22/08/2014

22 août 2015 – 46e jour de conflit entre Israël et Gaza

Aucun dirigeant du Hamas ne peut plus se sentir en sécurité
Le coordinateur des activités de Tsahal en Cisjordanie et Gaza, le major-général Yoav Mordechai, a averti, au cours d’une interview à la chaîne de télévision Sky News édition arabe, qu'aucun dirigeant du Hamas ne pourra plus se sentir en sécurité. Il a souligné que cela s'applique à la fois à la direction politique du Hamas comme aux chefs des Brigades Ezzedine al-Qassam, l’aile militaire,  du mouvement de la résistance palestinienne.
Yoav Mordechai a ajouté que les pourparlers du Caire ne reprendront pas tant que les militants palestiniens tireront sur Israël.
 
10 000 réservistes israéliens
Le Conseil des ministres a approuvé, le 21 août, le l'appel de 10.000 réservistes.
 
300 roquettes tirées sur Israël depuis le 19 août (fin de la trêve)
Selon le service de presse de l'armée israélienne environ 300 missiles ont été tirés en direction d’Israël depuis la fin de la trêve, le 19 août. 50 d'entre eux ont été abattus par le système de défense antimissile "Iron Dome", et plusieurs sont tombés à l’intérieur de la bande de Gaza. Un seul Israélien a été blessé.

Tsahal a attaqué plus de 150 objectifs 
L’armée israélienne a attaqué plus de 150 objectifs dans la bande de Gaza au cours de la même période. Des sources palestiniennes ont rapporté le décès de 60 personnes et au moins 200 autres ont été blessées. Au total, depuis le 8 juillet, 2083 personnes ont été tuées à Gaza au cours de l’opération « Bordure protectrice ».

La psychose de l’espionnage s’empare de Gazacollabo_execution2.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La psychose de l’espionnage s’installe à Gaza après la frappe aérienne contre le chef militaire des Brigades Ezzedine al-Qassam mercredi 20 août et la mort de trois commandants de cette organisation le lendemain. La branche armée du Hamas a exécuté, ce vendredi 22 août, dix-huit Palestiniens coupables selon elle d'avoir collaboré avec l'ennemi israélien pendant la guerre de Gaza.
Six ont été exécutés sur la place publique par des hommes portant l'uniforme des Brigades Ezzedine al-Qassam. Ces exécutions ont eu lieu devant des centaines de fidèles qui sortaient de la prière hebdomadaire du vendredi.
Onze autres hommes ont été fusillés près du siège de la police dans le centre-ville de Gaza. Un dernier a été exécuté sur une autre place à proximité.
Selon la loi palestinienne, les collaborateurs, les meurtriers et les trafiquants de drogue sont passibles de la peine de mort. Le Hamas avait annoncé en mai avoir exécuté deux "collaborateurs", l'un par balles et l'autre par pendaison.
En principe, toute exécution doit être approuvée par le président palestinien Mahmoud Abbas, qui dirige l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) avec laquelle le Hamas a récemment signé un accord de réconciliation. Dans les faits, c'est le Hamas qui contrôle la bande de Gaza.

Activité diplomatique : Deux rivalités en jeu

Gaza – L’occasion d’un bras de fer entre le Qatar et l’Arabie saoudite
Les Israéliens soupçonnent le Qatar d’avoir « dynamité » en sous-main les négociations de paix du Caire et d’avoir poussé le Hamas à reprendre ses tirs de missiles avant même la fin de la précédente trêve. On dit même que le Qatar aurait menacé d’expulsion Khaled Mechaal, le chef du bureau politique du Hamas, réfugié à Doha (Qatar), si le Hamas passait outre aux injonctions qataries et signait un accord avec Israël sponsorisé par l’Egypte…et donc par  l’Arabie saoudite.
Quel rôle joue le Qatar dans cette affaire ? Le Qatar veut marquer sa différence avec l’Arabie saoudite et profite, partout où il le peut, de la rivalité entre Riyad et Téhéran. Il s’appuie sur l’Iran, sans toutefois trop s’engager vis-à-vis de Téhéran, pour maintenir à distance la puissance saoudienne et ses satellites émiratis. Le soutien des Frères Musulmans, dont le Hamas est proche, et qui sont soutenus par l’Iran, est un bon moyen pour le Qatar de partager un point-de-vue  avec les Iraniens et de se différencier des Saoudiens qui ont les Frères musulmans en sainte horreur.
Les négociations de paix entre Israël et Gaza devraient plutôt commencer par des négociations entre l’Arabie saoudite et le Qatar. C’est sans doute pour cette raison que Mahmoud Abbas, le président de l’AP (Autorité Palestinienne) s’est rendu à Doha pour rencontrer les autorités qataries et Khaled Mechaal pour trouver un terrain d’entente.

Gaza – L’occasion d’une rivalité diplomatique entre l’Europe et les Etats-Unis
Le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne ne veulent pas laisser la diplomatie américaine seule à la manœuvre. C'est pourquoi les trois pays européens ont présenté les principaux éléments préparant une nouvelle résolution du Conseil de sécurité des Nations unies destinée à mettre un terme à six semaines de conflit.
La résolution prévoirait un appel à un cessez-le-feu immédiat et durable qui mettrait un terme aux tirs de roquettes vers Israël et aux opérations militaires dans la bande de Gaza. Il prévoit également un retour de l'Autorité palestinienne à Gaza, qui est dirigé par le Hamas depuis 7 ans. Il prévoit aussi la levée des restrictions économiques et humanitaires et l’ouverture des frontières.
"Nous recevons des messages positifs de la région selon lesquels ça pourrait aider", a déclaré à l'AFP une source diplomatique au sujet de l'initiative européenne. Mais les discussions sont encore à un stade préliminaire et il n’est pas possible de prévoir quand cette résolution pourrait être présentée.
A noter qu’une précédente résolution proposée par la Jordanie avait rencontré des résistances, surtout de la part des Etats-Unis. La projet de résolution jordanien ne prévoyait aucun système de contrôle et de vérification du respect du cessez-le-feu et de surveillance les flux de marchandises vers Gaza alors que ceci est prévu dans le projet de résolution européen.

Résumé du 22 Août 2014
00h00-06h00. Pas de rapport d’activité.
06h00. Les srènes ont été entendues à Yad Mordechai, Nativ-Asar, Hof Ashkelon et Eshkol. Plusieurs roquettes se sont abattues sans faire ni blessés ni dégâts.
07h00. L’armée de l’air israélienne a poursuivi ses bombardements d’objectifs à l’intérieur de la bande de Gaza.  Le site israélien Walla, confirmé par des sources palestiniennes, a rapporté que trois cibles ont été attaquées dans la matinée du 22  août.
08h00. Un missile explose à Eshkol sans que la sirène d’alarme n’ait retenti.
Au moins deux roquettes ont explosé à Eshkol et Hof Ashkelon sans faire de victimes.
 L’Armée de l'Air israélienne a frappé des cibles dans la région de Jabaliya (nord de la bande de Gaza), Deir el-Balah (secteur centre) et dans la ville de Gaza.
Les sirènes ont retenti  dans la zone industrielle d'Ashkelon, ainsi que dans les secteurs de Hof Ashkelon, Zikim, Carmen et Nativ a-Asara. Un missile a été détruit par le système de défense antimissile "Iron Dome" au-dessus d’Ashkelon.
Des bombardements au mortier ont atteint le PPC "Kissufim".
09h19. Des sources palestiniennes ont signalé deux morts près du camp de réfugiés de Nuseirat dans le centre de la bande de Gaza. L'armée de l'air israélienne a également frappé des cibles dans la région de Khan Younès, dans le sud de Gaza. Le Ministère de la Santé de Gaza a déclaré que quatre personnes avaient été tuées.
10h00. Trois roquettes ou obus de mortier ont atteint Eshkol sans que les sirènes aient prévenu. C’est la deuxième fois aujourd’hui que la population n’est pas prévenue par les sirènes de l’arrivée de projectiles. Les Palestiniens utilisent-ils une nouvelle méthode ? Une roquette a explosé près d'un jardin d'enfants sans faire de victimes.
Les sirènes ont retenti à Ashkelon où deux explosions ont été entendues. Selon les rapports, il s’agirait de deux missiles "Grad" qui auraient été abattus par le système de défense antimissile "Iron Dome".
11h00. Explosion d’une roquette à Eshkol sans faire de victimes.
Les sirènes retentissent à Sdot Néguev. Deux missiles "Grad" explosent près de Netivot.
Nouvelles sirènes à Sderot et les villages de la région de Shaar Hanegev où deux explosions sont entendues. L'armée a informé que le système de défense antimissile "Iron Dome" avait touché deux projectiles à Sderot. Une autre roquette a été abattue près de Sdot Néguev.
"Al-Jazira" rapporte que la bande de Gaza a été « relativement calme » ce vendredi bien que l'Armée de l'Air et la Marine israéliennes aient effectué des attaques de temps en temps contre des militants ou des objectifs individuels en rase campagne.
12h00. Les sirènes se font entendre à Beersheba, dans les secteurs de Bnei Shimon, Merhavim, Gilad et Eshel a Nasi. Un missile a été détruit par le système de défense antimissile "Iron Dome" près de Beersheba. Une autre est tombé dans un secteur désert sans causer de dommages. Un habitant de Beersheba aurait été blessé par des éclats d’un missile à Beersheba alors qu’il se trouvait dans le parking d'un immeuble. La victime a été transportée à l'hôpital, "Soroka" et son pronostic vital n’est pas engagé.
Cinq roquettes explosent sur le territoire du Conseil régional d’Eshkol.
Bombardements sur Sdot Néguev atteint par deux missiles.
Nouvelles sirènes à Eshkol et Sderot tandis que trois missiles sont détruits par "Iron Dome", avant de tomber dans des terrains vagues, faisant un blessé léger. 
Sirènes à Zikim, Carmen, Yad Mordechai, Nativ a Asara et Hof Ashkelon.
13h00. Eshkol et Nativ a Asara reçoivent plusieurs missiles.
Des sources palestiniennes informent qu’un bombardement a détruit la maison d’Ahmad Hajj, un commandant des Brigades Ezzedine al-Qassam.
14h00. Une roquette tirée de Gaza a explosé dans le centre de Tel Aviv, dans un terrain vague, selon le service de presse de l'armée israélienne. Les sirènes d’alarme n’avaient pas été déclenchées. Le Hamas a revendiqué la responsabilité du tir.
Dans le même temps, les combattants palestiniens ont tiré sur les secteurs d’Eshkol, Sdot Néguev et Shaar Hanegev où trois missiles explosaient effectivement.
15h00. Quatre missiles ont atteint les secteurs d’ Eshkol et Sdot Néguev.
Les combattants palestiniens ont tiré sur Hof Ashkelon et Ashdod. A Ashdod une roquette a touché la synagogue. Deux personnes ont subi des blessures mineures par des éclats d'obus. Le système de défense antimissile "Iron Dome" a détruit un missile à Hof Ashkelon.
17h00. Une roquette a touché une maison à Sderot sans faire de victimes. Le système de défense "Iron Dome" a intercepté un autre projectile. Plusieurs roquettes ont été tirées en direction d’Eshkol et Shaar Hanegev.
18h00. Un obus de mortier a explosé dans le parking près de la piscine d’un village de la région de Shaar Hanegev, tuant un enfant de quatre ans. Le Premier ministre, Benyamin Netanyahu, a déclaré que le Hamas payera très cher pour la mort de cet enfant.
Les palestiniens ont tiré en direction de Gush Dan. Deux roquettes ont été interceptées dans le ciel de Holon par le système de défense antimissile "Iron Dome". Les sirènes ont également retenti à Ashdod et Hevel Yavne.
Des roquettes ont été tirées en direction de Hof Ashkelon, Sdot Néguev, Shaar Hanegev.
19h00. Tirs de roquettes massifs sur les régions proches de la bande de Gaza,  Sdot Néguev, Shaar Hanegev, Eshkol.
Tsahal a  attaqué des cibles dans le centre de la ville de Gaza, provoquant la mort d’un Palestinien. Sept personnes avaient été tuées au cours de bombardements israéliens dans la matinée. 
21h00. Tsahal procède à de très violents bombardements de Gaza qui auraient fait une dizaine de morts.
 

Vidéo de l’armée israélienne
Récit d’un soldat de Tsahal sur l’opération terrestre à Gaza :
https://www.youtube.com/watch?v=1nQeI2W34xU&list=UUaw...

Vidéo d'al-Jazeera
Enterrement des commandants des Brigades Ezzedine al-Qaddam tués par l’armée israélienne :
https://www.youtube.com/watch?v=CreY27CKaTc&feature=p...

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

08:27 Publié dans Brigades Ezzedine al-Qassam, Etats-Unis, France, Gaza, Hamas, Israel | Lien permanent | Commentaires (1) | | | | |

18/08/2014

L'Etat Islamique - Une menace pour l'Europe et les Etats-Unis

Les Etats-Unis craignent que les Jihadistes de l’Etat Islamique commettent des attentats sanglants en Europe et même aux USA
Des responsables américains de la lutte anti-terroriste viennent de tirer la sonnette d’alarme à propos de la menace posée par les Jihadistes de l'Etat islamique (EI). Ils pensent que  le groupe musulman extrémiste ambitionne d’élargir son champ d’action en dehors du Moyen-Orient et pourrait planifier des attaques terroristes en Europe occidentale - et même sur le territoire américain.

L’Etat Islamique surarmé
La conquête par les Jihadistes de l’EI de vastes étendues de territoire en Syrie et en Irak à partir du printemps 2014 lui a permis de récupérer un arsenal impressionnant constitué d’armes souvent d’origine américaine laissé par les Etats-Unis à l’armée irakienne lors de leur retrait d’Irak. Ces armes avaient été abandonnées par les soldats irakiens en fuite, principalement sur deux bases militaires irakiennes, le Camp Speicher et la base aérienne Rashid, en Juillet dernier. Le butin des Jihadistes comprend des centaines de chars, des véhicules Humvee blindés lourds, des fusils d'assaut et des lance-grenades propulsées par fusée (RPG), ainsi que des MANPADS, des missiles sol-air qui peuvent abattre des avions volant à basse altitude.  A tel point qu’on peut aujourd’hui considérer l’Etat Islamique comme la force armée la plus puissante de tous les groupes « terroristes » au monde.
L’EI ne manque pas non plus de fonds. Le groupe terroristes a également  saisi des banques, mis la main sur de grandes quantités d'argent et des gisements de pétrole qu’il se permet maintenant de vendre, ainsi que d'autres produits de contrebande. L’EI "a beaucoup de liquidités. Il a beaucoup d'argent. Il contrôle les champs de pétrole, ils ont des raffineries. Ils ont des centaines de millions de dollars ", a déclaré un analyste américain au cours d’un briefing.
"Ils ont suffisamment de fournitures, de matériel et de munitions pour tenir cinq ans», a déclaré John Maguire, un ancien haut officier de la CIA en Irak qui conserve des liens étroits avec le gouvernement régional kurde. Grace à l'aide d'anciens officiers militaires irakiens qui ont rejoint l’EI, "ils savent comment faire fonctionner le matériel américain."
   
L’Etat Islamique a un but : le Califat
Dirigé par son chef Abou Bakr al-Baghdadi, le groupe islamiste radical cherche à recréer le « califat » au Moyen Orient en renversant les gouvernements irakien et syrien.

L’Etat Islamique veut aller plus loin
«Nous assistons à une expansion de ses ambitions terroristes externes,"  a déclaré un fonctionnaire de la lutte anti-terroriste des États-Unis lors d'un briefing pour les journalistes jeudi 14 août 2014. "Au fur et à mesure du développement de ses moyens, il a attiré des milliers de Jihadistes étrangers - dont certains rentrent chez eux pour créer des cellules » et poursuivre le Jihad.
Ces combattants étrangers donne à l'Etat Islamique la capacité d’aller plus loin et de mener des attaques en dehors du Moyen Orient.
Les agences de lutte anti-terroriste américaines avaient estimé le nombre de combattants de l’Etat Islamique à environ 10.000.  Mais ce chiffre doit être aujourd’hui réévalué et il sera probablement nettement augmenté.
 
L’armée américaine avait déjà eu à combattre ces Jihadistes
Il ya quatre ans, le groupe jihadiste, qui se faisait appeler alors « Etat islamique d'Irak », a été décimé et dispersé par les forces américaines, aidées par des tribus sunnites horrifiées par la cruauté souvent grotesques du groupe. Les membres des tribus sunnites étaient révoltés par les exécutions sommaires, les lapidations, les décapitations rituelles et même les crucifixions.

Pourquoi est-il réapparu ?
Les agents américains pensent que le groupe s’est nourri du ressentiment sunnite à l’égard de la politique pro-chiite et des discriminations contre les Sunnites menées par le gouvernement à domination chiite du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki. C’est pour cette raison que ce dernier a été contraint à quitter le pouvoir. Les Jihadistes de l’Etat Islamique ont profité de la carence du pouvoir dans le nord de l'Irak pour s'emparer de larges portions du territoire. L’Etat Islamique a également recruté de nombreux prisonniers sunnites. En Juillet 2013, ils ont réussi à pénétrer dans la célèbre  prison d'Abou Ghraib pour libérer jusqu'à 500 détenus, dont des dirigeants d'Al-Qaïda.


Les succès de l’Etat Islamique attirent les Jihadistes du monde entier
Les succès de l’Etat Islamique a attiré les Jihadistes du monde entier, surtout après son entrée en guerre sur le théâtre de la guerre civile syrienne. Il a alors changé son nom, remplaçant « Etat Islamique d’Irak »  par « Etat Islamique d’Irak et du Levant » (EIIL). Il a à nouveau changé son nom en se faisant appeler « État islamique » après sa proclamation d’un califat, en référence au Califat remontant au septième siècle. Les Jihadistes étrangers ont rapidement gonflé ses rangs et compte aujourd’hui des centaines de Tchétchènes sous les ordres d’un militant à la barbe rousse, Omar al-Shishani, un ancien sergent de l'armée géorgienne connu pour sa profonde haine de l'Amérique.

Al-Qaïda souffre de la concurrence de l’EI
Il y a depuis quelques temps des signes que certains Jihadistes liés à Al-Qaida se tournent vers l’Etat Islamique et lui prêtent allégeance - malgré le désaveu porté contre l’EI par le chef d'Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri.

Les craintes des Occidentaux
Les craintes occidentales que le terrorisme islamique déborde de la Syrie et de l'Irak se sont révélées fondées en Juin 2014 quand la police française a arrêté un "Jihadiste armé" qui venait de rentrer de Syrie au moment même où quatre personnes - dont deux touristes israéliens – étaient abattus par un Jihadiste dans un centre juif à Bruxelles.
Depuis lors, les autorités en Europe ont pourchassé les cellules terroristes liées à l’EI, y compris au Kosovo où les fonctionnaires de police ont arrêté cette semaine 40 suspects qui étaient revenus d'Irak et de Syrie, parmi lesquels certains avaient combattu avec ’EI. Les autorités kosovares ont également saisi des armes et des explosifs dans des dizaines d’endroits.
 
Intense propagande en faveur de l’EI sur Twitter
L’Etat Islamique et ses partisans se sont également révélés très actifs pour utiliser les réseaux sociaux, et proférer des menaces contre l'Occident, y compris les États-Unis.
"Probablement le plus frappant sont les menaces qui pullulent sur Twitter», a déclaré un responsable américain qui surveille les réseaux sociaux. "Nous avons vu des dizaines de milliers de messages par des dizaines de milliers de personnes soutenant l’EI, des menaces de faire sauter les ambassades américaines." Un message a même montré une bannière de l’EI apparemment superposée sur une image de la Maison Blanche.
Il est encore difficile de savoir si ces menaces sont réelles, car pour l’instant l’EI semble se concentrer sur sa guerre avec le gouvernement irakien. Heureusement, la démission de Maliki profondément impopulaire pourra permettre de renforcer la coopération américano-irakienne dans la lutte contre les insurgés.
 
Abou Baker al-Bagdadi, le nouveau Ben Laden
Abou Baker al-Baghdadi – qui, selon certains officiels américains doit être considéré  comme le vrai successeur ‘Oussama ben Laden - est censé être constamment en mouvement. Mais l’EI semble avoir établi un quartier général à Raqqa en Syrie du Nord, où des drapeaux noirs du groupe surmontent les bâtiments administratifs.
Comme le  président Obama a limité les frappes aériennes américaines à l'Irak, le refuge de Raqqa se trouve hors d’atteinte, a reconnu un responsable américain.
Il est clair qu’une nouvelle stratégie pour lutter contre le terrorisme est nécessaire d’urgence pour contrer la menace de l’EI.

15% des musulmans français approuvent les terroristes de l’EI selon un sondage
Jusqu'à 15% des Musulmans français affichent une attitude positive envers les terroristes de l’État Islamique.
Les jeunes Musulmans de France sont les plus nombreux à soutenir l’EI selon ce nouveau sondage.
Deux fois plus de Musulmans Français ont exprimé une opinion favorable à l’État islamique que les Musulmans de Grande-Bretagne, où le nombre de gens favorablement disposés envers l’EI s'élève à 7 pour cent, ou en Allemagne, où ils ne sont que 2 pour cent. Le sondage a été réalisé en Juillet 2014 auprès de 1000 personnes dans chacun de ces pays, âgées de plus de 15 ans (plus de 18 en Grande-Bretagne).
Cela ne veut pas dire que 15% des Musulmans français sont prêts à s’enrôler dans les rangs de l’EI mais il s’agit simplement d’une manifestation du potentiel de recrutement de l’EI dans chacun de ces pays, en raison du rejet du système existant dans son ensemble. Il s'agit d'une forme de rejet des élites, une forme de protestation .
Le sondage a été réalisé par ICM Research.

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l’enfer des espions)

20:59 Publié dans Abu Baker al-Baghdadi, Etat Islamique, Etats-Unis, France, Irak, Syrie | Lien permanent | Commentaires (5) | | | | |

14/08/2014

14 août – l’Etat Islamique progresse sur tous les fronts

Front Irakien

Les Etats-Unis font-ils marche arrière en Irak ?
Après avoir donné des signes que les Etats-Unis allaient se porter au secours des Kurdes, des Chrétiens et des Yazidis en Irak, Washington a brusquement fait marche arrière dans la soirée du 13 août, isolant une nouvelle fois François Hollande et sa promesse d’armer les Kurdes.

La situation des Yazidis n'est pas si tragique dit Wahshington
Le Pentagone a déclaré qu’il était peu probable qu’une mission soit engagée pour évacuer les Yazidis encerclés sur le Mont Sinjar par l'avancée des Jihadistes de État Islamique après qu’une équipe d'évaluation américaine ait  jugé la situation humanitaire moins mauvaise que redoutée.
Plus tôt dans la semaine, les États-Unis avaient annoncé avoir envoyé 130 Marines supplémentaires et des forces spéciales à Erbil, la capitale du Kurdistan irakien. Selon certaines informations, les forces spéciales américaines avaient gagné le mont Sinjar, avec quelques membres des SAS britanniques. Ces forces spéciales avaient pour mission de récolter des renseignements en vue d’une évacuation des Yazidis, et également repérer les cibles jihadistes en vue de frappes aériennes. 
Une vingtaine de Bérets Verts américains et du personnel humanitaire ont gagné le mont Sinjar en pleine nuit pour évaluer la situation des réfugiés qui ont fui la ville de Sinjar et les villages voisins.
Selon le Pentagone l'équipe envoyée sur place aurait  constaté beaucoup moins de personnes en fuite que prévu.
En outre, les soldats américains ont déclaré que la situation s'était améliorée grâce au fait que des milliers de Yazidis avaient réussi à quitter la montagne au cours des dernières nuits, grâce aux largages de nourriture et d'eau, à la contre-offensive des Peshmergas kurdes et aussi en raison des frappes aériennes sur les cibles de l’Etat islamique. Un drone des forces américaines a d’ailleurs, détruit, mercredi 13 août, un véhicule armé des jihadistes de l'Etat islamique près de Sinjar. «Sur la base de cette évaluation, une mission d'évacuation est beaucoup moins probable," a précisé le Pentagone

Un rapport qui tombe à pic
Le rapport fait par les Forces spéciales américaines tombe bien pour le Pentagone. En effet, l’administration Obama n’avait aucune envie, voire intention, d’envoyer des troupes au sol. Or, une opération d’évacuation d’un grand nombre de réfugiés supposait la sécurisation d’un périmètre et de voies d’évacuation par des soldats sur le terrain. Cette présence comportait le risque d’un affrontement direct avec les Jihadistes qui ont déjà pris leurs dispositions pour s’abriter des attaques aériennes en se positionnant au milieu de civils.
Tant qu’Erbil ne sera pas menacé, les Etats-Unis n’interviendront pas. Or, on a constaté ces derniers jours que les Jihadistes de l’EI n’avançaient plus vers la capitale du Kurdistan.

Front syrien

L’armée d’Assad a pris le contrôle de la ville stratégique de Mleiha
Les forces gouvernementales ont pris le contrôle total d'une localité clé dans la banlieue de Damas, après des mois de combats. La prise de cette ville stratégique est le premier succès des forces d'Assad après des semaines de revers dans le nord et la région du Qalamoun.
Les forces armées contrôlent Mleiha mais les combats continuent dans les vergers au nord et au sud de la ville.
Mleiha, à 10 km au sud-est de Damas, est un bastion rebelle que les forces du régime, appuyées par les combattants du Hezbollah libanais, cherchaient à reprendre depuis avril 2014. Depuis plus d'un an, la ville, vidée de ses habitants, était assiégée et la cible de bombardements. Le chef des forces aériennes syriennes le général Hussein Isaa, avait été tué en mai 2014 dans cette région.
Mleiha est une localité stratégique car elle représente le point d'accès vers la Ghouta orientale, une région arboricole tenue par les rebelles. "Sa prise de contrôle va hâter l'anéantissement des poches rebelles qui restent dans la Ghouta orientale", a dit une source militaire précisant que la localité était pleine de tunnels. Reprendre Mleiha permet au régime de protéger certaines zones de Damas des roquettes tirées par les rebelles.
Cette vidéo montre les bombardements de l’aviation d’Assad sur la localité de Mleiha avant sa prise par l'armée d'Assad :
https://www.youtube.com/watch?v=AzAxp6Y_yPQ&list=UUni...

Progression des Jihadistes de l'Etat Islamique à Alep
Les Jihadistes de l’Etat Islamique ont fait une progression fulgurante au nord de la province d'Alep, le mercredi 13 juillet, infligeant de lourdes pertes aux insurgés de l’Armée Syrienne Libre et du Front Islamique pro-saoudien.
Il semble que les rebelles de l’Armée Syrienne Libre et du Front Islamique aient manqué d’armes et de munitions alors que leurs adversaires du Front Islamique disposaient d’une énorme quantité d’équipements grâce à  leurs récents succès dans le nord de l'Irak et la Syrie orientale.
Le Conseil suprême des forces armées a averti mercredi qu’ "Alep tombera si la communauté internationale n'intervient pas en soutien." Le problème est que personne n’est prêt à intervenir.

Yabroud, à la frontière syro-libanaise
Yabroud, qui a été le dernier bastion important des rebelles dans la région de Qalamoun, est située à 70km au nord de Damas et à proximité du Liban. La moitié de la ville est aujourd’hui occupée par l’armée d’Assad et l’autre moitié par les insurgés.
Les combats se poursuivent avec les guérilleros du Front al-Nosra tandis que l’armée d’Assad, appuyée par le Hezbollah libanais tente toujours d’occuper la totalité de Yabroud, ainsi que la vallée le long de la frontière libano-syrienne.
Pour prendre la ville de Yabroud, il faut prendre le contrôle de la montagne Mar Maroun.
Cette vidéo montre le journaliste gagner le sommet  de cette montagne, objet de combats acharnés. Si les rebelles réussissent à conquérir cette hauteur, ils pourront  contrôler toute la ville de Yabroud et la vallée. Ils auront alors la possibilité de surveiller l'autoroute reliant Damas au nord du pays.
Les soldats d’Assad  tirent périodiquement par delà les montagnes vers les pentes où sont cachées les positions adverses..
La vidéo est signée   Andrey Filatov, Viktor Kouznetsov, Alexey Pronin, Marat Musin.
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...
  

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)