23/06/2014

Les incidents se multiplient dans le Golan ?

Le Golan était l’une des frontières les plus calmes d’Israël depuis la guerre israélo-arabe de 1973. Rares étaient les incidents signalés. Ce n’est plus le cas depuis 2012 comme en témoigne la liste des incidents ci-après.
Israël a cherché récemment à équiper une unité de rebelles syriens pour protéger le Golan à partir du côté syrien de la frontière. Il s’agit de la brigade d'al-Harameïn al-Charifeïn dirigée par le capitaine dissident Charif Saffouri.  Mais Israël a du mettre en sourdine cette opération en raison de l’hostilité de pays arabes comme la Jordanie et l’Arabie saoudite qui craignaient que cela n’ait des répercussions négatives sur la motivation des rebelles engagés au sud de la Syrie avec l’assistance de ces pays mêmes arabes, un argument auquel les Américains n’auraient pas été insensibles. Il aurait été facile pour le régime syrien d’utiliser l’assistance fournie par Israël pour démontrer que la rébellion trahissait les Arabes. Les Américains ont convaincu les Israéliens de mettre un terme à ce projet. Depuis, l’armée de Bachar el-Assad et le Hezbollah ont réussi à reprendre du terrain en direction du Golan.

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16:21 Publié dans Golan, Israel | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

07/06/2014

Une petite unité du Hezbollah prend pied sur le Golan

Le Hezbollah aide le régime syrien a reprendre Quneitra

Une petite unité  du Hezbollah a pris position jeudi 5 Juin sur le côté syrien du Golan, à proximité de Quneitra et faisant face directement à l’armée israélienne. C’est la première fois que des miliciens du Hezbollah pénètrent au Golan à proximité immédiate des positions militaires israéliennes.
Ces éléments sont peut être une petite avant-garde d'une force plus importante du Hezbollah destinée à faire pencher la balance en faveur des forces du régime engagées depuis un mois dans des combats avec les rebelles syriens pour le contrôle de Quneitra. Damas attache en effet une grande importance stratégique à cette localité. 

Nasrallah se vante de faire peur à Israël
Ce mouvement du Hezbollah est sans doute en rapport  avec le discours que Hassan Nasrallah a fait le vendredi  6 Juin. Dans ce discours, il a félicité Bachar el-Assad pour sa réélection et il s’est vanté du fait que le Hezbollah inspirait la peur à l’armée israélienne. 
L’arrivée en force des éléments du Hezbollah font craindre, en effet, aux stratèges israéliens de l’ouverture d’un second front en cas de guerre entre Israël et la formation chiite.

Les Etats-Unis prêts à dialoguer avec le Hezbollah
La montée en puissance du Hezbollah, les menaces qu’il fait peser sur la paix régionale ont convaincu les Etats-Unis qu’il était peut être temps d’ouvrir un dialogue avec la milice chiite.
« L'Iran, la Russie et le Hezbollah doivent s'engager dans un effort légitime pour mettre fin à cette guerre», a déclaré John Kerry, le secrétaire d’Etat américain lors de son passage à Beyrouth, le 4 juin 2014.
 C'est la première fois qu'un secrétaire d'Etat américain a explicitement invité le Hezbollah, dont les forces se battent en Syrie sous le commandement iranien, de faire partie de la recherche d'une solution politique de la guerre syrienne et acceptait l'axe Moscou-Téhéran-Beyrouth en tant que partenaire essentiel dans cet effort. Jusqu'à présent, John Kerry avait toujours insisté pour écarter l'Iran et le Hezbollah des sur la crise syrienne.

L'Etat hébreu n'apprécie pas les déclarations de John Kerry
La déclaration de John Kerry n’a pas été appréciée, naturellement par l’Etat hébreu.  Pour Israël, le Hezbollah est la plus violente et radicale des organisations terroristes du Moyen-Orient. Décidément, Tel Aviv avale bien des couleuvres actuellement, entre l’ouverture faite à l'Iran et au Hezbollah et la volonté de l'administration américaine de maintenir les contacts avec le gouvernement palestinien d'union nationale soutenu à fond par le Hamas.
Il y a fort à parier que Benyamin Netanyahou, le premier ministre israélien, rameute le lobby juif américain (AIPAC) pour contrer la politique d’ouverture américaine. L’objectif est d’obtenir une loi interdisant la poursuite de l'aide financière des États-Unis d'environ 500.000 dollars par an au gouvernement de Ramallah, auquel participe maintenant le Hamas.
Il y a peu de chances, cependant, que le lobby réussisse à convaincre le Congrès de décider d’interdire cette aide et, le président Obama a suffisamment de moyens juridiques pour contourner une éventuelle décision dans ce sens.

jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

17:39 Publié dans Binyamin Netanyahou, Etats-Unis, Golan, Hezbollah, Iran, Israel, John Kerry, Liban, Syrie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |