24/06/2015

24 juin 2015 – Blog d’informations sur le Moyen Orient et l’Afrique du nord

Algérie

Deux Islamistes tués à Tizi Ouzou
Les violences impliquant des islamistes armés, qui ont ensanglanté l'Algérie durant la guerre civile des années 1990, ont considérablement baissé mais des groupes restent actifs notamment dans le centre-est du pays, où ils s'en prennent généralement aux forces de sécurité.
Lundi 22 juin, encore deux islamistes armés ont été tués par l'armée algérienne à Tizi Ouzou, à plus d'une centaine de kilomètres à l'est d'Alger.
"Un détachement de l'Armée nationale populaire a abattu deux terroristes hier (lundi 22 juin) à la suite d'une embuscade tendue près de la localité de Tiguenatine à Azzeffoun", a indiqué le ministère dans un communiqué sur son site internet.
Un fusil d'assaut kalachnikov, un pistolet automatique de type Beretta et une quantité de munitions ont été saisis lors de cette opération.
Avec cette opération, le nombre d'islamistes armés tués depuis le début de l'année 2015 par les militaires s'élève à 61. Plus de 100 islamistes armés avaient été tués en 2014, selon l'armée.

Arabie saoudite

Airbus Helicopters vend 23 appareils à l'Arabie saoudite
La France récolte les fruits de son rapprochement avec les monarchies arabes !
Airbus Helicopters va vendre 23 appareils au ministère saoudien de l'Intérieur pour 500 millions d'euros et l'Arabie saoudite va lancer un projet d'étude pour l'implantation de deux réacteurs nucléaires français EPR, a annoncé mercredi 24 juin le ministère français des Affaires étrangères.
D'autres accords industriels ont été scellés à Paris lors de la première réunion de la "Commission conjointe franco-saoudienne", présidée par le chef de la diplomatie française et le ministre saoudien de la Défense, Mohamed Ben Salmane.

Front irakien : l’Etat Islamique cible des tribus sunnites

Haditha (province sunnite d'al-Anbar)
Une tribu sunnite, celle des Jughaifa, est  actuellement assiégée dans la ville de Haditha dans la province sunnite d'all-Anbar. L'Etat Islamique vient de lui lancer un ultimatum par lequel il lui demande de déposer ses armes ou de subir une "destruction totale".
 
Province de Diyala - attaque kamikaze contre un rassemblement de chefs de la tribu al-Nida
Quatorze personnes ont été tuées lors d'une attaque suicide, mardi 23 juin, contre un rassemblement de chefs tribaux sunnites dans le secteur de Baladrouz, dans la province de Diyala, au nord-est de Bagdad. L'attaque a été revendiquée par l'Etat islamique (EI).
La plupart des victimes appartiennent à la tribu Al-Nida". L'Etat Islamique a précisé que l'attaque kamikaze avait été réalisée par un Tadjik.
L'importante tribu al-Nida, basée dans la province de Diyala, avait aidé les forces gouvernementales à repousser les combattants de l'EI hors de sa région.
La province de Diyala avait été reprise par les forces loyalistes en janvier 2015 après qu'elle ait été occupée par les Jihadistes de l'Etat Islamique lors de leur fulgurante offensive lancée en juin 2014. Ces derniers continuent néanmoins d'y mener des attaques isolées.

Iran

Les trois "non" de l'Ayatollah Khamenei, le guide suprême iranien
Le guide suprême de la République Islamique d'Iran, l'Ayatollah Sayed Ali Khamenei a réaffirmé mardi 23 juin les "lignes rouges" de l'Iran dans les négociations nucléaires, exigeant la levée "immédiate" des sanctions économiques de l'ONU et des Etats-Unis en cas d'accord, et réitérant son refus de toute inspection des "sites militaires".
L'ayatollah Sayed Khamenei, qui a le dernier mot dans le dossier nucléaire, a fait cette déclaration devant l'ensemble des dirigeants du pays, y compris le président Hassan Rohani.
"Toutes les sanctions économiques, financières et bancaires, qu'elles soient celles du Conseil de sécurité ou du Congrès et gouvernement américains, doivent être annulées immédiatement au moment de la signature de l'accord et les autres sanctions doivent être levées dans des laps de temps raisonnables", a-t-il dit.
Le numéro un iranien a aussi exprimé sa méfiance à l'égard de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
"L'annulation des sanctions ne doit pas être liée à l'application par l'Iran de ses engagements. Ne dites pas : appliquez vos engagements puis (attendez) que l'AIEA le certifie pour que les sanctions soient levées. Nous n'acceptons en aucune manière une telle chose".
Sayed Khamenei a également réitéré son opposition aux "inspections non conventionnelles, à l'interrogatoire des personnalités iraniennes et à l'inspection des sites militaires".
Rappelons que la France et le Royaume-Uni ont affirmé lundi que tout accord devait comprendre un accès "si c'est nécessaire" à des sites militaires.
"Contrairement aux insistances des Américains, nous n'acceptons pas des limitations de longue durée de 10, 12 ans et nous leur avons dit combien d'années de limitation nous sommes prêts à accepter", a déclaré encore l'ayatollah Khamenei.
Khamenei a également insisté sur la poursuite de la recherche et du développement pendant une telle période.
Cette déclaration a été faite alors que le matin, le parlement avait adopté une loi visant à préserver "les acquis et les droits nucléaires" du pays.
Le numéro un iranien a également apporté son soutien aux négociateurs nucléaires en les qualifiant d'hommes "intègres, qui ont de l'honneur et du courage".
"En Iran, tout le monde, moi-même, le gouvernement, le parlement, la justice, les services de sécurité et les forces armées, nous voulons un bon et juste accord qui garantit la grandeur du pays et est conforme aux intérêts de l'Iran", a-t-il poursuivi.

Israël

Une roquette tirée sur Israël depuis la bande de Gaza
Une roquette tirée depuis la bande de Gaza et visant Israël a explosé mardi soir vers 22h (heure locale) sur un terrain vague à proximité de la frontière vers Hof Ashkelon, sans faire de blessé ni de dommage.
Quelques minutes plus tôt, l'alerte aux missiles avait retenti dans plusieurs localités israéliennes frontalières de la bande de Gaza.
Israël a redéployé mi-juin une batterie anti-missiles Dôme de fer dans plusieurs localités du sud, dont Ashkelon, Ashdod, Nétivot et Rehovot, dans le centre du pays, à environ 30 km de Tel Aviv.

L'armée de l'air israélienne a riposté sur la bande de Gaza
L'armée de l'air des FDI (Forces de Défense Israéliennes) a riposté au tir d'une roquette dans la nuit du 23 au 24 juin. Un drone a détruit la position à partir de laquelle elle avait été tirée. Celle-ci se trouvait dans le quartier d'al-Kurman, près de Beit Hanoun, au nord de la bande de Gaza. Pour la première fois, l'armée de l'air israélienne n'a pas répliqué sur des cibles du Hamas, comme elle en avait l'habitude.

Lynchage de blessés syriens
La police israélienne a annoncé avoir procédé dans la nuit du mardi 23 au mercredi 24 juin à une série d'arrestations dans la communauté druze après le lynchage de deux blessés syriens transportés en Israël pour être soignés.
Deux blessés syriens avaient été lynchés lundi soir dans la partie du Golan annexée par Israël par une foule de 150 à 200 druzes convaincus qu'ils étaient des rebelles pouvant s'en être pris à des druzes en Syrie. L'un est mort et l'autre a survécu dans un état critique à ce lynchage, précédé dans la matinée d'une autre attaque contre une ambulance.
"La police poursuit ses opérations liées aux investigations et a procédé à un certain nombre d'arrestations dans la nuit", a déclaré à l'AFP un porte-parole, Micky Rosenfeld.
Neuf personnes ont été arrêtées selon les médias israéliens.
 
Les Pisteurs de Tsahal
L'Unité des Pisteurs est l'une des plus importantes de Tsahal. Sa mission est de répondre à la menace toujours plus importante qui pèse sur la frontière Sud d'Israël. Ils sont entraînés pour répondre à des situations complexes, comme par exemple poursuivre une douzaine de "terroristes" ayant infiltré Israël par surprise. Ce type de chasse à l'homme diffère totalement de celle plus classique visant à retrouver un homme seul.
La plupart du temps, leur mission se déroule dans des zones urbaines pleines de maisons et d'allées piégées, de tunnels et d'infrastructures de stockage d'armes. La disposition urbaine, dans laquelle les infrastructures de l'adversaire sont situées, au milieu de zones résidentielles très peuplées, représente un immense défi pour la navigation des membres de l'unité des pisteurs.
Les pisteurs ont appris à localiser et identifier les tunnels , ainsi qu'à combattre dans les tunnels eux-mêmes. "Le terrain ici est fragile et imprévisible, vous pourriez marcher dessus sans vous rendre compte qu'un tunnel est construit juste sous vos pieds. C'est toute l'importance du travail des pisteurs", explique le commandant Rabia Suaad, Commandant de la Division Régionale des Pisteurs.

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L'Unité des Pisteurs de Tsahal est composée de quelques centaines de combattants, la plupart d'entre eux issus de la communauté bédouine et qui ont joint l'armée en tant que volontaires.
Toute activité opérationnelle dans la Division de Gaza exige un travail de prévention où les pisteurs vérifient le terrain, où pourraient être dissimulés des engins explosifs ou des tunnels. Chaque petit changement sur le territoire demande un travail d'investigation. Ils peuvent parfois découvrir des traces de pas en provenance de Gaza. Pour cette raison, il est primordiale que les traqueurs soient les premiers sur le terrain.
Les traqueurs mènent des missions tous les jours, quelque soit la météo, équipés de leurs armes, appareils militaires mais surtout leur sens ultra développé. Même avec les progrès techniques, le sens des pisteurs est irremplaçable, en particulier sur le champ de bataille. "J'appelle ça le sixième sens des pisteurs," dit le commandant Rabia Suaad. " Une personne ordinaire ne saurait faire la différence, dans une chambre, entre un câble électrique ordinaire et un câble relié à un engin explosif.

Liban

Bombardements de l'armée dans le jurd de Ras Baalbeck
Mercredi 24 juin, l'armée libanaise a bombardé par intermittence le jurd de Ras Baalbeck (Békaa), ciblant à l'artillerie lourde des positions jihadistes.
Les accrochages sont fréquents dans le jurd de Ras Baalbeck depuis presqu'un an déjà, à l'instar de ce qui se produit dans le jurd d'Ersal.
 
Les habitants sunnites d'Ersal appellent l'armée à l'aide
Les habitants d'Ersal, une localité sunnite de la Bekaa, ont à nouveau appelé, au cours d'une conférence de presse, mercredi 25 juin, l'armée à se déployer dans la ville "pour interpeller tous les rebelles armés présents" dans la localité.
"Les habitants d'Ersal ne sont pas des marchandises et veulent vivre dignement", ajoutent-ils.
Au début du mois de juin, le gouvernement libanais avait souligné qu'il n'y avait "aucune limite à l'action que l'armée pourrait entreprendre dans le jurd d'Ersal afin de le libérer" des groupes jihadistes. Cette position était intervenue en pleine querelle au Liban sur l'opportunité pour l'armée de lancer une offensive sur les hauteurs d'Ersal.

Front syrien

Imminence d'une offensive rebelle pour prendre Deraa (sud syrien)
Mohammed Alloush, un chef rebelle a annoncé le début de l'offensive pour «libérer» la ville de Deraa, à proximité de la frontière jordanienne
Il a fait cette annonce sur son compte Twitter
"Oh Dieu, aide nos frères pour qu'ils commencent la libération de la ville de Deraa," a-t-il écrit.
Les rebelles contrôlent déjà la majorité de la province de Deraa, après avoir pris des territoires ce printemps le long de la frontière jordanienne et capturé la base militaire de la Brigade 52 de l'Armée Arabe Syrienne - la deuxième plus grande base militaire de Syrie.

Des centres de commandement en Turquie et en Jordanie
Les récents succès militaires des forces rebelles, leurs nouveaux équipements militaires, notamment leurs canons, la profusion de missiles antitanks TOW et antiaériens Manpad témoignent du fait que les rebelles syriens bénéficient depuis quelques mois d'une assistance externe et exécutent une stratégie cohérente avec des phases offensives et des phases de consolidation des fronts.
Il y a actuellement deux fronts qui bénéficient de cette nouvelle organisation : le front du nord avec la création d'une coalition de brigades rebelles qui a pris le nom de Jeich al-Fateh (l'armée de la conquête) et une coalition plus ancienne au sud, connue sous le nom de Jabhat al-Janoubiya (le Front du sud).

Un centre de commandement à Diyarbakir (Turquie) pour le nord syrien
Pour ce qui concerne les rebelles du nord, un centre de commandement a été établi dans la grande base aérienne turque de Diyarbakir. Cette base abrite également l'un des plus grands centres de la CIA dans un pays étranger. Des officiers turcs, américains, saoudiens, qataris et naturellement rebelles syriens travaillent ensemble. Ce sont eux qui décident des opérations à venir, les planifient, fournissent armes et munitions et paient les salaires des combattants.

Un centre de commandement au nord d'Aman (Jordanie) pour le sud syrien
Le centre de commandement de la rébellion au sud se trouve en Jordanie, au nord d'Aman. Il regroupe des officiers jordaniens, américains, saoudiens, qataris, britanniques et rebelles syriens.

Le choix des brigades : un choix difficile
Le choix des brigades rebelles pour constituer ces coalitions n'a pas été facile et a fait l'objet d'âpres discussions, notamment entre Arabes et Occidentaux. Huit groupes principaux font actuellement partie de ces coalitions. Certains ont été inclus par nécessité, malgré leur caractère islamiste évident. Parmi les huit groupes on trouve : l'Armée Syrienne Libre (ASL), la brigade Sayf al-Islam (le glaive de l'Islam), le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie), Ahrar esh-Sham (un groupe islamiste coopérant souvent avec le Front al-Nosra), et Ajnad esh-Sham (les soldats du Levant). Tous ces groupes ont participé à la prise de la province d'Edleb.

Vers la phase finale - la prise de Damas ?
En ce qui concerne le sud, les groupes se recomposent selon les besoins et la nature des populations locales. C'est ainsi qu'une nouvelle coalition appelée Jeich al-Hermon.  Les miliciens de Jeich al-Hermon ont lancé, depuis mercredi 17 juin, une vaste offensive contre les forces de l'armée syrienne dans les secteurs de Quneitra et le mont Hermon bordant Israël. Son objectif est de capturer le QG de la 68e Brigade de l'armée syrienne basée à Khan al-Shih. Cette position commande la principale autoroute Quneitra-Damas. Sa capture donnerait aux rebelles un accès à la banlieue sud de Damas et à la Ghouta occidentale, encerclant ainsi les forces loyalistes qui protègent la capitale. La guerre civile syrienne entrerait alors dans une nouvelle phase qui pourrait bien être la phase finale.

L'affaire de la base aérienne d'al-Thalah - un exemple d'autorité du commandement
La semaine dernière, un groupe de ces milices a occupé des parties de la base aérienne d'al-Thalah, près de la capitale druze de Soueida. La progression des rebelles a aussitôt jeté un vent de panique parmi le demi-million de Druzes syriens habitant la région. L'agitation druze s'est étendue aux Druzes israéliens. Le centre de commandement situé en Jordanie a aussitôt ordonné l'arrêt de l'offensive contre la base aérienne et demandé aux miliciens de se retirer hors de la base. Et pour s'assurer qu'ils allaient bien être immédiatement obéis, ils les ont menacés de les priver de la moitié de leur salaire mensuel s'ils ne reculaient pas. La menace a immédiatement été suivie d'effet. Autre exemple d'autorité : le massacre de 23 Druzes au nord de la Syrie par un groupe du Front al-Nosra commandé par un Jihadiste tunisien. Le commandement situé sur la base de Diyarbakir (Turquie) a mis en demeure de punir les coupables. Le Front al-Nosra a obéi.
Il faut dire que la situation des Druzes syriens est suivie personnellement par le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, le ministre de la Défense, Moshe Ya'alon, et le Chef d'état-major israélien, le lieutenant général Gady Eisenkott. Ce que craignent les autorités israéliennes, c'est de voir des masses de Druzes se ruer vers la frontière israélienne. Le commandement américano-arabo-turc a entendu le message.
 
L'Etat islamique mène plusieurs attaques kamikazes en Syrie
 
Damas
Près de Damas, au moins 13 civils ont été tués dans un attentat à la voiture piégée contre une mosquée à l'heure de la prière. L'attentat a eu lieu dans la ville d'al-Tall, une localité située à 15km au nord de Damas. La ville fait partie de ces villes et villages de la province de Damas qui ont signé avec le pouvoir une trêve. Selon ces accords, les rebelles sont positionnés à l'intérieur des localités tandis que l'armée syrienne est cantonnée à l'extérieur sans combattre.
L'attentat contre la mosquée d'al-Tall a eu lieu alors que les fidèles sortaient du bâtiment après la prière du soir.

Hassaké
Capitale de la province du même nom, au nord est de la Syrie, la ville de Hassaké est divisée entre une zone contrôlée par les forces loyalistes et une zone contrôlée par les miliciens kurdes de l'YPG.
L'EI avait lancé le 30 mai 2015 une offensive pour tenter de capturer la ville mais avait été mis en échac après de violents combats avecl'armée et les forces kurdes.
Mardi 23 juin, les Jihadistes de l'Etat Islamique ont lancé une triple attaque kamikaze contre ses adversaires à Hassaké. Un premier attentat a été mené par trois kamikazes contre une caserne militaire au centre-ville. Un deuxième a été exécuté par un kamikaze contre un barrage de l'armée près d'un hôpital d'enfants. Ces deux attentats auraient provoqué la mort de 10 soldats et blessé 16 autres. La troisième attaque suicide a visé une position Assayech (forces de sécurité kurdes) dans le nord de la ville. L'attentat a causé d'énormes dégâts aux immeubles et usines dans la zone, sur un rayon de 300 mètres, mais aucun bilan n'était disponible.
 
Village alaouite de Jub al-Jarah (nord-est de Palmyre)
Les Jihadistes de l'Etat Islamique ont tenté d'investir le village alaouite de Jub al-Jarah, un village situé dans la province de Homs, au nord-est de Palmyre. Les Islamistes ont donné l'assaut tôt le mercredi 24 juin et de violents combats s'en sont suivis. 19 combattants de l'EI auraient été tués, ainsi que trois partisans loyalistes. Six personnes ont été blessées dont un enfant et deux femmes. 

Front yéménite

Violents raids de la coalition arabe
L'aviation de la coalition conduite par l'Arabie saoudite a lancé, dans la nuit du mardi 23 au mercredi 24 juin, ses plus violents raids depuis le début du ramadan contre des positions des rebelles au Yémen.
Les cibles visées se situent dans les régions de Saada, fief des rebelles dans le nord du pays, Hijja, région frontalière de l'Arabie saoudite, Hodeida (ouest), al-Baïda (centre), Lahj et Aden, dans le sud du pays.
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A Chaqra, une  localité de la région de la province d'Al-Baïda, un attentat à la voiture piégée a visé un rassemblement de rebelles, faisant de nombreux morts parmi eux. On ne connait pas pour l'instant le bilan précis.
A Aden, la deuxième ville du Yémen, les combats n'ont pas cessé entre Houthis et partisans du président Abd Rabbo Mansour Hadi. Quatre civils, dont deux femmes, ont été tués et plusieurs autres blessés dans ces combats. Ces victimes viennent s'ajouter à la quarantaine de personnes, dont de nombreux civils, qui ont péri dans les combats dans le sud lundi 22 et mardi 23 juin. 

Jihadisme international

Australie
Au moins 110 nationaux australiens sont partis combattre dans les rangs de l'EI en Irak et en Syrie. Plus de trente seraient revenus en Australie. L'un d'eux avait suscité la répulsion et la colère en Australie lorsqu'il avait twitté une photo de son jeune fils portant la tête d'un soldat syrien décapité. Khaled Charrouf, né à Sydney de parents libanais, avait quitté l'Australie en 2013 pour se battre en Syrie et en Irak aux côtés du groupe État islamique (EI). Il aurait récemment été porté disparu lors de combats en Irak. On ignore pour l'instant s'il est mort ou non. 
 
Allemagne
Un nombre croissant de femmes originaires d'Allemagne se rendent en Syrie et en Irak pour combattre dans les rangs de l'Etat islamique, a déclaré mercredi le chef de l'Office fédéral de protection de la constitution (BfV).
Hans-Georg Maasen, qui dirige cette agence de renseignement agissant sur le sol allemand, a déclaré à la presse avoir constaté une hausse spectaculaire du nombre de jeunes femmes âgées de moins de 25 ans quittant l'Allemagne pour rejoindre les insurgés.
Selon lui, sur les 700 Allemands présents sur le terrain, une centaine sont des femmes, âgées de moins de 25 ans pour près de la moitié d'entre elles. "Nous avons observé une hausse du nombre de femmes qui cèdent aux recruteurs, que ce soit par le biais d'internet ou par des contacts directs", a dit Hans-Georg Maasen qui évalue à près de 7.500 le nombre de sympathisants de l'Etat islamique présents en Allemagne.
Une centaine de combattants partis d'Allemagne ont été tués au combat, a-t-il dit, et le nombre de morts a fortement augmenté depuis le début de l'année 2015.
Près d'un tiers de ceux qui ont quitté le territoire allemand sont revenus depuis et une cinquantaine d'entre eux auraient acquis une expérience du combat.
 
La Turquie remet trois Jihadistes "français" à la France
Un homme de 31 ans et deux femmes de 18 et 21 ans ont été expulsés de Turquie vers la France.
Originaire de Roubaix (Nord), la femme de 18 ans a été arrêtée à son retour de Syrie, où elle dit avoir subi des violences. Une enquête préliminaire avait été ouverte vendredi par la section antiterroriste du parquet de Paris.
L'autre jeune femme, âgée de 21 ans, est originaire de Saint-Etienne. Elle était partie en début d'année en Syrie, où elle est restée près de trois mois.
Les deux femmes sont actuellement entendues par les policiers de la sous-direction anti-terroriste (SDAT).
Après son arrivée, l'homme était placé en garde à vue dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte en novembre 2014. 

Jean René Belliard

 

 

 

23/06/2015

23 juin 2015 - Guerres au Moyen Orient et en Afrique du nord

L'Etat islamique s'est déchaîné aujourd'hui, mettant en ligne des vidéos d'exécutions particulièrement cruelles.

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22/06/2015

22 juin 2015 - Nouvelles des guerres du Moyen Orient et d’Afrique du nord

Arabie saoudite
La Russie semble profiter de la dégradation des relations entre les Etats-Unis et ses alliés arabes traditionnels. Les causes sont nombreuses. Elles vont des tentatives de dialogue direct des Etats-Unis avec les ennemis des monarchies sunnites, l’Iran, dans le cadre des discussions sur son programme nucléaire ; les discussions sans lendemain à Oman entre des représentants houthis yéménites et des envoyés américains ; la visite catastrophique de Barack Obama et son épouse, Michelle, à Riyad. La visite avait pour but de présenter des condoléances à la famille royale après la mort du roi Abdallah. Souvenez vous comment Michele Obama était descendue de l’avion présidentiel à Riyad, habillée en couleurs vives alors qu’elle était habillée en couleurs sombres en arrivant à Washington. Et d’autres vexations qui ont fini par refroidir les relations entre les deux pays.
Aussi, il n’y a rien d’étonnant à ce que le prince saoudien, vice-héritier de la couronne et  ministre de la défense, Mohammed Ben Salman, vienne honorer de sa présence le Forum économique de Saint-Pétersbourg. Non seulement le prince a déclaré que son pays avait l’intention d’investir des milliards dans l’économie russe, mais il a également discuté avec le président Vladimir Poutine un certain nombre de questions stratégiques cruciales. Un retournement inouï de la géopolitique moyen orientale.
La Russie est comblée d’aise. D’abord parce qu’elle a besoin de puissants partenaires pour faire face à la crise diplomatique avec l’Occident voulu par Barack Obama et à ses représailles économiques.
Ensuite parce que l’Arabie saoudite est le plus puissant Etat sunnite au Moyen Orient. Non seulement, il jouit d’une influence politique et spirituelle considérable sur le monde musulman, mais il est aussi le pays qui contrôle la politique de l'OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole).
L’Arabie saoudite, de son côté, redoute l’influence croissante de l’Iran dans la région. C’est pourquoi il a besoin d’alliés puissants. Or l’administration Obama manque de fiabilité, pour Riyad. Les Saoudiens n’ont pas caché leur souhait d’acquérir des missiles tactiques « Iskander » de fabrication russe. Il s’agit du plus avancé des systèmes de missiles balistiques. L’Arabie saoudite a également confirmé son intérêt pour le nucléaire civil et signé avec la Russie plusieurs accords à ce sujet. 
Au fait ! Pourquoi les Français ont-ils manqué cette opportunité ? Les Français avaient pourtant fait des efforts pour  montrer qu’ils partageaient les idées saoudiennes sur de nombreuses questions, comme la Syrie, ou encore les négociations nucléaires où Paris affichait une position de fermeté plus forte que Washington.  Moscou, par contre, soutient le président Bachar al-Assad.
Les Russes concèdent qu’il y a des divergences de vue, mais ils demandent de rechercher plutôt les convergences et une compréhension mutuelle. La Russie pense qu’il est possible d’établir un processus de normalisation multilatérale. Elle en veut pour preuve la récente visite à Riyad du vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir Abdollahiyan. Et la Russie d’espérer qu’en plus des projets d’investissement et des ventes d’armes, très rentables pour Moscou, l’Arabie saoudite pourrait assouplir sa position intransigeante sur le sort de Bachar el-Assad, notamment au regard du danger représenté par l’Etat Islamique.

Egypte

Les relations entre Washington et l'Egypte, un allié clé de longue date dans la région, s'étaient légèrement refroidies depuis la destitution par l'armée de l'ex-président islamiste Mohamed Morsi en juillet 2013, et la sanglante répression lancée contre ses partisans.
Mais elles sont quasiment redevenues normales fin mars, les Etats-Unis annonçant qu'ils mettaient fin au gel partiel de leur aide militaire annuelle qui s'élève à 1,3 milliard de dollars.
Témoin de ce dégel des relations entre l’Egypte et les Etats-Unis, la livraison de deux patrouilleurs lance-missiles à l’Egypte.
Les deux navires de guerre sont arrivés le 17 juin à Alexandrie et "devraient intégrer la flotte égyptienne dans les semaines à venir".
Washington avait déjà livré au Caire deux patrouilleurs lance-missiles similaires.
Les quatre navires, d'un coût total de 1,1 milliard de dollars "vont contribuer de manière significative à assurer la sécurité régionale, la lutte contre le terrorisme et la protection du commerce mondial", notamment "en assurant la protection (...) du canal de Suez et de la Mer rouge", a indiqué un communiqué de l’ambassade américaine au Caire.
"Cette livraison est un signe de l'engagement des Etats-Unis auprès de l'Egypte, et de nos intérêts sécuritaires partagés" explique le général Charles Hooper, un responsable de la défense attaché à l'ambassade américaine.
Il faut dire qu’il y avait urgence, la Russie ayant fait des efforts considérables, dernièrement, pour se rapprocher de l’Egypte, comptant sans doute prendre la place de son concurrent américain.

Front irakien

Ouest de Ramadi
Le ministère de l'intérieur irakien a révélé dimanche 21 juin que les avions de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, en coopération avec la septième brigade de l'armée, avaient bombardé un convoi de Jihadistes de l'Etat Islamique qui se dirigeait vers la région d'al-Jebbeh, à l'ouest de Ramadi dans la province sunnite d'al-Anbar. Cinq Jihadistes auraient péri dans ce raid selon les autorités irakiennes.

Baiji
Les combats se poursuivent pour le contrôle de la raffinerie de Baiji disputée entre l'armée irakienne et les miliciens de l'EI depuis des semaines.
Les commandos de la police fédérale (force de réaction rapide) auraient mis hors de combat neuf Jihadistes au cours des dernières opérations militaires dans le secteur de Baiji. Parmi les morts se trouve un responsable de l'EI, le cheikh saoudien Abou Hudhayfah.
Ci-dessous trois vidéos de propagande de milices chiites irakiennes engagées dans les combats de Baiji :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=acacd034623a
Une autre vidéo mise en ligne par la brigade de l'Imam Ali (Chiite) :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=acacd034623a
et
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=5de1fab9018a

Samarra
L'armée irakienne et les milices chiites passent la région de Samarra au peigne fin pour débusquer les membres de l'Etat Islamique qui pourraient s'y cacher. C'est ainsi que 34 partisans supposés de l'Etat Islamique, des Sunnites, ont été arrêtés, dont un Afghan et un Saoudien. Les arrestations ont eu lieu dans les régions d'al-Ishaqi et d'al-Jazira. Plusieurs personnes arrêtées sont accusées d'avoir piégé des voitures pour des attaques kamikazes. D'autres sont soupçonnées de trafics de pétrole au profit de l'EI.

Province de Mossoul
Dans ma newsletter du dimanche 21 juin, j'ai mentionné la mort de huit ressortissants allemands membres de l'EI parmi 22 Jihadistes tués. Il s'agit en fait de 42 miliciens de Daech mis hors de combat au cours d'affrontements avec les Peshmergas kurdes près de la ville de Mossoul. Parmi eux, figure le responsable militaire de la province de Talkif, connu sous l'alias d'Abou Alqama. Il s'agit d'un Jihadiste de nationalité afghane. Il aurait été tué avec dix autres Jihadistes dans une région située à 20 km au nord de Mossoul.

Israël

Israël et des groupes palestiniens accusés de "crimes de guerre" par l'ONU
La Commission indépendante d'enquête des Nations Unies sur le conflit à Gaza en 2014 a réuni "des informations substantielles mettant en évidence de possibles crimes de guerre commis par Israël et par les groupes armés palestiniens". C’est ce qu’affirme un rapport d'enquête des Nations Unies publié lundi 22 juin 2015 à Genève.

Miliciens syriens soignés en Israël
Selon la télévision israélienne, 1647 miliciens syriens blessés se sont faits soigner dans des hôpitaux israéliens.

Une unité druze israélienne pour venir en aide aux Druzes syriens ?
Le sort des Druzes syriens captive les médias israéliens. L’Etat hébreu, qui compte une population druze, redoute un massacre alors que le commandement de la coalition rebelle du Front du Sud fait justement très attention à ne pas s'affronter avec les Druzes syriens.
Qu'à cela ne tienne, l'idée de la création d'une unité druze qui serait chargée d'intervenir pour défendre les Druzes syriens fait son chemin dans les esprits. On lui a déjà choisi un nom. Elle s'appellerait « Ansar al- Mouwahiddine » (les partisans des Unificateurs -unificateurs étant l'appellation des druzes). Les télévisions israéliennes lui ont déjà  consacré une émission spéciale. Les membres de cette future unité seraient d'anciens officiers de Tsahal.
L'un d'entre eux, Mhanna Kanaane, un ancien général de l'armée israélienne, est apparu sur la seconde chaine de la télévision israélienne pour défendre la cause des Druzes syriens, assurant vouloir être « le premier martyr dans la défense de Souweïda », sans doute à la tête de cette unité druze.

Liban

Jurd d'Ersal
L'Etat islamique a réussi à s'implanter solidement dans le jurd d'Ersal, une région montagneuse à cheval sur la frontière entre le Liban et la Syrie. Ils subissent des pertes, certes, mais ils infligent également des pertes aux miliciens du Hezbollah qui les combattent comme en témoigne cette vidéo :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=c4466bd3fe46
et qui montre la destruction d'un véhicule blindé du Hezbollah par un missile Konkurs, un missile antitank téléguidé. L'EI clame avoir tué un commandant du Hezbollah, Hassan Ali Jaafar et avoir capturé un autre milicien chiite.

Séances de tortures à la prison de Roumieh
Deux vidéos montrant des séances de tortures de prisonniers jihadistes à la prison de Roumieh ont choqué les Libanais. Les vidéos montrent des gardiens humiliant leurs prisonniers et les frappant avec des tuyaux en plastique. Les images ont déclenché une vague d'indignation sur les réseaux sociaux durant le weekend et au sein de la classe politique.
Le Premier ministre Tammam Salam a appelé le ministre de l'Intérieur Nohad Machnouk ainsi que le ministre de la Justice Achraf Rifi à une réunion pour décider des mesures nécessaires pour punir les responsables et éviter que cela ne se reproduise. Seront également présents à la réunion le directeur général des Forces de sécurité intérieure, le général Ibrahim Basbous, et le procureur général près la Cour de cassation, le juge Samir Hammoud. De son côté, le leader des Forces libanaises (FL), Samir Geagea, a demandé lundi 22 juin l'ouverture "d'une enquête transparente". Dans un message sur son compte twitter, il a exigé que "les mesures nécessaires soient prises afin que des comportements semblables ne se répètent pas".
Walid Joumblatt, le chef du Parti socialiste progressiste, a déclaré dans un tweet, que « ces scènes de torture à Roumieh semblaient tout droit sorties des prisons syriennes, pas libanaises ».
Nouhad Machnouk, en sa qualité de ministre de tutelle des prisons, a réagi dans une conférence de presse qu'il a tenue dimanche 21 juin dans l'après-midi. Il a expliqué que « ces images ont été tournées au cours de la perquisition du bâtiment D de la prison de Roumieh suite à une rébellion des détenus islamistes ». Cette perquisition aurait eu lieu le 20 avril 2015, quelque trois mois après que ces détenus islamistes aient été mutés du fameux bâtiment B de la prison, que les Islamistes avaient érigé en place forte et qui était impénétrable, même pour les forces de l'ordre.
En attendant, cinq gardiens ont été déférés devant le tribunal militaire.

Front syrien

Quatre fronts majeurs
Après une série de succès militaires des rebelles au cours du printemps 2015, les fronts semblent s'être stabilisés.
Il y a actuellement quatre fronts majeurs :

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1. Le front Edleb-Hama: Le champ de bataille se situe au nord-ouest de la Syrie. Les miliciens de Jeich al-Fateh (l'armée de la victoire) - parmi lesquels on trouve les Jihadistes du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) - ont tenté par deux fois, sans succès, d'expulser les forces loyalistes hors de leurs dernières positions dans la province d'Edleb.
Les rebelles sont déjà maîtres de la capitale provinciale, Edleb, ainsi que des villes de Jisr al-Shoughour, d'Ariha, et de plusieurs bases militaires de cette région. L'Armée Arabe Syrienne résiste encore à Frikka, la dernière ville tenue par le pouvoir le long de l'autostrade M-4 qui va d'Alep à Lattaquié, sur la côte méditerranéenne.
Une victoire des rebelles à Frikka leur permettrait de prendre le contrôle de la plaine d'al-Ghab, dans la province de Hama, dont un tiers est déjà entre leurs mains. Cela leur ouvrirait la voie vers la place-forte de la communauté alaouite (celle du président), c'est-à-dire vers Lattaquié.
2 - Le front d'Alep
Si l'on en croit les dernières nouvelles en provenance de ce secteur, les rebelles de Jeich al-Fateh (le Front de la victoire) ont déjà commencé à grignoter les positions gouvernementales à l'ouest de la ville. On ne sait pas encore si les affrontements qui viennent d'avoir lieu sont les signes avant coureurs d'une offensive de grande envergure avec pour objectif la prise totale de la ville.
Les rebelles sont entrés à Layramoun, Khalidiya et Rashidin mais ils semblent que les troupes loyalistes aient réussi à les stopper. Par contre, il est difficile pour l'instant de vérifier les revendications divergentes entre rebelles et le pouvoir syrien. Le gouvernement affirme avoir repris les bâtiments perdus au début de la semaine passée. Les rebelles démentent.
3 - Le front Deraa-Souweida (sud syrien)
Les lignes de front au sud de la Syrie se sont figées aux frontières entre les provinces de Deraa et de Souweida après la prise de la base de la brigade 52 de l'armée loyaliste. La poursuite de l'offensive en direction de l'importante base aérienne d'al-Thalah a été interrompue après un premier échec des rebelles.

Vidéo mise en ligne par l'armée loyaliste et montrant la résistance des soldats syriens face au harcèlement de la base al-Thalah par les rebelles de la coalition du Front du sud :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=652be08566c6

Il semble que le centre de commandement basé en Jordanie ait été surpris par l'offensive contre la base aérienne lancée dans la foulée de la prise de la base de la brigade 52. L'action contre la base aérienne n'avait été ni planifiée ni coordonnée. A cela s'ajoute que le centre de commandement basé en Jordanie ne souhaite pas s'attirer l'animosité de la communauté druze qui, pour l'instant, continue d'afficher sa neutralité dans le conflit. Or, une opération militaire dans la province de Souweida, majoritairement druze, pose le risque d'une confrontation avec les Druzes. C'est donc par la négociation, de préférence aux armes, que la coalition du Front du Sud tente de rallier à elle la communauté druze.
4 - Le front de Quneitra
La question druze se pose également aux rebelles en ce qui concerne leur offensive entamée la semaine dernière dans la province de Quneitra, au sud-ouest de la Syrie, près de la zone démilitarisée avec Israël.
Une coalition rebelle baptisée Jeich al-Hauran a vu le jour pour forcer les forces loyalistes à quitter la province de Quneitra. Les rebelles ont réussi à occuper plusieurs villages et à prendre position sur des collines. Mais ils se sont arrêtés près de la ville de Hadar dont la population est en majorité druze.
Vidéo dans la province de Quneitra - La vidéo montre l'offensive de Jeich al-Hauran dans les monts rouges, au nord-est de Hadar :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=d32Gj6kFJl0
 
Une pause actuelle mais pour combien de temps ?
La pause qui règne depuis quelques jours sur la plupart des lignes de front est interprétée par les forces loyalistes comme le signe qu'ils ont redressé la situation après les défaites militaires qu'ils ont subies au cours du printemps 2015. Les soldats loyalistes ont reculé, non seulement contre les rebelles mais aussi face à l'État islamique qui s'est emparée de la ville historique de Palmyre. Il est vrai que depuis, l'armée syrienne a réussi à mettre en échec une tentative de l'État islamique de prendre la ville de Hasaké et l'aéroport de Deir ez-Zhor situé à l'est du pays.
Mais il est clair que les forces loyalistes sont toujours sur la défensive, sans perspective immédiate de regagner le territoire perdu depuis mars 2015. Les dernières grandes offensives menées par l'armée syrienne remontent à février 2015, et elles se sont soldées soit par une défaite cuisante, comme au nord d'Alep, ou à des gains très limités, comme au sud de Damas.
Finalement, c'est l'Etat Islamique qui pourrait sauver Bachar al-Assad en affaiblissant les autres formations rebelles comme Jeich al-Fateh au nord, ou Jeich al-Islam (l'armée de l'Islam) dans la banlieue de Damas. Mais les rebelles de Jeich al-Fateh viennent de faire la démonstration qu'ils pouvaient lancer une offensive contre Alep tout en affrontant les Jihadistes de l'Etat islamique au nord de la capitale du nord syrien.
Finalement, la seule question est de savoir combien de temps la pause va durer et où les combats de grande envergure vont reprendre ?

Province d'Edleb
L'armée syrienne utiise de gros véhicules fortement fortifiés pour renforcer leurs positions. Mais celui-ci, localisé sur la position "al-Baraka", l'une des dernières positions fortifiées de l'armée loyaliste dans la province d'Edleb n'a pas résisté à un tir de missile antitank TOW.
Vidéo mise en ligne par le 1er régiment du Sahel (rebelles) :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=d8b9a896fe34

Qalamoun
On en arrive à trouver anecdotique l'activité de l'Etat Islamique en Syrie depuis que, affaibli par les frappes de la coalition internationale, il a subi une série de revers à Hasaké, ainsi qu’au nord d'Alep et dans le Qalamoun. Finalement, son dernier succès aura été la prise de Palmyre, ce qui fait qu'on peut se demander si ce rapide retrait de l'armée syrienne n'a pas été voulu par le pouvoir pour mettre la communauté internationale devant ses responsabilités face aux menaces qui pèsent sur les trésors de la cité antique.
On a appris, lundi 22 juin, que plusieurs membres de l'Etat Islamique ont encore été tués alors qu'ils tentaient d'infiltrer des positions de l'armée syrienne et du Hezbollah dans le jurd de Jarajir, dans le Qalamoun. Deux de leurs véhicules ont également été détruits.
Jihadisme international

Jihadisme international

Photo d'un haut commandant de l'Etat Islamique : As-Suwaydawi
Cet ancien officier de l'armée de Saddam Hussein a été l'un des co-fondateurs de l'Etat Islamique. On dit qu'il se serait radicalisé au contact des Jihadistes étrangers qui, comme le Jordanien al-Zarqawi sont venus en Irak pour faire le jihad contre l'armée américaine et s'en prendre à la communauté chiite irakienne.

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 As-Suwaydawi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean René Belliard