02/12/2014

2 décembre 2014 - Nouvelles des conflits du Moyen Orient

Israël

On m’a demandé ce que je pensais du débat à l’Assemblée Nationale française du vote sur la reconnaissance d’un Etat palestinien. Voici ma réponse :

Activité de la chambre des députés française
Le vote sur la reconnaissance de l’Etat palestinien par la Chambre des Députés française est une pure action d'intox électorale. L’objectif de la Gauche française est de tenter de récupérer le vote musulman mis à mal par la loi "mariage pour tous". Il s’agit d’un débat et d’un vote qui ne servent à rien. Un activisme stérile.

La viabilité économique d’un Etat palestinien dans l’état actuel des choses est impossible
La viabilité de l'Etat palestinien est impossible si on ne prévoit pas en même temps un démantèlement des « colonies de peuplement » israéliennes qui ont essaimé en Cisjordanie. Cela reviendrait à mettre un Etat palestinien sous perfusion financière permanente de la communauté internationale.

Un Etat palestinien sans démantèlement des colonies revient à instituer un apartheid
Il y a fort à parier que le gouvernement israélien refusera d’évacuer 400 000 colons établis en Cisjordanie pour les faire revenir à l’intérieur des frontières légalement reconnues par la communauté internationale. Or ces frontières n’ont plus aucune existence réelle en raison des bouleversements occasionnés dans le pays à la suite de plusieurs guerres israélo-arabes.
Croire à la fiction d’un Etat palestinien sans apporter une réponse au problème de la présence de colonies de peuplement juif en Cisjordanie, revient à accepter une forme d’apartheid entre les deux communautés juives et palestiniennes pour des raisons de sécurité.

La seule solution : Cohabitation de tous les résidents juifs et arabes dans un seul Etat
Une solution est un État multiconfessionnel avec, par exemple une répartition des charges de l’Etat et des ministères régaliens entre les différentes communautés : Juives, musulmanes, chrétiennes orthodoxes, druzes, etc. Cela permettrait d’organiser un « vivre ensemble » qui donnerait aux Juifs un accès libre à ce qu’ils appellent la Judée et la Samarie et aux Arabes un accès à l’ensemble du territoire de la nouvelle entité nationale. Cela suppose de procéder par étapes avec une garantie et une protection internationale des deux communautés.

Le gouvernement israélien actuel insiste pour être reconnu comme un Etat juif : une aberration démocratique
Israël veut être reconnu comme un État juif. Ceci est une aberration démocratique. Cela reviendrait à traiter comme des citoyens de seconde catégorie les citoyens non-juifs.

Il n’y a que deux solutions :
Le choix est entre :
- 2 États - Israël et la Palestine mais ceci implique un démantèlement de toute les « colonies de peuplement » situées en Cisjordanie - Solution guère réalisable, on en convient.
- 1 seul État sur l'ensemble d'Israël et de la Cisjordanie (Judée et Samarie) avec une répartition des principales fonctions de l’Etat et des ministères régaliens (AE – Intérieur – Justice – Education). C'est la seule solution économiquement viable pour les Palestiniens. Cela suppose : Respect mutuel -  libre circulation - démantèlement du mur - répartition budgétaire – Règles en ce qui concerne le foncier – aménagement des transports, de la distribution de l’eau, etc.

Front irakien

Sayyed Hashim al-Haidari (le Hassan Nasrallah irakien)
Un chef religieux chiite  irakien, al-Sayyed Hashem al-Haidari, a fait son apparition sur la scène politique et militaire, un peu comme Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah au Liban. Haidari est un fidèle du  guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, et tout comme Nasrallah, il sait galvaniser les foules chiites par ses discours enflammés. La vidéo ci-dessous est intéressante pour ce qui concerne la rhétorique anti-Amérique qu’il utilise pour galvaniser ses supporters. Pour lui, les Jihadistes de l’Etat Islamique ne sont que les « jouets » des Américains. Vous ne trouverez pas d’Américains capables d’exécuter un attentat kamikaze, c’est pourquoi ils utilisent les jihadistes de l’EI, martèle-t-il dans son discours.
Vidéo d’un de ses discours – le discours est en arabe sous-titré en anglais :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Kurdistan
Le gouvernement irakien et les Kurde irakiens ont annoncé mardi 2 décembre avoir conclu un accord pour régler leurs différends sur le budget et les exportations pétrolières. Les deux camps devaient absolument trouver une entente pour concentrer leurs efforts à la lutte contre l’Etat Islamique. 
Cet accord a été conclu au cours d'un conseil des ministres présidé par le Premier ministre Haidar al-Abadi auquel participait le Premier ministre kurde Nechirvan Barzani.

L’armée irakienne et les Peshmergas reprennent 27 villages des mains de l’Etat Islamique :
L’armée irakienne et les Peshmergas ont repris 27 villages de la province de Diyala des mains de l’Etat Islamique. L’armée, avec l’appui de l’aviation, a réoccupé les monts Hamrin et la rivière Narin utilisées par les Salafistes comme voie de communication et d’approvisionnement.
Vidéo (langue anglaise) :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=94b020df8231

Frontière occidentale de l’Irak
Au moins seize gardes-frontières ont été tués lundi 1er décembre à l'ouest de l'Irak par des jihadistes de l'État islamique (EI). Quatre autres gardes ont été blessés dans l’attaque contre leur quartier général à al-Walid, à l'extrémité ouest de la province sunnite d'al-Anbar.

Ramadi
Cette vidéo jihadiste montre des combats à al-Sajjariyya, à l’est de Ramadi. Remarquez au début de la vidéo la mitrailleuse américaine, sans doute prise à l’armée irakienne. Attention des images peuvent choquer à la fin de la vidéo :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=f61a70a520fe

Nouvelle offensive jihadiste près du barrage de Samarra
La vidéo a été mise en ligne par l’Etat Islamique :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=1f5977544fee

Ailleurs en Irak
Ailleurs dans le pays, neuf miliciens chiites sont morts au combat entre dimanche et lundi, et trois civils ont été tués dans des tirs de mortier lundi 1er décembre à Bald. Quatre personnes sont mortes et sept ont été blessées dans une explosion à Touz Khourmatou (90km au sud de Kirkouk).

Frappes françaises contre Daech
 « Deux avions de chasse français ont détruit lundi 1er décembre un check-point tenu par des terroristes du groupe Daech dans le nord de l'Irak », a indiqué le ministère français de la Défense dans un communiqué.
« Une patrouille de reconnaissance armée de deux avions de chasse a bombardé une position du groupe terroriste Daech lundi matin », selon le communiqué, précisant que les moyens de la coalition avaient repéré quelques heures avant le check point au sud-ouest du Mont Sinjar.
« Les Rafale équipés de bombes guidées laser ont neutralisé la menace et détruit les deux structures qui constituaient le barrage », indique la défense, sans préciser si des terroristes ont été tués dans la frappe. La dernière frappe en Irak de la France, qui participe à la coalition internationale contre le groupe Daech, remontait au 19 novembre.

Liban

La guerre en Syrie et ses conséquences sur l’intérieur libanais
Le Liban suit avec inquiétude l’évolution de la situation militaire en Syrie depuis le début de la guerre civile, il y a trois ans. L’inquiétude est d’autant plus grande que le conflit a tendance à débordé ses frontières, non seulement dans la région du Qalamoun, proche de la Bekaa, mais au nord, dans la région du Akkar. Sans compter les incidents sécuritaires qui se multiplient un peu partout dans le pays. Le nombre de ces incidents tend à augmenter au fil des mois et implique de plus en plus des ressortissants syriens réfugiés au Liban et de plus en plus exaspérés par l’absence de progrès de la révolution sur le terrain. Beaucoup de ces réfugiés, surtout les jeunes adultes ont abandonné tout espoir de revenir rapidement au pays et sont de plus en plus gagner par les idées véhiculées par les organisations salafistes. C’est bien l’avertissement qu’a émis le commandant en chef de l’armée libanaise, le général Jean Kahwagi lorsqu’il déclarait en août 2014, qu’il y avait urgence à imposer un contrôle plus strict dans les camps des réfugiés syriens répandus sur l'ensemble du territoire libanais, « afin que ces derniers ne se transforment pas en îlots terroristes ». Les Libanais savent de quoi ils parlent lorsqu’ils invoquent le danger que représentent des réfugiés sur son sol.

La communauté internationale affirme vouloir garantir la stabilité du pays
En l’absence de l’éclatement d’un conflit civil majeur, le Liban peut croire que la communauté internationale interviendrait pour préserver son intégralité et sa stabilité. Il est peu probable que les candidats soient très nombreux à mettre des troupes sur le terrain si la situation dérapait. On sait, dans toutes les chancelleries occidentales que le Liban est le quatrième fournisseur de combattants à l’Etat Islamique, après la Tunisie, l’Arabie saoudite et la Jordanie. L’ONU parle de 870 combattants libanais dans les rangs de daech. Le Hezbollah libanais maintient, quant à lui,  près d'un millier de combattants  en permanence en Syrie qui se battent aux côtés de l’Armée Arabe Syrienne (AAS).

La situation risque d’empirer
Il n’y a pour l’instant aucun espoir de solution politique en Syrie. Cela signifie pour l’Etat libanais qu’il est peu probable que les réfugiés puissent rentrer chez eux dans un avenir proche.

Les Américains auraient conseillé à l’armée libanaise de coordonner ses actions avec l’armée syrienne
Les Américains aimeraient entraîner le Liban dans leur lutte contre les Jihadistes. Des sources sécuritaires laissent entendre que les Américains auraient conseillé aux forces armées libanaises de coordonner leur action avec l'armée syrienne, le long de la frontière dans la zone du Qalamoun et de Zabadani, jusqu'à la Békaa-Ouest et à Rachaya pour lutter contre les combattants de Daech et du Front al-Nosra (al-Qaïda). Mais comme le dossier syrien continue de diviser la classe politique libanaise, il n'est pas question pour l'instant de la part du gouvernement de procéder à une volte-face politique. L'armée pourrait simplement avoir un feu vert pour un minimum de coordination avec les forces de Damas.

Rumeur : L'épouse d'Abou Baker al-Baghdadi arrêtée  au Liban
La chaîne panarabe al-Mayadin, citant une information provenant des services de renseignement de l'armée libanaise, affirme que Souha Doulaimi, l'une des épouses du calife autoproclamé de l’Etat Islamique, Abou Bakr al Baghdadi, ainsi que l'un de ses fils (8 ans) a été arrêtée à un poste-frontière illégal avec la Syrie. Cette arrestation, qui aurait eu lieu il y a dix jours, aurait été réalisée en coopération avec des services de renseignement étrangers, affirme la chaîne.
En fait, il n’y a rien de certain à l’heure actuelle que cette femme soit une épouse, ou une ex-épouse du leader de l’EI ou qu’il s’agisse même d’une femme ayant une relation avec Abou Baker al-Baghdadi. Aucune confirmation a été donnée par l’armée libanaise. La femme interpellée possédait de faux documents d'identité lors de son arrestation. Elle est actuellement interrogée au ministère de la Défense à Yarzé.

L’épouse d'un chef du Front al-Nosra également arrêtée
Le correspondant de la chaine Al-Mayadin a également rapporté que les forces de sécurité libanaises avaient arrêté la femme d’Anas Chirkas, alias Abou Ali Chichani (le Tchétchène), un responsable du Front Nosra originaire de Homs. Elle était accompagnée par l’un de ses enfants.

Le général Ibrahim, commandant en chef de l’armée libanaise menace d’exécuter des jihadistes 
Le directeur de la Sûreté générale, le général Abbas Ibrahim, a menacé d’exécuter deux Jihadistes détenus, Omar Atrache et Joumana Hmayyed, en cas de nouvelles décapitations visant les soldats otages détenus par le Front al-Nosra.
Une trentaine de soldats et agents des Forces de sécurité intérieure sont actuellement retenus en otage par les jihadistes du Front Nosra et de Daech. Le Front Nosra a menacé, lundi 1er décembre, d’exécuter le soldat libanais Ali Bazzal qu’il tient en otage.

Douze miradors érigés par les Britanniques pour repousser l’EI, al-Nosra et autres rebelles syriens
Douze tours de surveillance ont été érigées par les Britanniques le long de la frontière libano-syrienne. Elles doivent servir de bouclier face à toute tentative d'infiltration de la part des islamistes en provenance de Syrie. Le programme a reçu le nom de Tango.
L'édification de ces miradors aurait fait suite à une requête officielle formulée par Nagib Mikati, chef du gouvernement à l'époque, lors d'un tête-à-tête avec son homologue britannique David Cameron, en octobre 2011.
Les tours ont été construites en 17 jours, dans le plus grand secret, par une équipe les militaires britanniques. Elles ont coûté aux contribuables britanniques 150 000.

Tout le long de la frontière syro-libanaise
Les tours d'observation s'étendent depuis le Akkar (au nord) jusqu'à Ersal (dans la Bekaa). Le projet s'inscrit dans le cadre
D'autres tours sont actuellement en construction dans le cadre d'un programme conjoint entre Londres et l'armée libanaise destiné à donner à la troupe la possibilité de protéger sa frontière avec la Syrie, longue de 370km et actuellement menacée par le passage incessant dans un sens ou dans l’autre des rebelles et des Jihadistes.

Une frontière très fragile
Les affrontements d’Ersal entre l'armée et les combattants de l'EI et du Front al-Nosra, ont révélé la faiblesse de l’armée libanaise face au danger islamiste dans les régions frontalières. L'armée a dépêché deux régiments pour la surveillance des frontières, ce qui est insuffisant, d’autant plus qu’elle ne dispose pas, pour l’instant d’un matériel et d’un armement adapté à sa mission. C’est l’une des raisons pour laquelle on a accéléré le programme de réarmement de l’armée, un programme financé par l’Arabie saoudite et qui implique la fourniture d’armes par les Etats-Unis et la France.

Les miradors ne vont pas résoudre tous les problèmes
Le risque d'infiltration entre une tour et l'autre restera toujours possible, ce qui signifie que la construction des tours ne va pas résoudre le problème de l’insécurité aux frontières. Un autre est d’ordre logistique : Il n’a pas été prévu de coordination entre ces tours et une salle d'opération pour gérer l'ensemble du système.
L’autre problème est que l’armée doit être sur le qui-vive un peu partout, aux frontières nord et sud, mais aussi à l'intérieur du pays. Il est clair que l’armée n’a pas les effectifs nécessaires pour remplir sa mission.  en jouant à la police, la troupe manque sérieusement d'effectifs

Un troisième régiment en cours de formation et entraîné par les Britanniques
Un troisième régiment est en cours de constitution. Il sera entraîné et équipé par les Britanniques.
Le Parlement britannique vient également d'approuver un don de 5 millions de dollars additionnels dans le cadre de son soutien à l'armée libanaise. Ils serviront à l'édification d'autres postes de surveillance, ainsi qu'à couvrir l'acquisition de tout un ensemble d'équipements militaires, tels que des véhicules d'observation dotés de caméras.

Dernière nouvelle : 7 soldats libanais tués à Ras Baalbek
Sept soldats libanais ont été tués mardi 2 décembre dans l’après-midi dans une embuscade tendue par des hommes armés dans la région désertique aux environs de Ras Baalbek, à l’est du pays. Cette attaque a été suivie de violents combats dans la région entre l'armée et les auteurs de l'attaque.
L'attaque a eu lieu près de la frontière avec la Syrie vers 17H15 (15H15 GMT) contre une patrouille motorisée. Les assaillants ont fait usage d'armes automatiques et de roquettes antichar. L'armée a dépêché des renforts dans le secteur et les combats se poursuivaient toujours deux heures après l'attaque.

Front syrien

Une délégation française au Kurdistan syrien– Pourquoi faire ?
L’ex-ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner accompagné d’une délégation, a visité, mardi 25 novembre,  les zones kurdes en banlieue de Hassaka et Qamishli en Syrie. Cette visite affichait la volonté de Paris d’examiner la situation des chrétiens, habitants dans lesdites régions.
Un journaliste d’Al-Alam, Hossein Morteza, donne une explication à cette visite de régions kurdes par les Français : « La France prête une attention toute particulière aux conditions dans lesquelles vivent les chrétiens dans les régions kurdes de la Syrie. De nombreux contacts ont été établis entre les Français et les Kurdes à ce propos car les Kurdes, étant très puissants, sont en mesure de défendre les chrétiens ».
Il y a une autre explication possible : la France semble très favorable à l’aménagement d’une zone autonome kurde en Syrie et en Irak. Un objectif partagé, soit dit en passant, par Israël.

Alep
Alep serait pratiquement sur le point de tomber entre les mains des soldats de l’Armée Arabe Syrienne (AAS). Celles-ci l'encerclent presque totalement sauf un étroit passage qui permet encore aux combattants de l'opposition de se déplacer et de s'approvisionner en Syrie. Mais si ce dernier verrou tombe, les combattants de l'opposition n'auront plus qu'un seul choix, se rendre ou mourir. Et l’Etat syrien aura ainsi repris le contrôle de toutes les grandes villes syriennes, à part Raqqa.
C'est pour cette raison que les rebelles tentent de desserrer l'étau autour d'Alep en lançant des assauts répétés contre deux enclaves chiites dans le rif nord d'Alep, Nouboul et Zahraa. Jusqu'à présent, les forces loyalistes et les forces populaires présentes dans ces deux enclaves ont réussi à repousser les assauts.

La chute d’Alep serait un coup dur pour la Turquie
La chute d’Alep serait un coup pour la Turquie qui considère la ville comme son arrière-cour, les Turcs avaient pris le contrôle de pratiquement tous les complexes industriels installés dans la ville et ses environs.

Sur les autres fronts syriens
A Deir ez-Zor, l’est du pays, les troupes de l’AAS qui contrôlent la ville ont marqué quelques points contre l’Etat Islamique depuis quelques semaines. Dans la zone de Kuneïtra, proche d’Israël, l’armée de Damas a perdu une colline stratégique au profit des combattants d'al-Nosra, suite à une trahison au sein de l'armée. L’AAS a lancé une contre-offensive qui n’a pas encore donné de résultats.

L’AAS en meilleure posture
Alors que la guerre en Syrie est sur le point de boucler sa quatrième année, les forces loyalistes sont en meilleure posture que celles de l'opposition qui, non seulement ne parviennent pas à gagner du terrain, mais sont aussi en train de perdre le contrôle de régions importantes, tout en restant désunies et en lutte ouverte entre elles.

Jihadisme international

Un « britannique » tué en Irak
Un Jihadiste « britannique » combattant dans les rangs de l’Etat islamique a été tué dans un échange de tirs avec les forces Peshmergas kurdes en Irak.
Abou Mousa al-Soumali aurait été tué au cours d’une fusillade dans la province de Kirkouk au nord du pays où l’Etat Islamique mène des attaques répétées au cours des dernières semaines.Abou Moussa al-Soumali.jpg


 

 

 

 

 

 

 

Jean René Belliard

01/12/2014

30 novembre et 1er décembre 014 - Guerres contre l'Etat Islamique

Front irakien

Milices chiites irakiennes
Il s’agit de l’une des rares vidéos montrant les miliciens chiites s’entraînant au combat contre les jihadistes de l’EI en Irak. Remarquez les armes américaines : MP5 et M16.
https://www.youtube.com/watch?v=grUCKODvbOQ&feature=p...

La coalition bombarde des miliciens chiites par erreur dans la province de Diyala
Visiblement une absence de communication entre les milices chiites et la coalition internationale.
Vidéo :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=00930afce01a

Corruption
Le Premier ministre irakien, Haïdar al-Abadi, a annoncé une intensification de la lutte contre la corruption après avoir découvert que le pays payait des salaires à 50 000 soldats fictifs, un chiffre équivalent à quatre divisions.
Il y a trois sortes de Fadhaiyin (comme on les appelle en arabe). La première catégorie s’explique par le fait que chaque officier a droit à cinq gardes du corps. Il en prend deux et touche le salaire des trois autres. La deuxième catégorie est au niveau de la brigade, lorsqu’un commandant de brigade inscrit quarante à cinquante soldats supplémentaires qui n’existent que sur le papier. C’est de loin le nombre le plus important. La dernière catégorie remonte au mois de juin lorsque des milliers de soldats ont été tués, ont disparu ou déserté. Leurs commandants ont alors occulté leur disparition. Le problème est qu’un chef de brigade, pour conserver son poste, doit donner d’importants pots-de-vin à ses supérieurs, ce qui explique que la corruption est généralisée dans l'armée irakienne.

Deux millions de déplacés en Irak
Plus de 2 millions de personnes sont déplacées par les violences en Irak. C'est ce qu'ont annoncé des organisations humanitaires dimanche 30 novembre. Le problème nouveau est que la neige commence à tomber au Kurdistan irakien, qui accueille une grande partie d'entre elles. Et des milliers d'autres personnes continuent à fuir leurs foyers, en particulier dans la région de Kirkouk, a mis en garde la mission d'assistance des Nations unies.

Front libyen

400 morts en six semaines à Benghazi
Environ 400 personnes ont été tuées en six semaines de combats intenses entre les forces pro-gouvernementales libyennes et les groupes islamistes à Benghazi.
L’armée nouvellement formée par le gouvernement (celui reconnu par la communauté internationale), soutenue par les forces de l’ancien général Khalifa Haftar, avait débuté son offensive contre les Salafistes de Benghazi à la mi-octobre pour les expulser de la zone de l'aéroport et de plusieurs camps militaires que l'armée avait perdus pendant l'été.
Les combats sont concentrés depuis trois semaines autour du port commercial de la ville. Le porte-parole du général Khalifa Haftar, Mohamed El Hejazi, a déclaré que ses forces avaient encerclé les islamistes dans la zone portuaire. "Tous les types d'armes, y compris des avions, sont utilisées en appui de l'infanterie pour traiter avec les Islamistes."
Les Salafistes répondent selon leur tactique coutumière qui est de lancer des attaques-suicide. La dernière en date a eu lieu le 1er décembre contre le QG des forces de sécurité à Jdabiya, au sud-ouest de Benghazi.

Un commandant de l’armée de l’air tué dans une embuscade à Ajdabiya le 28 novembre
L’évènement n’est pas unique en soi, mais Ajdabiya n’était pas considérée jusqu’ici comme une localité en proie à la violence.  Le colonel Abdul Majid Kaseh al-Zwai commandait une des brigades impliquées dans les combats de Tripoli.

Deux gouvernements
Rappelons que deux gouvernements clament leur légitimité, avec chacun leur premier ministre et propre armée.
En Août 2014, le Premier ministre Abdullah al-Thinni et son cabinet ont été forcés de quitter Tripoli pour trouver refuge à l'est de la Libye lorsque le groupe appelé l’Aube de la Libye (Fajr al-Libya) s’est emparé de la capitale.
L’Aube de la Libye a mis en place son propre gouvernement et son parlement, mais ceux-ci n’ont pas été reconnus par les Nations Unies et les puissances mondiales.
La situation s’est encore compliquée par les combats de Benghazi où l'ancien général Khalifa Haftar a fusionné sa force avec l'armée d’Abdullah al-Thinni, en vertu d'un mandat du Parlement élu, fidèle d’al-Thinni.

L’Egypte et la Tunisie ont fermé leurs frontières
La situation devient extrêmement chaotique en Libye, à tel point que l’Egypte et la Tunisie ont décidé de fermer leurs passages frontières.

Les sociétés occidentales évacuent leurs employés
La société coréenne Daewoo a évacué la plupart de ses employés de Libye. Un catamaran a pris 112 personnes à son bord, des employés coréens, du Bangladesh et de Thailande pour les amener à Malte, le 28 novembre 2014. En août, 289 personnes avaient déjà été évacuées de Libye.
Des employés de l’entreprise italienne ENI ont été pris dans une embuscade par des voleurs de grands chemins alors qu’ils regagnaient en bus la ville de Tripoli à partir des champs pétroliers d’el-Fil.

Front syrien

Un plan américain pour armer des rebelles syriens contre l’EI
Le ministre de la garde nationale saoudienne, le prince Metheb ben Abdallah ben Abdel Aziz a affirmé qu’un plan américain avait été conçu pour accélérer l’armement de rebelles syriens parallèlement à leurs entrainements.
Dans une interview avec la chaine de télévision al-arabiya accordée depuis Washington, Metheb a indiqué que le plan américain est destiné à accentuer la lutte contre Daech (Etat islamique) et le terrorisme.
« Nous, en Arabie, combattons le terrorisme et l’extrémisme dans la région. Ils sont très optimistes au sujet de  l’éradication du terrorisme et ils sont heureux du rôle de la coalition dans la région qui œuvre pour en finir avec Daech ».
« Pour les Américains, l’Irak n’est pas une priorité, mais plutôt la Syrie. Il se peut qu’il y ait des divergences entre l’Arabie et les Etats-Unis au sujet de la Syrie. La priorité du roi saoudien était une intervention rapide en Syrie, pour ne pas permettre que des actes terroristes soient commis par Daech, le front al-nosra et autres. Je pense que s’ils avaient entendu le point de vue du roi dès le début, aucune force terroriste n’aurait existé dans la région », a-t-il dit lors de cette interview.
A propos du lancement du processus d’entrainement des miliciens en Syrie dans quelques mois, Metheb a dit : « J’ai entendu de l’administration US que les entrainements dureront pour longtemps. Il nous faut deux plans qui vont de pair : le premier stipule un armement rapide de toute l’opposition syrienne, avec l’aide de commandants chargés de dresser des projets militaires et d’unifier les plans. L’armée Syrienne Libre était toujours confronté au problème du manque de munitions et d’armes après chaque avancée sur le terrain. Le deuxième plan consiste en un entrainement rapide des combattants ».
Interrogé sur le conflit régional sur l’opposition syrienne, le ministre saoudien a souhaité que « tous les frères de l’opposition syrienne s’attachent à la sécurité et à la stabilité en Syrie. Mais s’ils commencent dès maintenant à s’entretuer pour le pouvoir, ceci dissipera la force de l’ASL ».
Pour lui, les Américains ne doivent avoir aucune relation avec le régime syrien. Il rappelle les propos du président Obama qui a affirmé que la crise en Syrie ne pouvait être résolue en présence de Bachar el-Assad.
Une affirmation qui pourrait avoir légèrement évoluée depuis qu’Américains et Syriens échangent des informations par l’entremise des Irakiens sur l’Etat Islamique en Syrie.

Des responsables de la CIA en Syrie
Une mission de la CIA s’est récemment rendue en Syrie, pour coordonner la lutte contre l’Etat Islamique.
«Une mission américaine s’est rendue, récemment, via le Liban, en Syrie, ont annoncé, lundi, des sources bien informées au journal libanais "Al-Jumhurria". «Cette visite se fait, en raison de relations sécuritaires directes entre la Syrie et les Etats-Unis», toujours, d’après les mêmes sources. Cette mission, qui s’est rendue, via le Liban, en Syrie, comprend des responsables de la CIA, précisent les mêmes sources. «Cette visite est effectuée, dans le cadre de coordinations, dans la lutte  contre Daech.

Aïn el-Arab (Kobane en kurde)
Le fait que les Jihadistes de l’Etat Islamique aient pu attaquer le poste frontière entre Kobané et la frontière turque à partir du territoire turc provoque des remous au sein de la classe politique turque.
Le politicien kurde et ancien candidat à la présidentielle, Selahattin Demirtas exige une enquête pour déterminer comment des Jihadistes ont pu mener une attaque en Syrie à partir du territoire national turc, samedi 29 novembre 2014.
Est-ce que les villages (turcs) évacués par l'État l'ont été pour faciliter le passage des gangs du groupe EI ? » s’est interrogé l’homme politique.
Le PKK, le Parti démocratique kurde, a également accusé la Turquie d’abriter des Jihadistes de l’Etat Islamique sur son sol. Dans un communiqué publié samedi 29 novembre, le PKK a affirmé que les Jihadistes utilisaient des silos à blé en territoire turc comme base de départ pour leurs attaques contre Kobané. Il s’agirait selon lui d’un scandale des autorités sécuritaires turques.
«  Comme nous l’affirmons depuis des mois, ceci prouve une fois de plus que l’EI est supporté (à partir de l’intérieur de la Turquie) » était-il écrit dans le communiqué.
Ankara a démenti dans les termes les plus catégoriques ces accusations. Le bureau du premier ministre, Ahmet Davutoglu, affirme qu’Ankara a pris toutes les mesures nécessaires le long de la frontière syro-turque, niant le fait que l’attaque jihadiste contre le poste frontière ait eu lieu à partir du territoire turc.

Les Jihadistes ont subi de lourdes pertes à Kobané
La dernière attaque en date menée par les Jihadistes de l’Etat Islamique contre Kobané a été extrêmement coûteuse en hommes et matériel pour eux en raison des bombardements menés par les avions de la coalition internationale (une trentaine pour la seule journée du samedi 29 novembre), ainsi qu’en raison de la farouche résistance opposée par les Kurdes dans la ville et autour du poste frontière. On parle d’une cinquantaine de Jihadistes de l’EI mis hors de combat.
En tout, ce sont cinq attaques-suicide qui ont été menées par les Jihadistes contre les positions de leurs adversaires, dont deux contre le poste-frontière contrôlé par les Kurdes. Des responsables du principal parti kurde syrien PYD et l'OSDH (Office Syrien des Droits de l’Homme) ont affirmé que les kamikazes de l'EI étaient venus « du côté turc » de la frontière.

Vidéo
La vidéo suivante montre les combats de Kobane et les raids de la coalition internationale :
https://www.youtube.com/watch?v=4Fl5X_D8IVU&feature=p...

La coalition internationale a bombardé Raqqa
Les avions de la coalition ont également conduit samedi soir, 29 novembre, de nombreuses frappes sur Raqqa et dans les environs de cette ville du Nord devenue la « capitale » de l'EI. Une trentaine de positions jihadistes auraient été la cible des bombardiers. « Cela faisait longtemps qu'un nombre aussi élevé de cibles n'avaient pas été visé », a souligné Rami Abdel Rahmane, fondateur de l’OSDH.
Les bombardements de la coalition internationale et de l’aviation syrienne auraient provoqué la mort de 200 personnes au moins en une semaine.
En représailles, les Jihadistes de l’EI ont exécuté quatre militaires syriens et traînés leurs corps dans les rues de la ville.

Damas
Nouvelle russe sur les combats de Djobar (banlieue de Damas). Les films russes sont toujours aussi impressionnants :
https://www.youtube.com/watch?list=UU3wZesPkjsxlnywLiT8Ie...

Ghouta orientale (est de Damas)
L’assassinat de chefs rebelles se poursuit dans la Ghouta orientale sans qu’on sache actuellement s’ils ont été exécutés par l’Etat Islamique ou pour le compte du gouvernement syrien.
L’un des dirigeants est Hassan Rahib, commandant de la brigade al-Ummah. Il a été tué à Harasta, domanche 30 novembre.
L’autre est Yousef Abdul Wahhab, un commandant de Jeich al-Islam (l’armée de l’Islam) soutenue et armée par l’Arabie saoudite. Il a été assassiné dans le village d’al-Reihan, près de Douma. Il s’agit du troisième commandant de Jeich al-Islam assassiné dans la Ghouta orientale.

Youssef Abdul Wahhab.jpgWahhab
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Province de Lattaquié
Une vidéo (langue russe) sur les atrocités commises dans la province de Lattaquié par le Front al-Nosra :
https://www.youtube.com/watch?list=UU3wZesPkjsxlnywLiT8Ie...

Ailleurs en Syrie
Dans les provinces de Deraa et d'Alep, des raids de l'armée syrienne ont fait hier 29 morts, dont sept femmes et trois enfants, a rapporté l'OSDH. La veille, toujours selon l'ONG, le Front al-Nosra, branche syrienne d'el-Qaëda, a exécuté 13 combattants de l'opposition, après que l'un d'entre eux ait tué un commandant jihadiste.

Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) suspend son aide aux réfugiés syriens
Le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM) a annoncé lundi 1er décembre qu'il était contraint de suspendre son aide à 1,7 million de réfugiés syriens du fait d'un manque de financements.
Le PAM  précise qu'il n'est plus en mesure de fournir des coupons alimentaires à ces réfugiés syriens vivant en Jordanie, au Liban, en Turquie, en Irak et en Egypte.
"Sans ces coupons du PAM, de nombreuses familles vont connaître la faim. Pour des réfugiés qui luttent déjà pour survivre à l'hiver, les conséquences de l'arrêt de cette assistance seront dévastatrices", poursuit le PAM.
Les besoins de financement de l'agence de l'Onu sont de 64 millions de dollars pour le mois de décembre pour venir en aide aux réfugiés syriens.

Tunisie

La Tunisie fait face à l'essor d'une mouvance jihadiste armée depuis la révolution de janvier 2011. Les soldats, policiers et gendarmes sont régulièrement tués dans des embuscades, des explosions et des affrontements, notamment dans la région frontière entre la Tunisie et l'Algérie. Cette région frontalière est également une zone de trafics en tout genre.

Jihadistes tunisiens avec l’Etat Islamique
La Tunisie est l’un des principaux pays fournisseurs de combattants jihadistes à l’Etat Islamique. La photo ci-dessous montre un groupe d’entre eux. Le personnage au premier rang (le deuxième à partir de la gauche) est Kamel Zarrouk :

Kamel Zarrouk.jpg
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un gendarme tunisien décapité par des jihadistes en Tunisie
Un gendarme tunisien qui n'était pas en service a été enlevé et décapité dimanche 30 novembre dans la région montagneuse du Kef (nord-ouest) par des Jihadistes.
L'agent voyageait en voiture avec son frère lorsque leur véhicule a été immobilisé par des hommes armés qui cherchaient à voler les deux passagers. Les assaillants ont alors découvert que la victime était un agent des forces de l'ordre et l'ont enlevé et tué.
Le frère du gendarme est sain et sauf.
Les autorités ont aussitôt lancé une opération de "ratissage" dans cette région montagneuse non loin de la frontière algérienne.

Israël

Nouvel incident sécuritaire en Israël
Une jeune Palestinienne de 20 ans a  attaqué un Israélien au couteau près de Gush Etzion, en Cisjordanie, le blessant légèrement. Les forces de sécurité ont tiré sur l’assaillante, la blessant sérieusement. Israël a connu une série d’attaques au couteau ou à la voiture bélier depuis l’automne 2014.

Jean René Belliard

29/11/2014

29 novembre 2014 – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

Front irakien

Le général Souleimani agace les Américains
A peine quelques heures après la chute de Mossoul, un avion privé à bord duquel se trouvait le commandant de la brigade des forces spéciales iraniennes al-Qods, Qassem Souleimani, a atterri à Bagdad. Il était accompagné par des experts militaires iraniens et libanais. La délégation a été accueillie par les chefs des forces populaires, un groupe de brigades soutenues par l’Iran.
Celles-ci avaient été formées en 2003 pour lutter contre l’occupation américaine. Il s’agit notamment de: Asaib Ahl al-Haqq (ligue des vertueux), les brigades Badr, le Hezbollah irakien, les brigades de l’Imam Ali, les brigades de l’Imam Hussein, et le mouvement Risalat.
« Toutes ces brigades étaient prêtes et n’avaient besoin que d’une personne qui puisse commander la bataille contre l’Etat Islamique en soutien des unités de l’armée irakienne.
Des milliers d’Irakiens ont répondu à l’appel des plus hautes références religieuses (Marjaiya) en rejoignant les camps d’entrainement mis en place par les forces populaires et l’armée irakienne.
La priorité était de protéger Bagdad et ses alentours dès le début de l'offensive jihadiste du mois de juin 2014.
Mais le premier ordre que Qassem Souleimani a donné aux milices chiites a été de sécuriser la route reliant Bagdad à Samarra, une ville située à 110km au nord de Bagdad. La ville possède un mausolée chiite, le mausolée al-Askari. Ce mausolée avait été la cible d’un sanglant attentat le 22 février 2006, lequel avait déclenché une guerre confessionnelle entre sunnites et chiites qui a fait des dizaines de milliers de morts dans les années suivantes.
Les chefs des forces populaires n’étaient pas très chauds, prétextant qu’ils n’étaient pas encore prêts pour mener une bataille dans les circonstances actuelles. Mais, le général iranien a insisté et a participé en personne aux combats pour la sécurisation de la route.
L’armée et les forces populaires ont rapidement enregistré des progrès face aux Jihadistes de Daech. Elles ont sécurisé Bagdad et ses alentours, évité à Samarra de tomber entre les mains de l’EI, protégé Doujail et Balad. Elles ont repris Tal-Afar, Amerli, Souleiman Bek et de larges territoires de la province de Salaheddine.
Le général iranien, Qassem Souleimani a joué un rôle crucial pour remonter le moral des combattants à un moment où tout semblait perdu. Il a été  présent lors des principales batailles contre Daech dans la région occidentale d’Al-Anbar, dans les régions kurdes de Diyala (est), dans la région pétrolière de Kirkouk et dans la récente bataille pour la libération de la raffinerie de Baïji. Il a également participé cet été aux combats d’Amerli, au nord de Bagdad, et près d’Erbil, capitale de la région du Kurdistan irakien.
On prétend que les photographies de Souleimani prises lors des scènes de combats en Irak ont irrité le président américain.

Bataille de Ramadi (province sunnite d’al-Anbar)
L'armée irakienne, appuyée par des tribus, résistait toujours dans le centre-ville, samedi 29 novembre. "D'intenses combats opposant les forces de sécurité et des unités tribales à l'EI ont lieu dans les quartiers d'Al-Hoz, Mouallimine et El-Bakr".
Le quartier d'Al-Hoz, au sud de Ramadi, était tombé aux mains de l'EI cette semaine. Selon cheikh Omar al-Alwani, chef de l'une des tribus sunnites en guerre contre l'EI, l'armée et les combattants tribaux progressent, mais "lentement". "Ils contrôlent l'entrée du quartier" d'Al-Hoz, a-t-il précisé.
"Il y a beaucoup de pièges et nous n'avons pas d'équipe de déminage avec nous, donc nous ne pouvons prendre position dans les bâtiments qu'après avoir lancé des grenades dedans pour vérifier s'ils sont piégés avec des explosifs ou non", a ajouté M. Alwani.
"Si l'armée reste avec nous, nous pourrons reprendre entièrement le quartier bientôt", a-t-il encore dit, ajoutant que des raids aériens de l'armée irakienne avaient détruit des positions de snipers et des véhicules blindés de l'EI.
A noter que cheikh Omar al-Alwani appartient à la même tribu que le député Ahmad al-Alwani qui vient d’être condamné à mort par la cour criminelle centrale.
Vidéo des combats menés avec l’aide de l’aviation irakienne par les milices chiites et les tribus sunnites contre les Jihadistes de l’EI :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=b3f4067cc50d
Vidéo du ministère de la défense montrant des bombardements aériens contre des cibles de l’EI dans la province sunnite d’al-Anbar :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=374cd8d7955f

Kurdistan irakien – region de Kirkouk
Les Peshmergas, aidés par la Golden Brigade de l’armée irakienne et des miliciens chiites ont repris la localité d'al-Heliwa.
Vidéo :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=5134c95d404a

Front syrien

Une révolution manquée - Mais comment en est-on arrivé là ?
Les manifestants de la première heure, qui défilaient pacifiquement dans les rues des grandes villes syriennes en 2011 pour réclamer plus de démocratie ont disparu. La plupart sont morts, emprisonnés, ont choisi l’exil ou se cachent autant des forces de sécurité que des milices islamiques.
Pour eux, le rêve a viré au cauchemar. Ils se sont retrouvés marginalisés par l’horreur d’une guerre sans merci entre l’Armée Arabe Syrienne (AAS) et les Jihadistes pour le contrôle de portions du territoire syrien. Même les héros de l’Armée Syrienne Libre (ASL), qui ont un temps nourri les espoirs des révoltés, ne jouent plus qu’un rôle marginal, se transformant la plupart du temps en seigneurs de la guerre régnant sur de minuscules fiefs. Ils ne font pas le poids face à la pression des brigades jihadistes bien organisées et fortement armées
La communauté internationale est tout aussi désemparée. En proie aux luttes d’influence entre grandes puissances et entre ténors du monde islamique (Turquie et Qatar – Arabie saoudite et Emirats arabes unis), elle n’a jamais réussi à se mettre d’accord sur le choix du chef providentiel, capable de fédérer l’ensemble de l’opposition pour être une alternative à Bachar el-Assad.
Conscient de l’impuissance de la communauté internationale, Bachar el-Assad et ses forces de sécurité on pu poursuivre en toute impunité les campagnes impitoyables de bombardements et d’arrestations.
C’est dans ce contexte de pessimisme absolu que les organisations jihadistes ont pu fédérer un nombre sans cesse croissant de combattants. C’est tout d’abord le Front al-Nosra, le représentant officiel d’al-Qaïda en Syrie, qui est apparu sur la scène syrienne. Mais il a été très vite concurrencé par une organisation encore plus aguerrie et impitoyable : l’Etat Islamique d’Irak et du Levant (EIIL) devenu l’Etat Islamique après son offensive en Irak de juin 2014. Les combattants de l’Etat Islamique avaient des années d’expérience des combats contre l’armée américaine lorsque celle-ci occupait l’Irak.
Américains et Saoudiens ont sans doute cru qu’ils pourraient instrumentaliser l’EIIL pour venir à bout du premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, qui avait eu le tort de dresser la communauté sunnite d’Irak contre lui en menant une politique trop favorable aux Chiites et qui était également soupçonné de faire la part belle à l’Iran. Mais le poulain est devenu une bête féroce indomptable.
Il a bien fallu parer à la menace, d’où la mobilisation internationale contre l’EI, tant en Irak qu’en Syrie, pays dans lequel l’organisation salafiste s’était fortement implantée. Et face à la cruauté et à la menace de l'État islamique, il semble que l’administration Obama se soit résignée à laisser Bachar el-Assad au pouvoir. 

Nouvelle offensive jihadiste à Aïn el-Arab (Kibané en Kurde)
De violents combats opposaient samedi 29 novembre, pour la première fois, les Jihadistes de l’État islamique (EI) aux forces kurdes au poste-frontière entre la ville syrienne de Kobané et la Turquie.
L’assaut a débuté par trois attaques suicides, l’une à la voiture piégée et une autre avec une ceinture explosive. L’un des kamikazes s’est fait sauter au poste frontière de Mursitpinar. Il aurait gagné le poste frontière à partir du territoire turc selon des témoins. Une accusation extrêmement grave contre le gouvernement turc si ce fait se révèle exact.
Les attentats ont aussitôt été suivis par de violents affrontements entre les Jihadistes et les Unités de protection du peuple kurde (YPG).
Les combats se sont déroulés à partir de 5h du matin à une vingtaine de mètres du poste-frontière. Il semble qu’il soit désormais entre les mains des Jihadistes. On a également appris que le mont Sheir serait aussi entre les mains des combattants de l’EI. D’autres informations font état de la présence de miliciens jihadistes sur la place Azadi, au centre de Kobane.
Les combattants kurdes semblent être en grande difficulté et seraient encerclés par les Jihadistes qui ont lancé leur nouvelle offensive sur quatre axes.
Cette video kurde montre la résistance des miliciens kurdes de l’YPG au poste frontière :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=2e2447dc1aac

Vidéo de Russia today sur la situation à Kobané (langue arabe):
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Alep
Une gigantesque explosion a eu lieu, le samedi 29 novembre, à Zahra, une des deux localités chiites encerclées par l’Etat Islamique. Un BMP (transport de troupes blindé) bourré d’explosifs, conduit par un kamikaze s’est fait exploser contre une position de l’AAS. On voit le BMP dans la première vidéo :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=4c3c8295a279
et une autre vidéo de la scène :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=8a0fbdb49b7d

Damas et sa banlieue
Toujours des combats à Jobar – Nouvelle vidéo russe :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=110ad670c7de

Jean René Belliard