28/06/2015

28 juin 2015 : Blog de Jean René Belliard sur le Moyen Orient

L'Etat islamique est en train de se répandre dans le monde musulman à grande vitesse. On ne compte plus les groupes islamistes qui font allégeance à l'Etat Islamique. Cela fait peur et bouleverse les lignes de fracture géopolitiques. Chacun cherche à contrer l'influence grandissante de cette organisation qui choque par ses méthodes brutales. De nouvelles alliances se créent pour affronter les Jihadistes de l'apocalypse. L'affrontement entre deux conceptions de la vie sur terre prend de plus en plus l'aspect d'une guerre mondiale tant sont nombreux les pays affectés par ce qu'il faudra finir par appeler un soulèvement jihadiste contre le reste du monde.

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29/12/2014

29 décembre 2014 – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

Les Jihadistes de l’Etat Islamique affirment avoir abattu un nouvel avion de la coalition internationale et capturé le pilote. De même, ils affirment avoir détruit deux hélicoptères américains sur la base d’al-Assad et tué sept militaires U.S. au cours de cette opération. Une information ni confirmée ni démentie par des sources neutres ou par le CENTCOM. A prendre avec beaucoup de précaution. Normalement, l’EI a à cœur de prouver ses affirmations, ce qui n’est pas encore le cas.

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26/09/2014

Crise au Liban : Une impression de « déjà vu »

Plus d’un million de réfugiés syriens au Liban
La présence de plus d’un million de réfugiés syriens au Liban est une véritable bombe entre les mains des organisations jihadistes comme le Front al-Nosra (al-Qaïda au Levant) ou encore l’Etat Islamique qui cherche à établir son « califat  islamique » sur l’ensemble de la région.
Les Libanais se souviennent trop des années de terreur et de guerre entre les organisations armées des réfugiés palestiniens établis au Liban et une partie de la population libanaise pour ne pas regarder avec méfiance ces centaines de milliers de Syriens dans leur pays. On peut voir ces réfugiés syriens dans toutes les régions du Liban. La Békaa et le Liban-Nord en accueillent le plus grand nombre. Mais ils sont également largement présents à Beyrouth et Saïda, ce qui pose des problèmes multiples. Les ouvriers syriens, par exemple, concurrencent les Libanais. On assiste également à une vague de prostitution et les rues de Beyrouth sont pleines de ces enfants syriens qui mendient pour survivre.

Problème sécuritaire
Le premier à tirer la sonnette d’alarme a été le général Jean Kahwagi, commandant en chef de l’armée libanaise. Cela fait des mois qu’il demande d’imposer un contrôle plus strict dans les camps des réfugiés syriens, « afin que ces derniers ne se transforment pas en îlots terroristes ».
Ce n'est certes pas par hasard que le général Kahwagi a mentionné les camps.
La ville d’Ersal, proche de la frontière syrienne, devait confirmer les craintes du général libanais. La ville regroupe 47 000 réfugiés syriens officiellement enregistrés pour une population autochtone de 35000. Mais le nombre de Syriens dans la région pourrait être bien plus élevé et atteindre 120 000.
« Si l'on considère que la population des réfugiés compte quelque 25 pour cent de jeunes, on peut estimer qu'il pourrait y avoir un potentiel de 30 000 combattants », témoigne Abed, un habitant d’Ersal cité par l’Orient-le-Jour du 4 août 2014. Et de fait, de nombreux éléments armés issus des camps de réfugiés syriens ont pris part à l’agression contre l’armée libanaise du 2 août 2014 dans la région d’Ersal. La bataille devait durer jusqu’au 7 août sans que l’armée ait réussi à déloger les rebelles de la région du jurd d’Ersal.
Depuis l’armée libanaise tente par tous les moyens de reprendre le contrôle de la région montagneuse du jurd d’Ersal qui sert de base à d’innombrables rebelles syriens parmi lesquels un grand nombre de Jihadistes.
L’armée multiplie les opérations « coup de poing » et les rafles, comme celle qui a eu lieu le mercredi 25 septembre 2014 dans les camps de réfugiés syriens d’Ersal. 448 personnes ont été arrêtées, soupçonnées d’appartenir à des groupes terroristes ou de collaborer avec eux. Parmi les personnes détenues se trouve un responsable d'al-Nosra et un officier déserteur de l'armée syrienne, qui s'est avéré être un expert de la guerre électronique.

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L’opération de l’armée a aussitôt déclenché une vague de protestation dans les camps de réfugiés syriens et parmi les milieux sunnites les plus sensibles à l’idéologie islamiste. A Ersal même, plusieurs dizaines de réfugiés syriens ont manifesté leur colère dans le centre de la ville, devant l’hôtel de ville, brandissant les drapeaux noirs de l’Etat Islamique et hurlant des slogans en sa faveur.
Des opérations similaires ont été menées par l'armée libanaise dans d’autres régions du Liban. C’est ainsi que les services de renseignement de l'armée ont arrêté, suite à une perquisition effectuée dans des campements de réfugiés syriens dans le Koura, notamment à Amioun, Kfarhazir et Dar Chemessine, plusieurs ressortissants syriens.

Présence croissante du Front al-Nosra et de l’Etat Islamique au Liban
Cette agitation et ces vagues de protestation nous permettent de constater une présence et une influence croissante du Front al-Nosra et de l’Etat Islamique dans le pays. Et on ne sait plus où sont les limites entre une véritable solidarité envers les réfugiés syriens de la part d'une frange de la population sunnite du pays et, ce qui serait plus grave, une véritable adhésion aux objectifs des organisations extrémistes.
Ce vendredi 26 septembre, par exemple, les Ulémas Sunnites de Tripoli ont appelé a une « Journée de solidarité avec les réfugiés syriens » et de protestation contre ce qu’ils appellent une « punition collective injustifiée ». Les Ulémas se sont livrés, à ce propos, à un jeu de mots d’un goût douteux. Le thème de la manifestation  était « refus de la décapitation d’Ersal ». On ne sait pas si les familles des 27 militaires enlevés par le Front al-Nosra et qui risquent à tout moment d’être décapités après que trois d’entre eux aient été sauvagement assassinés (deux par décapitation), vont apprécier. Les familles de ces militaires détenus par les Jihadistes multiplient d’ailleurs les actions de blocage d’axes routiers pour obtenir la libération de leurs proches.
Dans la soirée du jeudi 25 septembre 2014, un appel a été lancé par les « jeunes musulmans de Tripoli », faisant écho à l'appel des ulémas. Les jeunes exhortent tout sunnite à se « rebeller après la prêche du vendredi contre l'injustice et à soutenir nos frères à Ersal ainsi que les réfugiés syriens ».
L'appel à manifester ne concerne pas seulement Tripoli. C’est l’ensemble des Sunnites du Liban qui sont appelés à exprimer leur solidarité avec les réfugiés syriens.
Tous ces appels et ces déclarations font que la tension est extrême dans la grande ville du nord du Liban et les forces de sécurité sont sur le pied de guerre pour faire face à toute vague de violence.  Une mission d’autant plus difficile et périlleuse que l’armée est depuis quelques temps, la cible d’attaques. Jeudi 25 septembre, deux soldats libanais ont encore été tués dans la région du Akkar, au nord Liban. 
Et comme vendredi dernier, des rassemblements devant les mosquées pourraient crier des slogans en faveur de l'État islamique. Pour les ulémas ces manifestations sont normales et justifiées car c’est « l'injustice croissante qui pousse certains à se réfugier chez celui qui peut les protéger (l’Etat islamique) ».

Le Front al-Nosra et l’Etat Islamique discréditent l’armée libanaise
Et comme les organisations palestiniennes d’obédience marxiste l’avaient fait en 1973, le Front al-Nosra et l’Etat Islamique font tout pour discréditer l’armée qui tente de maintenir l’ordre : « Votre armée est en train de dessiner les contours de votre avenir par son comportement », devait tweeter, le mercredi 25 septembre 2014, le Front al-Nosra. Et les Jihadistes d’al-Qaïda poursuivaient en menaçant les Libanais en ces termes : « Êtes-vous prêts à payer le prix de la confiance que vous avez placée en elle (l’armée) ? »

Une armée libanaise qui peine à remplir sa mission
Le Liban ne peut mener que des actions « défensives » contre les Jihadistes  plutôt qu’offensives en raison de son manque de capacités militaires, a déclaré le premier ministre Tammam Salam au journal an-Nahar, vendredi 26 septembre.

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

 

10:39 Publié dans al-Qaïda, Beyrouth, Ersal, Etat Islamique, Front al-Nosra | Lien permanent | Commentaires (1) | | | | |