04/11/2014

1er au 3 novembre – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

Front irakien

Bagdad – Une série d’attentats
Deux attentats à la voiture piégée visant des pèlerins chiites ont tué au moins 19 personnes à Bagdad, dimanche 2 novembre. Il fallait s’attendre à de tels attentats contre la communauté chiite qui se prépare à fêter le dixième jour de l’Achoura. 
L’Achoura est le jour où le troisième imam chiite, Imam Hussein, a été assassiné à Kerbala avec 72 de ses compagnons.
La première explosion, qui a fait 13 morts et 29 blessés, a eu lieu dans le quartier Al-Ilam, dans le sud-ouest de la capitale, près d'une tente où les pèlerins chiites se rendant en pélérinage à la ville sainte de Kerbala venaient pour recevoir de la nourriture. Le second attentat à eu lieu à Sadr City, le grand quartier chiite situé au nord-est de Bagdad.
Une autre attaque à la voiture piégée a eu lieu contre un point de contrôle de la police dans le centre de Bagdad. Cet attentat a fait au moins cinq morts et 17 blessés.
Video en langue anglaise :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=1c6bbb3b8519

Kerbala – la ville sainte chiite
Des centaines de milliers de pèlerins chiites vont commémorer à Kerbala la mort de l'imam Hussein, petit-fils du prophète Mahomet. Les célébrations, qui culminent mardi 4 octobre, sont souvent l’occasion d’attentats commis par des Jihadistes sunnites pour qui les Chiites sont des « mécréants » qui méritent la mort.  La tension est d’autant plus extrême que les Jihadistes de l’Etat Islamique sont retranchés au sud de Bagdad, non loin de la route reliant la capitale à Kerbala. C’est la raison pour laquelle plus de 25.000 soldats et policiers et 1500 miliciens chiites ont été déployés tout le long de la route reliant Bagdad à Kerbala.

Bataille de Baiji
La bataille de Baiji et Tikrit se poursuit mais pour l’instant l’armée irakienne ne semble pas avoir pris le dessus sur les Jihadistes de l’EI. Elle n’a pas encore réussi à pénétrer dans aucune des deux localités.
Vidéo en langue arabe – Remarquez la cadence des tirs sur la ligne de front :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Mossoul
Les forces spéciales irakiennes se sont rapprochées de Mossoul :
Vidéo :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Un chef de l’Etat Islamique tué dans les bombardements
Selon la chaîne de télévision Al-Iraqiya, Abdallah al-Masri et trois de ses lieutenants auraient été tués au cours d’un bombardement de leurs positions par des avions de l’armée de l’air irakienne. Les faits se seraient déroulés dans la localité d’Aziz-Balad, dans le Sud de la province de Salaheddine. L’opération contre le chef jihadiste aurait été menée sur la base des informations collectées par les services de renseignement irakiens. Pour le ministère irakien de la Défense, Abdallah al-Mesri était l’un des commandants les plus cruels de Daesh. 

Les Jihadistes de l’EI poursuivent leurs exécutions de membres de la tribu al-Bou Nimr
Les Jihadistes de l’Etat Islamique ont encore assassiné au moins 36 membres de la tribu al-Bou Nimr dont 200 membres avaient déjà été tués à la fin de la semaine dernière. Parmi les personnes nouvellement exécutées se trouvent quatre femmes et trois enfants.
On nourrit la plus grande inquiétude pour de nombreux autres personnes car on pense que près de 1000 membres de cette tribu ont été capturés par les Jihadistes qui auraient décidé Selon un dirigeant de la tribu, il y aurait une fatwa qui ordonnerait l’exécution de tous les membres de la tribu al-Bou Nimr, y compris les bébés.
Ces exécutions visent à faire peur aux tribus locales pour les dissuader de s’allier au gouvernement de Bagdad contre le califat islamique.

Front syrien

Bataille d’Aïn el-Arab (Kobane en kurde)
Pour la première fois, les combattants kurdes syriens de l’YPG ont mené, avec leurs frères Peshmergas irakiens et des éléments des Borkan al-Firat (Armée Syrienne Libre), une offensive à l’ouest de Kobane contre les Jihadistes de l’Etat Islamique. Ils auraient infligé des pertes importantes aux Jihadistes. Les combats ont été particulièrement importants dans le secteur oriental de la ville, et notamment dans le quartier de Kaniya Kurdan où les combats se sont poursuivis jusqu’à minuit, dimanche 2 novembre. Les Jihadistes n’ont pu s’accrocher à leurs positions et on du battre en retraite, laissant 15 tués sur le terrain. De violents combats ont également eu lieu au sud de l’agglomération et là aussi, les Jihadistes ont battu en retraite, laissant cinq morts derrière eux. Il s’agirait de cinq jihadistes étrangers tués dans la destruction de leur véhicule.

Il y a Kurdes et Kurdes …
Un membre du Conseil de sécurité du Kurdistan irakien aurait identifié près de 200 Kurdes qui se battent aux côtés des terroristes de l’Etat Islamique. 
 «Nous avons identifié la plupart de ces individus», a déclaré ce responsable kurde. Mansour Barzani a ajouté que certains de ces traîtres kurdes ont été tués, lors des combats, en Syrie, et certains autres ont été abattus par les Peshmergas, tandis que d'autres, encore, collaborent avec les terroristes de l’Etat Islamique. Masrour Barzani a déclaré au journaliste du quotidien "Ash-sharq al-Awsat" : «Le plus grand problème des Peshmergas, c’est qu’ils ne sont pas équipés d’armes sophistiquées. Nous avons besoins d’armes lourdes, comme des chars, des blindés, des canons lourds, des équipements de déminage, des explosifs et des roquettes anti-char.
Le problème est qu’on sait que certaines armes fournies par la coalition internationale aux Kurdes irakiens se trouvent désormais aux mains des Jihadistes de l’Etat islamique. On ne sait pas si ces armes ont été capturées à l’issue de combats qui auraient tourné au désavantage des Kurdes, ou si ces armes ont été vendues ou amenées par des transfuges. Toujours est-il qu’on a retrouvé aux mains des Jihadistes, entre autres, une mitrailleuse MG 42/59 comme celles fournies par l’Italie à la région autonome du Kurdistan d’Irak.

Conflit entre le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) et le Front des Révolutionnaires Syriens (FRS)
Peu d’éléments nouveaux sur le terrain en ce qui concerne le conflit qui oppose le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) et le Front des Révolutionnaires Syriens (FRS) et le Mouvement Hazm, deux organisations financées et armées par les Etats-Unis. On sait que les Jihadistes du Front al-Nosra se sont emparées de la plupart des positions du FRS dans la province d’Edleb.
On en sait un peu plus, par contre, sur l’origine du conflit.
Le conflit aurait débuté lundi 27 octobre alors que les Jihadistes du Front al-Nosra et d’autres organisations rebelles avaient entamé une offensive contre les soldats de l’Armée Arabe Syrienne (AAS) dans la ville d’Edleb. Les miliciens du FRS avaient reçu l’ordre de rester l’arme au pied et de ne pas participer à cette offensive. Cela n’a pas plus à tous les membres du FRS et plusieurs d’entre eux ont décidé de rallier les unités qui participaient au combat. C’est alors que Jamal Maarouf a décidé de lancer une offensive contre les renégats pour saisir leurs armes et a même demandé à ses fidèles de bombarder des villages où ces dissidents s’étaient réfugiés. En réponse, les Jihadistes du Front al-Nosra se sont joints à ceux de la faction Jund al-Aqsa  pour se porter au secours des dissidents du FRS. Mais leur entreprise a été entravée par des check-points du mouvement al-Hazm qui voulait les empêcher d’approcher les positions du FRS fidèles à Jamal Maarouf.
Samedi 1er novembre, après ses succès sur le terrain, le Front al-Nosra déclarait un cessez-le-feu à la condition que Jamal Maarouf comparaisse devant un tribunal islamiste pour être jugé selon la charia. Inutile de dire que Maarouf n’a pas montré le moindre signe qu’il allait répondre favorablement à cette convocation. Les responsables du Front al-Nosra accusent pourtant le FRS de corruption et de vol de fournitures destinées à d’autres factions rebelles.

Violents combats sur le front sud syrien
L'armée arabe syrienne (AAS) mène actuellement une grande offensive  dans l'Est et le Nord d'Al-Cheikh Meskin, situé dans le rif Ouest de Deraa. De très violents affrontements se poursuivent, dans la banlieue de Quneitra.
L'AAS cherche à reprendre, totalement, le contrôle de la ville d'Al-Cheikh Meskin, qui est une ville stratégique et qui se trouve sur le point de jonction de plusieurs provinces du Sud de la Syrie.
A Deraa, les combats sont, aussi, très violents. Les unités de l'armée traquent et éliminent les Takfiris et détruisent leurs véhicules blindés.
Les affrontements se poursuivent enfin dans la banlieue de Quneitra, une ville que les rebelles occupent actuellement et que l’AAS veut libérer.

Front libanais

Bekaa / Qalamoun
De violents affrontements ont opposé ces dernières 24 heures les Jihadistes du front al-Nosra aux combattants du Hezbollah dans le jurd de la Békaa proche de la frontière syrienne au niveau de la région du Qalamoun.
Les Jihadistes du Front al-Nosra auraient tenté de progresser vers les positions du Hezbollah à l’intérieur du territoire libanais. Des affrontements ont alors éclaté dans les jurd de Younine et de Nahlé à proximité de la frontière avec le Qalamoun syrien.
L’offensive jihadiste aurait eu lieu sur deux fronts, le premier du côté du jurd d’Ersal, et le deuxième de l’intérieur du jurd syrien vers la région de Rass el-Maarra.
D’autres combats ont eu lieu dans la région de Wadi Rehyane, au sud du jurd d’Ersal et proche du jurd de Younine. D’importants groupes de Jihadistes sont retranchés dans cette région montagneuse. 
Il apparaît que l’objectif des Jihadistes soit de trouver un refuge avant le froid glacial de l’hiver dans les montagnes.

Forces al-Rida
Pour contrer l’offensive des Jihadistes, le Hezbollah a dépêché des combattants des forces al-Rida dans le jurd du Qalamoun et les régions jouxtant le territoire libanais. Ceux-ci ont reçu pour mission de prêter main forte aux soldats syriens et aux combattants du Hezbollah sur place.
Les forces al-Rida sont une formation militaire supervisée par le Hezbollah et composée de jeunes syriens des régions d’Alep, de Homs et de Damas.
Ces combattants ont été entrainés aux combats de rues par le Hezbollah. Ils ont déjà combattu à Homs et au Sud de Damas autour du mausolée de Sayeda Zeinab. La plupart d’entre eux ont pris part à la bataille de Rankous dans le Qalamoun.

Jean René Belliard

02/11/2014

1er et 2 novembre – Revers des rebelles « modérés » en Syrie

Revers des rebelles « modérés » en Syrie
J’avais mentionné, dans la précédente édition du blog sur le Moyen Orient hébergé par la Tribune de Genève que deux organisations de rebelles « modérés » soutenus par les Etats-Unis et la Turquie, livraient bataille aux Jihadistes du Front al-Nosra dans la province d’Edleb. Ces deux organisations est le Front des Révolutionnaires Syriens et le mouvement Hazm.
Aux dernières nouvelles, les combattants du Front des Révolutionnaires Syriens (FRS) ont perdu la bataille après 24 heures de combat dans la province d’Edleb contre les Jihadistes d’al-Nosra, appuyés par des éléments de l’Etat Islamique.
"Le Front al-Nosra est devenu maître de Deir Sinbel, et il contrôle désormais la majorité des localités et villages de la région de Jabal al-Zawiya", selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Il s’est également emparé des armes et des chars du FRS.
Il s’agit d’une très mauvaise nouvelle pour les Etats-Unis, la Turquie et la coalition internationale qui pensaient pouvoir s’appuyer sur ces éléments pour lutter contre les Jihadistes en Syrie. Il serait peut être temps de tirer les leçons de cet échec :
1 – Lorsqu’on prétend vouloir faire la guerre, il vaut mieux éviter les demi-mesures. « Quand on tire, on tire » selon une phrase célèbre du western « le bon, la brute et le méchant ». Et bien quand on arme, on arme ou on s’abstient.
2 – Distinguer entre rebelles « fréquentables » et « non-fréquentables » devient d’autant plus difficile que les buts de l’engagement occidental est confus. S’agit-il de lutter uniquement contre les Jihadistes et de laisser Bachar el-Assad diriger la Syrie à sa guise ? Ou bien, comme on le sait bien, rêve-t-on encore dans les Etats-majors occidentaux de faire d’une pierre deux coups ? Cette confusion a conduit un certain nombre d’hommes du rang du Front des Révolutionnaires Syriens à refuser le combat contre leurs « frères » jihadistes, voire même à les rejoindre dès les premiers coups de feu. Cela à contribué à faire s’écrouler les lignes de défense du Front des Révolutionnaires Syriens. Une observation qui ne devrait pas être négligée par les stratèges occidentaux.
3 – Les Jihadistes de l’Etat Islamique ont prêté main forte aux Jihadistes du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) alors que les mêmes hommes se sont affrontés avec férocité en d’autres temps et dans d’autres lieux.
Cette défaite porte un coup sérieux aux efforts des États-Unis de créer et d'entraîner une force modérée entre les jihadistes et les forces du régime de Bachar el-Assad. Washington, on le rappelle, s’efforce de mettre sur pied en Syrie une force rebelle capable de renverser le pouvoir syrien pour instaurer un Etat démocratique et faire échec aux Jihadistes qui, eux, veulent mettre en place un Etat théocratique.
En fait, le seul secteur où les efforts américains ont encore une chance de voir le jour est le sud syrien, à la frontière avec la Jordanie. Mais là encore, les combattants du Front des révolutionnaires syriens ne vont pas représenter un poids suffisant face à l’implantation du Front al-Nosra dans la région et au Front Islamique qui regroupe des Islamistes soutenus par l’Arabie saoudite.

Jean René Belliard

 

11:08 Publié dans Etat Islamique, Etats-Unis, Front al-Nosra, Front des Révolutionnaires Syriens | Lien permanent | Commentaires (3) | | | | |

30/10/2014

Les Tchétchènes du califat islamique

Les brigades tchétchènes en Syrie
C’est en Syrie que sont apparues les premières brigades jihadistes tchétchènes. Ils composaient les éléments de la brigade Jeich al-Mouhajirin et Ansar (« Armée des immigrants », en allusion aux premiers musulmans contemporains du prophète Mohammad et qui ont quitté la Mecque vers Médine sous la pression de leurs adversaires). La brigade était commandée par un certain Mohammad le Tchétchène. Il aurait succombé au cours d’un pilonnage de sa position par l’Armée Arabe Syrienne (AAS) à Alep. Il aurait été remplacé par Abou Asma le Daghestanais.
Trois autres chefs Tchétchène ont été repérés à l’occasion de combats dans la province de Lattaqié : Ces trois chefs tchétchènes sont Abou Moussa le tchétchène, qui commande les « Brigades des Ansar ach-Cham », Abou al-Walid le tchétchène qui est le prince des «Jounoud ach-Cham », et Abou Tourab le tchétchène, son adjoint.
Abou Moussa et Abou al-Walid sont des vétérans des combats contre les russes dans les années 90 du siècle dernier.

Vidéo (en langue russe) de Jeich al-Mouhajirin et Ansar mise en ligne le 10 février 2014. La vidéo montre les membres de cette brigade à l’offensive dans la région d’Alep :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=afa7788f59f8

Les Tchétchènes sont le fer de lance de l’Etat Islamique
Lorsque l’organisation de l’Etat Islamique d’Irak et du Levant (EIIL ou Daech en arabe) est apparue sur le théâtre syrien – après avoir combattu  pendant de nombreuses années sous la bannière d’al-Qaïda en Irak – les Tchétchènes de la brigade al-Moujahirin et Ansar ont aussitôt fait allégeance à cette organisation jihadiste nouvelle sur le théâtre syrien. Très vite, grâce à leur expérience obtenue par des années de combats contre les armées russe et américaine en Tchétchénie, en Afghanistan et en Irak, grâce à leur professionnalisme, les Tchétchènes sont très vite devenus le fer de lance des offensives de l’EI en Syrie ou en Irak.

Les Tchétchènes accusés d’atrocités
Les Tchétchènes multiplient les crimes et les violations des droits de l’homme, selon des enquêteurs des Nations unies. « Dans le nord de la Syrie, il y a eu une augmentation des crimes et des violations des droits de l’homme commis par des groupes extrémistes armés antigouvernementaux qui opèrent aux côtés de combattants étrangers », a déclaré Paulo Pinheiro, qui dirige l’équipe de l’ONU, devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève. « Des brigades entières (de la rébellion) sont aujourd’hui formées de combattants qui sont venus en Syrie, al-Mouhajirin et Ansar étant l’une des plus actives », a-t-il ajouté. Ces accusations ne sont pas nouvelles. Elles datent de septembre 2013.
Depuis l'été 2014 et l’offensive des Jihadistes de l’Etat Islamique en Irak, de nombreux témoignages accusent les tchétchènes de Jeich al-Mouhajirin et Ansar d’être impliqués dans des massacres, des enlèvements et d’autres exactions.
Une vidéo intitulée « Novosti Halifata » (« Nouvelle du califat » en langue russe) montre un groupe de Tchétchènes de l'État islamique massacrer entre 160 et 250 soldats de l’AAS après la capture de la base aérienne de Tabqa dans la province de Raqqa, en juillet 2014.

Abou Omar le Tchétchène
Un homme s’est fait largement filmé et photographié pour apparaître dans les médias du monde entier  Abou Omar le Tchétchène et sa légendaire énorme barbe rousse :

ABou_Omar_syrie.jpg

 

Abou Omar al-Shihani (le Tchétchène) - au centre avec sa barbe rousse
 

 

 

 

 

 

 

On ne connaissait pas grand-chose sur cet homme. Mais l’édition électronique du journal américain Daily Beast vient de donner des renseignements sur ce Jihadiste et certaines révélations sont surprenantes.
Les journalistes se sont rendus en Georgie et en Tchétchénie pour mener leur enquête.
Première révélation : Le vrai nom d’Abou Omar est Tarkhan Batirachvelli. Il serait âgé de 27 ans. Son père, Temour Barirachvelli est un géorgien chrétien qui vit dans une extrême pauvreté dans le village géorgien de Birkiani.  C’est la mère d’Abou Omar qui est musulmane.

Un ancien des Spetsnaz géorgiens
Le père aurait révélé que Tarkhan avait travaillé un certain temps avec les unités d’élite des services de renseignement géorgiens, les Spetsnaz. Il avait surtout travaillé au service des opérations spéciales du ministère de l’intérieur géorgien, connu sous l’appellation KUD (ou Kudi). Ce service, officiellement appelé le département de la sécurité constitutionnelle, est surtout connu pour ses méthodes brutales. Les affirmations du père selon lesquelles Tarkhan, et son frère Tamaz, auraient travaillé pour les services de renseignement géorgiens ont été confirmées  par un responsable militaire géorgien sous couvert de l’anonymat. Il les aurait quittés après avoir contracté la tuberculose.
selon le Daily Beast, c’est après s’être enrôlé en 2006 dans l’armée géorgienne que Tarkhan aurait rejoint les rangs des Spetsnaz qui venaient d’être créés. Pendant la guerre de 2008 entre la Russie et la Géorgie, il aurait eu pour mission d’espionner les mouvements des chars russes.
Tarkhan a épousé Seda Dudurkaeva, qui se fait appeler Aïcha. Elle est la fille d’Asu Dudurkaev, un ancien ministre démis de ses fonctions pour des raisons sécuritaires par le président Ramzan Kadyrov, proche du président russe Valdimir Poutine. Seda était l’épouse d’un autre jihadiste tchétchène, Hamzat Borchashvili, alias Abou Abdallah qui a été tué lors de combats. 

Seda_Hamza_Tarkhan.jpg
  Seda Dudurkaeva, alias  Aïcha et Hamzat Borchashvili derrière. Abou Omar à gauche

 

 

 

 

 

 

 

Le vrai chef des Jihadistes tchétchènes est Tamaz Barirachvelli
Le véritable chef de la brigade tchétchène de l’Etat Islamique ne serait pas Tarkhan mais son frère Tamaz. C’est tout au moins ce qu’a révélé le père Batirachvelli aux journalistes de Daily Beast. Tamaz a combattu en Tchétchénie. Le père a expliqué que Tamaz avait participé aux combats des séparatistes tchétchènes contre l’armée russe dans les années 90 du siècle dernier. C’est lui qui a pris la décision d’emmener toute sa famille en Syrie lors de l’éclatement de la guerre civile. « C’est lui le cerveau de tous les éléments tchétchènes qui ont rejoint les rangs de Daesh en Irak et en Syrie. Il ne porte jamais de treillis militaire dans ses déplacements », a-t-il confié.

Abou Omar sert de leurre à Tamaz, le véritable chef des Tchétchènes
Il y avait quelque chose d’irréel dans les apparitions d’Abou Omar sur les vidéos tchétchènes – je ne sais quoi de manque de sérieux, de juvénile dans ses propos. L’intuition ne m’avait pas trompé. Le journal Daily Beast a confirmé que le trop visible  jihadiste à la barbe rousse, l'un des terroristes les plus recherchés de la planète, pourrait bien être un leurre pour son frère aîné, le cerveau derrière les agents tchétchènes qui exécutent les offensives de Daesh en Syrie et en Irak ».
Cela explique pourquoi, explique le journal américain, contrairement aux autres hauts commandants de Daesh, Tarkhan se laisse photographier. Ils créent l'illusion qu'il est la "tête du serpent,  alors que le véritable architecte de l'opération de l’Etat Islamique en Syrie est Tamaz Batirashvili qui, lui, reste dans l'ombre ». Cela serait d’autant plus facile que les deux hommes se ressemblent beaucoup, selon le père.

Tamaz, un Jihadiste au service des Georgiens contre les Russes ?
Les qualités de Tamaz Batirashvili, l'aîné des deux Tchétchènes, ont également été confirmées par un ancien responsable militaire géorgien. « Il y avait des hommes beaucoup plus professionnels et expérimentés dans le groupe de la vallée de Pankisi qui ont travaillé avec l'agence d'espionnage géorgienne. "Tarkhan était le seul novice», explique le militaire. "Nous ne l’avons recruté que parce que nous étions intéressés par son frère, Tamaz et ses compagnons, qui étaient «des vrais loups, des soldats expérimentés, et d’anciens combattants des guerres de Tchétchénie.», écrit le journal qui ajoute que la Géorgie pourrait avoir voulu recruter ces jihadistes pour faire face aux troupes russes.

Jean René Belliard