15/07/2014

Principaux évènements du 15 juillet 2014

Roquettes tirées d'Egypte, quatre blessés à Eilat
Trois roquettes tirées d'Egypte ont fait quatre blessés parmi les habitants d'Eilat, dans le sud israélien, rapportent les services de sécurité de l'Etat hébreu.
Ils disent soupçonner des mouvements islamistes du Sinaï hostiles aux efforts de paix du Caire, qui a proposé l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu entre les forces israéliennes et les mouvements armés de la bande de Gaza en préalable à des négociations séparées.
La station balnéaire située sur le littoral de la Mer rouge n'avait encore essuyé aucun tir depuis le début des hostilités dans l'enclave, mardi 8 juillet, mais des roquettes tirées d'Egypte s'y étaient déjà abattues lors à plusieurs reprises.

Pourquoi le Sinaï ?
Le Sinaï est une péninsule désertique de 60 000 kilomètres carrés dominée par le mont Sainte-Catherine et le Gabal Moussa. 40 000 personnes vivent dans le Sinaï. Il s’agit principalement de tribus dont les chefs ont fait le serment de transformer la région en un émirat islamique indépendant. L’Égypte fait face à une grave crise sécuritaire dans cette région, avec notamment une intensification des activités de groupes radicaux et de nombreuses attaques contre les forces de l’ordre ainsi que contre le gazoduc qui alimente Israël.

Israël, inquiet, avait renforcé sa frontière avec le Sinaï
Israël s’est organisé pour faire face à une détérioration de la sécurité à sa frontière avec le Sinaï égyptien, où les alertes aux attentats et attaques se multiplient ces dernières années. Pourtant, pendant plus de 30 ans, grâce au traité de paix israélo-égyptien de 1979, cette zone frontalière était considérée comme la plus paisible d’Israël. Peu à peu, les alertes sur des projets d’attentat en provenance du Sinaï ont été plus nombreuses qu’à la frontière avec la bande de Gaza contrôlée par le Hamas islamiste palestinien.
Aussi, devant la dégradation de la situation sécuritaire, Israël a construit une imposante barrière de sécurité, dotée de systèmes d’alerte électroniques, courant tout au long des 250 km de la frontière. Il a également déployé le bataillon “Karakal”. Le nom du bataillon a été emprunté à celui d’un lynx du désert. C’est une unité combattante d’élite mixte (hommes/femmes) créée en 2004. Il n’y a pas si longtemps, seuls des réservistes de l’armée et des gardes-frontières patrouillaient le long de cette frontière, et se bornaient à lutter contre les activités illégales des Bédouins du Sinaï ». Aujourd'hui, ce sont des combattants d'élite qui en assurent le contrôle.

Israël a repris ses frappes sur Gaza
L'aviation israélienne a repris, mardi 15 juillet dans l’après-midi, le bombardement de la bande de Gaza après avoir observé une trêve de six heures, rejetée par le mouvement palestinien Hamas.
Une série de frappes a visé l'enclave palestinienne, notamment la ville de Khan Younès (sud) et le quartier de Zeitoun, dans l'est de la ville de Gaza. Quelques minutes avant ces frappes, le porte-parole de l'armée, Peter Lerner, avait indiqué sur son compte Twitter que les bombardements allaient reprendre: "Après six heures de tirs aveugles de roquettes sur Israël, les forces de défense ont repris leurs activités opérationnelles contre le Hamas".
"Après que le Hamas et le Jihad islamique ont rejeté la proposition égyptienne pour un cessez-le-feu et tiré des dizaines de roquettes sur Israël, le Premier ministre et le ministre de la Défense ont décidé d'agir avec fermeté contre des cibles terroristes à Gaza", a indiqué un responsable gouvernemental israélien, s'exprimant sous couvert d'anonymat.
Le gouvernement israélien avait annoncé plus tôt accepter une initiative de cessez-le-feu proposée par l'Egypte et prévoyant une trêve à compter de 06H00 GMT, après une semaine de bombardements de Gaza.
Le Hamas, qui contrôle l'enclave palestinienne, a pour sa part rejeté l'initiative égyptienne. Israël avait averti dans la matinée que son armée "frapperait avec force" le Hamas si les attaques à la roquette continuaient, selon la radio publique.
Les raids israéliens sur le territoire palestinien ont fait près de 200 morts et 1.300 blessés en huit jours, en majorité des civils.

Un civil israélien tué par un tir de mortier près de Gaza
Un civil israélien a été tué mardi 15 juillet au passage d’Erez entre Israël et Gaza.
L’homme, âgé de 38 ans, était venu distribuer de la nourriture aux soldats postés à Erez lorsqu’il a été tué par l'explosion d'un obus de mortier. Un soldat a été légèrement blessé dans le même incident.
La branche armée du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, a revendiqué l'attaque, expliquant avoir tiré "cinq obus de mortier sur des forces armées à la base d'Erez".

Gaza, c’est le retour en force des frères musulmans sur la scène moyen-orientale
Après avoir été éliminé en Egypte, avoir du mal à résister aux coups de boutoir de Daesh en Irak et en Syrie ou à ceux des forces loyalistes, toujours en Syrie, les Frères musulmans ont réussi à réoccuper le devant de la scène moyen orientale à travers le Hamas à Gaza.
C’est aussi la raison pour laquelle la guerre qui oppose Israël et le Hamas a toutes les chances de durer. Pour le Hamas, l’idéal serait de pouvoir résister au moins 34 jours. Pourquoi ce délai ? Tout simplement parce que les chefs de guerre moyen orientaux ont pris l’habitude de se livrer à une sorte de compétition dans leurs affrontements. Or, la précédente guerre qui a opposé Israël à une autre milice arabe a eu lieu en 2006 et a duré 33 jours. C’était la guerre entre l’Etat hébreu et le Hezbollah libanais. Ce serait le rêve de tous les dirigeants du Hamas de faire mieux que le Hezbollah en ce qui concerne la « résistance » à Israël.
C’est aussi la raison pour laquelle il sera difficile à l’Egypte, dans l’état actuel des évènements de convaincre le Hamas d’accepter un cessez-le-feu. Pour l’instant, l’Egypte d’al-Sisi n’est pas l’amie des Gazaouis. Et l’Egypte ne réussira à jouer un rôle de médiateur qu’en échange d’un changement à 90° de ses relations avec le Hamas, ce à quoi l’organisation gazaouie aspire, de toute façon.
Le Hamas ne cèdera qu’en échange d’une modification de la politique sécuritaire menée par les militaires égyptiens contre l’enclave de Gaza. Cela pourrait comprendre l’autorisation donnée au Hamas d’ouvrir à nouveau des tunnels pour les approvisionnements de la bande de Gaza, tunnels qui permet à l’organisation islamiste gazaouie de se procurer les ressources dont il a cruellement besoin. Les Israéliens laisseront peut être rouvrir ces tunnels à la condition qu'un contrôle stricte soit mis en place pour s'assurer qu'aucune arme n'est transportée dans ces tunnels. Aux Egyptiens de savoir s'ils ont la capacité de donner satisfaction à l'Etat hébreu.

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)


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16:02 Publié dans Egypte, Golan, Hamas, Hezbollah, Israel, Sinaï, Syrie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

10/07/2014

L'armée israélienne poursuit son opération "Protective Edge" ("Bordure protectrice" ou צוק איתן en hébreu)

Opération terrestre
L'armée israélienne se prépare à une opération terrestre imminente dans la bande de Gaza.

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21:55 Publié dans Brigades Ezzedine al-Qassam, Gaza, Hamas, Israel | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

Hamas-Israël : Risque d’un conflit long et meurtrier

Absence de médiation extérieure
Le conflit qui a éclaté le 8 juillet 2014 entre le Hamas et Israël risque d’être long et meurtrier car, contrairement à ce qui s’était passé en 2012, aucun pays n’a de prise sur l’organisation islamiste palestinienne. L'Égypte, qui était intervenu comme médiateur lors du précédent conflit entre Israël et le Hamas, a rompu toute relation avec l’organisation islamiste de Gaza depuis la prise de pouvoir par le général Sissi. Et le régime égyptien a fait savoir, la semaine dernière, qu’elle n’avait aucune intention de faire pression sur Israël pour mettre un terme au conflit. Il ne resterait, comme médiateur possible que le Mahmoud Abbas ou la Turquie.

Le Hamas peut résister six semaines
Le Hamas a la capacité militaire de tenir environ six semaines. Son stock d’armement est estimé à 10 000 missiles environ. Il possède quelques missiles capables d’atteindre des objectifs éloignés de 160km au maximum, ce qui met une grande partie du territoire israélien à portée de ses armes. Mais le Hamas est obligé d’utiliser ces missiles de longue portée avec parcimonie car il aura du mal à reconstituer ses stocks en raison du blocus imposé par Israël et l’Egypte. 
Il reste une éventualité (toute théorique) d’une entrée en jeu du Hezbollah, mais l’organisation chiite libanaise est très engagée en Syrie pour se laisser engagée sur un autre front. Quant aux organisations jihadistes libanaises, comme les brigades Abdallah Azzam, il est peu probable que le Hezbollah qui contrôle le Sud Liban les laisse s’approcher de la frontière israélienne pour tirer des missiles. Il semble, cependant, que trois missiles aient été tirés par les Brigades Abdallah Azzam le premier jour du conflit sur le nord d’Israël, mais l’Etat hébreu n’a pas confirmé cette information en provenance d’un correspondant à Beyrouth.

Le Hamas a tout à gagner et plus rien à perdre
Le Hamas est en proie à d’énormes difficultés financières depuis la chute du régime islamiste égyptien de Mohammad Morsi. C’est la raison pour laquelle il s’était récemment rapproché de l’Organisation de Libération Palestinienne (OLP) de Mahmoud Abbas.
Aux abois, le Hamas doit à tout prix obtenir une « victoire », même symbolique, pour retrouver grâce auprès de la population palestinienne, un peu comme le Hezbollah en 2006.

Israël veut la mise hors de combat pure et simple du Hamas
L’Etat hébreu, cette fois, ne lâchera pas facilement sa proie.  Le gouvernement israélien ne peut accepter de voir Tel-Aviv à portée de fusées d’une organisation qu’il considère comme « terroriste ». Il est hors de question, pour Netanyahu, de négocier un cessez-le-feu qui permettrait à l’organisation palestinienne de conserver son stock de roquettes et missiles. Il avait déjà accepté un tel accord, mettant un terme à l’opération « Pilier de la défense » de novembre 2012. Et on a vu le résultat : le Hamas a bientôt repris son harcèlement du sud d’Israël a coup de roquettes et d’obus de mortier.
C’est la raison pour laquelle Israël devrait finalement prendre le risque de lancer une opération terrestre contre le territoire palestinien de Gaza pour le « nettoyer » des infrastructures du Hamas et de ses armements.
Une opération difficile, toutefois, car entrer sur le territoire de Gaza sera extrêmement risqué et couteux  pour les soldats israéliens.

Netanyahu sensible à l’opinion internationale
Pour l’instant, Benyamin Netanyahu n’a pas l’intention de négocier un cessez-le-feu. "Nous ne parlons avec personne en ce moment de cessez-le-feu, ce n'est pas à l'ordre du jour", a déclaré le Premier ministre lors d'une réunion de la commission parlementaire des Affaires étrangères et de la Défense, le 10 juillet.
Mais le premier ministre israélien sait parfaitement qu’à la moindre bavure de l’armée, l’opinion internationale se retournera contre l’Etat hébreu. C’est la raison pour laquelle il affiche une relative modération. Il a, par exemple, refusé de couper l'approvisionnement d'électricité de la bande de Gaza, comme l'exigeaient les "faucons" de son gouvernement ou certains députés de droite et d'extrême droite.. Cet approvisionnement dépend d'Israël "Nous ne pouvons pas nous conduire comme la Russie en Tchétchénie", aurait-il dit, selon le Haaretz.

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

19:17 Publié dans Binyamin Netanyahou, Brigades Abdallah Azzam, Gaza, Hamas, Hezbollah, Israel | Lien permanent | Commentaires (1) | | | | |