14/09/2014

14 septembre 2014 - Nouvelles des guerres du Moyen Orient

Front syrien

Les femmes jihadistes « britanniques » au sein de l’EI
Le   GCHQ et le MI5 surveillent actuellement les comptes Facebook et Twitter de 60 femmes jihadistes «britanniques» supposées se trouver à Raqqa, la place forte de l’Etat Islamique dans le nord de la Syrie. L’objectif est de suivre leur activité au sein de l’organisation salafiste. Le gouvernement britannique a prévenu que ceux et celles qui participeraient à des atrocités telles que les décapitations et les massacres seront poursuivis pour crimes de guerre et terrorisme s'ils retournent au Royaume-Uni.
Parmi les femmes jihadistes « britanniques » actuellement à Raqqa, on trouve une jeune femme de 21 ans qui affirme être étudiante en médecine. Cette femme, qui porte le nom de Mujahidah Bint Ossama a posté une photo d’elle sur son compte Twitter où on la voit portant la tête décapitée d’un homme. A côté de la photo monstrueuse apparaît le message suivant : «emploi de rêve, un doc. terroriste", suivi par des images de visages souriants et des smileys représentant des cœurs . Le compte Twitter de Mujahidah Bint Oussama a plus de 800 abonnés. Elle a déjà tweeté des images de soldats morts et les attaques terroristes du 9/11, à côté d’informations sur la façon de traiter une blessure au genou ou l'insomnie.
Sur d’autres messages, elle a loué Anwar al-Awlaki, un prédicateur extrémiste yéménite qui est devenu un porte-parole d'Al-Qaïda et est soupçonné d'avoir inspiré des centaines de jihadistes occidentaux. Awlaki a été tué en septembre 2011 par une frappe aérienne américaine.
Elle encourage également les femmes à pousser leurs maris à se battre pour l'Islam, et a partagé des images de l'exécution du journaliste américain Steven Sotloff, qui a été décapité par un « Britannique » de l’Etat Islamique au début du mois d’octobre 2014.
Mujahidah  Bint Oussama serait  liée par son compte Twitter à la brigade al-Khanssaa, un groupe féminin de jihadistes chargé de punir les comportements «anti-islamique» des femmes de Raqqa.
Le Mirror affirme que des membres de cette brigade serait dirigée par Aqsa Mahmood, une jihadiste « britannique » de 20 ans originaire de Glasgow.

LiveLeak-dot-com-875_1410699076-1410687857574_wps_27_A_photo_of_Glasgow__1410699131_jpg_resized.jpgAqsa Mahmood

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une autre jihadiste « britannique » ferait partie de la brigade  al-Khansaa. Il s’agit de Zahra Halane, 16 ans, qui a fui le Royaume-Uni avec sa soeur jumelle.

Zahra Halane.jpgZahra Halane

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des salafistes « britanniques », tiendraient des maisons closes pleines de femmes de la minorité yazidi capturées, selon le Mirror en Irak. 3.000 femmes et filles yazidi auraient été emmenées captives dans la région de Raqqa.

Les jihadistes de l’Etat Islamique décapitent un otage britannique
L'Etat islamique a revendiqué l'exécution par décapitation du britannique David Haines, membre de l’organisation humanitaire française Acted, en représailles à l'entrée du Royaume-Uni dans la coalition organisée par les Etats-Unis pour combattre les Jihadistes de l’EI.
Une vidéo mise en ligne par les jihadistes montre la décapitation, la troisième exécution de ce type en un mois, après celles de deux journalistes américains otages en Syrie.
La vidéo, qui dure 2 minutes 27 secondes, est intitulée "Un message aux alliés de l'Amérique". Le groupe jihadiste reproche au Royaume-Uni d'avoir rejoint la coalition des Etats-Unis, qui mène des frappes contre l'Etat islamique (EI) en Irak.
"Vous êtes volontairement entrés dans une coalition avec les Etats-Unis contre l'Etat islamique, comme votre prédécesseur Tony Blair l'a fait avant vous, suivant une tendance parmi nos Premiers ministres britanniques qui ne peuvent pas trouver le courage de dire non aux Américains", dit le bourreau, le visage dissimulé, en s'adressant au Premier ministre David Cameron.
« Cet homme britannique doit payer le prix de votre promesse, Cameron, pour armer les peshmergas contre l'Etat islamique, » poursuit le bourreau. ....
« Votre alliance maléfique avec l'Amérique qui continue de frapper les musulmans de l'Irak et plus récemment a bombardé le barrage de Haditha ne fera qu'accélérer votre destruction. Et jouant le rôle du toutou obéissant, Cameron, vous et votre peuple allez glisser vers une autre guerre sanglante, vouée à l'échec. »
Le bourreau, qui pourrait être le même que dans les vidéos des exécutions des Américains James Foley et Steven Sotloff, annonce qu’un autre otage britannique pourrait être prochainement assassiné dans les mêmes conditions. Il s’agirait d’Alan Henning.
Né en Ecosse, David Haines, 44 ans, avait été pris en otage en mars 2013.

L’Etat Islamique signe un pacte de non-agression avec d’autres formations rebelles
Les jihadistes de l’Etat Islamique semblent avoir trouvé une parade aux menaces de frappes U.S. Ils ont signé un pacte de non-agression avec des formations rebelles appelées « modérées » par les Occidentaux et susceptibles de coopérer avec l’Etat-major américain qui a besoin d’alliés sur le terrain. Selon les déclarations des uns et des autres, l’accord aurait pour objectif de concentrer la lutte contre l’armée assadiste. Mais concrètement, cela rendra encore plus difficile le choix des brigades rebelles qui pourraient bénéficier d’une aide américaine pour lutter contre l’Etat Islamique, le seul ennemi officiellement reconnu par le président Obama.
Le pacte de non-agression aurait également été signé par al-Qaïda en Syrie, c’est-à-dire le Front al-Nosra, une autre organisation inscrite sur la liste des organisations terroristes par Washington.
Depuis le mois de mars 2014, les Américains aidaient le Front Révolutionnaire Syrien, un groupe dit « modéré » mais très efficace contrôlant environ 25 000 combattants sur le terrain. Ce front avait été déclaré « la meilleure chance de combat des Occidentaux contre les armées islamistes de Syrie ». Cet été, le président Obama a demandé au Congrès d'approuver  un budget de 500 millions $ pour former et équiper des unités rebelles syriennes. Il a réitéré sa demande dans son discours du mercredi 10 septembre au sujet de la guerre contre l’Etat Islamique.
Or, le Front Révolutionnaire Syrien est également l’un des signataires de l’accord entre rebelles et Jihadistes. Pour lui, l’objectif prioritaire n’est pas la lutte contre la montée des extrémistes, mais le renversement de Bachar el-Assad. En Avril 2014, le chef du Front Révolutionnaire Syrien déclarait au journal The Independent, «Il est clair que je ne me bats pas contre al-Qaïda. C'est un problème extérieur à la frontière de la Syrie, e ce n'est pas notre problème. Je n'ai pas de problème avec quelqu'un qui combat contre le régime intérieur de la Syrie ".
La perspective d'aider un groupe maintenant allié aux Jihadistes de l’Etat Islamique pose un réel problème à l’administration Obama. Comment soutenir des gens qui n’ont pas le même objectif que vous ?  Et surtout, quelle assurance a-t-on que les combattants formés et équipés par les Américains ne vont pas finalement s’allier avec les Jihadistes ? Il faut savoir que de nombreux rebelles, qui ont été formés par la Central Intelligence Agency en Jordanie en 2012 pour lutter contre le gouvernement syrien, ont rejoint plus tard l’Etat Islamique.
En fait, tant que l’Occident n’aura pas clairement décidé de lutter contre ou de s’allier avec Bachar el-Assad, le problème d’une intervention militaire contre l’Etat Islamique, avec des alliés locaux, sera difficile à mettre en place en Syrie.
Et surtout…surtout…ne pas croire les déclarations des « conseillers » qui prétendent avoir une grande confiance dans la connaissance du théâtre syrien et dans les « alliés locaux » de l’Amérique. Les Américains sont aussi étrangers à la région que des éléphants dans un magasin de porcelaine. 

John Kerry refuse toute coordination des frappes aériennes contre l’EI avec le régime syrien
Les Etats-Unis ont affirmé qu’il était hors de question de coordonner d’éventuelles frappes aériennes contre les jihadistes de l’Etat Islamique à l’intérieur de la Syrie avec Damas. La prise de position a été confirmée par l’administration Obama malgré les avertissements de Damas que toute attaque non autorisée sur son territoire serait considérée comme un acte d'agression.
Le ministre syrien de la réconciliation nationale, Ali Haidar, a déclaré que des frappes aériennes américaines en Syrie sans l'autorisation de Damas seraient considérées comme une agression contre le pays. Il a rappelé aux États-Unis que le droit international exige que toute action, qu'elle soit militaire ou autre, necessite l'approbation préalable de Damas.
 « Nous n'allons pas nous coordonner avec la Syrie ... ce n'est pas un effort coopératif », a déclaré le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, lors d'une interview diffusée
Dimanche 14 septembre par CBS News. 
« Nous allons certainement « déconflicter » pour nous assurer qu'ils ne vont pas faire quelque chose qu'ils pourraient regretter amèrement, mais nous n'allons pas nous coordonner », a-t-il ajouté.
« Nous allons le faire avec des alliés, » a-t-il déclaré lors de l'interview, qui a été enregistré au Caire, en Egypte, le samedi 13 septembre
Lors d'un discours, mercredi 10 septembre, le président Barack Obama a autorisé des frappes aériennes américaines contre les bases de l’Etat Islamique en Syrie.
A en croire le "New York Times", l'aviation US frapperait la DCA syrienne, si celle-ci réagit aux bombardements du territoire syrien et à la violation du ciel syrien par les Etats Unis.
Les Américains ont annoncé vouloir bombarder les positions de Daech, à partir du mois d'octobre.
L’US Air Force a déjà effectué plus de 150 frappes aériennes contre les cibles du réseau terroriste en Irak.

Province de Hama : Les forces spéciales iraniennes al-Qods en action
L’armée assadiste a mené une vaste contre-offensive depuis le début de la semaine pour reprendre aux rebelles plusieurs villages proches de l’aéroport de Hama menacé depuis juillet 2014 par les insurgés. Vendredi 12 septembre, l’armée a repris le contrôle de Hilfaya, une ville située au nord ouest d’Hama, après des combats avec les insurgés et des bombardements violents. L’opération pour reprendre le contrôle de Hilfaya a été mené par le colonel Souheil al-Hassan, surnommé « le Tigre » avec l’aide des supplétifs des Forces de la défense nationale, milice prorégime et des combattants iraniens de la force al-Qods.
Les combattants rebelles, dont ceux du Front al-Nosra, ont réussi à évacuer la localité, non sans avoir subi de lourdes pertes ; A noter que le chef d’al-Qaïda en Syrie (Front al-Nosra), Abou Mohammad al-Golani, avait personnellement commandé les combats pour Hilfaya :
Vidéo de la reprise d’Hilfaya :
http://www.liveleak.com/view?i=145_1410582239

Province d’Edleb
On avait oublié les combats autour de la base militaire de Wadi Deif. Cela doit bien faire un an et demi que cette base est assiégée par les rebelles.
Or, une vidéo vient d’être mise en ligne par une formation rebelle montrant la destruction d’un VBTT(véhicule blindé de transport de troupe) de l’armée assadiste par la 7ème brigade des Forces Spéciales du  101ème régiment d’infanterie (remarquez les appellations plus militaires signalant que ces hommes ont été formés par les Américains) utilisant un missile anti-char TOW.
http://www.liveleak.com/view?i=817_1410677490

Damas
Des combats très violents se déroulent toujours pour le contrôle du quartier rebelle de Jobar. Les rebelles du Front Islamique (soutenus et armés par l’Arabie saoudite) s’accrochent à chaque pan de mur car c’est leur point le plus avancé vers la capitale syrienne :
http://www.liveleak.com/view?i=bde_1410681677

Kurdistan syrien
Les Kurdes aussi peuvent commettre des exactions.
Des éléments appartenant aux YPG (Comité de Protection du Peuple Kurde) et aux forces du PKK (Kurdes de Turquie) ont exécuté avec des soldats assadistes, à l’aube du dimanche 14 octobre, 32 personnes après des raids contre les villages arabes d’Al-Hajiah et Tel-Khalil dans la province d’Hasake, au Kurdistan syrien.
Parmi les 32 personnes assassinées se trouveraient des femmes et des enfants. Par ailleurs, de nombreux blessés sont arrivés à l'hôpital Dar al-Shifa dans la ville de Qamishli.
Selon un journaliste présent à Hasake toutes les personnes décédées sraient des civils, ajoutant que les villageois ne font partie d’aucune faction armée.

Le Hezbollah libanais toujours actif en Syrie
Le Hezbollah libanais, une puissante milice chiite libanaise, est toujours très actif sur le théâtre syrien. Et il utilise des armes de plus en plus lourdes pour venir à bout de la résistance des rebelles comme le montre cette vidéo :
http://www.liveleak.com/view?i=344_1410702456
Il est vrai que ce que la milice chiite libanaise craint le plus, ce sont les attaques terroristes contre son fief de Beyrouth, Dahiyé, comme cela a déjà été le cas. A ce propos, les militants hezbollahis ont découvert et rendu hors d’usage un atelier de fabrication de voitures piégées :
http://www.liveleak.com/view?i=39f_1410701825

Plateau du Golan syrien
Les rebelles du Front du Sud progressent toujours dans la région de Quneitra, sur le Golan syrien. Ils s’approchent à présent d’al-Hamidiyah. A la suite de l’offensive menée depuis cet été, les rebelles contrôlent désormais la quasi-totalité de la province de Quneitra et le plateau du Golan syrien.
Vidéo :
https://www.youtube.com/watch?v=aqkR9lHHAPI&feature=p...


Front irakien

Les Kurdes progressent dans le nord de l’Irak
Les Peshmergas (combattants kurdes) poursuivent leur progression. Ils ont libéré six villages dans la région d’al-Qaraj.
Vidéo du côté kurde – très impressionnante :
https://www.youtube.com/watch?v=CDBR2xao-1Q&feature=p...
Des Jihadistes de l’Etat Islamique ont été capturés par les Peshmergas :
https://www.youtube.com/watch?v=s2vghIlRaHM&list=UUNo...
Les Peshmergas tentent de convaincre un Jihadiste de l’Etat Islamique de se rendre dans un village qui vient d’être libéré :
https://www.youtube.com/watch?v=5ARE-aJ762U&list=UUNo...

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l’enfer des espions)

05/09/2014

5 septembre 2014 – Guerre contre l’Etat Islamique

Front irakien

Un changement de politique de la part du régime iranien ?
Si l’on en croit la BBC en langue perse, le guide suprême iranien aurait approuvé le principe d’une coopération avec les Etats-Unis dans la lutte contre l'Etat islamique en Irak.
Jusqu’ici, l'Ayatollah Khamenei avait fermement opposé son veto à une proposition de coopération avec les Etats-Unis faite par le président Rohani, pour faire face à la capture de Mossoul et Tikrit par les Jihadistes de l'État islamique en juin 2014.
L’Ayatohhal Khamenei avait régulièrement accusé les États-Unis d’avoir contribué à créer la menace jihadiste.
Cependant, selon la BBC,  le chef suprême aurait autorisé les Gardiens de la Révolution à coordonner leurs opérations militaires avec les États-Unis, ainsi qu’avec les forces irakiennes et les combattants kurdes.
Une coopération est en effet nécessaire sur place dans la mesure ou Iraniens et Américains envoient ou pourraient envoyer des avions de combat dans le ciel irakien, ce qui pourrait créer des tensions entre les deux armées dans le cas d’une absence de communication.

Front syrien

L’Iran à nouveau
Rustam Qassemi – l’ancien ministre iranien du Pétrole, ancien chef de la branche de l'ingénierie Khatam al-Anbia des gardiens de la révolution, et aujourd’hui à la tête du Comité de développement des relations économiques irano-syrien – se trouve depuis trois jours à Damas. 
Il a rencontré le président Assad, mercredi 4 septembre, et Mohammad Jihad al-Laham, le président de l’Assemblée du Peuple syrien.  Il a réaffirmé l’importance stratégique des liens syro-iraniens pour préserver la sécurité et la stabilité régionale et défendre les intérêts des peuples de la région .
Mais au-delà des déclarations rituelles, on s’interroge sur les raisons réelles qui ont amené Qassemi en Syrie, après 42 mois de conflit.
Une raison tient au fait que l’agence d’ingéniérie Khatam al-Anbia aurait, naturellement, un rôle à jouer dans la reconstruction des grandes infrastructures du pays, une fois la guerre finie. Les travaux de reconstruction des infrastructures pourraient déjà commencer dans les villes reconquises par l’armée assadiste, comme Homs d’où les rebelles ont été chassés.
Une autre raison pourrait être la nécessité vitale pour le régime de Bachar el-Assad de maintenir une ligne de crédit auprès de l’Iran pour soutenir l’économie syrienne et assurer la fourniture de biens vitaux pour la population.  Déjà, au cours de l’été 2013, l’Iran avait promis 3,7 milliards de dollars pour aider la Syrie. Il n’est pas sûr que Téhéran poursuive son effort financier.
Enfin, Qassemi a parlé d’un projet de développement de l’exploitation des gisements de pétrole et de gaz syriens. Le problème est que les exploitations gazières et pétrolières se trouvent principalement dans la province de Deir ez-Zhor, à l’est du pays et cette région est contrôlée par les jihadistes de l’EI. Est-ce à dire que l’Iran va aider le gouvernement syrien à récupérer cette région des mains des Jihadistes ?

La bataille entre Kurdes syriens et Jihadistes de l’EI
De violents combats entre Kurdes et Jihadistes de l’EI se sont déroulés dans les secteurs de Rabiah, Sinjar et Jazaa. Ils auraient coûté la vie à 473 combattants jihadistes. Jazaa est aujourd’hui entre les mains des Kurdes de l’YPG, même si la localité est entièrement détruite.

La pire crainte d'un Jihadiste de l’Etat islamique est d’être tué par une femme kurde
Dans le nord de l'Irak, où les forces kurdes reprennent rapidement le terrain perdu, cette éventualité devient de plus en plus plausible.
Mon blog du 4 septembre expliquait le sort fait aux femmes jihadistes de l’Etat Islamique. Quelle différence avec les femmes kurdes, pourtant sunnites en majorité ! Il ya beaucoup de femmes soldates kurdes sur les lignes de front. Elles sont plus petites que leurs camarades masculins, mais elles sont aussi dures.  Elles rôdent sur le champ de bataille serrant leurs fusils automatiques et jurant vengeance pour toutes les victimes des Jihadistes. combattantes kurdes.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette vidéo est fournie par le centre de presse de l’YPG et montre l’entraînement des jeunes recrues féminines :
http://www.liveleak.com/view?i=c4f_1409886752

Les rebelles semblent avoir reçu en profusion des missiles antitanks téléguidés (ATGM) comme le prouvent ces vidéos prises sur différents terrains de bataille :
Quneitra
La bataille de Quneitra, dans le Golan syrien, se poursuit. La vidéo suivante montre les rebelles attaquer une position de l’armée d’Assad avec un missile sol/sol ATGM (antitank guided missile):
http://www.liveleak.com/view?i=f97_1409932119
Ici, un ATGM est utilisé dans les combats par la brigade rebelle Saif al-Sham :
http://www.liveleak.com/view?i=690_1409930197
ou encore cette vidéo d’un tir de TOW :
http://www.liveleak.com/view?i=efc_1409927008
Province de Hamah
La brigade Hamzah de la rébellion utilise également un missile guidé antichar HJ-8 ATGM contre une position de l’armée assadiste dans la province de Hamah :
http://www.liveleak.com/view?i=27e_1409930835

Des drones américains en Syrie
Des drones américains auraient été aperçus au-dessus de Raqqa, la place forte de l’EI en Syrie. Information à suivre.

Front libanais

Concentration de rebelles syriens autour d’Ersal
Plus de 3000 rebelles syriens auraient gagné le jurd d’Ersal, au nord Est du Liban, ce qui laisse supposer l’imminence de nouveaux combats entre les rebelles et l’armée libanaise. L’objectif des rebelles serait de trouver un abri avant l'hiver, parce qu'il leur sera impossible de passer l’hiver dans le jurd connu pour son froid glacial.

EI exécute des hommes soupçonnés de liens avec le Hezbollah
Au Liban, comme en Syrie ou en Irak, malheur à ceux qui tombent entre les mains des Jihadistes de l’EI. Ceux-ci seront tués dans la plupart des cas. C’est ainsi qu’un Libanais capturé à Ersal, Kayed Ghdadeh, a été exécuté. Il était accusé, lui et dix Syriens également enlevés dans la même localité libanaise, d’avoir des liens avec le Hezbollah chiite.

Pas d’échange de prisonniers jihadistes contre les soldats enlevés lors de la bataille d’Ersal
Des sources ministérielles ont révélé au quotidien libanais an-Nahar que de grands efforts sont déployés pour obtenir la libération des soldats enlevés, mais qu’il était hors de question de les échanger contre des  détenus jihadistes.
Or, selon la chaine de télévision libanaise LBC, le front al-nosra aurait informé des médiateurs qu'il ne libèrera les soldats libanais que dans le cadre d'un échange.
Rappelons qu’un soldat enlevé, Ali Sayed, originaire du Akkar, avait été égorgé par les Jihadistes. Deux des hommes qui ont tué le soldat seraient membres de l’EI et originaires du nord Liban.

Les attentats contre le Hezbollah pourraient reprendre au Liban
Un atelier pour la préparation de voitures piégées appartenant au front al-nosra a récemment été découvert dans la région d’Ersal et un autre dans le Qalamoun syrien. Cette découverte laisse penser qu’al-Qaïda en Syrie préparait des attentats contre des barrages de l'armée et des sites sensibles du Hezbollah.

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

 

03/09/2014

3 septembre 2014 – La guerre contre l’Etat Islamique

Steven Sotloff, le journaliste américain décapité, avait également la citoyenneté israélienne
Cette information avait été maintenue secrète pour ne pas faire courir de risques au journaliste lors qu'il avait été pris en otage. Mais cela n’a pas suffi. Cette information sur sa nationalité israélienne a été donnée par un tweet de Paul Hirschson, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères israélien.
Les médias israéliens ont révélé que Sotloff, né aux Etats-Unis, avait émigré en Israël en2005. Il avait fait ses études au Centre interdisciplinaire de Herzliya, un collège privé près de Tel Aviv.

Les Occidentaux condamnés à réagir contre l’EI
L’assassinat du deuxième journaliste américain et l’annonce par le mad jihadist (jihadiste fou) à l'accent anglais qu’il pourrait décapiter prochainement un Britannique, rend une intensification de la guerre des Occidentaux contre l’Etat Islamique de plus en plus probable.
Le 2 septembre, le président américain, Barack Obama, a décidé l’envoi en Irak de 350 soldats américains supplémentaires, ce qui porte le contingent U.S. à 1100 hommes.

Le problème est le choix des cibles dans une véritable poudrière
L’Irak et la Syrie ont prouvé, à bien des égards, qu’ils avaient un potentiel à devenir une véritable poudrière, tant sont complexes les conflits entre organisations jihadistes, rebelles, confessionnelles, tribales et politiques. Prenons l’exemple de la Syrie où l’Etat-major de l’Etat Islamique semble avoir trouvé refuge. Les jihadistes de l’EI sont aujourd’hui implantés dans plusieurs régions, notamment dans la province de Raqqa, qu’ils contrôlent et administrent entièrement, celle de Deir ez-Zhor où la situation est presque identique. Ceci signifie qu’une intervention occidentale signifierait une nouvelle guerre asymétrique entre des Jihadistes, honnêtes fellahs le jour et redoutables combattants la nuit et des soldats occidentaux. La moindre « bavure » occidentale jetterait des populations de plus en plus nombreuses dans les bras des Jihadistes. Par ailleurs, toute intervention étrangère en Syrie ou en Irak se ferait au détriment des Jihadistes et donc au profit d’autres forces, rebelles ou gouvernementales. Et c’est là que le bât blesse ! Dans cette région, les ennemis de mes ennemis ne sont pas nécessairement mes amis.

Les Iraniens aussi interviennent en Irak
Les Iraniens ont prétendu ne pas avoir envoyé de troupes en Irak. C’est faux. Il y aurait bien 2000 Pasdarans, les gardiens de la révolution islamique iranienne, au nord de Bagdad avec la mission de protéger la capitale irakienne. Ce sont ces hommes que Qassem Souleimani, le commandant de la Force al-Qods, le corps d’élite des Pasdarans, serait venu inspecter en juin, quelques jours après le début de l’offensive de l’EI. Par ailleurs, les Kurdes ont révélé que 1500 Iraniens avaient aidé les Peshmergas à lutter contre les Jihadistes de l’EI. Enfin, dernière information : Plusieurs conseillers militaires iraniens auraient été vus lors de l’offensive pour dégager la ville chiite irakienne d’Amerli encerclée par les Jihadistes.
La milice chiite Asaib Ahl el-Haq, financée et armée par l’Iran et totalement inféodée au régime des Ayatollahs, a été à la pointe des combats pour la prise de la ville voisine de Souleyman Beg, quelques jours après la libération d’Amarli. Deux Iraniens portaient des uniformes beiges alors que les membres de la milice chiite étaient en vert. Les deux Iraniens parlaient en Farsi entre eux.
L’intervention en Irak de militaires iraniens créent une curieuse situation ou conseillers américains et iraniens pourraient se retrouver côte à côte dans la lutte contre les Jihadistes de l’EI.
 
Front syrien

La situation syrienne de plus en plus compliquée
La carte ci-dessous montre la complexité de la situation sur le terrain en Syrie.
Les zones rouges ombragées représentent le territoire syrien encore contrôlé par les forces d’Assad, avec quatre petites poches contrôlées par le Hezbollah.
L’armée d’Assad pourrait essayer de reprendre la ville d’Alep ravagée par les bombardements aux barils de poudre, mais les rangs assadists commencent à se clairsemer et le Hezbollah libanais va avoir de plus en plus de mal à engager plus de troupes dans le pays après avoir perdu des centaines d’hommes au cours des quinze derniers mois. Reprendre le Nord et l’Est du pays est totalement hors de portée des partisans d’Assad dans la situation actuelle.
Il faut ajouter à cela le fait que le gouvernement syrien est en quasi-faillite après avoir perdu la plupart de ses revenus pétroliers.

situation in Syria.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Province de Deir ez-Zhor
Les Jihadistes de l’EI seraient en train de préparer une attaque de grande envergure contre une nouvelle base aérienne  dans la province syrienne orientale de Deir ez-Zhor.
Quelque 1.500 soldats syriens sont stationnés sur la base aérienne de Deir ez-Zhor, qui est utilisée par l'armée de l'air syrienne pour les opérations contre les positions de l’EI dans la province.
Si la base aérienne tombe, ce sera une victoire plus importante encore que la capture de la base de Taqba, dans la province de Raqqa, le 25 août 2014. 

Damas
L’armée d’Assad poursuit son matraquage de Jobar, une banlieue de Damas encore aux mains des rebelles du Front Islamique financé et armé par l’Arabie saoudite.
Vidéo du côté de l’armée assadiste :
http://www.liveleak.com/view?i=9a4_1409692632
Les soldats assadistes ont à nouveau utilisé, ce matin du mercredi 3 septembre, des roquettes BM-30, ces bombes qui descendent au bout de parachutes et qui sont la terreur des insurgés. L’objectif des Assadistes est visiblement de transformer Jobar en un tas de ruines :
http://www.liveleak.com/view?i=120_1409755578

Qalamoun (proche de la frontière libanaise)
L’armée assadiste et des combattants du Hezbollah auraient mené dans le Qalamoun une embuscade contre un convoi du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie). Le convoi comprenait plus de vingt véhicules. La plupart des combattants d’al-Nosra auraient été tués ou blessés. L’émir du Front al-Nosra pour le Qalamoun, Abou Malik el-Talli, aurait perdu la vie au cours de cette embuscade, mais la nouvelle n’a pas encore été confirmée. Abou Malik était responsable de l'enlèvement des religieuses de Maaloula, ainsi que de l’attaque contre la localité libanaise d’Ersal au cours de laquelle des dizaines de soldats libanais avaient été enlevés.

Les Tchétchènes responsables des massacres de soldats à Tabqa
Depuis l'été dernier, de nombreux témoignages accusent les tchétchènes de l'Etat islamique, dirigés par Omar al-Shishani, d’être impliqués dans les massacres, les enlèvements et autres exactions.
Une vidéo intitulée « Novosti Halifata » montre un groupe de Tchétchènes de l'État islamique massacrer entre 160 et 250 soldats assadistes après la capture de la base aérienne de Tabqa dans la province de Raqqa il ya 10 jours. Les Jihadistes s’expriment en russe.

Voilà ce qui attend les jeunes femmes qui, par idéal, veulent rejoindre le jihad
De nombreuses jeunes femmes ont gagné l’Irak ou la Syrie pour participer au Jihad.. Elles arrivent d'Australie, de Malaisie et même du Royaume-Uni avec des idées héroïques plein la tête.
Un journal malaisien, Malaysian Insider, a publié des informations obtenues auprès d’un officier du renseignement. Des femmes Malaisiennes,  âgées de 30 à 50 ans, se seraient rendues comme «volontaires du sexe» sur le territoire contrôlé par l’Etat Islamique. Plusieurs femmes sunnites de l'Australie et du Royaume-Uni auraient voyagé avec elles.
Selon des rapports des services de renseignement, l '«Etat islamique» aurait publié en Juin 2014 un décret rendant le service militaire obligatoire pour les hommes, et obligeant les femmes musulmanes célibataires au « devoir sexuel ».
Les services de renseignement britanniques ont  confirmé que,  parmi les centaines de citoyens britanniques qui se battent dans les rangs des djihadistes, il y avait des femmes, dont beaucoup préfèrent faire quelque chose en dehors de prendre les armes à la main.
La notion de "djihad du sexe» («Jihad al-nikah") est apparu en 2013, lorsque les dirigeants jihadistes ont appelé les femmes sunnites à venir en Syrie pour réconforter sexuellement les combattants au nom de la lutte contre les infidèles et le régime du président Bachar al -Assad.

La fatwa a cité le verset 24, sourate 4 du Coran, qui parle de la notion de «mariage temporaire» - muta. Muta est conclu pour une durée qui peut varier d'un jour à 99 ans. Au cours de la période du mariage temporaire, une femme obtient le statut de conjoint à part entière avec les responsabilités adéquates. Pour les critiques du mariage muta, il s’agit ni plus ni moins de prostitution, permettant aux hommes de "se marier" seulement pour un jour ou même moins, et la nécessité de payer pour le sexe.
Quelques femmes participent néanmoins aux combats. L’EI a créé la brigade spéciale des femmes al-Hans, nommé d'après la célèbre ancienne poétesse arabe.
Les femmes de cette brigade patrouillent dans les rues pour vérifier si les autres femmes se conforment aux lois de la charia. Elles apparaissent souvent armées dans les lieux publics, arrêtent et interrogent les femmes, qui apparaissent dans les rues non accompagnées, et vérifier si les hommes qui les accompagnent sont des parents, et si les vêtements des femmes répondent aux exigences de l'État islamique.
En outre, al-Hans recrute des jeunes filles musulmanes pour les marier avec des Jihadistes de l'État islamique et ainsi fonder des familles pour créer une forte communauté de personnes partageant les mêmes idées. Les combattants sont encouragés à rester dans leur région, à avoir des enfants, et leurs femmes doivent soutenir leurs maris dans le but de participer au jihad et d'éduquer l'idéologie islamiste chez les enfants.
L’Etat islamique promeut activement l'idée de solidarité et de camaraderie. Il a créé des groupes de soutien, où les femmes échangent des recettes, communiquent, instruisent les nouveaux membres et donnent des conseils pour savoir comment se rendre en Syrie et en Irak.

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)