26/01/2015

24 et 25 janvier 2015 – Observatoire du monde arabe

On en sait un peu plus sur la lutte pour le pouvoir qui vient de trouver son épilogue au sommet de la monarchie saoudienne. Le clan Soudeïri auquel appartient le nouveau roi Salman vient de prendre les rênes de l'Etat au détriment du clan Shemari auquel appartenait feu le roi Abdallah.

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06/01/2015

5 et 6 janvier 2015 - Nouvelles des guerres du Moyen Orient

Le quotidien al Akhbar a révélé, lundi 5 janvier 2015, que l'Iran et la Turquie étaient parvenus à un accord au sujet de la Syrie car l'Iran a renoncé à son insistance à vouloir maintenir Assad. Mais le nouveau président de la Coalition Nationale Syrienne est hostile à un dialogue avec Damas.

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30/12/2014

30 décembre 2014 – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

Bahreïn

L'arrestation, dimanche 28 décembre, de cheikh Ali Salmane, secrétaire général du mouvement Wefaq, a relancé l’agitation dans ce petit émirat en proie à une agitation de la population chiite depuis 2011.
Pour le Wefaq, le principal parti de l’opposition chiite, cette arrestation constitue une « escalade » qui menace la « stabilité sociale » et la « paix civile ». Quatre autres groupes de l’opposition chiite se sont joints au Wefaq pour exiger la libération immédiate d’Ali Salmane.
Des incidents ont eu lieu lundi soir, 29 décembre 2014, dans les banlieues à majorité chiite de Manama, ainsi que près de la résidence de cheikh Salmane.
Dans la matinée, des dizaines de dignitaires religieux chiites avaient protesté dans une mosquée en brandissant des portraits du chef de l'opposition.
Cheikh Ali Salmane est interrogé pour avoir « enfreint la loi, y compris en incitant à la haine et à la violence », a expliqué Isa Abdulrahman al-Hammadi, le ministre de l’information bahreïni, dans une déclaration à l’AFP depuis Dubaï. Et de menacer les manifestants chiites : « Toute escalade de la violence sera traitée par les autorités conformément à la loi », a ajouté le ministre de l'Information. Ali Salmane n'a « pas encore été inculpé », a précisé le ministre, ajoutant que le leader de l'opposition était aussi interrogé pour avoir plaidé en faveur d'un « changement politique en utilisant des moyens illégaux ».
Les Etats-Unis sont assez embarrassés par la situation à Bahreïn car l’émirat est un allié de Washington. Il abrite le siège de la Ve flotte américaine. Mais Bahreïn, qui compte 1,3 million d'habitants, est secoué depuis février 2011 par un mouvement de contestation de la majorité chiite qui réclame une monarchie constitutionnelle alors que le pays est dirigé d’une main de fer par une dynastie sunnite, celle des al-Khalifa. Les manifestations ont jusqu’à maintenant été violemment réprimées. Un dialogue national, entamé en juillet 2011 et auquel a participé le Wefaq, n'a abouti à aucun résultat. Des élections législatives, organisées en novembre, ont été boycottées par l'opposition.

Front irakien

Dhoulouiya
L’armée irakienne, aidée par des membres de tribus sunnites armés, ont finalement repris, mardi 30 décembre 2014, la ville de Doulouïya, au nord de Bagdad,. Cette localité était contrôlée en grande partie par l’Etat islamique.
Les Jihadistes ont confirmé s’être retirés de Dhoulouiya.

La bataille de Sinjar
L’Etat Islamique prétend que Sinjar n’est pas tombé aux mains des Peshmergas comme ceux-ci l’affirment. Il a mis en ligne une vidéo pour prouver ses affirmations. La vidéo est sous-titrée en anglais ce qui permet à ceux qui ne comprennent pas l’arabe de suivre les explications des Jihadistes. Attention : Il y a une scène insoutenable heureusement coupée au dernier moment. J’ai décidé de mettre quand même cette vidéo sur le blog car elle donne un éclairage très intéressant sur les zones contrôlées par l’EI
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=3a4f55732ea4

Front libanais

L’Etat Islamique menace
Les soldats et policiers libanais pris en otage n’auront la vie sauve que « si Beyrouth libère toutes les musulmanes détenues en rapport au conflit en Syrie », dont la supposée ex-épouse d’Abou Bakr al-Baghdadi, le calife autoproclamé du califat islamique. C’est ce qu’a révélé, mardi 30 décembre, le cheikh Wissam al-Masri, un cheikh islamiste qui négocie la libération  de 21 soldats et policiers libanais enlevés par les Jihadistes début août, au cours d’un violent affrontement avec l’armée libanaise à Ersal (Bekaa). Quatre des otages ont déjà été exécutés par leurs ravisseurs.
Saja al-Doulaimi est  l’une des femmes dont l’Etat Islamique demande la libération. Al-Masri affirme qu’elle est une ex-femme d’Abou Bakr al-Baghdadi, une affirmation réfutée par d’autres sources.  Une autre femme, Ola Tcherkas, est l'épouse d'Abou Ali al-Chichani, un commandant du Front al-Nosra qui a rejoint l'EI. L'arrestation des deux femmes par la sécurité libanaise avait été annoncée début décembre 2014.
L’Etat Islamique exige également l'instauration d'un no man's land en territoire libanais à la frontière avec la Syrie, une exigence à laquelle on voit mal comment l’Etat libanais pourrait y répondre.
Le problème est que les otages ne sont pas détenus par l’Etat Islamique mais par les Jihadistes du Front al-Nosra fidèles à Abou Malek Tallé qui n’est pas en odeur de sainteté auprès de l’Etat Islamique. Si l’on en croit Wissam al-Masri, l’Etat Islamique ne demande que la libération des femmes des Jihadistes et l’instauration d’un no man’s land. Or le Front al Nosra exige, lui, la libération de tous les Islamistes détenus dans la prison libanaise de Roumieh.
Wissam al-Masri ne semble pas faire grand cas de ces points de détail, si on peut dire, comme s’il savait que l’Etat Islamique tenait le Front al-Nosra pour quantité négligeable. Il affirme que les Jihadistes de l’Etat Islamique sont très en colère. Ils lui affirmé que bataille n’était pas contre l’armée libanaise ni contre le gouvernement libanais mais contre le Hezbollah lequel, selon leurs dires, « s’ingère dans leurs affaires et tue leurs enfants ! »
Vidéo (langue arabe) de la conférence de presse de cheikh Wissam al-Mari :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Front libyen

Tobrouk
Une voiture suicide a explosé, mardi 30 décembre, devant l'hôtel qui héberge le Parlement libyen reconnu par la communauté internationale à Tobrouk, dans l'est du pays, blessant trois députés.
L'engin a explosé dans le parking de l'hôtel alors que les députés étaient en session dans une salle située non loin du lieu de l’explosion.
L’accès à l’hôtel est pourtant protégé par deux points de contrôle, mais cela n’a pas permis d’intercepter le véhicule.
Rappelons que la Libye est divisée entre forces fidèles au premier ministre, Abdallah Thinni, reconnu par la communauté internationale, et les Islamistes de Fajr Libya (Aube de la Libye). Chacun des deux camps a son propre parlement. Les députés qui ont choisi de soutenir Abdallah Thinni ont été obligés de fuir Tripoli, aux mains des Islamistes, pour s’installer à Tobrouk.

Front Syrien

Nouvelles du pilote jordanien capturé par l’EI
L’Etat Islamique a publié une interview du pilote jordanien capturé la semaine dernière, dans son magazine en anglais, Dabiq, paru lundi 29 décembre.
Le pilote, âgé de 26 ans, a été capturé par Daesh le 24 décembre après le crash de son F-16 au dessus de la Syrie alors qu’il menait un raid sur des positions du groupe dans le cadre de la coalition internationale anti-Daech.
Dans cet "entretien" accompagné de photos, Maaz al-Kassasbeh reprend la version de Daech en disant que son avion a été abattu par un missile muni d'un détecteur infrarouge. Une hypothèse rejetée par la Jordanie et les Etats-Unis.
Le jeune homme a également expliqué comment les différents pays de la coalition coordonnent leurs raids en Syrie. Il a affirmé que son rôle était de détruire des armes anti-aériennes et de couvrir des frappes.
Le pilote avoue ne se faire aucune illusion sur son sort et s’attend à être tué par ses geôliers.

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Maaz al-Kassasbeh

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Turquie cherche à garder un rôle en Syrie
Les manœuvres de la diplomatie russe pour parvenir à trouver une solution au conflit syrien inquiètent le gouvernement turc au plus haut point. Ankara craint de se retrouver isolé dans le cas où un processus de paix se mettait en place en Syrie entre le pouvoir et des représentants de l’opposition.
C’est la raison pour laquelle Mevlut Çavusoglu, le chef de la diplomatie turque, a fait, lundi 29 décembre, une curieuse déclaration par laquelle il affirmait que la Russie et l’Iran ne pouvaient être exclus d’un processus de règlement politique de la crise en Syrie.
"La crise syrienne ne peut être désamorcée que par des moyens politiques. Nul ne peut être exclu de son règlement ni à l'intérieur de la Syrie  ni en dehors de ce pays, ce qui se rapporte notamment à la Russie et à l'Iran. Il est vrai que nous avons avec eux des vues différentes sur le régime d'Assad, mais si nous voulons que la Syrie soit un pays prospère, nos négociations sur cela avec la Russie sont naturelles et seront poursuivies", a déclaré le ministre lors d'une conférence de presse à Ankara.
Curieuse déclaration quand on sait que ce sont les Russes, et les Russes seuls, qui sont aujourd’hui à la manœuvre pour trouver un accord entre le pouvoir et l’opposition en Syrie. Les fameux « amis de la Syrie » sont tous discrédités par les uns comme par les autres, les uns en raison de l’absence de soutien et les autres en raison de leur politique jugée agressive vis-à-vis du pouvoir.
En langage diplomatique, cela veut dire que les Turcs rappellent aux Russes qu’ils aimeraient bien être invités à la rencontre consacrée au règlement du conflit syrien qui est prévue à Moscou entre le 22 et le 26 janvier 2015.
Mevlut Çavusoglu a toutefois réitéré la position de la Turquie sur l'illégitimité du président syrien Bachar el-Assad.

Damas et sa banlieue
L’armée de l’air syrienne a bombardé, le 30 décembre 2014, la localité de Daraiya. Un hélicoptère a lancé quatre barils d’explosifs sur la ville, provoquant des dégâts considérables :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=9641d28e3740

Deraa (sud syrien)
Les avions de l’armée de l’air syrienne et les hélicoptères ont bombardé massivement la localité d’Abtaa, dans la province méridionale de Deraa.
Vidéo :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=9f4cf9dd0e33

Morek
A présent que la base militaire de Wadi Deif est tombée entre les mains des Jihadistes du Front al-Nosra, les rebelles syriens se préparent à démarrer à nouveau la bataille de Morek. Cette localité, située sur la route stratégique reliant Hama à Edleb, était vitale pour approvisionner le camp militaire de Wadi Deif. La ville avait été prise par la rébellion en février 2014 et reprise par l’Armée Arabe Syrienne (AAS) le 24 octobre 2014. L’armée avait utilisé les grands moyens pour reprendre la ville : intenses bombardements aériens, lancement de nombreux barils d’explosifs et attaque de chars.
Les accrochages se multiplient depuis quelques jours à Morek.
La vidéo ci-dessous, mise en ligne par la brigade ash-Sham, montre le tir de missiles sur le bataillon de chars de l’AAS retranché dans Morek :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=ea90ce868914

Jihadisme international

Australie
Ahmad Mohamad al Ghaz'zaoui, un « Australien » combattant pour l'État islamique en Syrie aurait été tué le 27 décembre. Cet « Australien » était en fait originaire d’al-Minieh, près de Tripoli du Liban. Selon des informations non confirmées, trois « Australiens » auraient perdu la vie depuis la mi-octobre en Syrie. Parmi les personnes décédées se trouverait l’acteur australien devenu recruteur pour l’Etat Islamique, Mohammad Ali Baryalei. Il était accusé par les autorités judiciaires australiennes d'avoir projeté de tuer des passants au hasard à Sydney et Brisbane. Baryalei aurait recruté des dizaines « d’Australiens » pour faire le jihad en Irak et en Syrie.
En octobre, un adolescent âgé de 17 ans et originaire de Sydney avait menacé le premier ministre australien, Tony Abbott, et affirmé que son groupe ne cesserait jamais le combat.

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Ahmad Mohamad al Ghaz'zaoui

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Abou Khaled al-Australi (« l’Australien ») menace le monde entier dans une vidéo :
Vidéo en langue anglaise sous-titrée en  arabe :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=0c9345dbc68d

Jean René Belliard