26/09/2017

Cisjordanie : Un Palestinien tue trois Israéliens à l'entrée de la colonie de Har Adar en Cisjordanie avant d'être abattu

Israël-Cisjordanie-Gaza  
Cisjordanie
Un Palestinien tue trois Israéliens à l'entrée de la colonie de Har Adar en Cisjordanie avant d'être abattu
(De notre correspondant en Israël, Nathan R.)
Un Palestinien, armé d'un pistolet, a tué trois Israéliens, mardi 26 septembre, à l'entrée d'une colonie de Cisjordanie avant d'être abattu, dernière en date d'une multitude d'attaques du même genre depuis deux ans.
A 07h26, alors que des employés palestiniens se soumettaient aux contrôles israéliens pour entrer dans la colonie de Har Adar, à une quinzaine de kilomètres à l'ouest de Jérusalem, et commencer leur journée de travail, le comportement d'un homme, mêlé au groupe des employés palestiniens, a suscité les soupçons des gardes qui lui ont ordonné de s'arrêter, a rapporté la police israélienne.
Pistolet ČZ 83 9mm Browning
L'homme a sorti un pistolet ČZ 83 9mm Browning de sous sa chemise et ouvert le feu à une distance de 3 ou 4 mères les gardes qui se trouvaient dans une guérite vitrée. Le sergent Solomon Gavria, un garde des frontières (Magav) de 20 ans, originaire de Beer Yakov et deux gardes privés, Youssef Ottman, 25 ans du village d'Abou Ghosh, et Ou Arish, 25 ans du village d'Har Adar ont été tués par les tirs du Palestinien. Les forces de sécurité riposté, tirant plusieurs fois sur le terroriste. L'assaillant est mort un peu plus tard de ses blessures. Un quatrième israélien a été transporté à l'hôpital Adasa Ein Kerem à Jérusalem dans un état grave.
La colonie de Har Adar
Har Adar est une colonie aisée et jusqu'alors paisible d'environ 4.000 habitants, située en Cisjordanie, territoire occupé par l'armée israélienne depuis cinquante ans. Elle jouxte le territoire israélien et est située en-deçà de la barrière de sécurité qu'Israël a construite pour se protéger des attaques palestiniennes.
"C'est un endroit calme", dit Steve Leibowitz, résident de Har Adar. "On a l'impression d'être en Israël même. Je n'ai pas fermé ma porte à clé depuis des années. Maintenant, je vais le faire".
Identité de l'assaillant
L'assaillant a été identifié comme Nur Nimar Mahmoud Ahmad Jamal (37 ans), un habitant de Beit Surik, un des villages palestiniens qui font face à Har Adar.
Il disposait d'un permis de travail israélien, comme des dizaines de milliers de Palestiniens qui vont chaque jour travailler en Israël ou dans les colonies, attirés par des salaires plus élevés.
Nimer al-Jamal, 37 ans, n'avait pas d'antécédent au regard de la sécurité israélienne mais souffrait de "lourds problèmes personnels" et auteur de violences domestiques, selon la sécurité intérieure israélienne (Shin Beth). Sa femme l'avait quitté pour fuir en Jordanie et laissé seul avec leurs quatre enfants.
Peu avant de passer à l'acte, vers six heures du matin, Jamal avait envoyé un message SMS à sa femme, lui demandant
pardon et lui dire qu'elle n'avait pas à se blâmer pour allait se passer.  
On ne sait pas, à ce stade de l'enquête si Jamal était seul ou s'il appartenait à un groupe terroriste. Les enquêteurs cherchent également à savoir s'il avait servi dans la police palestinienne, une supposition qui expliquerait pourquoi il était en possession d'une telle arme.  
Sanctions israéliennes
Selon une pratique israélienne commune, "la maison du terroriste sera démolie", a annoncé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, "les permis de travail de toute la famille élargie du terroriste sont révoqués".
Crainte pour la période des fêtes juives
La succession des grandes fêtes juives en septembre et octobre, avec Yom Kippour et Souccot, fait chaque année redouter aux services israéliens un regain de tensions, notamment autour de l'ultra-sensible esplanade des Mosquées à Jérusalem.
Le ministre de la Sécurité intérieure, Gilad Erdan, a déclaré qu'Israël devait interdire l'entrée des colonies aux travailleurs palestiniens pendant la période en cours des fêtes juives. Il s'agit de maintenir "les frictions au plus bas", a-t-il expliqué.
Les dirigeants israéliens accusent l'Autorité Palestinienne
Les responsables israéliens, M. Netanyahu en tête, ont tous accusé l'Autorité Palestinienne (AP) du président Mahmoud Abbas d'entretenir un climat de haine alors que l'administration Trump cherche les moyens de renouer les fils rompus du dialogue entre Israéliens et Palestiniens.
Jason Greenblatt, émissaire du président américain impliqué dans les discussions, est annoncé cette semaine en Israël pour un déplacement à la fois diplomatique et privé.
"J'attends d'Abou Mazen (Mahmoud Abbas) qu'il condamne (l'attaque) et ne cherche pas à la justifier", a dit M. Netanyahu.
Le mouvement islamiste palestinien Hamas salue l'attaque
Le mouvement islamiste palestinien Hamas a salué l'attaque comme un "acte de vengeance pour les crimes de l'occupant contre notre peuple et les violations israéliennes" sur l'esplanade des Mosquées.
L'envoyé spécial de l'ONU pour le Proche-Orient, Nikolay Mladenov, a jugé "déplorable" la réaction du Hamas et pressé "toutes les parties" de condamner la violence.
Des efforts de paix voués à l'échec en raison de la poursuite des violences
Israël, Jérusalem et les Territoires palestiniens restent en proie aux violences même si, quasiment quotidiennes à partir de l'automne 2015, elles se sont faites plus sporadiques ces derniers mois.
Le calme apparent régnant en Cisjordanie est "précaire", mettait en garde récemment le patron du Shin Beth Nadav Argaman.
352 morts depuis le 1er octobre 2015
Les violences ont causé la mort d'au moins 295 Palestiniens ou Arabes israéliens, 50 Israéliens, et sept étrangers depuis le 1er octobre 2015, selon un décompte de l'AFP.
Vidéo de la police israélienne :
Vidéo :

 

24/09/2017

Irak : Fortes tensions à la veille du référendum kurde

Irak 
Kurdistan
Kurdistan: le partenariat avec Bagdad a "échoué" (président kurde)
Massoud Barzani 
Le président du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, a affirmé dimanche 24 septembre, à la veille d'un référendum d'indépendance dans cette région autonome, que le partenariat avec Bagdad avait "échoué", appelant les habitants à se rendre aux urnes.
"Le partenariat a échoué avec Bagdad et nous ne le reprendrons pas. Nous sommes arrivés à la conviction que l'indépendance permettra de ne pas répéter les tragédies du passé", a-t-il dit lors d'une conférence de presse à Erbil.
"Le référendum est la première étape pour que le Kurdistan exprime son opinion, Ensuite, un long processus commencera", a-t-il ajouté.
Le référendum, prévu le 25 septembre, n'a pas de caractère contraignant. Il porte sur un sondage d'opinion auprès des habitants des trois provinces du District qui sont : Erbil, Souleimaniya et Dohuk ainsi que d'autres régions disputées, sur leur volonté de se détacher de l'Irak.
Les autorités du Kurdistan tiennent à insister sur le fait qu'une victoire du "oui" n'entraînerait pas immédiatement l'annonce de l'indépendance mais plutôt le début de "discussions sérieuses avec Bagdad". 
Un référendum qui divise, même au sein du Kurdistan
Alors que la riche province pétrolière de Kirkouk ainsi que des zones des provinces de Ninive et Diyala sont disputées entre la région autonome et Bagdad, M. Barzani a assuré que l'enjeu du scrutin n'était "pas de définir les frontières ou d'imposer un fait accompli".
"Nous voulons un dialogue avec Bagdad pour résoudre les problèmes et le dialogue peut durer un an ou deux", a-t-il jugé.
"Je demande à tous les Kurdes de voter en paix demain" (lundi), a dit le président kurde, initiateur du scrutin.
Malgré la stricte opposition des autorités de Bagdad, les pressions internationales et les menaces de rétorsion, Massoud Barzani a maintenu la tenue de ce référendum.
Le Premier ministre irakien promet de prendre "les mesures nécessaires pour protéger l'unité du pays"
Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a affirmé dimanche 24 septembre qu'il prendrait "les mesures nécessaires" pour préserver l'unité du pays après la décision de la région autonome du Kurdistan de tenir un référendum d'indépendance lundi.
"Prendre une décision unilatérale affectant l'unité de l'Irak et sa sécurité ainsi que la sécurité de la région avec un référendum de séparation est contre la Constitution et la paix civile", a-t-il déclaré lors d'un "discours à la Nation" retransmis sur les télévisions.
"Nous allons prendre les mesures nécessaires pour préserver l'unité du pays", a ajouté le Premier ministre sans donner davantage de détails.
Promettant de ne "pas abandonner les citoyens kurdes", M. Abadi a souligné que son gouvernement avait rejeté "l'Etat confessionnel", en faisant référence aux tentatives du groupe jihadiste Etat islamique (EI) d'établir un califat en Irak.
"Nous rejetons l'Etat raciste", a-t-il ajouté dans une allusion aux tentatives de séparation du Kurdistan.
"L'Irak restera pour tous les Irakiens. Nous ne permettrons pas que l'Irak devienne la possession de l'un ou de l'autre, et nous ne permettrons pas à quiconque de jouer avec l'Irak sans en payer les conséquences", a-t-il poursuivi.
L'Irak est peuplé majoritairement de chiites mais compte de nombreuses minorités dont des sunnites, des Turkmènes et des Kurdes.
Les Turkmènes dénoncent le référendum
Dans les régions majoritairement habitées par les Turkmènes, le processus menant vers le référendum est observé avec inquiétude, d'après Aydin Beyatli, président de la Fédération des Associations de Turkmeneli, pour qui «le référendum sera un suicide politique».
Le processus mènera vers de nouveaux conflits, selon le chef de la Fédération qui affirme: «La pression psychologique qu'exerce Barzani sur Kirkouk s'est intensifiée la semaine dernière. Ils disent que 'tous les fonctionnaires doivent participer aux manifestations pour soutenir le référendum et ceux qui s'abstiennent seront sanctionnés'. Auparavant, lorsqu'il allait promulguer une loi, Saddam obligeait le peuple entier, les Turkmènes, les Arabes et les Kurdes. Il les menaçait. C'est pareil maintenant. Les fonctionnaires turkmènes subissent les politiques de Saddam puisqu'ils s'opposent au référendum
Beyatli a précisé que certains notables turkmènes sont mis en garde à vue après des perquisitions, et que leurs affaires sont confisquées.
«Les bureaux du Front turkmène irakien ont été ciblés par des tirs d'armes, a-t-il poursuivi. Cela veut dire, ''quittez les lieux!''. Si Kirkouk tombe, l'Irak tombera. Le Moyen-Orient connaîtra de problèmes importants.»
Beyatli a aussi appelé le gouvernement central irakien à ne pas se taire face aux actes ciblant les Turkmènes avant même la tenue du référendum.
«Les forces de l'ordre doivent être déployées à Kirkouk pour protéger les Turkmènes et les Arabes, et assurer leur sécurité, selon le chef de la Fédération. Si cela n'est pas possible, il faut appeler les Nations Unies (ONU) à l'action, pour que des forces internationales, dont des forces turques, assurent l'ordre dans la ville.»
Les USA, l'Iran, la Turquie et l'ONU contre le référendum
La Turquie, les États-Unis, l'Iran et l'ONU ont exprimé leur refus du référendum, soutenant qu'il est susceptible de déstabiliser davantage la région, et de détourner les efforts déployés dans la lutte contre Daech.
A la veille du référendum, l'Iran interdit tous les vols avec le Kurdistan irakien
L'Iran a interdit, dimanche 24 septembre, tous les vols aériens avec le Kurdistan irakien à la demande du gouvernement de Bagdad, à la veille de le tenue d'un référendum d'autodétermination dans cette région, a annoncé l'agence iranienne Irna.
"A la demande du gouvernement central irakien, tous les vols iraniens vers les aéroports d'Erbil et de Souleymanieh ainsi que tous les vols au départ du Kurdistan irakien transitant par l'Iran ont été interrompus", a déclaré Keyvan Khosravi, porte-parole du Conseil suprême de la sécurité nationale, cité par l'agence officielle.
L'Iran mène des manœuvres militaire à la frontière avec l'Irak
Dimanche 24 septembre, le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique d'Iran (CGRI) a entamé des manœuvres militaires à la frontière avec le Kurdistan irakien, à la veille du référendum sur l'indépendance. 
Les médias iraniens ont indiqué que ces manœuvres militaires étaient organisées dans le cadre des manifestations annuelles en l'honneur du début de la guerre Iran-Irak.  
Vidéo : manoeuvres militaires iraniennes :
Poursuite des manœuvres militaires turques près de la frontière irakienne
L'armée turque poursuit ses exercices militaires dans le district Silopi de la province de Sirnak (sud-est), près de la frontière avec l'Irak, pour le septième jour consécutif.
Les soldats turcs se sont entraînés, lors des manœuvres du dimanche 24 septembre, à la détection des mines, et à la sécurisation des voies pour les véhicules militaires.
L'Etat-major turc avait annoncé, samedi 23 septembre dans un communiqué, que des nouvelles unités militaires se s'étaient jointes aux manœuvres.
Le 18 septembre, l'Etat-major turc avait annoncé le lancement d'un exercice militaire à Sirnak, soulignant que les opérations antiterroristes se poursuivent dans la zone frontalière.
Vidéo : Manœuvres militaries turques :  

Jean René Belliard

Pour plus d'informations, écrire à ptolemee@belliard74.com

21/09/2017

Syrie : Moscou avertit Washington après des tirs de rebelles soutenus par les USA contre les forces du régime

Syrie 
DeirezZhor
Moscou avertit Washington après des tirs de rebelles soutenus par les USA contre les forces du régime
La Russie a accusé, jeudi 21 septembre, les rebelles syriens appuyés par Washington d'avoir ouvert le feu contre les troupes gouvernementales près de Deir ez-Zhor et averti les militaires américains qu'un nouvel incident du même type entraînerait une riposte.
"Les troupes syriennes ont été victimes à deux reprises de tirs nourris d'artillerie et de mortier depuis des positions situées sur la rive orientale de l'Euphrate, où se trouvent des combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS) et des forces spéciales américaines", a déclaré le général Igor Konachenkov de l'armée russe, cité dans un communiqué.
Selon le général, des militaires des forces spéciales russes se trouvent actuellement aux côtés des troupes de Bachar el-Assad dans les zones qui ont été prises pour cible.
Les endroits d'où proviennent les tirs seront frappés immédiatement, avertit Moscou
Moscou a informé un haut représentant de l'armée américaine via un canal de communication au Qatar que, désormais, "les tentatives de tirs provenant des zones où se trouvent les combattants des FDS seront stoppées immédiatement". "Les endroits d'où proviennent les tirs dans ces zones seront immédiatement frappés à l'aide de tout l'équipement militaire disponible", a-t-il averti.
La Russie avait déjà accusé mardi les groupes rebelles syriens soutenus par les Etats-Unis de prendre pour cible les forces de Bachar el-Assad et de gêner leur progression face aux jihadistes de l'Etat islamique (Daech) sur l'Euphrate.
Selon l'armée russe, les rebelles ont également ouvert des barrages situés en amont de l'Euphrate pour gêner la traversée du fleuve par l'armée du régime, qui mène une offensive contre les jihadistes de l'EI à Deir ez-Zhor,.
En franchissant l'Euphrate, l'armée gouvernementale s'est rapprochée du théâtre d'opération des rebelles appuyés par Washington.  
Les FDS ont accusé l'aviation russe de les avoir bombardées 
Samedi, les FDS ont accusé l'aviation russe de les avoir bombardées au nord-est de Deir ez-Zor, ce que Moscou dément.
Plus de 85% du territoire de Deir ez-Zhor libérés par les forces du régime
"Plus de 85% du territoire de Deir ez-Zhor se trouve sous le contrôle des troupes syriennes. La ville sera entièrement libérée la semaine prochaine", a indiqué Igor Konachenkov.
 
Jean René Belliard