27/05/2015

27 mai 2015 – Nouvelles des conflits du Moyen orient et d’Afrique du nord

La prise de Palmyre en Syrie par l'Etat Islamique a déclenché l'enfer du nord au sud de la Syrie. Chacun des belligérants cherche maintenant à occuper le maximum de terrain en prévision d'offensives de l'adversaire.

En Irak, la contre-offensive contre Ramadi semble mal partie. Des critiques fusent de toutes parts quant à la précipitation de la préparation. L'engagement des milices chiites divise également la classe politique.

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26/05/2015

26 mai 2015 : Nouvelles des conflits du Moyen Orient et d’Afrique du Nord

 

Front irakien

Ramadi
Les forces irakiennes ont lancé mardi 26 mai une opération dans les régions désertiques au nord-est de Ramadi visant à isoler les jihadistes de l’Etat islamique (EI) et à préparer l'offensive pour tenter de reprendre la ville.
Mais les éléments engagés dans la bataille et le nom donné à l’opération risquent de ne pas plaire au Pentagone. En effet, l'opération a été baptisée "A tes ordres Hussein" du nom de l'un des imams les plus vénérés par la communauté musulmane chiite. C’est ce qu’a dévoilé Al-Assadi, un porte-parole des Unités de mobilisation populaires, force paramilitaire à majorité chiite qui aide l'armée irakienne dans sa guerre contre les jihadistes. Il est donc évident que ce seront les Chiites qui vont supporter le gros de la bataille dans cette région sunnite.
Ramadi, la capitale de la province sunnite d'al-Anbar, avait été conquise le 17 mai 2015 par les Jihadistes de l’EI après une retraite chaotique des forces de sécurité.
L'objectif de la nouvelle offensive des forces irakiennes et des milices chiites est de libérer les régions entre les provinces de Salaheddine et d'Al-Anbar et d'essayer d'isoler cette dernière.
La localité d’al-Khalidiya, située à l’est de Ramadi, avait été occupée par les Jihadistes de l’EI, le lendemain de l’évacuation de Ramadi par l’armée irakienne. Depuis, l’armée s’est réorganisée et tente de reprendre le terrain perdu. Un journaliste, Omar Abdel-Razek, se trouve aux côtés d’une colonne de l’armée stoppée par les tirs dans le secteur d’al-Khalidiya.
Vidéo (langue anglaise)
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=1freNHPjD9E

Shingal (Nord Irak)
Violents combats à Shingal entre Kurdes et Yazidis d’un côté et Jihadistes de l’EI de l’autre. Shingal est située au nord de l’Irak :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=805667e9c5a7

Les Yazidis
Rappelons que les Yazidis forment une ancienne communauté religieuse rattachée aux Kurdes. Ils font l'objet d'une persécution impitoyable de la part des Jihadistes de l’EI. Leur population comptait moins d'un demi-million de personnes, dont les deux tiers vivaient dans la région de Mossoul, dans le nord de l'Irak. Le tiers restant est disséminé dans les pays avoisinants, notamment en Syrie, Arménie et Turquie.
Bien qu'influencée au cours des siècles par le christianisme et l'islam, la religion yazidie a d'anciennes racines païennes qui remontent au moins à la fin de l'âge du bronze. Il est intéressant de noter que leurs croyances comportent de nombreuses similitudes avec l'hindouisme – ils croient par exemple en la réincarnation, font leurs prières face au soleil au lever du jour et au coucher du soleil, et leur société est organisée en un système de castes. Ils vénèrent également Malek Taous, l'ange-paon, un oiseau présent dans le sous-continent indien, mais pas dans les terres yazidies.
Si les origines des yazidis sont incertaines, des éléments génétiques et culturels laissent à penser qu'ils seraient les descendants de tribus indiennes ayant migré vers l'Ouest au cours du IIe millénaire avant Jésus-Christ. Il existe de nombreuses preuves de liens entre l'Inde et le Moyen-Orient durant l'âge du bronze. Par exemple, le zoroastrisme, la religion de l'ancienne Perse – auquel ont été apparentées les croyances religieuses yazidies – a des racines communes avec l'hindouisme primitif.
Au cours des siècles, tant les chrétiens que les musulmans ont traité les yazidis « d'adorateurs du diable » et les ont soumis à une persécution incessante, en particulier sous l'Empire ottoman aux XVIIIe et XIXe siècles, durant lesquels une série de massacres ont pratiquement conduit à l'extinction des yazidis.
Sous le régime de Saddam Hussein, les yazidis n'ont pas fait l'objet de persécutions religieuses, mais ont été soumis à des pressions pour arabiser leur culture. Depuis lors, la situation n'a fait que s'aggraver. En avril 2007, des hommes armés ont tiré 23 hommes yazidis d'un bus avant de les exécuter. Quatre mois plus tard, un attentat coordonné de camions-suicide faisait plus de 300 morts, dont des femmes et des enfants.
Les yazidis sont aujourd'hui confrontés à la pire crise de leur histoire. L'EI a donné aux chrétiens de Mossoul le choix entre se convertir, payer la jizia (une taxe spéciale que la charia impose aux non-musulmans) et l'exil. Les yazidis n'ont pas eu ce choix et sont systématiquement abattus comme « adorateurs du diable ».
Le fief de la communauté yazidie, autour de Mossoul, est aujourd'hui contrôlé par l'EI. La petite ville de Sinjar, la seule au monde qui comptait une majorité yazidie, est tombée aux mains des jihadistes dans les premiers jours du mois d'août 2014, lors d'une offensive à laquelle n'ont pu résister les combattants kurdes. Les Yazidis qui n’avaient pas réussi à fuir ont été victimes de massacres à grande échelle.

Toujours à Shingal :
Les Kurdes détruisent un camion de ravitaillement de l’Etat Islamique avec un IED (Improvised Explosive Device) sur une route près de Shingal  - une technique largement utilisée par les Jihadistes – mais cette fois-ci, ce sont leurs adversaires qui utilisent contre eux un engin explosif :
Vidéo :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=a9ea37e38825

Frontière turque
Les forces kurdes de l’YPG ont pris la localité de Mabroukah, dans le canton de Cizire. C’est une autre victoire kurde sur les Jihadistes. Elle a été obtenue avec l'aide de la coalition internationale.
Vidéo des combats :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=Y6okQwu_QKE

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Front libyen

Benghazi
Un an après le lancement d'une opération visant à chasser de Benghazi les milices islamistes, les combats ont tué plus de 1.700 personnes et entraîné la fuite de milliers d'autres, selon l'ONG Libya Body Count. La ville est aujourd’hui divisée. L'offensive anti-islamiste baptisée "Opération dignité", a été lancée à la mi-mai 2014 par les forces du général Khalifa Haftar, loyales au gouvernement reconnu par la communauté internationale. Ses forces contrôlent aujourd'hui l'essentiel de la ville mais des poches urbaines, notamment dans le centre et le sud, leur échappent toujours.
Human Rights Watch a rapporté mardi 26 mai que les habitants étaient pris au piège dans le centre-ville de Benghazi, les milices n'autorisant pas leur départ alors que plusieurs quartiers sont en proie depuis des mois à des violences meurtrières.
"Des familles libyennes et des civils étrangers sont pris au piège dans le centre-ville de Benghazi, qui est le théâtre de violents combats, notamment les quartiers d'El-Blad, Sidi Khreibish et El-Sabri", souligne l'ONG basée à New York. Elle précise que "les militants qui contrôlent ces zones n'autorisaient pas les civils à partir" tandis que l'armée n'autorisait plus les départs si ce n'est via des passages sécurisés en coordination avec le Croissant-Rouge libyen.
 HRW fait état de l'échec de plusieurs tentatives d'évacuation depuis novembre 2014. "Depuis cette date, toutes les tentatives du Croissant-Rouge libyen de faciliter l'évacuation de civils ont échoué (...) soit parce que les militants s'y opposaient, soit parce que les forces fidèles à l'armée refusaient de donner leur feu vert, arguant que cela mettrait en danger la vie des civils", souligne l'ONG.

Front syrien

Palmyre
Des Jihadistes de l’EI tournent une vidéo dans la ville antique – La question est : Que vont-ils en faire ? 
Vidéo
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=a22244c5f849

Front yéménite

Dhaleh
Les forces fidèles au président yéménite en exil, Abd Rabbo Mansour Hadi, appuyées par les Comités de la Résistance populaire (partisans de Hadi) ont repris aux rebelles chiites Houthis la ville de Dhaleh (sud), le mardi 26 mai.
La ville avait été conquise par les Chiites houthis en mars 2015 au prix de sanglants affrontements avec des tribus sunnites et les partisans du président Hadi.
"L'ensemble de la ville de Dhaleh est désormais sous le contrôle des Comités de la résistance populaire", a déclaré Saleh al-Mansoub, un chef local du collectif de groupes sudistes.
"Toutes les bases militaires et les sites stratégiques sont entre les mains des Comités de la résistance populaire", a confirmé Ali al-Assmar, un autre chef du collectif. Les combattants sudistes pro-Hadi se sont emparés de camps de la 33e brigade blindée qui s'était ralliée à la rébellion.
Entretemps, la coalition a mené des raids aériens sur des positions au Mont Sabr, dans la province de Taëz (sud-ouest) et dans celle de Hajja (nord-ouest).
A Aden (sud), des combats opposaient rebelles et combattants pro-Hadi notamment dans la banlieue nord de cette grande ville portuaire.

Jihadisme international

Autriche
La justice autrichienne a condamné à deux ans de prison, dont huit mois ferme, un adolescent de 14 ans accusé d'avoir voulu faire exploser une bombe dans une gare de Vienne à l'automne pour le compte de l’Etat islamique (EI). Il a avoué après son arrestation avoir voulu ensuite rejoindre la Syrie.
L'adolescent, comparaissant, mardi 26 mai, devant le tribunal de Sankt-Pölten, près de la capitale autrichienne, avait reconnu les faits. Il a déjà purgé cinq mois en détention préventive. En raison du jeune âge de l'accusé, la peine maximale encourue était plafonnée à 5 ans de prison ferme.

France
La famille de Kevin Chassin, l’un des deux kamikazes « français »  à s’être fait sauter à la frontière irako-syrienne, a reçu samedi 23 mai un appel téléphonique étrange. Son demi-frère Brice a été appelé par un Jihadiste de l'Etat islamique. Il lui a déclaré que Kevin, alias Abou Mariam, était bien l'un des deux kamikazes français qui avaient mené des attaques suicides contre des cibles militaires irakiennes dans la province d'Anbar. Cette information a été révélée par le journal "La Dépêche du Midi".
Le jeune frère de Kevin a reçu dans le même temps une photo de son frère Kevin souriant, l'indexe pointant vers le ciel. La photo aurait été prise juste avant qu’il ne monte dans un camion. Peu de temps après, le jeune homme précipitait le véhicule chargé de deux tonnes d'explosifs contre la base militaire irakienne. Le jihadiste qui a appelé le frère de Kevin aurait déclaré que celui-ci avait enregistré une vidéo dans laquelle il présentait ses excuses à ses parents.
Le frère de Kevin vit au nord de Toulouse, près de la ville Bourbaki où Kevin a grandi. Deux mois plus tôt, il avait appris que son frère aîné avait quitté la Syrie pour l'Irak. "Il a dit qu'il avait un projet en cours mais qu’il était inutile de lui poser des questions. Il répondait toujours:. « Je ne peux pas vous dire à ce sujet,".
Selon les informations fournies par Brice,  Kevin aurait obtenu 10 jours de vacances dans un palais de Mossoul. Un voyage qui apparait aujourd'hui comme son dernier voyage.
«Je n’ai jamais eu la chance de tuer quelqu'un », avait-il regretté.
Kevin était monté en grade au sein de l’EI. Il aurait eu  60 combattants sous ses ordres. C’est lui qui appelait les familles des Français tués au combat. Il s’occupait également de recrutement, notamment à travers les réseaux sociaux comme Twitter. Il a gardé un contact régulier avec Brice à qui il a parlé de son «travail». Un jour, il lui avait dit ne jamais avoir eu la chance "d'assassiner quelqu'un." Au cours des conversations avec son frère, Kevin a dit qu’il n’avait aucune intention de revenir en France. Cela lui coûterait au moins quinze ans de prison, avait-il dit.
Les Occidentaux fraichement convertis à l’Islam sont une aubaine pour l’Etat Islamique. Souvent en état de déracinement pour une raison ou une autre et soumis à un intense lavage de cerveau, il est facile de leur faire faire « le sale boulot ».

Coalition internationale

Grande Bretagne – Russie
La Grande-Bretagne et la Russie ont annoncé leur intention de coopérer étroitement pour résoudre la crise syrienne. Le Premier ministre David Cameron et Vladimir Poutine ont convenu d'une réunion entre les conseillers des services de sécurité des deux pays.

Jean René Belliard

25/05/2015

25 mai 2015 - Nouvelles des conflits du Moyen Orient

En Irak, l'armée annonce se préparer à lancer bientôt une contre-offensive contre les Jihadistes de l'Etat Islamique dans le secteur de Ramadi, mais aucun renfort n'est encore arrivé, ni de l'armée ni des milices chiites et le seul mouvement constaté est un redéploiement des unités déjà présentes dans la région. Pendant ce temps, un flot ininterrompu de civils fuient vers la capitale Bagdad.

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