01/08/2014

1er août 2014 – Dernières nouvelles du Moyen Orient

Syrie

Rif Damas
Combats farouches et bombardements incessants dans la ville de Mleiha (Rif Damas). Cette localité située à l’est de Damas est tombée aux mains des rebelles au printemps de 2013. Elle fait l’objet d’une violente offensive des forces gouvernementales depuis avril 2014. L’armée d’Assad avait réussi à réoccuper la moitié de la localité au début de mai 2014, mais est enlisée dans de violents combats de rues depuis avec le Front Islamique, une coalition de brigades rebelles soutenues par l’Arabie saoudite.
https://www.youtube.com/watch?list=UUnigacRk8PMRKK47soehL...

Le Front al-Nosra (al-Qaïda) dans la province d’Alep
Le Front al-Nosra, le représentant officiel d’al-Qaïda en Syrie, s’empare de la ville de Sarmada, une localité située à l’ouest d’Alep sur la route 56 menant à la Turquie :
https://www.youtube.com/watch?list=UUnigacRk8PMRKK47soehL...
Il semble que chacune des grandes formations rebelles, l’Etat Islamique, le Front al-Nosra, le Front Islamique (pro-saoudien) et l’Armée Syrienne Libre cherchent actuellement, chacune de leur côté, à s’aménager un territoire, le plus grand possible et disposant si possible d’un accès vers un pays voisin, sur lequel ils vont pouvoir régner en maître en attendant d’agrandir leur fief.

Edleb
Les insurgés détruisent à l’explosif une position des soldats d’Assad à Frikka, province d’Edleb. L’assaut a été mené par un kamikaze à bord d’une voiture piégée.
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Secteur de Hama
L'insurrection continue à faire pression sur les forces d’Assad sur le front de Khan Sheykhoun, au nord d’Ariha. Elle a détruit de nombreux points de contrôle de l’armée depuis le printemps. L'armée syrienne est pratiquement isolée dans ses deux principales bases de Wadi ad-Daif et al-Hamidiya.

Les Brigades Jeich al-Islam et Suqur ash-Sham se fondent dans le Front Islamique
Les brigades rebelles Jeich al-Islam et Suqur ash-Sham ont décidé de se fondre complètement dans le Front Islamique (pro-saoudien) et de se placer sous l’autorité de Zahran Allouch :
https://www.youtube.com/watch?v=VaAxR4NI-MU&feature=p...

Irak

17 soldats irakiens tués dans des combats au sud de Bagdad
Les combats ont eu lieu à Jourf al-Sakhr, au sud de Bagdad, avec des insurgés sunnites qui ont duré deux heures le vendredi matin". 

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

28/07/2014

Daesh (Etat Islamique) et le Front al-Nosra, représentant officiel d’al-Qaïda en Syrie, vont bientôt s’affronter dans le jurd de Qalamoun et les montagnes syro-libanaises

Les Jihadistes de l’EI sont de retour dans le Qalamoun
Les combattants de l’Etat Islamique (Daesh) avaient quitté le jurd de Qalamoun quelques jours avant la prise de la ville de Yabroud par le Hezbollah et les soldats fidèles à Assad.  Mais les Jihadistes de Daesh, sous les ordres d’Abou Hassan al-Falastini (le Palestinien) sont depuis revenus dans la région. Abou Hassan al-Falastini avait été membre de Fatah al-Intifada, une organisation jihadiste qui avait affronté l’armée libanaise dans le camp de Beddaoui, près de Tripoli, pendant trois longs mois. Abou Hassan avait alors réussi à regagner le camp de réfugiés de Yarmouk et avait fait plusieurs séjours dans les geôles syriennes avant d’être "opportunément" libéré et de rejoindre l’Etat Islamique appelé à l’époque Etat Islamique d’Irak et du Levant (EIIL).
C’est en raison de son séjour au Liban qu’Abou Hassan est également connu parmi les Syriens sous le nom de guerre d’ Abou Hassan al-Loubnani» (le Libanais). 
L’arrivée en force des Jihadistes de l’EI dans la région du Qalamoun et les secteurs montagneux à cheval sur la frontière libano-syrienne pourrait provoquer, dans un bref avenir, un violent conflit entre les deux frères, jihadistes mais ennemis dans la région.

Les rebelles et le Hezbollah libanais s’affrontent depuis des mois dans le Qalamoun
Le Qalamoun a été le théâtre de violents combats entre les rebelles jihadistes, comprenant des membres du Front al-Nosra et de l’EI, se battant coude à coude, d’un côté et le Hezbollah libanais, les soldats fidèles à Assad et même des combattants chiites irakiens, d’autre part. Les pertes ont été très importantes des deux côtés, les combats étant particulièrement difficiles dans cette région montagneuse à cheval sur la frontière libano-syrienne. Le Hezbollah a néanmoins réussi à occuper pratiquement toutes les localités de la région et pensait avoir chassé les Jihadistes. Mais ceux-ci se sont retranchés dans les montagnes et caché dans des grottes. Et les combats n’ont jamais cessé. Le nombre des tués au sein du Hezbollah ne cesse de croître. Samedi 26 juillet, on apprenait, par exemple, que le propre neveu de Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, avait été tué près d’Ersal, une localité libanaise proche de la frontière syrienne devenue une place forte des jihadistes. Hamza Yassine, le neveu, était chef d’une unité d’élite de l’organisation chiite libanaise.
 
L’Etat Islamique publiait sur Twitter les photos de ses combats contre le Hezbollah
Les Jihadistes de l’Etat Islamique ont à l'époque diffusé sur Twitter des photos de leur engagement contre le Hezbollah. Ils tenaient à montrer qu’ils étaient à la tête du combat contre les Chiites.

Depuis leur retour, l’Etat Islamique a été rejoint par plusieurs groupes de combattants islamistes rebelles
On a observé que plusieurs groupes de combattants rebelles avaient fait ces derniers temps allégeance à l’Etat Islamique. Il ya quelques jours, 500 éléments armés de la brigade « Aube de l’Islam » (Fajr al-Islam) dirigés par Abou Ahmed al-Jami’a ont annoncé avoir fait allégeance au « calife Ibrahim» (Abou Baker al-Bagdadi). Ils ont mis en ligne une vidéo où on voit  des dizaines de combattants de l’Aube de l’Islam proclamer leur ralliement. Il faut préciser que la plupart des militants de cette brigade sont originaires de Qousseir, une ville syrienne proche de la frontière libanaise qui avait été capturée après une sanglante bataille par le Hezbollah libanais pour le compte de Bachar el-Assad. Depuis la ville a été « chiisée » avec l’arrivée massive dans la ville de Libanais de confession chiite.  Défaits à Qousseir, les combattants de la brigade Aube de l’Islam avaient alors rejoint les Jihadistes du Front al-Nosra.
«L'aube de l'Islam» n’est pas la seule faction qui a juré allégeance à «l'Etat Islamique». Des informations signalent que le «bataillon Bilal Habashi» dirigé par le Syrien Raad Hammadi s’est lui aussi rallié à «Etat islamique». Une autre Information indique que le «bataillon al-Farouk» dirigé par Abou Omar Werdan,  qui s'était rendu célèbre lors du siège de Homs, serait sur le point de rallier l'Etat Islamique. 
En plus de ces brigades rebelles, on observe avec attention ce que va faire le «Premier Régiment Commando» dirigé par Idris al-Ma’arouf connu sous le nom de guerre d’Abou Ghazi, un groupe fort de plusieurs centaines de combattants. Aux dernières nouvelles, ce régiment rebelle coopère encore avec le Front al-Nosra.

Abou Hassan al-Falastini de l’EI et Abou Malek al-Souri du Front al-Nosra sont à couteaux tirés
Il est bien loin le temps ou l’EIIL et le Front al-Nosra luttaient côte à côte contre le Hezbollah libanais et les troupes d’Assad. Les combattants de l’EIIL étaient encore peu nombreux et ils avaient pris la sage décision de plutôt synchroniser leurs actions avec le chef local du Front al-Nosra, cheikh Abou Malek as-Souri. Leur place forte était à l’époque la localité de Rima dans le Qalamoun. Mais les Jihadistes de l’EI ont du sagement abandonner la région pour trouver refuge à l’est de la ville de Homs, au moment où le Hezbollah libanais s’emparait des localités rebelles les unes après les autres.
Revenu en force dans la région à la tête de ses troupes, Abou Hassan al-Falastini a bien l’intention de s’imposer, au grand dam d’Abou Malek al-Souri (le Syrien), le chef local du Front al-Nosra (al-Qaïda).
Abou Hassan suit la politique propre à l’EI, c’est-à-dire hégémonique et brutale. Son objectif est non seulement de combattre le Hezbollah et les soldats d’Assad, mais aussi de liquider tous ceux qu’il considère comme des infidèles, qu’ils soient syriens ou libanais.

L’EI est aujourd’hui aussi fort que le Front al-Nosra
Grace aux récents ralliements, l’Etat Islamique est aujourd’hui aussi fort en termes numériques que son concurrent, le Front al-Nosra et certainement beaucoup plus efficace sur le plan militaire.
C’est pourquoi Abou Mohammad al-Joulani, le chef du Front al-Nosra, devrait avoir beaucoup de mal à résister à l’avancée de l’Etat Islamique dans la région du Qalamoun.

Front de la Ghouta orientale
Le chef du Front Islamique (pro-saoudien) reçoit les hommages de la foule dans une mosquée de la Ghouta orientale, une place forte du Front, à l'occasion de la fête de l'Aïd el-Fitr. Remarquez la popularité de ce chef de guerre :
https://www.youtube.com/watch?v=zE7K9Vy8bFE&feature=p...

Front de Deraa (Sud syrien)
L'Armée Syrienne Libre poursuit son offensive au sud de la Syrie comme en témoigne cette vidéo d'un violent combat de nuit :
https://www.youtube.com/watch?v=Y7nJ-U1d5lM&feature=p...

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

25/07/2014

L'Etat Islamique et l'armée de Bachar el-Assad

L’Etat Islamique (Daesh) et l’armée d’Assad se sont rarement confrontés
Les Jihadistes de l’EI (Daesh) et les soldats fidèles à Bachar el-Assad se sont rarement confrontés ces derniers mois. Comme la guerre menée par l'Etat Islamique contre les autres formations rebelles affaiblissait l'opposition dans son ensemble, les forces d’Assad s’abstenaient d'attaquer les Jihadistes de l'EI et ceux-ci menaient très peu d’opérations contre l’armée syrienne.
Les derniers grands combats entre l’armée et l’EI remontent à l’été 2013 lorsque les Jihadistes ont participé à la prise de la base aérienne de Mennegh, près d’Alep ou à une offensive dans la province de Lattaquié.
Les Jihadistes de l’EI étaient trop absorbés par leur offensive contre les autres formations rebelles lors des batailles pour le contrôle du nord et de l’est de la Syrie. Certes, ils se sont fait expulser du nord-ouest du pays mais ils ont réussi à conserver leur place forte de Raqqa, la plus grande ville hors du contrôle de l’Etat syrien. Ils ont surtout réussi à prendre presque toutes les positions rebelles à l’est, une région stratégique qui leur a permis de faire jonction avec l'Etat Islamique d'Irak. 

La "trêve" de fait entre l’armée syrienne et l’EI brisée le 23 juillet
Les Jihadistes de l’EI ont lancé un assaut contre la base militaire de la Division 17 proche de la ville de Raqqa et ont réussi à en occuper une partie.
L’attaque a débuté par deux attaques suicides menée à la voiture piégée menée par quatre kamikazes, dont un Saoudien, contre les positions de l’armée suivies par des attaques sur plusieurs points de la base.  L’armée de Bachar el-Assad a répondu par des tirs d’hélicoptères sur les positions de l’adversaire.

62 morts dans les combats
62 personnes seraient décédées au cours de ces combats, en majorité des combattants et des soldats. Dans la province de Hassaka, 21 jihadistes de l'EI au moins ont été tués jeudi 24 juillet. A Hassaka même, quatre kamikazes ont mené une attaque suicide à l'intérieur du siège du parti Baas, suivie par des affrontements à l'intérieur du bâtiment. Douze personnes, dont des membres du parti Baas et des gardes de l'immeuble, ont été tuées. Parmi les morts figure "un responsable baasiste qui a été décapité ", a précisé l'OSDH (Observatoire Syrien des Droits de l’Homme). 11 militaires ont également été tué par une attaque jihadiste contre leur régiment au sud de la ville. L'armée a répliqué en bombardant les attaquants ainsi qu'une autre position de l'EI, tuant 17 jihadistes et les obligeant à reculer.
Dans la province de Raqa, les combats aux abords de la division 17 de l'armée, ont été extrêmement violents. Au moins six militaires, dont un officier, ont été décapités et huit jihadistes ont été tués, si l’on en croit les photos des cadavres décapités publiées sur un site jihadiste.
Des combats entre l’EI et l’armée de Bachar el-Assad ont également eu lieu jeudi 24 juillet aux abords de l'aéroport de Koueiris, près d'Alep.

Conséquence de l’affaiblissement des autres formations rebelles
Les Jihadistes de l’EI ayant affaibli, voire éliminé les autres formations rebelles dans de nombreux secteurs, il était normal qu'ils se retrouvassent désormais seuls, face à face avec les soldats fidèles à Bachar el-Assad, ce qui rendait inéluctable les affrontements entre ces deux forces. Bachar el-Assad et son Etat-major pensaient tirer profit de l’affrontement entre formations rebelles, ils vont se retrouver face à un adversaire beaucoup plus dangereux pour eux et leurs soldats en raison de la férocité et de la brutalité des Jihadistes de l’EI, comme on a pu le constater lors de la capture d’un champ gazier dans le centre de la Syrie où 72 gardes ont été froidement exécutés. La contre-offensive de l’armée syrienne pour reprendre le champ gazier n’a, d'ailleurs, par réussi pour l'instant.

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

09:36 Publié dans Armée Syrienne Libre, Bachar el-Assad, Etat Islamique, Syrie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |