14/07/2014

Le chef d’AQMI en Kabylie se rallie au Califat – les autres chefs d’AQMI restent fidèles à al-Qaïda

Information sur l’AQMI
Héritière du GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat) algérien, AQMI opère dans la bande soudano-sahélienne, une vaste zone comprenant plusieurs pays, dont le Mali, le Niger et la Mauritanie, où elle a multiplié ces dernières années les enlèvements d'Européens surtout, en exécutant certains.
AQMI a profité de la chute du régime de Mouammar Kadhafi en Libye pour se renforcer, notamment en faisant main basse sur une partie de l’armement de l’armée libyenne. Beaucoup d'armes sont tombées dans les mains de l’AQMI après le pillage des casernes du régime de Kadhafi. On a craint également que les Jihadistes aient mis la main sur des missiles sol-air, mais jusqu’à cette date, AQMI n’a pas utilisé de tels missiles dans ses combats, notamment contre l’armée française au Mali.

L’Algérie prend la menace d’AQMI au sérieux
Première puissance militaire de la région, mais aussi pays ayant le plus souffert de la violence islamiste qui continue d'y sévir, l'Algérie prend la menace AQMI très au sérieux et a alerté très tôt sur les risques de voir AQMI se renforcer après la chute du régime libyen. C’est la raison pour laquelle  l'Algérie a renforcé ses moyens militaires à sa frontière avec la Libye. L’Algérie est en effet confrontée à l’activisme des maquis d’AQMI en Kabylie et à l’est d’Alger.

L’Algérien Djamel Okacha nouveau chef d’AQMI après la mort d’Abou Zeid
L’Algérien Djamel Okacha a succédé à Abdelhamid Abou Zeïd à la tête de la brigade d’Al Qaïda au Maghreb islamique que dirigeait son compatriote jusqu’à sa mort le 1er mars 2013, dans le nord du Mali. On attribuait à Abou Zeïd l’enlèvement d’une vingtaine d’occidentaux dans le Sahara ces cinq dernières années, qui ont rapporté plusieurs millions de dollars de rançon à AQMI. Il était notamment jugé responsable de la mort de plusieurs otages étrangers au Sahel ces dernières années, notamment celle du Français Michel Germaneau en 2010.
Agé de 34 ans, Djamel Okacha, aussi connu sous le nom de Yahia Abou El Hamam, a rejoint le Nord-Mali en 2004, selon une source proche des services de sécurité. Sa présence est également signalée parmi le commando ayant attaqué une caserne militaire en 2005 en Mauritanie. Il serait aussi impliqué dans l’assassinat en 2009, toujours en Mauritanie, de l’Américain Christopher Legget, qui travaillait pour une ONG.
Djamel Okacha dirige l’AQMI sous l’autorité de l’émir Abdelmalek Droukdel, un autre algérien.

Les menaces d’AQMI contre la France
El-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) a appelé à attaquer les intérêts français « partout dans le monde » en riposte à l’intervention au Mali. Dans une vidéo mise en ligne hier, un chef du réseau appelle « les musulmans dans le monde entier » à « attaquer les intérêts français partout, car depuis le premier jour de l’agression, ils sont devenus des cibles légitimes. Face à la nouvelle croisade menée par la France et son occupation d’une terre de l’islam, nous vous appelons à la mobilisation (...) et au jihad », affirme ainsi Abou Obeida Youssef al-Annabi, présenté comme le chef du conseil des notables d’AQMI, dans UN message daté du 25 avril 2013. Al-Annabi s’en est également pris à la France pour avoir légalisé le mariage gay, affirmant qu’elle subirait « le châtiment divin » pour avoir adopté cette « loi de la honte », la qualifiant « d’affront pour l’humanité entière ».

Le cadi d’AQMI en Algérie fait allégeance au califat de l’Etat islamique 
Le Cheikh Abi Abdallah Athman al-Othman, chef d’AQMI en Kabylie annonce son ralliement au califat de l’Etat Islamique d’Abou Baker al-Baghdadi :
« Nous sommes vos soldats en Algérie » affirme le cheikh dans une vidéo :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

La déclaration d’allégeance du Cheikh al-Othman ne fait pas l’unanimité au sein d’AQMI
Les autres dirigeants d’AQMI viennent de rejeter la reconnaissance du califat déclaré par Abou Bakr al-Baghdadi et renouvelé leur allégeance au chef d'el-Qaïda, Ayman al Zaouahiri, si l’on en croit un communiqué qui vient d’être publié sur les réseaux sociaux.
"Nous confirmons que nous continuons à respecter notre serment d'allégeance à notre cheikh et émir, Ayman al Zaouahiri", indique le communiqué.
Le chef de l'Etat Islamique avait exigé de tous les Musulmans de le reconnaître comme calife et affirmé son autorité sur les Musulmans à travers le monde.
Le communiqué censé émaner de la direction d’AQMI accuse l'Etat islamique de ne pas avoir consulté les autres chefs djihadistes.

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l’enfer des espions)

20:07 Publié dans Abu Baker al-Baghdadi, al-Qaïda, Algérie, AQMI, Etat Islamique, France, Libye | Lien permanent | Commentaires (3) | | | | |

Et pendant ce temps là…en Syrie

Violents combats entre Kurdes et Jihadistes de l’Etat Islamique (Daesh)
Les jihadistes de Daech (Etat Islamique), qui contrôlent déjà près de 250 km sur les 700km de frontière entre la Syrie et la Turquie, cherchent à établir une continuité territoriale entre Jarabulus, une ville arabo-turkmène à l'ouest, et Aïn el-Arab à l’est.  L’objectif est de relier leurs bastions dans l’est et le nord syrien aux régions qu’ils viennent de conquérir en Irak.
Le problème est qu’Aïn el-Arab est la troisième ville kurde de Syrie, après Qamishli (province de Hassaka au nord-ouest) et Afrine (province d'Alep).
La localité de Ras el-Aïn est complètement encerclée par les combattants de Daesh, mais les Kurdes défendent farouchement leur place-forte depuis plus de deux semaines et n’ont aucune intention de l’abandonner aux Islamistes radicaux. Il sera intéressant d’observer la réaction des Kurdes irakiens. Vont-ils se porter massivement au secours de leurs frères syriens ?

Daesh poursuit son expansion dans l’est syrien
Les jihadistes de l’État islamique (EI, ou Daesh) ont pris le contrôle lundi des secteurs rebelles à Deir Ezzor, la plus grande ville de l'est de la Syrie.
Daech contrôle désormais 50% de cette ville et le régime l'autre moitié. Les autres combattants rebelles ont, soit quitté la ville, soit fait allégeance à l’Etat Islamique.

Exécution dans la ville frontière d’al-Qaïm
Al-Qaïm est une ville irakienne située à la frontière de la Syrie, au niveau de la ville syrienne de Boukamal. Les Jihadistes de l’Etat Islamique s’étaient emparés des deux localités, de part et d’autre de la frontière  irako-syrienne après avoir bénéficié du ralliement de nombreux éléments armés.
C’est dans cette ville d’al-Qaïm que le mouvement islamiste vient d'exécuter quatre Syriens accusés d’espionnage pour le compte du régime de Bachar el-Assad.
Des membres de Daech, brandissant le drapeau noir des Abbassides, ont conduit les quatre hommes dans une rue du centre d'Al-Qaïm où ils ont été exécutés un par un.

Les combats se poursuivent dans le Qalamoun, la région montagneuse frontière entre le Liban et la Syrie
Les affrontements violents se poursuivent entre les insurgés sunnites et l’armée du régime appuyée par le Hezbollah libanais dans le Qalamoun, une région montagneuse à la frontière entre la Syrie et le Liban. Les troupes syriennes et le Hezbollah, qui ont entrepris une vaste offensive depuis la fin de l’année 2013, "contrôlent le secteur, mais ils ne contrôlent pas toutes les grottes et montagnes. Il y a de nombreux endroits où se cacher dans les montagnes", précise Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH (Observatoire syrien pour les Droits de l’Homme).
Les récents combats viennent de coûter la vie à 16 rebelles sunnites au moins et à 7 membres du Hezbollah (2 d’entre eux ont été tués dimanche 13 juillet), tandis que 31 autres combattants chiites libanais étaient blessés.
Le Hezbollah a également capturé 14 islamistes appartenant à différentes groupes, dont le Front al-Nosra, affilié à el-Qaïda.

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

 

18:49 Publié dans Etat Islamique, Front al-Nosra, Hezbollah, Irak, Kurdistan, Syrie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

Et pendant ce temps là…en Irak

Les combats continuent
On pourrait croire que la situation s’est apaisée en Irak ou en Syrie, vu que les medias ont tous les yeux braqués sur Israël et Gaza. Il n’en est rien. Les combats se poursuivent sans discontinuer dans la plupart des régions ouest et nord de l’Irak.

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17:54 Publié dans Etat Islamique, Irak, Kurdistan, Peshmerga, Pétrole, Ramadi, Tikrit | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |