10/08/2014

10 août 2014 - Gaza dans l’impasse

Les bombardements reprennent le matin du dimanche 10 août
Un grand nombre d’activités ont été annulées dans les localités situées jusqu’à plusieurs dizaines de kilomètres de la frontière avec Gaza. Cela concerne les cours dans les établissements scolaires et les camps d’été. La raison est le risque d’attaques à la roquette en provenance de la bande de Gaza.

Israël accuse le Hamas
Les tirs sont revendiqués par les brigades al-Quds (la branche militaire du Jihad islamique) et les brigades Nasser Salah ad-Din (l’unité de combat des Comités de Résistance Populaire) mais Israël continue d’accuser le Hamas.

60 cibles attaquées par Tsahal dans la journée du 9 août
Les Forces aériennes israéliennes ont attaqué plus de 60 cibles palestiniennes et certains groupes de militants dans la bande de Gaza, selon le service de presse de l'armée.
Les médias palestiniens ont confirmé qu’au moins neuf groupes d’éléments armés ont été mis hors de combat.
Tard dans la soirée du samedi 9 août, trois militants du Hamas ont été mis hors de combat par une frappe israélienne dans le sud de la bande de Gaza. Plus tôt un véhicule avait été détruit par un raid dans le secteur de Raffah. Deux combattants se trouvaient à bord. Les médias ont également rapporté qu'à la suite d’une frappe contre une mosquée à Nuseirat (centre de la bande de Gaza), l'un des commandants des brigades Ezzedine al-Qassam, Moise Zaid, serait décédé. Trois autres combattants palestiniens auraient été mis hors de combat au cours d’autres attaques israéliennes. 

1920 Palestiniens tués depuis le 8 juillet
Le ministère de la Santé de Gaza rapporte que depuis le début de l’opération israélienne « Bordure protectrice » contre la bande de Gaza, 1.920 personnes auraient été tuées.
 
Et on promet de poursuivre la lutte de part et d’autre
Les représentants de l'armée israélienne affirment que les attaques sur des cibles à Gaza continueront aussi longtemps que les tirs de roquettes sur le territoire israélien n’auront pas complètement cessé.
Quant aux responsables du Hamas et du "Jihad islamique", les pourparlers du Caire sont à leur avis dans l'impasse. Ils accusent le gouvernement israélien de refuser de faire des concessions. Le Hamas exige la reprise de la construction de l'aéroport et du port de Gaza. Il demande à ce que l’aéroport soit accessible aux vols internationaux (la Turquie et la Norvège ont promis d’aider à la mise en œuvre de ce projet). En outre, le Hamas cherche une aide financière, affirmant que les fonds seront utilisés pour la restauration de l'infrastructure civile de Gaza, qui a été détruite lors de l'opération "Bordure protectrice." Le Hamas exige aussi la libération de tous les militants de l'organisation et les Palestiniens arrêtés en Juillet en Judée et Samarie.

De nombreux pays prêts à aider Gaza dès la paix revenue
De nombreux pays ont déjà déclaré être prêts à allouer des fonds substantiels pour aider Gaza à se recontruire. La Turquie, en particulier, a annoncé qu'elle fournira des logements temporaires pour les sinistrés de la bande de Gaza. Il s’agit apparemment de maisons préfabriquées qui pourraient être livrées au point de contrôle de "Rafah", à partir du territoire égyptien.

Commentaires des médias arabes
Le journal saoudien "Al-Sharq al-Awsat" définit la situation à Gaza comme «une situation de ni paix ni guerre."
Selon la chaîne de télévision qatarie "Al Jazeera", les responsables palestiniens menacent de quitter le Caire, estimant que les négociations sur un cessez-le-feu avec Israël sont complètement dans l'impasse. Plus tôt, de retour de la capitale égyptienne, la délégation israélienne a déclaré qu'Israël ne négocierait pas sous les tirs de roquettes. Le Journal égyptien "Al-Ahram" cite, lui, la déclaration du représentant du Hamas, Fawzi Barhoum, selon laquelle son groupe ne reculera pas de ses demandes.
Pour le vice-président du Hamas, Moussa Abou Marzouk, les prochaines 24 heures vont déterminer le sort de l'armistice.
Selon des sources palestiniennes citées par le journal palestinien "Al-Quds" les autorités égyptiennes auraient proposé aux deux parties d’observer un cessez le feu "non déclaré", mais Israël n'a pas accepté cette offre. L'article note que le nombre de roquettes à partir de Gaza sur le sud d'Israël a considérablement baissé, et est le fait de groupes échappant au contrôle du Hamas. De son côté l'aviation israélienne a intensifié ses frappes contre des cibles situées dans la bande de Gaza.

Principaux évènements du 10 août
00: 00-06: 00. Quelques tirs signalés.
06h00. Deux roquettes ont explosé dans un terrain vague sur le territoire du Conseil de District d’Eshkol sans faire ni victimes ni dégâts.
07h00. Le KPP « Kerem Shalom » fermé à cause de tirs de roquettes.
09h00. Quatre missiles s’abattent sur le territoire du Conseil de District d’Eshkol sans faire ni victimes ni dégâts.
11h00. En réponse aux tirs de roquettes les Forces aériennes de Tsahal ont lancé une série de raids au centre et au sud de Gaza. Le Service de presse de l'Armée rapporte que les attaques ont pris pour cibles la région de Deir el-Ballah, ainsi celles de Rafah et Khan Younes. Les raids auraient fait des morts et des blessés selon les autorités palestiniennes, parmi lesquels un adolescent de 17 ans.
Depuis la reprise des combats à Gaza vendredi 8 août quinze Palestiniens ont été tués dans des bombardements de l'armée israélienne, selon Achraf al-Qodra, le porte-parole des secours locaux.
12h00. Une roquette explose près de la frontière de «Kerem Shalom" sans faire de victimes.
14h00. Deux roquettes explosent à proximité de Sderot. L’explosion de la roquette n’a pas fait de victimes mais a provoqué un incendie. 
Une roquette a explosé près d’une colonie de peuplement sur le territoire du Conseil de District d’Eshkol. Aucun blessé ou dégât n'a été signalé.
Deux missiles sont touchés par le système Iron Dome près de Sderot. Aucun blessé ou dégât n'a été signalé.
15h00. Les sirènes retentissent sans les secteurs d’Hof Ashkelon, Eshkol, ainsi que dans la ville d'Ashkelon pris pour cibles par quatre missiles au moins. Deux missiles ont été abattus par le système de défense antimissile "Iron Dome".
15h30. Les sirènes retentissent à Sdot Néguev et Netivot. Les médias israéliens ont rapporté que le système de défense antimissile "Iron Dome" a touché une roquette.
16h00. Deux roquettes ont explosé dimanche après-midi en rase campagne dans le domaine du conseil régional de Sdot Néguev.
16h00. Trois roquettes ont explosé sur le district municipal de "Hof Ashkelon."
17h00. On vient d’apprendre que les factions palestiniennes de la bande de Gaza ont accepté l'offre des médiateurs égyptiens pour un prochain cessez-le-feu de 72 heures. On attend la réponse des Israéliens. Si cette proposition est approuvée par Jérusalem, une trêve temporaire pourrait entrer en vigueur très rapidement.
18h00. Deux roquettes ont explosé dans le territoire du conseil local d’Eshkol. Les sirènes avaient prévenu l’arrivée de la première mais aucune alarme n’a précédé l’arrivée de la seconde. Il n’y a pas eu de victimes. 
18h00. Deux autres roquettes ont explosé en rase campagne dans la région de Sdot Néguev et  Shaar Hanegev.
19h00. Une roquette a explosé à proximité de Beersheba sans qu’aucune alarme ne l’ait signalée. Il semble qu’il y ait un problème avec le système d’alerte avancée et les spécialistes sont allés vérifier les raisons de l’absence d’alarme.
19h00. Les Palestiniens ont tiré deux roquettes sur la ville de Netivot, mais elles ont été interceptées par le système de défense antimissile "Iron Dome".
19h00. Israéliens et Palestiniens ont approuvé la proposition égyptienne pour un cessez-le-feu de 72 heures à partir de 21h00 GMT. Cela a été annoncé par un haut fonctionnaire de la délégation palestinienne au Caire dans une interview à l'agence de nouvelles turque Anatolie. Mais Khaled Mechaal, le chef du Hamas, prévient que toute trêve durable doit nécessairement déboucher sur une levée du blocus de Gaza :
Le cessez-le-feu de 72 heures, conclu dimanche avec Israël, "est l'un des moyens ou des tactiques destinés à faire réussir les négociations ou acheminer l'aide humanitaire", a affirmé M. Mechaal. "L'objectif auquel on tient est que les demandes palestiniennes soient satisfaites et que la bande de Gaza vive sans blocus", a-t-il ajouté.
20h00. Au cours de la dernière heure, quatre roquettes ont été tirées en direction de la région d'Eshkol sans faire ni victimes ni dégâts.
20h00. Deux roquettes ont explosé dimanche soir dans un terrain vague près de la mairie de Sdot Néguev.

Les paroles de De Gaulle sur le conflit israélo-palestinien. Très intéressant à réécouter :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&a...

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l’enfer des espions)

11:44 Publié dans Brigades Ezzedine al-Qassam, Egypte, Gaza, Hamas, Israel, Jihad islamique, Qatar, Turquie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

30/07/2014

Libye : Il faut maintenant parler de guerre civile

La guerre civile
On peut considérer aujourd’hui que la Libye est en proie à une violente guerre civile dont nul ne sait comment elle finira. Inutile de parler de « risques de guerre civile » ou d’utiliser des titres comme « la Libye au bord de la guerre civile », ou encore de chaos. La Libye n’est pas au bord de la guerre civile. Elle est en pleine guerre civile et le nombre des victimes va croître d’une manière exponentielle. Or, cette guerre civile nous intéresse au plus haut point car elle oppose des Musulmans libéraux - comme on les aime en Occident - à des Islamistes et des Jihadistes.

Nombreuses conséquences pour les pays voisins :
La guerre civile qui va ravager la Libye aura de nombreuses conséquences :

- Elle va signifier un très grave problème humanitaire pour l’Italie qui devra faire face à un accroissement considérable du nombre de « boat people » cherchant par tous les moyens à gagner l’Europe, même au péril de leur vie - C'est déjà le cas aujourd'hui, vous me direz. Il n’y a qu’à regarder les millions de réfugiés syriens qui s’entassent aujourd'hui dans des camps au Liban, en Turquie et en Jordanie pour deviner facilement ce qui attend l’Europe.

- Un problème sécuritaire extrêmement inquiétant pour les pays limitrophes de la Libye, en commençant par la Tunisie et l’Egypte. La Tunisie a d’ailleurs déjà déclaré qu’elle avait l’intention de fermer ses frontières aux réfugiés libyens. Cela a été annoncé par le ministre des Affaires étrangères, Mongi Hamdi, indiquant que 5000 à 6000 réfugiés libyens arrivaient chaque jour en Tunisie. Or,  l'économie tunisienne est précaire et le pays n'est pas en mesure de recevoir les milliers de réfugiés, a-t-il ajouté.
Mais fermer les frontières est plus facile à dire qu’à faire. Ces frontières sont poreuses, comme sont celles de l’Egypte et surtout de tous les pays du grand sud saharien déjà en proie à l’agitation jihadiste.  Déjà, la version jihadiste tunisienne, Ansar al-charia, a mis en ligne, aujourd’hui 30 juillet, un sérieux avertissement à l’armée tunisienne, la menaçant des pires conséquences si elle poursuivait ses actions sécuritaires contre les Jihadistes d’AQMI.

- Les gouvernements occidentaux semblent amnésiques et ne se souviennent plus du tout qu’ils ont contribué à la création d’un vide de l’autorité en se bornant à aider les rebelles à abattre le régime de Mouammar Kadhafi sans se soucier de ce qu’il adviendrait par la suite dans le pays et sans aider les nouvelles autorités libyennes  à reconstituer un Etat et des forces de sécurité. La seule décision prise à ce jour est celle d’évacuer les ressortissants nationaux comme si cela  suffisait.

Les jihadistes d'Ansar al-Charia ont mis en ligne quelques uns des équipements militaires capturés lors de la prise de la caserne des forces spéciales :

Benghazi - 01.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


On avait cru que le général Haftar bénéficiait de l’aide américaine
Notre curiosité avait été excitée par la personnalité du général Khalifa Haftar lorsque celui-ci avait déclaré vouloir débarrasser Benghazi des milices islamistes, dont l’une, Ansar al-Charia, avait été inscrite par Washington sur la liste des organisations terroristes. Les autorités américaines l’accusaient d’avoir joué un rôle dans l’assassinat de l’ambassadeur américain, le 11 septembre 2012. On pensait que la CIA était derrière le coup de force du général. Mais depuis le mois de mai, rien ne s’est passé. AFRICOM, l’agence américaine de lutte contre le terrorisme en Afrique et au Moyen Orient, ne semble pas avoir fait le moindre mouvement pour aider et équiper les hommes du général et leur permettre de chasser les Jihadistes de Benghazi. L’administration américaine n’était finalement intéressée qu’à capturer celui qu’elle considérait comme responsable de l’assassinat de son ambassadeur – une opération menée d’ailleurs avec la collaboration des hommes de Haftar – mais rien d’autre. Aujourd’hui, les rebelles islamistes ont conquis le quartier général des forces spéciales de l'armée libyenne, qui s’étaient ralliées au général Haftar. C’était la principale place-forte des partisans de Haftar à Benghazi.
Les forces spéciales commandées par le colonel Wanis Abou Khamada ont du abandonneur leur caserne située dans le quartier de Bouatni et se sont retirées hors de la ville, laissant 85 soldats morts derrière eux. C’est la pire défaite de l’armée face aux milices islamistes qu’elle prétendait combattre.
Il s’agit d’un coup dur pour le général Khalifa Haftar car les Forces spéciales s’étaient déclarées favorables au coup de force qu’il avait lancé à partir du 16 mai contre les Islamistes, même si elles n’étaient pas allées jusqu’à se placer sous ses ordres.

Le «Conseil de la Choura » seul maître de Benghazi
Le « conseil de la Choura des révolutionnaires de Benghazi », une alliance de groupes islamistes et jihadistes, contrôle désormais la base militaire et est seul maître de la seconde ville du pays.

L’exemple libyen inspire déjà d’autres Jihadistes
L’organisation jihadiste tunisienne Ansar al-Charia a cru bon profiter du succès des jihadistes libyens contre l'armée pour élever à son tour le ton et sommer les forces de sécurité et l’armée tunisiennes «de choisir entre la réconciliation ou la guerre».
Ansar al-Charia appelle les forces de sécurité et l’armée à «libérer leur esprit de la peur, à prendre le parti de la vérité, à revenir à leur religion et à leur nation, avant qu’il ne soit trop tard». Les Jihadistes déclarent qu'ils assimileront tous les membres des forces de sécurité qui ne leur obéiraient pas comme des infidèles et des mécréants.
«Les événements survenus sur la terre de Kairouan (comme les Jihadistes appellent la Tunisie) depuis le mois de mai (2014), œuvre de frères moujahidines basés dans les montagnes, est la meilleur preuve que vous ne comprenez que la logique de la force et n’écoutez que  le bruit des balles», lit-on dans le communiqué, par allusion aux attaques des forces de sécurité et de l’armée contre les Jihadistes du mont Chambi, à cheval sur la frontière entre l'Algérie et la Tunisie.

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

19:07 Publié dans Africom, Algérie, Ansar ach-Charia, AQMI, Benghazi, Egypte, Etats-Unis, Haftar Khalifa, Libye, Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

28/07/2014

21e jour de guerre à Gaza – 28 juillet 2014

Décompte des victimes – côté israélien
43 soldats et trois civils ont été tués à ce jour depuis le début du conflit entre Israël et Gaza.
122 blessés israéliens ont été reçus par l'hôpital militaire israélien. L’un d’eux est dans un état critique. Un  autre est dans un état grave. 38 soldats ont été hospitalisés à l'hôpital, "quarante", 34 à l’hôpital "Barzilai" et 30 à "Shibe."

Et du côté palestinien
Le bilan des victimes s’élève ce dimanche à plus de 1067 tués et plus de 6.000 blessés.
Parmi les tués, 3 sont des journalistes, selon le ministère palestinien de l’information.
 
Obama fait le forcing sur Netanyahu
Le président Barack Obama a passé la soirée du Juillet 27 au téléphone avec le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu. Il a exhorté le dirigeant israélien à accepter un cessez-le feu humanitaire immédiat. Ce cessez-le-feu devrait être la base pour une trêve de longue durée en échange d’un désarmement du Hamas et du Jihad islamique. Reste à préciser ce qui convaincrait les Palestiniens à accepter d’être désarmés ? Qui de la communauté internationale entreprendrait une telle opération ? Le Hezbollah libanais devait, lui-aussi, être désarmé à l’issue de la guerre entre Israël et la milice chiite de 2006. On a vu ce qu’il était advenu de cette résolution.

Le secrétaire d’Etat américain n’a rien obtenu
Le Secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a quitté la région Moyen-Orientale, sans obtenir accord des parties sur une cessation des hostilités. Selon les médias israéliens, son échec tient au fait qu’il a soutenu les demandes du Hamas de modification du plan égyptien de cessez-le-feu. Il a enfin été critiqué pour ne pas avoir invité l’Egypte et Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité Palestinienne, à la conférence de Paris alors que le Qatar et la Turquie prenaient part aux négociations de paix.  
Il est certain que l’Egypte, qui n’est pas l’amie des Frères musulmans – peu s’en faut - et par voie de conséquence du Hamas, avait peu de chance de jouer un rôle de médiateur entre Israël et l’organisation gazaouie, alors que le Qatar et la Turquie, proches des Ikhwan, avaient plus de chance de pouvoir jouer ce rôle. L’Egypte, tout comme l’Arabie saoudite, n’ont eu de cesse, depuis le début des affrontements, de dénoncer la responsabilité du Hamas dans le déclenchement des hostilités. Mais ne pas avoir obtenu la participation de Mahmoud Abbas ou d'un représentant de l'Autorité Palestinienne à la réunion de Paris était une erreur de la diplomatie occidentale. Cette absence pousse Mahmoud Abbas et l'OLP dans le giron de l'Egypte. Elle va contribuer à envenimer les relations entre la centrale palestinienne et le Hamas et éliminer une possibilité de médiation.

Ahmet Davutoglu, le ministre turc des AE, plutôt optimiste
Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a déclaré que le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a réussi à obtenir d’Israël et du Hamas qu’ils mettent fin aux hostilités dans la journée du lundi. Davutoglu a déclaré qu’un accord de cessez-le-feu temporaire devrait entrer en vigueur le lundi 28 Juillet, à 14h00.
 
Les Israéliens favorables à la poursuite de la guerre
Environ 87% des Israéliens soutiennent les opérations militaires à Gaza et 69% estiment que le Hamas doit quitter le pouvoir dans la bande de Gaza.

Le chef d’état-major israélien en faveur d’un cessez-le-feu
Le chef d'état-major de Tsahal, Benny Gantz, est plutôt favorable à la trêve. Selon lui, les opérations de destruction des tunnels sont beaucoup plus faciles quand les soldats ne sont pas sous le feu de l’adversaire. Le cessez-le-feu permet également d’enlever les corps en décomposition des Palestiniens qui jonchent le champ de bataille.
Par contre, les chefs des conseils des localités situées à la frontière de Gaza sont opposés à la trêve et demandent à l’armée de poursuivre le travail.

Une manifestation de Chrétiens de Haïfa pour soutenir l’opération militaire à Gaza
A noter la manifestation d’Arabes chrétiens qui a eu lieu dimanche 27 juillet à Haïfa pour soutenir les opérations militaires à Gaza. Selon les organisateurs, l'armée israélienne est dans son droit lorsqu’elle combat une des organisations islamistes radicales.
 
Israël a bombardé 40 cibles à Gaza  et les Palestiniens ont tiré 50 roquettes sur Israël dimanche
Les Palestiniens n’ayant pas cessé leurs tirs de roquettes alors qu’une trêve avait été acceptée par les partis, Israël a finalement repris son offensive militaire à partir de 11h le dimanche. L’armée israélienne a frappé 40 cibles dans la journée du dimanche 27 juillet, tandis que les palestiniens tiraient sur l'Etat juif plus de 50 roquettes et obus de mortier.

Résumé de la journée du 28 juillet
07h15. Les sirènes d’alarme ont retenti à Ashkelon et ses environs avant l’arrivée d’une roquette qui sans faire de victimes ou de dégâts.
09h00. L’artillerie israélienne a ouvert le feu en direction de Beit Lahia (Nord de Gaza) en réponse au lancement d’un missile vers Ashkelon.
11h30. Un échange de tirs entre soldats de Tsahal et des militants palestiniens a blessé un soldat israélien.
Les soldats israéliens répliquent après que des militants aient ouvert le feu :
https://www.youtube.com/watch?v=n_xQiuEoX8M&feature=p...
12.00. Quatre roquettes tirées en direction du Conseil régional de Hof Ashkelon ont explosé à l’intérieur de la bande de Gaza.
13h30. Une roquette a explosé dans le district de Sdot Néguev sans faire ni victimes ni dégâts.
13h30. L'alarme a retenti à nouveau à Shaar Hanegev.
15h50. Alors qu'Israël a observé le cessez-le feu à Gaza, se bornant à répondre à des tirs de mortiers, le Hamas a tiré 11 roquettes en direction d’Israël selon un décompte effectué en milieu d’après midi. Ont été ciblées les localités de Kiryat Malachi, Netivot, le district d'Eshkol et d'Ashkelon.
Les maires des localités du sud d'Israël contre l'arrêt des combats
Les maires et les présidents des conseils municipaux des villes et villages du sud les plus lourdement frappés par les roquettes du Hamas ont formé un front de protestation contre l'arrêt des opérations de Tsahal. Pour eux, « seulement la moitié du travail a été fait». « Même après la destruction de tunnels terroristes, les roquettes continuent de voler! ».
Israël rejette l'appel du Conseil des Nations Unies pour Sec-feu à Gaza
Israël a rejeté l'appel du Conseil de sécurité de l'ONU pour un cessez le feu immédiat et humanitaire à Gaza. Dans sa réponse au secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, Benyamin Netanyahu a déclaré que le texte ne concernait que les besoins d’ «une organisation terroriste meurtrière qui attaque les civils israéliens." Il ne tient pas compte des torts infligés aux citoyens israéliens et de l'utilisation abusive du Hamas des installations de l'ONU pour lancer des attaques sur les citoyens israéliens.
Un missile israélien explose dans l’enceinte de l’hôpital de Chifa à Gaza
17h40.
Un missile israélien explose à l’intérieur de l'enceinte de l'hôpital Chifa dans la ville de Gaza sans faire de victimes. L’hôpital de Chifa est le plus grand de l'enclave palestinienne et avait été jusqu'à présent épargné.La frappe aérienne israélienne a visé un bâtiment proche de l'entrée de l'établissement, à l'intérieur de l'enceinte.
La situation se dégrade brutalement à partir de 18h00
Sept enfants palestiniens ont été tués par une frappe israélienne sur le camp de réfugiés deChatti, en bordure de mer. Les Israéliens ont accusé le Hamas d’être responsable sur l’hôpital de Chifa et sur le camp de Chatti en expliquant qu’ils avaient tiré des roquettes qui avaient raté leurs cibles. Le Hamas dément ces accusations.
Et quatre soldats Israéliens ont été tués par la chute d’un obus de mortier sur le kibboutz Be’eri situé dans la région d'Eshkol tout près de la frontière. Huit autres personnes ont été blessées par l’obus.
Entre 18h00 et 19h00 au moins 10 missiles ont été tirés sur Israël. L'un d'eux a explosé près d'un jardin d'enfants à Sdérot, causant des dommages importants à l'immeuble.
19h15, les autorités israéliennes ont demandé à la population civile de quitter immédiatement les zones proches de la ville de Gaza.
Autour de 19h15 les sirènes ont retenti à Hadera, Césarée, la banlieue de Haïfa. L'armée a indiqué que deux missiles ont été lancés du côté de Carmiel. L'un d'eux est tombé dans  campagne près de Zichron Yaakov. Le point de chute d’un second missile n’a pas été spécifié.
20h00. Un groupe de combattants palestiniens est entré en Israël en utilisant un tunnel pour attaquer un établissement de Shaar Hanegev. Le canal 10  d’ITV a précisé qu’il s’agissait d’une tentative d’infiltration palestinienne  dans le kibboutz Nahal Oz. Les Palestiniens ont été repérés par une patrouille militaire israélienne. Les soldats de Tsahal se sont affrontés avec les Palestiniens. Quatre membres du Hama ont été tués. Mais une jeep de l’armée dépêchée sur place a été frappée de plein fouet par un missile anti-char tiré par le commando palestinien infiltré en territoire israélien, tuant net cinq autres soldats israéliens. La région a été mise au plus niveau d’alerte.
On annonce qu’un autre soldat a été tué lors de combats à Gaza. Au total, ce sont dix soldats qui ont été tués en fin d'après midi.
21h00. Les sirènes d’alarme ont retenti cette fois dans les colonies de Haute Galilée. L’armée a précisé que l’alerte a été lancée car deux missiles venaient d’être tirés à partir du Liban. Mais on apprenait peu après que les deux missiles avaient explosé à l’intérieur du territoire libanais.

Vidéos - Côté israélien
Les habitants du kibboutz Nir-Am parlent de leur peur :
https://www.youtube.com/watch?v=wMzMkSpXAcw&feature=p...
Le corps des blindés détruit un tunnel du Hamas :
https://www.youtube.com/watch?v=EOA2lV2pVdg&feature=p...
Les paras entrent dans un tunnel qui servait de cache d'armes :
https://www.youtube.com/watch?v=_NBEixuQbYQ&feature=p...
Le général Benny Gantz se rend sur le terrain à Gaza :
https://www.youtube.com/watch?list=UUawNWlihdgaycQpO3zi-j...

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

08:21 Publié dans Arabie saoudite, Egypte, Etats-Unis, Gaza, Hamas, Israel, John Kerry, Turquie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |