki », a-t-il dit.

Enlisement sur le terrain
Pendant que le pays est paralysé sur le plan politique, aucun progrès n’est obtenu par l’armée sur le terrain. Les forces gouvernementales n’ont pas réussi à reprendre Tikrit après huit jours d’offensive. Au contraire, elles résistent tant bien que mal sur une base aérienne de la ville. 
C’est sans doute pour cette raison que les autorités ont limogé le commandant des forces terrestres, Ali Ghaidan. Ce général avait fui Mossoul au début de l'offensive jihadiste. Il vient d’être mis à la retraite, de même que le chef de la police fédérale Mohsen al-Kaabi. Le problème est que l’armée irakienne, qui manquait déjà de cadres compétents au sein du commandement, perd de plus en plus d’officiers.
On apprenait aujourd’hui que le commandant de la sixième brigade de l'armée irakienne, le général Najm Abdallah Sudan, avait été tué lundi 7 juillet dans un bombardement à l'ouest de Bagdad. Le général a été tué dans la région d’Abou Ghraib, à une vingtaine de km à l'ouest de Bagdad. Cela fait encore un officier supérieur de moins.

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

 

 

21:00 Publié dans Etat Islamique, Irak, Moqtada Sadr, Nouri al-Maliki | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

Attentat suicide dans un quartier chiite de Bagdad

L’attentat suicide a frappé le quartier chiite de Washash dans la banlieue de Bagdad
Un nouvel attentat suicide a eu lieu dimanche 6 juillet 2014 dans le quartier Washash, une banlieue chiite de Bagdad. L’objectif (si on peu s’exprimer ainsi) était un café. Au moins 4 personnes sont mortes et 12 ont été blessées dans cet attentat.

Le kamikaze est un Libanais
Ce qui est curieux, et qui donne un éclairage sur l’internationalisation du jihadisme international, c’est que le kamikaze est un libanais comme l’indique un message sur twitter.

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Moustapha Abdelhay (22ans)
Le Libanais s’appelle Moustapha Abdelhay. Il est originaire de Mankoubine, (Tripoli). Il était âgé de 22 ans. Surnommé "Abou Hafs al-Loubnani", il avait quitté Tripoli, il y a deux ans, pour rejoindre les rangs de Ahrar el-Cham en Syrie. Après un bref retour au Liban, il est reparti en Syrie pour combattre dans les rangs de Daech.
Il serait le premier Libanais a mourir dans une opération kamikaze en Irak depuis l’offensive de l’Etat Islamique (Daesh) lancée le 9 juin contre l'armée irakienne.

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l’enfer des espions)

00:09 Publié dans Bagdad | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |