22/01/2015

20 er 21 janvier 2015 – Observatoire du monde arabe

Chers lecteurs
J’ai finalement trouvé une solution pour financer la poursuite de mes activités. En attendant, je vais continuer d’alimenter ce blog avec ce condensé quasi-quotidien d’informations et d’analyses sur le monde arabo-musulman.
En vous remerciant de votre fidélité.

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10/12/2014

10 décembre 2014 - Le Qatar rentre dans le rang

Le Qatar rentre dans le rang au cours de la dernière réunion des pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG – Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït, Oman, Qatar). L'exaspération de la lutte contre l'Etat Islamique, la progression de l'influence de l'Iran dans la région et les difficultés financières dues à la chute des cours du pétrole ont convaincu le Qatar qu'il n'avait plus les moyens de faire cavalier seul.

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29/11/2014

29 novembre 2014 – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

Front irakien

Le général Souleimani agace les Américains
A peine quelques heures après la chute de Mossoul, un avion privé à bord duquel se trouvait le commandant de la brigade des forces spéciales iraniennes al-Qods, Qassem Souleimani, a atterri à Bagdad. Il était accompagné par des experts militaires iraniens et libanais. La délégation a été accueillie par les chefs des forces populaires, un groupe de brigades soutenues par l’Iran.
Celles-ci avaient été formées en 2003 pour lutter contre l’occupation américaine. Il s’agit notamment de: Asaib Ahl al-Haqq (ligue des vertueux), les brigades Badr, le Hezbollah irakien, les brigades de l’Imam Ali, les brigades de l’Imam Hussein, et le mouvement Risalat.
« Toutes ces brigades étaient prêtes et n’avaient besoin que d’une personne qui puisse commander la bataille contre l’Etat Islamique en soutien des unités de l’armée irakienne.
Des milliers d’Irakiens ont répondu à l’appel des plus hautes références religieuses (Marjaiya) en rejoignant les camps d’entrainement mis en place par les forces populaires et l’armée irakienne.
La priorité était de protéger Bagdad et ses alentours dès le début de l'offensive jihadiste du mois de juin 2014.
Mais le premier ordre que Qassem Souleimani a donné aux milices chiites a été de sécuriser la route reliant Bagdad à Samarra, une ville située à 110km au nord de Bagdad. La ville possède un mausolée chiite, le mausolée al-Askari. Ce mausolée avait été la cible d’un sanglant attentat le 22 février 2006, lequel avait déclenché une guerre confessionnelle entre sunnites et chiites qui a fait des dizaines de milliers de morts dans les années suivantes.
Les chefs des forces populaires n’étaient pas très chauds, prétextant qu’ils n’étaient pas encore prêts pour mener une bataille dans les circonstances actuelles. Mais, le général iranien a insisté et a participé en personne aux combats pour la sécurisation de la route.
L’armée et les forces populaires ont rapidement enregistré des progrès face aux Jihadistes de Daech. Elles ont sécurisé Bagdad et ses alentours, évité à Samarra de tomber entre les mains de l’EI, protégé Doujail et Balad. Elles ont repris Tal-Afar, Amerli, Souleiman Bek et de larges territoires de la province de Salaheddine.
Le général iranien, Qassem Souleimani a joué un rôle crucial pour remonter le moral des combattants à un moment où tout semblait perdu. Il a été  présent lors des principales batailles contre Daech dans la région occidentale d’Al-Anbar, dans les régions kurdes de Diyala (est), dans la région pétrolière de Kirkouk et dans la récente bataille pour la libération de la raffinerie de Baïji. Il a également participé cet été aux combats d’Amerli, au nord de Bagdad, et près d’Erbil, capitale de la région du Kurdistan irakien.
On prétend que les photographies de Souleimani prises lors des scènes de combats en Irak ont irrité le président américain.

Bataille de Ramadi (province sunnite d’al-Anbar)
L'armée irakienne, appuyée par des tribus, résistait toujours dans le centre-ville, samedi 29 novembre. "D'intenses combats opposant les forces de sécurité et des unités tribales à l'EI ont lieu dans les quartiers d'Al-Hoz, Mouallimine et El-Bakr".
Le quartier d'Al-Hoz, au sud de Ramadi, était tombé aux mains de l'EI cette semaine. Selon cheikh Omar al-Alwani, chef de l'une des tribus sunnites en guerre contre l'EI, l'armée et les combattants tribaux progressent, mais "lentement". "Ils contrôlent l'entrée du quartier" d'Al-Hoz, a-t-il précisé.
"Il y a beaucoup de pièges et nous n'avons pas d'équipe de déminage avec nous, donc nous ne pouvons prendre position dans les bâtiments qu'après avoir lancé des grenades dedans pour vérifier s'ils sont piégés avec des explosifs ou non", a ajouté M. Alwani.
"Si l'armée reste avec nous, nous pourrons reprendre entièrement le quartier bientôt", a-t-il encore dit, ajoutant que des raids aériens de l'armée irakienne avaient détruit des positions de snipers et des véhicules blindés de l'EI.
A noter que cheikh Omar al-Alwani appartient à la même tribu que le député Ahmad al-Alwani qui vient d’être condamné à mort par la cour criminelle centrale.
Vidéo des combats menés avec l’aide de l’aviation irakienne par les milices chiites et les tribus sunnites contre les Jihadistes de l’EI :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=b3f4067cc50d
Vidéo du ministère de la défense montrant des bombardements aériens contre des cibles de l’EI dans la province sunnite d’al-Anbar :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=374cd8d7955f

Kurdistan irakien – region de Kirkouk
Les Peshmergas, aidés par la Golden Brigade de l’armée irakienne et des miliciens chiites ont repris la localité d'al-Heliwa.
Vidéo :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=5134c95d404a

Front syrien

Une révolution manquée - Mais comment en est-on arrivé là ?
Les manifestants de la première heure, qui défilaient pacifiquement dans les rues des grandes villes syriennes en 2011 pour réclamer plus de démocratie ont disparu. La plupart sont morts, emprisonnés, ont choisi l’exil ou se cachent autant des forces de sécurité que des milices islamiques.
Pour eux, le rêve a viré au cauchemar. Ils se sont retrouvés marginalisés par l’horreur d’une guerre sans merci entre l’Armée Arabe Syrienne (AAS) et les Jihadistes pour le contrôle de portions du territoire syrien. Même les héros de l’Armée Syrienne Libre (ASL), qui ont un temps nourri les espoirs des révoltés, ne jouent plus qu’un rôle marginal, se transformant la plupart du temps en seigneurs de la guerre régnant sur de minuscules fiefs. Ils ne font pas le poids face à la pression des brigades jihadistes bien organisées et fortement armées
La communauté internationale est tout aussi désemparée. En proie aux luttes d’influence entre grandes puissances et entre ténors du monde islamique (Turquie et Qatar – Arabie saoudite et Emirats arabes unis), elle n’a jamais réussi à se mettre d’accord sur le choix du chef providentiel, capable de fédérer l’ensemble de l’opposition pour être une alternative à Bachar el-Assad.
Conscient de l’impuissance de la communauté internationale, Bachar el-Assad et ses forces de sécurité on pu poursuivre en toute impunité les campagnes impitoyables de bombardements et d’arrestations.
C’est dans ce contexte de pessimisme absolu que les organisations jihadistes ont pu fédérer un nombre sans cesse croissant de combattants. C’est tout d’abord le Front al-Nosra, le représentant officiel d’al-Qaïda en Syrie, qui est apparu sur la scène syrienne. Mais il a été très vite concurrencé par une organisation encore plus aguerrie et impitoyable : l’Etat Islamique d’Irak et du Levant (EIIL) devenu l’Etat Islamique après son offensive en Irak de juin 2014. Les combattants de l’Etat Islamique avaient des années d’expérience des combats contre l’armée américaine lorsque celle-ci occupait l’Irak.
Américains et Saoudiens ont sans doute cru qu’ils pourraient instrumentaliser l’EIIL pour venir à bout du premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, qui avait eu le tort de dresser la communauté sunnite d’Irak contre lui en menant une politique trop favorable aux Chiites et qui était également soupçonné de faire la part belle à l’Iran. Mais le poulain est devenu une bête féroce indomptable.
Il a bien fallu parer à la menace, d’où la mobilisation internationale contre l’EI, tant en Irak qu’en Syrie, pays dans lequel l’organisation salafiste s’était fortement implantée. Et face à la cruauté et à la menace de l'État islamique, il semble que l’administration Obama se soit résignée à laisser Bachar el-Assad au pouvoir. 

Nouvelle offensive jihadiste à Aïn el-Arab (Kibané en Kurde)
De violents combats opposaient samedi 29 novembre, pour la première fois, les Jihadistes de l’État islamique (EI) aux forces kurdes au poste-frontière entre la ville syrienne de Kobané et la Turquie.
L’assaut a débuté par trois attaques suicides, l’une à la voiture piégée et une autre avec une ceinture explosive. L’un des kamikazes s’est fait sauter au poste frontière de Mursitpinar. Il aurait gagné le poste frontière à partir du territoire turc selon des témoins. Une accusation extrêmement grave contre le gouvernement turc si ce fait se révèle exact.
Les attentats ont aussitôt été suivis par de violents affrontements entre les Jihadistes et les Unités de protection du peuple kurde (YPG).
Les combats se sont déroulés à partir de 5h du matin à une vingtaine de mètres du poste-frontière. Il semble qu’il soit désormais entre les mains des Jihadistes. On a également appris que le mont Sheir serait aussi entre les mains des combattants de l’EI. D’autres informations font état de la présence de miliciens jihadistes sur la place Azadi, au centre de Kobane.
Les combattants kurdes semblent être en grande difficulté et seraient encerclés par les Jihadistes qui ont lancé leur nouvelle offensive sur quatre axes.
Cette video kurde montre la résistance des miliciens kurdes de l’YPG au poste frontière :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=2e2447dc1aac

Vidéo de Russia today sur la situation à Kobané (langue arabe):
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Alep
Une gigantesque explosion a eu lieu, le samedi 29 novembre, à Zahra, une des deux localités chiites encerclées par l’Etat Islamique. Un BMP (transport de troupes blindé) bourré d’explosifs, conduit par un kamikaze s’est fait exploser contre une position de l’AAS. On voit le BMP dans la première vidéo :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=4c3c8295a279
et une autre vidéo de la scène :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=8a0fbdb49b7d

Damas et sa banlieue
Toujours des combats à Jobar – Nouvelle vidéo russe :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=110ad670c7de

Jean René Belliard