11/08/2014

11 août 2014 – Les guerres du Moyen Orient

Irak

Toujours l’impasse politique
Dimanche 10 août, le Parlement irakien ne s’est toujours pas mis d’accord, malgré l’urgence et les pressions internationales, sur le choix d’un nouveau premier ministre et a fixé la prochaine session au  19 Août.
"Il ne peut y avoir aucune explication pour ce retard", a déclaré Ammar Toma, un député chiite. "Il ya des questions importantes sur la table: la situation sécuritaire et les personnes déplacées."
L'Assemblée législative irakienne, élue le 30 Avril, a échoué pendant des semaines à se mettre d’accord sur le choix d’un nouveau premier ministre malgré l'offensive des Jihadistes sunnites. Ces dernières semaines, elle a pourtant réussi à trouver un consensus pour choisir un nouveau président du Parlement parmi la communauté sunnite et un président appartenant à la communauté kurde, mais les partis se disputent toujours sur le choix d'un Premier ministre chiite, Nouri al-Maliki, le premier ministre actuel, très contesté, se battant pour conserver le pouvoir.

Une autre mauvaise nouvelle pour l’Irak
Nouri al-Maliki avait saisi la Cour fédérale accusant le nouveau président, Fouad Massoum, un Kurde, d'avoir enfreint la constitution en ne confiant pas à son parti la charge de désigner le futur chef du gouvernement.
La Cour suprême fédérale irakienne vient de lui donner raison, lundi11 août. Elle donne le droit au Premier ministre sortant, Nouri al-Maliki,  de former un nouveau gouvernement. Maliki dispose au Parlement du bloc le plus important à l’issue des dernières élections.
C’est un mauvais coup pour l’Irak, même si légalement il n’y a rien à reprocher à cette décision de la Cour fédérale. Nouri al-Maliki a en effet une lourde responsabilité dans la révolte de Sunnites pour avoir attisé les tensions confessionnelles en donnant la priorité à la communauté chiite à laquelle il appartient. Cette politique sectaire a facilité l'offensive des jihadistes sunnites de l'Etat islamique (EI) en lui assurant le soutien de la population sunnite révoltée. Les Américains s’étaient beaucoup démenés pour tenter de convaincre des groupes parlementaires hostiles à Maliki de s’unir pour présenter leur propre candidat.

Sur le théâtre des opérations

Le barrage de Mossoul est bien entre les mains des Jihadistes de l’Etat Islamique
Les Kurdes avaient prétendu ne pas avoir perdu le contrôle du barrage de Tel Kaif Ninive, le barrage de Mossoul. Mais ces deux vidéos récentes attestent que les Jihadistes contrôlent bien cet ouvrage. Ils peuvent désormais décider de l’approvisionnement du nord du pays en eau et électricité :
https://www.youtube.com/watch?v=96PfqbAYQiI&feature=p...
et
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&a...

Kurdistan

Les Kurdes ont forcé la main des Occidentaux:
Les Kurdes étaient bien seuls face aux Jihadistes de l’Etat Islamique. Leurs lignes étaient étirées en raison des soudains gains territoriaux qu’ils avaient fait suite au brutal effondrement de l’armée irakienne basée dans les régions sunnites.
Depuis l’armée irakienne, qui se battait plus proche de ses bases et aussi beaucoup plus motivée à protéger les régions chiites dont la majorité des soldats étaient originaires, s’était ressaisie.
L’armée de l’air irakienne poursuivait, jour après jour, la destruction du matériel militaire, la plupart du temps d’origine américaine, que les Jihadistes avaient récupéré des stocks de l’armée dans les régions conquises. Et ces frappes étaient extrêmement efficaces comme en témoigne cette vidéo du ministère de la défense irakien :
https://www.youtube.com/watch?v=oM0T-Eczt3k&feature=p...
Mais les jets de l’armée irakienne n’ont prêté aucune assistance aux Peshmergas, les laissant seuls face à leurs adversaires.
C’est pourquoi, lorsque les Jihadistes ont attaqué la ville à majorité chrétienne de Qaraqosh, les Kurdes sunnites ont entrepris un brutal retrait en plein milieu de la nuit, laissant la localité ouverte aux Jihadistes et provoquant un exode massif de la population. Le message était clair : C’est à la communauté internationale de défendre les Chrétiens. Les Kurdes avaient bien remarqué que le sort des Chrétiens concernait au plus haut point l’Etat français qui multipliait les déclarations de soutien.
Le calcul était juste. Presqu’instantanément, Américains puis Français et Britanniques ont accouru à l’aide. Et cette fois-ci, ce sont les Kurdes qui vont bénéficier de la puissance militaire U.S. Les jets et les drones américains bombardent bien des cibles jihadistes en Irak mais essentiellement en soutien aux Peshmergas. Pas une seule frappe n’a encore concerné une cible jihadiste dans le reste du pays. Le risque serait trop important de devenir parti prenante dans le conflit sunnite-chiite.

Breaking news : Les Américains ont commencé à donner des armes aux Kurdes
Des sources haut placées du Pentagone ont révélé que l’administration Obama avait commencé à fournir des armes aux Peshmergas.

Une autre minorité est menacée par les Jihadistes : les Yazidis
Pour montrer leur  bonne volonté, maintenant que les Occidentaux ont accouru à leur rescousse, et pour prouver le bien fondé de cette aide, les Kurdes se sont portés aussitôt à l’aide d’une autre minorité menacée : les Yazidis
On craint qu’au moins 500 membres de la communauté Yazidi ont perdu la vie au cours de l’offensive des Jihadistes contre la ville de Sinjar, une ville où la population appartenait en majorité à la communauté yazidi.
Les Jihadistes auraient enterré vivants certaines de leurs victimes, y compris des femmes et des enfants. Des rumeurs prétendent également que 300 femmes auraient été enlevées.
Les Kurdes, aidés de leurs frères syriens auraient réussi à se frayer un chemin jusqu’aux monts Sinjar où des dizaines de milliers de Yazidis avaient fui l’avancée des Jihadistes, pour en évacuer 15000 à 20000 vers le Kurdistan syrien avant de les faire passer au Kurdistan irakien. Mais il en reste encore des milliers errant dans les montagnes sans eau et sans nourriture. 
C'est pour les aider que l’armée de l’air américaine a parachuté au-dessus des monts Sinjar de la nourriture et de l’eau :
https://www.youtube.com/watch?v=L8r7XlI-KCs&list=UUNE...

La localité kurde de Jalawla est tombée aux mains des Jihadistes de l'Etat Islamique
Jalawla fait partie des territoires du nord de l'Irak que les dirigeants du Kurdistan irakien souhaitent intégrer à leur région autonome. Mais les Peshmergas n’ont pu résister à l’offensive des Jihadistes de l’Etat Islamique. Ceux-ci viennent de s’emparer de cette localité. Cette vidéo montre le combat désespéré des Peshmergas contre les Jihadistes : 
https://www.youtube.com/watch?v=H6dgy8hjtn8&feature=p...


Front syrien

Alep
L’aviation de Bachar el-Assad a multiplié les raids sur divers fronts pour tenter de mettre un terme à la série de revers que les forces fidèles à Assad ont subi ces dernières semaines. Les bombardements ont été particulièrement intenses à Alep où 35 personnes ont perdu la vie.
https://www.youtube.com/watch?v=lpadvqACczs&feature=p...
Au total, ce sont 84 personnes qui ont été tuées dans l’ensemble du pays au cours de la journée du dimanche 10 août.

102.054 morts confirmés en Syrie
Le Centre de Documentation des Violations a confirmé le décès de 102.054 personnes en Syrie depuis l’éclatement de la révolte en mars 2011I.
73.561 d’entre elles sont des civils

L’Etat Islamique conforte ses positions à Raqqa :
Les Jihadistes de l'Etat Islamique ont saisi beaucoup de matériel appartenant à la division mécanique du Bataillon 93 qu’ils ont anéanti au nord de Raqqa :
https://www.youtube.com/watch?list=UUXlQjCFr2NXJK-wLqsTFU...

Aéroport de Damas
Les rebelles contrôlent de nouvelles positions autour de l’aéroport de Damas.

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espionsà

14:50 Publié dans Alep, Bachar el-Assad, Damas, Etat Islamique, Irak, Kurdistan, Mossoul, Nouri al-Maliki, Peshmerga, Raqqa, Syrie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

09/08/2014

9 août 2014 – Guerres du Moyen Orient

Irak

L’occident choisit enfin ses « amis »
Les combats ont brutalement changé de dimension avec l’intervention de l’armée de l’air américaine. L’Occident semble enfin avoir compris qu’il lui fallait choisir ses « amis » ou « ses ennemis les moins dangereux » pour mettre un coup d’arrêt à une dérive confessionnelle folle qui risque d’emporter l’ensemble du monde moyen oriental dans une spirale de violences dont on a peine à prévoir les conséquences.
Les « amis » auquel les Américains ont choisi d’apporter toute l’aide nécessaire sont les Kurdes. Les Kurdes sont, avec les Israéliens et les Jordaniens, les « amis sans faille » de Washington dans la région. Les « ennemis les moins dangereux » sont les chiites, ce qui implique l’Iran et sans doute le Hezbollah. Ce que je veux dire c'est que les Etats-Unis en intervenant pour éviter que Bagdad et sans doute le Liban ne tombent entre les mains des Jihadistes de l'Etat Islamique, vont se retrouver de facto partie prenante dans le conflit sunnite-chiite, un conflit millénaire ! Il n'est pas sûr qu'un pays occidental, avec ses impératifs économiques, ait la puissance, la patience et le courage de prendre part à un tel affrontement. 

Kurdistan
Destruction par l’US air Force d’un canon mobile de l’EI :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Syrie

Blackout sur les revers de l’armée nationale syrienne
Le régime de Bachar el-Assad maintient un blackout total sur les récents revers subis par son armée récemment. 
Au nord de Raqqa, les Jihadistes de l'Etat islamique ont pris le contrôle de la base du Régiment 93, après la capture de la base du Régiment 121, ne laissant au régime que la base aérienne de Taqba qui se trouve maintenant très menacée.
A Hama, plus au sud, les insurgés sont maintenant à quelques kilomètres de l'aéroport militaire de Hama où sont fabriqués les barils d’explosifs qui ravagent les zones rebelles depuis des mois.
A Damas, c’est le centre ville de Damas qui est à présent la cible des canons de la rébellion. Les insurgés se sont également approchés de l’aéroport de Damas au point de le menacer à son tour. Or cet aéroport est vital pour les forces d’Assad car c’est par lui qu’elles reçoivent les armes et les munitions en provenance d’Iran.
L’agence étatique d’information SANA parle seulement de combats dans la périphérie de Damas au cours desquels « un certain nombre de terroristes ont été éliminés ainsi que leurs outils criminels ».

Damas
Bombardement de Damas par des missiles Grad :
https://www.youtube.com/watch?v=N0i-hVeZv6s&feature=p...

Bataille de l’aéroport de Damas
Les rebelles livrent bataille à Ghazlania pour s’approcher de l’aéroport de Damas :
https://www.youtube.com/watch?list=UUnigacRk8PMRKK47soehL...

Frontière libano-syrienne
Les réfugiés syriens qui ont fui les combats d’Ersal, au nord est du Liban, ont été empêchés de rentrer en Syrie. Des réfugiés en grand nombre sont coincés dans le no man’s land entre les deux pays, ce qui risque de poser un énorme problème humanitaire :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&a...

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

 

23:43 Publié dans Bachar el-Assad, Bagdad, Damas, Etat Islamique, Etats-Unis, Hama, Hezbollah, Irak, Iran, Israel, Kurdistan, Raqqa, Syrie | Lien permanent | Commentaires (1) | | | | |

08/08/2014

Irak/Syrie : les théâtres des guerres du Proche Orient

Irak

L’Etat Islamique vient de commettre deux erreurs stratégiques
Les Jihadistes de Daesh (Etat Islamique) viennent de franchir deux lignes rouges pour les occidentaux :
- Ils menacent plusieurs minorités confessionnelles, les Chrétiens, les Yazidis et les Chabaks, ce qui est la pire des fautes pour l’Occident.
- Ils menacent les riches régions pétrolifères du Kurdistan dont les droits d’exploitation sont la propriété de la société américaine Exxon.

kurdish-region-iraq.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Kurdes ont-ils mis les Occidentaux, et notamment les Américains, devant leur responsabilité ?
Les conditions dans lesquelles est tombée la ville chrétienne de Qaraqosh, une localité de 50.000 habitants en majorité de confession chrétienne, sont assez curieuses.  Les Jihadistes sont arrivés dans la nuit du 6 au 7 août et ont pris possession de la ville après un brutal retrait des forces kurdes, entraînant avec eux la quasi-totalité de la population par crainte des Jihadistes.
Le même scénario s’est produit à Tal Kayf, une ville où vivent de nombreux chrétiens et des membres de la minorité chiite chabak. Là encore, les Jihadistes sont arrivés aux environs de minuit et n’ont rencontré aucune résistance.
Selon le patriarche chaldéen de Kirkouk et Souleimaniyeh, Louis Sako,  ce sont 100.000 chrétiens qui ont pris la fuite, n’apportant « rien d'autre que leurs vêtements sur eux ».  Il précise que les localités de « Tal Kayf, Bartella et Karamlesh » ont été « vidées de leurs habitants » sans que les forces kurdes n'opposent une quelconque résistance.

Un désastre humanitaire et culturel
« C'est un désastre humanitaire. Les églises sont occupées, leurs croix enlevées », et plus de 1 500 manuscrits ont été brûlés, a souligné Mgr Sako. « Nous lançons un appel avec beaucoup de douleur (...) au Conseil de sécurité de l'Onu, à l'Union européenne et aux organisations humanitaires pour qu'ils aident ces gens en danger de mort ». Et le patriarche a ajouté qu'il redoutait un « génocide ».

Pourquoi les Kurdes mettent-ils l’Occident au pied du mur ?
Les revers subis récemment par les forces kurdes sont d’autant plus surprenants que les Peshmergas sont considérés comme de loin les plus efficaces et les mieux organisés.
Le problème est que les forces kurdes se sont brutalement retrouvées étirées par le soudain écroulement de l’armée irakienne lors de la guerre éclair des Jihadistes en juin 2014. Les Kurdes avaient profité de la confusion pour élargir leur territoire de près de 40%.
Du coup, les Peshmergas se retrouvent avec une étendue bien plus importante à contrôler et ils se révèlent démunis en combattants, en moyens militaires et en finances pour faire face à leur nouveau défi.
Conséquence : les peshmergas ont subi plusieurs revers majeurs début août face aux insurgés, perdant coup sur coup plusieurs villes à la frontière syrienne, en particulier Zoumar et Sinjar, ainsi que deux petits champs pétrolifères.
Pour faire face au manque de combattants, les Peshmergas peuvent compter sur l’arrivée massive de militants kurdes d’autres régions. Les Peshmergas d'Irak, les combattants du PYD de Syrie et du PKK de Turquie ont uni leurs forces dans une rare alliance pour faire face aux jihadistes dans le Nord irakien. Les trois groupes avaient pourtant des  relations tendues mais ils ont mis leurs différends de côté dans une sorte d'union sacrée contre la menace jihadiste. C’est ainsi que les Kurdes venus de Syrie et de Turquie « sont chargés de combattre » les jihadistes « dans la région de Rabia et de Sinjar », à l'ouest de Mossoul, a déclaré hier Hallo Penjweny, haut responsable du parti de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK).
Pour les moyens militaires et financiers, la seule solution était de faire appel aux Etats-Unis, d’où, sans doute, ce retrait tactique des forces kurdes pour mettre les Occidentaux au pied du mur.

Il y avait urgence car les Jihadistes de l’Etat Islamique se sont beaucoup renforcés
Les Jihadistes disposent depuis leur offensive éclair de juin et la débandade de l’armée irakienne de chars, de humvees, de missiles et d’autres armements lourds pris à leurs adversaires. Ce matériel, souvent de fabrication américaine, a transformé les capacités militaires de l'EI.
Ce matériel est tombé entre les mains de combattants aguerris par des mois de guerre en Syrie. Ils ont acquis la réputation de combattants sanguinaires n’ayant pas peur de la mort, ce qui contribue à effrayer leurs ennemis.
Les chefs de l’Etat Islamique ont jusqu’ici poursuivi une stratégie infaillible : Ils ont privilégié les zones sunnites où ils savaient trouver des soutiens, des infrastructures stratégiques ou des endroits faiblement défendus, évitant ainsi des pertes minimes.
Leur avancée a été fulgurante, couvrant des distances énormes mais il faut savoir que la majorité des régions conquises sont désertiques, ce qui a facilité leur progression tant que la force aérienne n’était pas massivement utilisée contre eux.
La mise en scène de leur extrême brutalité démoralise leurs adversaires et leur permet de s'emparer de villes entières sans rencontrer de résistance. C’est la raison pour laquelle l’Etat Islamique diffuse en permanence des photos d'ennemis décapités.

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Le président Barak Obama donner l’ordre d’intervenir à son aviation
Le président Obama a bien entendu le message kurde. Et cette fois, il s’est empressé de réagir, autorisant des tirs ciblés de drones sur des cibles jihadistes. A peine avait-il pris et annoncé sa décision que deux chasseurs bombardiers américains F/A 18 ont largué des bombes de 250 kilos sur une pièce d'artillerie mobile de l'Etat Islamique qui bombardait des forces kurdes à Erbil, dans le Kurdistan irakien. La justification donnée par le porte-parole du Pentagone, l'amiral John Kirby, est que ces tirs menaçaient des personnels américains basés dans la ville.
De nouvelles frappes américaines avaient lieu vers 17 heure. Un drone éliminait des Jihadistes servant un mortier. Vers 18h20, quatre chasseurs larguaient un total de huit bombes qui ont neutralisé un convoi et un mortier près d'Erbil, la capitale du Kurdistan irakien.

Hollande menace aussi
La France est "prête à prendre toute sa part" dans l'aide aux populations civiles victimes des "exactions intolérables" de l'Etat islamique en Irak, a affirmé l'Elysée dans un communiqué vendredi 8 août 2014.
François Hollande "s’est félicité de la décision importante prise par le Président (Barack) Obama d'autoriser des frappes aériennes ciblées afin de contrer l'Etat islamique ainsi que de mettre en oeuvre un effort humanitaire" "impérieux et urgent". "La France va examiner avec les Etats-Unis et l'ensemble de ses partenaires les actions qui pourraient être menées afin d'apporter conjointement tout le soutien nécessaire pour mettre un terme aux souffrances des populations civiles. Elle est prête à y prendre toute sa part", ajoute le texte.

Syrie

Raqqa (Nord syrien)
Les jihadistes de l'Etat islamique (EI) se sont emparés dans la nuit du jeudi 7 au vendredi 8 août de la base de la Brigade 93, une importante base de l'armée syrienne dans la province septentrionale de Raqqa. 300 soldats d’Assad auraient été tués et plus de 100 capturés. Les Jihadistes de l’Etat Islamique ont mis en ligne, comme ils en ont l’habitude pour effrayer leurs adversaires, la décapitation de soldats morts.
La chute de la base a été soudaine. L’opération a débuté par un triple attentat suicide suivi par de violents combats.
Le régime de Damas ne tient plus désormais qu'une seule position dans la province de Raqqa, l'aéroport de Tabqa.
Cette vidéo tournée par l'Etat Islamique fait un tour de la base de la Brigade 93 qui montre la quantité de matériel sur lequel les Jihadistes ont encore mis la main :
https://www.youtube.com/watch?v=trp0HAX7E5c&list=UUni...

Alep
Une nouvelle vidéo mise en ligne le 5 août par la brigade Zanki concerne l’utilisation d’un missile antichar Tow pour détruire un char de l’armée d’Assad. La scène se déroule dans la cité industrielle au niveau de l’usine de carton :
https://www.youtube.com/watch?v=MPfc80JxAq0&list=UUtk...
Et une autre le 6 août :
https://www.youtube.com/watch?list=UUtkgK9TNy-izDXpixqz_8...

Damas
Le front est pratiquement stabilisé devant Damas comme le montre cette vidéo (côté rebelles) mise en ligne le 7 août 2014 :
https://www.youtube.com/watch?v=ZY3_EomsUGc&list=UUni...
La capitale syrienne est désormais la cible quotidienne d'obus et de roquettes tirés par les rebelles du Front Islamique (pro-saoudien). 21 personnes ont perdu la vie à Damas au cours de ces derniers jours. Les rebelles tirent des obus à partir de leurs fiefs de la Ghouta orientale et du quartier de Jobar situé à la périphérie de Damas où les combats de rue font penser à ceux qui se déroulaient à Stalingrad.
Abdel Rahmane al-Chami, un dirigeant de Jaish al-Islam (l’armée de l’Islam), l’une des plus importantes organisations rebelles du Front Islamique, explique que les tirs sont « une réponse à l'escalade des bombardements » du régime contre les zones tenues par la rébellion. Jaish al-Islam et Ajnad al-Cham (les soldats de Syrie), une autre formation rebelle, bombardent la capitale avec des obus de 107 et 120 mm le palais présidentiel dans le quartier Malki au cœur de Damas, les bâtiments de la sécurité et d'autres bâtiments militaires à Kfar Soussé et à Mazzé 86, à l'Ouest de la capitale.
Cette vidéo montre les rebelles de Ghouta orientale tirant au canon sur le centre de Damas :
https://www.youtube.com/watch?v=M9AA_-jm-Do&list=UUni...
De son côté, l’aviation militaire d’Assad vient régulièrement bombarder Douma, une ville au nord-est de la capitale et fief de Jaish al-Islam, ainsi que les localités de Kafar Batna, à l'est de Damas et Mleiha.
Cette vidéo mise en ligne le 6 août montre un bombardement de l’aviation syrienne sur le quartier rebelle de Jobar :
https://www.youtube.com/watch?v=xU26md8XWJE&feature=p...

Aéroport de Damas
Les insurgés du Front islamique (pro-saoudien) ont saisi un territoire à l'ouest de l'aéroport de Damas. Ils se sont emparés de positions proches des usines près de Ghazlania, une ville qu’ils cherchent à capturer et qui se trouve à proximité de Hatitat al-Turkman.
Leur objectif est d’encercler l'aéroport pour entraver l’arrivée d’armes et de munitions en provenance d’Iran. Ils veulent également couper les routes principales, ce qui limiterait les opérations de l'armée d'Assad entre la Ghouta occidentale et la Ghouta orientale.
Cette vidéo montre un blindé des rebelles en action dans les environs de l’aéroport :
https://www.youtube.com/watch?v=jDIYzKBR1tI&feature=p...

Côte méditerranéenne
Un front que l’on a tendance à oublier, celui de la côté méditerranéenne. Cette vidéo mise en ligne le 6 août montre un char de l’Armée Syrienne Libre en action dans le jebel al-Akrad (la montagne des Kurdes). Le char tire sur une position des soldats d’Assad :
https://www.youtube.com/watch?v=vnb3BOFQunI&list=UUni...

Deir ez-Zhor
La province de Deir ez-Zhor, à l’est de la Syrie, est pratiquement sous le contrôle des Jihadistes de l’Etat islamique. Ceux-ci se livrent depuis à des exécutions arbitraires en grand nombre. Cette vidéo montre l’arrestation de 20 hommes à un barrage de l’EI. Les malheureux seront amenés pour être exécutés :
https://www.youtube.com/watch?list=UUXlQjCFr2NXJK-wLqsTFU...

ISLAMIC-STATE-DEIR-EZ-ZOR-EXECUTIONS-e1407482368420.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Divers

Cette vidéo kurde tourne en dérision les Jihadistes de l’Etat Islamique et leur cruauté aux barrages routiers :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&a...

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)