01/09/2017

L'Irak n'en a pas fini avec les défis, malgré ses victoires sur Daech

L'Irak n'en a pas fini avec les défis, malgré ses victoires sur Daech 
(De notre correspondant en Irak)
Après Mossoul, les forces irakiennes ont remporté une nouvelle victoire à Tal Afar. Les succès militaires sont certainement le résultat d'une meilleure coordination tout le long de la chaîne de commandement au sein des forces armées gouvernementales et également grâce à un meilleur partage des renseignements entre Bagdad et la coalition dirigée par les États-Unis. Cela a  permis des attaques plus rapides et mieux ciblées.
Le ministre irakien des AE appelle à la poursuite de la coopération militaire avec la coalition 
Le ministre irakien des Affaires étrangères, Ibrahim Al-Jafari, a averti le 26 août que «la victoire en Irak ne signifiait pas la fin du danger posé par Daech». 
C'est pourquoi l'Irak doit poursuivre sa coopération militaire avec la coalition, a-t-il dit, affirmant qu'il fallait une «sécurité préventive» contre les «cellules terroristes qui travaillent dans l'ombre». 
Car il faut s'attendre à ce que Daech revienne à son «mode opératoire original», en attaquant des cibles "molles" telles que les quartiers résidentiels et les marchés.
Un manque de coordination et d'organisation priverait les services de sécurité de la possibilité de faire face à de telles attaques, a poursuivi le ministre. 
Quel avenir pour la coalition après la défaite de Daech ? 
La question de savoir si et comment la coalition continuera à fonctionner en Irak. Il s'agit d'un sujet politique à la fois à Bagdad et à Washington. Rappelons que les Etats-Unis avaient retiré leurs troupes en 2011, huit ans après le début de son intervention dans le pays.
Une poursuite de la coopération militaire entre Irak et États-Unis sera assurément contestée par la coalition paramilitaire du Hashed al-Shaabi, dont plusieurs des milices qui la constituent sont inféodées à l'Iran. Il n'est pas sûr que le premier ministre irakien Haïder al-Abadi réussisse à convaincre le Hashed al-Shaabi de tolérer la présence militaire américaine en Irak, même si, théoriquement, le Hashed al-Shaabi est placé sous ses ordres.  
Les groupes paramilitaires chiites ont toujours joué un rôle problématique en Irak  
Les groupes paramilitaires chiites ont  joué un rôle problématique dans la politique irakienne dès les années 1930, selon Mohammad-Mahmoud Ould Mohamedou, professeur d'histoire internationale à l'Institut des diplômés de Genève. 
Le Hashed al-Shaabi "n'est que la version la plus récente d'une configuration politico-sécuritaire nationale combinée à une composante sectaire depuis 2003", a-t-il déclaré. 
Le spécialiste irakien a ajouté que l'existence du Hashed était une «admission de l'échec d'une armée formée par les administrations américaines à un coût financier et matériel important sur 14 ans».
Les abus du Hashed al-Shaabi et de l'armée compliquent les efforts de réconciliation 
Les abus plusieurs fois dénoncés des forces gouvernementales et des combattants chiites du Hashed al-Shaabi contre la population sunnite lors des défaites de Daech,  pourraient compliquer les efforts pour retrouver la confiance de la minorité sunnite irakienne, marginalisée et hors du pouvoir depuis la chute du dictateur Saddam Hussein en 2003.
Le référendum kurde - un autre défi pour l'Irak 
Outre la question sectaire, l'Irak est confronté à un autre défi à son unité nationale. Il s'agit du référendum sur l'indépendance de la région autonome du Kurdistan, prévue pour le 25 septembre. 
Les États-Unis et les membres de la coalition sont fermement opposés au référendum, prétextant qu'il pourrait compliquer la lutte contre Daech. En fait, les Etats-Unis craignent surtout une violente réaction de la Turquie et les risques d'un nouveau conflit entre Kurdes et Arabes, notamment dans les provinces contestées de Kirkouk.
2018 - Une année électorale 
Au printemps 2018 devraient avoir lieu des élections législatives, ce qui constitue un test pour le premier ministre Haïder Abadi. 
Le premier ministre compte bien sur le succès de la campagne militaire pour prouver que ses  "réformes »fonctionnent", a déclaré Kirk Sowell, un analyste des risques politiques et éditeur de Inside Iraqi Politics. 

Mais le succès électoral d'Abadi pourrait souffrir des prix bas du pétrole, qui ont mis à mal les caisses de l'État irakien. Les élections n'ont lieu qu'en avril ou mai prochain et d'ici là, l'influence des succès militaires pourraient s'estomper. 

Jean René Belliard

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31/08/2017

L'Irak annonce officiellement la reprise de Tal Afar

L'Irak annonce officiellement la reprise de Tal Afar

Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a annoncé jeudi 31 août  la reprise à l'Etat islamique (Daech) de Tal Afar, l'un des trois derniers bastions jihadistes dans le pays, finalisant ainsi la reconquête de l'ensemble de la province septentrionale de Ninive.

"Notre bonheur est complet, la victoire est arrivée et la province de Ninive est désormais entièrement aux mains de nos forces", a affirmé M. Abadi dans un communiqué parvenu à l'AFP, en référence à cette région du nord de l'Irak dont les forces anti-EI avaient déjà repris début juillet le chef-lieu, Mossoul, aux jihadistes.
 

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26/08/2017

Le Pentagone ne dévoile pas le nombre réel de troupes U.S. au Moyen orient

Le Pentagone n'a pas l'intention de dévoiler le nombre réel de troupes américaines en Afghanistan, en Irak et en Syrie. 
Jason Dempsey, un vétéran de guerre en Afghanistan qui est actuellement chercheur au Centre pour une nouvelle sécurité américaine, estime que le Pentagone peut faire face à la sécurité opérationnelle tout en conservant les valeurs démocratiques américaines essentielles exprimées dans la Déclaration d'indépendance et la Constitution des États-Unis. 
Il semble que le Pentagone et le président américain Donald Trump sont de l'opinion qu'il n'y a pas nécessité de dévoiler le nombre de troupes engagées sur ces théâtres d'opération.
Nouvelle stratégie de Trump en Afghanistan  
Le président américain Donald Trump a dévoilé devant un public militaire à Fort Myer à Arlington, en Virginie, le 21 août 2017, sa nouvelle stratégie pour l'Afghanistan. 
Il a déclaré que la présence militaire des États-Unis se poursuivrait dans ce pays touché par le conflit, mais il s'est abstenu d'élaborer, ce qui suggère qu'il n'y aura pas d'information officielle sur les niveaux des troupes. 
Le Pentagone, pour sa part, dans le cadre de la politique dite Force Management Level ne comptabilise pas les troupes qui se trouvent dans les zones de guerre moins de 120 jours. 
Les dirigeants militaires américains défendent cette politique du secret, prétextant  que la divulgation précise du nombre de troupes "n'a pas de sens". 
"Il n'y a tout simplement pas de sens d'augmenter le niveau Force Management Level lorsque vous embauchez des ingénieurs pour construire une installation et ensuite les retirer", a déclaré le lieutenant-général Sean MacFarland, qui était le commandant en chef
en Irak et en Syrie en 2015-16, et est actuellement le commandant général adjoint du Commandement de la formation et de la doctrine de l'armée américaine. 
Le secrétaire à la Défense, Jim Mattis, a promis qu'il publierait prochainement le véritable nombre. 
«Je devais changer le processus de comptabilisation parce que nous ne pouvions pas déterminer combien de troupes nous avions» dans les zones de guerre, a déclaré Mattis aux journalistes la semaine dernière.
12.000 soldats U.S. en Afghanistan  
Les États-Unis auraient déployé plus de 12 000 soldats en Afghanistan, ce qui est nettement plus élevé que le plafond de 8 400 personnes autorisé. 
Si le président Donald Trump déploie 3 900 soldats supplémentaires, comme l'indiquent les rapports, le total sera presque le double du nombre rendu public actuellement.
Plus de 7000 soldats U.S. en Irak au lieu des 5.200 annoncés 
En Irak, le chiffre de 5 200 personnel américain annoncé par le Pentagone est un nombre totalement fictif. 
En fait, selon des informations récentes, plus de 7 000 soldats américains se trouveraient en Irak.
On ignore le nombre exact de soldats U.S en Syrie 
En Syrie, le chiffre officiel des troupes américaines déployées dans ce pays est de 503. Il s'agit de forces spéciales.
Mais des centaines d'autres troupes les soutiennent, elles et leurs alliés locaux. Cela inclue des Rangers et des Marines, photographiés à maintes reprises par les médias et qui ne sont pas officiellement comptabilisés. 
 
Jean René Belliard

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