17/09/2017

Syrie : La coalition internationale confirme qu'une force alliée a été bombardée par Moscou à Deir ez-Zor

Syrie 
FDS
La coalition internationale confirme qu'une force alliée a été bombardée par Moscou à Deir ez-Zor
Les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes antijihadistes soutenues par les Etats-Unis, ont accusé samedi 16 septembre l'aviation russe de les avoir bombardées dans l'est de la Syrie, un incident démenti par Moscou mais confirmé par la coalition internationale menée par Washington. Un général russe a reconnu que les forces russes effectuaient des raids aériens des deux côtés de l'Euphrate mais que l'armée russe n'avait pas constaté de combats entre les FDS et Daech au cours des derniers jours.
Deux offensives concurrentes en cours dans l'est syrien
Dans l'est syrien, deux offensives concurrentes sont actuellement en cours pour chasser les jihadistes de l'Etat islamique (Daech) de Deir ez-Zhor, la dernière province qu'il contrôle majoritairement dans ce pays.
Les forces prorégime soutenues par les Russes se concentrent sur la ville même de Deir ez-Zhor, alors que les FDS appuyées par l'aviation de la coalition internationale progressent dans l'est de la province.
"Nos forces ont été la cible d'une attaque de l'armée de l'air russe et du régime dans la zone industrielle" au nord-est de la ville de Deir ez-Zhor, ont indiqué samedi les FDS dans un communiqué. "Six combattants ont été blessés."
"Ce n'est pas possible. Pourquoi les bombarderions-nous?", a affirmé à l'AFP un porte-parole de l'armée russe, Igor Konashenkov, sur la base militaire russe de Hmeimeim (ouest de la Syrie).
La coalition internationale a toutefois assuré dans un communiqué que "des forces russes (avaient) frappé une cible à l'est de l'Euphrate en Syrie près de Deir ez-Zhor, blessant des forces partenaires de la coalition".
"Les munitions russes ont touché un lieu dont les Russes savaient qu'elles comprenaient des Forces démocratiques syriennes et des conseillers de la coalition. Plusieurs combattants des FDS ont été blessés et soignés après la frappe", a indiqué la coalition, qui a précisé qu'aucun de ses conseillers militaires n'avait été blessé.
Certaines parties tentent d'entraver la lutte contre l'EI, dénoncent les FDS
Les FDS, qui mènent également une offensive pour déloger l'EI de son bastion de Raqqa (nord), ont accusé "certaines parties" de tenter d'entraver leur avancée au moment où elles "remportent de grandes victoires contre l'EI".
En annonçant son offensive contre l'EI dans la province de Deir ez-Zhor, cette alliance avait assuré qu'il n'y avait aucune coordination avec les forces du régime. Mais la coalition internationale a déjà dit qu'il existe dans la zone une "ligne de +déconfliction+", censée éviter les incidents dans un ciel encombré d'avions de la coalition, du régime et russes.
Une ligne de déconfliction fonctionnant 24 heures sur 24
Cette ligne "avec la Russie est ouverte 24 heures sur 24", a rappelé samedi un commandant de la coalition, le général américain Paul Funk, dans le communiqué. "Nous faisons tout notre possible pour éviter une escalade inutile entre les forces qui combattent notre ennemi commun", l'EI.
A Deir ez-Zhor, les FDS opèrent sur la rive est de l'Euphrate, fleuve qui coupe en diagonale cette province riche en pétrole. Les incidents entre les FDS et le régime sont rares. En juin, un avion syrien avait été abattu par la coalition dans la province de Raqqa, Washington affirmant qu'il s'agissait d'une riposte à un tir de cet appareil contre les FDS.
Le régime hostile aux FDS et aux forces étrangères sur le territoire syrien
Le régime est très méfiant à l'égard des FDS, dont les forces kurdes syriennes sont la principale composante. Les Kurdes de Syrie ont déjà créé une région fédérale dans les zones qu'ils contrôlent, provoquant l'ire de Damas.
'Force étrangère illégitime'
Vendredi 15 septembre, une conseillère du président Bachar el-Assad, Bouthaina Chaabane, a prévenu que le régime allait combattre "les FDS, l'EI ou toute force étrangère illégitime présente sur le territoire". "Les FDS tentent, sous les ordres des Américains, de parvenir aux régions pétrolières pour les contrôler. Ils n'y parviendront pas", avait-t-elle dit.
L'OSDH affirme qu'un avion syrien a été abattu par l'Etat islamique
L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a affirmé samedi que l'EI avait abattu un avion présumé syrien au sud-ouest de Deir ez-Zhor mais qu'il était tombé en territoire progouvernemental près de la ville.
La Russie s'interroge sur les "progrès rapides" des FDS contre l'Etat islamique
Le porte-parole du ministère russe de la Défense, le major-général Igor Konashenkov, se pose des questions et affirme que "seuls les représentants de la coalition internationale peuvent répondre à la question" : comment les FDS ont pu progresser jusqu'à présent sans aucun combat avec les jihadistes de l'EI.
 
Jean René Belliard

 

16/09/2017

France : L'Etat islamique menace Paris

Europe
France
France : L'Etat islamique menace Paris
Un site dépendant de l'Etat islamique a proféré des menaces contre Paris.
La police française s'inquiète des risques de déraillements de trains
Outre l'usage de véhicules béliers ou le ciblage des forces de sécurité en uniforme, les jihadistes prônent ces derniers temps le déraillement de train comme mode opératoire en Europe, s'inquiète la police française dans une note que l'AFP a pu consulter samedi 16 septembre.
"En raison d'une incitation récente de la propagande jihadiste à planifier un déraillement de train, une attention toute particulière doit être accordée à toute remontée d'information relative à une intrusion ou tentative de sabotage dans les emprises destinées à la circulation des trains", peut-on lire dans ce télégramme de la Direction générale de la police nationale (DGPN), émis début septembre et révélé par le journal Le Parisien.
Déraillements de trains, incendies de forêts ou empoisonnements de nourriture 
"Il est important de souligner les appels récents des organisations terroristes ciblant les +loups solitaires+ et incitant à provoquer, en Europe, des déraillements de trains, des incendies de forêt ou des empoisonnements de nourriture", indique également le document.
Les transports ferroviaires présentent des vulnérabilités structurelles 
Les transports "présentent de nombreuses vulnérabilités structurelles" et "constituent une cible privilégiée", notamment dans les gares, où la visibilité des forces de sécurité doit être accrue pour renforcer "le caractère dissuasif du dispositif", pointe le texte.
Les sites touristiques et culturels 
Les sites touristiques et culturels, parce qu'ils permettent "un bilan humain potentiellement lourd" et "des conséquences importantes sur l'activité touristique" en cas d'attaque, doivent aussi faire l'objet d'une "vigilance", souligne la note.
Signaler sans délai tout vol de voitures pour lutter contre les véhicules béliers 
Face à la multiplication d'attaques au véhicule bélier, la note appelle également "les gestionnaires de parcs de véhicules, les responsables du personnel et les conducteurs" à "signaler, sans délai, tout vol de véhicule ou comportement suspect". Des "mesures appropriées" doivent aussi être prises pour les civils et militaires portant un uniforme, "cibles privilégiées" des jihadistes.
 
La Belgique expulse une danoise ayant refusé d'ôter son niqab
La police belge a expulsé, une ressortissante danoise pour avoir refusé d'ôter son niqab à la suite de son atterrissage à l'aéroport de la capitale Bruxelles.
Le secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, Theo Francken, a annoncé l'incident dans un communiqué publié sur sa page Facebook officielle.
"Une citoyenne danoise venue de Tunis, a refusé d'ôter son niqab, la police l'a expulsée parce qu'elle n'a pas pu vérifier son identité", a-t-il indiqué dans le communiqué.
En 2015, la police belge a arrêté une saoudienne dans les rues de Bruxelles, et l'a conduite au bureau de police en raison du port de niqab, et l'a relâchée à la suite de l'intervention de l'ambassade de Riyad.
Il est à noter, qu'en juillet 2011, l'interdiction du port du niqab (voile intégral) est entrée en vigueur en Belgique, qui a commencé à infliger une amende de 137.5 euros ainsi que 7 jours de prison à toute personne n'ayant pas respecté cette loi. 
 
UK
Grande Bretagne : Une arrestation importante après l'attentat du 15 septembre à Londres  
La police britannique a procédé samedi 16 septembre à l'arrestation "importante" d'un suspect de 18 ans. Dans la foulée de cette arrestation, la police a lancé une perquisition à une vingtaine de kilomètres de Londres. Les En attendant, les autorités ont relevé le niveau de menace à "critique" au lendemain de l'attentat qui a fait 30 blessés dans le métro de la capitale.
Perquisition à Sunbury-on-Thames 
La police a investi en début d'après-midi un logement d'un quartier résidentiel de Sunbury-on-Thames, à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de Londres, et était "en train de le perquisitionner", a-t-elle annoncé dans un communiqué. Elle a fait évacuer les habitations alentour, et établi un cordon de sécurité d'un rayon de 100 mètres. "Aucune autre arrestation n'a été menée", a-t-elle souligné.
Un suspect de 18 ans interpellé à Douvres
"Nous avons fait une arrestation importante dans notre enquête ce matin", s'est félicité Neil Basu, un responsable de l'antiterrorisme au sein de la police, cité dans un communiqué.
Le suspect a été arrêté vers 07H50 (06H50 GMT) par la police du Kent (sud-est de l'Angleterre) "dans la zone portuaire de Douvres" en lien avec des faits "terroristes", a précisé la police. Le port de Douvres est un point de transit vers l'autre rive de la Manche, notamment les ports français de Calais et belge d'Ostende.
Le suspect était maintenu samedi en garde à vue dans un poste de police local avant son transfert vers Londres "plus tard dans la journée", a indiqué la ministre britannique de l'Intérieur, Amber Rudd, dans un message télévisé diffusé à l'issue d'une réunion d'urgence du gouvernement.
Progrès rapides, selon la police 
L'attentat - le cinquième en six mois au Royaume-Uni - est survenu vendredi dans une rame en pleine heure de pointe, vers 08h20 (07h20 GMT), dans la station de Parsons Green, située dans un quartier aisé du sud-ouest de Londres
"C'est une enquête qui avance très vite. Nous avons réalisé des progrès considérables (...) et nous continuerons à faire de notre mieux pour réduire les menaces dans ce pays", a déclaré la patronne de la police londonienne, Cressida Dick, sur la BBC.
Alerte au niveau "critique" 
Craignant une autre attaque "imminente", le centre britannique d'analyse du terrorisme a maintenu samedi à "critique" le niveau d'alerte terroriste, relevé la veille à ce maximum pour la deuxième fois en quelques mois. "Bien que nous soyons satisfaits des progrès accomplis, l'enquête se poursuit et le niveau de menace est maintenu à critique", a indiqué Neil Basu.
"Nous invitons le public à demeurer vigilant et à ne pas s'inquiéter", a voulu rassurer Mme Rudd.
Theresa May a annoncé, dans un message télévisé vendredi 15 septembre, que des militaires seraient déployés sur des sites clés non accessibles au public pour permettre un renforcement de la présence de policiers dans les endroits publics, notamment les transports.
En tout, 1.000 policiers seront donc redéployés "à travers le pays", selon Mark Rowley, tandis que "jusqu'à 1.000 militaires" seront affectés dès samedi sur des sites stratégiques comme des centrales nucléaires ou des infrastructures clés, selon le ministère de la Défense interrogé par l'AFP.
L'attentat de Londres revendiqué par l'Etat islamique 
Qualifié de "terroriste" par la police et commis au moyen d'un engin explosif artisanal, l'attentat a été revendiqué par le groupe jihadiste Etat islamique.
Dernier bilan de l'attentat du 15 septembre dans le métro de Londres  
Selon un nouveau bilan publié par les services de santé samedi matin, 30 blessés, aucun n'étant grièvement atteint, ont été traités à l'hôpital, pour des brûlures notamment. Seuls trois d'entre eux étaient encore hospitalisés samedi. Le bilan aurait pu être bien pire, selon Theresa May, qui a estimé vendredi que "l'engin explosif était destiné à faire d'énormes dégâts".
Les restes de la bombe examinés 
Les restes de la bombe sont examinés par des scientifiques, selon la police. Interrogée par l'AFP, celle-ci n'a pas souhaité commenter des informations de médias britanniques selon lesquelles le retardateur de la bombe n'avait pas fonctionné, et l'engin contenait des clous et du TATP, un explosif prisé des jihadistes.
La situation était revenue à la normale samedi à la station de métro Parsons Green.
Le Royaume-Uni a été frappé ces derniers mois par une vague d'attaques qui ont fait 35 morts, dans un contexte de multiplication des attentats jihadistes en Europe.
La station de métro de Parsons Green choisie pour tuer un maximum d'enfants
Détail inquiétant :  Les enquêteurs pensent que le choix par les terroristes de la station de métro de "Parsons Green" n'est pas fortuite.
A ce moment de la journée, le train sur cette ligne de métro est rempli d'écoliers, car il y a trois écoles secondaires publiques dans le district: Fulham Boys, The London Oratory et Lady Margaret Hall, ainsi qu'un certain nombre d'établissements d'enseignement privés. 
 
 
Jean René Belliard

 

14/09/2017

Myanmar (Birmanie) : Les rebelles rohingyas ne veulent pas d'aide des groupes terroristes internationaux

Myanmar (Birmanie) 
Rohingyas
Les rebelles rohingyas ne veulent pas d'aide des groupes terroristes internationaux    
Les rebelles musulmans rohingyas, dont des attaques fin août en Birmanie ont déclenché une répression de l'armée et poussé des centaines de milliers de civils à se réfugier au Bangladesh, ont rejeté jeudi 14 septembre toute aide qui viendrait d'organisations terroristes internationales.
"Nous n'avons aucun lien avec al-Qaïda, l'Etat islamique ou tout groupe terroriste international. Et nous ne souhaitons pas que ces groupes s'impliquent dans le conflit en Arakan (ancien nom de l'Etat Rakhine)", écrit l'ARSA jeudi dans un communiqué publié sur Twitter.
D'après le SITE Intelligence Group, spécialisé dans la surveillance des sites internet islamistes, al-Qaïda avait appelé cette semaine les musulmans à "soutenir les Rohingyas financièrement et militairement".
Une aide très clairement rejetée par la rébellion rohingya naissante qui "demande aux Etats de la région d'intercepter et d'empêcher l'entrée en Etat Rakhine de terroristes qui ne pourraient qu'aggraver la situation".
Dimanche, l'Armée du salut des Rohingyas de l'Arakan (ARSA), plus connu localement sous le nom Harakah al-Yaqin ("Mouvement de la foi" en arabe), avait annoncé l'arrêt temporaire de ses opérations militaires offensives pour favoriser l'arrivée de l'aide humanitaire.
380.000 Rohingyas réfugiés au Bangladesh 
Quelque 380.000 Rohingyas se sont réfugiés au Bangladesh depuis fin août, selon les estimations de l'ONU. Et des milliers d'autres seraient toujours sur les routes. Ils fuient une campagne de répression de l'armée lancée après les attaques de postes de police, lancée par l'ARSA fin août.
Accusations de nettoyage ethnique
La Birmanie est soupçonnée par l'ONU de mener un "nettoyage ethnique" dans cette région de l'ouest du pays.
Mercredi 13 septembre, le Conseil de sécurité de l'ONU a réclamé à la Birmanie des mesures "immédiates" pour faire cesser une "violence excessive" dans l'ouest de la Birmanie. 
Crise sanitaire au Bangladesh 
Pendant ce temps la crise sanitaire se poursuit au Bangladesh.
Les conditions sanitaires sont redoutables pour les 380.000 Rohingyas, abrités pour les plus chanceux sous des bâches de plastique tendues sur des bambous.
103 Rohingyas sont morts noyés depuis le 30 août en tentant de fuir 
Deux nouveaux corps de naufragés ont été repêchés jeudi sur la rivière Naf, frontière naturelle entre la Birmanie et le Bangladesh que les Rohingyas traversent sur des petits bateaux surchargés. Cela porte à 103 le nombre de corps rejetés depuis le 30 août sur les rives, a annoncé la police bangladaise à l'AFP.
400 morts dans les combats en Birmanie
Plus de 400 personnes auraient été tuées dans les combats, principalement des "terroristes" de l'ARSA d'après l'armée birmane.
 
Jean René Belliard