23/10/2014

Du 20 au 23 octobre octobre 2014 – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

Iran

L’Iran : puissance régionale
Tandis que l’attention du monde se concentre sur la lutte contre les Jihadistes de l’Etat islamique, un pays avance patiemment ses pions dans la région, au détriment de son ennemi de toujours, le régime wahhabite saoudien. En Irak comme en Syrie, le régime iranien, qui semblait pourtant se trouver sur la défensive au début de l’été suite à la fulgurante offensive des Jihadistes de l’Etat Islamique appuyés par de nombreuses tribus sunnites irakiennes, a réussi à revenir sur le devant de la scène en se posant en rempart contre la menace jihadiste. Les Occidentaux comprennent aujourd’hui l’urgence d’une entente avec Téhéran pour venir à bout du danger islamiste sunnite sans avoir à s’engager directement dans de dangereuses opérations terrestres dans la région. Ils verraient bien les Pasdarans faire le « sale boulot » en lieu et place des Marines. Du coup, l’administration Obama et l’Union européenne ont hâte de trouver rapidement un accord sur le délicat problème du programme nucléaire iranien.

Américains et Européens pressés de conclure un accord sur le nucléaire iranien
Il semble que tous les partenaires de la négociation sur le nucléaire iranien visent à une signature d’un accord avant la fin novembre. C’est le cas de la responsable de la diplomatie européenne, lady Catherine Ashton, dont le mandat expire en novembre et qui aimerait bien inscrire son nom au bas du document. C’est également le cas du président américain qui désirerait conclure avant les élections de mi-mandat qui doivent se dérouler en novembre. C’est enfin le désir des Iraniens qui cherchent à mettre un terme à la grave crise économique provoquée par les sanctions internationales.
Mais l’Iran est l’Iran et tandis que le pouvoir iranien affiche un visage affable vis-à-vis des Occidentaux, il profite en même temps de la situation pour pousser ses pions dans la région partout où il le peut. Car les Ayatollahs iraniens n’oublient par leur objectif final qui est de supplanter le régime wahhabite qui règne sur les lieux saints musulmans.

En Irak, l’Iran sauve la situation
En Irak, tout d’abord, l’Iran n’a rien perdu de son influence. Bien au contraire, les Iraniens profitent de la coalition internationale pour accroître leur influence sur l’armée et les milices chiites. Ce n’est pas un hasard, d’ailleurs, si la première visite du nouveau premier ministre irakien, Haydar al-Abadi, a été pour Téhéran.
La république islamique iranienne a également été la première à venir en aide aux Peshmergas kurdes, alors que les Etats-Unis semblaient hésiter à le faire et la Turquie restait insensible aux appels à l’aide des Kurdes.

L’Iran fortement engagé en Syrie 
En Syrie, le régime de Bachar el-Assad ne tient que grâce à l’intervention de plus en plus directe de l’Iran aux côtés du régime. Par ailleurs, alors que les pays occidentaux pressaient la Turquie d’intervenir pour soutenir les Kurdes syriens menacés par une offensive jihadiste à Kobane, l’Iran, avec la Russie, adressait à Ankara un sérieux avertissement pour  dissuader les Turcs de mener une offensive terrestre en Syrie.

Forte influence de l’Iran à Gaza
Mais là où l’Iran a avancé ses pions, c’est à Gaza et au Yémen. A Gaza, l'Iran a accentué son influence en profitant de la guerre de l’été 2014 entre l’enclave palestinienne et Israël, alors même que l’Egypte et l’Arabie saoudite condamnaient l’action des Palestiniens. Téhéran a affiché son soutien, non seulement au Hamas, mais également au Jihad islamique. Cette dernière organisation est désormais devenue un acteur incontournable sur la scène palestinienne. Et, au cours d’une visite du chef du Jihad islamique à Téhéran, la diplomatie iranienne a même annoncé que la République islamique allait aider les Palestiniens de Cisjordanie à s'armer.

L’Iran progresse au Yémen
C’est au Yémen que la progression de l’influence iranienne est la plus visible…et la plus dangereuse. En effet, les rebelles chiites, les Houthis, soutenus et armés par Téhéran, ont bousculé l’armée et les tribus sunnites pour s’emparer de vastes régions et même de la capitale Sanaa. La guerre sunnites/chiites s’en trouve relancée de plus belle. En effet, les Chiites sont désormais en confrontation directe avec l’Arabie saoudite, leur territoire agrandi étant frontalier avec le royaume saoudien. Ils sont aussi au contact avec les tribus sunnites du Yémen et al-Qaïda dans la Péninsule arabique (AQPA). Ce qui explique la soudaine recrudescence des combats.

Le Liban : prochain théâtre de l’affrontement entre Saoudiens et Iraniens ?
L’Arabie saoudite et les pays du Golfe en général observent avec inquiétude la progression de l’influence iranienne dans la région et se sentent plus ou moins encerclés. Il faut s’attendre à ce qu’ils réagissent contre Téhéran. Il y a un pays où l’affrontement pourrait prendre une forme violente dans un avenir proche : le Liban. Le pays du Cèdre retient son souffle. Il craint que ne se déclenche une nouvelle phase de tensions politiques alors que le pays n’arrive pas, depuis des mois, à élire un président. Les forces de sécurité libanaises multiplient les coups de poing à Tripoli, le Akkar et la Bekaa, arrêtant des hommes armés, libanais et syriens. Mais la multiplication de ces actions irritent la communauté sunnite qui ne voit pas pourquoi l’armée et les Services de renseignement ne font rien contre le Hezbollah qui, lui, est armé jusqu’aux dents. C’est sans doute pour exprimer cette exaspération que le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, membre du parti de Saad Hariri, le Courant du Futur, s’en est pris au Hezbollah et aux Services de renseignement libanais de l’armée lors de la seconde commémoration de l'assassinat du général Wissam el-Hassan.

Turquie

Les Peshmergas transitent par la Turquie vers Kobane
On comprend mieux, à présent, la stratégie de Recep Tayyip Erdogan, le président turc. Ce qu’il veut, c’est la disparition du principal parti kurde syrien, le Parti d'union démocratique (PYD), dont l’YPG est la branche armée. Il l’accuse d'être une "organisation terroriste" liée au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Il n’aurait pas vu d’un mauvais œil les califatistes faire disparaître les combattants de l’YPG de la surface de la terre.
Il l’a affirmé, d’ailleurs, d’une manière crue :
« Je ne comprends pas pourquoi Kobané est d'une importance si stratégique aux yeux des Américains, il n'y a plus aucun civil » dans la ville, a déclaré Erdogan.
Il a également critiqué Washington pour avoir largué, lundi 20 octobre, des armes aux combattants de l’YPG qui résistent à Kobane. Il juge cette décision mauvaise car, pour lui, cela revient à livrer des armes à des « terroristes » alliés au  Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) interdit en Turquie.
Mais devant l’insistance de l’administration Obama et de l’Union européenne, Erdogan a finalement affiné sa stratégie. Puisqu’il ne peut empêcher les Occidentaux de renforcer le potentiel militaire des combattants de l’YPG, il va permettre aux Peshmergas, les combattants de l’Union Patriotique du Kurdistan (UPK), de rejoindre Kobane à travers le territoire turc pour prendre en charge la défense de la ville assiégée et ainsi mettre au pas les Kurdes syriens.
La décision a été annoncée, lundi 20 octobre, par le ministre turc des Affaires étrangères, Mevul Cavusoglu.
"Nous aidons les forces des pechmergas kurdes à franchir la frontière pour aller à Kobane. Nos discussions à ce sujet continuent", a déclaré M. Cavusoglu lors d'une conférence de presse avec son homologue tunisien, Mongi Hamdi.
L’UPK entretient de bonnes relations avec la Turquie, contrairement à l’YPG qui est plutôt alliée au PKK qui, rappelons-le, est un Parti interdit par Ankara.
Le 22 octobre, le Parlement du Kurdistan irakien donnait son feu vert à l'envoi de combattants à Kobane. La décision faisait suite à la décision de la Turquie d'accepter le passage par son territoire des seuls combattants kurdes irakiens, les peshmergas, excluant celui de Kurdes turcs ou d'autres nationalités. Le Parti d'Union Démocatique (PYD), qui représente les Kurdes de Syrie, n'ont pas été dupes du plan d'Erdogan, c'est pourquoi ils ont demandé à l'UPK (Kurdes d'Irak) de limiter à 200 le nombre de Peshmergas engagés dans la défense de Kobane, ce que les Kurdes irakiens ont accepté le 23 octobre.
Les Peshmergas (Kurdes irakiens) n’ont pas tardé à traverser la Turquie pour gagner Kobane à la frontière turco-syrienne comme en témoigne cette vidéo :
https://www.youtube.com/watch?v=Ge1MqCvob7o&feature=p...
Les Peshmergas entrent à Kobane :
https://www.youtube.com/watch?v=WkYbZiJ5Hqo&feature=p...
 
Front syrien

Bataille d’Aïn el-Arab (Kobane en kurde)
A Kobane, les combats se poursuivent sans discontinuer et ont même gagné en intensité à partir du mercredi 22 octobre dans la soirée. De son côté, la coalition internationale continue de bombarder des cibles jihadistes. Près de 150 raids aériens ont été menés autour de Kobane depuis la fin septembre. Les cibles sont des véhicules blindés, des pick-ups et des positions de mortiers.
L’évènement le plus marquant a été le largage par l’armée américaine, le dimanche 19 octobre, d’armes légères, de munitions et du matériel médical aux combattants kurdes de Kobane. Les armes auraient été prises sur les stocks des Peshmergas irakiens et larguées par trois avions cargos C-130 américains qui ont effectué plusieurs largages. Redur Xelil, le porte-parole des Unités de protection du peuple (YPG) a confirmé à l'AFP l'arrivée de ces armes et précisé qu'elles "aideront grandement" et auront "un effet positif" sur les opérations militaires contre l'EI.
« Il semble que la vaste majorité des largages d’armes ait atteint les Kurdes, a indiqué un haut responsable américain, et les C-130 n’ont eu à faire à aucune résistance en Syrie pendant leurs survols, ni à l’entrée ni à la sortie de l’espace aérien. »
Les Américains ont cependant été obligés de détruire une des palettes de matériel qui s'était égarée lors du largage pour éviter qu'elle ne tombe entre les mains des Jihadistes du califat islamique. Il semble que d’autres palettes aient quand même atterri dans des secteurs tenus par les jihadistes si on en croit plusieurs vidéos mises en ligne.
Vidéo d’un largage :
https://www.youtube.com/watch?v=QkhOd6bLDaA&feature=y...
Lors des parachutages d’armements et de munitions aux combattants kurdes par l’armée américaine, quelques unes des caisses ont atterri dans les zones contrôlées par les Jihadistes de l’EI :
https://www.youtube.com/watch?v=yOuPX6z50EM&feature=p...
Par ailleurs, un dépôt d’armes des Kurdes a explosé à Kobane à la suite d’une attaque jihadiste.
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=cb7737d4fc22

Alep
Il apparaît de plus en plus évident que l’armée d’Assad et les milices pro-régime n’ont plus le personnel suffisant pour occuper durablement les régions qu’ils réussissent à capturer des mains des rebelles. Ces derniers continuent, jour après jour, à réduire le potentiel militaire du régime. Et ce ne sont pas les cris de victoire de l’armée assadiste après la prise d’un village ou d’une position rebelle qui change la situation sur le terrain. La plupart du temps, les succès sont obtenus en mettant à profit la division des rebelles entre Armée Syrienne Libre, Front islamique, Front al-Nosra et Jihadistes du califat islamique (Daesh).
Cette vidéo montre un combattant de l’Armée syrienne Libre détruire à l’aide d’un missile antichar TOW un avion L-39 Albatros sur la base aérienne de Nayrab totalement encerclée. Par ailleurs, l'aviation de Bacha el-Assad aurait détruit deux des trois avions en état de voler tombés aux mains des califatistes.
https://www.youtube.com/watch?v=Hmx48qsBQz4&feature=p...

A la frontière jordanienne
Cela fait des mois que les rebelles syriens, regroupés dans le Front Sud (Jabhat al-janoubiya), cherchent à contrôler la bande frontalière avec la Jordanie, au sud de la Syrie. Ils ont pris de nouvelles positions du régime, notamment au sud est de Deraa et le long de l’autoroute Damas-Jordanie :
https://www.youtube.com/watch?v=exE7LmmaifM&feature=p...
et
https://www.youtube.com/watch?v=L-7EXw-Rwjk&feature=p...
et
https://www.youtube.com/watch?v=0MdM4h_OeIc&feature=p...
Finalement, les troupes de Bachar el-Assad ont perdu le contrôle du passage frontière de Nasib avec la Jordanie :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Hauran (Sud ouest de la Syrie)
Un membre de l’Armée Syrienne Libre appelle les soldats d’Assad à se rendre :
https://www.youtube.com/watch?v=cfuTVkxwPqQ&list=UUvQ...
Des membres de la Brigade Tawhid – Kataëb Hauran – pénètrent à l’intérieur de la position al-Miadhan, tenue par l’armée d’Assad, qu’ils viennent de conquérir :
https://www.youtube.com/watch?v=whSH2WxZc7k&list=UUvQ...

Deir ez-Zhor
Les Jihadistes de l’État islamique ont remporté une importante victoire, mardi 21 octobre, sur l’armée assadiste dans la région de Deir ez-Zhor. C’est le premier succès militaire dans ce secteur depuis deux mois. Le groupe jihadiste, qui avait reçu d’importants renforts ces derniers jours, contrôlerait à présent plus de la moitié de la ville de Deir ez-Zhor. La victoire jihadiste a été très coûteuse en hommes et on a appris que quatre Jihadistes "français" originaires de Lunel auraient été tués dans les combats

Front irakien

Bagdad
Un nouvel attentat suicide a ensanglanté Bagdad. L’attentat visait des fidèles à la sortie de la mosquée chiite Husseiniyat al-Khayrat" à l'issue de la prière de la mi-journée à Sinak, un secteur du centre de la capitale. Le bilan des victimes s’élève pour l’instant à onze personnes tuées.

Les jihadistes attaquent la ville de Qara Tapah
Qara Tapah est une ville située au nord-est de Bagdad et à 50 km de la frontière iranienne. Elle est sous le contrôle des Peshmergas kurdes. Sa population est composée d'Arabes, de Kurdes et de Turcomans. La ville a déjà fait l’objet d’une triple attaque à la bombe qui a fait au moins 45 morts le 12 octobre 2014. Les Jihadistes de l’Etat islamique ont lancé une attaque, lundi 20 octobre. L’assaut a eu lieu sur deux fronts soutenu par des bombardements au mortier.
« Nous avons réclamé un soutien aérien de la coalition internationale », a indiqué un responsable local.
Il y aurait déjà une dizaine de victimes tandis que près de 9000 habitants, soit la moitié de la population, fuyaient la ville par crainte d’un encerclement.

Attentat suicide dans la ville sainte chiite de Kerbala
Au moins 22 personnes ont été tuées lorsque des véhicules piégés ont explosé près de sanctuaires chiites à Kerbala, une ville sainte chiite. Aucun groupe n'a encore revendiqué la responsabilité pour ces attentats.
Les attaques ont eu lieu au moment même où le Premier ministre, Haider al-Abadi,  rencontrait le grand ayatollah Ali al-Sistani, le plus haut dignitaire chiite de l'Irak, dans la ville sainte de Najaf. La discussion était une rupture symbolique par rapport à la période où les relations étaient détestables entre Sistani et le prédécesseur de Haider al-Abadi, Nouri Kamal al-Maliki.
 
Barrage de Mossoul
La coalition internationale a du reprendre ses bombardements pour protéger le barrage de Mossoul à nouveau menacé par les Jihadistes de l’Etat islamique.
La coalition emmenée par les Etats-Unis a mené 12 frappes aériennes en 24 heures les 21 et 22 octobre, ce qui a permis de détruire trois véhicules et de repousser un assaut des jihadistes de l'Etat Islamique près du barrage de Mossoul.
Les insurgés "ont mené une offensive près du barrage de Mossoul qui a été repoussée par des frappes américaines et les forces irakiennes", a déclaré le colonel Steven Warren, un porte-parole du ministère américain de la Défense, en évoquant 12 raids aériens.
Le barrage de Mossoul, situé sur le Tigre au nord de l'Irak, est stratégique. Il a été pris par l'EI le 7 août, puis repris par les forces kurdes à la fin du mois d'août.

Front yéménite

La guerre entre les communautés sunnite et chiite prend de l’ampleur au Yémen. De violents affrontements se déroulent actuellement dans la province de Baïda. Ils opposent des combattants d'al-Qaïda, appuyés par des membres des tribus sunnites, aux rebelles chiites qui tentent d'étendre leur emprise territoriale.
On peut se demander comment le Yémen, qui avait entamé un processus de dialogue national et de transition politique en est arrivé à un tel niveau d’anarchie. Et surtout pourquoi l’armée yéménite a été incapable de résister à l’offensive des Houthis chiites ? Il faut se souvenir qu’au moment de la révolution qui a emporté le régime d’Ali Abdallah Saleh, l’ancien président yéménite, l’armée s’est scindée en deux camps, l’un a pris le parti de l’ancien président et l’autre contre. Le résultat est qu’une partie de l’armée a alors quitté la région de Saada, bastion des Houthis chiites, ce qui a laissé ces derniers seuls maîtres de leur région. Ils ont ensuite entamé une série d’offensives dans le but de se présenter en position de force au moment du dialogue national. Et c’est devant la faiblesse de la réaction de l’armée qu’ils se sont alors pris à rêver qu’ils pourraient obtenir plus que de simples ministères dans un futur gouvernement et notamment gagner un accès à la mer rouge.

Iran/Pakistan

L’Iran rappelle le Pakistan à l’ordre
Le commandant en chef adjoint des forces terrestres des Pasdarans (Gardiens de la révolution) en République islamique d'Iran (RII), le général Abdellah Eraghi, a menacé quiconque porterait atteinte à l’intégrité territoriale de l’Iran, visant clairement le Pakistan dont sont parties, récemment plusieurs attaques jihadistes. « La République islamique d’Iran ripostera  à toute agression ennemie en toute légitimité » a-t-il affirmé.
"L’Iran est un pays indépendant qui a coexisté de façon pacifique pendant des siècles avec ses voisins. Toute agression venue des frontières orientale du pays sera repoussée en toute légitimité », a-t-il martelé.
Eraghi faisait mention aux attaques qui ont eu lieu récemment contre des garde-frontières iraniens. Les assaillants venaient du territoire pakistanais.
 « Ces éléments cherchent à faire croire à l'insécurité de nos frontières. Un poste frontalier a été pris pour cible la semaine dernière avant d'être repoussés violemment par les tribus de Sistan, la force al-Qods et les forces des Pasdaran », a-t-il indiqué.

Tunisie

Tunis
Les forces de l'ordre tunisiennes ont échangé, jeudi 23 octobre, des tirs avec des Jihadistes retranchés dans une maison à Oued Ellil, une localité près de Tunis.
"Les forces de l'ordre encerclent une maison à Oued Ellil abritant des éléments terroristes et des échanges de tirs sont en cours", a précisé Mohamed Ali Aroui, le porte-parole du ministère tunisien de l’intérieur, à la radio Mosaïque FM.
Plus tôt dans la matinée, des heurts avaient éclaté entre la police et "deux éléments terroristes" à Kébili (sud), a ajouté M. Aroui, précisant qu'un agent des forces de l'ordre en faction devant une société avait été tué par ces "terroristes" lors des échanges de tirs. Les deux "terroristes", "qui préparaient des opérations dans la région", ont été arrêtés, et deux kalachnikovs ont été saisies, a-t-il ajouté.
Ces violences interviennent à trois jours des élections législatives qui, avec la présidentielle du 23 novembre, sont cruciales pour la stabilité du pays. Les ministères de la Défense et de l'Intérieur ont mis en garde contre des éléments "terroristes" qui visent à entraver ces scrutins.

Pour Rached Ghannouchi la démocratie à la tunisienne est un rempart contre l’EI
Pour Rached Ghannouchi, le chef du parti islamique tunisien Ennahda, un parti d’obédience « frères musulmans », le modèle de transition de la Tunisie vers la démocratie est l'alternative aux groupes extrémistes comme Daesh (EI). C’est ce qu’il a déclaré au cours d’un entretien à l’AFP, mercredi 22 octobre.
"La réussite de l'expérience tunisienne est dans l'intérêt international, surtout dans la lutte contre l'extrémisme et la lutte contre Daesh et ses semblables. »
"Qui veut faire la guerre à l'extrémisme, qu'il lui fasse la guerre avec modération, avec ce modèle tunisien qui réunit islam et laïcité, islam et démocratie, islam et liberté de la femme", a-t-il ajouté.
"L'un des meilleurs moyens de combattre le terrorisme, c'est de propager l'islam modéré parce que le terrorisme se base sur une explication extrémiste de l'islam. Et c'est pourquoi nous, Ennahda, nous sommes les plus dangereux pour le terrorisme, parce que nous les combattons sur leur terrain", a-t-il affirmé, en assurant que "les tueries qu'ils commettent n'ont rien à voir avec le jihad. C'est du terrorisme et du crime".

Cruauté dans le califat islamique

Un régime de terreur s’est abattu sur les régions conquises par l’Etat islamique. Le dernier acte de cruauté en date concerne l’exécution puis la crucifixion, dans le nord de la Syrie, d’un homme accusé d’avoir photographié des installations jihadistes. L’exécution a eu lieu à al-Bab, une ville de la province d'Alep aux mains des califatistes. L'homme a été crucifié sur une croix en fer avec une pancarte autour du cou sur laquelle était inscrit : « Abdallah al-Buchi. Crime : avoir filmé des positions de l'EI pour 500 livres turques (222 USD) par vidéo. » « Jugement : exécution puis crucifixion durant trois jours ».

Les califatistes lapident une femme
Les Jihadistes de l’EI lapident une femme accusée d’on ne sait quoi :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=4d37c8f7e263

Israël

Plusieurs incidents sécuritaires graves en Israël
Le mercredi 22 octobre, à Jérusalem, un Palestinien de 21 ans, Abdelrahmane Shaloudeh, a lancé sa voiture contre un groupe de personnes, qui attendaient à un arrêt de tramway, avant d’essayer de fuir et d'être stoppé par un policier qui a ouvert le feu sur lui, le blessant mortellement. On devait déplorer la mort d’un bébé tandis que neuf personnes étaient blessées dont deux gravement. Pour la police, il s’agit probablement d’une attaque « terroriste ». 

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Abelrahmne Shaloudeh

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par ailleurs, à la frontière avec l’Egypte, deux soldats israéliens ont été blessés par des tirs venus du Sinaï égyptien.
Les deux blessés sont une femme officier et un soldat membres du bataillon Caracal, unité mixte chargée de surveiller cette frontière sensible.
La frontière entre Israël et le Sinaï est longue de 240 km. Cette péninsule désertique est peuplée de 40.000 habitants, principalement des tribus dont les chefs ont fait le serment de transformer la région en émirat islamique indépendant.


Terrorisme jihadiste international

Canada
Le Canada a été frappé par deux attentats en trois jours. Lundi 20 octobre, à Saint-Jean-sur Richelieu, au Québec, un militaire avait été fauché volontairement par un jeune de 25 ans converti à l'islam et « radicalisé », qui a ensuite été abattu par la police. Mais c’est au cœur même de l’Etat, à l’intérieur même du Parlement d’Ottawa qu’un ou plusieurs terroristes ont à nouveau frappé, plongeant le pays dans l’incrédulité. 

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Un peu avant 10h00 (14h00 GMT), mercredi 22 octobre, l'un des deux militaires postés devant le monument aux morts d’Ottawa a été tué par balles par un terroriste jihadiste. Un garde de la sécurité du Parlement était également blessé, un peu plus tard, lorsqu'une fusillade a éclaté à l'intérieur de l'édifice. Le centre-ville d'Ottawa était aussitôt investi par des centaines de policiers et commandos lourdement armés, soutenus par des véhicules blindés légers.
Les habitants du centre d'Ottawa recevaient pour consigne de s'éloigner des fenêtres car, affirmait la Gendarmerie royale du Canada, un tireur s'était « probablement » retranché sur le toit du Parlement.
Des témoins rapportaient avoir vu un ou plusieurs tireurs faire feu sur l'un des deux soldats stationnés devant le monument aux morts, avant de s'emparer d'un véhicule officiel pour approcher des portes du Parlement, un périmètre uniquement réservé aux véhicules autorisés et de police. Peu après, une forte détonation a été entendue, aussitôt suivie d'un tir nourri des policiers. Les échanges de coups de feu ont duré plusieurs minutes et se sont soldés par la mort d’un terroriste.
L'auteur de l'attaque du lundi 20 octobre avait été identifié par les services de renseignement comme faisant partie des 90 Canadiens présents sur le sol national et soupçonnés de vouloir fomenter des attentats. Sur ces 90 individus suivis par les autorités, 80 étaient revenus récemment de zones de guerre, et plus spécialement d'Irak et de Syrie, avait indiqué au début du mois d'octobre le gouvernement canadien. Le Jihadiste décédé à l’intérieur du Parlement canadien s’appelle Michael Zehaf-Bibeau âgé de 32 ans.
Le père de ce terroriste serait libyen ou algérien et sa mère canadienne. Il était considéré par les services de renseignements comme un « voyageur à haut risque » et s’était fait retirer récemment son passeport pour cette raison.
Il avait eu plusieurs fois maille à partir avec la justice avant de recevoir une médaille pour exemple de réinsertion. Il avait été condamné à deux ans de prison pour vol et possession d'armes en 2003. Il serait également poursuivi pour possession de stupéfiants. Cet homme se serait ensuite converti à l’islam radical. 

France

Lunel
Quatre Jihadistes « français », originaires de Lunel et âgés entre 20 et 30 ans, sont morts le 17 octobre dans des combats contre l’armée syrienne à Deir ez-Zhor. Trois d’entre eux sont décédés lors d’un bombardement. Un quatrième est mort à l’hôpital.
D’après la famille de l’un de ces jihadistes contactée par Libération, leur fils, converti à l’islam, aurait été envoyé en première ligne contre des unités de l’armée syrienne assiégées par l’Etat islamique. La nouvelle de leur décès et des photos des corps ont été transmises via les réseaux sociaux par leurs compagnes. Les quatre hommes faisaient partie d’un groupe d’une dizaine d’habitants de Lunel et de sa région partis faire le jihad en Syrie.
Il semble que l'un des Jihadistes "français" utilisaient le nom de guerre de Mohammed al-Masri.
Il aurait eu le compte twitter suivant :
https://twitter.com/Muhammad_masry4
Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, ces quatre morts portent à quarante le nombre de jihadistes français morts en Syrie.
La France fournit le plus gros contingent de jihadistes européens au Moyen-Orient avec un millier de recrues environ.

Pétrole

Christophe de Margerie : Un décès qui pourrait arranger certains
Un rappel : Christophe de Margerie, le patron de Total tué dans un accident d’avion à Moscou le 21 octobre, faisait partie des opposants aux sanctions pétrolières contre l'Iran. Les ressources pétrolières iraniennes et irakiennes occupaient une place de choix dans la stratégie de Total. Christophe de Margerie a mis d'ailleurs de la mauvaise volonté à se soumettre au régime des sanctions décidées par les Etats Unis contre l'Iran. Par ailleurs, de Margerie demandait à ce que les pourparlers Iran/5+1 aboutissent pour pouvoir accéder à nouveau aux énormes richesses pétrolières d’Iran. CQFS

Jean René Belliard

 

17/09/2014

17 septembre - guerres moyen orientales

Un accord entre Américains et Russes contre l’Etat Islamique ?
Frapper les jihadistes du califat islamique en Syrie pose un problème juridique international en l’absence d’un accord avec le gouvernement de Damas. Il semble que le président Obama hésiterait devant ces problèmes juridiques qui tomberaient très mal à un moment ou Américains et Européens sont montés sur leurs grands chevaux pour condamner l’action russe en Ukraine.
Mais il y a une solution. Des discussions auraient eu lieu, en marge de la conférence internationale de Paris sur l’Irak, entre les Etats-Unis et la Russie. On aurait parlé d’un partage des rôles dans la lutte contre le terrorisme.
Selon le site d'information Hadath News, Washington aurait proposé aux russes de limiter ses frappes aériennes contre les jihadistes de l’EI à l’Irak, tandis que Moscou aurait pour mission de frapper les mêmes Jihadistes de l’EI et du Front al-Nosra (al-Qaïda) en Syrie. Cela serait d’autant plus facile que les Russes disposent  de bases militaires sur la côte syrienne, et ses avions sont en sécurité dans l'espace aérien syrien.
Les Iraniens auraient accepté ce « deal » américano-russe, sachant qu’ils pourraient apporter à la coalition les moyens de lutte au sol en Irak, ce que s’interdit de faire Barak Obama.
Si Moscou soutient la résolution américaine au Conseil de sécurité des Nations unies sur les terroristes étrangers, cela voudra dire que les informations étaient exactes et qu’un accord a bien été trouvé entre les deux grandes puissances. Il semble que les Russes seraient prêts à soutenir et approuver cette résolution à condition que son champ d'application se limite au Moyen-Orient et à l'Afrique du Nord. La résolution pourrait être présentée au Conseil de sécurité le 24 ou 25 septembre.
Pour les Russes, il est important d’empêcher les Islamistes, parmi lesquels de nombreux Tchétchènes, de créer un califat en Irak et en Syrie: "Les leaders de l'EI ne doivent se faire aucune illusion - ils ne représentent pas l'islam, on ne les laissera jamais créer leur propre Etat", a  déclaré Sergueï Lavrov, le ministre russe des AE.
L’accord américano-russe signifierait que les Américains abandonnent les rebelles syriens au milieu du guet pour la seconde fois. Le renversement de Bachar el-Assad n’est plus à l’ordre du jour. Menace terroriste oblige.  Sergueï Lavrov n’a pas manqué de rappeler, d’ailleurs, que l'opposition au terrorisme ne devait pas "être sacrifiée aux volontés de renversement d'un régime dans tel ou tel pays". Le ministre a cité deux exemples des conséquences négatives de tels choix stratégiques: "Ce fut le cas en Libye quand certains pays (de l'UE) ont fermé les yeux sur le renforcement des extrémistes pendant la lutte pour renverser Kadhafi, en leur fournissant des armes et se rangeant de leur côté dans le conflit. Nous voyons quelles conséquences cette politique indifférente a eues pour la Libye et le Mali".
Sergueï Lavrov s’est naturellement fait un plaisir de rappeler qu’il serait temps de faire preuve d'une "véritable cohésion, sans laisser les autres différends"– Ukraine comprise – "nuire à l'efficacité des actions conjointes pour lutter contre le terrorisme". "Les extrémistes chercheront à profiter des divergences de nos positions pour nous diviser", a averti le ministre russe. Lavrov a rappelé que la Russie apportait déjà une assistance militaire, notamment militaire, à l'Irak et à la Syrie et s’est dite prête à participer à la lutte internationale contre le terrorisme.

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21/08/2014

21 août : Point sur les guerres du Moyen Orient

Barack Obama s'apprête à s’engager un peu plus en Irak
Le président américain, Barack Obama, semble être sur le point de suivre les recommandations du Pentagone d’étendre la zone autorisée pour les frappes aériennes à l’ouest et au nord de l’Irak.
Une vidéo de l’assassinat par décapitation d’un journaliste américain, James Foley, mardi 19 août, a donné l’occasion au Président américain de porter une condamnation sans appel aux Jihadistes de l’EI :
« L’Etat Islamique n’a pas sa place au XXIème siècle. » Il a appelé les alliés à l’aider à combattre les Jihadistes de l’EI pour "extraire ce cancer afin qu'il ne se répande pas".
"L'EI ne parle au nom d'aucune religion. Aucune religion ne dit de massacrer des innocents. Leur idéologie est creuse", a affirmé Obama.
"Ils ont saccagé des villes et des villages, tuant des civils innocents et non armés dans des actes de violence d'une grande lâcheté", a poursuivi M. Obama, lors d'une allocution  depuis Edgartown, dans le Massachusetts.
"Ils ont enlevé des femmes les soumettant à la torture, au viol, à l'esclavage. Ils ont assassiné des musulmans - aussi bien sunnites que chiites - par milliers. Ils s'en sont pris aux Chrétiens et aux minorités religieuses", a-t-il poursuivi
"Nous serons vigilants et implacables. Quand des Américains sont visés quelque part, nous faisons ce qui est nécessaire pour que justice soit faite", a-t-il mis en garde, appelant à "un rejet clair de ce type d'idéologies nihilistes".

Une vidéo de l'assassinat de James Foley qui pose des questions
Il y a cependant des doutes quant à cette vidéo. il pourrait s'agir d'un montage. En effet, l’analyse du film montre des invraisemblances et l’utilisation de Photoshop qui pourrait amener à la conclusion que James Foley n’a peut être pas été décapité ou en tout cas qu’il n’a pas été exécuté comme la vidéo le prétend. On pourra fournir le film de l’analyse de la vidéo sur demande seulement. A chacun de se faire une opinion en regardant l’analyse des images.

Alors pourquoi cette vidéo et pourquoi le bourreau parle-t-il avec un parfait accent britannique ?
La condamnation américaine a été rapidement suivie de celle du premier ministre britannique, David Cameron. Car le bourreau supposé parlait sur la vidéo avec un accent anglais parfait.
"Nous n'avons pas encore identifié l'individu responsable de cet acte, mais pour autant qu'on puisse en juger, il paraît de plus en plus probable qu'il s'agisse d'un ressortissant britannique", a dit aussitôt David Cameron.
"Permettez-moi de condamner l'acte barbare et brutal qui s'est produit, et permettez-moi de clairement dire qu'il s'agit là d'un meurtre, d'un meurtre sans justification aucune" a déclaré le premier ministre aux journalistes massés devant le 10, Downing street.
"C'est profondément choquant. Mais nous savons qu'un bien trop grand nombre de citoyens britanniques a voyagé en Irak et en Syrie pour s'adonner à l'extrémisme et à la violence", a-t-il poursuivi.
"Notre devoir, c'est de redoubler d'efforts pour empêcher nos concitoyens de partir là-bas", a-t-il dit.

L’intervention américaine pour aider les Kurdes à libérer le barrage de Mossoul va servir d’exemple
L’aide apportée par l’armée de l’air américaine aux Peshmergas pour qu’ils libèrent le barrage de Mossoul s’est soldé par un réel succès. Les Jihadistes de l’Etat Islamique ont été défaits et contraints d’abandonner le barrage de Mossoul.
L’Etat-major américain propose désormais de se servir de cette intervention comme modèle pour de futures opérations contre les Jihadistes de l’Etat Islamique. Le modèle consiste à allier la puissance aérienne américaine massive à des forces locales sur le terrain. Ce schéma a toutes les chances de parfaitement fonctionner en Irak mais pas en Syrie. En Irak, l’administration américaine peut compter sur les Kurdes, sur de nombreuses tribus sunnites hostiles à l’Etat Islamique et sur le nouveau premier ministre irakien, Haïdar Abadi sur lequel l’administration Obama nourrit l’espoir qu’il renouera le dialogue avec les Kurdes et les Sunnites. Alors que les Américains rechignaient à se porter au secours des Chiites menacés par les Jihadistes de l’EI tant que Nouri al-Maliki s’accrochait au pouvoir, les Chiites espèrent que les Américains viendront à leur aide comme ils l’ont fait pour les Kurdes à présent que Nouri al-Maliki à été évincé du pouvoir.
«Nous avons besoin de l'appui de la force aérienne, en plus de la logistique et de la coordination du renseignement. Le Gouvernement central irakien a demandé ce soutien et nous nous attendons à ce qu’il vienne bientôt ", a déclaré Khaled Al Assadi, un politicien chiite irakien.
En attendant l’extension des frappes américaines à d’autres régions irakiennes, l’armée de l’air U.S. a procédé à 14 nouvelles frappes aériennes contre l'Etat islamique dans le nord de l'Irak a annoncé mercredi 20 août le commandement militaire américain qui couvre le Moyen-Orient et l'Asie centrale.
Les bombardements, menés à l'aide de chasseurs et de drones, se sont concentrés aux alentours du barrage de Mossoul. Ils ont permis de  détruire "six (véhicules de transport) Humvee, trois positions d'engins explosifs improvisés, un tube de mortier et deux camions armés", a précisé le Centcom.

Une solution politique voulue par les Américains en Irak
Grâce au remplacement de Nouri al-Maliki par Haïdar Abadi au poste de premier ministre, une solution politique existe désormais en Irak, ce qui n’est pas le cas de la Syrie où Bachar el-Assad n’a aucune intention de passer la main à un successeur plus à même de négocier une solution politique avec les insurgés. Une telle solution permettrait pourtant de porter l’essentiel de l’effort militaire contre les Jihadistes de l’EI qui menacent les uns et les autres.

La faiblesse du schéma américain
C’est précisément la faiblesse du schéma américain au Moyen Orient : Les Jihadistes de l’EI ont compris qu’ils devaient à tout prix se constituer une place-forte dans le nord de la Syrie alors que la puissance américaine s’interdisait de les y poursuivre. Le combat est donc inégal pour les Etats-Unis. C’est un schéma identique à celui qui existait au temps de la guerre du Viet Nam lorsque les Marines ne pouvaient poursuivre leurs adversaires au nord du XVIIème parallèle.

Front syrien

Compte tenu de ce qui a été écrit plus haut, les Jihadistes de l’EI font tout pour renforcer leurs positions dans le nord et l’est de la Syrie.
 
Daech (Etat Islamique) compterait 50 000 combattants
En Syrie, la puissance de l’EI ne cesse de se renforcer. Le nombre de Jihadistes enrôlés par l'Etat islamique (EI) aurait dépassé les 50 000 combattants rien qu’en Syrie. Les succès de l’EI en Irak et en Syrie attirent naturellement de nombreux Islamistes. C’est ainsi que 6000 nouvelles recrues auraient rejoint l’EI en juillet.
"Le nombre des combattants de l'EI a dépassé les 50 000 en Syrie, dont plus de 20 000 non Syriens", a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH (Observatoire syrien des droits de l’homme). "Juillet a été le mois où il y a eu le plus de recrutement" depuis l'apparition de ce groupe en Syrie en 2013, avec plus de 6000 nouveaux combattants. Parmi eux "au moins 5000 combattants syriens ont rejoint les camps de l'EI à Raqqa et Alep (nord)", selon M. Abdel Rahmane, précisant que 800 d'entre eux étaient d'ex-rebelles, tandis que les autres n'ont jamais porté d'armes.
Outre les 5000 Syriens, l'EI a recruté en juillet "près de 1100 étrangers, dont des Tchéchènes, des Européens, des Arabes, des asiatiques ainsi que des musulmans de Chine" venus en grande majorité à partir de la Turquie, précise-t-il.  A ceux-là s'ajoutent 200 jihadistes qui avaient quitté les rangs du Front Al-Nosra, la branche syrienne d'el-Qaëda.
 
La bataille de Marea proche de la frontière turque
Après une série de victoires rapides par les jihadistes de l'État islamique dans le nord de la province d'Alep, les insurgés anti-jihadistes tentent d'établir une ligne de défense près de la ville clé de Marea.
Marea est une base pour les activités des insurgés anti-jihadistes au nord-ouest de la Syrie. Les Jihadistes progressent vers Marea et Azaz depuis la semaine dernière après avoir capturé plusieurs localités comme les villes de Dabiq et Akhtarin. Ils ont encore pris plus de trois villages proches de Marea, tandis que l'opposition essayait d’acheminer des renforts de l'ouest de la province d'Alep et de la province voisine d'Edleb.
Un commandement unifié a été établi par le Front islamique (soutenu par l’Arabie saoudite), l'Armée syrienne libre, et le Front révolutionnaire syrien pour lutter contre les Jihadistes de l’EI. Toutefois, on craint que les insurgés qui luttent contre l’EI manquent de munitions. Les responsables du commandement unifié espère que le Front révolutionnaire syrien ouvre les portes de ses énormes stocks d'armes – et que la Turquie les approvisionne en matériel militaire.
La Coalition nationale syrienne, l'organisation d'opposition basée à l'extérieur du pays, a exhorté la communauté internationale à "soutenir rapidement l'Armée syrienne libre en armes et munitions" de sorte qu'elle puisse "défendre son peuple". Elle est allée plus loin en demandant à la communauté "d'utiliser la force aérienne américaine, ou ceux de tout autre pays" pour soutenir les insurgés.

Les forces de Bachar el-Assad tentent de s’accrocher à leur dernier bastion dans la région de Raqqa
Les Jihadistes de l'EI cherchent également à chasser les soldats d'Assad de la province de Raqqa qu'ils veulent transformer en place-forte de leur califat. Des combats faisaient rage mercredi 20 août entre les jihadistes de l'Etat islamique (EI) et l'armée syrienne qui tente de défendre l’aéroport de Tabqa, son dernier bastion dans la province septentrionale de Raqqa. Les combats pour l’aéroport militaire se sont nettement intensifiés depuis mardi soir 19 août. L’assaut jihadiste concernerait la partie sud de l’aéroport.
Les Jihadistes de l’EI utilisent un grand nombre d’armes lourdes et moyennes qu’ils ont récupérées dans les dépôts de l’armée irakienne en fuite au cours de leur offensive de juin 2014. L’armée de Bachar el-Assad réplique par d’intenses bombardements aériens et par de nombreux tirs de missiles. Depuis mercredi matin 20 août l'aviation syrienne a lancé 15 raids sur les environs de Tabqa.
Comme toujours, la rage islamiste se déverse sur  Twitter où on peut lire des messages comme :
"Les lions de l'EI ont annoncé une guerre sans merci, il est temps de décapiter les têtes des Nussairis", dénomination péjorative utilisée par des extrémistes pour désigner les Alaouites.
Ou encore :
"L'EI va purifier l'aéroport de Tabqa des restes des Nussairis".

Combats également entre Kurdes syriens et les Jihadistes de l’EI
Des affrontements opposaient mercredi 20 août dans la province de Hassaké (nord-est syrien) des combattants kurdes à ceux de l'EI.
Les combattants de l'EI auraient occupé le 19 août le le village de Jazaa proche de la frontière syro-irakienne. Les combats ont fait 10 morts parmi les combattants kurdes et 4 parmi les jihadistes.

On l’avait oublié, mais les combats se poursuivent toujours entre l’Armée Syrienne Libre et les soldats d’Assad :

Alep
Des centaines de membres de la Brigade al-Tawhid ont rejoint les insurgés pour défendre Alep à la fois contre l’armée d’Assad et les Jihadistes de l’Etat Islamique qui grignotent inexorablement du terrain dans la grande ville du nord.
Les insurgés ont fait exploser un bâtiment où étaient retranchés des soldats d’Assad dans le quartier de Salah ed-Dine :
https://www.youtube.com/watch?v=Wq5TCd_OrDg&list=UUni...

Hama – Front central
Les insurgés sunnites ne sont plus qu’à trois kilomètres de l’aéroport militaire de Hama
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Deraa (Sud – proche de la frontière jordanienne)
Visite d’une position de l’armée de Bachar el-Assad à Nava, près de la ville de Deraa. Ce qui est intéressant dans cette vidéo c’est la façon dont les soldats, engagés depuis de longs mois dans les combats se creusent la tête  pour inventer toutes sortes de moyens pour surprendre et tuer leurs adversaires :
http://www.liveleak.com/view?i=942_1408364750
En attendant, les hélicoptères de l’armée d’Assad poursuivent leurs bombardements des quartiers de la ville de Deraa aux barils d’explosifs qui font des dégâts considérables et un grand nombre de victimes :
https://www.youtube.com/watch?v=KEiLeYNknK4&feature=p...
Reste d’un baril d’explosifs qui n’a pas explosé
https://www.youtube.com/watch?v=xTOz9bvB0OM&feature=p...

Qalamoun – Proche de la frontière libanaise
La brigade 155 de l’armée d’Assad tire un missile SCUD sur une position des insurgés :
https://www.youtube.com/watch?v=ImSc-DBlZ0c&feature=p...

Front irakien

Bataille entre Kurdes et Jihadistes de l’Etat Islamique (Daech) :
Un Jihadiste prisonnier des Peshmergas est amené dans un véhicule (Vidéo de l’armée kurde) :
https://www.youtube.com/watch?v=YF2uaBarwJM&feature=p...

Echec de l’armée irakienne à Tikrit
Cela fait au moins deux mois que l’armée irakienne tente de reprendre Tikrit. Ses précédentes tentatives se sont soldées par des échecs.
Mardi 19 août, un nouvel assaut était mené par les forces irakiennes aidées par des miliciens chiites.
"L'armée irakienne et des volontaires (chiites), appuyés par des hélicoptères irakiens, participent" à l'opération destinée à reprendre Tikrit, l'ancien fief de Saddam Hussein, tombée le 11 juin entre les mains des insurgés sunnites, a indiqué un haut responsable militaire à l'AFP.
L’assaut sera de courte durée. Une forte résistance des Jihadistes de l’Etat Islamique ont obligé l’armée à interrompre son offensive après une progression assez rapide au début. Les Islamistes sunnites ont soumis les forces gouvernementales à un tir de barrage de mortiers et de mitrailleuses lourdes au sud de la ville, tandis qu'à l'Ouest, leur avancée était bloquée par la présence de tireurs embusqués et de champs de mines.

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)