12/12/2014

12 décembre 2014 – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

Cisjordanie
Un Palestinien a attaqué à l'acide un groupe de civils israéliens, y compris des enfants, en Cisjordanie, non loin de Jérusalem ; Quatre personnes ont été blessées.
L’agression a eu lieu dans l'après-midi du 12 Décembre près du point de contrôle "Minharot" au sud de Jérusalem. L’agresseur a pris une famille pour cible : les parents et leurs quatre filles. Seul le père souffrirait de brûlures chimiques de gravité moyenne. Les brûlures des quatre enfants seraient minimes.
Des Israéliens qui se trouvaient près de la scène ont ouvert le feu et blessé l’assaillant.
A signaler également : Le même jour, une voiture palestinienne s’est écrasée contre le mur de protection en béton d’un arrêt de bus près d'une base militaire à proximité de Naplouse. Le chauffeur palestinien a été légèrement blessé. 

Front syrien

Une réunion des services de renseignement de plusieurs pays à Amman
Une réunion a eu lieu à l’ambassande des Etats-Unis à Amman en Jordanie. Elle réunissait des responsables de services de renseignement des Etats Unis, de Grande Bretagne, d'Arabie saoudite, du Qatar et de Jordanie. Le but de la réunion était d’examiner les modalités d'une offensive terrestre contre les positions de Daech en Syrie.
Les participants auraient passé en revue les différentes stratégies offensives contre Daech et échangé des renseignements sécuritaires. Ils auraient également évoqué l'emploi des forces spéciales et des commandos sur le sol irakien et syrien dans le cadre d'une offensive terrestre. Rappelons que l’éventualité d’une offensive terrestre contre Daech par des forces étrangères sur le sol irakien a été rejetée à plusieurs reprises par le ministre irakien des AE : "pour l'Irak toute opération terrestre sur le sol irakien sous le prétexte de faire face à Daech est considérée comme une ligne rouge que l'Irak ne laissera jamais franchir".

Aïn el-Arab (Kobane en kurde)
Onze Jihadistes de Daech ont péri, au cours d’une embuscade tendue par les forces de la défense populaire des Kurdes syriens (YPG), aux alentours d’Aïn al-Arab (Kobani).

Alep et sa banlieue
Les Aleppins ont vécu une nuit particulièrement violente en raison de l’escalade menée par les miliciens de l’opposition armée retranchés dans le quartier de Bani Zeid. Les quartiers résidentiels se trouvant aux confins de Bani Seid, dont Achrafiyyeh, Rue du Nil et rue Tichrine, ont reçus une quarantaine de projectiles, faisant 5 tués parmi la population et 40 blessés.
De leur côté, l’AAS a bombardé les positions des rebelles à Cheikh Saïd, au sud d’Alep, causant des tués et des blessés dans leurs rangs.
L’armée serait également en train d’opérer une avancée vers l’entrée nord d’Alep, ce qui pourrait lui permettre d’imposer un blocus aux régions contrôlées par les rebelles et vidées de leurs habitants.
Dans le quartier Boustane al-Kacer, ligne de démarcation entre les quartiers de l’ouest d’Alep toujours entre les mains de l’Armée Arabe Syrienne (AAS) et les quartiers est tenus par les rebelles, un des dirigeants de la milice Hazm, soutenue par les Etats-Unis, a été grièvement blessé par l’explosion d’une voiture piégée.
Selon le « Comité de réconciliation nationale d’Alep », tous les groupuscules armés des quartiers Halak et Haydariyyeh, proches des zones de combat, ont décidé de renoncer de participer aux combats. Exprimant leur volonté de profiter de la réconciliation et affichant leur soutien au plan de Di Mistura (l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie), elles disent « vouloir jouer un rôle de garant de la sécurité des quartiers pour empêcher les extrémistes de les utiliser pour combattre les troupes régulières », rapporte al-Akhbar.
La situation est toujours aussi confuse en ce qui concerne le sort des villes chiites de Nobol et d'al-Zahra. Les rebelles sunnites ont tiré de nombreuses roquettes sur  ces deux localités tandis que les défenseurs lançaient une contre-attaque vers la ville de Mayer, infligeant des pertes à l’adversaire.

Deraa (Sud syrien)
De très violents combats ont opposé les Jihadistes de Daech et du Front al-Nosra aux soldats de l'Armée Arabe Syrienne (AAS) dans la localité de Jada al-Saad, proche de Deraa.
La banlieue de Deraa est, également le théâtre de violents accrochages. L’AAS a pris pour cible des positions rebelles à Tal Chahab, Tafas, et al-Mazirab, ainsi qu’à Chekh Maskin, et une zone située entre les villages de Tafas et Atman, tous situés dans la banlieue de Deraa.
Ci-dessous, plusieurs vidéos des combats de Sheikh Maskin. La localité défendue par la brigade 82 de l’AAS est en partie occupée par les rebelles du Front du Sud :
Première vidéo (côté rebelles)
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=ba8314b6e6be
et
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=b8ffef22b8d9
Troisième vidéo (très courte) montrant un combat de rue :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=13b390769dd6

Damas et sa banlieue
Les combats, extrêmement intenses, se poursuivent à Douma et dans la Ghouta-orientale, où l'armée syrienne pilonne continuellement les positions de Jaïsh al-Islam (pro-saoudiens).
Les affrontements entre soldats de l’AAS et rebelles se poursuivent, dans la localité de Jobar, à l’Est de Damas, où l’armée continue de progresser.
Cette vidéo montre un bombardement au mortier des positions de l’AAS dans les environs de Jobar par les rebelles :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=13e0028fc5a1
La video  (langue russe) suivante nous montre la localité de Htetet al-Turkman, ou ce qu’il en reste, après qu’elle ait été reprise par l’AAS. Htetet al-Tukman est située dans la banlieue de Damas :
https://www.youtube.com/watch?v=68U_1dSgxac&list=UU3w...
Journal des combats autour de la base aérienne de Deir ez-Zhor
Jeudi 11 décembre dans la soirée, Les Jihadistes de l’Etat Islamique ont lancé un tank suicide (BVIED) bourré de six tonnes d’explosifs contre l’enceinte de l’aéroport militaire de Deir ez-Zhor, au niveau de la localité d’al-Jafrat. L’explosion a endommagé en partie les fortifications de l’armée. L’objectif était d’ouvrir une brèche dans le système de défense à l’est de l’aéroport. Le kamikaze s’appelait Abou al-Farouq al-Libi. Il avait réussi à s’approcher de l’enceinte sans être repéré par les soldats, profitant de l’épais brouillard qui enveloppait la région. 

Abou Farouq al-Libi.jpgAbou Farouq al-Libi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un autre BVIED a été lancé contre l’enceinte orientale de l’aéroport, mais les défenseurs ont réussi à le détruire 40 mètres avant qu’il ne parvienne à sa destination, grâce au tir d’un missile à chaleur. Suite à ces attaques suicides, les Jihadistes ont tenté de lancer un assaut de loin (le quatrième en onze jours), mais ils ont été repoussés par un violent bombardement aérien de l’armée de l’air syrienne, un bombardement au mortier et les tirs des défenseurs.
La situation est calme depuis.
 
Cette video (côté jihadiste) donne une idée de l’intensité des combats nocturnes autour de la base aérienne de Deir ez-Zhor, le Dien Bien Phu syrien :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=d9384a779405
A noter que les corps de plusieurs Jihadistes étrangers ont été retrouvés sur le terrain par l’armée. Parmi eux se trouvait le corps d’un Jihadiste belge, Abou Sa’id al-Belgiki. Il appartenait au groupe Sharia4Belgia.

Abou Sa'id al-Belgiki.jpgAbou Sa'id al-Belgki

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Edleb (Nord syrien)
Hazm et Ahrar al-Cham contre le Front al-Nosra
La milice Hazm, soutenue par les Etats-Unis, a décidé de soutenir la brigade Ahrar al-Cham et d’affronter dans la province d’Edleb les Jihadistes du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie). Les deux camps se sont livrés à une vague d’enlèvements.
L’origine du conflit est du au fait que les Jihadistes du Front al-Nosra ont décidé d’établir leur califat dans le gouvernorat d’Edleb et d’en chasser les autres milices. Ils ont commencé par s’affronter avec les miliciens du Front des révolutionnaires dirigé par l’officier déserteur Jamal Maarouf.
30 soldats de l’AAS ont profité de la confusion pour s’évader d’une prison tenue par un tribunal religieux dans la localité d’al-Dana dans la province nord d’Edleb.

Lattaquié
L’armée régulière a neutralisé les tentatives des rebelles sunnites visant à s’infiltrer dans la localité de Safkoun, en banlieue de Lattaquié, via le village de Ghamam. Un certain nombre de rebelles ont été tués ou blessés, au cours de cette opération

Qalamoun (proche de la frontière libanaise)
Le Qalamoun se trouve également au bord d’une guerre fratricide entre formations rebelles et jihadistes. L’Etat Islamique a adressé un ultimatum de 48 heures à tous les groupes armés qui combattent dans cette région, les sommant de prêter allégeance à son chef Abou Bakr al-Baghdadi. Faute de quoi, elle les éliminera.
L’Etat Islamique compte en effet proclamer le Qalamoun comme « état du califat dans un délai de 54 jours ».
Un site de l’opposition « Koullouna Chouraka » (Tous des partenaires) a assuré qu’il règne un consensus au sein des milices du Qalamoun de rejeter cette allégeance. Elles ont été rejointes dans ce refus par les Jihadistes du Front al-Nosra, malgré les bonne relations qu’il entretient avec Daech dans cette région.
L’ultimatum et les offres qui l’accompagnaient ont cependant convaincu un certain nombre de petites milices, qui souffraient d’un manque d’approvisionnement et de financement, de faire allégeance à l’Etat Islamique. Ces petits groupes luttaient dans des conditions difficiles dans la région de Qousseir, dans la province de Homs. De même, des rumeurs font état du ralliement à Daech de la brigade Ossoud al-Cham (les Lions du Levant), l'une des milices les plus importantes dans la ville de Talbisseh.

Turquie

Des agents du MIT (services de renseignement turcs) tués en Irak et en Syrie
La proximité des combats entre Jihadistes de l’Etat Islamique et armées syrienne et irakienne, ainsi qu’entre Jihadistes et forces kurdes ne pouvait laisser les Turcs indifférents. Ceux-ci ont dépêché un grand nombre d’agents et de forces spéciales pour observer ce qui se passait sur le terrain.
L’agence de presse AhlulBayt (ABNA) a publié les noms de douze membres des services de renseignement et des forces spéciales turques tués en Syrie et en Irak.
L’ABNA a indiqué que plusieurs membres des SR turcs avaient été tués par un tir de l’artillerie irakienne sur une planque du MIT au moment de l’affaire des otages turcs capturés par l’Etat Islamique. La planque du MIT avait été visée par erreur, affirme l’ABNA, mais explique que l’erreur était due au fait que les agents étaient habillés comme des Jihadistes de l’EI. Les noms des agents tués sont les suivants :
1- İskender Demir
2- Murat Tin
3- Serdar Karaçam (or Karaçay)
4- Hikmet Y. (trouvé avec un passeport jordanien au nom de  Muhammed Hammash)
Par ailleurs, cinq membres des forces spéciales turques ont été tués alors qu’ils traversaient la ligne de chemin de fer pour entrer à Kobane. Selon l’ABNA « à voir l’équipement trouvé sur ces gens, il était évident qu’ils appartenaient aux services secrets et aux forces spéciales turcs même s’ils étaient habillés comme des Jihadistes de l’EI, portaient de longues barbes et des moustaches courtes. On a trouvé, par exemple, des systèmes de navigation GPS et des informations concernant des contacts à Kobane de personnes en relation avec le MIT. Et pourtant, ces agents étaient munis de cartes d’identité de l’Etat Islamique.
Les noms des cinq agents sont :
1- Mustafa Turan
2- Halil İbrahim T.
3- Hızır K.
4- Murat Çolak (Cette personne utilisait également une carte d’identité au nom d’une organisation caritative pour se rendre en Syrie).
5- Un autre corps a été retrouvé mais l’identité de la personne décédée n’a pu être repérée car sa dépouille a été enlevée par les soldats turcs.
Trois autres agents turcs ont été tués en Irak
L’ABNA a révélé que trois autres agents turcs avaient perdu la vie à diverses occasions en Irak. Ils appartenaient au MIT et au service de renseignement de l’armée. Leur appartenance aux services secrets turcs a été mis en évidence par le fait qu’ils avaient sur eux les adresses et les numéros de téléphone de personnes notoirement membres du MIT. Leurs dépouilles ont été ramenées en Turquie dès le lendemain de leur décès.
Les noms sont :
1- Necmettin Tuna (or Turna)
2- Çağrı Ceyhan (Pilote et lieutenant. On a prétendu qu’il était mort à l’occasion d’un accident d’hélicoptère à Kocaeli. En fait, il a été tué au cours d’une mission clandestine en Irak).
3-Deniz M.

Jihadisme international

Grande Bretagne
D’après l’International Centre for the Study of Radicalisation (ICSR), e second des trois Jihadistes « britanniques » originaire de Coventry a été tué au cours d’un raid de l’US air force. Il s’agit de Rashed Amani. Un autre des trois comparses, Al Kantar, avait été tué la semaine dernière. Un seul a survécu pour l’instant. Il s’agit de Mohammed Hadi.

Rashid Amani.jpgRashed Amani

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean René Belliard

 

05/12/2014

5 décembre 2014 - Nouvelles des guerres du Moyen Orient

Arabie saoudite

Un religieux saoudien dit tout le mal qu’il pense de l’Etat Islamique
Le religieux saoudien Sa’ad al-Shathri est apparu sur la télévision asoudienne al-Majd, le 31 août 2014 pour menacer tous ceux qui rejoindraient l’EI de finir en enfer :
https://www.youtube.com/watch?v=i-lue4i8yVk&feature=p...

Front irakien

Important raid de l’armée de l’air française
Les avions français ont mené, vendredi 5 décembre, un raid "important" sur des objectifs en Irak.
Depuis le début des opérations de la coalition internationale, les avions français basés aux Emirats Arabes Unis et depuis peu en Jordanie ont mené au total "120 à 130 missions" (renseignement et bombardements confondus) contre l’Etat Islamique.

Vidéo d’un bombardement de la coalition internationale dans la région de Mossoul
La vidéo a été mise en ligne en début d’après-midi du vendredi 5 décembre :
https://www.youtube.com/watch?v=cEEZxLkKcpw&feature=p...
Cette autre vidéo montre un bombardement aérien de la coalition internationale pour soutenir les Peshmergas sur le mont Bashik :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=42fa9f2da3fa

Front libanais

Un chef jihadiste menace le Liban pour la capture de sa femme
Anas Charkas, un chef de l’Etat Islamique et non du Front al-Nosra, comme on l’avait cru au début, a affirmé que la femme arrêtée par la sûreté libanaise, Ola Mithqal al-Oqaily, était son épouse et non pas celle d’Abou Baker al-Baghdadi, le calife autoproclamé de l’EI.
 Anas Sharkas, également connu sous son nom de guerre d'Abou Ali Shishani, a promis d'enlever des femmes et des enfants libanais si sa femme et ses enfants n’étaient pas libérés dans les plus brefs délais. Il a fait cette annonce sur une vidéo postée en ligne.
Assis sous un drapeau de l’Etat islamique, Sishani a exhorté les musulmans sunnites du Liban à se soulever contre les autorités et à cibler les chiites dans le pays.

Front libyen

Poste frontière entre la Libye et la Tunisie de Ras Jedir
L’armée libyenne fidèle au gouvernement reconnu par la communauté internationale, celui d’al-Thinni, a demandé aux Islamistes de L’aube de la Libye, qui occupent le poste frontière de Ras Jedir, de l’évacuer immédiatement. L’armée a affirmé qu’elle en reprendrait le contrôle le 6 décembre. Et pour rendre les menaces plus crédibles, l’armée de l’air a bombardé un dépôt à Ras Jedir.
Le poste de Ras Jedir est extrêmement fréquenté, particulièrement par les camions qui transportent de l’alimentation pour la Libye.

Front syrien

Aïn el-Arab (Kobane en kurde)
Cette vidéo kurde montre la situation à l’intérieur de Kobane.
S’appellant « heval », ce qui équivaut à « camarade », les combattants kurdes de l’YPG se battent avec une énergie « révolutionnaire ». Un sentiment de camaraderie s’est développé entre les défenseurs entre garçons et filles à l’intérieur des bâtiments dévastés par deux mois de combats. Il n’est pas rare de trouver les membres d’une même famille sur les lignes de front.
Un reportage exclusif a été réalisé par la journaliste Jake Simkin qui a passé une semaine à l’intérieur de Kobané à la fin du mois dernier. Son reportage offre un rare aperçu des
hommes et des femmes luttant pour contre les Jihadistes de l’EI dans la ville kurde.
Un tireur d'élite kurde, surnommé Zinar (kurde pour "le roc"), a déclaré : "Nous
nous battons pour la liberté. La liberté n’est pas quelque chose que vous pouvez facilement obtenir ou quelque chose que quelqu'un vous donne. La liberté est obtenue que si vous sortez et l’obtenez par vous-même ".
La ville est aujourd’hui en ruines après deux mois de combats, de bombardements au canon, d’attaques-suicides et de raids aériens de la coalition internationale.
Un quart des combattants kurdes sont des femmes. Le commandant des combattantes femmes est âgée de 21 ans. Elle s’appelle Medea Raqqa. Elle a expliqué que la présence de femmes kurdes dans les combats avait fortement perturbé les Jihadistes. Les combattants de l’EI ont peur quand ils entendent nos voix, a-t-elle affirmé. Ils croient que s’ils sont tués par une femme ils ne pourront pas entrer au paradis !
Vidéo-reportage (langues  kurde et arabe)  - mais les images parlent d’elles mêmes :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=0b844302f204

Alep
Les rebelles ne manquent pas d’imagination pour compenser le manque d’armes lourdes comme le montre cette vidéo :
Vidéo du double canon « hell monster » :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=f9ec3fba9e67

Deir ez-Zhor
Une grande bataille se déroule actuellement entre la 104ème brigade parachutiste des Gardes Républicains (AAS) et les Jihadistes de l’Etat Islamique pour le contrôle de la base aérienne de Deir ez-Zhor. Le problème est que les informations sont divergentes selon les belligérants.
Les jihadistes de Daech affirment avoir fait une avancée vers l’aéroport militaire de Deir ez-Zhor. Cet aéroport avait été construit par les Britanniques durant la seconde guerre mondiale. Il est l’objectif de l’Etat Islamique depuis des mois.
Les Jihadistes affirment avoir pris le bâtiment de l’école du quartier d'al-Jaffrah, adjacent à l'aéroport militaire. Ils disent avoir réussi à pénétrer le système de défense de l’armée au niveau de l’aquarium et du château d’eau, encerclant pratiquement les forces gouvernementales. Selon eux, l’armée L’AAS n’aurait plus désormais qu’une seule voie de ravitaillement terrestre à l’ouest de l’aéroport.
Les Jihadistes prétendent également avoir pris le contrôle des quartiers d’al-Mari’ayyi et al-Rusaafa pour rejoindre d’autres combattants islamistes.
Contrairement aux informations données par les Jihadistes, l’armée affirme qu’elle n’a pas perdu le contrôle du quartier d’al-Mari’ayyi et que les combats étaient peu intenses dans le quartier d’al-Jaffrah.
L’AAS affirme au contraire avoir infligé, vendredi 5 décembre, de lourdes pertes aux Jihadistes, tuant une vingtaine d’entre eux et s’emparant de trois de leurs véhicules.
Les combats se poursuivraient à l’intérieur d’al-Mari’ayyi et l’armée aurait reçu le renfort des Forces de la Défense Nationale.
Les Jihadistes avaient également affirmé s’être emparé de l’île d’al-Sakr, une information difficile à imaginer tant ce secteur est une place-forte de l’armée.  Celle-ci aurait reçu des renforts et du ravitaillement par un bateau sur le fleuve Euphrate. Cela a permis à la 104ème brigade de lancer une contre-offensive. Les Jihadistes ont quand même réussi à s’emparer d’un quai de débarquement sur la partie orientale de l’île, ainsi que d’un pont suspendu reliant l’île au continent à l’est.  Mais les Islamistes ont dû abandonner une large partie du terrain conquis sous la pression combinée de l’armée de l’air syrienne et des soldats de la 104ème parachutiste. Ils auraient réussi, au cours de leur offensive, à récupérer un tank T-55 de l’EI après un violent affrontement dans la matinée du vendredi 5 décembre.
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Tank T-55 capturé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Jihadistes ont aussi affirmé s’être emparé d’al-Rusaafa. L’assaut a débuté dans la nuit du jeudi 4 au vendredi 5 décembre par une attaque suicide contre un check-point de l’armée, lancée par un Libyen, Abou Hafiza al-Libii. L’attaque aurait échoué, si l’on en croit l’armée. Celle-ci aurait réussi à conserver ses positions malgré les assauts incessants de Jihadistes très déterminés. 
Il faut dire que les soldats savent qu’ils n’ont pas d’autre choix que de résister jusqu’à la mort car ils ont appris que deux de leurs compagnons avaient été décapités après leur capture. Les photos d’un soldat en pleurs, implorant ses bourreaux ont été largement diffusées sur les médias jihadistes.

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Bataille de Deir ez-Zhor

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Américains ont-ils fourni de l’armement lourd aux brigades de l’Armée Syrienne Libre ?
Les rebelles de la brigade Hazm ont été formés par des conseillers militaires américains sur une base jordanienne. A l'origine, le mouvement avait pris le nom de Harakat Zaman Mohammad (Le Mouvement de la Durée de Muhammad), un nom trop « islamiste » pour les Américains. Il a été remplacé par Harakat Hazm, un nom politiquement plus modéré.
L’objectif du mouvement rebelle reste la lutte contre le pouvoir de Bachar el-Assad. Mais ils ont également reçu la mission de lutter contre les mouvements jihadistes, et en premier lieu l’Etat Islamique. Les combattants du mouvement Hazm ont reçu beaucoup d’armements lourds, et notamment des missiles sol-sol TOW de fabrication US comme le montre cette vidéo :
Vidéo :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=27f87b2d9a89
Cette vidéo montre une autre brigade rebelle bombardant au canon des positions de l’Etat Islamique
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=8b5960013679

Programme Alimentaire Mondial (PAM)
Le Programme alimentaire mondial (PAM), qui avait annoncé lundi 1er décembre suspendre son aide aux réfugiés syriens faute de financement, va pouvoir maintenir provisoirement ses opérations grâce à un afflux des dons qui ont atteint 21,5 millions de dollars en 24 heures.
Les fonds reçus, qui représentent le tiers des besoins pour décembre, proviennent d'individus, d'entreprises et de gouvernements. Il y a eu plus de 10 000 donateurs en 24 heures, a précisé à l'AFP Elisabeth Byrs, porte-parole du PAM qui avait lancé mercredi 3 décembre une campagne sur les réseaux sociaux.
Toutefois, le PAM a encore besoin de 42,5 millions supplémentaires pour continuer à distribuer jusqu'à la fin du mois des coupons d'achats alimentaires à 1,7 million de réfugiés syriens au Liban, en Jordanie, en Turquie et en Egypte, a précisé Mme Byrs.
Quelque 4 millions de Syriens restés à l'intérieur du pays recevront des rations en décembre, car celles-ci avaient été déjà achetées mais s'il n'y a pas de nouveaux financements, les opérations devront être arrêtées en février 2015, a précisé Mme Byrs. Au total jusqu'à fin février, le PAM a besoin de 353 millions de dollars pour ses opérations à l'intérieur et à l'extérieur de la Syrie.

Jihadisme international

Allemagne
Un tribunal allemand a condamné, vendredi 5 décembre, à trois ans et neuf mois de prison ferme un homme de 20 ans. Il était jugé pour avoir rallié les rangs de l'organisation Daech (Etat islamique-EI) en Syrie.
Kreshnik Berisha a été condamné par le tribunal de Francfort pour "appartenance à une organisation terroriste étrangère".
Il avait participé, dans les rangs de Daech, à des combats contre l’armée syrienne entre juillet et décembre 2013. Il avait été arrêté à son retour de Syrie, le 12 décembre 2013, à l'aéroport de Francfort.
Il encourait théoriquement 10 ans de prison mais lors de la première audience, le 15 septembre, les juges lui avaient proposé une peine comprise entre 3 ans et trois mois et 4 ans et trois mois en échange d'une reconnaissance de sa culpabilité.
Selon le ministre de l'Intérieur allemand, Thomas de Maizière, environ 550 Allemands sont partis combattre dans les rangs de Daech en Syrie et en Irak.
Les renseignements intérieurs allemands estiment qu'au moins 60 Allemands partis combattre au Moyen-Orient dans les rangs de Daech y ont trouvé la mort.

Grande Bretagne
Deux hommes ont été condamnés vendredi 5 décembre par un tribunal à 12 ans et huit mois  de prison ferme pour avoir rejoint les rangs d'une organisation terroriste en Syrie.
Mohammed Ahmed et Yusuf Sarwar, deux amis d'enfance originaires de Birmingham et âgés de 22 ans, s'étaient rendus en Syrie en mai 2013. Ils avaient été arrêtés à leur retour en Grande-Bretagne au mois de janvier 2014.
Les deux jeunes gens avaient fait croire à leur famille qu'ils partaient en Turquie alors qu'ils se rendaient en Syrie. Mais Yusuf Sanwar avait laissé une lettre indiquant son intention de faire le jihad.
Les deux familles avaient réussi à leur faire rebrousser chemin au bout de quelques mois, et la police, qu'elles avaient avertie, les attendaient à leur arrivée à l'aéroport d'Heathrow.

Norvège
Les services de renseignement norvégiens ont annoncé vendredi 5 décembre avoir arrêté un jeune pakistano-norvégien revenu blessé par balle de Syrie en février 2014.
"Nous avons arrêté une personne et perquisitionné son domicile dans le cadre d'une enquête en cours", a déclaré à l'AFP une porte-parole du service de renseignement intérieur (PST), Siv Alsen.
Le jeune homme mis en cause est soupçonné à ce stade de "soutien à une organisation terroriste", un chef d'accusation passible de six ans de prison en Norvège. Il faisait l'objet d'une enquête depuis son retour dans le pays scandinave le 7 février 2014.
Selon la chaîne TV2, l'homme âgé aujourd'hui de 23 ans présentait des blessures à la jambe à son arrivée à Oslo. Il a affirmé s'être rendu en Syrie pour y apporter une assistance humanitaire.
Selon le PST, une soixantaine de personnes ayant des liens avec la Norvège se sont rendues en Syrie depuis le début du conflit.

Jean René Belliard

 

28/11/2014

27 et 28 novembre 2014 – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

Front irakien

L’Etat islamique n’occupe plus que la moitié du terrain conquis en juin 2014 en  Irak
Partout, les opérations menées par l’armée irakienne ou les Peshmergas kurdes et les milices chiites, avec l’assistance de l’armée de l’air irakienne et la coalition internationale, finissent pas porter leurs fruits.  Après leur déroute au début de l'offensive jihadiste en juin 2014, les forces gouvernementales tentent depuis quelques mois de regagner du terrain avec l'aide des combattants kurdes, de milices chiites et de tribus sunnites, et avec le soutien aérien de la coalition internationale dirigée par les États-Unis. Elles ont réussi à reprendre Jurf al-Sakhr, au sud de Bagdad, Baïji, au nord de la capitale, et faire reculer l'EI dans des zones situées plus au nord. Mais trois des principales villes du pays – Mossoul, Tikrit et Falloujah – restent toujours aux mains des jihadistes.

Ramadi et Kirkouk
Les forces irakiennes et des tribus alliées ont pour l’instant réussi à repousser l’offensive de l'État islamique (EI) contre le centre de Ramadi, le chef-lieu de la province sunnite  d'al-Anbar.
À Ramadi, « nous avons été en mesure de stopper (mercredi soir 26 novembre) l'avancée des combattants près du siège du gouvernement régional », qui était l'objectif de l'assaut de l'EI, a indiqué hier le colonel Haytham al-Daraji, des forces irakiennes. Il a précisé que plus de dix raids aériens avaient visé les troupes jihadistes et que des renforts avaient été envoyés par Bagdad.
Dans le nord, les combattants kurdes font face à une attaque de l'EI dans la province pétrolière de Kirkouk. Les jihadistes « visent Kirkouk et veulent prendre les sites pétroliers », a précisé un commandant peshmerga Westa Rasul.

Un commandant de l’Etat Islamique tué au cours d’un bombardement à Mossoul
Et à Mossoul, plusieurs sources ont indiqué qu'un commandant de l'EI, Abou Chehab al-Souri, avait été tué hier dans cette ville contrôlée par le groupe. Ces mêmes sources ont aussi indiqué que le principal hôpital de la ville avait reçu une trentaine de corps de jihadistes, peu après des bombardements de la coalition internationale dans la région.

Ne pas crier victoire
Un peu comme en Syrie, il serait prématuré de crier « victoire » à chaque succès de l’armée irakienne ou des Peshmergas. Ceux-ci ont du mal, en effet, a conserver leurs acquis territoriaux dans les régions sunnites. Chacune de ces victoires est acquise au prix d’exactions et de drames humains qui exaspèrent un peu plus les populations sunnites locales. C’est un problème que connaissent toutes les armées du monde en lutte avec une insurrection populaire.

La condamnation à mort d’un député sunnite enflamme la communauté sunnite
La cour criminelle centrale a condamné Ahmad al-Alwani à mort ", a déclaré le porte-parole judiciaire Abdel-Sattar Bayraqdar.
Le député était accusé de terrorisme par la justice irakienne et notamment tenu responsable pour la mort de deux soldats.
Les Sunnites irakiens se sentent trahis par la condamnation à mort du député sunnite de Ramadi, Ahmed al-Alwani. Il avait été enlevé lors d'un raid contre son domicile à la fin de Décembre 2013, raid au cours duquel son frère Ali et 15 gardes du corps avaient été tués. Le député sunnite était l’une des grandes voix de la protestation sunnite contre le gouvernement du Chiite Nouri al-Maliki. On s’attendait à plus de clémence de la part du gouvernement de Haydar al-Abadi. Cette condamnation va poser un gros problème au pouvoir irakien car Ahmed al-Alwani est membre du clan Albu Alwan de la tribu Dulaim, la plus grande tribu de la province sunnite d’al-Anbar. Ce jugement va relancer la colère de la tribu contre le gouvernement chiite que beaucoup de sunnites considèrent comme génocidaire. L'enlèvement d’al-Alwani avait déjà été l'une des principales raisons qui avaient dressé les hommes armés des tribus sunnites contre les forces de sécurité dans la province d’al-Anbar, les poussant finalement à faire alliance avec l’Etat Islamique.
Le condamné a un mois pour interjeter appel de la décision.
Vidéo en anglais :
https://www.youtube.com/watch?v=ZAh6x5bctbo&feature=p...

Les Jihadistes sont encore capables de lancer de violentes offensives
La raffinerie de Baiji, dont on avait annoncé la libération des mains de l’EI à grands cris de victoire, est toujours menacée par les Jihadistes comme en témoigne cette vidéo. Les combattants de l’EI ont à nouveau réussi à prendre pied à l’intérieur du site industriel. L’opération a débuté par l’attaque kamikaze de deux camions bourrés d’explosifs. L’un des véhicules aurait été conduit par un Marocain, Abou Hamza al-Moughrabi. L’autre kamikaze, est un « Britannique » identifié sous le nom d’Abou Hajar al-Britani. L'explosion de son véhicule, chargé de 1800 kg d'explosifs, a détruit plusieurs chars et pièces d'artillerie.
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Abu Hajar al-Britani

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une fois le périmètre de défense de l’armée irakienne anéanti par les deux énormes explosions, les Jihadistes se sont lancés à l’assaut et ont réussi à pénétrer dans l’enceinte. Remarquez l’air martial des Jihadistes comparé aux Peshmergas ou aux soldats irakiens.
La vidéo a été tournée par l’Etat Islamique (exceptionnel) :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=d603cec4cd66

Un Jihadiste tchétchène capturé par l’armée irakienne dans la région de Tikrit
Surprise des soldats : Il sait à peine parler l’arabe :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=68a74318f0e6

Le général iranien Qassem Soleimani à Jalawla
souleimani.jpgLe général Qassem Soleimani (assis à droite)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La ville de Jalawlaa, dans la province de Diyala, au nord de l’Irak, a été libérée il y a quelques jours. A cette occasion, on a remarqué la présence du général iranien Qassem Soleimani, le commandant de la force al-Qods, les forces spéciales des Gardiens de la Révolution. Qassem Soleimani peut être considéré comme l’homme fort du Moyen Orient avec autorité sur l’Irak, le Liban et la Syrie.
Les images de Qassem Soleimani, montrant sa présence physique à Jalawla et largement diffusées dans la presse, sont destinées à montrer le rôle joué par l’Iran dans la lutte contre Daech.

Lutte d’influence entre l’Iran et les Etats-Unis
Preuve que l’Iran et les Etats-Unis sont en compétition au Moyen Orient, le  général de brigade Mohammad Reza Naghdi, commandant en chef des  forces de mobilisation, les Bassiji,  a une nouvelle fois menacé  les Etats-Unis. S’adressant directement aux  dirigeants américains, il a déclaré : «Si vous voulez prolonger la durée de vie de votre immonde système pendant un certain temps, vous devez supprimer vos bases militaires dans  les pays islamiques, et abandonner tout soutien à l'entité sioniste. »

Les Chiites irakiens enjeux de la lutte d’influence entre Téhéran et Washington
Lorsque l’administration Bush junior a lancé son armée à l’assaut de Bagdad, les Chiites irakiens ont vu dans cette offensive la fin du calvaire qu’ils subissaient de la part de Saddam Hussein et ses sbires. A l’époque peu d’entre eux sentaient une quelconque affinité envers l’Iran. Il y avait peut être une communauté confessionnelle mais les différences de mentalité, l’animosité séculaire entre Perses et Arabes, l’acceptation d’une autorité des chefs religieux dans la vie politique, comme en Iran, empêchaient les Chiites irakiens de se sentir proches de l’Iran, à part peut être quelques étudiants en religion.
Cela ne veut pas dire que l'Iran n’exerçait pas une influence, mais elle n’avait pas réussi à gagner les cœurs et les esprits des Chiites irakiens et à faire de leur pays une succursale de la révolution islamique iranienne.
Les choses vont brutalement changer avec l’invasion de larges portions de l’Irak par les Salafistes sunnites de l’EI (Daech). La débandade de l’armée irakienne, notamment des soldats sunnites, en juin 2014, avait laissé Mossoul tomber entre les mains de l’organisation jihadiste. Pire, les Salafistes n’étaient plus qu’à quelques dizaines de mètres du sanctuaire des deux Imams Askari à Samarra, au nord de Bagdad, un haut lieu de la religion chiite.
L’Iran est alors apparu, aux yeux de beaucoup de Chiites irakiens, désespérés par la situation de leur pays après l’effondrement de l’armée, comme le seul pays capable de défendre l’Irak.
Un responsable chiite irakien a déclaré : "Hajj Qassem Soleimani [le commandant de la Force al-Qods] et ses hommes ont montré que l'Iran se souciait de l'Irak en tant que nation. Le commandant emblématique est allé lui-même se battre avec les volontaires irakiens qui se sont réjoui de sa présence". Il poursuit : "Si Hajj Qassem et ses hommes n’avaient pas été présents, Daech aurait aujourd'hui détruit les sanctuaires de la maison du Prophète Muhammad, et c’est pourquoi aujourd'hui est un autre jour."
C’est à partir de l’attaque de l’Etat Islamique contre l’Irak que l'Iran a entrepris un effort généralisé pour accroître son influence politique et religieuse en Irak. Les Iraniens ont été actifs sur le plan militaire, mais également sur le plan religieux. Un chef religieux chiite  irakien, Hashem al-Sayed Haidari, a fait son apparition sur la scène politique et militaire, un peu comme Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah au Liban. Haidari est un fidèle du  guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, et tout comme Nasrallah, il sait galvaniser les foules chiites par ses discours enflammés.
Aujourd’hui, les Iraniens apparaissent comme ceux qui combattent sur le terrain alors que la coalition internationale, pour l’instant, se borne à exécuter des raids aériens sans aucune présence physique au sol.  Et les quelques militaires occidentaux présents sur le terrain se bornent, pour la plupart, à jouer un rôle de conseiller, bien à l’abri dans la zone verte de Bagdad ou à Kirkouk.
Pour l’instant, l’implication des militaires iraniens sur le terrain est encore limitée en nnombre, mais l'Iran est prêt à renforcer sa présence si le gouvernement irakien lui demande.

L’Iran ne cesse d’accuser les Etats-Unis de collusion avec l’Etat Islamique
Hossein Amir-Abdollahian, le ministre des Affaires étrangères, n’y va pas par quatre chemins en ce qui concerne les Etats-Unis. Pour lui,  la coalition internationale conduite par les USA soutient l’Etat Islamique. Les pays occidentaux visent seulement, à son avis, à protéger leurs intérêts dans la région.
"L'Iran à mis plusieurs fois en garde les Etats-Unis et les pays occidentaux contre les menaces de l’EI et la présence croissante des terroristes dans la région sensible du Moyen-Orient. Ces groupes terroristes poursuivront leurs opérations, sauf si les Etats-Unis et l'Occident adoptent une approche claire pour combattre le terrorisme, " a déclaré Amir-Abdollahian.
Les responsables iraniens soupçonnent, en effet, la coalition de jouer un double jeu en Irak et en Syrie, même s’ils savent bien que seule une coopération avec la coalition pourra  mettre fin plus rapidement à la bataille avec l’EI.
Washington s’abstient pour l’instant de répondre aux accusations iraniennes. Les Etats-Unis savent qu’ils ne peuvent se permettre le luxe de rompre le dialogue avec l’Iran en ce moment. Il y a trop d’enjeu actuellement. 
Les deux pays ont négocié sur le dossier nucléaire avec les yeux rivés sur la Syrie et l'Irak.  C’est peut-être la raison pour laquelle ils ont décidé de continuer les négociations même s’ils n’ont pas réussi à s’entendre pour l’instant.

Le Hezbollah libanais est présent en Irak
On sait que des dizaines d'experts militaires hautement qualifiés du Hezbollah libanais sont arrivés en Irak pour aider à la gestion militaire de la bataille.
"Ils ne se battent pas, mais ils aident avec les tactiques, car ils sont bien expérimentés dans ces batailles. Ils comprennent la mentalité des combattants mieux que quiconque sur le terrain », a révélé un dirigeant irakien. Pour autant, les combattants du Hezbollah ne sont pas directement impliqués dans la guerre.

Front Syrien

Batailles en cours
Deux grandes batailles ont lieu actuellement. La première est celle d’Alep, dans le nord, et la seconde a lieu autour de la base de Cheikh Maskin, au Sud.

Gouta orientale (à l’est de Damas)
L’agence officielle SANA affirme que les soldats de l’Armée Arabe Syrienne, renforcés par des éléments du Hezbollah libanais, avaient tué 50 rebelles dans une embuscade mercredi soir 26 novembre, à l'est de Damas. Les rebelles avaient quitté le village de Medaa (dans la Ghouta orientale) pour gagner Dmeir », plus au nord-est.
 
Alep
Sur le plan militaire, il semble que les forces d’auto-défense des localités chiites encerclées de Noubboul et Zahra aient réussi à repousser le dernier assaut des Jihadistes de l’EI.
Vidéo :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=0ebe17b72d69
La brigade rebelle Hazm, armée et financée par les Etats-Unis, a mis en ligne une vidéo de son activité militaire dans le secteur d’Handarat, à Alep. Peu spectaculaire, mais remarquez le fusil du sniper :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=9211aa691ef9
Sur le plan politique, Damas et Moscou ont affiché pour la première fois leur appui aux « efforts » de l'émissaire de l'ONU, Staffan De Mistura, de « geler » les combats en cours à Alep. C'est ce qu'a affirmé le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem, le 27 novembre 2014. En octobre, l'émissaire de l'ONU avait proposé d'instaurer des zones de cessez-le-feu pour permettre la distribution de l'aide humanitaire dans ce pays et estimé qu'Alep pourrait être « une bonne candidate » pour ce type de zone.

Bataille de Cheikh Maskin (province de Deraa - Sud)
Une vidéo intéressante montre des missiles anti-chars américains aux mains des combattants rebelles :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=4d05ed4ae489

Damas et sa banlieue
J’ai souvent montré des vidéos (côté AAS), tournées par une équipe russe, montrant l’activité des chars contre les positions rebelles.
Aujourd’hui, c’est une vidéo tournée par les rebelles filmant l’arrivée d’une relève de combattants dans les ruines de Jobar :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=75dd2b357188

Vidéos de la Brigade rebelle Noureddine az-Zanki
La brigade rebelle de Noureddine al-Zanki poursuit sa mise en ligne de vidéos impressionnantes mettant en scène l’utilisation de puissants mortiers et de missiles antichars TOWS :
Vidéos :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&a...
Combats dans le quartier d’al-Rashidin:
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&a...

Les autorités syriennes fournissent des renseignements sur Daech aux Américains
L’institut Stratford, proche des services de renseignement américain, a fait une révélation surprenante. Il affirme que les autorités syriennes fourniraient des informations cruciales aux Américains, via les Irakiens.
Ces informations se rapportent aux organisations jihadistes qui opèrent  sur le sol syrien, Daech (Etat Islamique), et le groupuscule Khorassan, proche d’Al-Qaïda et donc du front al-Nosra.
Malgré la pression des alliés sunnites et de la Turquie, qui voudraient que les Etats-Unis élargissent leur mission contre Daech pour renverser le régime syrien de Bachar al-Assad, « l’administration américaine préfère éviter ce risque et reste attachée à sa mission principale qui consiste à frapper les groupuscules armés et en même temps à préserver ses liens avec l’Iran. Le gouvernement syrien a bien lu les priorités américaines dans ce conflit et profitent de l’occasion pour se rapprocher des Etats-Unis en s’échangeant les renseignements sensibles », écrit l’institut.
Selon lui, il est question d’une quantité impressionnante d’informations qui parvient à Washington à travers le gouvernement irakien sur les dépôts d’armes de Daech, leurs centres d’entrainement et leurs sièges de commandement dans le gouvernorat d’Alep, Deir ez-Zhor et Raqqa.
Toujours selon l’institut, les Américains ont rejeté une proposition de la part des responsables irakiens pour participer à des rencontres des membres des services de renseignement irakiens, américains et Syriens. « L’Iran et ses alliés à Bagdad et Damas pourraient profiter de l’augmentation de la prise de conscience dans la région que les USA ne sont plus liés à leurs partenaires arabes traditionnels et que la carte du renversement d’Assad n’est plus sur la table », estime Stratford.
 « Les USA exploitent leurs performances dans la collecte des informations des services de renseignement pour surveiller l’Etat Islamique et pour vérifier toute information qui lui est fournie d’une partie tierce. En géopolitique, il est préférable qu’ils utilisent leurs relations pour se concentrer sur leur mission et faire l’équilibre entre les différents acteurs du Proche-Orient, quoique la coopération publique avec le régime d’Assad puisse être considérée comme un facteur politique explosif pour l’administration américaine », conclut le centre américain.

Front égyptien

Des centaines de militaires et policiers tués par les Salafistes depuis juillet 2013
Des centaines de policiers et militaires ont été tués au cours d’attaques terroristes depuis que l'armée a destitué et arrêté le président islamiste élu Mohamed Morsi, le 3 juillet 2013. Ces attentats sont revendiqués par des groupes d'insurgés islamistes qui disent agir en représailles à la sanglante répression menée par le nouveau gouvernement contre les partisans du président déchu.
La dernière victime en date est un général de brigade de l'armée égyptienne tué vendredi 28 novembre au Caire par des inconnus qui ont ouvert le feu sur lui et les deux soldats qui l'accompagnaient.
Le général sortait d'un hôtel accompagné de deux gardes du corps quand des hommes armés à bord d'une voiture ont ouvert le feu sur le petit groupe. L'officier supérieur a été tué et les deux soldats ont été blessés.
Ce vendredi 28 novembre, les partisans du président déchu, Mohamed Morsi, sont à nouveau descendu dans la rue à l'appel des Frères Musulmans et d’autres mouvements salafistes. Le pouvoir, interdisant toute manifestation qui ne serait pas préalablement "autorisée" par le ministère de l'Intérieur, les forces de sécurité sont aussitôt intervenues, arrêtant plus d’une centaine de personnes qualifiées de « frères musulmans » par la police.
Depuis le mois de juillet 2013, date à la quelle le président Morsi a été renversé, plus de 1 400 manifestants islamistes ont été tués par la police et l'armée, essentiellement au Caire, et plus de 15 000 Frères musulmans ou sympathisants ont été emprisonnés.

Israël

Israël se prépare à la guerre dans le Golan
L’armée israélienne se prépare pour combattre à la frontière avec la Syrie, a révélé la Deuxième chaine de télévision israélienne.
« L’armée est parfaitement consciente que la guerre en Syrie pourrait très bien se retourner ultérieurement contre Israël », rapporte la télévision. Et il est question d’une manœuvre qui a été entreprise par une brigade du Rassemblement pour le combat baptisé Ayt et qui est chargée de collecter des informations sur le terrain et de développer la banque de cibles. Durant cet exercice qui a eu lieu dimanche 23 novembre 2014, toutes les unités œuvrant dans le Golan ont participé à une manœuvre destinée à simuler une situation d’escalade et de combats contre l’armée syrienne et des opposants.
Une partie de ces manœuvres simulaient des activités clandestines des unités israéliennes réalisées à partir de positions situées derrière les lignes de l’adversaire. Elles consistaient à collecter des renseignements, à « cuisiner des cibles » qui permettent à l’armée israélienne de disposer d’importantes performances, sans oublier les cibles collectées via des moyens électro-optiques qui prennent des photos en profondeur dans le territoire syrien.
Pourtant, «  depuis que le front al-Nosra a pris le contrôle de cette région frontalière, la situation est très calme et l’Etat Islamique (Daech) est encore loin, voire il n’y a aucune hypothèse pratique chez l’armée sur une éventuelle arrivée de Daech à la frontière », a ajouté la télévision israélienne.
Soucieux de protéger leur frontière avec la Syrie, il semble que les Israéliens aient pris contact avec les Jihadistes du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie).  Ils auraient autorisé le transport vers les hôpitaux israéliens de blessés du Front. Ils ont même, à plusieurs occasions, ouvert le feu sur des positions de l’armée syrienne proches du Golan, offrant ainsi un appui aux Jihadistes qui n’en demandaient sans doute pas tant.

Liban

Le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie et au Liban) menace d’exécuter un des soldats libanais qu’il détient en otage si la Jihadiste Jumana Hamid, actuellement emprisonnée au Liban, n’est pas libérée. Jumana Hamayyid est une Jihadiste capturée au volant d’une voiture piégée à proximité d’Ersal, dans la Bekaa.

Yémen

L’organisation chiite Ansarullah a repris son offensive
La milice chiite armée d'Ansaruallah a repris son offensive vers le sud, se rapprochant de la ville d'Aden.
Un convoi de 16 véhicules transportant quelque 200 miliciens armés de mitrailleuses a pénétré dans la nuit dans la banlieue est de la ville de Taëz, chef-lieu de la province de Taëz, où ils se sont déployés non loin de l'aéroport et de la radio locale. La ville a une population de 500 000 habitants et est située à 250 km au sud-ouest de la capitale.
Les miliciens chiites, qui avaient pris la province d’Amrane en juillet 2014, ont occupé Sanaa, le 21 septembre, et se sont aussi emparés de nombreuses localités de l'ouest et du centre du Yémen et notamment du port stratégique de Hodeida, sur la mer Rouge, qui commande la voie vers le détroit de Bab al-Mendeb, à l'embouchure du Golfe d'Aden.
Mais ils n’avaient pas poursuivi vers  Taëz en vertu d'un accord avec les autorités locales.
"Cet accord ne tient plus car les autorités locales n'ont pas honoré leurs engagements d'arrêter 14 extrémistes dans la province de Taëz", a déclaré à l'AFP une source proche d'Ansarullah.
Les partisans de l'ancien président Ali Abdallah Saleh auraient aidé les Houthis à parvenir jusqu'à Al-Janad", la banlieue de Taëz où se trouve une caserne de la Garde républicaine, dont plusieurs officiers sont restés fidèles au fils aîné de l'ex-président qui commandait ce corps d'élite.

Etat Islamique et al-Qaïda

L’Etat islamique poursuit son expansion planétaire
L’organisation jihadiste al-Qaïda, dirigée par Ayman Zawahiri, sent qu’elle perd de terrain au profit de l’Etat islamique (Daech), qui s’étend de plus en plus et pose une menace existentielle pour le premier.
L’Etat Islamique a clairement annoncé son intention de s’implanter dans la province syrienne de Deraa, voisine de la Jordanie. L’organisation salafiste a également reçu l’allégeance de deux importants groupes « jihadistes » du Caucase. Il s’agit du groupe « Awkhiya », dirigé par « le prince Souleimane » et « Rabani Qalaa » au Daghestan. Le ralliement de ces deux groupes à Daech provoque un état de confusion parmi les groupes jihadistes de la région. Une division avait déjà eu lieu en 2010 et les répercussions sont toujours sensibles aujourd’hui. 

Al-Qaïda bien décidé, cette fois, à réagir
Ayman Zawahiri a cette fois décidé de réagir. Il a chargé le dirigeant de la branche d’al-Qaïda au Yémen (AQPA), Nasser Wahichi, de s’opposer aux tentatives d’expansion de Daech dans plusieurs pays arabes.
La branche d’al-Qaïda au Yémen s’est aussitôt mise en marche pour découvrir les dirigeants et les cellules ayant prêté allégeance à Abou Baker al-Baghdadi, le calife autoproclamé de l’Etat Islamique.
A cette fin, Wahichi s’est réuni avec les « dirigeants » qui ont prêté allégeance à Daech pour les mettre en garde contre les risques de division que leur allégeance n’allait pas manquer de provoquer entre les « Jihadistes ».
Cette rencontre ne va sans doute pas suffire pour convaincre les partisans de l’EI de revenir sur leur décision.  Un partisan de Daech,cheikh Maamoun Hatem, a même conseillé aux branches d’al-Qaïda au Yémen de prêter allégeance à « l’Etat islamique qui a imposé sa domination sur terre », selon un enregistrement sonore posté sur son compte Twitter.
Il semble qu’al-Qaïda au Yémen ne se laissera pas intimider par les déclarations des partisans de l’Etat Islamique. Qassem Rimi, le commandant militaire d’al-Qaida au Yémen, est fermement déterminé à confronter l’expansion de l’EI. 
Une lutte qui pourrait se révéler plus difficile que prévue, sachant que l’Etat islamique (Daech) est connu pour sa capacité à s’infiltrer dans les rangs des adversaires, enrôler les agents et former des cellules dormantes en attendant le moment décisif.

Le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) craint pour sa survie en Syrie
Le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) est de plus en plus inquiet de l’expansion à ses dépens de l’Etat Islamique.
Après avoir  été chassé de toute la région de l’Est syrien, qui constitue une importante ressource pétrolière et gazière, al-Nosra est actuellement menacé dans la province de Deraa, la plus importante ville contrôlée par lui.
Les dirigeants d’al-Nosra craignent des activités militaires et sécuritaires de Daech dans la région de Bir el-Qassab jusqu’à Lojat aux abords de Deraa. Plusieurs assassinats de dirigeants de groupes armés ont eu lieu récemment dans cette région, alors que des renseignements font état d’une mobilisation militaire en masse de Daech depuis quelques mois.

L’Egypte également sous la menace de l’Etat Islamique
Les prémices d’un conflit armé entre les deux branches jihadistes, al-Qaïda et Daech, apparaissent également dans ce pays le plus peuplé du monde arabe.
On dispose d’informations révélant un rapprochement entre le groupe « les soldats de l’Egypte » (Ajnad Misr en arabe) et le commandement d’al-Qaïda international.
Ce dernier fournirait le soutien nécessaire à Ajnad Misr pour freiner le groupe « Ansar beit el-Maqdess » qui a prêté récemment allégeance à Daech.

Jean René Belliard