23/06/2014

La Jordanie est-elle menacée par l'EIIL

La Jordanie ferme sa frontière avec l’Irak
La Jordanie a fermé le passage frontière irako-jordanien d’al-Karama/Tarbil situé à 330km d’Amman sur la route internationale 10 depuis la prise par les insurgés de l’EIIL de la ville irakienne de Rutbah située à 145km de la frontière jordanienne. Rutbah servait de base logistique à la 1ère division de Marines au temps de l'invasion américaine. Le camp s'appelait Korean Village (KV). Le camp supportait les opérations militaires dans les régions frontalières de Jordanie et de Syrie.

La Jordanie fait partie du projet de califat de l’EIIL
La question qu’on se pose aujourd'hui est, naturellement, l’EIIL pourrait-il menacer la Jordanie alors que ce pays fait partie du projet de califat que l’organisation jihadiste rêve de créer, tout comme la Syrie et le Liban ?
Il y a, bien sûr, une importante partie de la population qui adhère plus ou moins aux idées des jihadistes d’al-Qaïda ou de l’EIIL. Il faut se rappeler qu’al-Zarkaoui, qui a dirigé la rébellion islamiste contre les Américains et les Chiites en Irak au temps de l’occupation du pays par l’armée américaine, était jordanien et originaire de la ville de Zarka.

La monarchie jordanienne est solide et protégée
Mais la monarchie jordanienne est solide. Elle bénéficie du soutien des tribus et de la majorité de la population, jordanienne. En outre, toute menace contre elle entraînerait de facto une vive réaction des Etats-Unis et de l’Arabie saoudite.

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

08:00 Publié dans Etat Islamique | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

22/06/2014

Nouvelles de la guerre globale entre Sunnites et Chiites – Dimanche 22 juin

Sur le front syrien
L'armée syrienne, appuyée par la milice chiite libanaise du Hezbollah, a lancé ces dernières heures une offensive pour déloger les rebelles installés dans des grottes sur les contreforts de Qalamoun, au nord de Damas.
L’armée a repris le contrôle de quelques collines surplombant la plaine de Rankous et poursuit des groupes rebelles qui ont essayé de s'infiltrer dans la région à partir du Liban.
Les insurgés s’étaient retranchés sur les hauteurs et dans des grottes de la chaîne de l'Anti-Liban après avoir été chassés en avril 2014 des localités de la région. Ils avaient repris l’offensive depuis deux semaines contre les positions de l'armée et du Hezbollah, ce qui avait contraint les forces du régime à abandonner quelques positions.

L"EIIL utilise des Humvees américains en Syrie

Les jihadistes de l'EIIL ont utilisé des Humvees américains pris sur l'armée irakienne pour capturer deux villages, Ekar et Maalal dans la province d'Alep où de violents combats opposent l'EIIL au Front islamique soutenu par les Saoudiens et le Front al-Nosra, le représentant officiel d'al-Qaïda en Syrie. Il semble que l'EIIL cherche à reprendre la localité d'Azaz qu'elle avait perdue en février 2014.

L'EIIL capture vingt étudiants kurdes sur une route du Kurdistan syrien

Les jihadistes ont également capturé vingt étudiants kurdes sur la route Hasakeh-Qamishli, la capitale du Kurdistan syrien. Les Jihadistes de l'EIIL avaient déjà capturé 145 étudiants kurdes à Alep  et 193 civils kurdes dans la localité de Qabasine, également dans la province d'Alep. Les Kurdes syriens sont en guerre depuis des mois avec les jihadistes de l'EIIL.
 
Sur le front irakien
Les forces irakiennes se sont retirées de trois villes de l'ouest du pays sous la pression des insurgés sunnites.
Les unités militaires ont abandonné Al-Qaïm, Rawa et Anah. Al-Qaïm est située sur l’Euphrate et fait face à la ville syrienne de Boukamal. D’après nos informations ce point de passage frontalier est entre les mains du Front al-Nosra et d’habitants d’al-Qaïm et non pas de l’EIIL. Rawa est également située sur l’Euphrate à l’intérieur de la province d’Anbar et Anah est située sur l’Euphrate à la sortie du lac de barrage d’Adithah.
Ces deux dernières villes ont été occupées par l’EIIL et on a rapporté que 21 responsables locaux y avaient été exécutés, ces deux jours.
Certaines des victimes ont été tuées par balles dès samedi, lorsque les insurgés de l’EIIL ont pris le contrôle de ces deux villes, tandis que d'autres ont été abattues dimanche.

Sur le front yéménite
Les rebelles chiites (Zaïdites) d’Ansarullah sont implantés à l’est de Sanaa, la capitale yéménite. Ils ont un centre (markaz) dans le quartier d’al-Jarraf.
Samedi 21 juin, des centaines de Yéménites sunnites ont manifesté à Sanaa pour dénoncer l’inaction des autorités face à la poussée des rebelles chiites qui menacent maintenant la capitale.
Et dimanche 22 juin, comme pour confirmer leurs craintes, les rebelles chiites d’Ansarullah  ont tendu une embuscade à une patrouille de police, blessant dix-sept policiers, dont trois officiers. L’attaque des Chiites était censée répondre à la capture par la police de deux membres d’Ansarullah.
Dans un communiqué sur son site internet, Ansaruallah a affirmé que son bureau à Sanaa était "visé" par les forces de sécurité dans une tentative de "déclencher une guerre insensée".

Sur le front libanais
Les services de renseignements de l'armée libanaise ont arrêté dimanche 22 juin dans la Békaa cinq personnes, dont Omar Satem. Cet individu est sous le coup d'un mandat d'arrêt et l'un des suspects les plus dangereux recherchés par les services de sécurité libanais.

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

20:05 Publié dans Ansar Ullah, Etat Islamique, Front al-Nosra, Irak, Rankous, Syrie, Yémen, Zaïdites | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

21/06/2014

Nouvelles de la guerre globale entre Sunnites et Chiites – 21 juin 2014

Sur le front syrien

- Province de Hama
Les rebelles syriens ont fait exploser, vendredi 20 juin, un camion chargé de près de trois tonnes d’explosifs contre un barrage de l’armée fidèle au régime dans  le village d'al-Horra (province de Hama).
L’explosion a fait 38 morts dont des civils et des membres des forces de sécurité, et plus de 40 blessés. Le Front islamique, une coalition de rebelles islamistes soutenus par l’Arabie saoudite et les Emirats du Golfe, a revendiqué l'attaque sur son compte Twitter, en précisant que les explosifs placés dans le véhicule avaient été actionnés à distance et visaient des « rassemblements de miliciens d'Assad ».
La vidéo ci-dessous montre l’attaque de la position dans la nuit suivie de tirs de roquettes le lendemain :
https://www.youtube.com/watch?v=YyRXREHScJo&feature=p...

- Province de Deir ez-Zhor (est syrien)
À l'Est, l'EIIL a gagné du terrain, prenant à des groupes rebelles la ville de Mouhasan et deux autres villages de la province pétrolière de Deir ez-Zor, dont il contrôle de larges secteurs

- Sur le front irakien

Combats entre l’EIIL et l’armée des Naqchbandis
J’avais prévenu, le mercredi 17juin que les jihadistes de l’EIIL allaient forcément s’affronter avec les organisations qui participaient à l’offensive sunnite contre le régime de Nouri al-Maliki en Irak. Cela n’a pas tardé. Les affrontements qui ont eu lieu depuis vendredi 20 juin à Hawija, province de Kirkouk, opposent l’EIIL à l’armée de Naqchbandis dont les membres sont en majorité d’anciens militaires de l’armée de Saddam Hussein.
Les combattants de l’armée des Naqchbandis auraient refusé de rendre leurs armes et de prêter allégeance aux jihadistes. Une autre raison pourrait être de savoir qui mettrait la main sur les citernes pétrolières, nombreuses dans cette région du pays.
Dès le début de l’offensive sunnite en Irak on pouvait s’interroger sur la viabilité d’une alliance regroupant des éléments très disparates, comme les tribus sunnites, d’anciens militaires de Saddam Hussein et une floraison de groupes jihadistes dont la plus importante est l’EIIL.
On savait que l’EIIL chercherait à imposer son interprétation rigoriste de l’Islam et que son but était de recréer un califat sunnite dans la région du Moyen orient. Beaucoup d’autres groupes étaient, eux, animés par l’esprit de vengeance, à savoir redonner la suprématie politique à la communauté sunnite, ou s’étaient tout simplement dressés contre la politique autoritaire de Nouri al-Maliki qui se faisait surtout au détriment de la communauté sunnite.

Si seulement Nouri al-Maliki se retirait !
On peut imaginer que dans le cas où Nouri al-Maliki laissait la place à un dirigeant mieux inspiré de nombreux Sunnites pourraient préférer coopérer avec l’Etat irakien plutôt que de passer sous la coupe des jihadistes de l’EIIL.
Nouri al-Maliki est l’objet de critiques sur sa façon de gouverner, non seulement des Sunnites mais également de la part de nombreux Chiites comme l’Imam Moqtada Sadr ou encore l’ayatollah Sistani, la principale autorité religieuse chiite du pays.
Il semble que les Etats-Unis soient de plus en plus impatients vis-à-vis de Maliki qu’ils considèrent désormais comme un obstacle à la cohésion du pays. Le problème est que Nouri al-Maliki a remporté les  dernières élections législatives du 30 avril 2014. Il tarde, toutefois, à former son gouvernement et l’administration américaine pourrait en profiter pour convaincre diverses forces politiques irakiennes à proposer une personnalité chiite plus consensuelle, avec l’espoir que Kurdes et Sunnites reviendront sur leur décision de faire sécession, ce qui est loin d’être acquis.

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

 

 

 

18:55 Publié dans Armée des Naqchbandis, Deir ez-Zhor, Etat Islamique, Hama, Irak, Nouri al-Maliki, Syrie | Lien permanent | Commentaires (5) | | | | |