13/10/2014

13 octobre 2014 – Nouvelles des guerres du Proche Orient

Turquie

Le PKK envoie des éléments armés vers la Turquie
On estime à 15 millions de personnes le nombre de Kurdes vivant en Turquie, ce qui représente 20% de la population.
Dans le cadre des pourparlers de paix engagés fin 2012 avec les autorités turques, le PKK avait décrété un cessez-le-feu en mars 2013 et commencé deux mois plus tard à retirer une partie de ses forces, dont le nombre total était alors estimé à quelque 5.000 hommes.
Un grand nombre de combattants du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) avait trouvé refuge dans les monts Kandil (à l’extrême nord de l’Irak).
Le refus d’Ankara d’intervenir au secours des Kurdes syriens encerclés par les Jihadistes de l’EI devait provoquer la colère des dirigeants du PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan. Celui-ci menaçait de mettre fin à la trêve dans le cas où Ankara maintiendrait sa position. Les violentes émeutes des kurdes turcs sévèrement réprimées par le pouvoir contribuaient à détériorer les relations déjà chaotiques entre le pouvoir et les chefs rebelles. Ceux-ci décidaient alors de renvoyer leurs combattants en Turquie.
"Si les choses continuent comme ça, la guérilla combattra pour défendre notre peuple. La tâche principale de la guérilla est de défendre le peuple", a déclaré Cemil Bayik, un des principaux chefs militaires du PKK dans un entretien accordé à la chaîne de télévision allemande repris par les médias turcs.
"Alors que le gouvernement continue à déployer des soldats dans le sud-est et l'est (de la Turquie), nous avons décidé d'agir", a expliqué M. Bayik.
Le chef emprisonné du PKK, Abdullah Öcalan, a de son côté averti que la chute de Kobane signifierait la fin du processus de paix.

Comprendre la position turque
On aurait tort de croire que la stratégie turque consiste seulement à éliminer toute forme de résistance kurde en Turquie (PKK) et autour des frontières (YPD).
La communauté kurde, répartie en Turquie, en Syrie, en Irak et en Iran, est loin de présenter un front uni, ce qu’Ankara n’a pas manqué de mettre à profit.
Les Kurdes syriens, pour commencer par eux, sont divisés entre le Conseil national kurde (KNS) et le Parti de l’union démocratique (PYD). Les deux partis, profitant de l’éclatement de l’insurrection sunnite, défendent l’idée d’une autonomie kurde en Syrie. Mais si le KNS veut la chute du régime de Bachar el-Assad, le PYD se serait entendu avec le régime pour obtenir une certaine forme d’autonomie, ce qui aurait permis à l’armée d’Assad de concentrer ses efforts dans les autres régions. C’est pourquoi, dès le début de l’insurrection armée en Syrie, les Unités de protection du peuple kurde (YPG), qui sont les forces armées du PYD,  se sont affrontés non seulement aux jihadistes, mais aussi aux unités de l'Armée syrienne libre.
Les relations entre le KNS et le PYD se sont dégradées en raison même de l’attitude à adopter face au régime de Bachar el-Assad. Au point que, lorsque l’offensive des califatistes contre la ville de Kobane a démarré, le KNC aurait refusé d'aider les défenseurs de la ville.
On aurait pu s’attendre à ce que les Kurdes d’Irak, forts de leurs récents succès contre les Jihadistes du califat islamique, soient venus en masse aider leurs frères syriens. Il n’en a rien été. La raison est que le chef de file du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, joue un jeu compliqué entre ses velléités indépendantistes pour le peuple kurde et son souci de conserver de bonnes relations avec la Turquie. Il affirme que les problèmes relationnels avec la Turquie s’apaiseraient s’il avait la possibilité de placer à la tête du Conseil national kurde (KNS) un homme à lui, à la place de Saleh Muslim qui le dirige actuellement.
Saleh Muslim s’est bien rendu à Ankara pour tenter de demander aux Turcs de l’aider à résister à l’offensive jihadiste. Mais ceux-ci ont refusé. Il paraît que Saleh Muslim aurait refusé de laisser entrer l’armée turque sur son territoire et de rejoindre la coalition contre les forces de Bachar el-Assad. Ce que Saleh Muslim refusait surtout, c’était de trahir son allié kurde de Turquie, le PKK alors que pour les Turcs,  le PKK est la même chose que l'EI.
Pour la Turquie, le PYD n’est rien d’autre qu’un filiale syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) interdit pour séparatisme. Pendant des années les services secrets turcs ont tenté d’éliminer à la fois les combattants du PKK et ceux du mouvement de libération nationale kurde en Syrie. Ils ont même utilisé pour ce faire des « mercenaires » appartenant à d'autres partis kurdes.
Alors si les Jihadistes du califat réussissent à atteindre cet objectif de réduire la capacité militaire des Kurdes, ce n’est pas la Turquie qui va les empêcher !

La Turquie est seulement intéressée à aider la rébellion contre Bachar el-Assad
Les États-Unis voudraient que la Turquie s'implique davantage dans la lutte contre l'État islamique (EI) en Syrie. C’est le message qu’a martelé le patron de la coalition internationale, le général américain à la retraite John Allen, et son adjoint Brett McGurk au cours d’une visite de deux jours en Turquie. Leur objectif était de tenter de convaincre la Turquie à s'engager militairement contre l'EI. Ont-ils été entendus ? Le premier ministre Ahmet Davutoglu, et les responsables militaires turcs ont bien affirmé être d'accord pour soutenir les efforts d'entraînement et d'équipement de l'opposition syrienne « modérée » sans toutefois préciser si ces unités allaient combattre contre l’Etat Islamique ou contre l’armée de Bachar el-Assad.

La Turquie autorise enfin les Etats-Unis à utiliser des bases situées sur son territoire
La Turquie a enfin autorisé les Etats-Unis à utiliser ses bases aériennes, en particulier sa grande base d'Incirlik, dans le sud, pour lutter contre le califat islamique, a déclaré dimanche 12 octobre un responsable américain de la Défense.
"Les détails de l'utilisation sont toujours en cours d'élaboration", a ajouté ce responsable, parlant à l'AFP sous le couvert de l'anonymat. Et on ne sait toujours pas si ce ralliement d’Ankara implique également que l’armée turque va se mettre en mouvement ou pas.
Au cours d'un entretien téléphonique avec son homologue turc Ismet Yilmaz, le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel a cependant remercié la Turquie pour "sa disposition à contribuer aux efforts de la coalition" internationale contre l'EI, « notamment en hébergeant et en entraînant des membres de l'opposition syrienne ».
L'armée de l'air américaine utilise depuis longtemps la base d'Incirlik, dans le sud de la Turquie, et environ 1.500 de ses hommes y sont stationnés.

Iraniens et Russes mettent en garde la Turquie
Le président russe, Vladimir Poutine, tout comme le gouvernement iranien, ont mis en garde la Turquie, lui conseillant avec insistance de ne pas prendre part à une quelconque offensive terrestre en Syrie, ce qui violerait la souveraineté de l’Etat syrien et entraînerait la Turquie dans un conflit sans fin.

Front syrien

Aïn el-Arab (Kobane en kurde)
Le califat islamique veut en finir avec la résistance farouche des Kurdes qui résistent depuis le 16 septembre à Kobane. De nombreux renforts en provenance de leur bastion de Raqqa et de la province d’Alep ont été dépêchés depuis ces dernières jours.
L'EI contrôle 40% de Kobane, particulièrement le secteur Est et des quartiers dans le sud et l'ouest de la ville. Il a pris le contrôle du QG des forces kurdes dans le nord de la cité, à un kilomètre environ de la frontière turque. Les Jihadistes de l'EI ont également tenté samedi 11 octobre de parvenir à la frontière turque, dans le nord de Kobane, avant d'être repoussés par les Kurdes.
Samedi 12 octobre, au moins 36 jihadistes ont péri dans des attaques kurdes, dont une contre un véhicule blindé de l'EI qui tentait d'entrer dans la ville (voir vidéo ci-dessous).
Les avions de la coalition internationale ont poursuivi leurs raids contre les positions des jihadistes. Ils ont effectué six frappes aériennes depuis vendredi, selon les chiffres communiqués par le Centcom, notamment sur les quartiers est.
Cette vidéo tournée côté califat montre les combats de rue à l’intérieur de Kobane. Ici, un char jihadiste est atteint par un RPG tiré par les Kurdes de l’YPG. Exceptionnel :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...
Cette autre vidéo montre le drapeau de l’Etat Islamique flottant sur un haut immeuble de Kobane, tandis qu’on installe des camps en Turquie pour les milliers de réfugiés qui ont fui la zone des combats :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Un Jihadiste « britannique » tué le 10 octobre 2014
On a appris que le Jihadiste « britannique » Abou Abdurahman al-Britani avait été tué le 10 octobre 2014 :

Abu Abdurahman al-Britani.png

 

Abou Abdurahman al-Britani

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Jihadiste, Abu Ki Walid al-Saoudi, un saoudien, a été tué le 8 octobre 2014.
Abou Mohammed al-Amriki, un « Américain » d’origine Tchétchène aurait récemment été tué lors des combats de Kobane. Il aurait été tué par une combattante kurde de l’YPG.

Abou Mohammed al-Amriki.jpgAbou Mohammed al-Amriki
 

 

 

 

 

 

 

 

Une centaine de « Françaises » dans les rangs de l’Etat Islamique
Les services de sécurité français estiment qu’une centaine de femmes « françaises » ont rejoint les rangs de l’Etat islamique en Syrie.
«Une centaine de jeunes filles et de femmes « françaises », dont une jeune fille juive, ont quitté la France, ces dernières semaines, afin de se rendre, en Syrie, pour grossir les rangs des terroristes de Daesh», a indiqué le quotidien britannique «The Daily Mail», citant un responsable sécuritaire français.
 
Les femmes combattantes de l’YPG kurde
Une femme kurde se distingue particulièrement. Il s’agit de Mayssa Abdo (40 ans). Elle a pris Narine Afrine comme nom de guerre, en référence à sa région natale d’Afrine, un bastion kurde situé dans la province d’Alep. Cette femme commande, avec Mahmoud Barkhodan, les Unités de défense du peuple kurde (YPG) à Kobane.
"Mayssa Abdo, connue sous son nom de guerre de Narine Afrine, est aux commandes des YPG à Kobané aux côtés de Mahmoud Barkhodan" (Mahmoud le « résistant » en kurde), a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.
 "Ceux qui la connaissent disent qu'elle est cultivée, intelligente et flegmatique. Elle est soucieuse du mental des combattants et s'intéresse de près à leurs problèmes", affirme de son côté à l'AFP Mustefa Ebdi, un militant kurde originaire de Kobane.
Il y a de nombreuses femmes dans les rangs de l’YPG, comme du PKK. Le 5 octobre, la combattante kurde Dilar Gencxemis, identifiée par son mouvement sous le nom de guerre d'Arin Mirkan, s'est donnée la mort en provoquant celle de "dizaines" de jihadistes aux abords de Kobane. C’est la première femme kamikaze kurde recensée depuis le début de la guerre civile en Syrie. Mais des femmes kamikazes du PKK avaient déjà commis de sanglants attentats en Turquie.
Vidéo kurde sur les femmes combattantes kurdes :
https://www.youtube.com/watch?v=O0kKx1FFbkA&feature=p...

Une coalition de brigades rebelles « modérées » attaque l’EI pour soulager la résistance kurde
La coalition de brigades rebelles considérée comme « modérée » par les Etats-Unis, les brigades « Aube de la liberté » (Tajammu' Alwiya Fajr al-Hurriya) retranchée au sud de la ville de Kobane ont mis en ligne cette vidéo montrant leur participation à la bataille pour la défense de la ville kurde. Il s’agit d’un fait nouveau car jusqu’ici, les brigades appartenant à l’Armée syrienne libre s’étaient abstenues de venir en aide aux Kurdes. La raison est que l’YPG, le comité de défense du peuple kurde, avait autrefois fait usage de ses armes, non seulement contre les forces de Bachar el-Assad, mais aussi contre les rebelles arabes.
Vidéo tournée par la coalition de l’Aube de la liberté :
https://www.youtube.com/watch?v=BtqFUAM6Q8M&feature=p...
Les califatistes ont juré de se tourner vers cette coalition de brigades une fois la ville de Kobane tombée entre leurs mains. Cependant, si la Turquie a rechigné et rechigne toujours à venir à l’aide des Kurdes de l’YPG qu’elle considère comme une filiale du PKK interdit pour séparatisme en Turquie, il n’en serait pas de même en ce qui concerne ces brigades rebelles. Turcs et Américains pourraient se mettre d’accord pour venir sérieusement en aide aux rebelles de la coalition « Aube de la Liberté ». Celle-ci présente en effet le double avantage de lutter à la fois contre les Jihadistes de l’EI et les troupes assadistes. De leur côté, les Kurdes de l’YPG auraient la solution de choisir de s’intégrer au sein de l’Armée Syrienne Libre, ce qui pourrait faciliter l’engagement de la Turquie à leur côté.
Une autre brigade de l’Armée Syrienne Libre se bat à Kobane aux côtés des militants kurdes. Il s’agit des Brigades révolutionnaires de Raqqa. La brigade, commandée par Abou Saif, comptait autrefois 1250 combattants. A Kobane, elle n’a engagé que trois cents hommes environ. Cette brigade avait fait autrefois le coup de feu contre les Kurdes de l’YPG. Mais lorsque les Jihadistes de l’Etat Islamique l’ont chassée de Raqqa pour faire de cette ville leur place forte, les Brigades révolutionnaires de Raqqa ont tourné leurs armes contre eux, concluant une sorte de trêve avec les Kurdes.

Pendant ce temps, la guerre se poursuit dans les autres régions de Syrie entre rebelles et armée d’Assad.

Talbisseh (province de Homs)
Une vidéo unique montre la destruction d’un hélicoptère de l’armée d’Assad détruit par des rebelles de la brigade al-Faroukh utilisant un Manpad de fabrication chinoise. La localité de Talbisseh est située à proximité de Homs  :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Alep
Affrontements entre l’EI et le Hezbollah
De violents affrontements ont lieu  sur les lignes de front entre le Hezbollah, la milice chiite libanaise, et les Jihadistes de l’Etat Islamique :
Cette vidéo prise par les Islamistes de l’EI a été tournée, il y a une semaine (Exceptionnel) :
https://www.youtube.com/watch?v=2ccgvE895iU&feature=p...

Front irakien

Attentats suicides sanglants
Le week-end a été très sanglant en Irak en raison des attentats. Près de cinquante personnes ont été tuées et près de cent blessés à la suite d’une série d’attaques kamikaze à Bagdad, le samedi 11 octobre. Un kamikaze s’est fait exploser à la tombée de la nuit à un barrage de la police dans le quartier à majorité chiite d’al-Khadamiya, au nord de la capitale irakienne. L’attentat à fait 12 morts, dont quatre policiers et blessé une vingtaine de personnes. A peu près au même moment, une voiture piégée explosait près d’un marché dans le quartier majoritairement chiite de Shula. Et alors que la police bloquait la circulation par mesure de sécurité, un autre Kamikaze lançait son véhicule piégé au milieu du trafic dans le même secteur. 25 personnes auraient été tuées dans le double attentat et plus de cinquante blessées.
Un autre kamikaze a tué 14 personnes et blessé quarante autres dans le quartier de Mishahda.
Dans le nord de l’Irak, à Qara Tapah (120 km au nord de Bagdad), trois attaques-suicide revendiquées par l’Etat Islamique ont tué, dimanche 12 octobre, au moins 40 personnes, la plupart des anciens soldats des forces kurdes qui voulaient se réengager. Deux des attaques ont eu lieu contre des bâtiments des Forces de sécurité kurdes et la troisième contre le siège local de l’Union Patriotique du Kurdistan. Et le même jour, le chef de la police de la province d’al-Anbar, le général Ahmed al-Dulaimi, était tué dans une attaque des Jihadistes, et à Baaqouba, l'explosion d'une bombe placée au bord d'une route (EID) tuait six civils.

80% de la province sunnite d’al-Anbar aux mains des Jihadistes de l’EI
Les Jihadistes de l’EI poursuivent leur offensive dans la province d’al-Anbar, à l’ouest de l’Irak. Ils contrôleraient désormais 80% de la province et seraient maîtres de Falloujah et d’une grande partie de Ramadi, la capitale de la province.

Des dizaines d’arabes israéliens combattent avec l’Etat Islamique
Selon le Times of Israël, un Jihadiste arabe israélien aurait été tué près de la ville de Ramadi. Il s’agit d’un homme de 24 ans originaire du village d’Ikssal. Selon l’organe de presse israélien, des dizaines d’arabes israéliens combattraient dans les rangs de l’EI.

Situation volatile autour de Rabia conquise par les Peshmergas avec l’aide de la coalition internationale
Un haut responsable du ministère américain de la défense confirme que l’armée irakienne se bat, mais qu’elle se trouve dans une position difficile.
Vidéo côté kurde :
https://www.youtube.com/watch?v=imizdv6FoKY&feature=p...

Qui dit contrôle par l’EI dit « exécutions »
Maîtres de vastes régions en Syrie et en Irak, les Jihadistes de l’EI poursuivent leur campagne de terreur, un peu à la manière des communistes cambodgiens de Pol Pot. 16 personnes considérées comme ennemies du califat ont été exécutées dans le nord de l’Irak. Neuf personnes auraient été exécutées à as-Zab, à 90km à l’ouest de Kirkouk, vendredi 10 octobre. Elles étaient accusées d’avoir des liens avec des groupes anti-Etat islamique. Trois victimes auraient été décapitées. Un cameraman, Raad al-Azzawi, son frère et deux autres personnes auraient été exécutés dans le village de Samra, à l’est de Tikrit. Le cameraman travaillait pour la chaîne de télévision Sama Salaheddine. Il aurait été mis à mort pour avoir refusé de travailler avec eux.

Front libanais

Triboli (Nord Liban)
Des centaines de Sunnites libanais se déclarent prêts à rejoindre le Front Islamique :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Bekaa (à l'est du Liban) – Les Chrétiens prennent les armes
Les villages chrétiens de la Bekaa ont pris les armes pour se défendre contre de possibles attaques des Jihadistes de l’Etat Islamique. Des milliers de Jihadistes de l'État islamique et du Front al-Nosra affilié à Al-Qaïda se trouveraient dans les montagnes proches, parfois à moins de 2,5 km de certains villages chrétiens. Et c’est pour cette raison que les Chrétiens libanais prennent peur.
Vidéo :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Désertion de soldats
L’institution militaire a confirmé la désertion de trois soldats qui auraient rejoint l’Etat Islamique pour l’un d’eux et le Front al-Nosra pour les deux autres. Pour l’instant, il s’agit d’actes isolés mais les justifications données par les déserteurs sont que l’armée obéit aux ordres de Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah et maltraite les populations sunnites.

Théâtre européen (nouvelle rubrique)

Hambourg
Que s’est-il passé à Hambourg mardi 7 octobre 2014 ?
Les Kurdes d’Allemagne avaient décidé de manifester leur soutien à la ville de Kobane et contre l’Etat Islamique le mardi 7 octobre à Hambourg.  C’est alors que 400 Kurdes défilaient en criant des slogans  près de la mosquée al-Nour qu’ils ont été attaqués par des islamistes armés de machettes et de couteaux.
La police allemande a alors bloqué toutes les rues menant à la mosquée et positionné ses véhicules entre les deux groupes afin de tenter de faire revenir le calme.
Il a été retrouvé sur les belligérants, des barres de fer, machettes et autres objets tranchants. La police a du employer des canons à eau pour les séparer.
Une porte-parole de la police a déclaré que l’intervention des forces de l’ordre a duré jusqu’aux premières heures de la matinée et que 22 personnes ont été arrêtées. Elle a ajouté que 14 personnes ont été blessées.

Nouvelles de la coalition internationale

Grande Bretagne
Des militaires britanniques se trouvent en Irak pour entraîner les forces kurdes qui combattent l’Etat islamique, a annoncé samedi 11 octobre le ministère britannique de la Défense.
Une "petite équipe de spécialistes" est présente dans la région d'Erbil, capitale du Kurdistan, la région autonome kurde du nord de l'Irak, et entraîne les peshmergas, les combattants kurdes, à utiliser les mitrailleuses lourdes que la Grande-Bretagne leur a données en septembre.
"Le secrétaire à la Défense a approuvé le déploiement d'une petite équipe de spécialistes composée d'instructeurs militaires non-combattants, qui se trouve en ce moment dans la région d'Erbil et fournit un entraînement pour l'utilisation et l'entretien des mitrailleuses lourdes qui ont été offertes par le Royaume-Uni le mois dernier", a précisé la porte-parole du ministère de la défense britannique.
Selon le Sunday Times, ces militaires appartiennent au 2e Bataillon du Yorkshire Regiment, une unité d'infanterie basée à Chypre.

Allemagne
L'Allemagne a elle aussi fourni des armes aux forces kurdes d'Irak - des fusils d'assaut et des lance-roquettes antichars - et des militaires allemands se trouvent également dans la région d'Erbil pour entraîner les peshmergas à leur maniement.

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l’enfer des espions)

 

 

 

02/10/2014

1er octobre 2014 - Nouvelles des guerres contre le califat islamique

Front syrien

Bataille de Kobane (Aïn el-Arab)
Des combats acharnés opposaient mercredi 1er octobre les jihadistes de l'Etat islamique (EI) aux forces kurdes à Aïn al-Arab (Kobané en kurde). Les Islamistes de l'EI seraient aux portes de cette troisième ville kurde de Syrie et se seraient même rendus maître d'une position de défense kurde à l'entrée de la ville.
"Bien qu'inférieurs en nombre et en armement, les combattants kurdes refusent de se retirer et défendent farouchement leur ville face aux jihadistes de l'EI", affirme à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH. "C'est pour eux une question de vie ou de mort", ajoute-t-il.
Des centaines de combattants kurdes font face à des milliers de combattants jihadistes, qui disposent en outre de chars, d'artillerie lourde et de lance-roquettes multiples de 220 mm, précise l'ONG.
"Les Kurdes eux sont armés de kalashnikovs, de mitrailleuses lourdes soviétiques DShK et des lance-roquettes RPG". Mais ils auraient reçu récemment des missiles antichars téléguidés.
Les Kurdes auraient reçu le support de bombardements exécutés par la coalition internationale sur des positions de l’EI à la périphérie de la ville. La coalition américano-arabe a mené au moins cinq frappes aériennes contre les positions jihadistes sur la ligne de front à l'est et au sud-est de Kobané".
Vidéo côté kurde :
https://www.youtube.com/watch?v=R437gWNfQP4&feature=p...
La coalition internationale bombarde aussi des positions jihadistes dans la région de Hassaké, une province kurde au nord-est de la Syrie :
Vidéo du Centcom :
https://www.youtube.com/watch?v=bFaBhdwchVI&feature=p...
Bombardement d’un stock d’armes à Milibiya, dans la région d’Hassaké :
https://www.youtube.com/watch?v=gpWHyv5cECA&list=UUNE...

Double jeu américain à Kobané ?
Naturellement, les vidéos de bombardements fournis par le CENTCOM semblent impressionnantes. Mais on se demande pourquoi les avions américains n’attaquent pas les nombreux tanks et autres véhicules blindés du califat islamique qui enfoncent les lignes kurdes à Kobane ? Plusieurs vidéos kurdes ont montré les armes dérisoires utilisées par les Kurdes de l’YPG alors que les tanks jihadistes tirent sur eux depuis une courte distance. Il semble qu’un jeu « compliqué » soit mené par les Etats-Unis, à savoir que le Pentagone aiderait avec succès les Kurdes irakiens (en bons termes avec la Turquie) et laisserait les Kurdes syriens se faire écraser par les Jihadistes à proximité immédiate de la frontière turque. Pourquoi ? On va naturellement s’intéresser à cette question.

Les Russes fourniraient des missiles S-300 à la Syrie
La Russie a fourni des missiles S-300 à l’armée syrienne. Les armes seraient arrivées la semaine dernière au port de Tartous sur la côte méditerranéenne où la Russie maintient une petite base navale. Il s’agit d’ne nouvelle qui pourrait dissuader la coalition internationale de lancer une action aérienne contre la Syrie. Sans compter qu’elle va sans doute faire réagir Tel Aviv qui craint plus que tout que ces armes tombent un jour entre les mains du Hezbollah. 
Un autre envoi d'armes russes serait actuellement en route vers la Syrie, ont indiqué les responsables.
Il y a deux semaines, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré aux journalistes que son gouvernement fournirait un soutien militaire à la Syrie, en moyens anti-aériens, prétextant qu’ils aideraient la Syrie à lutter contre le terrorisme. 
Chacun sait que ces armes pourraient être utilisées par l’armée syrienne si la coalition internationale venait à attaquer l’armée assadiste.

Front irakien

Bataille de rabia
Les forces kurdes ont réussi à prendre le contrôle de la ville irakienne de Rabia, à la frontière syrienne, et assiègent une clinique où ont trouvé refuge des Jihadistes de l’EI.
"Il y a 10-12 membres de l'EI à l'intérieur. Nous ne voulons pas attaquer, parce que (le bâtiment) a peut-être été piégé" par les jihadistes, a indiqué un haut responsable, précisant que les forces kurdes contrôlaient complètement le reste de Rabia, mettant la main sur une grande quantité de matériel militaire.
"Nous attendons qu'ils sortent ou se suicident, mais nous ne les combattons pas", a ajouté Holgord Hekmat, un porte-parole des peshmergas.
Les forces kurdes, avec le support aérien de la coalition internationale, avaient lancé une offensive contre Rabia sur trois fronts à partir du mardi 30 septembre.
Outre Rabia, ils ont avancé vers Zoumar, au nord de Mossoul, mais la ville était encore sous le contrôle de l'EI mercredi.
Les peshmergas, qui ont reçu des équipements de leurs alliés, ont également pris trois villages au sud de Kirkouk mardi 30 septembre

Vidéo kurde :
Ambiance des combats nocturnes entre Daesh et les Peshmergas :
https://www.youtube.com/watch?list=UUNoazHVgGDtXhHwY3makn...

Bagdad
Une attaque suicide à la voiture piégée a eu lieu dans le sud de Bagdad. Elle visait une rue commerçante d'un quartier chiite, tuant au moins onze personnes et faisant 34 blessés.

Les tribus sunnites en guerre contre l’EI
Des combattants d'une tribu sunnite qui habitent le quartier de Joubour, du nom de leur tribu, ont repoussé un assaut des Jihadistes de l'Etat islamique (EI) dans la ville de Doulouiya, au nord de Bagdad, faisant 14 morts dans les deux camps, ont rapporté des responsables mercredi. Les milices tribales avaient reçu le renfort des forces irakiennes.
"Ils ont attaqué Joubour de trois directions la nuit dernière et les combats se sont poursuivis jusqu'au matin", a indiqué un officier supérieur de la police à Doulouiya.
"Leur attaque a échoué mais il y a eu des victimes", a-t-il dit faisant état de sept morts dans chaque camp, dont un kamikaze jihadiste qui a fait sauter sa ceinture explosive.
Joubour, qui a joué un rôle clé dans la mise en place des milices sunnites luttant contre al-Qaïda soutenues par les Etats-Unis entre 2005 et 2007, a reçu le soutien de l'armée irakienne et de milices chiites.

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

17/09/2014

17 septembre - guerres moyen orientales

Un accord entre Américains et Russes contre l’Etat Islamique ?
Frapper les jihadistes du califat islamique en Syrie pose un problème juridique international en l’absence d’un accord avec le gouvernement de Damas. Il semble que le président Obama hésiterait devant ces problèmes juridiques qui tomberaient très mal à un moment ou Américains et Européens sont montés sur leurs grands chevaux pour condamner l’action russe en Ukraine.
Mais il y a une solution. Des discussions auraient eu lieu, en marge de la conférence internationale de Paris sur l’Irak, entre les Etats-Unis et la Russie. On aurait parlé d’un partage des rôles dans la lutte contre le terrorisme.
Selon le site d'information Hadath News, Washington aurait proposé aux russes de limiter ses frappes aériennes contre les jihadistes de l’EI à l’Irak, tandis que Moscou aurait pour mission de frapper les mêmes Jihadistes de l’EI et du Front al-Nosra (al-Qaïda) en Syrie. Cela serait d’autant plus facile que les Russes disposent  de bases militaires sur la côte syrienne, et ses avions sont en sécurité dans l'espace aérien syrien.
Les Iraniens auraient accepté ce « deal » américano-russe, sachant qu’ils pourraient apporter à la coalition les moyens de lutte au sol en Irak, ce que s’interdit de faire Barak Obama.
Si Moscou soutient la résolution américaine au Conseil de sécurité des Nations unies sur les terroristes étrangers, cela voudra dire que les informations étaient exactes et qu’un accord a bien été trouvé entre les deux grandes puissances. Il semble que les Russes seraient prêts à soutenir et approuver cette résolution à condition que son champ d'application se limite au Moyen-Orient et à l'Afrique du Nord. La résolution pourrait être présentée au Conseil de sécurité le 24 ou 25 septembre.
Pour les Russes, il est important d’empêcher les Islamistes, parmi lesquels de nombreux Tchétchènes, de créer un califat en Irak et en Syrie: "Les leaders de l'EI ne doivent se faire aucune illusion - ils ne représentent pas l'islam, on ne les laissera jamais créer leur propre Etat", a  déclaré Sergueï Lavrov, le ministre russe des AE.
L’accord américano-russe signifierait que les Américains abandonnent les rebelles syriens au milieu du guet pour la seconde fois. Le renversement de Bachar el-Assad n’est plus à l’ordre du jour. Menace terroriste oblige.  Sergueï Lavrov n’a pas manqué de rappeler, d’ailleurs, que l'opposition au terrorisme ne devait pas "être sacrifiée aux volontés de renversement d'un régime dans tel ou tel pays". Le ministre a cité deux exemples des conséquences négatives de tels choix stratégiques: "Ce fut le cas en Libye quand certains pays (de l'UE) ont fermé les yeux sur le renforcement des extrémistes pendant la lutte pour renverser Kadhafi, en leur fournissant des armes et se rangeant de leur côté dans le conflit. Nous voyons quelles conséquences cette politique indifférente a eues pour la Libye et le Mali".
Sergueï Lavrov s’est naturellement fait un plaisir de rappeler qu’il serait temps de faire preuve d'une "véritable cohésion, sans laisser les autres différends"– Ukraine comprise – "nuire à l'efficacité des actions conjointes pour lutter contre le terrorisme". "Les extrémistes chercheront à profiter des divergences de nos positions pour nous diviser", a averti le ministre russe. Lavrov a rappelé que la Russie apportait déjà une assistance militaire, notamment militaire, à l'Irak et à la Syrie et s’est dite prête à participer à la lutte internationale contre le terrorisme.

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