02/12/2014

2 décembre 2014 - Nouvelles des conflits du Moyen Orient

Israël

On m’a demandé ce que je pensais du débat à l’Assemblée Nationale française du vote sur la reconnaissance d’un Etat palestinien. Voici ma réponse :

Activité de la chambre des députés française
Le vote sur la reconnaissance de l’Etat palestinien par la Chambre des Députés française est une pure action d'intox électorale. L’objectif de la Gauche française est de tenter de récupérer le vote musulman mis à mal par la loi "mariage pour tous". Il s’agit d’un débat et d’un vote qui ne servent à rien. Un activisme stérile.

La viabilité économique d’un Etat palestinien dans l’état actuel des choses est impossible
La viabilité de l'Etat palestinien est impossible si on ne prévoit pas en même temps un démantèlement des « colonies de peuplement » israéliennes qui ont essaimé en Cisjordanie. Cela reviendrait à mettre un Etat palestinien sous perfusion financière permanente de la communauté internationale.

Un Etat palestinien sans démantèlement des colonies revient à instituer un apartheid
Il y a fort à parier que le gouvernement israélien refusera d’évacuer 400 000 colons établis en Cisjordanie pour les faire revenir à l’intérieur des frontières légalement reconnues par la communauté internationale. Or ces frontières n’ont plus aucune existence réelle en raison des bouleversements occasionnés dans le pays à la suite de plusieurs guerres israélo-arabes.
Croire à la fiction d’un Etat palestinien sans apporter une réponse au problème de la présence de colonies de peuplement juif en Cisjordanie, revient à accepter une forme d’apartheid entre les deux communautés juives et palestiniennes pour des raisons de sécurité.

La seule solution : Cohabitation de tous les résidents juifs et arabes dans un seul Etat
Une solution est un État multiconfessionnel avec, par exemple une répartition des charges de l’Etat et des ministères régaliens entre les différentes communautés : Juives, musulmanes, chrétiennes orthodoxes, druzes, etc. Cela permettrait d’organiser un « vivre ensemble » qui donnerait aux Juifs un accès libre à ce qu’ils appellent la Judée et la Samarie et aux Arabes un accès à l’ensemble du territoire de la nouvelle entité nationale. Cela suppose de procéder par étapes avec une garantie et une protection internationale des deux communautés.

Le gouvernement israélien actuel insiste pour être reconnu comme un Etat juif : une aberration démocratique
Israël veut être reconnu comme un État juif. Ceci est une aberration démocratique. Cela reviendrait à traiter comme des citoyens de seconde catégorie les citoyens non-juifs.

Il n’y a que deux solutions :
Le choix est entre :
- 2 États - Israël et la Palestine mais ceci implique un démantèlement de toute les « colonies de peuplement » situées en Cisjordanie - Solution guère réalisable, on en convient.
- 1 seul État sur l'ensemble d'Israël et de la Cisjordanie (Judée et Samarie) avec une répartition des principales fonctions de l’Etat et des ministères régaliens (AE – Intérieur – Justice – Education). C'est la seule solution économiquement viable pour les Palestiniens. Cela suppose : Respect mutuel -  libre circulation - démantèlement du mur - répartition budgétaire – Règles en ce qui concerne le foncier – aménagement des transports, de la distribution de l’eau, etc.

Front irakien

Sayyed Hashim al-Haidari (le Hassan Nasrallah irakien)
Un chef religieux chiite  irakien, al-Sayyed Hashem al-Haidari, a fait son apparition sur la scène politique et militaire, un peu comme Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah au Liban. Haidari est un fidèle du  guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, et tout comme Nasrallah, il sait galvaniser les foules chiites par ses discours enflammés. La vidéo ci-dessous est intéressante pour ce qui concerne la rhétorique anti-Amérique qu’il utilise pour galvaniser ses supporters. Pour lui, les Jihadistes de l’Etat Islamique ne sont que les « jouets » des Américains. Vous ne trouverez pas d’Américains capables d’exécuter un attentat kamikaze, c’est pourquoi ils utilisent les jihadistes de l’EI, martèle-t-il dans son discours.
Vidéo d’un de ses discours – le discours est en arabe sous-titré en anglais :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Kurdistan
Le gouvernement irakien et les Kurde irakiens ont annoncé mardi 2 décembre avoir conclu un accord pour régler leurs différends sur le budget et les exportations pétrolières. Les deux camps devaient absolument trouver une entente pour concentrer leurs efforts à la lutte contre l’Etat Islamique. 
Cet accord a été conclu au cours d'un conseil des ministres présidé par le Premier ministre Haidar al-Abadi auquel participait le Premier ministre kurde Nechirvan Barzani.

L’armée irakienne et les Peshmergas reprennent 27 villages des mains de l’Etat Islamique :
L’armée irakienne et les Peshmergas ont repris 27 villages de la province de Diyala des mains de l’Etat Islamique. L’armée, avec l’appui de l’aviation, a réoccupé les monts Hamrin et la rivière Narin utilisées par les Salafistes comme voie de communication et d’approvisionnement.
Vidéo (langue anglaise) :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=94b020df8231

Frontière occidentale de l’Irak
Au moins seize gardes-frontières ont été tués lundi 1er décembre à l'ouest de l'Irak par des jihadistes de l'État islamique (EI). Quatre autres gardes ont été blessés dans l’attaque contre leur quartier général à al-Walid, à l'extrémité ouest de la province sunnite d'al-Anbar.

Ramadi
Cette vidéo jihadiste montre des combats à al-Sajjariyya, à l’est de Ramadi. Remarquez au début de la vidéo la mitrailleuse américaine, sans doute prise à l’armée irakienne. Attention des images peuvent choquer à la fin de la vidéo :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=f61a70a520fe

Nouvelle offensive jihadiste près du barrage de Samarra
La vidéo a été mise en ligne par l’Etat Islamique :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=1f5977544fee

Ailleurs en Irak
Ailleurs dans le pays, neuf miliciens chiites sont morts au combat entre dimanche et lundi, et trois civils ont été tués dans des tirs de mortier lundi 1er décembre à Bald. Quatre personnes sont mortes et sept ont été blessées dans une explosion à Touz Khourmatou (90km au sud de Kirkouk).

Frappes françaises contre Daech
 « Deux avions de chasse français ont détruit lundi 1er décembre un check-point tenu par des terroristes du groupe Daech dans le nord de l'Irak », a indiqué le ministère français de la Défense dans un communiqué.
« Une patrouille de reconnaissance armée de deux avions de chasse a bombardé une position du groupe terroriste Daech lundi matin », selon le communiqué, précisant que les moyens de la coalition avaient repéré quelques heures avant le check point au sud-ouest du Mont Sinjar.
« Les Rafale équipés de bombes guidées laser ont neutralisé la menace et détruit les deux structures qui constituaient le barrage », indique la défense, sans préciser si des terroristes ont été tués dans la frappe. La dernière frappe en Irak de la France, qui participe à la coalition internationale contre le groupe Daech, remontait au 19 novembre.

Liban

La guerre en Syrie et ses conséquences sur l’intérieur libanais
Le Liban suit avec inquiétude l’évolution de la situation militaire en Syrie depuis le début de la guerre civile, il y a trois ans. L’inquiétude est d’autant plus grande que le conflit a tendance à débordé ses frontières, non seulement dans la région du Qalamoun, proche de la Bekaa, mais au nord, dans la région du Akkar. Sans compter les incidents sécuritaires qui se multiplient un peu partout dans le pays. Le nombre de ces incidents tend à augmenter au fil des mois et implique de plus en plus des ressortissants syriens réfugiés au Liban et de plus en plus exaspérés par l’absence de progrès de la révolution sur le terrain. Beaucoup de ces réfugiés, surtout les jeunes adultes ont abandonné tout espoir de revenir rapidement au pays et sont de plus en plus gagner par les idées véhiculées par les organisations salafistes. C’est bien l’avertissement qu’a émis le commandant en chef de l’armée libanaise, le général Jean Kahwagi lorsqu’il déclarait en août 2014, qu’il y avait urgence à imposer un contrôle plus strict dans les camps des réfugiés syriens répandus sur l'ensemble du territoire libanais, « afin que ces derniers ne se transforment pas en îlots terroristes ». Les Libanais savent de quoi ils parlent lorsqu’ils invoquent le danger que représentent des réfugiés sur son sol.

La communauté internationale affirme vouloir garantir la stabilité du pays
En l’absence de l’éclatement d’un conflit civil majeur, le Liban peut croire que la communauté internationale interviendrait pour préserver son intégralité et sa stabilité. Il est peu probable que les candidats soient très nombreux à mettre des troupes sur le terrain si la situation dérapait. On sait, dans toutes les chancelleries occidentales que le Liban est le quatrième fournisseur de combattants à l’Etat Islamique, après la Tunisie, l’Arabie saoudite et la Jordanie. L’ONU parle de 870 combattants libanais dans les rangs de daech. Le Hezbollah libanais maintient, quant à lui,  près d'un millier de combattants  en permanence en Syrie qui se battent aux côtés de l’Armée Arabe Syrienne (AAS).

La situation risque d’empirer
Il n’y a pour l’instant aucun espoir de solution politique en Syrie. Cela signifie pour l’Etat libanais qu’il est peu probable que les réfugiés puissent rentrer chez eux dans un avenir proche.

Les Américains auraient conseillé à l’armée libanaise de coordonner ses actions avec l’armée syrienne
Les Américains aimeraient entraîner le Liban dans leur lutte contre les Jihadistes. Des sources sécuritaires laissent entendre que les Américains auraient conseillé aux forces armées libanaises de coordonner leur action avec l'armée syrienne, le long de la frontière dans la zone du Qalamoun et de Zabadani, jusqu'à la Békaa-Ouest et à Rachaya pour lutter contre les combattants de Daech et du Front al-Nosra (al-Qaïda). Mais comme le dossier syrien continue de diviser la classe politique libanaise, il n'est pas question pour l'instant de la part du gouvernement de procéder à une volte-face politique. L'armée pourrait simplement avoir un feu vert pour un minimum de coordination avec les forces de Damas.

Rumeur : L'épouse d'Abou Baker al-Baghdadi arrêtée  au Liban
La chaîne panarabe al-Mayadin, citant une information provenant des services de renseignement de l'armée libanaise, affirme que Souha Doulaimi, l'une des épouses du calife autoproclamé de l’Etat Islamique, Abou Bakr al Baghdadi, ainsi que l'un de ses fils (8 ans) a été arrêtée à un poste-frontière illégal avec la Syrie. Cette arrestation, qui aurait eu lieu il y a dix jours, aurait été réalisée en coopération avec des services de renseignement étrangers, affirme la chaîne.
En fait, il n’y a rien de certain à l’heure actuelle que cette femme soit une épouse, ou une ex-épouse du leader de l’EI ou qu’il s’agisse même d’une femme ayant une relation avec Abou Baker al-Baghdadi. Aucune confirmation a été donnée par l’armée libanaise. La femme interpellée possédait de faux documents d'identité lors de son arrestation. Elle est actuellement interrogée au ministère de la Défense à Yarzé.

L’épouse d'un chef du Front al-Nosra également arrêtée
Le correspondant de la chaine Al-Mayadin a également rapporté que les forces de sécurité libanaises avaient arrêté la femme d’Anas Chirkas, alias Abou Ali Chichani (le Tchétchène), un responsable du Front Nosra originaire de Homs. Elle était accompagnée par l’un de ses enfants.

Le général Ibrahim, commandant en chef de l’armée libanaise menace d’exécuter des jihadistes 
Le directeur de la Sûreté générale, le général Abbas Ibrahim, a menacé d’exécuter deux Jihadistes détenus, Omar Atrache et Joumana Hmayyed, en cas de nouvelles décapitations visant les soldats otages détenus par le Front al-Nosra.
Une trentaine de soldats et agents des Forces de sécurité intérieure sont actuellement retenus en otage par les jihadistes du Front Nosra et de Daech. Le Front Nosra a menacé, lundi 1er décembre, d’exécuter le soldat libanais Ali Bazzal qu’il tient en otage.

Douze miradors érigés par les Britanniques pour repousser l’EI, al-Nosra et autres rebelles syriens
Douze tours de surveillance ont été érigées par les Britanniques le long de la frontière libano-syrienne. Elles doivent servir de bouclier face à toute tentative d'infiltration de la part des islamistes en provenance de Syrie. Le programme a reçu le nom de Tango.
L'édification de ces miradors aurait fait suite à une requête officielle formulée par Nagib Mikati, chef du gouvernement à l'époque, lors d'un tête-à-tête avec son homologue britannique David Cameron, en octobre 2011.
Les tours ont été construites en 17 jours, dans le plus grand secret, par une équipe les militaires britanniques. Elles ont coûté aux contribuables britanniques 150 000.

Tout le long de la frontière syro-libanaise
Les tours d'observation s'étendent depuis le Akkar (au nord) jusqu'à Ersal (dans la Bekaa). Le projet s'inscrit dans le cadre
D'autres tours sont actuellement en construction dans le cadre d'un programme conjoint entre Londres et l'armée libanaise destiné à donner à la troupe la possibilité de protéger sa frontière avec la Syrie, longue de 370km et actuellement menacée par le passage incessant dans un sens ou dans l’autre des rebelles et des Jihadistes.

Une frontière très fragile
Les affrontements d’Ersal entre l'armée et les combattants de l'EI et du Front al-Nosra, ont révélé la faiblesse de l’armée libanaise face au danger islamiste dans les régions frontalières. L'armée a dépêché deux régiments pour la surveillance des frontières, ce qui est insuffisant, d’autant plus qu’elle ne dispose pas, pour l’instant d’un matériel et d’un armement adapté à sa mission. C’est l’une des raisons pour laquelle on a accéléré le programme de réarmement de l’armée, un programme financé par l’Arabie saoudite et qui implique la fourniture d’armes par les Etats-Unis et la France.

Les miradors ne vont pas résoudre tous les problèmes
Le risque d'infiltration entre une tour et l'autre restera toujours possible, ce qui signifie que la construction des tours ne va pas résoudre le problème de l’insécurité aux frontières. Un autre est d’ordre logistique : Il n’a pas été prévu de coordination entre ces tours et une salle d'opération pour gérer l'ensemble du système.
L’autre problème est que l’armée doit être sur le qui-vive un peu partout, aux frontières nord et sud, mais aussi à l'intérieur du pays. Il est clair que l’armée n’a pas les effectifs nécessaires pour remplir sa mission.  en jouant à la police, la troupe manque sérieusement d'effectifs

Un troisième régiment en cours de formation et entraîné par les Britanniques
Un troisième régiment est en cours de constitution. Il sera entraîné et équipé par les Britanniques.
Le Parlement britannique vient également d'approuver un don de 5 millions de dollars additionnels dans le cadre de son soutien à l'armée libanaise. Ils serviront à l'édification d'autres postes de surveillance, ainsi qu'à couvrir l'acquisition de tout un ensemble d'équipements militaires, tels que des véhicules d'observation dotés de caméras.

Dernière nouvelle : 7 soldats libanais tués à Ras Baalbek
Sept soldats libanais ont été tués mardi 2 décembre dans l’après-midi dans une embuscade tendue par des hommes armés dans la région désertique aux environs de Ras Baalbek, à l’est du pays. Cette attaque a été suivie de violents combats dans la région entre l'armée et les auteurs de l'attaque.
L'attaque a eu lieu près de la frontière avec la Syrie vers 17H15 (15H15 GMT) contre une patrouille motorisée. Les assaillants ont fait usage d'armes automatiques et de roquettes antichar. L'armée a dépêché des renforts dans le secteur et les combats se poursuivaient toujours deux heures après l'attaque.

Front syrien

Une délégation française au Kurdistan syrien– Pourquoi faire ?
L’ex-ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner accompagné d’une délégation, a visité, mardi 25 novembre,  les zones kurdes en banlieue de Hassaka et Qamishli en Syrie. Cette visite affichait la volonté de Paris d’examiner la situation des chrétiens, habitants dans lesdites régions.
Un journaliste d’Al-Alam, Hossein Morteza, donne une explication à cette visite de régions kurdes par les Français : « La France prête une attention toute particulière aux conditions dans lesquelles vivent les chrétiens dans les régions kurdes de la Syrie. De nombreux contacts ont été établis entre les Français et les Kurdes à ce propos car les Kurdes, étant très puissants, sont en mesure de défendre les chrétiens ».
Il y a une autre explication possible : la France semble très favorable à l’aménagement d’une zone autonome kurde en Syrie et en Irak. Un objectif partagé, soit dit en passant, par Israël.

Alep
Alep serait pratiquement sur le point de tomber entre les mains des soldats de l’Armée Arabe Syrienne (AAS). Celles-ci l'encerclent presque totalement sauf un étroit passage qui permet encore aux combattants de l'opposition de se déplacer et de s'approvisionner en Syrie. Mais si ce dernier verrou tombe, les combattants de l'opposition n'auront plus qu'un seul choix, se rendre ou mourir. Et l’Etat syrien aura ainsi repris le contrôle de toutes les grandes villes syriennes, à part Raqqa.
C'est pour cette raison que les rebelles tentent de desserrer l'étau autour d'Alep en lançant des assauts répétés contre deux enclaves chiites dans le rif nord d'Alep, Nouboul et Zahraa. Jusqu'à présent, les forces loyalistes et les forces populaires présentes dans ces deux enclaves ont réussi à repousser les assauts.

La chute d’Alep serait un coup dur pour la Turquie
La chute d’Alep serait un coup pour la Turquie qui considère la ville comme son arrière-cour, les Turcs avaient pris le contrôle de pratiquement tous les complexes industriels installés dans la ville et ses environs.

Sur les autres fronts syriens
A Deir ez-Zor, l’est du pays, les troupes de l’AAS qui contrôlent la ville ont marqué quelques points contre l’Etat Islamique depuis quelques semaines. Dans la zone de Kuneïtra, proche d’Israël, l’armée de Damas a perdu une colline stratégique au profit des combattants d'al-Nosra, suite à une trahison au sein de l'armée. L’AAS a lancé une contre-offensive qui n’a pas encore donné de résultats.

L’AAS en meilleure posture
Alors que la guerre en Syrie est sur le point de boucler sa quatrième année, les forces loyalistes sont en meilleure posture que celles de l'opposition qui, non seulement ne parviennent pas à gagner du terrain, mais sont aussi en train de perdre le contrôle de régions importantes, tout en restant désunies et en lutte ouverte entre elles.

Jihadisme international

Un « britannique » tué en Irak
Un Jihadiste « britannique » combattant dans les rangs de l’Etat islamique a été tué dans un échange de tirs avec les forces Peshmergas kurdes en Irak.
Abou Mousa al-Soumali aurait été tué au cours d’une fusillade dans la province de Kirkouk au nord du pays où l’Etat Islamique mène des attaques répétées au cours des dernières semaines.Abou Moussa al-Soumali.jpg


 

 

 

 

 

 

 

Jean René Belliard

28/11/2014

27 et 28 novembre 2014 – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

Front irakien

L’Etat islamique n’occupe plus que la moitié du terrain conquis en juin 2014 en  Irak
Partout, les opérations menées par l’armée irakienne ou les Peshmergas kurdes et les milices chiites, avec l’assistance de l’armée de l’air irakienne et la coalition internationale, finissent pas porter leurs fruits.  Après leur déroute au début de l'offensive jihadiste en juin 2014, les forces gouvernementales tentent depuis quelques mois de regagner du terrain avec l'aide des combattants kurdes, de milices chiites et de tribus sunnites, et avec le soutien aérien de la coalition internationale dirigée par les États-Unis. Elles ont réussi à reprendre Jurf al-Sakhr, au sud de Bagdad, Baïji, au nord de la capitale, et faire reculer l'EI dans des zones situées plus au nord. Mais trois des principales villes du pays – Mossoul, Tikrit et Falloujah – restent toujours aux mains des jihadistes.

Ramadi et Kirkouk
Les forces irakiennes et des tribus alliées ont pour l’instant réussi à repousser l’offensive de l'État islamique (EI) contre le centre de Ramadi, le chef-lieu de la province sunnite  d'al-Anbar.
À Ramadi, « nous avons été en mesure de stopper (mercredi soir 26 novembre) l'avancée des combattants près du siège du gouvernement régional », qui était l'objectif de l'assaut de l'EI, a indiqué hier le colonel Haytham al-Daraji, des forces irakiennes. Il a précisé que plus de dix raids aériens avaient visé les troupes jihadistes et que des renforts avaient été envoyés par Bagdad.
Dans le nord, les combattants kurdes font face à une attaque de l'EI dans la province pétrolière de Kirkouk. Les jihadistes « visent Kirkouk et veulent prendre les sites pétroliers », a précisé un commandant peshmerga Westa Rasul.

Un commandant de l’Etat Islamique tué au cours d’un bombardement à Mossoul
Et à Mossoul, plusieurs sources ont indiqué qu'un commandant de l'EI, Abou Chehab al-Souri, avait été tué hier dans cette ville contrôlée par le groupe. Ces mêmes sources ont aussi indiqué que le principal hôpital de la ville avait reçu une trentaine de corps de jihadistes, peu après des bombardements de la coalition internationale dans la région.

Ne pas crier victoire
Un peu comme en Syrie, il serait prématuré de crier « victoire » à chaque succès de l’armée irakienne ou des Peshmergas. Ceux-ci ont du mal, en effet, a conserver leurs acquis territoriaux dans les régions sunnites. Chacune de ces victoires est acquise au prix d’exactions et de drames humains qui exaspèrent un peu plus les populations sunnites locales. C’est un problème que connaissent toutes les armées du monde en lutte avec une insurrection populaire.

La condamnation à mort d’un député sunnite enflamme la communauté sunnite
La cour criminelle centrale a condamné Ahmad al-Alwani à mort ", a déclaré le porte-parole judiciaire Abdel-Sattar Bayraqdar.
Le député était accusé de terrorisme par la justice irakienne et notamment tenu responsable pour la mort de deux soldats.
Les Sunnites irakiens se sentent trahis par la condamnation à mort du député sunnite de Ramadi, Ahmed al-Alwani. Il avait été enlevé lors d'un raid contre son domicile à la fin de Décembre 2013, raid au cours duquel son frère Ali et 15 gardes du corps avaient été tués. Le député sunnite était l’une des grandes voix de la protestation sunnite contre le gouvernement du Chiite Nouri al-Maliki. On s’attendait à plus de clémence de la part du gouvernement de Haydar al-Abadi. Cette condamnation va poser un gros problème au pouvoir irakien car Ahmed al-Alwani est membre du clan Albu Alwan de la tribu Dulaim, la plus grande tribu de la province sunnite d’al-Anbar. Ce jugement va relancer la colère de la tribu contre le gouvernement chiite que beaucoup de sunnites considèrent comme génocidaire. L'enlèvement d’al-Alwani avait déjà été l'une des principales raisons qui avaient dressé les hommes armés des tribus sunnites contre les forces de sécurité dans la province d’al-Anbar, les poussant finalement à faire alliance avec l’Etat Islamique.
Le condamné a un mois pour interjeter appel de la décision.
Vidéo en anglais :
https://www.youtube.com/watch?v=ZAh6x5bctbo&feature=p...

Les Jihadistes sont encore capables de lancer de violentes offensives
La raffinerie de Baiji, dont on avait annoncé la libération des mains de l’EI à grands cris de victoire, est toujours menacée par les Jihadistes comme en témoigne cette vidéo. Les combattants de l’EI ont à nouveau réussi à prendre pied à l’intérieur du site industriel. L’opération a débuté par l’attaque kamikaze de deux camions bourrés d’explosifs. L’un des véhicules aurait été conduit par un Marocain, Abou Hamza al-Moughrabi. L’autre kamikaze, est un « Britannique » identifié sous le nom d’Abou Hajar al-Britani. L'explosion de son véhicule, chargé de 1800 kg d'explosifs, a détruit plusieurs chars et pièces d'artillerie.
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Abu Hajar al-Britani

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une fois le périmètre de défense de l’armée irakienne anéanti par les deux énormes explosions, les Jihadistes se sont lancés à l’assaut et ont réussi à pénétrer dans l’enceinte. Remarquez l’air martial des Jihadistes comparé aux Peshmergas ou aux soldats irakiens.
La vidéo a été tournée par l’Etat Islamique (exceptionnel) :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=d603cec4cd66

Un Jihadiste tchétchène capturé par l’armée irakienne dans la région de Tikrit
Surprise des soldats : Il sait à peine parler l’arabe :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=68a74318f0e6

Le général iranien Qassem Soleimani à Jalawla
souleimani.jpgLe général Qassem Soleimani (assis à droite)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La ville de Jalawlaa, dans la province de Diyala, au nord de l’Irak, a été libérée il y a quelques jours. A cette occasion, on a remarqué la présence du général iranien Qassem Soleimani, le commandant de la force al-Qods, les forces spéciales des Gardiens de la Révolution. Qassem Soleimani peut être considéré comme l’homme fort du Moyen Orient avec autorité sur l’Irak, le Liban et la Syrie.
Les images de Qassem Soleimani, montrant sa présence physique à Jalawla et largement diffusées dans la presse, sont destinées à montrer le rôle joué par l’Iran dans la lutte contre Daech.

Lutte d’influence entre l’Iran et les Etats-Unis
Preuve que l’Iran et les Etats-Unis sont en compétition au Moyen Orient, le  général de brigade Mohammad Reza Naghdi, commandant en chef des  forces de mobilisation, les Bassiji,  a une nouvelle fois menacé  les Etats-Unis. S’adressant directement aux  dirigeants américains, il a déclaré : «Si vous voulez prolonger la durée de vie de votre immonde système pendant un certain temps, vous devez supprimer vos bases militaires dans  les pays islamiques, et abandonner tout soutien à l'entité sioniste. »

Les Chiites irakiens enjeux de la lutte d’influence entre Téhéran et Washington
Lorsque l’administration Bush junior a lancé son armée à l’assaut de Bagdad, les Chiites irakiens ont vu dans cette offensive la fin du calvaire qu’ils subissaient de la part de Saddam Hussein et ses sbires. A l’époque peu d’entre eux sentaient une quelconque affinité envers l’Iran. Il y avait peut être une communauté confessionnelle mais les différences de mentalité, l’animosité séculaire entre Perses et Arabes, l’acceptation d’une autorité des chefs religieux dans la vie politique, comme en Iran, empêchaient les Chiites irakiens de se sentir proches de l’Iran, à part peut être quelques étudiants en religion.
Cela ne veut pas dire que l'Iran n’exerçait pas une influence, mais elle n’avait pas réussi à gagner les cœurs et les esprits des Chiites irakiens et à faire de leur pays une succursale de la révolution islamique iranienne.
Les choses vont brutalement changer avec l’invasion de larges portions de l’Irak par les Salafistes sunnites de l’EI (Daech). La débandade de l’armée irakienne, notamment des soldats sunnites, en juin 2014, avait laissé Mossoul tomber entre les mains de l’organisation jihadiste. Pire, les Salafistes n’étaient plus qu’à quelques dizaines de mètres du sanctuaire des deux Imams Askari à Samarra, au nord de Bagdad, un haut lieu de la religion chiite.
L’Iran est alors apparu, aux yeux de beaucoup de Chiites irakiens, désespérés par la situation de leur pays après l’effondrement de l’armée, comme le seul pays capable de défendre l’Irak.
Un responsable chiite irakien a déclaré : "Hajj Qassem Soleimani [le commandant de la Force al-Qods] et ses hommes ont montré que l'Iran se souciait de l'Irak en tant que nation. Le commandant emblématique est allé lui-même se battre avec les volontaires irakiens qui se sont réjoui de sa présence". Il poursuit : "Si Hajj Qassem et ses hommes n’avaient pas été présents, Daech aurait aujourd'hui détruit les sanctuaires de la maison du Prophète Muhammad, et c’est pourquoi aujourd'hui est un autre jour."
C’est à partir de l’attaque de l’Etat Islamique contre l’Irak que l'Iran a entrepris un effort généralisé pour accroître son influence politique et religieuse en Irak. Les Iraniens ont été actifs sur le plan militaire, mais également sur le plan religieux. Un chef religieux chiite  irakien, Hashem al-Sayed Haidari, a fait son apparition sur la scène politique et militaire, un peu comme Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah au Liban. Haidari est un fidèle du  guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, et tout comme Nasrallah, il sait galvaniser les foules chiites par ses discours enflammés.
Aujourd’hui, les Iraniens apparaissent comme ceux qui combattent sur le terrain alors que la coalition internationale, pour l’instant, se borne à exécuter des raids aériens sans aucune présence physique au sol.  Et les quelques militaires occidentaux présents sur le terrain se bornent, pour la plupart, à jouer un rôle de conseiller, bien à l’abri dans la zone verte de Bagdad ou à Kirkouk.
Pour l’instant, l’implication des militaires iraniens sur le terrain est encore limitée en nnombre, mais l'Iran est prêt à renforcer sa présence si le gouvernement irakien lui demande.

L’Iran ne cesse d’accuser les Etats-Unis de collusion avec l’Etat Islamique
Hossein Amir-Abdollahian, le ministre des Affaires étrangères, n’y va pas par quatre chemins en ce qui concerne les Etats-Unis. Pour lui,  la coalition internationale conduite par les USA soutient l’Etat Islamique. Les pays occidentaux visent seulement, à son avis, à protéger leurs intérêts dans la région.
"L'Iran à mis plusieurs fois en garde les Etats-Unis et les pays occidentaux contre les menaces de l’EI et la présence croissante des terroristes dans la région sensible du Moyen-Orient. Ces groupes terroristes poursuivront leurs opérations, sauf si les Etats-Unis et l'Occident adoptent une approche claire pour combattre le terrorisme, " a déclaré Amir-Abdollahian.
Les responsables iraniens soupçonnent, en effet, la coalition de jouer un double jeu en Irak et en Syrie, même s’ils savent bien que seule une coopération avec la coalition pourra  mettre fin plus rapidement à la bataille avec l’EI.
Washington s’abstient pour l’instant de répondre aux accusations iraniennes. Les Etats-Unis savent qu’ils ne peuvent se permettre le luxe de rompre le dialogue avec l’Iran en ce moment. Il y a trop d’enjeu actuellement. 
Les deux pays ont négocié sur le dossier nucléaire avec les yeux rivés sur la Syrie et l'Irak.  C’est peut-être la raison pour laquelle ils ont décidé de continuer les négociations même s’ils n’ont pas réussi à s’entendre pour l’instant.

Le Hezbollah libanais est présent en Irak
On sait que des dizaines d'experts militaires hautement qualifiés du Hezbollah libanais sont arrivés en Irak pour aider à la gestion militaire de la bataille.
"Ils ne se battent pas, mais ils aident avec les tactiques, car ils sont bien expérimentés dans ces batailles. Ils comprennent la mentalité des combattants mieux que quiconque sur le terrain », a révélé un dirigeant irakien. Pour autant, les combattants du Hezbollah ne sont pas directement impliqués dans la guerre.

Front Syrien

Batailles en cours
Deux grandes batailles ont lieu actuellement. La première est celle d’Alep, dans le nord, et la seconde a lieu autour de la base de Cheikh Maskin, au Sud.

Gouta orientale (à l’est de Damas)
L’agence officielle SANA affirme que les soldats de l’Armée Arabe Syrienne, renforcés par des éléments du Hezbollah libanais, avaient tué 50 rebelles dans une embuscade mercredi soir 26 novembre, à l'est de Damas. Les rebelles avaient quitté le village de Medaa (dans la Ghouta orientale) pour gagner Dmeir », plus au nord-est.
 
Alep
Sur le plan militaire, il semble que les forces d’auto-défense des localités chiites encerclées de Noubboul et Zahra aient réussi à repousser le dernier assaut des Jihadistes de l’EI.
Vidéo :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=0ebe17b72d69
La brigade rebelle Hazm, armée et financée par les Etats-Unis, a mis en ligne une vidéo de son activité militaire dans le secteur d’Handarat, à Alep. Peu spectaculaire, mais remarquez le fusil du sniper :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=9211aa691ef9
Sur le plan politique, Damas et Moscou ont affiché pour la première fois leur appui aux « efforts » de l'émissaire de l'ONU, Staffan De Mistura, de « geler » les combats en cours à Alep. C'est ce qu'a affirmé le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem, le 27 novembre 2014. En octobre, l'émissaire de l'ONU avait proposé d'instaurer des zones de cessez-le-feu pour permettre la distribution de l'aide humanitaire dans ce pays et estimé qu'Alep pourrait être « une bonne candidate » pour ce type de zone.

Bataille de Cheikh Maskin (province de Deraa - Sud)
Une vidéo intéressante montre des missiles anti-chars américains aux mains des combattants rebelles :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=4d05ed4ae489

Damas et sa banlieue
J’ai souvent montré des vidéos (côté AAS), tournées par une équipe russe, montrant l’activité des chars contre les positions rebelles.
Aujourd’hui, c’est une vidéo tournée par les rebelles filmant l’arrivée d’une relève de combattants dans les ruines de Jobar :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=75dd2b357188

Vidéos de la Brigade rebelle Noureddine az-Zanki
La brigade rebelle de Noureddine al-Zanki poursuit sa mise en ligne de vidéos impressionnantes mettant en scène l’utilisation de puissants mortiers et de missiles antichars TOWS :
Vidéos :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&a...
Combats dans le quartier d’al-Rashidin:
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&a...

Les autorités syriennes fournissent des renseignements sur Daech aux Américains
L’institut Stratford, proche des services de renseignement américain, a fait une révélation surprenante. Il affirme que les autorités syriennes fourniraient des informations cruciales aux Américains, via les Irakiens.
Ces informations se rapportent aux organisations jihadistes qui opèrent  sur le sol syrien, Daech (Etat Islamique), et le groupuscule Khorassan, proche d’Al-Qaïda et donc du front al-Nosra.
Malgré la pression des alliés sunnites et de la Turquie, qui voudraient que les Etats-Unis élargissent leur mission contre Daech pour renverser le régime syrien de Bachar al-Assad, « l’administration américaine préfère éviter ce risque et reste attachée à sa mission principale qui consiste à frapper les groupuscules armés et en même temps à préserver ses liens avec l’Iran. Le gouvernement syrien a bien lu les priorités américaines dans ce conflit et profitent de l’occasion pour se rapprocher des Etats-Unis en s’échangeant les renseignements sensibles », écrit l’institut.
Selon lui, il est question d’une quantité impressionnante d’informations qui parvient à Washington à travers le gouvernement irakien sur les dépôts d’armes de Daech, leurs centres d’entrainement et leurs sièges de commandement dans le gouvernorat d’Alep, Deir ez-Zhor et Raqqa.
Toujours selon l’institut, les Américains ont rejeté une proposition de la part des responsables irakiens pour participer à des rencontres des membres des services de renseignement irakiens, américains et Syriens. « L’Iran et ses alliés à Bagdad et Damas pourraient profiter de l’augmentation de la prise de conscience dans la région que les USA ne sont plus liés à leurs partenaires arabes traditionnels et que la carte du renversement d’Assad n’est plus sur la table », estime Stratford.
 « Les USA exploitent leurs performances dans la collecte des informations des services de renseignement pour surveiller l’Etat Islamique et pour vérifier toute information qui lui est fournie d’une partie tierce. En géopolitique, il est préférable qu’ils utilisent leurs relations pour se concentrer sur leur mission et faire l’équilibre entre les différents acteurs du Proche-Orient, quoique la coopération publique avec le régime d’Assad puisse être considérée comme un facteur politique explosif pour l’administration américaine », conclut le centre américain.

Front égyptien

Des centaines de militaires et policiers tués par les Salafistes depuis juillet 2013
Des centaines de policiers et militaires ont été tués au cours d’attaques terroristes depuis que l'armée a destitué et arrêté le président islamiste élu Mohamed Morsi, le 3 juillet 2013. Ces attentats sont revendiqués par des groupes d'insurgés islamistes qui disent agir en représailles à la sanglante répression menée par le nouveau gouvernement contre les partisans du président déchu.
La dernière victime en date est un général de brigade de l'armée égyptienne tué vendredi 28 novembre au Caire par des inconnus qui ont ouvert le feu sur lui et les deux soldats qui l'accompagnaient.
Le général sortait d'un hôtel accompagné de deux gardes du corps quand des hommes armés à bord d'une voiture ont ouvert le feu sur le petit groupe. L'officier supérieur a été tué et les deux soldats ont été blessés.
Ce vendredi 28 novembre, les partisans du président déchu, Mohamed Morsi, sont à nouveau descendu dans la rue à l'appel des Frères Musulmans et d’autres mouvements salafistes. Le pouvoir, interdisant toute manifestation qui ne serait pas préalablement "autorisée" par le ministère de l'Intérieur, les forces de sécurité sont aussitôt intervenues, arrêtant plus d’une centaine de personnes qualifiées de « frères musulmans » par la police.
Depuis le mois de juillet 2013, date à la quelle le président Morsi a été renversé, plus de 1 400 manifestants islamistes ont été tués par la police et l'armée, essentiellement au Caire, et plus de 15 000 Frères musulmans ou sympathisants ont été emprisonnés.

Israël

Israël se prépare à la guerre dans le Golan
L’armée israélienne se prépare pour combattre à la frontière avec la Syrie, a révélé la Deuxième chaine de télévision israélienne.
« L’armée est parfaitement consciente que la guerre en Syrie pourrait très bien se retourner ultérieurement contre Israël », rapporte la télévision. Et il est question d’une manœuvre qui a été entreprise par une brigade du Rassemblement pour le combat baptisé Ayt et qui est chargée de collecter des informations sur le terrain et de développer la banque de cibles. Durant cet exercice qui a eu lieu dimanche 23 novembre 2014, toutes les unités œuvrant dans le Golan ont participé à une manœuvre destinée à simuler une situation d’escalade et de combats contre l’armée syrienne et des opposants.
Une partie de ces manœuvres simulaient des activités clandestines des unités israéliennes réalisées à partir de positions situées derrière les lignes de l’adversaire. Elles consistaient à collecter des renseignements, à « cuisiner des cibles » qui permettent à l’armée israélienne de disposer d’importantes performances, sans oublier les cibles collectées via des moyens électro-optiques qui prennent des photos en profondeur dans le territoire syrien.
Pourtant, «  depuis que le front al-Nosra a pris le contrôle de cette région frontalière, la situation est très calme et l’Etat Islamique (Daech) est encore loin, voire il n’y a aucune hypothèse pratique chez l’armée sur une éventuelle arrivée de Daech à la frontière », a ajouté la télévision israélienne.
Soucieux de protéger leur frontière avec la Syrie, il semble que les Israéliens aient pris contact avec les Jihadistes du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie).  Ils auraient autorisé le transport vers les hôpitaux israéliens de blessés du Front. Ils ont même, à plusieurs occasions, ouvert le feu sur des positions de l’armée syrienne proches du Golan, offrant ainsi un appui aux Jihadistes qui n’en demandaient sans doute pas tant.

Liban

Le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie et au Liban) menace d’exécuter un des soldats libanais qu’il détient en otage si la Jihadiste Jumana Hamid, actuellement emprisonnée au Liban, n’est pas libérée. Jumana Hamayyid est une Jihadiste capturée au volant d’une voiture piégée à proximité d’Ersal, dans la Bekaa.

Yémen

L’organisation chiite Ansarullah a repris son offensive
La milice chiite armée d'Ansaruallah a repris son offensive vers le sud, se rapprochant de la ville d'Aden.
Un convoi de 16 véhicules transportant quelque 200 miliciens armés de mitrailleuses a pénétré dans la nuit dans la banlieue est de la ville de Taëz, chef-lieu de la province de Taëz, où ils se sont déployés non loin de l'aéroport et de la radio locale. La ville a une population de 500 000 habitants et est située à 250 km au sud-ouest de la capitale.
Les miliciens chiites, qui avaient pris la province d’Amrane en juillet 2014, ont occupé Sanaa, le 21 septembre, et se sont aussi emparés de nombreuses localités de l'ouest et du centre du Yémen et notamment du port stratégique de Hodeida, sur la mer Rouge, qui commande la voie vers le détroit de Bab al-Mendeb, à l'embouchure du Golfe d'Aden.
Mais ils n’avaient pas poursuivi vers  Taëz en vertu d'un accord avec les autorités locales.
"Cet accord ne tient plus car les autorités locales n'ont pas honoré leurs engagements d'arrêter 14 extrémistes dans la province de Taëz", a déclaré à l'AFP une source proche d'Ansarullah.
Les partisans de l'ancien président Ali Abdallah Saleh auraient aidé les Houthis à parvenir jusqu'à Al-Janad", la banlieue de Taëz où se trouve une caserne de la Garde républicaine, dont plusieurs officiers sont restés fidèles au fils aîné de l'ex-président qui commandait ce corps d'élite.

Etat Islamique et al-Qaïda

L’Etat islamique poursuit son expansion planétaire
L’organisation jihadiste al-Qaïda, dirigée par Ayman Zawahiri, sent qu’elle perd de terrain au profit de l’Etat islamique (Daech), qui s’étend de plus en plus et pose une menace existentielle pour le premier.
L’Etat Islamique a clairement annoncé son intention de s’implanter dans la province syrienne de Deraa, voisine de la Jordanie. L’organisation salafiste a également reçu l’allégeance de deux importants groupes « jihadistes » du Caucase. Il s’agit du groupe « Awkhiya », dirigé par « le prince Souleimane » et « Rabani Qalaa » au Daghestan. Le ralliement de ces deux groupes à Daech provoque un état de confusion parmi les groupes jihadistes de la région. Une division avait déjà eu lieu en 2010 et les répercussions sont toujours sensibles aujourd’hui. 

Al-Qaïda bien décidé, cette fois, à réagir
Ayman Zawahiri a cette fois décidé de réagir. Il a chargé le dirigeant de la branche d’al-Qaïda au Yémen (AQPA), Nasser Wahichi, de s’opposer aux tentatives d’expansion de Daech dans plusieurs pays arabes.
La branche d’al-Qaïda au Yémen s’est aussitôt mise en marche pour découvrir les dirigeants et les cellules ayant prêté allégeance à Abou Baker al-Baghdadi, le calife autoproclamé de l’Etat Islamique.
A cette fin, Wahichi s’est réuni avec les « dirigeants » qui ont prêté allégeance à Daech pour les mettre en garde contre les risques de division que leur allégeance n’allait pas manquer de provoquer entre les « Jihadistes ».
Cette rencontre ne va sans doute pas suffire pour convaincre les partisans de l’EI de revenir sur leur décision.  Un partisan de Daech,cheikh Maamoun Hatem, a même conseillé aux branches d’al-Qaïda au Yémen de prêter allégeance à « l’Etat islamique qui a imposé sa domination sur terre », selon un enregistrement sonore posté sur son compte Twitter.
Il semble qu’al-Qaïda au Yémen ne se laissera pas intimider par les déclarations des partisans de l’Etat Islamique. Qassem Rimi, le commandant militaire d’al-Qaida au Yémen, est fermement déterminé à confronter l’expansion de l’EI. 
Une lutte qui pourrait se révéler plus difficile que prévue, sachant que l’Etat islamique (Daech) est connu pour sa capacité à s’infiltrer dans les rangs des adversaires, enrôler les agents et former des cellules dormantes en attendant le moment décisif.

Le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) craint pour sa survie en Syrie
Le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) est de plus en plus inquiet de l’expansion à ses dépens de l’Etat Islamique.
Après avoir  été chassé de toute la région de l’Est syrien, qui constitue une importante ressource pétrolière et gazière, al-Nosra est actuellement menacé dans la province de Deraa, la plus importante ville contrôlée par lui.
Les dirigeants d’al-Nosra craignent des activités militaires et sécuritaires de Daech dans la région de Bir el-Qassab jusqu’à Lojat aux abords de Deraa. Plusieurs assassinats de dirigeants de groupes armés ont eu lieu récemment dans cette région, alors que des renseignements font état d’une mobilisation militaire en masse de Daech depuis quelques mois.

L’Egypte également sous la menace de l’Etat Islamique
Les prémices d’un conflit armé entre les deux branches jihadistes, al-Qaïda et Daech, apparaissent également dans ce pays le plus peuplé du monde arabe.
On dispose d’informations révélant un rapprochement entre le groupe « les soldats de l’Egypte » (Ajnad Misr en arabe) et le commandement d’al-Qaïda international.
Ce dernier fournirait le soutien nécessaire à Ajnad Misr pour freiner le groupe « Ansar beit el-Maqdess » qui a prêté récemment allégeance à Daech.

Jean René Belliard


 

 

 

 

 

26/11/2014

26 novembre 2014 – Nouvelles des guerres du Moyen Orient et d’Afrique du Nord

L’Etat islamique

L’Etat islamique persécute les minorités religieuses
A Mossoul, les Jihadistes ont détruit à l’explosif le monastère de la Victoire qui abritait des religieuses. Les Jihadistes avaient pris l’habitude de se servir du monastère comme résidence et comme base pour leurs véhicules.
Vidéo :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=2f410359355e
Les persécutions contre les Chrétiens d’Irak ne leur laissent pas d’autre choix que de prendre, eux aussi, les armes contre les Jihadistes de l’Etat Islamique. Il en est de même pour les Yazidis et les Turkmènes irakiens. Tous ont demandé aux Peshmergas de se joindre à la lutte.
Vidéo en langue anglaise :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=bf33cdcbafc4
Les Chrétiens du Nord de la Syrie ont également décidé de former leur propre milice comme l’affirme le site Weltspiegel (vidéo en allemand)
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...
Les Jihadistes détruisent aussi les bâtiments religieux de la communauté chiite.
Vidéo (en langue arab) de la destruction d’autres sanctuaires religieux dans la province de Salah ed-Dine :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=bffb313973c4

Un Ismaélien décapité pour apostasie en Syrie
L’Etat Islamique (Daech) a annoncé mardi 25 novembre 2014 avoir décapité en Syrie un membre de la minorité ismaélienne, un courant de l'islam proche des musulmans chiites. ll était accusé d'apostasie".
"Hier (lundi 24 novembre), la police islamique dans la province de Homs (centre de la Syrie) a appliqué la sentence pour apostasie contre un ismaélien", a annoncé le groupe salafiste dans un communiqué, indiquant que l'exécution avait eu lieu "devant un groupe de musulmans".
"C'est ce qui attend tous les apostats", proclamait une pancarte manuscrite placée sur le corps de la victime.
La communauté ismaélienne compte environ 200.000 personnes en Syrie, la plupart vivant à Salamiyeh, une ville de la province de Hama (centre).
Aux yeux de Daech, tous les musulmans qui n'adhèrent pas à son interprétation de l'islam sont des apostats.

Le Front al-Nosra exécute aussi pour blasphème
L’Etat Islamique n’est pas le seul à exécuter des gens pour blasphème ou apostasie. Le Front Al-Nosra, la branche syrienne d'al-Qaïda, a exécuté mercredi 26 novembre, à Erbine, une localité située à l'est de Damas, un dénommé Mohammad al-Mir. Il était accusé "d'avoir insulté le prophète (Mahomet) et sa famille".
On avait jusqu’ici tendance à considérer le Front Al-Nosra comme moins radical que l'Etat Islamique.

Afrique du Nord
L’Etat islamique s’étend en Afrique du Nord. Le dirigeant de l'EI, Abou Bakr al-Baghdadi, a récemment vanté dans un enregistrement audio l'expansion du « califat » annonçant avoir accepté les serments d'allégeance émis par des jihadistes de Libye, d'Égypte, du Yémen, d'Arabie saoudite et d'Algérie. Après Jund al-Khilafa en Algérie et Ansar Beit al-Maqdess en Égypte, l’Etat Islamique est maintenant implanté dans la ville libyenne de Derna.

Derna (Libye) est une place forte islamique
Derna est une place forte islamiste qui fait peu de cas de la « démocratie à l’occidentale » que rêvaient d’imposer les Occidentaux en aidant au renversement de Mouammar Kadhafi. Cette ville portuaire de 150.000 habitants située dans l’est libyen est depuis longtemps un haut lieu du jihad international. Ce que les Islamistes de Derna réclament, c’est l’application de la Charia…et une part des revenus pétroliers. On estime leurs effectifs à plusieurs centaines de miliciens rompus à la lutte armée. Derna a été la plus grande pourvoyeuse d’hommes pour les guérillas afghane, irakienne et syrienne.
L'idéologie de l'État Islamique (EI) ne pouvait qu’attirer des sympathisants dans les milieux radicaux en Libye. C’est pourquoi ce n’est pas une surprise d’apprendre que la ville de Derna, s’est transformée en «émirat islamique ».
En avril 2014, une branche d'Ansar ach-Charia avait annoncé qu'elle allait instaurer la justice selon la loi islamique à Derna. Se faisant appeler « Majless Choura (Conseil consultatif) des jeunes de l'islam à Derna », elle y a instauré des tribunaux islamiques et une police religieuse.

Lutte entre partisans d’al-Qaïda et partisans de l’Etat Islamique ?
Il se pourrait qu’on assiste en Libye, comme cela est déjà le cas au Yémen à une lutte sourde entre les chefs traditionnels du Jihad, membres d’al-Qaïda et les partisans de l’Etat Islamique, ce qui ne manquerait pas de rajouter de la confusion à un pays qui n’en a pas besoin. Rappelons que le pays est en proie au chaos où deux Parlements et deux gouvernements se disputent le pouvoir sur fond de violences meurtrières. Pour l’instant, on a encore du mal à savoir quel est le poids de ceux qui se réfèrent à al-Qaïda et ceux qui ont fait allégeance à l’Etat Islamique. .
Jeffrey Rathke, le porte-parole du département d'État américain s’est déclaré inquiet face aux «informations selon lesquelles des factions extrémistes violentes (en Libye) ont prêté allégeance à l'EI et cherché à s'associer à lui ».

La vallée de Pankisi (Georgie)
Les gorges de Pankisi sont situés en Géorgie. Les six villages de cette vallée sont peuplés de Kistes, des descendants de Tchétchènes ayant émigré en Géorgie.
L’Orient-le-jour du 26 novembre 2014 rappelle que la vallée de Pankissi est apparue dans les médias géorgiens dès le début de la première guerre de Tchétchénie (1994-1996). Elle était devenue à l’époque le refuge des indépendantistes tchétchènes et plus de 10 000 civils s’y étaient réfugiés. Avec l'aide des États-Unis, le gouvernement pro-occidental géorgien de l'ancien président Mikheïl Saakachvili avait réussi en 2004 à chasser hors de son territoire les séparatistes, qui y organisaient encore des attaques contre l'armée russe.
Mais leur présence prolongée a influencé la population, dont les traditions religieuses soufies ont été remplacées par des pratiques salafistes, une branche rigoriste de l'islam. « Le salafisme est désormais la forme dominante de l'islam en Pankissi », explique le journaliste Soulkhan Bordzikachvili, qui vit dans un des villages des gorges, Jokolo. Le salafisme menace, raconte un habitant de la vallée, « l'existence même de l'identité culturelle des Kistes ». Un autre témoigne : « La jeunesse kiste est majoritairement salafiste, les jeunes ne se considèrent plus désormais comme Kistes ou Géorgiens mais uniquement comme des musulmans. »
Pour Khaso Khangochvili, membre du conseil des aînés de Pankissi, « c'est la pauvreté et le chômage qui font partir les jeunes Kistes de Pankissi. Ils cherchent du travail en Turquie et certains finissent à combattre en Syrie », à seulement une journée de voiture de la Géorgie.
C’est d’ailleurs une raison économique que donne Temour Batirachvili, le père d’Omar al-Chichani (le Tchétchène en arabe), le célèbre jihadiste à la barbe rousse, l’un des chefs des Tchétchènes qui luttent dans les rangs de l’Etat Islamique en Syrie. Il explique : « Quand Tarkhan (Omar al-Chichani) a guéri (de sa tuberculose), il était prêt à rejoindre à nouveau l'armée (géorgienne). Ils lui ont promis un travail, mais ils n'ont jamais tenu leur promesse », il continue, « si mon fils avait eu ne serait-ce qu'un peu d'espoir de vivre une vie meilleure en Géorgie, il ne serait jamais parti ».
 

Turquie

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé mercredi 26 novembre 2014, "l'impertinence" des Etats-Unis dans la crise syrienne. La visite de Joe Biden, le vice-président américain, n’a donc pas contribué à aplanir les divergences entre les deux alliés sur le dossiersyrien.
"Je veux que vous sachiez que nous sommes contre l'impertinence et les demandes sans fin", a déclaré M. Erdogan en référence aux requêtes adressées par Washington à la Turquie dans la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI).
Malgré les pressions exercées par les Etats-Unis, le gouvernement islamo-conservateur turc, proche des Frères musulmans, refuse toujours d'intervenir militairement au profit des forces kurdes qui défendent la ville syrienne de Kobané assiégée par les jihadistes, à la frontière turque.
Ankara oppose également une fin de non-recevoir à la demande américaine d'ouvrir sa base d'Incirlik aux avions qui bombardent les positions de l'EI en Irak et en Syrie.
La Turquie juge ces raids inefficaces et plaide pour que le départ du président syrien Bachar al-Assad soit la priorité de la stratégie de la coalition dans la région.
"Ils (les Américains) sont restés simples spectateurs lorsque le tyran (le président syrien) a massacré 300.000 personnes. Ils sont restés silencieux face à la barbarie d'Assad et maintenant ils jouent sur la mauvaise conscience (de l'opinion internationale) autour du sort de Kobané", a regretté M. Erdogan.
"Nous ne résoudrons pas nos problèmes avec l'aide d'un « esprit supérieur » mais avec celle de notre propre peuple", a conclu le président turc.
Lundi 24 novembre, M. Erdogan avait déjà accusé les Américains d’avoir une politique destinée uniquement à protéger leurs intérêts pétroliers dans la région.

Front irakien

Kirkouk
Vidéo tournée par les Peshmergas sur la ligne de front dans la région de Kirkouk :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=ed2baf5e6106

Front syrien

Alep
Vidéo de la brigade Noureddne al-Zanki montrant une attaque kamikaze contre une position de l’AAS à Alep :
https://www.youtube.com/watch?v=ElbzzXfJqV4&feature=p...

Damas et sa banlieue
Une vidéo (langue russe) montre la destruction d’une position rebelle dans la localité de Zamalka, voisine de Jobar (Exceptionnel) :
https://www.youtube.com/watch?v=2LhAIIsV1xk&feature=p...

Raqqa
Le bilan des bombardements de la ville de Raqqa par l’aviation syrienne, le mardi 25 novembre, s’est encore alourdi. On parle maintenant de 95 morts, dont une majorité de civils. En représailles, l’Etat Islamique menacerait d’exécuter des soldats de l’AAS détenus prisonniers.

Vidéo de la brigade rebelle Souqour esh-Sham (les faucons de Syrie)
Cette brigade est armée par le Qatar et la Turquie. Elle fait partie du Front Islamique armé et financé par l’Arabie saoudite et les pays du Golfe :
https://www.youtube.com/watch?v=2LhAIIsV1xk&feature=p...

Coalition internationale

Des effets négatifs des raids de la coalition internationale en Syrie
Les raids menés par la coalition internationale ont pour résultat de pousser de plus en plus d’Irakiens et de Syriens dans les bras de l’Etat Islamique. Le mouvement est particulièrement net en Syrie où plusieurs formations rebelles ont tout simplement rejoint l’EI (Daech) tandis que d’autres ont noué des alliances tactiques ou convenu une trêve avec l’organisation salafiste. C'est notamment le cas dans la région d’Edleb. Les brigades en question sont Jeich al-Mujahidin, la brigade al-Sham, la brigade Ahrar ash-Sham, et même le Front al-Nosra. Plus de mille combattants du Front al-Nosra auraient rejoint l’Etat Islamique en une seule semaine au mois d’août 2014, affirme Ali Sa’eed, un porte-parole du Commandement Révolutionnaire de l’Armée Syrienne Libre.
« L’Etat Islamique est un aimant qui attire un grand nombre de Musulmans » a déclaré au Guardian Abou Talha, le chef de la brigade Ansar al-Haq qui combat dans la Ghouta orientale. Lui et 200 de ses hommes ont rejoint l’EI. Il serait actuellement en négociations avec des combattants d’autres unités rebelles, comme le Front al-Nosra pour qu’ils rejoignent, eux aussi, l’Etat Islamique.
Un autre combattant de l’ASL dans la région de Homs a affirmé au journal britannique qu’il était hors de question pour lui de se battre contre l’EI à présent que l’aviation américaine bombardait l’organisation islamiste. Il affirme que 600 combattants de la brigade al-Ribat, de la province de Homs, auraient fait avec lui allégeance à l’EI. La brigade al-Ribat avait pourtant reçu une promesse de la part de la brigade Hazm, soutenue par les Etats-Unis, de recevoir des armes sophistiquées si la brigade acceptait de rejoindre la lutte contre l’Etat Islamique.
Tous les gens en Syrie, affirme Abou Zeid, un commandant de l’ASL, basé dans la région d’Edleb, se demandent pourquoi l’aviation US bombarde des cibles de l’EI et n’est jamais intervenue contre les mitrailleuses et les canons de l’Armée Arabe Syrienne.
« Les Américains ne nous ont jamais donné d’armes pour combattre l’armée de Bachar el-Assad, ajoute Abou Talha. Les armes arrivent seulement maintenant pour combattre l’EI ».
Abou Talha affirme que de nombreux commandants de brigades rebelles ont en secret confirmé leur allégeance à l’EI.

Jean René Belliard