24/08/2017

Rivalité entre forces U.S. et milices chiites en Irak

Rivalité entre forces U.S. et milices chiites en Irak
À mesure que l'État islamique s'affaiblit en Irak et en Syrie, les forces qui combattent le groupe jihadiste se regardent désormais en chiens de faïence.
Les États-Unis et l'Iran rivalisent en l'Irak. Les deux pays se livrent à une sourde compétition, notamment pour le contrôle de la frontière irako-syrienne. Et les accusations volent de part et d'autre. Le 7 août dernier, par exemple, les milices chiites irakiennes ont accusé les Etats-Unis d'avoir bombardé une position de la milice chiite irakienne Sayyed al-Shuhada, une faction armée des Hashed al-Shaabi, ou Unités de Mobilisation Populaire (PMU). Dans une déclaration fortement formulée le même jour, le groupe a
promis de venger ses pertes. Les positions des Sayyed al-Shuhada avaient en fait été pris pour cibles par les jihadistes de l'Etat islamique et la milice chiite le savait parfaitement.  
Le 8 août, le Commandement des opérations conjointes irakiennes a nié toute implication dans l'attaque des positions des Sayyed al-Shuhada, ajoutant que "les incidents signalés par les médias ont eu lieu en dehors de la frontière irakienne". Le porte-parole de la coalition, le colonel de l'armée américaine Ryan Dillon, a déclaré sur son compte Twitter officiel, "Les allégations de frappes de la coalition contre les mobilisations populaires [Unités] près de la frontière irako-syrienne sont inexactes. Aucune frappe de la coalition n'a eu lieu là-bas [à ce moment-là]." Même le commandement des PMU a publié une déclaration le lendemain faisant écho à la dénégation de la coalition. 
D'ailleurs, l'Etat islamique a effectivement revendiqué la responsabilité de l'attaque, vidéo à l'appui.  
La milice chiite irakienne était accompagnée par des membres du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique d'Iran  (CGRI), et l'Etat islamique a revendiqué la capture et la mort de l'un d'entre eux, Mohsen Hajji. Le chef adjoint des CGRI, le brigadier général Hussein Salami a
déclaré lors d'une interview télévisée le 14 août que l'attaque avait eu lieu sur le territoire syrien et avait été réalisée par Daech, contredisant les affirmations des Sayyed al-Shuhada. 
"Le martyr Hajji était avec d'autres combattants dans leur quartier général dans une zone entre al-Tanf et Abu Kamal, qui a été ciblée par les forces terroristes de l'I en utilisant plusieurs voitures piégées.
Dans le même temps, une force offensive a réussi à contourner le quartier général et prendre les combattants en embuscade", a déclaré Salami. 
Il apparait que  certaines factions chiites essaient de susciter un sentiment anti-américain pour débarrasser l'Irak des forces américaines après la défaite de l'Etat islamique. 
Ahmed al-Maksousi, secrétaire général adjoint des brigades, a déclaré lors d'une interview télévisée du 8 août: «Si nous ne dissuadons pas les Américains et ne leur répondons pas, ils vont continuer à dépasser les limites.
C'est pourquoi nous devons avoir une réponse claire." 
Pendant ce temps, l'agence de presse semi-officielle iranienne Fars a signalé que les États-Unis établissaient une base dans la province occidentale de Mossoul. Cette affirmation n'a été confirmée
ni par les Irakiens ni par les Américains. 
Selon Michael Knights, membre de l'Institut de Washington, "Les Brigades Sayyed al-Shuhada et leur faction mère, les Brigades du Hezbollah [qui font également partie des PMU, se sont chargées de surveiller les mouvements des forces américaines dans les zones où se situent les PMU.
Les brigades se sont positionnées à l'extérieur des bases militaires américaines, les surveillant de près pour les intimider. "
La frontière irako-syrienne 
La frontière irako-syrienne est devenue l'objet de cette rivalité. Les factions chiites proches de l'Iran, avec l'aide de conseillers et de combattants du CGRI, cherchent à s'établir à la frontière pour empêcher les États-Unis d'en prendre le contrôle.
Les Brigades du Hezbollah, qui sont également proches de l'Iran et présents en Irak et en Syrie, ont affirmé que leur objectif est d'empêcher les États-Unis de prendre le contrôle de la frontière irako-syrienne.
La base militaire U.S. d'al-Tanf 
La base militaire d'al-Tanf, établie en 2015 à l'intersection des frontières irakienne, jordanienne et syrienne, est le principal sujet de controverse.
Les forces américaines utilisent cette base pour former une unité de combattants rebelles dans le but officiel de lutter contre l'EI. 
Dans une déclaration du 3 août, le Hezbollah a déclaré qu'"après une série d'opérations tactiques par les Brigades de la résistance islamique (Hezbollah et d'autres factions), la base d'al-Tanf a perdu de son importance dans la réalisation du prétendu projet américain". Il a ajouté: "
Les Américains et leurs alliés doivent se retirer de la frontière jordanienne". 
En juin, les factions chiites irakiennes qui combattent aux côtés des forces du régime syrien ont pu atteindre la frontière irako-syrienne, bloquant la route entre al-Tanf et les zones sous contrôle de l'Etat islamique.
Mais l'attaque récente contre les Brigades de Sayyed al-Shuhada a montré combien les positions chiites sont coincées dans un couloir étroit au nord d'al-Tanf avec un soutien logistique insuffisant et un manque de couverture aérienne et de soutien d'artillerie dans une région désertique et ouverte. 
Une source au sein de l'armée irakienne a expliqué que "Les Brigades du Hezbollah et Asaib Ahl al-Haq [une autre faction chiite irakienne proche d'Iran] ont tenté de trouver un couloir pour relier les factions chiites à la fois syrienne et irakienne Mais n'ont pu le faire en l'absence de soutien, de couverture aérienne ou même de véhicules blindés des forces irakiennes ". 
 
Jean René Belliard

 

22/08/2017

Liban : L'armée libanaise annonce avoir repris la majorité du terrain aux jihadistes dans les jurds

L'armée libanaise annonce avoir repris la majorité du terrain aux jihadistes dans les jurds
L'armée libanaise a annoncé, mardi 22 août après-midi, avoir repris le contrôle de la quasi-totalité du terrain que les jihadistes de l'Etat islamique (Daech) contrôlaient dans les jurds (hauteurs) de Qaa et Ras Baalbeck, à l'issue de quatre jours d'intenses combats.
"Nos unités contrôlent les fronts dans les jurds jusqu'à la frontière libano-syrienne et ont détruit la totalité des positions terroristes. Nombre d'entre eux ont été tués, et d'autres ont pris la fuite", a annoncé le responsable de la direction de l'orientation de l'armée, le brigadier Ali Kanso, lors d'une conférence de presse au siège du ministère de la Défense à Yarzé. Il a dit ne pas avoir d'informations précises sur le nombre de jihadistes tués.
"Une surface de 100km2, sur un total de 120km2, a été libérée dans les jurds", a ajouté le responsable militaire. "Cartes à l'appui, nous nous arrêterons à la frontière avec la Syrie", a-t-il expliqué.
Répondant aux journalistes, le brigadier Kanso a affirmé que l'armée libanaise ne détient aucun prisonnier membre de l'EI.
Vidéo  (langue arabe) :
Le Hezbollah engagé dans le combat côté syrien
De l'autre côté de la frontière, le Hezbollah chiite libanais est engagé dans des combats avec les jihadistes de Daech.
Vidéo (combats rapprochés) :
Pas de nouvelles des militaires kidnappés par l'EI 
'Nous n'avons jusqu'à ce jour aucune information sur les otages militaires, mais l'armée n'oublie à aucun moment cette question, car elle est centrale pour l'institution. Voilà notre principale préoccupation", a par ailleurs assuré le responsable militaire.
Neuf soldats libanais avaient été kidnappés par l'EI en août 2014. L'Etat libanais n'a aucune nouvelle d'eux depuis près de trois ans.
L'armée libanaise avait lancé ce matin la troisième et dernière phase de sa bataille contre les jihadistes. Samedi à l'aube, elle avait donné le coup d'envoi de l'opération "L'Aube des jurds" afin de déloger les jihadistes de l'EI retranchés depuis plusieurs années sur les hauteurs des deux bourgades chrétiennes frontalières.
4 soldats tués et une dizaine blessés depuis le début de l'offensive 
Depuis le début des combats, quatre soldats ont été tués et une dizaines ont été blessés.
 Jean René Belliard

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19:30 Publié dans Bekaa, Ersal, Etat Islamique, Kanso Ali (Brigadier), Liban, Qaa, Ras Baalbek | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

21/08/2017

Les services de renseignement libanais ont permis d'éviter un attentat dans un avion - La bombe dans une poupée Barbie

Les services de renseignement libanais ont permis d'éviter un attentat dans un avion - La bombe dans une poupée Barbie
Nous avons rapporté dans une précédente newsletter le démantèlement d'une cellule terroriste affiliée à Daech (Etat islamique). On en sait désormais un peu plus sur les intentions de cette cellule. Les terroristes avaient projeté de piéger une poupée Barbie et un appareil électro-ménager (hacheur de viande) pour faire sauter un avion de la compagnie Emirat reliant Sydney à Abou Dhabi.
Machnouk a révélé que
le principal suspect, Amer Khayyat, avait essayé de dissimuler deux engins explosifs dans l'avion dans l'éventualité pour être sûr qu'au moins l'un des deux détonerait avec succès.  
Les autorités libanaises ont arrêté Khayyat à son arrivée au Liban en provenance d'Australie à la mi-juillet.
Il avait prévu de faire sauter l'avion en vol,  20 minutes après le décollage.  
L'opération a raté en raison d'un excédent de poids d'un bagage à main.  
Le suspect n'a pas pu embarquer dans l'avion avec les bombes placées dans un sac de bagage, tout simplement parce que le poids du sac dépassait la limite autorisée par la compagnie.  
"L'opération a échoué en raison de l'excédent de poids", a expliqué M. Machnouk. "La branche du renseignement a suivi l'affaire et a constaté que Amer était impliqué dans cette tentative terroriste, et il semblait qu'il était censé l'exécuter".
Encore une fratrie terroriste 
Machnouk a déclaré que quatre frères libano-australiens étaient impliqués dans cette opération terroriste. Deux des frères d'Amer Khayyat, Khaled et Mahmoud Khayyat, ont été arrêtés en Australie;
Le quatrième, identifié comme Tarek Khayyat, est membre de Daech et se trouve en Syrie. 
La compagnie aérienne visée n'a pas été identifiée avec certitude, mais Emirates Airlines, le transporteur national des Émirats arabes unis, a déclaré qu'elle menait une enquête. 
S'il s'agit de ce vol, 400 passagers se trouvaient à bord, dont 120 libanais. Le ministre a déclaré que les suspects voulaient se venger des EAU et de l'Australie pour être membres de la coalition anti-Etat islamique. 

Jean René Belliard

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20:02 Publié dans Abou Dhabi, Australie, Emirates, Etat Islamique, Khayyat Amer, Liban, Mohammad Machnouk | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |