03/10/2014

3 octobre - Guerre entre l'Occident et le califat islamique

Allemagne
Des islamistes philippins liés à el-Qaëda ont annoncé hier 2 octobre qu'ils décapiteraient un de leurs deux otages allemands le 17 octobre si, à cette date, leurs revendications n'étaient pas satisfaites. Les rebelles du groupe Abou Sayyaf ont capturé ces deux Allemands en avril 2014 alors qu'ils voguaient sur un yacht entre l'île de Palawan, dans l'ouest des Philippines, et l'État malaisien de Sabah. Les rebelles exigent une rançon de 5,6 millions de dollars et l'arrêt du soutien de l'Allemagne à la coalition conduite par les États-Unis contre les jihadistes en Syrie et en Irak.
Jihadistes allemands
Deso Dogg alias Abou Talha Al-Almani (Abou Talha L'Allemand), un ancien rappeur allemand du groupe «ghetto» veut maintenant couper les têtes avec des couteaux à beurre en Syrie. LiveLeak-dot-com-665_1412348958-Deso-Dogg-Denis-Cuspert-Abu-Talha-al-Alm_1412349619_jpg_resized.jpg

Abou Talha al-Almani

 

 

 

 

 

 

 

Des informations avaient prétendu qu’il avait été tué le 20 avril 2014 au cours de combats fratricides entre Jihadistes. Le journal allemand Die Welt a cité des Jihadistes prétendant le contraire. En fait, il y aurait eu confusion sur l’identité de la personne décédée. Il s’agirait d’un autre Abou Talha al-Almani.
Des Vidéos récentes semblent confirmer qu'il est encore en vie! De nouvelles rumeurs prétendent qu’il serait devenu un  membre du cercle autour du calife lui-même - Ibrahim al-Baghdadi.
Vidéo concernant des jihadistes allemands (en langue allemande) :
https://www.youtube.com/watch?v=Kxzis-1WdxM&feature=p...

Australie
L’Australie annonce son intention de participer aux frappes aériennes en Irak contre le califat islamique :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...
Dernière heure : Le jihadiste australien Mohamed Elomar pourrait avoir été tué au cours d’un raid de la coalition internationale contre un building proche de la frontière turque,  le 2 octobre.

Canada
Le Canada va participer aux frappes aériennes contre l'EI en Irak
Le Premier ministre canadien Stephen Harper a présenté vendredi au Parlement une motion prévoyant l'envoi d'avions de chasse en Irak qui participeront, pendant six mois, à la campagne de frappes aériennes contre le groupe Etat islamique.
La Chambre des communes doit formellement entériner cette motion lundi 6 octobre lors d'un vote qui ne devrait être qu'une formalité pour M. Harper car son parti dispose au Parlement d'une large majorité.

France
Une base française près de la Libye pour combattre les islamistes
L'armée française est en train d'établir une base dans le nord du Niger dans le cadre d'une opération visant les activistes liés à al-Qaïda qui évoluent dans la zone sahélo-saharienne, du sud de la Libye à la Mauritanie, a-t-on appris de responsables. La France a pris l'initiative des efforts pour repousser les islamistes dans la région depuis son intervention au Mali, en 2013, et a redéployé ses troupes cette année dans le cadre de l'opération régionale de contre-terrorisme « Barkhane ». Quelque 3 000 soldats français opèrent ainsi au Mali, au Burkina Faso, au Niger et au Tchad, pays à cheval sur la bande sahélienne, avec l'objectif d'éradiquer la menace islamiste dans la région. Un millier d'autres hommes, au Gabon et au Sénégal, fournissent un soutien logistique.
La lamentable histoire de jihadistes français
(vidéo en langue anglaise) :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Grande Bretagne
Un nouvel otage britannique exécuté
L'otage britannique Alan Henning a été décapité si l'on en croit une nouvelle vidéo mise en ligne par l'Etat Islamique aux environs de 20H30 GMT, vendredi 3 octobre. Henning est un chauffeur de taxi venu en Syrie dans un but humanitaire. La vidéo annonce que l'Américain Peter Kassig serait le prochain otage qui pourrait être décapité. Kassig est un vétéran de la guerre d'Irak. Ils s'occupait de blessés dans un hôpital libanais. Il a alors démarré un programme de Special Emergency response and assitance pour aider les réfugiés syriens.

Vidéo de l'Etat Islamique concernant Alan Henning
La vidéo sera interrompu avant l'exécution :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Pays Bas
Les huit avions de combat F-16 néerlandais prenant part à la coalition internationale contre l'État Islamique (EI) pourraient débuter "dès ce week-end" leurs opérations en Irak, ont indiqué vendredi les Pays-Bas. Ces appareils seront basés en Jordanie, mais le centre de commandement des opérations se trouvera au Qatar.
"Je vous informe qu'il est possible que les F-16 néerlandais débutent dès ce week-end les opérations dans le cadre de la lutte contre l'EI", a indiqué la ministre de la Défense Jeanine Hennis-Plasschaert dans une lettre envoyée au parlement néerlandais.
Les avions participeront dans un premier temps au soutien de troupes irakiennes et kurdes au sol. Ils pourront aussi être utilisés pour des "attaques de cibles non-mobiles de l'EI", selon la même source.
Les Pays-Bas déploient également 250 militaires pour cette mission, et 130 autres militaires pour entraîner les forces armées irakiennes.
L'engagement néerlandais est quant à lui pour le moment limité à l'Irak. La Haye a indiqué que les Pays-Bas ne participeraient pas aux opérations en Syrie sans mandat international.

USA
Un projet de base de rebelles syriens formés par les USA provoque la polémique
Le projet américain de créer en Géorgie un camp d'entraînement américain pour former des combattants de l'opposition syrienne risque de tendre les relations entre Moscou et Tbilissi, selon le ministère des Affaires étrangères de Russie. Le projet, si tant est qu’il ait existé, a été démenti par la Géorgie.
A cette occasion, les médias russes n’ont pas manqué de souligner le peu d’efficacité des frappes aériennes de l'armée US et des alliés contre les positions de l’ÉI.

Les raids aériens suffiront-ils ?
Les experts militaires américains commencent à reconnaître que les opérations aériennes contre le califat islamique pourrait prendre plusieurs années. 
Pour l’instant, Barack Obama prévoit de poursuivre les bombardements en Irak et en Syrie, et d'augmenter l'aide militaire au profit de l’armée irakienne et de l'Armée syrienne libre (ASL).

L’administration Obama rêve toujours de s’appuyer sur des rebelles syriens « fréquentables »
Et c’est là que le bât blesse. Tout d’abord, les brigades rebelles considérées comme « fréquentables » par l’Etat-major américain ont du mal à résister aux offensives de l’armée assadiste qui profite des raids aériens de la coalition sur les Jihadistes pour se concentrer sur les autres fronts. Ensuite, même les combattants des brigades rebelles dites « modérées » sont furieux contre l’intervention américaine et de ses alliés qui épargne leur ennemi numéro 1, à savoir le régime de Bachar el-Assad. On a constaté sur le terrain la désertion de nombreux combattants qui ont rejoint l’Etat Islamique.  On voit mal, dans ces conditions, comment le Pentagone pourrait faire des brigades rebelles « fréquentables » une force de frappe contre les Jihadistes du Front al-Nosra ou de l’Etat Islamique. Sans compter que pour le régime, le fait que Washington affiche clairement son intention de s’appuyer sur des brigades rebelles contribue à rendre flou l’objectif réel de la coalition. 
Cette politique américaine n’est pas nouvelle et s’est déjà soldée par un échec. Les rebelles formés en Jordanie et renvoyés en Syrie ont été incapables de changer le rapport de force sur le terrain. Pire, des brigades entières ont rallié l’Etat Islamique. Visiblement, Washington ne tient pas compte des échecs antérieurs. Quant aux soldats des divisions mécanisées irakiennes, dotés d’un armement formidable laissé par l’armée des Etats-Unis lorsqu’elle a quitté l’Irak, ils n’ont résisté que quelques heures, dans le meilleur des cas, laissant aux Jihadistes tout leur matériel et leur armement.

Washington a voulu utiliser la carte jihadiste en Irak comme en Syrie
Cherchant à tout prix à renverser Bachar al-Assad, Washington a fermé sciemment les yeux sur l'apparition dans la région de nouveaux groupes radicaux sunnites – des filiales d'Al-Qaïda dont l'EI. Les stratèges de la Maison blanche, du Pentagone et de la CIA espéraient jusqu'au bout envoyer ce nouveau monstre terroriste sur Damas. La saisie de huit provinces du nord-ouest de l'Irak par les jihadistes de l’Etat Islamique au cours d’une campagne éclair a été une véritable douche froide pour les stratèges du Pentagone. Ce cafouillage américain est d’autant plus surprenant qu’on aurait pu croire que ces spécialistes avaient fini par comprendre l’Irak après toutes les années passées dans le pays et la guerre qu’ils ont déjà eu l’occasion de mener contre les mêmes Jihadistes. Dans une récente interview, Obama a déclaré que ses services de renseignements avaient sous-estimé la menace émanant des islamistes radicaux. Quel toupet ! La Maison blanche était parfaitement informée de cette menace par les nombreuses agences de renseignement américaines. Mais Washington voulait mettre la pression sur l’Iran et, sans doute, forcer une issue sur les négociations nucléaires, en laissant l’Arabie saoudite lancer les tribus s’allier à l’Etat Islamique bousculer l’armée irakienne et provoquer le départ du premier ministre irakien Nouri al-Maliki. La seule chose qu’on peut dire est que l’opération a mal tourné. Un général avait pourtant tiré la sonnette d’alarme. Il s’agit du général Michael Flynn, chef des renseignements militaires au Pentagone. Il avait publié en février 2014 un rapport très clair au sujet de la dangerosité de l’Etat Islamique (alors appelé Etat Islamique d’Irak et du Levant). C'est seulement après l'exécution de citoyens occidentaux, y compris américains, qu'Obama a été contraint de réagir aux événements.

Joe Biden, vice-président américain  accuse les alliés arabes des Etats-Unis
Le discours du vice-président des Etats-Unis, Joe Biden, à l’occasion d’une conférence sur la politique des Etats-Unis au Moyen Orient lors du forum de John Kennedy Jr de l'université de Harvard dans l'Etat du Massachusetts, a laissé l’auditoire incrédule. Cela faisait pourtant des semaines qu’on répétait la même chose. Joe Biden a reconnu que les alliés arabes et musulmans des Etats-Unis avaient armé les Jihadistes syriens, y compris le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie)
Joe Biden a affirmé  que les terroristes d'al-Qaida  avaient reçu des fonds et des armes des alliés de Washington dans la région, soulignant que "les alliés se livraient à une guerre par procuration entre sunnites et chiites".
«Notre plus gros problème était nos alliés dans la région, les Turcs sont de grands amis, ainsi que les Saoudiens et les résidents des EAU et autres. Mais leur  seul intérêt était de renverser  le président syrien Bachar Assad et pour cela ils ont mené une guerre par procuration entre les  sunnites et les  chiites et ils ont fourni des centaines de millions de dollars et des dizaines de milliers de tonnes d'armes à tous ceux qui acceptaient de lutter contre al-Assad ".
Biden a ajouté  «mais les gens qui ont reçu ces sommes et ces armes  étaient des militants du Front al-Nosra et d' Al-Qaïda sans compter d'autres éléments extrémistes venant d'autres régions du monde. Pensez-vous que j'exagère? Regardez le résultat."
Mais Biden a voulu se montrer rassurant en affirmant que les alliés des Etats-Unis avaient "pris conscience  de leur erreur et accepté de se joindre  à la coalition antiterroriste  dirigée par Washington".

La déclaration de Joe Biden 。
https://www.youtube.com/watch?v=w04YE5zRmc8&feature=p...

Une station de la CIA à Gaziantep
La CIA a une importante base à Gaziantep (sud de la Turquie) et dispose déjà d’un nombre considérable d’officiers – plus important même que les services de renseignement turc, selon un correspondant local.

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

 

02/10/2014

2 octobre 2014 – Dernières nouvelles de la guerre contre le califat islamique

Erdogan demande à  la coalition d’intervenir sur le terrain contre le califat islamique
Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’est soudain transformé en va-t-en guerre contre les Jihadistes de l’Etat islamique en déplorant la portée limitée des frappes aériennes de la coalition.
« Les tonnes de bombes qui seront larguées par les airs ne constituent qu'une solution temporaire et ne font que retarder le danger et la menace », a déclaré M. Erdogan lors d'un discours prononcé devant le Parlement turc à Ankara. « Nous sommes ouverts à toute coopération, mais tout le monde doit savoir que la Turquie n'est pas un pays qui se satisfera de solutions temporaires », a-t-il ajouté, estimant que rester spectateur des événements en cours dans les pays voisins reviendrait à « trahir l'histoire » dans une région dominée auparavant par l'Empire ottoman. « Une lutte déterminée doit être menée contre toutes les organisations terroristes dans la région, et les conseils et les avertissements de la Turquie doivent être pris en considération », a insisté le chef de l'État turc. M. Erdogan s'est défendu de toute volonté « d'intervenir dans les affaires intérieures » d'autres pays, mais a rappelé que « le départ de l'actuel régime syrien (du président Bachar el-Assad) continue à faire partie de nos priorités ».
Ankara s’était jusque-là refusé à rejoindre la coalition militaire réunie par les États-Unis pour combattre les jihadistes prétextant que 46 ressortissants turcs étaient détenus par les Jihadistes. Et il a attendu la libération de ces derniers, le 20 septembre, pour annoncer son intention de lutter, lui-aussi, contre les Jihadistes du califat islamique, ajoutant que cela se ferait aux conditions de la Turquie.
Le  Parlement a largement approuvé la possibilité de conduire des opérations militaires sur le territoire de l'Irak et de la Syrie, ainsi que le stationnement ou le passage en Turquie de soldats étrangers qui y prendraient part. Ankara s'est également prononcé pour la création d'une « zone tampon » dans le nord de la Syrie.

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15/09/2014

15 septembre 2014 : Nouvelles des guerre du Moyen orient

Des pays arabes pourraient participer à des frappes aériennes
Au cours de la conférence internationale de Paris pour discuter d'une action militaire contre le califat islamique, les responsables américains ont affirmé que plusieurs pays arabes avaient accepté de se joindre aux frappes aériennes.
«Je ne veux pas vous laisser l'impression que ces membres arabes n'ont pas proposé de faire des frappes aériennes parce que plusieurs d'entre eux l’ont proposé", a déclaré un haut responsable du département d'Etat américain. Selon cette source l'offre faite par les pays arabes ne serait pas limitée à l'Irak, ce qui implique que les attaques pourraient également être effectuées sur les positions de l'Etat islamique en Syrie.
Les fonctionnaires n'ont pas voulu préciser quels pays avaient fait ces offres. Jusqu'à présent, seule la France s’est engagée publiquement participer à des frappes aériennes.
10 pays arabes - l'Égypte, l'Irak, la Jordanie, le Liban, et six Etats du Golfe dont l'Arabie saoudite et le Qatar - ont approuvé, jeudi 11 septembre, une "campagne militaire coordonnée".
 
Les frappes aériennes ont mis un terme à l’avancée des jihadistes en Irak, mais ceux-ci se sont adaptés
Les autorités américaines ont fait le bilan de cinq semaines de frappes aériennes.  L'avance des Jihadistes du calfat islamique a été stoppée, mais ils n'ont pas perdu beaucoup de territoire.
Les jihadistes se seraient adaptés depuis que les Etats-Unis ont commencé leur campagne aérienne dans le nord de l'Irak: "Ils savent comment tirer profit du terrain et changent de tactique pour conserver leur force." Les unités jihadistes se sont fondues au sein des populations locales et ne s’aventurent plus à découvert.
Mais même si les Jihadistes n’ont pas perdu de terrain depuis le début des frappes aériennes, ils n’en ont pas gagné non plus, ce qui signifie que ces frappes ont été efficaces.

L’aviation militaire française commence le survol du territoire irakien
Les premiers vols de reconnaissance ont eu lieu dès ce lundi 15 septembre avec l'accord et des autorités irakiennes et des autorités émiraties", a dit le ministre de la défense français sur la base d'al-Dhafra où étaient rassemblés quelque 200 militaires dont des pilotes d'avion de combat Rafale.
"La France se tient prête en ces moments décisifs pour sa sécurité car c'est bien aussi la sécurité de la France que menace Daesh, ce pseudo Etat islamique", a dit Le Drian.
Six avions de combat Rafale, un avion ravitailleur Boeing C-135 et un avion de reconnaissance Atlantique de la marine française se trouvent actuellement sur la base d’al-Dhafra.

La base d'Al-Dhafra, au Sud d'Abou Dhabi,
Les premiers vols de reconnaissance français au-dessus de l’Irak sont partis de la base d’al-Dhafra, au sud d’Abou Dhabi.  Cette base est, depuis 2009, la tête de pont du dispositif militaire français, dans la région du golfe Persique.
Avec six avions "Rafale" et quelque 750 militaires, la base est un maillon essentiel des forces françaises pré-positionnées, dans l'arc de crise, qui va du Sahel à l'océan Indien.  
Avant même l'engagement, lundi 15 septembre, des premiers "Rafale", pour des missions, en Irak, c'est d'al-Dhafra que sont partis, ces dernières semaines, les avions-cargos, qui ont procédé à des largages de vivres et de matériel humanitaire, au-dessus du Kurdistan irakien.
L'implantation militaire française, aux Emirats arabes unis, est, en fait, une enclave française, sur l'immense base émiratie d'Al-Dhafra, qui accueille, également, d'importants détachements de l'armée de l'air américaine.
Son inauguration, en mai 2009, par Nicolas Sarkozy, concrétisait le renforcement de la coopération de défense entre la France et les Emirats, depuis la guerre du golfe Persique, (1990-1991).
Elle comprend trois implantations distinctes. La Base Aérienne 104, à 30 km d'Abou Dhabi, est conçue, pour accueillir un détachement d'avions de combat et plusieurs appareils de transport et de ravitaillement.
La base navale, dans le port de Mina Zayed, à Abu Dhabi, peut accueillir tous les bâtiments de la marine nationale, à l'exception du porte-avions Charles de Gaulle. Enfin, une demi-brigade de la Légion étrangère est stationnée, dans un camp militaire proche.
L'état-major français refuse, pour des raisons opérationnelles, d'évoquer un éventuel renforcement du dispositif, ces dernières semaines. Comme lors de l'opération Harmattan, en 2011, en Libye, les "Rafale" devraient être le fer de lance des forces françaises, en cas de frappes aériennes sur des objectifs de l'Etat islamique, en Irak, et Al-Dhafra, un point d'appui privilégié, si les opérations devaient s'inscrire dans la durée.
Seule base militaire française à l'étranger hors de l'Afrique, Al-Dhafra occupe une position stratégique, face au détroit d'Hormuz, par où transite 40% du pétrole mondial transporté par voie maritime, à proximité immédiate de l'Iran.
Lors de son inauguration, la base devait, également, servir de vitrine, en vue d'éventuelles exportations du "Rafale" et autres matériels militaires français vers les Etats du golfe Persique .

Des malheurs d’être jihadiste en Syrie
Le magazine allemand Focus, considéré comme ayant d’excellentes relations avec le BND, le service de renseignement allemand, croit savoir que des candidats européens au Jihad, sans doute dégoutés par la violence de l’Etat Islamique, seraient incarcérés et torturés après avoir déclaré vouloir rentrer dans leurs pays. C’est le sort réservé à cinq jihadistes britanniques. Ils ont été désarmés et enfermés pour trahison dans un centre de torture de la ville syrienne de Raqqa, la place forte du califat islamique. Ils y seraient quotidiennement « maltraités ». En plus de ces cinq Britanniques , il y aurait trois Français, deux Belges et deux Allemands. C’est tout au moins ce qu’affirme Focus.
«Aux yeux des Islamistes du califat, ces gens sont des traîtres qui méritent la mort.
Le califat pourrait imaginer les échanger contre une rançon, mais la  Grande-Bretagne observe une politique de ne pas payer de demandes de rançon pour les otages, encore moins pour des gens qui ont rejoint volontairement une organisation considérée comme terroriste. Il semblerait que des dizaines de combattants britanniques voudraient retourner au Royaume-Uni mais craignent d’être poursuivis pour leurs actions en Syrie.

Front irakien

Les Islamistes utilisent du gaz toxique près de Dhoulouiyah
Dhoulouiyah, une localité située au nord de Bagdad, est passée un temps sous le contrôle des insurgés, dont des jihadistes de l'Etat islamique (EI), avant que des tribus locales et la police ne les repoussent. Mais les insurgés ont ensuite tenté de reprendre à plusieurs reprises la ville, notamment le 8 septembre lors d'une vaste attaque, menée par des hommes armés et deux kamikazes, qui avait fait 18 morts.
Les troupes irakiennes auraient dépêché des renforts sur place et d'autres pourraient arriver une fois qu'un pont sur le Tigre, bombardé par les insurgés, serait réparé.
Les insurgés islamistes ont affronté dans la journée du lundi 15 septembre, les troupes de Bagdad, tirant un projectile contenant apparemment un gaz toxique, ce qui a été confirmé un médecin de l'hôpital.

Front syrien

Deir ez-Zhor
Les forces spéciales syriennes ont mené une opération commando, lundi 15 septembre, pour détruire un pont sur l'Euphrate utilisé par les combattants du califat islamique pour acheminer des armes vers les territoires qu'ils contrôlent dans l'est de la Syrie.
Ce pont revêtait une importance stratégique pour l'Etat islamique car il était la seule voie d'accès aux quartiers de la ville contrôlés par les jihadistes.
"Les forces armées syriennes ont détruit le pont Politique à Deir ez-Zhor au cours d'une opération spéciale menée par les forces spéciales et des membre du génie militaire, ce qui a entraîné la mort des activistes qui se trouvaient dessus", rapporte Al-Manar, média du Hezbollah, mouvement chiite engagé dans les combats aux côtés des forces de Bachar el-Assad.

La guerre du pétrole
Le califat islamique lute pour protéger ses revenus des champs pétroliers qu’il contrôle en Irak et en Syrie, surtout après la fuite des ingénieurs assurant le pompage du pétrole brut, indique le journal britannique Sunday Times.
Le califat aurait gagné en juillet 2014 trois millions de dollars par jour de la vente du pétrole sur le marché noir mais ses gains ont fortement diminué après ses défaites militaires en août. En juillet 2014, Daesh aurait pompé près de 80.000 barils par jour des champs irakiens et syriens, mais cette activité a reculé de moitié depuis.
Selon Michael Stevens, de l’institut royal pour les services de recherche, « les revenus pétroliers ont diminué à moins de 1.5 millions de dollars par jour, et je peux affirmer une diminution plus aigue de la production de pétrole par Daesh par rapport à la production actuelle. Bien que la production en Syrie demeure stable, je pense que Daesh est dans une mauvaise passe ».
Le califat islamique avait nommé un ministre du pétrole pour coordonner la production et le commerce, et possède un arsenal de plus 200 camions citernes volés en Irak, ainsi que des oléoducs présents à la frontière turque.
Cette organisation terroriste a mis la main sur le champ pétrolier Omar, le plus grand site pétrolier de Syrie, et sur les champs voisins à l’Est de Deir ez-Zhor, ainsi que sur les champs d’Ajil et de Hamrine au nord de l’Irak.
Le problème pour les jihadistes est que leur férocité a fait fuir les employés. Tel et si bien qu’ils en sont rendus à  convaincre  les techniciens du site pétrolier de Malih de rester à leur poste en haussant leurs salaires ou tout simplement en les menaçant de mort.
De plus, le chef du califat, Abou Baker el-Baghdadi a invité les techniciens du monde islamique à venir aider l’Etat islamique à exploiter ses ressources pétrolières ! Dans le nord de la Syrie, un commandant jihadiste aurait même offert des appartements luxueux, une épouse et de gros salaires aux ingénieurs et aux techniciens qui accepteraient de venir sur les champs pétroliers.
Il semble que certains experts fanatiques ont répondu à l’appel. Un Jihadiste a révélé que le califat islamique avait essayé d’employer certains ingénieurs et techniciens par la force au nord de la Syrie afin de préserver l’infrastructure qu’il contrôle.
Toutefois, il apparaît de plus en plus évident que le califat islamique ne possède pas les expertises techniques pour le bon fonctionnement des sites pétroliers.

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)