11/11/2017

Syrie : L'Etat Islamique a repris le contrôle total de Boukamal

Syrie 
AbouBakerBaghdadi 
L'Etat Islamique a repris le contrôle total de Boukamal
Les jihadistes de l'Etat islamique (Daech) ont repris le contrôle total de Boukamal, acculant les forces du régime et leurs alliés à la périphérie de cette ville stratégique, a rapporté samedi 11 novembre l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
L'armée syrienne avait annoncé jeudi 9 novembre avoir conquis Boukamal, la dernière ville qui restait aux mains de l'EI en Syrie. Mais les jihadistes avaient réussi le lendemain à reprendre le contrôle de près de 50% de la ville, à la faveur d'une violente contre-offensive.
L'offensive du régime syrien à Boukamal, ville située près de la frontière avec l'Irak, est menée notamment par des miliciens irakiens, des combattants du Hezbollah et des Gardiens de la Révolution Islamique d'Iran  (CGRI), selon l'OSDH.
Selon Abdel Rahmane, l'EI aurait fait croire aux forces pro-régime qu'elles avaient pris le contrôle de la ville pour ensuite pouvoir mieux les attaquer.
"De violents combats se poursuivent aux périphéries est et sud", a-t-il indiqué, ajoutant que Boukamal était la cible de raids aériens intenses, sans toutefois être en mesure de préciser si ces frappes étaient menées par l'aviation russe ou irakienne.
L'annonce de l'OSDH intervient alors que les forces irakiennes ont lancé samedi l'offensive sur la dernière poche jihadiste du pays, dans le désert occidental frontalier de la Syrie. 

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09/11/2017

Les forces pro-régime ont repris Boukamal, la dernière ville aux mains de l'EI en Syrie

Syrie 
Boukamal
Les forces pro-régime ont repris Boukamal, la dernière ville aux mains de l'EI en Syrie
L'armée syrienne et ses alliés ont repris la localité de Boukamal, dernier bastion urbain de l'Etat islamique (Daech) en Syrie, a annoncé mercredi 8 novembre un commandant de l'alliance soutenant le président Bachar el-Assad.
La reconquête de la ville de la province de Deir ez-Zhor, frontalière de l'Irak, a notamment été menée par des centaines de combattants du Hezbollah et des forces de Mobilisation populaire (Hached al-Chaabi), puissante coalition de milices chiites irakiennes armées et entraînées par l'Iran, a-t-il précisé. "Le dernier bastion de Daech, Boukamal, a été libéré", a déclaré cet officier étranger. Le Hezbollah a été "le socle de cette bataille", a-t-il ajouté.
Dans notre newsletter du 8 novembre, nous avions rapporté que des combattants des Hached al Chaabi avaient pour la première fois franchi la frontière pour participer à l'offensive.   
Les combats se poursuivent à la périphérie de la ville
L'Armée Arabe Syrienne (AAS) tentent à présent de consolider leur présence dans la ville, la sécuriser en recherchant les jihadistes qui pourraient encore s'y trouver et procéder au déminer. L'armée est dans Boukamal mais les jihadistes ne sont pas loin. Ils contrôlent certains points dans la zone désertique au nord de la ville et pourraient utiliser un vaste réseau de tunnels souterrains pour mener des contre-attaques. D'ailleurs, au cours de la journée du 9 novembre, les troupes pro-gouvernementales ont été engagées dans divers affrontements dans la région de Boukamal.  
L'armée syrienne a libéré la base aérienne de Hamdan au nord de Boukamal
L'armée arabe syrienne, soutenue par des forces alliées, a attaqué les positions de l'État islamique sur la base aérienne (désaffectée) de l'académie militaire de Hamdan, au nord de Boukamal.  (Voir plus bas à "rappel pour la base aérienne de Hamdan - un fiasco américain") 
L'Iran s'enorgueillit de la "ligne de résistance" allant de Téhéran à Gaza
L'intervention de plus en plus ostensible de l'Iran et de ses alliés dans le conflit syrien rend furieux les puissances sunnites voisines, dont l'Arabie saoudite qui a accusé ces derniers jours Téhéran de déstabiliser la région.
En pied de nez à Riyad, Ali Akbar Velayati, principal conseiller du guide suprême de la République islamique, l'ayatollah Ali Khamenei, a vanté mercredi lors d'une visite à Alep les bienfaits de la "ligne de résistance" chiite allant de Téhéran à la bande de Gaza en passant par l'Irak, la Syrie et le Liban.
La chute de Boukamal met pratiquement fin à l'existence territoriale de l'Etat islamique 
Ces derniers mois, l'EI a subi revers après revers en Syrie et en Irak où il ne reste désormais aux forces irakiennes qu'à s'emparer de la localité de Rawa et des environs désertiques dans la province occidentale d'al-Anbar, frontalière de la Syrie, pour en finir avec les jihadistes en Irak.
En Syrie, la chute de Boukamal met pratiquement fin à l'existence territoriale de l'Etat islamique. Daech ne contrôle plus en Syrie que quelques petites localités et des zones désertiques dans la province de Deir ez-Zhor.
L'EI s'était emparé de la quasi-totalité de Deir ez-Zhor et de sa province riche en pétrole en 2014, profitant du chaos engendré par la guerre en Syrie.    
Mais malgré ses défaites, l'EI parvient à frapper en menant des attentats sanglants. Samedi 5 novembre, au moins 75 civils ont été tués dans un attentat à la voiture piégée commis par le groupe jihadiste dans la province de Deir ez-Zhor. 
La défaite de l'EI en Syrie ne met pas fin à la guerre  
La défaite du groupe jihadiste ne marque pas, cependant, la fin du conflit en Syrie, dont le président Bachar el-Assad a promis la reconquête de l'ensemble du territoire, un credo repris mercredi par Ali Akbar Velayati. Les forces gouvernementales syriennes, également appuyées par l'aviation russe, ont désormais face à elles plusieurs groupes armés soutenus par les Etats-Unis et la Turquie, notamment les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) qui contrôlent plus d'un quart de la Syrie. Une proche conseillère de Bachar el-Assad a déclaré que les troupes américaines et turques présentes en Turquie étaient des forces d'invasion.
Le conflit en Syrie a laissé le pays exsangue
Le conflit en Syrie a laissé le pays exsangue et morcelé entre différents belligérants dont certains étrangers venus en renfort de camps adverses. Il a fait plus de 330.000 morts et poussé des millions de Syriens à l'exil. 
Des dizaines de milliers de personnes ont été déplacées par les combats dans la province de Deir ez-Zhor, nombre d'entre eux vivant dans des conditions difficiles dans des camps installés dans le désert. Selon Linda Tom, du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) à Damas, quelque 120.00 personnes ont été déplacées ces dernières semaines.   

Jean René Belliard

ptolemee@belliard74.com

08/11/2017

L'Etat islamique fait l'éloge posthume d'un membre important du Mouvement islamique d'Ouzbékistan (MIO) tué en Irak

Ouzbékistan 
MIO
L'Etat islamique fait l'éloge posthume d'un membre important du Mouvement islamique d'Ouzbékistan (MIO) tué en IrakAbdul-Hakim-al-Tatari.png
Dans la dernière parution de son bulletin Al Naba, l'Etat islamique a fait l'éloge d'un combattant tatare russe mort en combattant à Baiji, en Irak, quelques jours seulement après son arrivée sur le champ de bataille.
Avant de rejoindre l'État islamique, ce jihadistes avait fait une longue carrière au sein du Mouvement Islamique d'Ouzbékistan (MIO.  
Un Tatar âgé de 53 ans 
Selon le bulletin, Abdul Hakim al Tatari était âgé de 53 ans, ayant femme et enfants. Il avait rejoint le MIO il y a près de 15 ans après avoir quitté la Russie. On ne sait pas de quelle région de Russie il était originaire, cependant, sa kunya suggère qu'il était d'ethnie Tatar.
La plupart des Tatars de Russie vivent au Tatarstan et au Bachkortostan. 
Selon Al Naba, al-Tatari
aurait combattu aux côtés du MIO dans les zones tribales pakistanaises avant de rejoindre l'État islamique en 2015 avec une grande partie du groupe. 
L'émir du MIO, Usman Ghazi, avait fait allégeance à Abou Bakr al Baghdadi et  rejoint le groupe jihadiste Wilayat Khorasan, appartenant à l'Etat islamique. Peu après avoir rejoint l'État islamique, les partisans de Ghazi s'étaient joints à d'autres combattants de l'État islamique dans la province de Zabul, en Afghanistan, s'affrontant aux Talibans. Beaucoup de membres de l'Etat islamique, parmi lesquels Ghazi, ont été tués au cours d'affrontements avec les talibans. Mais des dissidents du MIO sont toujours en Afghanistan et se battent aux côtés des Talibans et d'al-Qaïda.
A noter que le chef du Parti Islamique du Turkistan critique le califat "illégitime" de l'Etat islamique et la faction du Mouvement Islamique d'Ouzbékistan qui a rejoint l'EI. 
Peu de temps après avoir rejoint Wilayat Khorasan, Al Tatari a gagné la Syrie avec sa femme, ses enfants et d'autres membres du groupe. Pour gagner la Syrie, le groupe est passé par le Waziristan, au Pakistan, en Afghanistan, puis de nouveau au Pakistan avant d'entrer en Iran et en Turquie.
De Turquie, Tatari est entré en Syrie après un voyage de deux mois. 
Le groupe a payé environ 2 000 $ par personne pour faire le voyage et payer les documents nécessaires.
Le groupe aurait changé de véhicules près de 50 fois et marché pendant des dizaines de kilomètres. 
Selon Al Naba, Al Tatari a demandé à être transféré en Irak quatre jours après son arrivée en Syrie et a rejoint les jihadistes combattant dans la ville de Baiji. C'est là qu'il a été tué au combat.
Le bulletin ne donne pas la date exacte de sa mort, mais la ville a été reprise par l'armée irakienne et diverses milices soutenues par l'Iran en octobre 2015. 
Al Naba a déjà publié la nécrologie de plusieurs militants morts en Irak ou en Syrie. Par exemple, Abou Omar al Turkistani, ancien commandant du Jihad islamique, tué par la frappe d'un drone américain en Syrie après avoir rejoint une unité d'Asie centrale affiliée à al-Qaïda à Edleb.