15/09/2014

Coalition internationale contre l’Etat Islamique

Les Etats-Unis ont annoncé que plus de 40 pays auraient donné leur accord pour participer à à la coalition contre le califat islamique.
Le Département d’Etat américain a donné une première liste de 25 pays.
D'autres pays pourraient rejoindre la coalition ultérieurement ou simplement collaborer d’une façon ou d’une autre dans divers domaines.

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06/09/2014

6 septembre 2014 – Guerre contre l’Etat Islamique

Les États-Unis souhaitent créer une coalition contre l’Etat Islamique
La réponse des membres de l’OTAN n’a pas été à la hauteur des attentes américaines.
La Turquie, pièce maîtresse de l’OTAN dans la région, a répondu « non » à la demande U.S. Elle ne permettra pas l’utilisation des bases situées sur son territoire hors du cadre de l’OTAN à l’exception d’une certaine forme de coopération en matière de renseignements dans le cadre de l’OTAN..
Comme on pouvait s’y attendre, la Jordanie a accepté de coopérer. Elle n’a pas attendu pour le faire, d’ailleurs. Elle aide déjà les forces américaines sur le plan des renseignements et a déjà accepté les forces spéciales U.S. sur son territoire. Ce qui est nouveau, c’est qu’elle a désormais accepté d’ouvrir son espace aérien à l’US air force.
L’Arabie Saoudite va également coopérer avec les USA sur le plan des renseignements et de la logistique. Le royaume a également accepté d’ouvrir son espace aérien aux avions américains, ainsi que ses bases aériennes, et ses ports. Elle financera enfin les opérations US contre l’EI avec un budget illimité. Les Américains n’ont pas demandé aux Saoudiens d’engager des troupes saoudiennes dans les opérations de guerre. Sans doute en raison de la méfiance envers ces troupes, tant de la part de la monarchie que des Américains. Mais les tribus (Sahwat) pourront être mises à contribution. 
Le Koweït, les Émirats arabes unis et Bahreïn sont prêts à aider les Etats-Unis. Le Qatar et Oman  sont plus réservés, voire hostiles.
La déception vient des pays européens et le reste des alliés de l'OTAN. La plupart n’est pas prête à rejoindre les Etats-Unis dans une intervention au sol, mais certains ont accepté de coopérer pour des missions d'opérations spéciales à condition que celles-ci se limitent à guider les bombardements aériens.
Pour le soutien au sol, les Etats-Unis devront compter sur l'armée irakienne ou ce qu’il en reste, les milices chiites, les nationalistes kurdes, et les conseils tribaux des Sahwat, anti-jihadistes, ainsi que sur les quelques brigades de l’Armée Syrienne Libre dignes de confiance, c'est-à-dire non suspectes d’islamisme. Reste l’épineux problème d’une possible coopération avec l’Iran et l’armée assadiste. 
Les affirmations qu’il n’y a pas et qu’il n’y aura pas de coordination entre les Etats-Unis et l’Iran dans la lutte contre l’EI sont fausses. Il existe déjà une coordination indirecte entre les deux pays, par l’intermédiaire des Peshmergas ou des militaires irakiens. Et on dit que des informations ont été échangées entre les « services » américains et syriens.

Des navy seals entraînent déjà des rebelles syriens
Cette vidéo montrerait l’entraînement de rebelles syriens par les Navy Seals :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Un drone U.S. au-dessus de Raqqa
En attendant le feu vert pour une intervention contre l’EI en Syrie, l’US Air Force a déjà entamé ses opérations de survol du territoire syrien. Un drone américain MQ-1 a été filmé, il y a deux jours,  tournoyant au-dessus de la ville de Raqqa, la place forte de l’Etat Islamique.
Le drone a tourné au-dessus de la localité pendant plusieurs heures. A noter que celle-ci est l’objet d’intenses bombardements par l’aviation assadiste depuis une dizaine de jours.
http://www.liveleak.com/view?i=baa_1410003373

Bombes à sous munitions utilisées par l’armée assadiste
L’armée assadiste a tiré des fusées Grad  MLRS BM 27-30 Uruguan contre les rebelles. Le BM-27 peut utiliser des HE-FRAG, ICM ou mines dispersables PTM-3 ou PFM-1. Il s’agit de mines à sous-munitions équipées de roquettes qui explosent toutes en même temps grâce à des fusibles électriques de synchronisation. Chaque fusée pèse 280,4 kg. Les têtes pèsent entre 90 et 100 kg selon le type. Une salve de 16 roquettes  peut être tirée en 20 secondes et peut engager des cibles dans un rayon de 35 kilomètres.
Le missile, de 220 mm, peut disperser 312 mines antipersonnel PFM-1. Ces armes sont utilisées pour créer des champs de mines derrière un ennemi en retraite ou même pour piéger un ennemi en les entourant de mines. De telles tactiques ont souvent été utilisées par les Soviétiques en Afghanistan.
http://www.liveleak.com/view?i=fee_1409992599

Kurdistan syrien
Que la guerre est jolie avec les miliciens kurdes de l’YPG. C’est ce que semble vouloir nous dire cette vidéo de propagande de l’YPG :
https://www.youtube.com/watch?v=vhXgsmkccKg&feature=p...
Il y a fort à parier que si les Etats-Unis décident d’intervenir contre l’EI en Syrie, ce sera selon toute vraissemblance à partir du Kurdistan syrien.

Raqqa
Raqqa, la place forte des Jihadistes de l’EI est bombardée systématiquement depuis dix jours par les bombardiers assadistes. es bombardements du samedi 6 septembre auraient fait 53 morts, dont 31 civils, parmi lesquels cinq femmes et trois enfants. Il se peut que l’EI ait présumé de ses forces en attaquant l’armée syrienne alors qu’une certaine forme de trêve existait entre l’organisation fondamentaliste et le régime syrien :
http://www.liveleak.com/view?i=4dd_1410022176


Golan syrien
Il semble que l’armée d’Assad ait de plus en plus de mal à résister à l’offensive des fondamentalistes du Front al-Nosra. La vidéo ci-dessous montre la fuite de soldats assidistes au loin :
http://www.liveleak.com/view?i=e3e_1410020752

Front libanais
Un second soldat libanais aurait été décapité par l’État islamique. Il s'agirait d'Abbas Medlej, originaire de Baalbek. Le soldat avait été enlevé le 2 août à Ersal lors de combats entre l'armée libanaise et des rebelles syriens, en majorité fondamentalistes. L’information n’a pas encore été confirmée, mais dès que cette nouvelle s’est répandue au Liban,  plusieurs jeunes en colère ont coupé des routes à travers le pays, notamment dans la banlieue sud de Beyrouth et dans la Békaa.
C’est dans ce contexte tendu que de violents affrontements ont à nouveau éclaté, samedi soir 6 septembre, entre le Hezbollah et des islamistes armés dans la région de Wadi al-Rayyan, dans le jurd de Ersal, à l'est du Liban.

 

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l’enfer des espions)

 

 

 

 

 

 

 

31/08/2014

Les jihadistes de l’Etat Islamique ont mis la main sur des missiles sophistiqués

Les Jihadistes disposent de missiles AA SA-24 « Grinch » russes
La capture de la base aérienne de Tabqa dans la province de Raqqa, désormais entièrement sous contrôle des Jihadistes de l’EI, a permis à ceux-ci de mettre la main sur des armes sophistiquées, comme des missiles sol-air SA-24 « Grinch ». Les analystes militaires du Pentagone ont pris cette information extrêmement au sérieux car si les Jihadistes réussissent à transférer ces armements en Irak, ils risquent de mettre en péril les équipages des avions de combat et des hélicoptères américains en mission contre les fondamentalistes musulmans.
Le SA-24 (baptisé игла, « igla » – « aiguille » en français) est en service dans l’armée russe depuis 2004. Il avait été fourni à l’armée syrienne par la Russie. Ce missile est très efficace et représente un danger pour les avions de combat modernes.

Les SA-24 s’ajoutent aux grandes quantités d’armes américaines saisies en Irak
L’EI avait également mis la main sur des stocks importants d’armes américaines performantes, parmi lesquelles de l'artillerie, des véhicules blindés et même quelques chars M1A1 Abrams, qu’il avait récupérés de l’armée irakienne en déroute.
Mais, jusqu'à présent, les armes de défense anti-aérienne qu’ils avaient récupérées étaient assez âgées. Mais la situation a changé depuis leur prise de la base aérienne de Tabka et il faudra désormais tenir compte de cette nouvelle donne pour planifier des attaques aériennes, que ce soit en Irak ou en Syrie, sachant que la décision d’étendre les frappes aériennes en Syrie n’a pas encore été prise par l’administration américaine. 

Les Jihadistes avaient reçu de grandes quantités d’armes
La grande majorité des MANPADS en vente sur le marché noir est originaire de Russie et d’Europe de l’est. Les rebelles ont reçu des armes financées par l’Arabie saoudite et les Emirats du Golfe arabo-persique dès la fin de 2012. On estime qu’ils ont reçu à cette époque pas moins de 3000 tonnes de stocks d’armes de pays de l’ancien Pacte de Varsovie. Ces armes ont été fournies principalement par la Croatie et sont arrivées en Syrie via la Jordanie, ce qui laisse spposer que le « deal » était approuvé par l’administration américaine. Les achats ont été financés par les Saoudiens. Mais il n’y avait pas encore de missiles anti-aériens sophistiqués parmi ces armes.
Les Qataris ont été les premiers à fournir des missiles anti-aériens. Ils n’ont cessé que sur l’insistance des Américains.
Toutefois, il semblerait que les Saoudiens aient aussi fourni des MANPADS chinois à des groupes de rebelles à l’exception de l’EI.  Un hélicoptère syrien a d’ailleurs été abattu par un missile FN-6 sans qu’on sache avec certitude comment il était arrivé entre les mains de la rébellion.

Les armes de défense anti-aérienne de l’EI
Les Jihadistes de l’EI ont à disposition des canons anti-aériens polonais et bulgares datant de l’époque soviétique, des ZU23-2 et ZU23-4, des missiles anti-aériens efficaces seulement contre des aéronefs volant à basse altitude. Ils disposent également de MANPADS FIM92 Stinger (système de défense aérienne portatif). Ils ont également à disposition des mitrailleuses lourdes anti-aériennes GSHK efficaces contre les hélicoptères mais totalement inefficaces contre les avions de combat volant à haute altitude.  Ce n’est pas le cas des missiles chinois MANPADS FN-6 qui peuvent frapper des cibles volant à 11 000 pieds ou des MANPADS SA-16 « Gimlet » qui peuvent atteindre 16 000 pieds et qui avaient été fournis en grande quantité à l’armée de Bachar el-Assad et dont de nombreux exemplaires sont tombés entre les mains des Jihadistes. "Le nombre exact de missiles sol-air entre les mains des Jihadistes de l’EI varie entre 250 et 400, selon les experts. Mais ce chiffre pourrait être beaucoup plus élevé car l’armée syrienne disposait d’environ 20.000 unités de MANPAD avant le début de la révolution en 2011. Or, de nombreux dépôts d'armes ont changé de mains au cours des combats qui ont suivi.
Le Front al-Nosra, la branche d’al-Qaïda en Syrie, dispose de son propre stock de MANPADS.

Jusqu’ici, les aéronefs abattus par la rébellion syrienne étaient principalement des hélicoptères
La plupart des aéronefs abattus par les rebelles en Syrie était des hélicoptères de combat, même si les avions de combat ont également été pris pour cibles. Et si peu d’avions ont été abattus, beaucoup, par contre, ont été « verrouillés » par les batteries de missiles de la rébellion.

SA-24
Le SA-24 est un équipement encore plus sophistiqué et très efficace. Les spécifications indiquent qu'il est «conçu pour être utilisé contre des cibles visibles, comme des avions tactiques, des hélicoptères, des drones, des missiles de croisière, et qu’il peut déjouer les contre-mesures.  Il bénéficie d’une grande portée et est capable d'engager des cibles de nuit.

Voler au-dessus de la Syrie sera dangereux pour l’US Air Force
L’utilisation par les Jihadistes de l’EI de systèmes de défense anti-aérienne sophistiqués comme les SA-24, SA-16 et FN-6 rendra le survol de la Syrie beaucoup plus dangereux que celui de l’Irak. Bien sûr, les batteries ont une durée de vie très limitée et sans les piles elles ne sont pas d’une grande utilité. Mais les rebelles syriens ont déjà utilisé des batteries improvisées très efficaces.
Ces systèmes de défense anti-aérienne très sophistiqués (et peut être d’autres fournis par la Russie encore plus efficaces) représenteront un danger très grave pour les avions de combat américains si ceux-ci reçoivent l’ordre d’attaquer l’Etat Islamique en Syrie.  Les stratèges du Pentagone savent que le président Obama ne pourra laisser l’EI se développer au Moyen Orient. Ils savent qu’ils recevront tôt ou tard l’ordre d’attaquer. C’est pourquoi ils planchent actuellement pour trouver le terrain et la tactique les mieux adaptés pour attaquer les Jihadistes avec le minimum de danger pour l’armée de l’air américaine.

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)