22/08/2014

22 juillet – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

Front syrien

Les Occidentaux ont un gros problème en Syrie
Personne ne semble savoir comment faire pour mettre un terme à la guerre civile syrienne qui a déjà fait 191 000 morts et des dizaines de millions de gens malheureux (blessés, emprisonnés, violés, torturés, réfugiés, déplacés).
L’arrivée sur la scène syrienne des Jihadistes du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) puis de l’Etat Islamique (l’ancienne al-Qaïda en Irak du temps des Américains) a compliqué la situation au point que les Occidentaux pourraient être enclins à trouver que Bachar el-Assad pourrait encore avoir un rôle-clé pour faire face à la menace de l'Etat Islamique.
Après avoir diabolisé Bachar el-Assad, les Occidentaux pourraient être contraints de renouer les contacts avec le président syrien.
En effet, les Occidentaux, après être restés relativement indifférents à la menace représentée par les Jihadistes de l'État islamique, commencent à prendre conscience de leur dangerosité. Entre les Jihadistes de l’Etat Islamique et les forces de Bachar el-Assad, on ne trouve plus guère que le Front Islamique soutenu par l’Arabie saoudite et dont on ne peut pas dire qu’il défend un concept modéré de l’Islam. L’opposition démocratique que les Occidentaux appelaient de leurs vœux a été laminée en raison même des tergiversations occidentales à s'engager dans le conflit syrien. Et on ne peut que le comprendre !
Du coup les forces de Bachar el-Assad représentent la seule alternative. C’est la seule aujourd’hui qui puisse garantir le droit des minorités alaouites, chrétiennes et druzes, un droit cher au cœur des gouvernements occidentaux. Bachar el-Assad le sait et attend patiemment qu'on lui fasse un appel du pied, soit en secret, via les services de renseignement, soit par la voie diplomatique. Une victoire de la stratégie du pouvoir syrien qui a beaucoup fait pour favoriser l'apparition des Jihadistes dans le conflit syrien, en libérant en 2012, par exemple, des Islamistes notoires des geôles syriennes et en s’abstenant pendant de longs mois de bombarder les secteurs tenus par les militants de l’Etat Islamique. 
En attendant, un ancien général américain, le général Martin Dempsey, a suggéré le 21 août que l'armée américaine devrait élargir son théâtre d’opération et bombarder les Jihadistes de l’EI non seulement en Irak, mais aussi en Syrie. Cette suggestion a aussitôt été approuvée par le secrétaire à la défense américain, Chuck Hagel, qui a déclaré : « regarder toutes les options "pour arrêter l'expansion de l'État islamique, comme étant le plus sophistiqué et le mieux financé parmi tous les groupes que nous avons vus jusqu’ici. »
Cependant, ni Hagel ni Dempsey sont allés jusqu'à dire si les Américains devaient aider les insurgés syriens.

Base aérienne militaire de Tabqa (près de Raqqa – nord syrien)
Les médias de l’Etat syrien ont enfin rompu le silence concernant l'offensive menée par les Jihadistes de l'Etat Islamique contre les positions de l’armée d’Assad dans le nord. Citant une source militaire ils ont nié que les djihadistes soient entrés dans la base aérienne militaire de Tabqa, précisant qu’"un grand nombre de terroristes avait été anéanti". Selon la chaine de télévision libanaise hezbollahie, Al-Manar, et Al-Mayadeen, une chaîne pro-régime, toutes deux basées à Beyrouth, plus de 150 djihadistes auraient été tués.
La base aérienne militaire de Tabqa est la dernière position majeure du régime dans la province de Raqqa après que les jihadistes aient récemment pris le contrôe d'autres bases militaires.
L'armée syrienne riposte en utilisant au maximum sa force aérienne. Un total de 122 sorties ont été effectuées par l’armée de l’air contre les Jihadistes de l'État islamique le week-end dernier, dont 26 sur des bâtiments occupés par les Jihadistes à Raqqa même. Des missiles ont étalement été tirés sur des cibles près de la base aérienne de Tabqa  pour repousser les assaillants.
Les soldats d’Assad auraient réussi à tendre une embuscade dans la nuit du 21 au 22 août à un nombre de 200 à 300 jihadistes, dont la moitié des étrangers. Les Jihadistes se dirigeaient vers la base de Tabqa à bord de dizaines de véhicules surmontés de mitrailleuses anti-aériennes et de canons et précédés par deux camions suicide. Plutôt que d’attendre que l’attaque ne se développe, le commandant de la base a envoyé des forces spéciales de l’armée miner un endroit où il savait que les Jihadistes devaient nécessairement passer. Il a également demandé à l’armée de l’air un support aérien. Aussi, quand les camions suicide se sont lancés contre l’entrée nord de la base de Tabqa, ils ont été détruits par le tir de trois missiles anti-char Kornet. On a identifié le second  kamikaze. Il s’agit d’un Saoudien nommé Majed al-Sahim (alias Abou Hajer).
majed_sahim.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Jihadistes, qui se lançaient à l’assaut derrière les camions suicide ont voulu poursuivre  soit à pied, soit à bord de véhicules. Mais les défenseurs de la base ont alors déclenché les explosifs placés par les forces spéciales, tuant un grand nombre des assaillants, tandis que les bombardiers Sukhoï (utilisés pour la première fois dans la guerre civile syrienne) finissaient la besogne. Au total, 140 Jihadistes auraient été mis hors de combat. Parmi les Jihadistes de l’EI tués au cours de l’assaut figurent Abou-l-Mathna le Belge, Abou Saïf le britannique et Abou Sarah al-Ansari.

Daech (l’Etat Islamique) aurait exécuté un de ses dirigeants pour collusion avec les Occidentaux
Selon des comptes Twitter de l’EI, l’un de ses plus hauts responsables du mouvement jihadiste aurait été exécuté. Il était accusé d’avoir collaboré avec des services de renseignement britanniques.
Il s’agit d’Abou Obeida le Marocain. Il occupait un poste équivalent au chef des renseignements.
Il aurait été impliqué dans la mort d’un célèbre dirigeant d’Al-Qaïda,  Abou Khaled al-Souri qui commandait la milice Ahrar al-Cham, l’une des composantes de la coalition de milices pro saoudiennes, le Front Islamique.
Originaire d’Alep, Abou Khaled était très proche de la sphère des dirigeants historiques d’Al-Qaïda, dont Oussama ben Laden, son successeur Ayman al-Zawahiri, sans oublier le fondateur des « jihadistes arabes » en Afghanistan, cheikh Abdallah Azzam. Abou Khaled avait combattu en Afghanistan, en Tchétchénie, puis en Irak aux côtés de Zarkaoui, puis d’Abou Omar al-Baghdadi, le calife de l'Etat Islamique.
Abou Khaled avait été chargé par al-Zawahiri le chef d’al-Qaïda de trouver le moyen de mettre fin à la guerre impitoyable que se livraient en Syrie les deux frères ennemis d’Al-Qaïda, Daech (alors appelé Etat Islamique d’Irak et du Levant) et le front al-Nosra.
Il avait été tué lors d’une violente explosion qui avait ravagé son Q.G dans le quartier al-Halak à Alep.
Sa mort avait été imputée à Daech (Etat Islamique), soupçonné d’avoir voulu se venger de la mort de son numéro deux en Syrie Haji Bakr.
Daech lui en voulait également pour avoir intercédé en faveur du Front al-Nosra auprès de Zawahiri, ce qui avait valu à l’EI d’être désavoué par la direction d’al-Qaïda pour son engagement en Syrie, demandant aux Jihadistes de Daech de se limiter à l’Irak.

Alep
Alep - carte.png 
La guerre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'armée syrienne libre (ASL), le Front Islamique, les forces du régime et l'Etat Islamique se combattent les uns les autres pour des gains territoriaux infimes
Trois vidéos. La première montre des membres de la Brigade Noureddine al-Zanki (membre du Front islamique pro-saoudien) tirant à la mitrailleuse sur une position occupée par les soldats d’Assad dans le quartier de Salah ed-Dine :
https://www.youtube.com/watch?v=3DR7eVyzqVA&list=UUtk...
Ou réalisant un coup direct contre un bâtiment occupé par les soldats d’Assad dans le même quartier :
https://www.youtube.com/watch?v=pWY_1fdletU&feature=p...
Cette vidéo montre les destructions après un bombardement aux barils d’explosifs au cours de la nuit du 21 au 22 août du quartier d’al-Hulak :
https://www.youtube.com/watch?v=ioQdLqfBPTM&feature=p...

Ghouta orientale
L’armée syrienne poursuit son avancée depuis qu’elle s’est emparée de Mleiha, une ville clé dans la région. Les soldats d’Assad sont parvenus à atteindre l’usine pharmaceutique Talco à Jisrine, la plus grande de Syrie.  Un haut officier de l’armée syrienne, le colonel Adnane Omrane, directeur de la direction de la défense aérienne, a perdu la vie durant les combats
Après de laborieuses négociations, la brigade Oum al-Mou’minine a décidé de déposer les armes et de se rendre aux forces régulières. En représailles, le Front Islamique dirigé par Zahrane Allouche (pro-saoudien) a enlevé 31 miliciens de la brigade Oum al-Mou’minine, à moins qu’ils ne se soient ralliés, refusant de se rendre aux forces de Bachar el-Assad.

Adra (banlieue de Damas)
Adra est une cité industrielle située au nord-est de Damas, dans la Ghouta orientale. Le QG de l’armée islamique, la principale composante du Front islamique (soutenu par l’Arabie saoudite) vient d’être atteint par un baril d’explosifs faisant plusieurs morts :
Vidéo :
https://www.youtube.com/watch?v=uEx7gf_g7d4&feature=p...

Un accord également à Qoddam
Un autre accord de « réconciliation » entre insurgés et l’armée de Bachar el-Assad a eu lieu dans le quartier de Qoddam, au sud de la capitale syrienne. Cet accord a permis aux habitants déplacés de rentrer chez eux.
L’accord stipule un cessez-le feu et l’installation de barrages de l’armée sur toutes les entrées du quartier. Les noms des miliciens faits prisonniers seront échangés avec ceux des soldats enlevés par les miliciens.  
Cette vidéo montre le etour de déplacés au quartier d’al-Asali après un accord de « réconciliation » :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&a...
Les retrouvailles des familles après une longue séparation :
https://www.youtube.com/watch?v=f7XEC3kKyEw&feature=p...

Qalamoun
Quinze miliciens du Hezbollah ont été tués dans la région syrienne du Qalamoun, proche de la frontière libanaise lors de combats avec les rebelles syriens, affirme la Coalition nationale syrienne dans un communiqué publié jeudi 21 août sur son site.
Les combats ont eu lieu dans le jurd de Fleita dans le Qalamoun, précise la Coalition, soulignant que les combattants de l'opposition syrienne ont pris le contrôle de nouveaux points dans la région.
Mardi, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) avait annoncé qu'Abou Abdallah al-Iraki, un chef irakien du groupe jihadiste de l’État islamique (EI) impliqué dans des attentats suicide au Liban, avait été tué par le Hezbollah dans le Qalamoun. Plusieurs voitures piégées en provenance de Syrie avaient pu entrer au Liban via cette région, avant que celle-ni ne soit sous le quasi-contrôle du régime et du parti chiite.

Front irakien

Un demi-million de déplacés
Le HCR mène actuellement une vaste opération humanitaire, qui a démarré mercredi 20 août, visant à aider un demi-million de personnes ayant fui les attaques des jihadistes dans le nord de l’Irak. Le HCR espère faire parvenir 2410 tonnes d'aide dans la région.

700 000 déplacés au Kurdistan
"La région du Kurdistan en Irak accueille maintenant près de 700 000 déplacés irakiens, la plupart étant arrivés début juin", a déclaré un porte-parole du HCR, Adrian Edwards, lors d'un point de presse. Mercredi, le HCR avait indiqué avoir comptabilisé quelque 600 000 déplacés irakiens dans cette même région. M. Edwards a expliqué que le HCR n'était pas en mesure de dire si les 100 000 déplacés supplémentaires correspondaient à l'arrivée de nouveaux déplacés ou s'il s'agissait de personnes déjà arrivées au Kurdistan qui avaient décidé de s'enregistrer auprès des humanitaires.
La plupart des déplacés vivent encore dans des écoles, des mosquées, des églises, des bâtiments inachevés et ailleurs.

Les Peshmergas kurdes tentent de reprendre la ville de Jalawla
Les combattants kurdes ont lancé vendredi 22 août une offensive pour tenter de reprendre aux jihadistes de l'Etat islamique (EI) la ville de Jalawla.
Jalawla, située à 130 km au nord-est de la capitale irakienne et à une trentaine de km de la frontière iranienne, est une localité stratégique sur la ligne de front d'un millier de km défendue par les forces kurdes. Elle est revendiquée par les Kurdes comme faisant partie du Kurdistan, ce que refusent d’admettre les autorités de Bagdad et les fondamentalistes de l’EI.
La ville était tombée aux mains des jihadistes le 11 août après de violents combats qui avaient fait un nombre indéterminé de morts dans les deux camps.
"Les peshmergas (combattants kurdes) ont avancé sur Jalawla à partir de différents axes" avant l'aube, a précisé Shirko Mirwais, un responsable de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK), ajoutant qu'ils avaient déjà repris plusieurs positions et isolé les insurgés.

Vers une nouvelle guerre des mosquées ?
En Irak, le phénomène des attaques visant mosquées sunnites ou chiites n’est pas un phénomène nouveau. La « guerre des mosquées » fait rage depuis le printemps 2013, à coups de bombes ou même d’obus de mortier. Des dizaines d’attaques avaient eu lieu avant même l’offensive éclaire des Jihadistes de l’Etat Islamique. Mais la destruction systématique des mosquées chiites dans les régions conquises par les insurgés sunnites devait fatalement raviver les tensions sectaires déjà très vives entre la minorité sunnite et la majorité chiite.
Aujourd’hui 22 août, des hommes armés ont tiré sur des fidèles au moment de la prière du vendredi dans la mosquée sunnite Musab Omair de la région de Hamreen, de la province de Diyala, faisant au moins 70 morts et des dizaines de blessés.
Les responsables de cette attaque ne sont pas toujours clairement identifiés. Les auteurs des attaques contre les mosquées sunnites peuvent aussi bien être le fait de milices chiites, omniprésentes à Bagdad, que des extrémistes sunnites reprochant aux fidèles de ne pas adhérer à leur vision rigoriste de l’islam.
Mais il semble que dans ce cas, les terroristes soient des miliciens chiites. Le massacre pourrait porter un coup fatal aux efforts du nouveau premier ministre de rétablir la confiance entre les communautés sunnite et chiite. L’attaque pourrait être une réponse à la mort de  miliciens chiites tués au cours d'affrontements dans la région. Il pourrait également s’agir d’une vengeance après l’explosion d’une bombe près d’une patrouille de miliciens chiites enrôlés dans la lutte contre les Jihadistes de l’EI par le gouvernement. On a constaté, d’ailleurs, que ces miliciens chiites sont de plus en plus impliqués dans des assassinats sectaires brutaux, notamment à Bagdad.

Front libanais

Ersal (nord-est du Liban, à la frontière syrienne)
La tension reste très vive dans la région d’Ersal, théâtre de violents combats entre les Jihadistes du Front al-Nosra associé aux fondamentalistes de l’Etat Islamique et les soldats de l’armée libanaise.
On sait que l’armée libanaise avait subi un sérieux revers au début de l’affrontement. Celui avait été déclenché par l’arrestation « fortuite » d’un chef jihadiste, à un barrage de l’armée. Des soldats auraient été enlevés après avoir abandonné leurs positions sous la pression des combattants islamistes ou auraient déserté pour les rejoindre. On ne sait pas trop. Un grand nombre de questions sont soulevées néanmoins par cette affaire. Qui avait renseigné l’armée sur l’identité de ce Jihadiste, Imad Jomaa, arrêté alors que celui-ci semblait avoir pris l’habitude, depuis deux ans, de franchir les barrages de l’armée positionné dans la région d’Ersal sans être inquiété outre mesure. On prétend que le « tuyau » venait du Hezbollah, et était destiné à piéger l’armée libanaise et la forcer à se joindre au Hezbollah dans sa bataille contre les fondamentalistes sunnites. Autre question : Si ces militaires ont déserté, on peut s’interroger sur les raisons pour lesquelles cette unité avait une seule couleur communautaire ? Pourquoi, enfin, est-on toujours dans l’ignorance de l’identité des déserteurs ?
Le sort de ces prisonniers de la bataille d’Ersal est aujourd’hui l’objet d’âpres discussions entre l’association des oulémas musulmans, les Jihadistes et l’armée libanaise.
Dernière question : Le commandement militaire libanais avait-il pris suffisamment de mesures pour protéger les militaires et empêcher l'effondrement de leurs positions durant les premières heures de la bataille, et pourquoi, par exemple, les soldats de l'armée sont restés de dix heures du matin jusqu'à quatre heures du soir, sans renfort et sans que rien ne soit tenté pour leur porter assistance ?
Il semble que peu de choses aient changé depuis cet affrontement. Le passage d’al-Hosn est toujours accessible sans aucun contrôle de l’armée libanaise aux Jihadistes du Front al-Nosra et de l’Etat Islamique (Daech) qui peuvent ainsi passer du Liban à la Syrie ou vice et versa.
Aujourd’hui, les négociations pour la libération des militaires libanais sont dans l’impasse. Et le Front al-Nosra a haussé le ton et proféré des menaces à l’encontre des soldats. Accusant les négociateurs de ne pas respecter leurs promesses, ils menacent de diffuser bientôt une video dans laquelle deux  soldats libanais exhorteront  l'Etat à répondre à leurs  demandes sinon un soldat sera exécuté toutes les 48 heures. Et pour marquer sa détermination, le Front al-Nosra a chassé  les membres de l’Association des oulémas musulmans d’Ersal, «parce que l’Association  nous a trahis», a déclaré l’Emir d’al-Nosra  pour la région du Qalamoun,  Abu Malik Talli.
Le chef du Front al-Nosra affirme avoir suffisamment fait pour montrer sa bonne volonté dans les négociations.  « Nous avons remis à la  délégation des soldats. Ensuite, nous leur avons donné encore et encore, puis nous avons remis à Cheikh Moustafa plusieurs militaires sans échange. Tous les militaires que nous avons remis en liberté sont  un signe de bonne volonté de notre part et de bonnes intentions. Paradoxalement,  l'État libanais ne nous a rien offert»,a-t-il affirmé.
De son côté, l’Etat Islamique (Daech) cherche à gagner du temps, afin d'acheminer plus de renforts à Ersal et n'a en fait aucune  intention de négocier.

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

07/08/2014

De curieux évènement au Liban

Les jihadistes enhardis par leur succès en Irak
On savait que les succès des jihadistes de l’Etat islamique en Irak et en Syrie allaient galvaniser leurs frères se battant à la frontière entre le Liban et la Syrie. Depuis quelque temps déjà, on avait constaté que des éléments de l’Etat Islamique (Daesh) avaient rejoint la région montagneuse du Qalamoun, à la frontière libanaise, pour se battre aux côtés des jihadistes du Front al-Nosra avec lesquels ils sont à couteaux tirés dans toutes les autres régions de Syrie. Ceci explique, d’ailleurs, la raison pour laquelle, depuis quelques semaines, les forces d’Assad et le Hezbollah essuyaient revers sur revers au prix d’importantes pertes humaines. On avait constaté ces faits sans en tirer une quelconque analyse.

L’objectif des jihadistes de l’Etat Islamique : créer un émirat islamique au Liban
Les Jihadistes de l’Etat Islamique auraient reçu pour mission du calife Ibrahim (Abou Baker al-Baghdadi) de créer un « émirat du Liban » qui devrait couvrir Ersal, Baalbeck, la Békaa-Ouest, le Akkar, Tripoli et éventuellement s'étendre du côté de l'Iqlim el-Kharroub. Le leader druze, Walid Joumblatt, devait avoir eu vent de ce projet et c’est sans doute la raison pour laquelle il avait lancé, il y a peu, un véritable cri d’alarme.
Si ce scénario se révèle exact, cela signifierait que la soudaine attaque des jihadistes à Ersal ne serait pas une simple réaction à l’arrestation d’un chef islamiste, mais bien l’exécution d’un vaste plan. Ce plan s’inscrirait dans l’ensemble des développements qui ont lieu actuellement en Syrie et en Irak. C’est aussi la raison pour laquelle les incidents se sont étendus très rapidement à la ville de Tripoli au Nord Liban.

Le Hezbollah pourrait avoir « piégé » l’armée
Les doutes à ce sujet sont fondés sur les mystères de l’arrestation d’un chef jihadiste, Imad Ahmad Jomaa, à un barrage de l’armée alors qu’il transportait vers un hôpital de la ville libanaise d’Ersal un membre de son groupe armé, blessé au cours de combats dans le Qalamoun syrien. Visiblement, les militaires qui ont arrêté Jomaa ne connaissaient rien de l’importance de leur prisonnier. C’est la raison pour laquelle ils ont été surpris par l’ampleur de l’attaque de représailles jihadiste.
Alors comment ont-ils pu arrêter cet homme puisqu’ils ne le connaissaient pas et que celui-ci circulait avec de faux papiers ? Tout simplement parce qu’ils ont reçu une "information" des services de renseignement du Hezbollah.
Le parti chiite avait tout à gagner à provoquer un affrontement entre l’armée libanaise et les Jihadistes. Cela mettait de facto les soldats libanais de leur côté dans la bataille qui oppose la milice chiite libanaise aux Jihadistes dans le Qalamoun.
Et surtout, cela lui permettait de reprendre pied dans un secteur qui échappait totalement à son contrôle, le jurd de Ersal, un secteur d’une importance stratégique primordiale pour parvenir à chasser définitivement les rebelles syriens du Qalamoun.

Ce n’est pas la première fois que le parti chiite « piège » l’armée libanaise
Ce n'est pas la première fois que le Hezbollah « piège » l'armée en la mettant dans une situation où elle se retrouve sans le vouloir du côté de la milice chiite. Dernièrement, il y a eu les affrontements à Abra (banlieue de Saïda) entre les soldats et les Islamistes de Cheikh Assir qui réclamaient simplement l’évacuation des combattants du Hezbollah des positions qu’ils occupaient à côté de la place-forte des Islamistes. Il y avait eu également un bref et meurtrier incident entre l’armée libanaise et les soldats de Tsahal au moment même où Hassan Nasrallah devait s’adresser au peuple libanais pour le convaincre des bienfaits de l’union « peuple-armée-résistance ». Les combats entre l'armée libanaise, appuyée par le Hezbollah et l'armée israélienne valaient mieux qu'un discours !

Le parti chiite piège les musulmans libéraux
En provoquant une véritable guerre entre l’armée et les Jihadistes sunnites, c’est toute la communauté sunnite qui se retrouvait du côté des ennemis de l’armée. Aujourd'hui, après ce qui s'est passé à Ersal, tous les Libanais sont appelés à afficher leur soutien à l’institution militaire…et par voie de conséquences au Hezbollah autoproclamé « la résistance ».

Même la communauté internationale se retrouve piégée
L’Arabie saoudite et la France avaient promis des armes à destination de l’armée libanaise. Elles n’ont pas encore été livrées uniquement parce que certains « intermédiaires » veulent des assurances sur le paiement de leur commission. Mais en livrant ces armes à l’armée libanaise, on se retrouverait automatiquement du côté du Hezbollah chiite et de Bachar el-Assad contre les Jihadistes syro-libanais. Difficile de reconnaître ses amis et ses ennemis entre Jihadistes et Hezbollahis. Sans compter qu’Israël va très certainement rappeler à ses « amis français» qu’ils sont en train de rompre des accords bilatéraux.

Un nouveau drame pour les réfugiés syriens
Un grand nombre de civils et de combattants syriens avaient trouvé refuge dans des camps de réfugiés installés à Ersal après les succès militaires du Hezbollah et des soldats d’Assad dans le Qalamoun. On estime le nombre des réfugiés entre 120.000 et 140.000 alors que la population de la ville ne comptait que de 30 à 40.000 habitants. Un poids énorme pour les autorités d’Ersal. Mais aussi un risque important pour le Hezbollah qui savait qu’un grand nombre de combattants parmi les réfugiés n’avaient qu’une idée en tête : en découdre avec les miliciens chiites.
Il suffisait d'une étincelle pour allumer le feu et c’est le Hezbollah qui semble l’avoir allumée en provoquant l’arrestation de ce chef jihadiste par l’armée libanaise.

Mon ami Nabil Halabi légèrement blessé
Mon ami Nabil Halabi, directeur de l’Institut libanais pour la démocratie et les droits de l’homme, était précisément à Ersal avec des dignitaires sunnites pour tenter de trouver une solution au conflit et s’assurer que les civils syriens, réfugiés à Ersal, et qui n’ont rien à voir avec les évènements, ne seraient pas maltraités. Il semble que 200 d’entre eux aient perdu la vie au cours des combats.  
https://www.youtube.com/watch?v=i-K_hOaigT4&feature=p...

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l’enfer des espions

04/08/2014

Que se passe-t-il à la frontière libano-syrienne de la Bekaa ?

La bataille de Qalamoun une caisse de résonnance de l’évolution de la rivalité entre Arabie saoudite et Iran
La bataille de Qalamoun, dans le rif de Damas, et à la frontière libanaise, notamment du côté de Ersal, continue de faire rage malgré la victoire proclamée par l’armée d’Assad et le Hezbollah. Ils avaient cru qu’en prenant les villes et villages de la région, ils en avaient fini avec l’Armée Syrienne Libre et le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie). Les évènements ont démenti cet optimiste. La bataille fait rage et les pertes sont lourdes des deux côtés. Le Qalamoun est le seul secteur de Syrie où Armée Syrienne Libre, les Jihadistes du Front al-Nosra et ceux de l’Etat Islamique luttent côte à côte.

Le jurd d’Ersal, une base arrière des rebelles syriens
Les rebelles utilisent, depuis des mois, le jurd autour de la localité libanaise d’Ersal comme base arrière. Cette région a de tous temps été un lieu de contrebande en tout genre entre la Syrie et le Liban et de planque pour les hors-la-loi libanais ou syriens.

Hassan Nasrallah a une lourde responsabilité en engageant le Hezbollah dans le conflit syrien
La situation s’est envenimée lorsque le Hezbollah a été engagé dans le conflit syrien, aidant l’armée de Bachar el-Assad à combattre les rebelles. Il obéissait, en cela, à un ordre de Téhéran, soucieux de conserver « l’arc chiite » dans son intégralité. « L’arc chiite » est une expression utilisée pour la première fois par le monarque jordanien pour désigner la continuité de la présence chiite allant de Téhéran à la frontière israélo-libanaise en passant par l’Irak et la Syrie. En s’engageant aux côtés de la communauté alaouite qui exerce de facto le pouvoir en Syrie, quand bien même les représentants d’autres communautés y participeraient, le Hezbollah a clairement pris le risque de provoquer une déflagration au Liban. La communauté sunnite du Liban et de Syrie a bien compris que le Hezbollah exécutait un plan régional sur une base confessionnelle. Et ce ne sont pas les déclarations du contraire par les leaders de la milice chiite qui vont la convaincre qu'elle se trompe.

Les autorités libanaises sont effrayées par les risques sécuritaires
La classe politique libanaise, dans son ensemble, est effrayée par les risques d’explosion au Liban et fait tout pour rejeter sur des agents extérieurs au Liban les incidents sécuritaires qui frappent régulièrement le pays. Les leaders modérés de la communauté sunnite, en commençant par Saad Hariri, tout en condamnant l’engagement du Hezbollah aux côtés des troupes d’Assad, appellent au calme et au respect des institutions. Mais parlons-en justement de ces institutions quand une partie de la classe politique, celle qui est engagée dans la défense de Bachar el-Assad et de l’Iran, maintient le pays dans le chaos institutionnel au lieu de se dépêcher de mettre le pays à l’abri du danger en se dépêchant d'élire un nouveau président et de donner au gouvernement les moyens d’agir au lieu de se battre pour des prérogatives insignifiantes au regard du danger.

L’armée libanaise – l’armée de tous les dangers
Tant que le pays reste attaché à la cohésion nationale et protège ses institutions, l’armée sera le bras armé de l’indépendance libanaise et recevra l’aide des pays occidentaux. Mais si la classe politique et le peuple se divisent, l’armée, dont la composition est peu ou prou identique à la nation libanaise, volera en éclats. On a déjà connu ce cas au cours de la guerre (que j’hésite à appeler civile) lorsque l’armée libanaise s’est divisée en Armée du Liban Arabe (ALA) alliée de l’OLP,  l’Armée du Sud Liban (alliée d’Israël) et d’autres unités rejoignant un camp ou un autre.
La première intervention de l’armée libanaise à la fin du mois de juin 2013 n’a pas été un succès sur le plan politique, même si les Islamistes partisans de Cheikh Assir ont été rapidement défaits. Le problème est que l’armée est clairement apparue comme intervenant pour le compte et aux côtés des miliciens du Hezbollah. Pourquoi dans ce cas désarmer les miliciens sunnites et laisser les miliciens du Hezbollah se pavaner avec leurs armes et leurs uniformes à l’intérieur du pays et s’affubler du nom de « Résistance » ? C’est naturellement la question que se posait la rue sunnite qui n’avait pas particulièrement de sympathie pour ce Cheikh extrémiste mais qui voyait bien qu’il y avait deux poids deux mesures.

Union nationale derrière l’armée – En est-on si sûr ?
Les politiciens libanais jurent leurs grands dieux qu’ils sont tous derrière l’armée libanaise. Mais en coulisse on regrette une nouvelle fois que l’opération militaire menée dans le jurd d’Ersal serve à prêter main forte au Hezbollah en difficulté dans le Qalamoun. 
L’armée dit vouloir fermer les frontières aux rebelles syriens et aux Jihadistes pour protéger le Liban, mais on voit bien que la frontière n’est pas fermée pour tout le monde et que le Hezbollah continue d’acheminer armes et bagages à ses unités déployées de l’autre côté de la frontière. La tension qui monte à Tripoli et dans d’autres régions du Liban est la preuve que la fameuse « union sacrée » n’est pas aussi réelle qu’on veut bien le dire.

Ersal et le problème des « réfugiés » syriens
Ersal en quelques chiffres, c’est une localité sunnite de 30 000 habitants dans une région où villages sunnites et chiites se côtoient. Les villages chiites sont des places fortes du Hezbollah et les localités sunnites ont généralement pris fait et cause pour la rébellion syrienne. A Ersal se trouvent près de 120.000 réfugiés syriens. Il y a parmi eux beaucoup de rebelles et de jeunes désoeuvrés qui rêvent d’en découdre avec le Hezbollah et l’armée d’Assad car la plupart ont fui la Syrie après l’intervention du Hezbollah.

5000 éléments armés à Ersal et dans le jurd aux alentours
Aucune information officielle n'a été fournie sur le nombre de rebelles présents à Ersal. Samir Mokbel, vice-premier ministre et ministre de la défense affirme que leur nombre « ne dépasse pas les 2 500 dans toute la zone d'Ersal, y compris le jurd ». Des sources militaires prétendent, elles, qu’il y aurait 5 000 combattants.
Pour le commandant en chef de l'armée, Jean Kahwagi, « ces éléments armés sont étrangers au Liban et relèvent des différentes formes actuelles de « takfirisme ». Ces éléments sont de diverses nationalités et se trouvaient en dehors des frontières. Ils sont arrivés au Liban après une coordination avec des individus implantés à l'intérieur des camps de réfugiés (syriens) ».  Pour l’armée libanaise, l’affaire est claire. Ces gens sont des terroristes, des membres d’al-Qaïda et de l’Etat Islamique, des Jihadistes. Il faut les "éliminer".

Les rebelles syriens affirment qu’il s’agit d’un complot pour chasser les réfugiés syriens du Liban
Ils demandent à la communauté internationale de veiller à ce qu’il n’y ait pas de grands massacres dans la région d’Ersal et le Qalamoun. 
Ils justifient leurs craintes par le fait qu’il y aurait dans la région, autour d’Ersal, environ 20.000 miliciens du Hezbollah revêtus d’uniformes de l’armée libanaise. Ces gens pour l’instant n’interviennent pas mais se trouvent immédiatement derrière 5000 militaires libanais engagés dans une opération pour chasser de la région tous les rebelles syriens et étrangers.
L’armée libanaise a déployé un matériel impressionnant : canons de 155 mm, tanks, des hélicoptères et des avions de combat.
Les régiments, dont une unité aéroportée, sont commandés par le général Roukoz, un allié par alliance de Michel Aoun, ce général politicien qui a pris fait et cause pour le Hezbollah et Bachar el-Assad alors qu’il avait alimenté la chronique en 1990 en affrontant l’armée syrienne.
L’objectif déclaré de l’armée libanaise est d'affirmer le contrôle de l’Etat sur la totalité du territoire libanais. Parfait ! Mais cela signifie en clair qu’il va falloir chasser les Jihadistes introduits au Liban. Ceux-ci sont malheureusement intégrés à la masse des réfugiés et il faut s’attendre à ce que l’affaire soit sanglante.
On a vu que la bataille du Qalamoun (côté syrien) était loin d’être achevée, malgré les cris de victoire des soldats d’Assad et du Hezbollah après la prise des quelques villes de la région. On peut prévoir que la bataille va également durer un certain temps dans le jurd d’Ersal avec le risque que le conflit s’étende à d’autres régions du Liban.

La bataille dans le jurd d’Ersal risque de provoquer un embrasement
La bataille ne s'arrêtera donc pas à Arsal mais atteindra Beyrouth et d'autres régions libanaises.
Ceci d’autant plus que beaucoup de Libanais aimeraient bien se débarrasser du Hezbollah.
Le Hezbollah pourrait être également intéressé à ce que l'affrontement s'étende. Un conflit à l’intérieur du Liban pourrait lui permettre de couvrir son échec flagrant en Syrie et retrouver une justification à son combat.

La communauté chrétienne pas concernée mais divisée
Encore une fois, la communauté chrétienne va se retrouver paralysée par un conflit qui, théoriquement, ne la concerne pas.
Les Chrétiens, dans leur majorité, n’aiment ni les Jihadistes qui veulent les chasser du Liban, ni le Hezbollah qui leur fait peur. Mais certains leaders chrétiens ont fait des alliances électorales avec l'un ou l'autre camp, ce qui les empêche, pour l'instant, de faire l'union sacrée face au danger.

Jean Kahwagi, le commandant en chef de l'armée libanaise, tire la sonnette d’alarme
C’est pourquoi le général en chef de l’armée libanaise, Jean Kahwagi, a tiré la sonnette d’alarme : « La situation est beaucoup plus grave que d'aucuns veulent le croire », appelant « tous les responsables politiques et religieux à prendre garde à ce qui se prépare désormais pour le pays, puisque tout dérapage, dans n'importe quelle région, pourrait être très dangereux ». « Ce qui se passe à Ersal atteindra l'ensemble du territoire, parce que nous savons tous l'enchevêtrement des régions au Liban », a-t-il souligné, appelant également à une solution à la situation des réfugiés, « afin d'éviter le développement d'îlots de terrorisme ». Effectivement, les Brigades des sunnites libres de Baalbeck, une organisation jihadiste ayant déjà à son actif plusieurs attentats, déclaraient qu'elles étaient « prêtes à participer à n'importe quelle bataille jusqu'à la victoire ».

Le fil des évènements
Tout a commencé le 2 juillet lorsque « des éléments armés ont commencé à se regrouper en nombre impressionnant, peu après l'arrestation au barrage de Wadi Hmeid du commandant de la brigade islamiste Fajr al-Islam, un certain Imad Ahmad Jomaa, alors qu'il transportait un blessé de son groupe de combat vers un hôpital d'Ersal. 400 rebelles ont alors lancé un assaut contre des postes militaires du secteur pour obtenir la libération de Jomaa.

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Imad Ahmad Jomaa 

 

 

 

 

 

 

 

Les rebelles ont tenté d'encercler tous les postes de tous les côtés, et en grand nombre », a indiqué le général Jean Kahwagi. Des troupes héliportées de l’armée ont alors effectué une contre-attaque rapide pour libérer le périmètre autour des postes
Des renforts, incluant des unités d'élite et la huitième brigade, ont été dépêchés dans la région pour aider les unités héliportées à reprendre le terrain.
Des combats violents ont eu lieu au niveau de la caserne 83, située près de l'école technique d’Ersal. Les combats se sont étendus jusqu'aux limites du village chiite de Laboué, une place-forte du Hezbollah. 
Les combats du samedi 2 juillet ont coûté la vie à  quatorze militaires libanais, dont deux officiers, ainsi qu’à des dizaines de rebelles. 86 soldats ont été blessés et 22 sont portés disparus.
Les combats se poursuivaient le dimanche 3 et le lundi 4 juillet aux environs de la localité frontalière d'Ersal que les habitants continuaient à fuir.

Ersal est actuellement entre les mains des Islamistes sunnites
Ersal est actuellement sous le contrôle des groupes armés. Les membres de ces groupes sont sortis des camps de réfugiés syriens à la lisière de la ville pour attaquer l’armée dès l’annonce de l’arrestation de Jomaa.  Ces hommes appartiennent à différentes nationalités et sont très bien organisés. Habillés en noir et cagoulés, ils patrouillent dans les rues de la ville.

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Les Islamistes contrôlent Ersal












Le Hezbollah propose son aide
Déjà, au sein des milieux hezbollahis, on prétend que l’armée ne pourra seule gagner cette bataille. Ibrahim el-Amine, le rédacteur en chef du journal al-Akhbar, proche du Hezbollah, affirme : « Si l’armée n’appelle pas à un soutien direct de l’armée syrienne et des forces du Hezbollah, elle sera face à un grand problème, surtout qu’elle est en crise sur le plan des capacités militaires mais aussi sur le plan de l’action de renseignement nécessaire dans ce cas.
Alors que son ennemi possède de grandes expertises militaires, auxquelles s’ajoutent des orientations pédagogiques qui permettent de se sacrifier face à l’ennemi. Donc, il est illogique de prévoir une bataille rapide et décisive contre ces groupes », écrit al-Amine.

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)