03/09/2017

Pas de perspective pour l'Afghanistan

Guerre de communiqués à propos de la chute d'un hélicoptère américain 
Le 30 août, les Taliban ont affirmé avoir abattu un hélicoptère américain dans la province afghane de Logar et tué 20 soldats américains au cours de l'attaque. 
Un porte-parole de l'armée américaine en Afghanistan, Bob Purtiman, a nié les allégations des Taliban et a déclaré que l'hélicoptère avait eu un problème technique et fait un atterrissage préventif.
Selon Purtiman, l'hélicoptère a été récupéré avec succès.
Trump envoie 4.000 soldats supplémentaires en Afghanistan 
Le 22 août, le président Donald Trump a annoncé un plan visant à déployer 4.000 soldats supplémentaires en Afghanistan et à enfin gagner la guerre la plus longue menée par les États-Unis.
À l'heure actuelle, il y a environ 9 800 soldats américains et 25.197 contractuels sur le terrain dans ce pays déchiré par la guerre. 
Les taliban ont répondu à l'annonce de Trump par une augmentation du nombre des attaques  contre l'OTAN et les forces gouvernementales, promettant de transformer l'Afghanistan "en un cimetière pour l'Empire américain".  
Les Taliban ont étendu leur contrôle sur une douzaine de districts 
Le 25 août, des militants taliban sont entrés dans le district de Kas Uruzgan, dans le centre de l'Afghanistan, après avoir percé les lignes de défense de l'armée afghane. Au cours du même mois, les taliban ont capturé plus de 10 centres de district. Les forces gouvernementales, même avec l'aide de l'armée américaine, n'ont pas réussi contenir les assauts des taliban.
La situation sécuritaire reste très compliquée 
Les forces américaines  sont entrées en Afghanistan en 2001 pour chasser les taliban du pouvoir. Washington les accusait d'héberger les auteurs des attentats du 11 septembre 2001 qui avaient coûté la vie à plus de 3000 personnes. Depuis lors, la Maison Blanche lutte pour tenter de protéger un gouvernement allié aux États-Unis.
Cependant, la situation sécuritaire reste très compliquée pour les États-Unis et ses alliés. 
Les taliban sont toujours implantés en Afghanistan et ont même réalisé de nouveaux gains ces dernières années.  
A part poursuivre la guerre, il n'y a pas de stratégie claire pour ramener la paix 
Aujourd'hui, les taliban ont mis en place une structure d'organes administratifs et judiciaires locaux qui couvrent une grande partie du territoire afghan et qui n'est pas moins efficace que les structures administratives gouvernementales. 
À ce jour, il n'y a pas de perspective claire pour un rétablissement de la paix et un accord national dans le pays.
En fait, à part poursuivre la guerre, on voit mal quelle autre stratégie pourrait être menée dans le pays pour rétablir la sécurité et la paix civile. 
7 août 2017 - Zones d'activités des insurgés.jpg
Jean René Belliard

01/09/2017

L'Irak n'en a pas fini avec les défis, malgré ses victoires sur Daech

L'Irak n'en a pas fini avec les défis, malgré ses victoires sur Daech 
(De notre correspondant en Irak)
Après Mossoul, les forces irakiennes ont remporté une nouvelle victoire à Tal Afar. Les succès militaires sont certainement le résultat d'une meilleure coordination tout le long de la chaîne de commandement au sein des forces armées gouvernementales et également grâce à un meilleur partage des renseignements entre Bagdad et la coalition dirigée par les États-Unis. Cela a  permis des attaques plus rapides et mieux ciblées.
Le ministre irakien des AE appelle à la poursuite de la coopération militaire avec la coalition 
Le ministre irakien des Affaires étrangères, Ibrahim Al-Jafari, a averti le 26 août que «la victoire en Irak ne signifiait pas la fin du danger posé par Daech». 
C'est pourquoi l'Irak doit poursuivre sa coopération militaire avec la coalition, a-t-il dit, affirmant qu'il fallait une «sécurité préventive» contre les «cellules terroristes qui travaillent dans l'ombre». 
Car il faut s'attendre à ce que Daech revienne à son «mode opératoire original», en attaquant des cibles "molles" telles que les quartiers résidentiels et les marchés.
Un manque de coordination et d'organisation priverait les services de sécurité de la possibilité de faire face à de telles attaques, a poursuivi le ministre. 
Quel avenir pour la coalition après la défaite de Daech ? 
La question de savoir si et comment la coalition continuera à fonctionner en Irak. Il s'agit d'un sujet politique à la fois à Bagdad et à Washington. Rappelons que les Etats-Unis avaient retiré leurs troupes en 2011, huit ans après le début de son intervention dans le pays.
Une poursuite de la coopération militaire entre Irak et États-Unis sera assurément contestée par la coalition paramilitaire du Hashed al-Shaabi, dont plusieurs des milices qui la constituent sont inféodées à l'Iran. Il n'est pas sûr que le premier ministre irakien Haïder al-Abadi réussisse à convaincre le Hashed al-Shaabi de tolérer la présence militaire américaine en Irak, même si, théoriquement, le Hashed al-Shaabi est placé sous ses ordres.  
Les groupes paramilitaires chiites ont toujours joué un rôle problématique en Irak  
Les groupes paramilitaires chiites ont  joué un rôle problématique dans la politique irakienne dès les années 1930, selon Mohammad-Mahmoud Ould Mohamedou, professeur d'histoire internationale à l'Institut des diplômés de Genève. 
Le Hashed al-Shaabi "n'est que la version la plus récente d'une configuration politico-sécuritaire nationale combinée à une composante sectaire depuis 2003", a-t-il déclaré. 
Le spécialiste irakien a ajouté que l'existence du Hashed était une «admission de l'échec d'une armée formée par les administrations américaines à un coût financier et matériel important sur 14 ans».
Les abus du Hashed al-Shaabi et de l'armée compliquent les efforts de réconciliation 
Les abus plusieurs fois dénoncés des forces gouvernementales et des combattants chiites du Hashed al-Shaabi contre la population sunnite lors des défaites de Daech,  pourraient compliquer les efforts pour retrouver la confiance de la minorité sunnite irakienne, marginalisée et hors du pouvoir depuis la chute du dictateur Saddam Hussein en 2003.
Le référendum kurde - un autre défi pour l'Irak 
Outre la question sectaire, l'Irak est confronté à un autre défi à son unité nationale. Il s'agit du référendum sur l'indépendance de la région autonome du Kurdistan, prévue pour le 25 septembre. 
Les États-Unis et les membres de la coalition sont fermement opposés au référendum, prétextant qu'il pourrait compliquer la lutte contre Daech. En fait, les Etats-Unis craignent surtout une violente réaction de la Turquie et les risques d'un nouveau conflit entre Kurdes et Arabes, notamment dans les provinces contestées de Kirkouk.
2018 - Une année électorale 
Au printemps 2018 devraient avoir lieu des élections législatives, ce qui constitue un test pour le premier ministre Haïder Abadi. 
Le premier ministre compte bien sur le succès de la campagne militaire pour prouver que ses  "réformes »fonctionnent", a déclaré Kirk Sowell, un analyste des risques politiques et éditeur de Inside Iraqi Politics. 

Mais le succès électoral d'Abadi pourrait souffrir des prix bas du pétrole, qui ont mis à mal les caisses de l'État irakien. Les élections n'ont lieu qu'en avril ou mai prochain et d'ici là, l'influence des succès militaires pourraient s'estomper. 

Jean René Belliard

Lire la suite

30/08/2017

Des soldats américains sous le feu de rebelles soutenus par la Turquie

Des soldats américains sous le feu de rebelles soutenus par la Turquie
(De notre correspondant en Syrie, Fahd M.)
Des responsables américains ont confirmé  que des patrouilles des forces américaines dans le nord de la Syrie ont été prises pour cibles à plusieurs reprises dans des zones contrôlées par des forces syriennes soutenues par la Turquie. Les incidents ont provoqué une protestation de Washington.
Le colonel Ryan Dillon, porte-parole de la coalition dirigée par les États-Unis, a déclaré mercredi que les attaques avaient eu lieu au cours des deux dernières semaines contre des patrouilles affichant clairement des drapeaux américains dans la région de Manbij, un point de confrontation entre les combattants de l'opposition soutenus par la Turquie et les forces kurdes soutenues par les États-Unis.
Dillon dit que les forces américaines ont retourné le feu. Les incidents ont débuté le 21 août.
La coalition affirme qu'il n'y a pas eu de pertes ou de dommages aux équipements, ajoutant que toute action qui met en danger les forces de la coalition est «inacceptable».
 
Jean René Belliard

19:51 Publié dans Colonel Ryan Dillon, Etats-Unis, Manbij, Syrie, Turquie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |