28/12/2014

28 décembre 2014 – Nouvelles des guerres contre le jihadisme

On n’a rien vu encore de ce qui se prépare en Libye Toutes les conditions sont réunies pour que ce pays devienne aussi violent que la Syrie ou l’Irak avec une présence accrue des Jihadistes de l’Etat Islamique, obligeant les autres formations islamistes à choisir : soit elles sont avec l’EI soit contre lui. Le risque libyen est d’autant plus important pour la France qu’il voisine des pays avec lesquels Paris a des accords de défense.

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11/11/2014

10 et 11 novembre 2014 – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

Israël et Cisjordanie

Incidents graves en Cisjordanie et Israël
Les attaques palestiniennes contre des Israéliens à Tel-Aviv et en Cisjordanie se multiplient depuis quelques jours.
Deux Palestiniens ont tué, lundi 10 novembre, une jeune Israélienne et un soldat à coups de couteau.
Ce qui est inquiétant pour les autorités sécuritaires israéliennes, c’est le caractère aléatoire et imprévisible des attaques. A noter que Tel-Aviv, qui avait jusqu'alors été épargnée par les violences, a été également prise pour cible. Jusqu’ici, seules la partie palestinienne de Jérusalem-Est et la Cisjordanie avaient été le théâtre de telles attaques. Jérusalem est le théâtre depuis fin octobre 2014 de deux attaques à la voiture-bélier qui ont fait quatre morts. Les deux auteurs palestiniens ont été abattus par des policiers. Au total, les violences ont fait dix morts à Jérusalem depuis juillet.
La Ville sainte est d’ailleurs plongée dans un cycle de violences quotidiennes entre jeunes Palestiniens et policiers israéliens déployés en masse. Les tensions se sont récemment propagées aux villes arabes d'Israël après qu'un jeune qui s'opposait à l'arrestation d'un de ses proches ait été abattu samedi 8 novembre par la police. Son village de Kafr Kanna a d'ailleurs de nouveau été secoué lundi 10 novembre par des affrontements entre Arabes israéliens et policiers. Des heurts ont également été rapportés dans d'autres localités arabes du Nord et du Sud.

Deux attaques mortelles lundi 10 novembre 2014
Une première attaque a eu lieu à Tel-Aviv. Un jeune Palestinien de Cisjordanie a poignardé un sergent israélien âgé de 20 ans, Almog Shiloni, essayant de lui voler son arme. L’attaque a eu lieu près de la gare ferroviaire Agana. L’assaillant, Nour eddine Abou Hashiya (18 ans), a été arrêté dans un immeuble après une courte course-poursuite. Originaire du camp de réfugiés d’Askar de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie, il était entré illégalement en Israël.
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Le sergent Almog Shiloni (20 ans)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La seconde attaque a eu lieu à Gush Etzion en Cisjordanie vers 16H50. Un homme, appelé Maher Hamdi al-Hashlamon, a lancé délibérément sa voiture contre un arrêt de bus près du bloc de colonies de Goush Etzion, au sud de Jérusalem. N’ayant pas réussi à heurter un passant, l’homme est descendu de sa voiture pour poursuivre des passants à pied. Il a réussi à poignarder trois colons, dont une jeune femme de 26 ans, Dahlia Lemkus, qui est décédée, tandis que deux hommes, âgés de 26 et 50 ans, étaient blessés. Un garde de la colonie l'a grièvement blessé par balles. L'assaillant a été identifié par des sources de sécurité palestiniennes comme étant Maher Hamdi al-Hashlamon (25 ans). L’agresseur appartient au Jihad islamique. L’assaillant aurait été libéré d’une prison israélienne il y a cinq ans. Il y purgeait une peine de quatre ans pour activité terroriste.
L’organisation palestinienne a aussitôt fait paraître un communiqué revendiquant l’attaque et affirmant qu’elle était « une réponse du peuple palestinien à l'exécution du martyr Kheir Hamdane », un Arabe israélien tué samedi 8 novembre par les policiers dans le nord d'Israël lors d'une arrestation.
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Dahlia Lemkus (26 ans)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Palestiniens, dénoncent une « exécution de sang-froid ». Des images vidéo de la mort de Kheir Hamdane, 22 ans, ont effectivement été mises en ligne. Elles montrent qu'il a été abattu, semble-t-il sans sommation, de plusieurs balles tirées dans le dos. Les policiers le chargent ensuite sans ménagement dans leur véhicule. Le ministre israélien de la Sécurité intérieure, Yitzhak Aharonovich, a promis une enquête, tout en défendant les policiers. « J'accorde mon soutien total aux policiers qui ont agi pour se défendre et faire échec à une menace », a-t-il affirmé sur la radio militaire.
« Nous traversons des jours difficiles, a jugé le président israélien Reuven Rivlin, une période qui exige de nous force et unité face aux terroristes qui estiment que Jérusalem est illégale, que Tel-Aviv est illégale, que le Goush Etzion est illégal. »

Marwan Barghouti appelle à la résistance contre Israël
Marwan Barghouthi, figure très populaire du Fatah condamné à quatre peines de prison à perpétuité par la justice israélienne pour avoir notamment dirigé la deuxième Intifada (2000-2005), a appelé le président Mahmoud Abbas et les dirigeants palestiniens à soutenir "la résistance armée", dans une lettre publiée mardi par la presse.
Dans une lettre écrite de la prison où il est incarcéré depuis 2002 et publiée à l'occasion du dixième anniversaire de la mort de Yasser Arafat, M. Barghouthi estime que "poursuivre le choix de la résistance globale et armée", c'est "être fidèle à l'héritage d'Arafat, à ses idées et à ses principes pour lesquels des dizaines de milliers sont morts en martyrs".
"Il est impératif d'envisager de nouveau le choix de la résistance comme moyen de vaincre l'occupant" israélien, écrit M. Barghouthi,.
"L'Autorité palestinienne doit revoir ses prérogatives et sa mission (...) et mettre fin immédiatement à la coopération sécuritaire qui conforte l'occupant", a ajouté Marwan Barghouthi.

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Marwan Barghouti










Egypte

L’organisation jihadiste égyptienne Ansar Beit el-Maqdess prête allégeance au califat islamique
Les Jihadistes égyptiens d’Ansar Beït al-Maqdess, qui étaient liés précédemment à Al-Qaïda, ont prêté allégeance, lundi 10 novembre, au califat islamique, selon un enregistrement publié sur le compte Twitter du groupe égyptien.
"Nous annonçons prêter allégeance au calife Ibrahim Ibn Awad... pour écouter et obéir", est-il dit dans cet enregistrement audio, en référence au chef de l’Etat Islamique, Abou Bakr al-Baghdadi.

Front irakien

Une unité des services de renseignement irakiens à l’origine de la frappe contre les dirigeants de l’Etat Islamique
Le ministère de l’intérieur irakien a donné quelques détails sur le bombardement du rassemblement de la réunion des dirigeants de l’Etat Islamique, les noms des participants, et le timing de l’opération qui a correspondu au moment ils se mettaient à table.
Il semble que la réunion avait pour objet une rencontre de dirigeants de l’EI d’Irak et de Syrie, à l’occasion de l’allégeance d’une nouvelle organisation de combattants rebelles ou tribaux.
L’information avait été obtenue par une unité des services de renseignement irakiens.

Noms des dirigeants de l’Etat Islamique tués lors du raid aérien de la coalition internationale
Nous avons reçu une liste de noms des dirigeants de l’Etat Islamique morts dans un raid américain alors qu’ils étaient en réunion à al-Qaïm en Irak.
- Ahmed Awad Al Sulmani.
- Samer Mohammed Mahlawi - L'agent de sécurité de l'organisation pour al-Qaïm.
- Canaan Abboud Mehidi – Le responsable de l'organisation dans la ville de Rawa
- Walid Diab al-Ani - un responsable de l'organisation dans une autre ville
- Abu Zahra Mohammadi - le responsable de l'organisation pour Fourat (les villes de Boukamal (Syrie) et al-Qaim (Irak), ainsi que pour d'autres petites villes de Syrie et d'Irak)
Par ailleurs, le dirigeant de l’EI pour la ville d’al-Qaïm, Abou Anas, a été très grièvement blessé.

Abou Baker al-Baghdadi
La confusion règne toujours sur le sort du calife autoproclamé Abou Baker al-Baghdadi. Le ministère de l’intérieur irakien a prétendu qu’il avait été blessé tandis que le porte-parole du CENTCOM affirmait n’avoir aucune confirmation de la présence du leader de l’EI à l’intérieur de la cible bombardée.
Mais mardi 11 novembre, le compte Twitter al-‘Itisaam, connu pour son affiliation au califat islamique affirmait qu’Abou Baker al-Baghdadi avait été tué au cours du raid et qu’un nouveau calife serait bientôt nommé.
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Le compte Twitter al-‘Itisaam

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il faut encore prendre cette information avec prudence. Le compte Twitter pourrait très bien être un Fake (un faux compte), une opération très facile à mener pour le moindre groupe impliqué dans la guerre cybernétique

La victoire à Jurf al-Sakhr avive les tensions entre Chiites et Sunnites irakiens
Le gouvernement irakien s’est félicité de la reprise de la localité de Jurf al-Sakhr, une région du sud de Bagdad, par les forces irakiennes. Les autorités ont célébré en grande pompe la reprise de la ville des mains des Jihadistes sunnites de l’Etat Islamique.
La satisfaction est loin d’être partagée par la population sunnite de cette région en majorité sunnite. Les habitants ont payé un très lourd tribut lors des combats, et la colère gronde face aux destructions.
« Ils nous ont visés avec des frappes aériennes, de mortier, d'artillerie, de roquettes... C'est pour ça que nous sommes partis », explique Abou Ali, un fermier de 45 ans ayant fui avec sa mère, sa femme et ses deux enfants, interrogé par l'AFP. « C'était devenu un champ de bataille, regrette-t-il. Nous n'avons rien pris avec nous, nous avons couru pour nos vies. » Les maisons et les voitures ont été détruites et les vergers mis à sac. « Il ne reste plus rien », se désole le paysan.
Dans la ville de Jurf al-Sakhr, de nombreux magasins ont été détruits, des façades et des toits éventrés. Plusieur incendies ont été allumés par les miliciens chiites. « Nous avons brûlé les maisons » des jihadistes, explique pour justifier leurs actes un membre de la Kataëb Hezbollah. Les habitants, eux, accusent les miliciens chiites d’avoir volontairement détruit la région et la haine envers eux n’a fait qu’augmenter. Les gens se demandent à quoi rime cette « libération » quand tout a été détruit et brûlé par les milices chiites.
Les murs de la ville libérée ont été couverts de graffitis, la plupart  par les milices chiites. Même les murs de la mosquée ont été tagués de slogans.
La ville reste, de toute façon, dangereuse pour les habitants qui avaient fui les combats et qui doivent faire attention à leur retour. Avant de quitter les lieux, les jihadistes ont piégé les immeubles avec des explosifs qui doivent encore être désamorcés.

Cinquante soldats irakiens déployés dans la province sunnite d’al-Anbar
Cinquante soldats américains sont arrivés dans la province d'Al-Anbar, une province sunnite à l'ouest de l'Irak. Leur mission est d’assister l'armée irakienne en guerre contre le califat islamique.
"Je suis en mesure de confirmer qu'environ 50 soldats américains se trouvent sur la base aérienne d'Al-Assad pour évaluer dans quelle mesure les installations pourront être utilisées comme centre d'assistance et de conseil en soutien aux forces irakiennes de sécurité", a déclaré la capitaine de frégate Elissa Smith, une porte-parole.
Parmi ce contingent, certains soldats assurent la sécurité des experts qui mènent l'évaluation de la base aérienne située en plein désert, a-t-elle dit.
Rappelons que la province d’al-Anbar est entièrement contrôlée par l’Etat Islamique et que seules quelques poches de résistance subsistent encore.
La province a récemment été le théâtre de massacres de membres des tribus en guerre contre l’EI mais la porte-parole américaine, Elissa Smith, a tenu à préciser que "les forces américaines n'armaient pas les tribus de la région, c'est le rôle du gouvernement irakien et des forces irakiennes".

Liban

On reparle des ventes d’armes au Liban
Une ouvelle polémique oppose « souverainistes » et alliés de L’Iran et de la Syrie au Liban.
Cette polémique a été engendrée par un projet de don d’armes au Liban par l’Iran.
Le Liban doit recevoir au début de 2015 des armes françaises achetées par l’Arabie saoudite pour un montant de 3 milliards de dollars US. Il s’agit d’armes destines à la lutte antiterroriste et qui doivent équiper l’armée libanaise.
L’Iran, de son côté, vient de promettre un budget de 45 millions de $ au Liban pour l’achat d'hélicoptères, de chars et autres équipements militaires ainsi que de pièces de rechange pour les armes soviétiques en cours d'usage telles que les chars et les canons.
Le don iranien pose plusieurs problèmes. Un problème politique au Liban, tout d’abord, car il a relancé l’affrontement. On trouve d’un côté les « souverainistes » qui exigent une politique d’indépendance par rapport à la Syrie et à l’Iran. Les partisans de cette politique sont regroupés au sein du « camp du 14 mars ». Le camp adverse est constitué par le « camp du 8 mars » et regroupe plusieurs organisations autour du Hezbollah, telles que le parti du général Michel Aoun, les Druzes du clan Arslane, les partisans druzes de Wiam Wahab, plusieurs partis laïques partisans de la Grande Syrie et même quelques partis sunnites opposés au camp du 14 mars pour les raisons les plus diverses.
Il pose un problème international également. Il y a la résolution 1747 du Conseil de sécurité qui impose un blocus à la république islamique d’Iran et lui interdit, notamment, de vendre ou de transférer des armes vers un Etat tiers. Une délégation des Nations Unies devrait donc, en principe, se rendre à Beyrouth pour vérifier si les armes qui seraient offertes par l’Iran sont conformes à cette résolution.
Les partisans du Camp du 8 mars, qui sont favorables à ce don iranien, affirment que la résolution 1747 ne s’applique pas dans ce cas précis car il ne s’agit pas d’une vente d’rmes mais d’un don.
Il est clair qu’en dehors des considérations sur la résolution de l’ONU, la polémique s’inscrit dans le contexte de la lutte d’influence qui a lieu au Liban entre les forces qui soutiennent l'Arabie saoudite et celles qui se trouvent dans l'axe iranien.

Walid Joumblatt, le leader druze, appelle tous les Druzes à aider la rébellion syrienne
Le chef du Parti socialiste progressiste (PSP), Walid Joumblatt, a appelé lundi les druzes à rompre tout lien avec le régime syrien de Bachar el-Assad et à engager un processus de réconciliation avec les rebelles.
"Les événements dramatiques en Syrie ont mis en lumière une nouvelle fois les desseins du régime qui s'emploie à monter les régions et les confessions les unes contre les autres afin de faire perdurer la crise et se maintenir en place", a affirmé M. Joumblatt dans son éditorial hebdomadaire au journal al-Anbaa, organe de son parti.
"Il est clair que le régime syrien ne se soucie guère des confessions et des communautés et n'hésite pas à les utiliser et à les entrainer dans une guerre d'usure afin de renforcer son emprise sur ce qui reste du territoire syrien", a-t-il ajouté.

Un chef de l’Armée Syrienne Libre capturé au Liban
L’armée libanaise avait arrêté, dimanche 9 novembre 2014, le colonel Abdallah Rifaï, commandant du Conseil Militaire de l’Armée Syrienne Libre. Le colonel Rifaï a été capturé à un check-point de l’armée près d’Ersal (Bekaa) habillé en femme pour passer inaperçu.
L’Armée Syrienne Libre réagissait à cette arrestation lundi 10 novembre et exigeait du gouvernement libanais qu’il libère sans délai le colonel.
"L'armée libanaise est pas notre ennemi", a déclaré l’ASL dans un communiqué mis en ligne sur le site el-Nashra.

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Le colonel Abdallah Rifaï au moment de son arrestation déguisé en femme






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Le colonel Rifaï durant l'annonce de la formation d'un group rebelle dans le Qalamoun - l'homme au centre qui tient le texte de la déclaration








Front syrien

Aïn el-Arab (Kobane en kurde)
Les Unités de protection du peuple kurde (YPG) ont repris mardi 11 novembre 2014 plusieurs rues et bâtiments dans le sud de la ville de Kobané aux Jihadistes de l'État islamique (EI) tandis que l’artillerie kurde bombardait les positions adverses. Les violents combats avaient débuté lundi soir, 10 novembre, et duré toute la nuit. D’autres combats ont eu lieu autour de la mosquée Hajj Rashad et le quartier de la Municipalité. La progression est lente, car les JIhadistes l’Etat Islamique ont miné les maisons avant leur retrait.
Lundi soir, 10 novembre, la coalition internationale a mené trois frappes contre une quinzaine de positions de l'EI dans le sud-est de Kobané.

Le moral en berne chez les Jihadistes du califat islamique
Selon des renseignements en provenance de la place-forte jihadiste de Raqqa, le moral ne serait pas très haut parmi les combattants de l’Etat Islamique sur la défensive tant en Irak qu’en Syrie. Les combattants jihadistes auraient particulièrement été choqués par la résistance farouche des Kurdes de l’YPG à Kobane alors qu’ils pensaient ne faire qu’une bouchée de la ville. L’envoi d’une vingtaine de véhicules kamikazes chargés de puissantes charges d’explosifs n’a pas entamé la défense kurde.
Les commandants de l’EI auraient décidé de mobiliser les combattants dans les provinces de Homs et Hama pour renforcer leur potentiel militaire et compenser les pertes qui seraient importantes en raison des frappes aériennes de la coalition et des combats de rues à Kobane. Une victoire contre l’Armée Arabe Syrienne, pensent-ils, pourrait contribuer à relever le moral des troupes et regagner la sympathie des Sunnites syriens désespérés de ne pas venir à bout de Bachar el-Assad.

Visite du champ gazier d’al-Chaer après sa reprise par l’AAS
Vidéo :
https://www.youtube.com/watch?v=Og2FP2xtnzk&feature=p...

Mystérieux assassinat de cinq ingénieurs nucléaires syriens
Cinq ingénieurs nucléaires ont été assassinés dimanche 9 novembre 2014 à bord de leur bus à la périphérie nord de Damas, près du centre de recherche scientifique où ils travaillaient.
Les informations concernant l’assassinat de ces savants sont contradictoires. Selon certaines sources, ils ont été tués dans l’explosion d’une bombe posée au passage de leur véhicule, et selon d’autres ils ont été tués par des tirs directs.
Pour l’ONG OSDH basé à Londres, "des inconnus ont assassiné cinq ingénieurs travaillant dans l'énergie nucléaire dans le Centre de recherches scientifiques à la périphérie de Barzé dans le nord de Damas".
"Quatre des ingénieurs étaient syriens et l'un était iranien. Leur bus a été pris en embuscade alors qu’ils se rendaient à leur centre de recherches. Leurs assaillants les ont tués par balles", a-t-on ajouté de même source.
Des dizaines de savants nucléaires, spécialistes en balistique, et dans le secteur militaire de la Syrie, ont été assassinés depuis le début des troubles, dans ce pays.
En juillet 2013, six fonctionnaires de ce même centre avaient trouvé la mort dans une attaque au mortier menée.
Le réacteur nucléaire de Jamraya, près de Damas, avait lui aussi été visé par un raid israélien meurtrier le 5 mai 2013.

Bataille du Qalamoun (frontière libano-syrienne)
L'armée syrienne a tué Abou Raad, un commandant du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie), et cinq de ses compagnons alors qu'ils tentaient de s’infiltrer vers Flita dans le Qalamoun.

Les missiles de l’Etat Islamique
Une vidéo impressionnante montrant des Jihadistes de l’Etat Islamique tirant des missiles sur leurs adversaires :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Les Jihadistes de l’Etat Islamique font sauter la grande église arménienne de Deir ez-Zhor
L’Etat Islamique a dynamité la grande église arménienne de Deir el-Zhor. Cette église avait été construite en mémoire du génocide arménien de 1915. Elle contenait des milliers de documents, certains datant de 1841. La plupart contenait l'histore des massacres commis il y a 99 ans.
Le prêtre arménien, responsable du diocèse de Deir el-Zhor, Monseigneur Antranik Ayvazian, avait pourtant reçu des assurances, vers la fin de Septembre 2014, que l’église et ses archives seraient épargnées par les Jihadistes.
Chaque année, le 25 avril, des milliers d'Arméniens se rassemblaient dans l’église de Deir el-Zhor en souvenir du génocide perpétré par les Turcs et qui aurait fait un demi-million de morts.
Le 100e anniversaire du génocide devait être célébré l'année prochaine à Deir ez-Zhor.
La destruction de cette église et de ses archives, qui représentaient la mémoire du peuple arménien et du génocide, laisse penser que l’Etat Islamique se sentait obligé vis-à-vis de la Turquie. Et pour quelle raison si ce n’est en échange d’une assistance en armes et munitions ?

Pakistan

Waziristan
On a moins parlé du Pakistan depuis quelques mois, depuis l’offensive de l’Etat Islamique en Irak en juin 2014. Mais d’intenses opérations militaires se poursuivent dans le Waziristan du nord. Cette région était l’une des places fortes de l’islamisme armé avant l’offensive des forces de sécurité pakistanaises. Aujourd’hui celles-ci contrôlent près de 80% de la région.
L’opération militaire a isolé les groupes jihadistes les uns de autres, détruit les centres de commandement et la structure de l’organisation centrale. En réaction, de nombreux groupes ont annoncé leur allégeance à l’Etat Islamique d’Irak et de Syrie. L’organisation Jihadiste ne pouvait que répondre à ce mouvement et aurait créé, selon les services de renseignement pakistanais, un centre de planification stratégique qui comprendrait dix membres.

Vidéo (langue anglaise)
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=c9b950f6312e

Nucléaire iranien

Point sur le dossier des négociations sur le nucléaire iranien
Les États-Unis et l'Iran ont tenté d'avancer dimanche 9 novembre 2014 à Mascate sur le dossier du nucléaire iranien. Le secrétaire d'État américain John Kerry et son homologue iranien Mohammad Javad Zarif étaient réunis dans la capitale omanaise pour des discussions dirigées par la représentante ad hoc de l'Union européenne Catherine Ashton.
Le président américain, Barack Obama, a toutefois averti qu'il restait un « fossé important » à combler avant la date-butoir du 24 novembre.
La question est de savoir maintenant si nous allons pouvoir combler ce fossé pour que (l'Iran) puisse réintégrer la communauté internationale, que les sanctions soient progressivement levées et que nous ayons des assurances vérifiables et fermes qu'ils ne développent pas la bombe nucléaire », a expliqué le président américain.
« Nous n'y parviendrons peut-être pas », a-t-il reconnu lors d'un entretien diffusé par la chaîne américaine CBS.
« Il y a encore un écart » entre les parties sur ces deux sujets, a déclaré, pour sa part, dimanche 9 novembre M. Zarif, cité par l'agence officielle Irna.
« Si l'autre partie fait preuve de bonne volonté politique, on pourra aboutir à un accord « .
Le ministre des AE iranien doit compter avec la classe politique de son pays. 200 parlementaires ont exigé dimanche 9 novembre que les négociateurs « défendent vigoureusement » les droits nucléaires de l'Iran et garantissent la « levée totale des sanctions ».

Jean René Belliard

 

06/11/2014

Gaza - Les leçons d'un conflit

Observations à propos de la guerre entre Gaza et Israël de l’été 2014
La résistance palestinienne a surpris par sa résilience lors la guerre entre Gaza et Israël au cours de l’été 2014. Les Palestiniens ont réussi à tirer un grand nombre de roquettes, la plupart de fabrication locale (comme les Qassam et les M75), jusqu'au dernier jour de l'opération israélienne « Bordure protectrice ». Tel Aviv et d’autres villes israéliennes étaient prises pour cible par les  roquettes Buraq 70 et Buraq 100 tirées par les Brigades al-Quds.
On peut se poser la question de savoir comment les organisations de la résistance palestinienne, le Hamas et le Jihad islamique, prisonnières à l’intérieur d’un minuscule territoire, ont réussi à développer un tel niveau d’armement. Ceci d’autant plus que l’Egypte et Israël semblaient avoir tout fait pour empêcher la Résistance de se procurer de telles armes.
 
Promesse iranienne
L’Iran avait promis d’aider les Palestiniens de Gaza à s’armer.
“Levez les pieds et vous nous trouverez, comme toujours et pour toujours, dessous, à votre service,” avait déclaré Abu Ali, un commandant des Gardes de la Révolution Iraniens (GRI), à des combattants palestiniens originaires de Gaza au cours d’une session d'entraînement en Iran en 2012.

La Syrie fournissait les laissez-passer
On sait que le Hamas bénéficiait du soutien syrien avant le début de la révolte sunnite contre Bachar el-Assad. Avant 2012 et la rupture entre Damas et le Hamas, les combattants gazaouis avaient l'habitude de passer par la Syrie pour se rendre en Iran. Les autorités de Damas leur fournissaient des laissez-passer sans problème.
Et à leur retour de Téhéran, des voitures les attendaient sur le tarmac de l'aéroport de Damas pour les conduire à leurs bases respectives. Ils n’avaient pas besoin de passer par le contrôle des passeports et des visas.

Les sessions d’entraînement en Iran
A Téhéran, les combattants de la résistance gazaouïe participaient à des sessions d'entraînement  intensives. Ils passaient de nombreux mois à acquérir la connaissance des armes jusqu’à leur expérimentation. Des hélicoptères iraniens HESA les emmenaient sur les sites de tir pour qu'ils puissent se familiariser avec le maniement des diverses armes. Les instructeurs iraniens apprenaient également à leurs stagiaires comment positionner et camoufler les armes pour éviter que l’armée israélienne ne puisse les repérer du ciel ou du sol.

Sessions d’entraînement en Syrie
Avant la guerre civile syrienne, les Gazaouis pouvaient également s’entraîner en Syrie où le Hamas disposait de champs de tir.

Les Iraniens livrent des roquettes démontables à Gaza
Les Iraniens n’ont pas seulement aidé les Palestiniens à s’entraîner sur leurs armes, ils ont également fourni ces armes à la résistance gazaouïe. Mais Téhéran s’est très vite rendu compte que la principale difficulté était de faire entrer des roquettes en contrebande à Gaza, ce qui supposait de faire passer ces armes par les tunnels. Pour tourner la difficulté, les Gardes de la Révolution iraniens ont fabriqué des roquettes démontables. Une autre tactique a été de faire passer des armes par la mer. Mais la marine israélienne veillait au grain. Comme il n’était pas possible d'acheminer des bateaux en secret jusqu’à la côte de Gaza, la solution a consisté à jeter les armes dans des containers à la mer, très loin de la côte. Des plongeurs allaient les récupérer la nuit. Mais là aussi, l’opération était délicate et difficile à organiser d’une façon suffisante pour livrer un grand nombre d’armes. 

Les Gazaouis fabriquent eux-mêmes leurs missiles
C’est pourquoi, à partir de la fin de 2001, les Brigades al-Qassam, l'aile militaire du Hamas, se sont mises à fabriquer elles-mêmes leurs roquettes. A l'époque, ces missiles n'avaient qu'une portée de 15 km et ils tombaient assez souvent à côté de l'endroit d'où ils avaient été tirés ou même explosaient au moment de leur lancement. Ces roquettes étaient uniquement destinées à être tirées sur la colonie de Sderot qui se trouve à 4 kilomètres de la frontière orientale de la bande de Gaza.

Les Gazaouis profitent de l’ouverture de la frontière  sud avec l’Egypte
Mais là encore, le problème était de trouver à Gaza même les composants nécessaires à la fabrication des missiles. A cette époque, il était difficile de se procurer les matières premières indispensables pour la fabrication des armes à Gaza . Mais à partir de 2005, suite au retrait israélien du Corridor de Philadelphie (un secteur où à l’époque les soldats égyptiens n’étaient pas les bienvenus), la frontière sud avec l'Egypte s’est retrouvée plus accessible, ce qui a facilité la contrebande d'armes et de matières premières par les tunnels.

Les tunnels
Les tunnels ont joué un rôle crucial pour l’armement des organisations de la résistance palestinienne à Gaza. Ils permettaient d'acheminer armes et composants du territoire égyptien vers la bande de Gaza.

Les roquettes Fajr-5
Les première roquettes Fajr-5 sont arrivées à Gaza en 2011 et ont été utilisées pour la première fois lors de l'Opération « Colonne de Nuée » en 2012 au cours de laquelle la résistance palestinienne a réussi à bombarder Tel Aviv pour la première fois. A l'époque, Israël avait accusé les Gardes de la Révolution iraniens de fournir des roquettes à la résistance. Le commandant des Gardes de la Révolution Iraniens, Mohammad Ali Jafari, avait confirmé le transfert de roquettes Fajr à la résistance et ajouté qu'il avait l'intention de lui fournir aussi d'autres systèmes de roquettes.
Mais il y avait une limite à la quantité de ces roquettes que la résistance pouvait faire entrer en contrebande. Sans oublier le risque de provoquer un renforcement de la sécurité et donc du blocus, ce qui rendrait la contrebande plus difficile encore.

Les Iraniens apprennent aux Gazaouis à fabriquer eux-mêmes les missiles Fajr
Les Iraniens se sont documentés sur les matières premières disponibles à Gaza ou dans son voisinage. Ces études ont permis aux instructeurs iraniens de mette au point des sessions spéciales d'entraînement à la fabrication de roquettes.

La révolution en Egypte, une aubaine pour la contrebande d'armes 
Selon des sources fiables du Jihad Islamique, la majorité des armes que Gaza a utilisées dans les batailles de 2012 et 2014 étaient arrivées à partir de 2011, c'est-à-dire à partir de l'éclatement de la révolution.  Pendant cette période, les autorités égyptiennes fermaient les yeux sur la contrebande dans le Sinaï qui se faisait avec l'aide des tribus en échange de fortes sommes d'argent.
Un officiel du Hamas a expliqué  que la résistance se mettait d'accord avec les officiers égyptiens sur un certain nombre de jours pendant lesquels les combattants de la résistance pouvaient faire entrer des armes à Gaza sans problème.

La contrebande était plus difficile sous Mohammed Morsi
Selon les sources palestiniennes, la contrebande d'armes a été un peu plus difficile sous Morsi. Par contre il était plus facile aux combattants de passer par l'Egypte pour aller s'entraîner hors de Gaza. On a même dit que le président Morsi fournissait des laissez-passer à certains Gazaouis pour qu'ils ne soient pas harcelés par les services de sécurité à leur sortie de Gaza.

Les Israéliens bombardent les convois et les voies d’approvisionnement
Après la mort de Mouammar Kadhafi et la victoire des milices armées plus ou moins islamistes en Libye, un grand nombre d’armes, parmi lesquelles des armes chimiques, ont été subtilisées des entrepôts militaires. Les services de renseignement israéliens pouvaient craindre, à juste titre, que ces armes prennent le chemin de Gaza ou du Liban pour tomber entre les mains du Hamas ou du Hezbollah. Les agents israéliens ont très vite découvert les routes de contrebande vers Gaza et pris pour cible les convois d'armes et les caches de roquettes. C’est ainsi que vers la fin de 2012, les forces spéciales israéliennes, protégées par la force aérienne de Tsahal, ont détruit un convoi d'armes au Soudan qui était destiné, selon Tel Aviv, à Gaza. Un responsable palestinien en charge du trafic d’armes et un important agent iranien auraient perdu la vie au cours de cette attaque. Les Iraniens ont compris la leçon  Il valait mieux aider les Palestiniens à fabriquer eux-mêmes leurs roquettes sur place, plutôt que de poursuivre les opérations de contrebande.

Ateliers de fabrication de roquettes à Gaza
Téhéran, avec la collaboration du Hezbollah, a aidé les Gazaouis à développer les ateliers de fabrication de roquettes.
Amir Abdul-Lahian, le vice-ministre des Affaires Etrangères iranien, a reconnu que les Gardes de la révolution  avaient transmis la technologie de fabrication des roquettes aux  Palestiniens.

Quels types de roquettes sont fabriquées à Gaza ?
Des discussions ont eu lieu pour savoir quels types de missiles devraient être fabriqués à Gaza. il a été décidé qu’il valait mieux que ces roquettes portent une petite tête explosive pour accroître leur portée, à la fois pour des raisons de tactique militaire et pour des considérations politiques.
L’autre point important était le coût des roquettes. Très vite, il est apparu qu’il y avait une différence de coût entre les roquettes fabriquées localement et celles qu'on acheminait clandestinement d'Iran. Les roquettes de fabrication locale étaient presque aussi puissantes que les roquettes de contrebande et elles coûtaient moins cher. Le coût d'une roquette comme celles qui ont été tirées sur Tel Aviv ne dépasse pas les 5 000 dollars, tandis qu'une roquette de contrebande peut coûter jusqu'à 15.000 dollars.
En ce qui concerne les roquettes de petite portée, le coût d'une roquette de contrebande de type 107 par exemple, s'élève à environ 800 dollars, alors que la même roquette fabriquée localement revient seulement à 110 dollars.

Grand secret
L’autre problème était de garder secrète la localisation des ateliers de fabrication de missiles à Gaza même. Les Palestiniens ont été assez performants en ce qui concerne ce point. La plupart des combattants ne savaient pas où se trouvaient les ateliers de fabrication des roquettes. Certaines factions sont même allées jusqu'à faire en sorte que ceux qui travaillaient dans les ateliers ignoraient la location de leur lieu de travail.
Ce secret a permis à la résistance palestinienne de poursuivre la fabrication des missiles au plus fort de la guerre de l’été 2014. Il restait par contre le délicat problème du transport des roquettes à partir de leurs ateliers de fabrication jusqu'aux plateformes de lancement.

La contrebande n’a pas cessé
La contrebande vers Gaza n'a pas complètement cessé, malgré la fabrication locale de roquettes. La résistance palestinienne garde le secret sur l’ampleur de la contrebande à travers le désert du Sinaï ou par mer.

L’Iran a également fourni des drones
Parmi les matériels acheminés par contrebande, on trouve les drones. Le Jihad Islamique affirme que l'Iran lui a livré trois types de drones. Il s’agissait de drones Ababil UAV. Ces drones n’ont pas été d’une grande utilité au cours de la guerre de juillet 2014 car ils ont été abattus par Tsahal peu de temps après leur décollage.

La guerre entre Gaza et Israël a été utile pour  l’Iran et le Hezbollah
L'Iran, le Hezbollah et même la Syrie ont soigneusement analysé la dernière opération israélienne contre Gaza pour en tirer des leçons sur ce qu'il convient de faire dans le cas d’un conflit avec Israël. Il y a fort à parier que les états-majors ont amélioré leur stratégie et leurs tactiques grâce aux conclusions tirées du conflit.

Jean René Belliard