05/09/2014

5 septembre 2014 – Guerre contre l’Etat Islamique

Front irakien

Un changement de politique de la part du régime iranien ?
Si l’on en croit la BBC en langue perse, le guide suprême iranien aurait approuvé le principe d’une coopération avec les Etats-Unis dans la lutte contre l'Etat islamique en Irak.
Jusqu’ici, l'Ayatollah Khamenei avait fermement opposé son veto à une proposition de coopération avec les Etats-Unis faite par le président Rohani, pour faire face à la capture de Mossoul et Tikrit par les Jihadistes de l'État islamique en juin 2014.
L’Ayatohhal Khamenei avait régulièrement accusé les États-Unis d’avoir contribué à créer la menace jihadiste.
Cependant, selon la BBC,  le chef suprême aurait autorisé les Gardiens de la Révolution à coordonner leurs opérations militaires avec les États-Unis, ainsi qu’avec les forces irakiennes et les combattants kurdes.
Une coopération est en effet nécessaire sur place dans la mesure ou Iraniens et Américains envoient ou pourraient envoyer des avions de combat dans le ciel irakien, ce qui pourrait créer des tensions entre les deux armées dans le cas d’une absence de communication.

Front syrien

L’Iran à nouveau
Rustam Qassemi – l’ancien ministre iranien du Pétrole, ancien chef de la branche de l'ingénierie Khatam al-Anbia des gardiens de la révolution, et aujourd’hui à la tête du Comité de développement des relations économiques irano-syrien – se trouve depuis trois jours à Damas. 
Il a rencontré le président Assad, mercredi 4 septembre, et Mohammad Jihad al-Laham, le président de l’Assemblée du Peuple syrien.  Il a réaffirmé l’importance stratégique des liens syro-iraniens pour préserver la sécurité et la stabilité régionale et défendre les intérêts des peuples de la région .
Mais au-delà des déclarations rituelles, on s’interroge sur les raisons réelles qui ont amené Qassemi en Syrie, après 42 mois de conflit.
Une raison tient au fait que l’agence d’ingéniérie Khatam al-Anbia aurait, naturellement, un rôle à jouer dans la reconstruction des grandes infrastructures du pays, une fois la guerre finie. Les travaux de reconstruction des infrastructures pourraient déjà commencer dans les villes reconquises par l’armée assadiste, comme Homs d’où les rebelles ont été chassés.
Une autre raison pourrait être la nécessité vitale pour le régime de Bachar el-Assad de maintenir une ligne de crédit auprès de l’Iran pour soutenir l’économie syrienne et assurer la fourniture de biens vitaux pour la population.  Déjà, au cours de l’été 2013, l’Iran avait promis 3,7 milliards de dollars pour aider la Syrie. Il n’est pas sûr que Téhéran poursuive son effort financier.
Enfin, Qassemi a parlé d’un projet de développement de l’exploitation des gisements de pétrole et de gaz syriens. Le problème est que les exploitations gazières et pétrolières se trouvent principalement dans la province de Deir ez-Zhor, à l’est du pays et cette région est contrôlée par les jihadistes de l’EI. Est-ce à dire que l’Iran va aider le gouvernement syrien à récupérer cette région des mains des Jihadistes ?

La bataille entre Kurdes syriens et Jihadistes de l’EI
De violents combats entre Kurdes et Jihadistes de l’EI se sont déroulés dans les secteurs de Rabiah, Sinjar et Jazaa. Ils auraient coûté la vie à 473 combattants jihadistes. Jazaa est aujourd’hui entre les mains des Kurdes de l’YPG, même si la localité est entièrement détruite.

La pire crainte d'un Jihadiste de l’Etat islamique est d’être tué par une femme kurde
Dans le nord de l'Irak, où les forces kurdes reprennent rapidement le terrain perdu, cette éventualité devient de plus en plus plausible.
Mon blog du 4 septembre expliquait le sort fait aux femmes jihadistes de l’Etat Islamique. Quelle différence avec les femmes kurdes, pourtant sunnites en majorité ! Il ya beaucoup de femmes soldates kurdes sur les lignes de front. Elles sont plus petites que leurs camarades masculins, mais elles sont aussi dures.  Elles rôdent sur le champ de bataille serrant leurs fusils automatiques et jurant vengeance pour toutes les victimes des Jihadistes. combattantes kurdes.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette vidéo est fournie par le centre de presse de l’YPG et montre l’entraînement des jeunes recrues féminines :
http://www.liveleak.com/view?i=c4f_1409886752

Les rebelles semblent avoir reçu en profusion des missiles antitanks téléguidés (ATGM) comme le prouvent ces vidéos prises sur différents terrains de bataille :
Quneitra
La bataille de Quneitra, dans le Golan syrien, se poursuit. La vidéo suivante montre les rebelles attaquer une position de l’armée d’Assad avec un missile sol/sol ATGM (antitank guided missile):
http://www.liveleak.com/view?i=f97_1409932119
Ici, un ATGM est utilisé dans les combats par la brigade rebelle Saif al-Sham :
http://www.liveleak.com/view?i=690_1409930197
ou encore cette vidéo d’un tir de TOW :
http://www.liveleak.com/view?i=efc_1409927008
Province de Hamah
La brigade Hamzah de la rébellion utilise également un missile guidé antichar HJ-8 ATGM contre une position de l’armée assadiste dans la province de Hamah :
http://www.liveleak.com/view?i=27e_1409930835

Des drones américains en Syrie
Des drones américains auraient été aperçus au-dessus de Raqqa, la place forte de l’EI en Syrie. Information à suivre.

Front libanais

Concentration de rebelles syriens autour d’Ersal
Plus de 3000 rebelles syriens auraient gagné le jurd d’Ersal, au nord Est du Liban, ce qui laisse supposer l’imminence de nouveaux combats entre les rebelles et l’armée libanaise. L’objectif des rebelles serait de trouver un abri avant l'hiver, parce qu'il leur sera impossible de passer l’hiver dans le jurd connu pour son froid glacial.

EI exécute des hommes soupçonnés de liens avec le Hezbollah
Au Liban, comme en Syrie ou en Irak, malheur à ceux qui tombent entre les mains des Jihadistes de l’EI. Ceux-ci seront tués dans la plupart des cas. C’est ainsi qu’un Libanais capturé à Ersal, Kayed Ghdadeh, a été exécuté. Il était accusé, lui et dix Syriens également enlevés dans la même localité libanaise, d’avoir des liens avec le Hezbollah chiite.

Pas d’échange de prisonniers jihadistes contre les soldats enlevés lors de la bataille d’Ersal
Des sources ministérielles ont révélé au quotidien libanais an-Nahar que de grands efforts sont déployés pour obtenir la libération des soldats enlevés, mais qu’il était hors de question de les échanger contre des  détenus jihadistes.
Or, selon la chaine de télévision libanaise LBC, le front al-nosra aurait informé des médiateurs qu'il ne libèrera les soldats libanais que dans le cadre d'un échange.
Rappelons qu’un soldat enlevé, Ali Sayed, originaire du Akkar, avait été égorgé par les Jihadistes. Deux des hommes qui ont tué le soldat seraient membres de l’EI et originaires du nord Liban.

Les attentats contre le Hezbollah pourraient reprendre au Liban
Un atelier pour la préparation de voitures piégées appartenant au front al-nosra a récemment été découvert dans la région d’Ersal et un autre dans le Qalamoun syrien. Cette découverte laisse penser qu’al-Qaïda en Syrie préparait des attentats contre des barrages de l'armée et des sites sensibles du Hezbollah.

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

 

29/08/2014

29 août 2014 : Nouvelles des guerres du Moyen Orient

Le Moyen orient à feu et à sang

Que ce soit en Irak, en Syrie, au Liban, au Yémen, en Libye, en Tunisie ou en Egypte, on se bat partout au Moyen orient. Les conflits font resurgir des antagonistes vieux de plusieurs siècles, entre ethnies ou tribus, entre Arabes et Perses dans des pays où les frontières sont souvent artificielles, créées par les anciennes puissances mandataires au lendemain de la première guerre mondiale. Les lignes de fracture sont confessionnelles et même à l’intérieur d’une communauté, l’affrontement porte sur des questions dogmatiques qui concernent la plupart du temps l’application de la loi musulmane, la charia.

Le virus e-Mollah de l’Etat Islamique
L’opinion internationale, qui avait longtemps détourné le regard, prétextant l’impuissance ou la non-ingérence dans les affaires d’autres Etats, s’est retrouvée confrontée à une violence et une cruauté inouïe, mise en ligne jour après jour par les nouveaux mollahs de l’Etat Islamique, d’où le nom d’e-Mollahs. Forts de leur tout nouveau « califat » qui recouvre à présent une portion importante des territoires de l’Irak et de la Syrie, les fondamentalistes de l’EI attirent des foules de candidats au jihad qui contribuent à leur tour au renforcement du mouvement extrémiste.

La zone des combats ne cesse de s’étendre
Le phénomène de l’Etat Islamique (EI), appelé alors Etat Islamique d’Irak et du Levant (EIIL) a pris une importance croissante tant en Syrie qu’en Irak. Ils ont profité du chaos syrien, de la faiblesse de la rébellion syrienne, déficiente sur le plan du commandement comme de l’armement, morcelée, parfois corrompue, de la crise politique entre un pouvoir chiite sectaire en Irak et une population sunnite de plus en plus exaspérée et de la faiblesse institutionnelle du Liban. Aujourd’hui, la région toute entière semble au bord du gouffre.

L’élection d’un nouveau président en Iran, Hassan Rohani, avait fait naître l’espoir
La lueur d'espoir qu'avaient constituée l’élection de Hassan Rohani à la présidence de l’Iran et la soudaine visite du ministre adjoint des Affaires étrangères iranien, chargé du monde arabe, à Riyad, n’a pas, malheureusement, permis d’apaiser les tensions. L’hostilité entre, d’une part, l’Iran et la communauté chiite, et, d’autre part, l’Arabie saoudite et la communauté sunnite, reste toujours aussi vive. Un accord entre les deux puissances régionales n'est pas encore en vue, même dans le cadre de « la grande bataille contre l'EI », déclenchée officiellement par les États-Unis et consacrée par le Conseil de sécurité de l'Onu.

L’argent coule à flot dans les caisses de l’Etat Islamique
On en est toujours, d’ailleurs, au stade de la suspicion en ce qui concerne les relations qui pourraient exister entre les Jihadistes de l’Etat Islamique et les pays du Golfe, dont l'Arabie et le Qatar, ou tout au moins de certains richissimes mécènes originaires de ces pays.
L'argent continue d'affluer dans les caisses de l'EI. Cet argent semble provenir des pays du Golfe, notamment le Koweït, le Qatar et l'Arabie, sachant que le million de dollars quotidien gagné par ce groupe grâce à la vente du pétrole, via la Turquie, suffit à peine à acheter les munitions, l'EI ayant besoin d'autres revenus pour assurer la survie de l'État islamique qu'il a fondé.

Les Saoudiens constituent le gros des troupes de l’EI
Selon les sources libanaises, plusieurs milliers de combattants originaires du royaume saoudien auraient rejoint l'EI. La pensée jihadiste est bien ancrée au sein de la hiérarchie religieuse saoudienne et au sein de la base populaire. Même chose au Koweït, où des manifestations pro-EI ont eu lieu, et en Jordanie, où la province de Maan est quasiment acquise aux thèses extrémistes.

Aujourd'hui, la monarchie saoudienne a pris peur. Elle se sent menacée par les Jihadistes qui pullulent dans le royaume. C’est pourquoi les autorités sécuritaires du royaume exercent à présent de fortes pressions sur les ulémas dans une tentative de les pousser à promouvoir la « modération », décrétée par le roi Abdallah dans son dernier discours à la nation. Elles ont même annoncé l'arrestation d'une dizaine d'ulémas qui n’ont pas respecté les instructions royales. Aux Émirats arabes unis, les autorités ont carrément ordonné aux ulémas qui prêchent dans les mosquées de s'inspirer de la doctrine d'al-Azhar en Égypte, au lieu de la ligne religieuse wahhabite. C'est dire combien « le mal takfiriste » est bien ancré au sein de la hiérarchie religieuse saoudienne et au sein de la base populaire.

Les pays du Golfe ont joué avec le feu
Il est aujourd’hui de notoriété publique que les pays du Golfe arabo-persique et l’Arabie saoudite ont joué avec le feu en laissant ce phénomène s'amplifier chez eux. Au début de la révolte syrienne, les autorités religieuses voulaient mobiliser les jeunes pour qu'ils aillent combattre contre le régime syrien de Bachar el-Assad. Et lorsque le premier ministre irakien, un chiite, s’est mis à mener une politique anti-sunnite, le royaume saoudien et les Emirats ont là encore joué avec le feu en poussant les tribus sunnites à se rebeller et même à s’allier avec les Jihadistes de l’EIIL pour « libérer » les provinces sunnites de « la main de l’Iran ». Les autorités saoudiennes ou émiraties ont beaucoup fait pour abattre les régimes honnis de Bachar el-Assad et Nouri al-Maliki, supposés alliés à l’Iran, sans penser aux risques internes et à la menace que pourrait constituer les Jihadistes pour leurs propres pays et pour l'ensemble de la région. Tout cela avec l'indifférence bienveillante des États-Unis toujours prompts à "idéaliser" la liberté religieuse.

Des réactions pas à la hauteur de la menace représentée par l’Etat Islamique
Au début, les États-Unis n’ont pas bien compris la menace que représentaient les Jihadistes de l’EI. Ils ont commencé à réaliser le danger lorsque les combattants de l'EI ont progressé vers Erbil au Kurdistan ou se sont approchés de la frontière avec l'Arabie (ils ne sont plus séparés du royaume wahhabite que par une centaine de kilomètres de désert) ou encore de celle avec la Jordanie, où ils ont pris le contrôle d’un poste-frontière. C’est alors que le roi Abdallah d'Arabie a demandé aux tribus sunnites irakiennes proches de la frontière saoudienne de combattre l'EI au cas où celui-ci songerait à entrer sur le territoire saoudien. Et c'est à partir de ce moment que la communauté internationale et les pays du Golfe ont commencé à réagir et à réclamer une alliance pour la lutte contre le terrorisme. Mais même aujourd'hui, la position saoudienne reste ambiguë.
 
Une politique saoudienne ou des Emirats du Golfe ambiguë
L’ambigüité de la position saoudienne ou émiratie vis-à-vis de l’Etat Islamique tient au fait que les Jihadistes jouent un rôle en tenant en échec la progression de l’Iran et de ses alliés dans la région. Le royaume saoudien et les pays du Golfe arabo-persique sont prêts à lutter contre les Jihadistes lorsque ceux-ci les menacent directement, mais continueront de les soutenir plus ou moins discrètement, financièrement et matériellement, lorsque ceux-ci se bornent à constituer un danger pour l’Iran et ses alliés. 
Certaines puissances régionales et internationales continuent à croire que l'EI, s'il est contenu, peut être utile dans la lutte contre l'Iran et ses alliés dans la région.

Front syrien

Vers une internationalisation de la guerre civile syrienne ?
Le président américain Barack Obama, dont le pays mène depuis le 8 août 2014 des frappes contre l'EI en Irak, continue de tergiverser sur l’extension de la mission de l’armée de l’air américaine en dehors du nord de l’Irak. Pour l’instant , il reste hostile à donner à l’US Air force l’ordre d’effectuer des missions de reconnaissance au-dessus d’une plus large portion du territoire irakien ou au-dessus du territoire syrien pour lutter contre les jihadistes.
De son côté, Damas s’est déclaré prêt à coopérer avec la communauté internationale. Il n’y a à cela rien d’étonnant étant donné que les autorités syriennes avaient tout fait pour démontrer au monde entier qu’elles luttaient contre la menace jihadistes, une menace pour le monde entier. Mais pour l’instant, l’éventualité d’une coopération entre Damas et la communauté internationale ne semble pas à l’ordre du jour. 

Damas
L’armée syrienne poursuit son offensive, avec une violence inouïe, contre le quartier de Jobar à l'est de Damas. L’objectif est de reprendre aux rebelles ce secteur stratégique. L'armée d’Assad est secondée par le Hezbollah, la milice chiite libanaise.
Tenu depuis un an par les insurgés, le quartier de Jobar est un verrou stratégique car s'ils franchissent la place des Abbassides adjacente, ils peuvent atteindre le coeur de Damas. En outre, ce secteur ouvre du côté est sur la région de la Ghouta orientale, véritable bastion de la rébellion dans la province de Damas.
"Depuis hier (jeudi 28 août) une opération militaire a commencé à Jobar (...) pour anéantir les poches terroristes", a indiqué à l'AFP une source de sécurité en référence au terme utilisé par le régime syrien pour désigner les rebelles.
"Un grand nombre de terroristes ont péri, leurs repaires et des tunnels ont été détruits", a poursuivi cette source.
Selon l'agence officielle Sana, l'armée a tué "des dizaines" de rebelles "dont un Jordanien et un Saoudien", et ont pris "le contrôle de plusieurs immeubles".
Il s’agit de la plus grande offensive visant Jobar depuis sa prise par les rebelles à l'été 2013. Au moins 18 raids jeudi et 15 vendredi ont visé ce quartier déserté depuis longtemps par ses habitants. Jobar est composé de grands immeubles où vivait avant la guerre une classe moyenne.
Cette extraordinaire vidéo montre l'offensive menée par des chars contre le quartier de Jobar. Ici, des tanks T-72 de Bachar el-Assad, équipés de caméras GoPro, tentent de progresser vers les positions de l’adversaire. Trois T-72 auraient été détruits par les missiles antichars des rebelles :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...
Vidéo du côté des rebelles :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...
Les rebelles ont réussi à faire exploser un immeuble occupé par les soldats d’Assad et les Shabbiha :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...
Les combats ont été très couteux en hommes et matériel pour les troupes d’Assad. Les rebelles affirment avoir détruit trois chars, un véhicule blindé transport de troupes et tué environ trente soldats d’Assad.
http://www.liveleak.com/view?i=89c_1409322169
Cette vidéo montre des combattants chiites :
http://www.liveleak.com/view?i=4c3_1409322391

Raqqa
On craignait pour la vie de centaines de prisonniers militaires et supplétifs après la prise de la base 17, fin juillet, et celle de l’aéroport de Tabqa, dimanche 24 août. La réponse n’a pas tardé à venir. Les jihadistes de l'État islamique (EI) ont exécuté mercredi 27 et jeudi 28 août plus de 160 soldats syriens qu'ils avaient capturés lors de la prise de positions de l’armée dans la région de Raqqa.
Plusieurs centaines de défenseurs de la base aérienne de Tabqa ont quand même réussi à s’enfuir vers la localité d'Esraya, dans la province de Hama, encore aux mains du régime.
Cette vidéo montre l’interrogatoire d’un officier syrien. Les Jihadistes lui demandent « qui est ton père ? ». Il donne une réponse, mais les Jihadistes de l’EI se moquent de lui et lui disent « tu ne peux pas connaître le nom de ton père puisque tu es un batard ! »
Quand on lui demande pourquoi il n’a pas déserté, il répond que cela n’aurait servi à rien car il aurait aussitôt été réincorporé dans l’armée. Les Jihadistes lui rétorquent : « Ils t’auraient renvoyé à l’armée mais nous on va te massacrer et te renvoyer en enfer ! »
Vidéo de l’interrogatoire :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...
Cette vidéo, diffusée sur I télé, montre les soldats syriens prisonniers amenés en sous-vêtements vers le lieu de leur exécution. Les scènes des exécutions ont été retirées :
http://www.liveleak.com/view?i=732_1409240134

Deir ez-Zhor
Six chefs du groupe jihadiste l'Etat islamique (EI) ont été tués jeudi 28 août dans un raid ciblé mené par l'armée de l'air syrienne sur une maison dans la ville de Mohassan, dans la province de Deir ez-Zhor. Cette province est tombée entre les mains des Jihadistes de l’EI le 3 juillet dernier.
Les chefs de l’EI étaient réunis dans la maison d’un ancien officier de l’armée syrienne, Soukr al-Ahmad, qui avait rejoint la rebellion avant de prêter allégeance à l'EI.
C’est grâce à cet officier que l’EI avait réussi à capturer la localité de Mohassan. Soukr al-Ahmad figurerait parmi les responsables de l’EI décédés au cours du raid aérien.

Plateau du Golan : Les Islamistes sont à la frontière d’Israël
Le Front al-Nosra, la branche d'el-Qaïda en Syrie, s'est emparé du poste frontière syrien de Kouneitra, à la frontière avec le plateau du Golan occupé par Israël, avec l'appui d'autres mouvements islamistes, parmi lesquels des membres du mouvement égyptien Beit el-Maqdis, très actif dans le Sinaï. Inutile de dire que l’Etat-major israélien suit avec beaucoup d’attention l’arrivée de ces Islamistes à sa frontière immédiate.
Le poste capturé par les fondamentalistes n’est distant que de 200 mètres du secteur israélien.
Cette position était surveillée par les Nations unies et on a appris peu de temps après que 43 (47 selon des sources russes) Casques bleus de la FNUOD, originaires des îles Fidji, avaient été pris en otage au cours de cette opération.
Le Front al-Nosra s’était beaucoup renforcé dans la région grâce à l’afflux de nombreux membres de l’organisation jihadiste chassés de la province de Deir ez-Zhor conquise par les Jihadistes de l’EI.
Pour tenter de chasser les Islamistes d’al-Nosra, les avions de l'armée syrienne ont bombardé leurs positions à proximité immédiate de la frontière israélienne, excitant encore un peu plus la nervosité des soldats de Tsahal.
Les combats entre Islamistes et soldats d’Assad auraient fait 20 morts dans les rangs de l'armée syrienne et 14 dans ceux des rebelles.
Les rebelles syriens s'étaient déjà emparés brièvement l'an dernier du poste de Qouneitra. Ils tiennent désormais de nombreux villages du secteur.
Vidéos :
Vidéo côté du Front al-Nosra
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...
et :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...
Vidéo côté armée d’Assad :
Cette vidéo montre les soldats d’Assad au combat contre les Jihadistes du Front al-Nosra à proximité immédiate de la frontière israélienne sur le Golan :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Guerre entre Jihadistes de l’EI et combattants kurdes de l’YPG à Kobané (Aïn el-Arab) et Rabia
42 membres de l’Etat Islamique auraient trouvé la mort dans de violents affrontements avec des combattants de l’YPG, le comité de protection du peuple kurde, au cours des dernières 48 heures à Rabia et Aïn el-Arab, à la frontière turque.
L’objectif des Jihadistes était de fermer le corridor de sécurité entre le Mont Sinjar et Rojava, et compléter la main-mise sur Sinjar, la ville yazidie en Irak.
L’offensive menée par les Jihadistes de l’EI contre la ville de Rabia, qui a démarré dans la matinée du 27 Août à 07h30, a été repoussée par les combattants kurdes.
L'attaque avait été menée à partir de deux directions sur les positions de l’YPG mais s’est soldée par la mort de 13 Jihadistes et par la destruction d’un véhicule. 
Voir la vidéo – Remarquez que garçons et filles kurdes participent aux combats :
http://www.liveleak.com/view?i=e57_1409314070

Front irakien

Champ pétrolifère d’Aïn Zalah
Des jihadistes ont mis le feu jeudi 28 août au champ pétrolier d’Aïn Zalah situé à 70km environ au nord-est de Mossoul  avant de battre en retraite devant une offensive d’envergure des Peshmergas kurdes.

Raffinerie de Baïji
L’offensive des Jihadistes de l’EI pour s’emparer de la raffinerie de Baïji n’a pas réussi. C’est la raison pour laquelle, elon le site d'information libanais al-Hadath News, le chef de l’Etat Islamique, Abou Bakr al-Baghdadi, a ordonné l’arrestation de deux de ses commandants militaires. Le motif est qu’ils ont échoué dans leur tentative de conquérir la raffinerie de Baïji ainsi que la base Sbayker.
Ces deux hommes sont Abdallah Mohammad Ibrahim Kahwad al-Janabi, surnommé le prince du côté chinois, et Abou Abed, désigné comme le prince de Beiji, a indiqué une source pour le site d’information libanais al-Hadath News. Ils devraient aussi répondre pour le grand nombre de pertes subies par l’EI durant son dernier assaut lancé contre la raffinerie. 

Kirkouk
La situation à Kirkouk est très tendue après les trois attaques à la voiture piégée menée dans la vile récemment.
Cette vidéo montre un des attentats :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Les tribus sunnites se rebellent contre l’EI
Plusieurs tribus de la province de Diyala ont refusé de prêter allégeance à l’Etat Islamique. C’est entre autres le cas des Zarkouchi. 
Il explique les raisons : « Depuis huit ans, à Hamriyaa et Saadiyat quelques 2.000 membres de la tribu al-Zarkouchi ont été tués ou blessés, et 60% de la tribu ont été contraints à quitter la région, tandis que des centaines de leurs maisons ont été détruites », a affirmé Abdel-samad al-Zarkouchi pour l’agence irakienne Sumariyya News.
Dans le même contexte, 19 personnalités tribales de cette province, également originaires de Saadiyat et appartenant toutes à la communauté sunnite ont été menacées de mort pour avoir refusé de prêter allégeance au chef de Daesh Baghdadi.
L’Etat islamique a « confisqué leurs biens et les a sommés de choisir entre l’allégeance ou la mort », a révélé l’agence. Le mercredi dernier, il a rasé les maisons des chefs de la tribu al-Azza. Il avait fait de même avec celle d’al-Abed, les semaines passées, pour les mêmes rasions.
On se rappelle le massacre de 700 membres de la tribu syrienne al-Chaitat dans la province de Deir-ez-Zhor. Cette tribu avait pris les armes contre l’EI.

Le calife Abou Baker al-Bagdadi contre la mise en ligne des décapitations pendant les batailles
Abou Baker al-Baghdadi a interdit à sa milice la diffusion de photos et d’images de décapitations durant les batailles quelle mène.
C’est ce qu’a révélé le site égyptien al-Watan, selon des informations basées sur la foi de sites jihadistes qui ont diffusé un message transcrit qui lui est attribué.

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Ces images sont interdites aussi bien dans les medias officiels de l’Etat Islamique que sur les comptes privés sociaux de Facebook ou Twitter, Chaque publication nécessite une autorisation préalable de la part d’une instance spéciale de l’EI conçue pour suivre cette affaire et appelée le Comité général.
Cette décision pourrait faire suite aux nombreuses critiques adressées par de nombreuses instances islamiques importantes pour qui ces exécutions dégradentl’image de l’Islam.
Sachant que cette interdiction n’englobe pas l’acte en soi, la décapitation ou autre, mais sa médiatisation.

L’exécution d’un Peshmerga à Mossoul mise en ligne par l’EI
Et pourtant, ce vendredi 29 août, l’EI a posté les images de la décapitation d’un combattant des Peshmergas kurdes a proximité d’une mosquée dans la ville de Mossoul. Il a menacé d’en exécuter d’autres encore si les dirigeants des kurdes poursuivent leur politique de soutien aux Etats Unis.

Tragédie humanitaire
Les conflits du Moyen Orient ont provoqué une grave crise humanitaire. Trois millions de Syriens ont fui la guerre civile, a annoncé le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) dans un communiqué en ajoutant que cette donnée n'incluait pas les centaines de milliers d'autres Syriens qui ont fui le pays mais ne se sont pas fait enregistrer comme réfugiés.
Trois millions de réfugiés syriens et 6,5 millions de déplacés en Syrie même
En plus des trois millions de réfugiés syriens en dehors du pays, l’UNHCR parle de 6,5 millions de déplacés à l'intérieur du pays, ce qui signifie que près de 50% de tous les Syriens ont été contraints de quitter leurs domiciles. Plus de la moitié de ceux qui ont été déracinés sont des enfants. L’organisation onusienne tire la sonnette d’alarme "sur les conditions de plus en plus épouvantables à l'intérieur du pays" (la Syrie) pour expliquer cette hausse spectaculaire. Il dépeint "des villes où la population est encerclée, les gens sont affamés et les civils pris pour cibles ou tués sans discrimination".
La plupart des réfugiés syriens ont trouvé refuge dans les pays voisins, le Liban accueillant 1,14 million d'entre eux, la Jordanie 608.000 et la Turquie 815.000. La pression sur les économies, les infrastructures et les ressources des pays hôtes est "énorme", souligne le UNHCR, ajoutant que près de 40% des réfugiés vivent dans des abris de qualité médiocre.
1,6 millions de réfugiés en Irak

En Irak aussi, le problème des réfugiés prend de l’ampleur. Plus d'1,6 million de personnes ont été déplacées par les violences cette année, dont 850 000 durant le seul mois d'août en raison de la poursuite de l’offensive des Jihadistes de l’EI, a rapporté vendredi 29 août l'Organisation internationale des migrations (OIM).
"La plupart des déplacés ont dû marcher pendant plusieurs jours pour atteindre des lieux sûrs", a rapporté Brian Kelly, coordinateur de l'OIM pour les situations d'urgence en Irak. "Nombre de leurs proches ont été tués ou enlevés par l'EI. Des groupes de personnes auraient été forcés par l'EI à sauter de falaises, et le sort d'autres personnes enlevées reste incertain", a-t-il ajouté.
La plupart de ces déplacés ont trouvé refuge dans la province autonome du Kurdistan, et celles de Ninive et Diyala, a précisé l'OIM. "Ces chiffres importants présagent d'une crise sur le long terme, dans laquelle de nombreuses personnes auront besoin d'une aide pour leur survie, notamment parce que de nombreux déplacés qui arrivent au Kurdistan ont passé plusieurs semaines et mois sur les routes", a mis en garde M. Kelly.

Jean René Bellard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

 

27/08/2014

Israël riposte à des tirs de mortier en provenance de Syrie

Israël a riposté sur une position d’artillerie de l’armée syrienne sur le Golan après que le Front al-Nosra (al-Qaïda) ait réussi à occuper une position syrienne à la frontière entre Israël et la Syrie, tuant 20 soldats
En réponse à des tirs de mortier qui ont atteint Israël à la suite de combats internes en Syrie, et qui ont blessé un officier des Forces de défense israéliennes, Tsahal a riposté en ciblant deux positions de l'armée syrienne sur le Plateau du Golan syrien.
Des combattants du Front al-Nosra (al-Qaïda) et d’autres groupes rebelles avaient réussi à capturer le passage de Quneitra à la suite de violents combats avec l’armée syrienne.

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Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

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